‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 154 sur 291 · II. COJÎVIimON MATIOXALI · texte numérisé non relu

II. COJÎVIimON MATIOXALI

I. Lott« dct UoBtagnwda «I des GiroDdiM (4« 91 irptaMliii I7»i •nSjoin 170;!).

Ouverture de la Convention mdionaiê. — La CouventiM

HISTOIRE DE FRANGE

se comUtot le 90 septembre ] 799. Dès le lendenwin elle abolit la rojaoté et proclama la répabliqae. Bile déclara qu'elle ne daterait plos de Van II/ de la liberté, mais de Van J^ de la Ripakliqne françaite. Le peuple reprochait aax Girondins leurs continuelles incertitudes. Plaçant leur idéal dans la république aristocratique de l'antiquité , ils ne comprenaient pas cette démocratie fraternelle dont Robespierre était Tapôtre. Leur pensée était de changer le gouvernement sans transformer la société. L'initiative leur échappa en cette circonstance , où leurs vœux se réalisaient pourtant, et ce fut leur perte. Bux-mémes engagèrent la lutte contre leurs adversaires. Barbareux aecuia Robespierre de viser à la dictature , et lui fit un crime du prestige de son nom. Robespierre sortit plus fort de cette attaque. Les Girondins dominaient à l'Assemblée : mais les Montagnards avaient pour eux la corn» mune de Paris , qui commençait à s'affilier les municipalités des départements : ils avaient le club des Jacobins, les sections, les faubourgs, le peuple. Les Girondins avaient fait le vide autour d'eux , ils avaient perdu Tas* sistance des constitutionnels sans se donner celle des démocrates, lis essayèrent de se rapprocher de Danton , sans pouvoir se décider à toucher une main rongie du sang de septembre. Les séances de la Convention se passnienl en accusations et en menaces réciproques. Le crime de quelques hommes pesait sur les destinées de la France. C'est contre la violent dictature de la commune que les Girondins dirigèrent leurs attaques les plus acharnées. Elles retombaient sur Marat , Tapôtre du meurtre. Marat prit la parole au milieu des cris : A bas delà tribune I

- J'ai , dil-il , dans cette Assemblée un grand nombre d*ennemis personnels. — Tons! tous! • Marat continue :

- Je les rappelle à la pudeur. • Il fit du meurtre en naasse une raison d'Etat. L'Assemblée fut frappée de stupeur par cette audacieuse apologie; les Girondins demandèrent qu'il fût donné i la Convention une garde de trois mille hommes tirés des dépaHements. Celte proposition acheva de les compromettre. Pendant que ceux qu'on soupçonnait déjà de vouloir soulever les provinces contre la capitale allaient eux -mêmes au-d-ïvant de l'accusation de fédéralisme , les Montagnards faisaient décréter Vunité et l'indivisibilité de la république (25 septembre).

Proeh et utort de Louis Xl/L — La république avait besoin de concentrer ses forces ; les incertitudes d'une partie de l'Assemblée , les nouvelles menaces de l'étranger ne lui laissaient pas de temps à perdre : la Montagne méditait un coup d'Etat terrible; elle voulait jeter aux rois de l'Bnrope un défi désespéré et mettre an abtme entre l'avenir et le passé de la France. La mort de Louis \VI fut résolue ; l'échafaud du roi devait rester debout pour tous ceux que leurs indécisions ou lears remords empêcheraient de s'abandonner au mouvement révolutionnaire. Les Girondins n'eorent ni l'intelligenéé ni le courage de leur situation ; an fond ils désiraient sauver Louis XVI, et ils préparèrent sa mort A\ nemUait qu'ils sentissent le besoin de donner à la répnbliqoe nn gage de leur dévouement : Barbaroux appuya la demande du jugement; Roland livra à li^ Convention les papiers trouvés dans l'armoire de fer. C'étaient les dernières preuves des intrigues de la cour contre la révolution , de la vénalité de Mirabeau , des arrangements pris avec M. de Bouille. L'indignation du peuple s'éleva jusqo*à la fursur; le buste de Mirabeau fut brisé aux Jacobins , Toilé dans la salle de l'Assemblée : le procès fut décidé. ,

La déchéance cependant semblait mettre Louis Capet à Tabri de toute poursuite ; Mailhe se charge de soutenir : qo'elle n'avait été qu'un changement de gouvernement et non une peine; que l'inviolabilité ne couvrait pas Louis Capet comme citoyen ; qu'il avait encouru , par des actes personnels non imputables à ses ministres et dont

la responsabilité devait lui rester, la peine due aux tralfres et auji conspirateurs ; que , par conséquent , il fallait l'abandonner aux rigueurs du Code pénal, et que c'était à la Convention senle de le juger. La droite hésitait , la Plaine oscillait encore entre la pitié et la- peur ; la Montagne a recours an moyen auquel les modérés de tons les temps savent le moins résister , elle porte le but plus loin : on avance ainsi sans s'en apercevoir parce qu'on reste toujours dans le milieu. Saint-Just déclare : qu'il n'y avait pas ici de jugement à porter, que le crime était avéré, qu'il y avait urgente nécessité, que les membres de la Convention étaient et devaient être avant tout hommes d'Etat; il concluait à ce qu'on. déclarât, comme sur une motion , que Louis devait être mia à mort Robespierre appuya Saint-Just

L'Assemblée persista dans l'intention de soumettre ce grand procès aux formes juridiques. La procès fut décidé le 3 décembre : le lendemain , la Coaventioa décida que tout congé serait refusé à ses membres jusqu'après le fugemeut; le 7, une commission de vingt'et un membres était nommée pour faire le rapport : Robert Lindet fut le rapporteur ; Tronchet et Target furent donnés comme conseils i Looîs. Target reinsa; le bon Malesherbes s'offrit spontanément pour le remplacer : ■ J'ai été appelé

* deux fois , écrivit-il , au . conseil de .celui qui fut mon " mettre dans un temps o& cette fonction était ambition- » née par tout le monde; je lui dois le mime service » lorsque c'est une fonction que bien des gens trouvent » dangereuse. » Desèse fut adjoint à Tronchet et à Malesherbes , et prononça la défense le 96 décembre.

On débattit vivement ces trois questions : • Louis < est-il coupable? — * Le jugement de Louis sora-t-il

• soumis au peuple ? — Quelle sera la peine ? • L'appel nominal , qui dura quarante heures, donna : pour la culpabilité, 693 voix sur 719 ; 494 contre l'appel an peuple, et 387 pour la peine de mort sur 791. C'était Vergniand qui présidait et qui prononça la sentence. On essaya- encore de sauver Louis par la demande d'an sursis; elle fut rejetée. Louis fit à sa famiUe des adieux déchirants : c'était peu de s'en séparer pour aller à l'éehaCsud ; pouvait -il ne pas pressentir l'avenir de sa soeur , de sa femme , de ses enfants ! Il déclara « dit-on , à Malesherbes, qu'il ne se sentait aucun roproche à se faire envers ses sujets et qu'il avait toujours voulu le bonheur do peuple. Pourtant la maniera dont il accepta le jugement de la Convention, ses réponses, sa conduite tout entière ne montrent point cette fière confiance qu'avait fait ¥oir Charles P' ; eu outra les caractères , les temps étaient bien entras, et peut-étra Louis lui -même avait -il moins la conviction de ses droits comme roi que la conscience de ses bonnes intentions. II monta sur l'échafaud le 21 janvier 1 793, et mourut avec la résