Vi«Ul«iM d« Lesli XIV
Réwœmtion de l'édii de Nantes. — Louis XIV, après la paix de Nimègue, pouvait se reposer dans sa gloire, et, enivré de Yeneens de ses courtisans , il crut avoir en luimême le principe de sa grandeur. Son oi^eil ne daigna pas regarder les douleurs croissantes de la France. Il la timtna , durant trente ans de prodigalités et de revers, au bord de cet abtme que put seul combler Técronlement de la monarchie. Il se prit pour un dieu. Il ne supposa aux autres hommes aucun droit qui pût limiter sa volonté. It déclara que tout lui appartenait dans l'étendue de ses Etats, les deniers qu'il voulait bien laisser dans le e&mmeree de ses peuples^ tout comme les deniers de sa cassette. Malgré sa probité naturelle, il foula aux pieds les lois de l'honoêteté publique , multiplia les lettres de cachet , organisa le cabinet noir pour la violation du secret des lettres et donna à la police secrète une extension funeste au repos et à l'honneur de tontes les familles.
H loi tardait d'enchaîner les consciences comme il avait soumis les actes. Son confesseur, le père Lachaise , Louvois , madame de Maintenon , lui montraient dans l'extirpation de l'hérésie un ekef-^'œunre de religion et de politique. Madame de Maintenon , qu'il épousa secrètement vers ce temps-là , avait été la femme du culde-jatte Scarron avant d'être la femme de Louis-le-Grand. Elle se laissa enrêler parmi les oppresseurs de ceux qui ne voulurent pas , comme elle , abjurer la foi de leurs pères. Une longue séné de vexations et d'iniquités avait préparé la ruine de l'hérésie. Les réformés peu à peu avaient été exclus de toutes les charges publiques ; on en vint à leur fermer l'accès des professions d'avocat, de médecin, puis enfin à leur interdire l'industrie particulière. Il est vrai que , si on les réduisait à la misère , on créait une emsse de conversion , et qu'ils n'avaient qu'à vendre leur âme pour vivre. L*édit de Nantes fut révoqué le 18 oc« tobre 1685. Les confiscations, le pillage et la dévastation des propriétés, Tenlèvement des enfants, les brutalités les plus odieuses, les dragons devenus missionnaires , les gibets, les roues, les galères, rien ne fut épargné. Les guerres de religion n'avaient rien offert de semblable. Ici pas d'emportement, presque point de résistance ni de lutte ; mais, dans un sièiele poli, une multitude de malheureux sans défense livrés à tout ce que peut inventer de tortures le fanatisme à froid. On eut beau encombrer les galères de ceux qui tentaient de s'enfuir , plus de cinq cent mille Français quittèrent leur patrie. La Hollande, l'Angleterre, le Danemark, la Prusse surtout, les accueillirent avec empressement et s'enrichirent de leur travail : ils emportaient avec eux l'industrie de la France. Un faubourg entier de Londres fut peuplé d'ouvriers français en soie. D'antres apprirent à l'Angleterre l'art de faire les cristaux , qui fut perdu pour la patrie de Sully et de Colbert; et la France perdit, en même temps que l'élite de sa population industrielle , une foule de braves militaires , de savants , de gens de lettres. Guillaume chargea plus d'une fois les Français à la tête d'un régiment français*; il dut en grande partie le succès de la guerre d'Irlande au vieux maréchal de Schomberg , qui avait préféré sa croyance à sa patrie. Jurieu alla eu Hollande rêver l'extermination prochaine de laBabylone catholique , pendant que Bayle faisait entendre d'avance à Louis XI V les Jugements sévères de la postérité.
Ligue d^Augsbourg. — Pendant que la France s'affaiblissait, l'Europe s'armait contre elle. Le jonr de la vengeance était venu pour les ennemis de Louis XIV. Ils lui reprochaient d'avoir violé tous les traités, et, par ses intelligences avec les Hongrois révoltés, ouvert l'Allemagne aux Turcs et amené cette effroyable invasion dont Jean Sobieski sauva la chrétienté. Tous , catholiques et protestants , s'entendirent contre lui à Augsbourg. Il ne lui restait que le roi d'Angleterre ; Jacques II , pauvre roi
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jàtuiu, médiocre et entêté, fit tont ce qu'il fallait pour tomber da trône. Son gendre, Gnillanme de Hollande, rime de la noavelle ligne, prit 8a place. Tontes les forces de la nation anglaise se trouvèrent entre les mains du plus terrible ennemi de la France (1688). Louis XIV accueillit magnifiquement le dernier Sluart et prit sa cause en main, qu'il déclara être celle de tons les rots; il leva dans ses provinces déjà épuisées une masse de quatre cent cinquante mille hommes , et jeta le gant i l'Europe (1688).
Guerre pour la eueeeseion d'Angleterre ( 1688-1698). — Louis XIV , après l'expulsion de Jacques II , n'avait qu'à occuper Guillaume de Hollande ches lui pour l'empêcher d'aller recueillir l'héritage de son beau -père. Il suivit le pernicieux conseil de Louvois, et entama la guerre sur le Rhin pendant que le stathouder prenait tranquillement possession de son trône. Tout le Palatinat fut repris et brûlé pour la seconde fois. L'incendie dévora Spire, Heidelberg , Manheim , plus de cinquante villes et villages. Cette atrocité fit pousser à l'Allemagne entière un cri d'indignation , et les armées ennemies s'avancèrent aussitôt pour en tirer vengeance. Elles rejetèrent le maréchal de Duru au delà de la frontière. Grice à la faveur de madame de Maintenon et à la jalousie de Louvois, les gens de cour commençaient à l'emporter sur les hommes de guerre. De grandes fautes furent commises, et les victoires de Luxembourg et de Catinat ne purent réparer les erreurs du pouvoir. Luxembourg et Catinat , c'est encore Coudé et Turenne ; ni l'un ni l'autre n'était bien en cour. Le premier, général d'inspiration et de soudaines ressources , souvent surpris , jamais vaincu , déroutait par ses victoires le méthodique esprit de Louis XIV. Le second était un officier de fortune. Négociateur aussi habile que bon général , il avait fait son chemin lentement, à force de mérite. Les soldats, qui aimaient sa simplicité et sa bonhomie, l'appelaient le père la Pensée. La cour le dédaignait et l'employait à regret.
Pendant que Catinat, dans le Piémont, débarrassait la France des ennemis que le ministre semblait s'être fait un système (îe lui susciter, Luxembourg surprenait les alliés à Fleurus et leur enlevait deux cents drapeaux (1690). L"envieux Louvois l'empêcha de recueillir les firnits de sa victoire et lui ôta une partie de ses forces. Le roi voulait aussi avoir une armée à commander. Il vint en Flandre , prit Mous , Namur. Luxembourg , cependant , avec des forces inférieures, tenait tête au prince d'Orange. Surpris dans son camp, à Steinkerque, il rallie trois fois ses troupes , change de terrain et charge l'ennemi avec une telle impétuosité qu'il reste mattre du champ de bataille (1692). Mais le génie fécond de Guillaume semble tirer avantage de toutes ses défaites. Il continue à tenir la campagne. Un instant sa situation est désespérée. Louis XIV peut l'écraser sons le choc de cent mille hommes : il disperse ses troupes et s'en retourne à Versailles. Le maréchal , qui avait embrassé les genoux do rot en le suppliant de livrer bataille, tâche de ressaisir la fortune ; mais il n'a plus cette grande armée qui lui eût assuré un succès complet. Battu à la sanglante affaire de Neerwinden , le prince d'Orange se retire en bon ordre. A ce même moment, Catinat battait le dnc de Savoie à la Ifarsaille (1693).
C'était sur mer la même fureur de combats , sans que les résultats fussent plus décisifs. Jacques II était passé en Irlande avec les subsides et les renforts de Louis XIV. Tourville vainquit à Beachj la flotte anglo-hollandaise. Le lendemain Jacques perdit la bataille de la Boyne. Louis XIV ne se rebuta pu et lui expédia une nouvelle armée. Tourville , chargé de la conduire , se trouva avec quarante-quatre vaisseaux contre quatre-vingt. Un ordre de la cour le força à livrer bataille. Après d'héroïques efforts, ses vaisseaux furent dispersés, l'amiral anglais en
brûla treise dans le port même de CheriNHiig et sur les côtes de la Hougue (1692). Malgré cette terrible bataille de la Hougue, la marine française continna.de Intler avec avantage contre celle des alliés. Pendant que tes Hollandais et les Anglais ravageaient nos colonies. Tourville capturait ou détruisait la grande flotte marchande de Smyrne ; Jean Bart , Dnguay-Trouin , ruinaient le commerce maritime de la Grande-Bretagne et de la NéeHande.
Paix de Byswiek. — Louis XIV était à bout d'expédients, tout avait été mis en œuvre. La détretse était épouvantable , la France mourait de faim an limit des Te Deum. Louis XIV offrit la paix et ne pat robtenxr. Pendant quatre ans il travailla à dissoudre là ligne de ses ennemis. Le dnc de Savoie céda le premier. Qnelqnei avantages remportés en Flandre et en Catalogne décidèrent l'Espagne et l'Angleterre. L'empereur se résigna fe dernier à poser les armes. La paix fut signée i Rffirick. Louis XIV restitua tout ce qu'il avait oonqnis depuis la paix de Nimègue, sauf Strubourg, abandonna les rèeniont opérées hors de l'Alsace et reconnut le roi d'Angleterre. Il avait fait pendant dix ans une gnetre acharaée et ruineuse pour recevoir la loi de ses ennemis (1696).
Guerre pour la tmeceuion d'Etpagne (1 700-1 7 1 2). ~ Peut-être voulait-il se tenir prêt pour de plut grands événements. Il allait s'agir bientôt , non pins de telle oa telle province d'Espagne, mais de la monarchie ctpagnole tout entière. Charles II, influencé pnr tout \t mond^ , faisait et défaisait son testament La moitié da princes de l'Europe, sortis de princessea esfingnolcs, m disputaient d'avance ses dépouilles. Le moribond s'arr^ au duc d'Anjou, l'un des petits-fils de Louis XI\. Louis XIV accepta le legs et le péril ; il donna de sajo conseils à son petit-fils en se séparant de lui , et Ini du ce mot célèbre : « Il n'y a plus de Pfrénéea. • Le jenc duc régna un moment sans opposition anr la nsonarphir entière de Philippe II. Et son aïeul était si enivré de ce eowUfle de gloire qu'il ne concevait paa l'insolence des propositions de partage que lui-même avait faites daas un autre temps. Louis XIV ne fit rien pour éviter la gvnrre contre l'Europe. Il conserva à Philippe V ses droits à la couronne de France , malgré la volonté exprcaae dn testateur ; et , malgré une clause formelle dn traité dr Rpwick , reconnut à la mort de Jacques II , le priace de Galles, son fils , pour roi d'Angleterre. Tonte rÊnropc se trouva encore une fois coalisée contre la France ; et h France semblait pilir de la vieillesse de aon rai H. pencher vers son déclin. Toutes ses gloires finiesaicnt peu à peu. Une créature de madame de HaintensB, l'inepte Chamillart, cumulait les ministères de Coibsrt et de Louvois. Le désordre et la misère étaient putsaL L'impôt, monstrueusement accru, avait tnd le cooh merce et l'industrie; et l'administration de la gaen» s'était relâchée comme les antres. Les tronpea étaient nnl payées et mal équipées ; les emplois étaient envahis pv une noblesse dédaigneuse et incapable ; les grands sâgneurs achetaient des régiments pour leurs Ils en bai âge , commandaient les armées , se faisaient battre et te faisaient prendre. Il fallait d'ailleurs obtenir de Venaiila l'autorisation de vaincre. Louis XIV avait pins que jasani la prétention de tout faire par lui-même. Dn cabàict dr madame de Maintenon, il prétendait diriger avec Chamillart les opérations militaires. Les alliés , an contraire^ sa moment où ils venaient de perdre Gnillanme , se triievaient avoir à leur tête deux Guillaume an lieu d'an, le prince Eugène et Marlborough.
Villeroi commença par se faire battre à Chiari et prendre à Crémone : mais un petit-fils de Henri IV vint relever en Piémont la fortune de la France Paresseux et cjaiqae. Vendôme savait pourtant inspirer au soldai un prsdigienx enthousiume. Sons lui, il n'y avait ni ordre, si discipline , mais tout se réparait à force de eonrsfle. H
HISTOIRE DE FRANCE
altit à plotieun repriwi le prince Kngène , malgré la éfection du doc de Savoie II tenait l'Italie quand an rdre de la coar l'envoie en Flandre , toajourt pour réarer lei fautes de Villeroi. Le maréchal de Martin Ini iccède devant Torin , et attend Tennemi dans dei lignes o possibles à défendre , ayant un ordre formel dn roi. agène emporte les retranchements et disperse l'armée «nçaise, qni est de soixante mille hommes, et reste lattre de la caisse et de l'artillerie. L'Italie est perdoe oar Philippe V. Kngène marche sans ohstacle snr la rance , tandis qne lord Galloway s'empare de Madrid , Li il proclame l'archidnc (1706).
Catinat commandait en Allemagne , et sons lui Villars. eioi-ci, impatient de la pmdence de son chef, marche ax impériaux avec des forces inférieures et gagne la balille de Fredlingen. Les soldats enthoasiumés le proclalent maréchal de France snr le champ de bataille. illars justifia de nouveau leur confiance par la victoire 'Hochstedt (1703). La route de TAutriche était ouverte, lais Villars fut envoyé, avec Berwick, fils naturel de acques II , contre les malheureux calvinistes des Gévenes , que les rigueurs du gouvernement avaient poussés
prendre les armes. Marsin et Tallard prirent sa place t celle du vieux GatinaL Ils se firent écraser à Hochledl, sur le théâtre même de larictoire de Villars. II y at , indépendamment des morts , quatorse mille hommes ai se rendirent sans avoir pu combattre. Celte terrible éfaite coûta à la France quarante mille soldats et cent eues de pays. L'ennemi pénétra en Alsace. C'était au lue fort de la guerre des Cévennes. Louis XIV se. vit bligé de traiter de puissance à puissance avec les chefs et atwMordêt échappés aux bourreaux (1704). Villars était hilé de conclure cet arrangement pour counr à I frontière. Marlborough cependant était entré en Flanre ; Tenteté Villeroi veuf prendre sa revanche , l'attend
Ramillies, livre bataille malgré ses généraux et se fait craser. Le roi tire Venddme d*Italie comme le seul omme capable de tenir tête i Marlborough. Il était trop ird. Les Pays-Bas espagnols étaient perdus pour Phiippe V (1706).
Vendôme n'était appelé d'ailleurs que pour conseiller n des princes , le duc de Bourgogne. Les chefs ne s'ensndirent pu. Les alliés attaquèrent l'armée française i ^adenarde et la défirent. Ils prirent Lille, malgré la belle éfence de BoufUers , puis Gand et Bruges , puis succèsivement tous les postes militaires. Le chemin de Paris tail libre, et un parti hollandais s'avança jusqu'auprès le Versailles (1708).
Ce fat un moment terrible pour la France. Un hiver leartrier, la famine, l'ennemi au midi et au nord. La liaère se fit sentir i tous. Les laquais du rot mendièrent la porte de Versailles , madame de Maintenon mangea a pain bis , Louis XIV fit monnayer sa vaisselle. Les réoltet éclatèrent dans toutes les prorinces. L'impôt était ef osé , le crédit anéanti , les dépenses annuelles atteinaicnt le double dn revenu , la dette dépusait deux millards , le gouvernement i peine trouvait à emprunter à uatre cent pour cent. Louis XIV alors s'humilia à deaander la paix. Les Hollandais traitèrent l'ambassadeur !a roi de France avec la même hauteur que l'échevin ['Amsterdam avait jadis rencontrée à Versailles. Louis 'adressa pour la première fois à son peuple , qui fit un opréme effort pour sauver rhonneur de la France. Vilara , avec une armée de recrues , marcha sur l'armée CE agène et de Marlborough , et la rencontra près de ifalpIaqueL Le soldat, qui avait manqué de vivres un our entier, jeta le pain qu'il venait de recevoir eu enendant les tambours ennemis. Ce fut la plus terrible ta tail le de tontes. L'armée française ne perdit que huit aille hommes, et il y en eut plus de trente mille qui eatèrent sur le champ de bataille. Cette glorieuse journée
demeura pourtant indécise et ne put sauver Mous (1 709).
Pendant que les alliés pressaient la France de toute parts, le jeune Philippe V disputait, dans son propre royaome, sa couronne à l'archiduc. Beraick lui avait rouvert i Almansa le chemin de sa capitale (1707). Vendôme le fit coucher , à Villaviciosa , sur un lit de drapeaux (1710). La disgrice de Marlborough fut plus décisive qu'une victoire. Le vainqueur de Ramillies fut rappelé à Londres. L'Angleterre commençait i se lasser de la guerre. Elle se ruinait pour ruiner la France. Enfin, l'avènement de l'archiduc Charles à l'empire lui fit craindre de n'abaisser Louis XIV que pour élever un Charles- Quint Les Anglais retirèrent leurs troupes. La brillante victoire de Denain , remportée par Villars sur le prince Eugène , hâta la conclusion de la paix. Elle fut signée à Utrecht en 1712, acceptée l'année suivante par l'empereur, et complétée en 1715 par un traité avec la Hollande.
Traitit d'Utrteht, de Bade et de ta Bavière. — La France sauvait au moins son honneur de cette guerre désastreuse. Ses frontières restaient intactes. Et, si elle était obligée de garantir la succession au trône d'Angleterre dans la ligne protestante , elle faisait reconnaître à l'Europe le petit-fils de Louis XIV pour le successeur dn roi d'Eipagbe. Ses intérêts toutefois étaient bien durement traités. Ses plus grands sacrifices ne furent pas la cession i l'Angleterre de quelques-unes de ses colonies d'Amérique ni l'abandon an duc de Savoie et à l'empereur d'une partie des possessions de l'Espagne, les Deux-Siciles ; le Milanais , les Pays-Bas espagnols. Elle fut contrainte de laisser l'Angleterre prendre pied à Gibraltar et à Minorque , c'est-é-dire de partager avec elle l'empire de la Méditerranée. Elle subit un traité de commerce désavantageux. Enfin , elle consentit i la démolition dn port de Dnnkerqne.
Mort de Louis X!V, — Louis XIV surrivait à sa grandeur; ses dernières années furent tristes et mornes : il avait vu mourir presque tous ses enfants les uns après les autres : il ne restait dans cette solitude monacale de Versailles, qu'on avait vue peuplée d'une cour si magnifique , qu'un vieillard ayant déjà un pied dans la tombe et un enfant à la lisière. Le successeur dn P. Lachaise, le jésuite Letellier, un des plus méchants hommes do siècle . aigrissait l'esprit de ce vieux roi affaissé par ses malheurs ; les persécutions religieuses occupèrent ses derniers moments : la mort le trouva méditant d'assembler un concile national pour faire proscrire une partie de son clergé par l'antre , engloutissant encore des sommes immenses dans ses inutiles constructions de Marly et tentant, au mépris de sa parole, un dernier effort en faveur du fils de Jacques II. Pourtant avant d'expirer il fit un retour sur lui-même : ■ Mon cher
• enfant , dit-il entre autres choses au petit duc d'An-
• jon , vous allés être roi d'un grand royaume : tâches
• de conserver la paix avec vos voisins; j'ai trop aimé
• la guerre , ne m'imites pas en cela , non plus que daus > les trop grandes dépenses que j'ai faites. Prenes conseil
• en toutes choses , et cherches à connaître le meilleur,
• pour le suivre toujours. Soulages vos peuples le pins
• tôt que vous pourres , et faites ce que j'ai eu le malheur
• de ne pouvoir faire moi-même. > Quelques jours après ce témoignage d'un repentir tardif, il rendit le dernier soupir : ses yeux furent fermés par des mains mercenaires (I» septembre 1715).
IV. LA PRANCB AO DIX-HUITlâyi SièCLI. 1. Régenee de Philippe d'OrléeDi.
Le régent, — Pendant que le feu roi part pour Saint- Denis , le duc d'Orléans fait casser son testament par le parlement et s'empare de la régence. Le régent ouvre les prisons, fait imprimer le Tilimaqme à ses frais, et montre
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à toat let yeoif aa lieu de la froide majesté de Loats XIV, ane hamear facile, débonnaire, .sans haine et lani préjagéfl ; mais on plaisant a fait d'avance son épitaphe en écri* vant snr le tombeau de sa mère : ei git Voiaiveté... on devine le reste. Les plus monstrueuses débaucbes découvrent tout à coup ce que cachait de dérèglements Tenveloppe bigote de la cour de Louis XIV, et c est le duc d'Orléans qui préside à cette grande orgie. L'abbé Dubois, qui a été son précepteur d'athéisme , son entremetteur de débauche , devient son premier ministre , on plutôt celui de l'Angleterre qui tient Dubois i sa solde ! la France a espéré se relever, et voili dans quel abîme elle tombe.
SyHème de Law (1716-1721). — Le plus pressé était de faire face à cette dette de trois milliards que laissait Louis XI V ; il ne restait pas dans le trésor huit cent mille livres. Le régent recourut aux expédients ordinaires : la chambre ardenu sévit contre les traitants ; ils en furent quittes pour acheter les grands , les dames de la cour et la chambre de justice elle-même : les billets d'Etat perdaient soixante et dix à quatre-vingts pour cent ; la banqueroute ne pouvait plus être retardée. Un aventurier de génie, l'Ecossais Law, promit de revivifier le commerce et d'ouvrir des ressources inépuisables à l'Etat tout en diminuant les impôts. Il avait compris toute la puissance du crédit; mais il s'était trompé snr la'nature de la richesse , pensant qu'elle consistait dans ce qui n'en est que le signe : il fit un papier- monnaie indéfiniment émissible. D'abord la France sembla revivre , et l'active circulation des billets releva l'industrie; le public fut ébloui : l'enthousiasme grandit i mesure que le système se développait; le régent lui-même se fit banquier. L'altération des monnaies d'or et d'argent doubla la confiance dans cette wiomnaie de compte, qu'on crut i l'abri de toute variation : marchands, financiers, laquais et grands seigneurs s'étouffaient dans la rue Quincampoix pour échanger contre du papier ces métaux incommodes. Mais Law avait promis aussi de délivrer l'Etat du poids de la dette. Il saisit d'une main le négoce maritime tout entier, de l'autre l'administration de toutes les branches du re* venu public. Il parle d'immenses mines d'or sur les rives du Mississipi : tout le monde croit i des ressources prodigieuses ; les agioteurs se disputent avec frénésie les actions qui représentent ces valeurs imaginaires. Law profite de ce moment pour convertir aussi en actions toute la dette publique ; ces actions doivent être acquises en créances sur l'Etat : l'enivrement est tel qu'elles finissent par valoir quarante fois le pair. Le couronnement du système devait être de convertir les actions en billets de banque , après avoir converti les créances sur l'Ëlat en actions . Law parvint à son but , et ce fut au but même qu'il trouva sa perle. Quelque inquiétude commença à se manifester ches les princes qui s'étaient fait gratuitement gorger d'actions et de billets : le due de Bourbon réclama le payement de tant de billets, qu'on lui ramena trois fourgons chargés d'argent. L'exemple fut suivi , et il n'y eut plus moyen d'y suffire. On recourut aux moyens les plus violents et les plus absurdes pour dé précier l'aégent et arrêter le discrédit du papier : le système s'écroula , et Law s'en alla, an milieu des malédictions , mourir de misère à Venise. Il avait profondément remué la France : la fortune, jusque-là immobilisée dans les familles , semblait s'être volatilisée pour suivre les besoins de l'industrie , et l'essor avait été donné au commerce maritime. De cette époque date la prospérité des colonies françaises. Ces résultats du système étaient excellents , mais n'étaient pas les seuls : l'organisation du crédit recula de plus d'un siècle ; l'agiotage avait eu sur les mœurs publiques une infiuence déplorable ; il avait infiltré dans tous les rangs de la société cette cupidité qui devait aboutir à tant de spéculations inttmes.
Intriguu ^AÏbéronl. — Au milieu de cette fièvre d'a-
giotage , la politique européenne s'agitaîL Le mloistn espagnol Albéroni remuait tout depuis les bâtards de Louis XIV jusqu'aux Turcs : il voulait rendre à l'Espigne ce qu'elle avait perdu , donner la régence de FrsDce i Philippe V, rétablir le prétendauttca Angleterre, rtsUnrer partout le vieux principe : l'Espagne se relète cotre ses mains; elle a une armée, nue marine, des srseoaiu, des finances ; le roi de Suède. Chartes XII, est à n loide ; les Turcs sont poussés par elle contre l'empereor; no ambassadeur conspire en France. Il ne manque i de ti grands projets que le moindre succès. Eugène bat let Turcs ; les Anglais détruisent la flotte espagnole ; Charles XII est tué au siège de Frédérikshall ; la flotte qsi portait Jacques III est détruite par une tempête; l'EspajBe est battue en Sicile par les Autricbiess, chez elle pir Benvick ; la conspiration de Cellamare avait été i endae par des filles (1718). L'Espagne dut céder à la quadruple alliance formée par la France , l'Angleterre , la Hollande et l'empereur. Le duc de Savoie eut la Sardaigif en échange de la Sicile; l'Espagne obtint la Toioac. Parme et Plaisance. L'Europe était obstinée à la paii el Ton s'arrangeait i tout prix (1720). L'Angleterre m!* ne perdait jamais de vue ses intérêts : an mooieot oi \t régent pouvait tout lui refuser, elle faisait achever la d^ molition de Dunkerqne et combler le canal deMardjck. et s'assurait l'empire des mers. « Que le goovemeaeii
• de l'Angleterre , écrivait le maréchal de Berairk an n- - gent , puisse faire voir an parlement qu'on n'a rien c^
* gligé pour diminuer la marine d'Espagne. • Aprèi Uii de bons services, Dubois se fit administrer, dam w matinée , depuis la tonsure jusqu'à la prêtrise, et Rfs*. le chapeau de cardinal. De tous les honneurs de TEffiar. il ne lui manqua que les derniers sacrements ; il lêf e<quiva en prétendant qu'on ne pouvait les donner à vm éminence qu'avec un cérémonial extraordinaire; et, tadis qu'on s'enqnérait et qu'on discutait gravemeat. >' trépassa sans viatique.
s. Uoit XV.
Mmistèree du dMc de Bowrban et dé Piewr^ (Hî)- 1 745). — Louis XV entrait dans sa majorité. Le dif de Bourbon , qui avait les vices du régent arec iDo:fl) d'esprit et un plus méchant cœur, gouverna s<iaila latelle de sa maîtresse , la perverse marquise de Prie, l' ranima les persécutions religieuses. Il voulait ooe rr-» qui fût i lui. La fille d'un roi de Pologne, dépoaillf ri proscrit, la sage Marie Lecxinska, lui parut la msiarr qu'il cherchait. Il la fil épouser à Louis XV, et rc^t sut lettre de cachet pour prix de ses services. Apri» I»' ^ vieux Fleury , fourhe dans le petit et dupe dan* U ;>W. pallia le mal sans essayer de le guérir, voulut être économe et ne fut qu'avare. La France, endormie par Fleoy* se laissa entraîner à la remorque de TAngletent, qa^sdormait Walpole.
Guerre de Pologne, — La mort d'Auguste II , roi dt Pologne, remua tout i coup l'Europe. Stanislas LecÔQS^^ fut reporté au trône au préjudice du fils du fea n», q» avait l'appui de la Russie. A la cour de France , le» tmc généraux déclarèrent qu'on ne pouvait se dispeiuf * soutenir le beau-père de Louis XV. Fleury se lai«a forffla main et ne sut que compromettre le nom fran^ •> craignait d'inquiéter les Anglais par un annemeot vantime. II envoya à Stanislas quinxe cents honmes ^«l^ cent mille. L'Espagne avait pris le prétexte de la gv^r de Pologne pour recouvrer une partie de ses aaneoaM possessions* Villars l'y aida. La paix se ooBclut à \ leoiK et la Pologne fut sacrifiée. L'infant D. Carlos, renooçtf* à Parme et à Plaisance , eut les Deux-Siciles ; le dac dt Lorraine échangea contre le duché de Toscane eeai de Lorraine et de Bar , que Stanislas reçut en viager p(^ les laisser à la France (1733-1739).
Guerre de la euceettiou d^âmtrihe. — L'e»p««f
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HISTOIRE DE FRANGE
Charles VI ai ait toat fait pour asturaràia Bile, Marierhérèse, le vaste héritage d'Autriche. Une det conditions lu traité de Vienne avait été la sanction de son lesta- Dent par Loois XV. L empereur était à peine mort que ous les Etats qui avaient garanti sa succession à sa fille irirent les armes contre elle. Chacun voulait avoir sa »art des dépouilles de TAulriche. L'Espagne réclamait la lohéme et la Hongrie, le roi de Sardaigne le Milanais , Frédéric la Silésie , la France voulait donner l'empire à électeur de Bavière. Fleury n'a pas le courage de se reaeer à la guerre. Encore une fois il la fait de mauvaise ;râce et la fait mal ; l'armée française, manquant de tout, «rtont on elle peut vivre. Pendant qu'elle s'enfonce en lohéme pour faire couronner l'électeur , Frédéric s'empare de la Silésie (1741). Marie-Thérèse, enceinte, pat roire un instant • qu'il ne lui resterait pas une ville K»ar y faire ses couches. *
Son courage ramène la fortune. Elle te présente aux CtaU de Hongrie , tenant son fib dans ses bras :. les Magyares se lèvent eu muse. Tonte une population à demi auvage, Croates, Pandonrs, Talpaches, s'arme pour décadré la fille de ses oppresseurs. L'Angleterre d'ailleurs te souffrira pas le triomphe de la France. Elle fournit les subsides, des flottes, des années. Le maréchal de lîoBilles se fait chasser de l'Allemagne (1743). Belle-Isie vait déjà évacué Prague. Le maréchal de Maillebois, qui, vec soixante mille combattants , n'avait eu d'autre souci |tte d'éviter une bataille, le rejoignit quand il n'avait dus besoin de secours. Ils revinrent à marches forcées , ans vivres, presque sans vêtements, i travers trente ieoes de montagnes et de ravins couverts de neige. Feulant que Belle-Isle comparait elTrontément cette retraite i celle des dix wùUe , Chevert , officier sorti des rangs populaires , resté dans Prague avec une poignée de maades et de blessés, menaçait de s'ensevelir sous les ruines le la ville s'il n'obtenait une capitulation honorable.
L'empereur n'avait plus d'empire et Marie-Thérèse triomibait. Frédéric eut peur de perdre la Silésie ; il rentra en k>heme, et força l'impératrice de signer le traité de Dresde. • — Les Français, vaincus en Allemagne, sont vainqueurs en Ulie et en Flandre. Secondés par les ISspagnols et les Gélois, ils établirent l'infant don Philippe à Milan et i Parme. lox Pays-Bas, sous le maréchal de Sue, ils gagnent la belle >atjulle de Fontenoy, puis celle de Ranconx, et s'emparent la Brabant (1745, 1746). L'Angleterre, qui s'est débar^ ■assée du prétendant i Cul loden, craint alors pour la Rolande et y rétablit le stathoudérat. Maurice de Saxe écrase e dac de Cumberland à Lavfelt et pénètre au cœur du jMiys, jusqu'à l'imprenable Berg-op-Zoom , le chef-d'œu* rre de Coéhom , qui est emporté d'assaut La Hollande »t consternée ; mais la France éprouve les plus cruels Jésastres sur les mers. Elle a perdu ses colonies, sa marine vient d'être anéantie avec celle de l'Espagne su vue du cap Finistère. Le maréchal de Saxe voit que la paix est dan» Maéstricht. H trompe l'ennemi par d'bâbiles manœuvres, investit la ville, et les préliminaires de cette paix tant désirée sont signés à Aix-la-Chapelle. Le roi de Prusse garde la Silésie, l'infant, Parme et Plaisance. La France rend la Savoie au duc de Sardaigne, les Pays-Bu à Marie-Thérèse et aux Hollandais tontes les places conquises sur eux ; elle rentre en possession d'une partie de ses colonies , et , pour dernier résultat de cette guerre si sanglante et si mal conduite, reste avec deux vaisseaux et un surcroît de douae cents millions de dette (1748).
Guerre de Sept Atu, —Frédéric méprisait les charmes de la Pompadour ; c'est assez pour que la France recommence la guerre. Marie-Thérèse avait juré de reprendre la Silésie au roi de Prusse. Elle ameuta la Russie, la Pologne, la Suède, fit sa cour à la maîtresse de Louis XV, et tint enfin à sa disposition les forces de la France. Les Anglais
voulaient achever la ruine des colonies françaises et espagnoles; ils venaient, pour toute déclaration de guerre, de nous confisquer trois cents navires marchands. Ils fournissent encore une fois des subsides à l'ennemi de la France. Frédéric fait la guerre à leurs frais et à leur profit. II envahit la Saxe et prend Dresde au roi de Pologne. Il court de l'un à l'autre de ses ennemis et fait face de tous côtés. Cinquante mille Autrichiens fuient devant lui, l'armée saxonne se laisse désarmer. Délaissé des Anglais, que le maréchal de Richelieu force de signer la capitulation de Closterseven , menacé par les Russes, il passe en Saxe et se trouve cerné par quatre armées. Son génie inépuisable le tire d'affaire. Il mit en déroute i Rosbach le prince de Soubise. Les vaincus abandonnent trois mille morts et toute une armée de cuisiniers, de comédiens, de perruquiers, quantité de perroquets, de parasols, de caisses d'eau de lavande. Voilà avec quel attirail les grands seigneurs vont faire massacrer nos soldats sur tous les champs de bataille de l'Europe (1 757). Frédéric poursuit le cours de ses succès. Les Français repassent I9 Rhin ; la guerre est désoroiais impossible pour eux : les hommes qui les commandent n'ont pas le patriotisme des hommes libres, et n'ont plus ce sentiment d'honneur et de dévouement qui animait les serviteurs des rois absolus. Cette guerre de sept ans n'est pour la France qu'un tissu de buses trahisons, d'intrigues ignobles que couronne une paix honteuse. M. de Choiseul veut remédier au mal en concluant le pacte de famille entre les diverses branches de la maison de Bourbon (1761). .La France n'en continue pas moins de perdre ses vaisseaux et ses colonies. Pour la première fois le pavillon français fuit devant celui de l'Angleterre. La maréchal de Conflans, pour ériter une affaire, se cache avec ses vaisseaux dans la rivière de Vilaine, d'où il ne peut plus sortir. Enfin la paix est signée à Paris. La France cède à l'Angleterre la Louisiane, le Canada, les tles du golfe et du fleuve Saint-Laurent, presque toutes ses colonies, et s'engage à ne pas envoyer de troupes dans celles qui loi restent. Ce beau résultat coûtait une addition à la dette publique de trente-quatre millions de renies annuelles (1763).
Régne dei maitreuee.. — Ce n'était pas la France qui était vaincue, mais les hommes qui suçaient son sang et vivaient de sa honte. Chevert et d'Assu avaient ôté aux ennemis le droit de douter de la bravoure française; mais nos soldats n'avaient pas de chefs. Les seuls généraux qu'on ose nommer à cette époque , Saie , Broglie, étaient des étrangers. Louis XV regardait les sommes employées i la guerre comme volées i ses plaisirs. Au gouver^ nemen^ du vieux prêtre avait succédé celui des maîtresses. D'abord, quatre sœurs de la maison de Nesle, dont la dernière, la duchesse de Châleauroux, avait essayé de redonner nn peu de cœur à son amant; puis la fille du boucher Poisson, madame de Pompadour, qui coûtait à elle seule . autant que la guerre. Les plaisirs crapuleux où se vautrait Loois XV faisaient oublier les orgies de la régence. Quand madame de Pompadour cessa de régner sur ses sens , elle s'institua la twintendante de ses plaisirs. • • Elle fai- ' sait continuellement recruter dans le royaume des beau- ■ tés neuves et inconnues, propres i renouveler le sérail " qu'elle gouvernait à son gré. » On élevait au Parcaux-Cerfs des filles de neuf ans, de dix ans. Des victimes sans nombre se succédaient dans ce gouffre qui les revo* missait flétries et dépravées. Madame de Pompadour ré^* gna vingt «ans. Et, telle était la dépravation de ce roi qu'elle avait rassasié de lubricité, qu'après elle il trouva moyen de tomber plus bas encore. La Dubarry passa des bras du public dans ceux de Louis XV. Accompagnée à Versailles d'un ramas de misérables qui suivaient sa for^ tune, elle se créa un parti et acheva effrontément la ruine du pays et la dégradation de la royaii^i^OOQLC
Ce a*ett pat pour lui, c*efl pour la RéfoIoUon que ce montlrneoi goavernemeat travaille. Lonit XV le voit bien et dit : • Après noaa le déloge. • Toal ce qai géoe le caprice royal ett abatto. Les jéaailes oot été abolis eu 1764, en 1771 c'est le toor da parlement. Le penple vit frapper avec la même indifférence les disciples de saint Ignace et les juges de Gatu , de Sirven et de Labarre. Les complaisants de la Dnbarry se bAtent de combler la mesure. Le cbancelier Manpeon avait retiré la courotme du greffe. L'abbé Terray la déchargea d'une partie de ses dettes par la banqueroute ; d'Aiguillon laissa consommer par le traité du 5 août 1772 le plus grand crime politique de ee siècle, le premier partage de la Pologne. Enfin, le roi lui-même, spéculant sur la cherté factice des grains, présida la société du pacte de famine.
État philoêopkiqme. — Cependant le vieux Voltaire riait du beau tapage dont il n'aurait pas U plaisir d'être témoin, La Révolution s'avançait menaçante et inévitable. Pendant que les inslitntions s'écroulaient dans la fange, que les^sommités sociales s'affaissaient sous l'opprobre , le tiers-état, détrompé de toute illusion, riche, éclairé, puissant, n'attendait plus que de connaître le secret de ses forces ; le pouvoir avait commencé lui-même par ses excès l'œuvre de démolition ; les philosophes , les savants , les poètes, l'achevaient gaiement et déblayaient Je terrain pour l'avenir. Les lettres de cachet n'effrayaient personne , les apôtres de la vérité prêchaient par les soupiraux de la Bastille. Dans cette grande débAcle tout disparaissait à la fois. L'emportement de la lutte entraînait à des extrémités déplorables des hommet doués d'une implacable logique ; mais une foi profonde, dont la plupart ne se rendaient pas compte à eux-mêmes, animait ces âmes généreuses. Jamais la littérature n'avait eu ce caractère singulier de sacerdoce. U n'y avait pas jusqu'à la poésie qui, sous la plume universelle de Voltaire, cessant d'être pour elle-même une idole, ne se dévouit à une infatigable propagande. Tdus étaient pressés de créer autant que de détruire. Les-Boffoo , les d'Alembert , et tant d'autres , avaient donné aux sciences exactes cet essor, si prodigieux qu'il tourna la tête aux philosophes et aux moralistes. Ils ne voulurent plus reconnaître d'autre voie que celle qu'avaient suivie les sciences naturelles , et s'égarèrent en cherchant la vérité morale snr les traces de ces sciences. L'idéal , d'ailleurs, manquait encore au siècle, qui marchait dans les ténèbres. Montesquieu avait vu dans la législation le droit historique plus que le droit absolu ; Voltaire combattit soixante ans pour le droit sans avoir l'idéal du droit ; Diderot ne fit qu'entrevoir le dogme de la perfectibilité dans Y Bnegelopédie , cet immense et confus évangile du dix-huitième siècle. U .était réservé à un génie plus élevé et plus profond , issu à la fois du christianisme et du stoïcisme antique, d'être le révélateur de la foi nouvelle ; Rousseau eut le sentiment de la vie étemelle, l'upiration vers l'infini ; il opposa à ce droit historique, qui légitime les abus par leur durée , cette jnstice absoloe et invariable qui est en Dieu et qui est Dieu même. S'il ne comprit pas la loi du progrès, il proclama le dogme de la fraternité, qui devait être le premier article de foi de la révolution prochaine ; il créa enfin cette puissante démocratie française dont Tœuvre se poursuit à travers tant d'obetades.
s. Looit XVI.
Mimàkre de Turgot. — A l'avènement du jeune Louis XVI (1774), il y eut un moment où tout ne fut qn'églogue. La reine se bâtit une ferme dans Tria* non, et les philosophes conduisirent la charrue; l'âge d'or lemblait revenir. Le roi , eu effet , avec des mœurs pures , avait des intentions honnêtes. Mais tout le fardeau du passé pesait sur son règne. Il était devenu aussi difficile d'opérer le bien que de continuer le mal. Le faible
Louis XVI n'était capable ni de l'un ni de Taotre Targol, le plus grand administrateur que la France eàt poncée etpuis Goibert, connaissait les sources da mal etemfi de les tarir. L'ouvre qu'il médiUit est eu grande partie celle qui a pu s'accomplir à peine après un deoii-iiède^e déchirements. II voulait, de concert avec MaleslieflM. supprimer les privilèges en fait d'impêt, reodre le tiivail libre , affranchir peu à peu le commerce de toala * ses entraves, et, par les assemblées proriaciilci, pnpirer la nation à discuter ses intérêu et à w goaTeiw elle-même. C'était l'abolition des privilèges qn il propooit aux privilégiés. U échoua. Tout ce qu'il pat fitrr fil d'obtenir la suppression des douanes intérieores, da corvées et des jurandes (1770). Le roi dit: • Il a'ji que Turgot et moi qui aimions le peuple , < et Totjol fut congédié. Il y eut une explosion de joie à Verttiii«.
Adminiitration de Necker. — Celui qui lui saecédt«tirt un banquier habile, plus fort d'intelligeoce qoe de cumtère. Il se fait le courtisan du tiers-état, proaMtdcM mener i bien sans rien changer. Il s'adresse an crédit 4 trouve de l'argent On prend confiance. La guerre ikmérique occupe d'ailleurs tous les esprits, U jessoB s'embarque avec enthousiasme pour la croisade de li liberté ; elle en revient avec l*admiiiatioD des non ^ des instituUons républicaines (1778-1784). K(ckff cependant a fini par comprendre l'insuflisaBoe de m système de crédit, et il se retire en publiant ces Wam eomplee-rendue qui révèlent tout d'un coup à la Fnace ii profondeur de son mal et Tinutilité des demi-reBèda
Admnietration de Calonmt et de Brienme. — Lotù ^^' alors s'abandonna à l'influence de U reine , et ki artisans virent revenir les beaux jours. Les grades niiituo furent exclusivement attribués aux nobles, le Imorfd livré à la discrétion du comte d'Artois et de ses criitiru> Le nouveau ministre , M. de Galonné , les sidait i f'n* foncer gaiement dans la ruine. Il épuisa les aotieipstîML les édita bursaox, toutes les rooeriee de l'igtf^ Quand il fut à bout, il assembla les notaUei et siea qu'en trois ans de paix il avait emprunté plos de b( cents millions , plus que Necker en cinq années de jpenv et qu'il ne voyait plus de ressource que dans le fff^' tion dee akue (1787). Lee noUblet, qui appsriotfs^ aux classes privilégiées, se montrèrent pendispoefiio réformes. Le public témoigna la même Iroidcer, ^ qu'il ne les jugea pas suffisantes. Calonne se relira. Lr chevêque de Toulouse , M. de Brienne , truavalcseï^ mieux disposés, grâce à l'éveil donné et aux înqaiêtB^ conçues. La cour consentit â faire des éconoaiei 1^ notables votèrent tout ce que le ministre deoanda. U parlement refusa l'enregistrement de l'impât ndc F* les notables et demanda les Etats-généraux.
Brienne essaya de l'intrigue, de l'oppressioa; i|"^ le pariement , le suspendit , le désorganisa. Dei fi^ éclatèrent dans toutes les provinces , et il fat oU^ « céder. Necker revint régler la composition des EUt<1^ raux. Une déclaration royale arrêta que les dépatei à tiers seraient égaux un nombre aux députés des «^ ordres réunis. Ainsi la France était appelée à fonder lir société nouvelle sur les ruines de l'ancieane. Ue^a^ blées des bailliages furent convoquées pour les élertM» La noblesse choisit quelquee députés populairci. ^ la plupart dévoués aux intéréto de Icor caHs; k «J^r nomma des évéques et des abbés attachés aei yf^ et des curés favorables â la cause du peuple: (v' tiers choisit des hommes éclairée, ferma M pro^ unanimes dans leurs vœux. L'ouverture des Elsl»^^*'''^ fut fixée au 5 mai 1789. Us ne firent que éèeré» v "• toluiion déjà faite.
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INSTRUCTION POjUR LE PEUPLE. — CENT TRAITÉS. Pam— DUBOGHET, LBCHEVALIER r C«, 60, RUE RICHELIEU. ^S5 (
HISTOIRE DE FRANCE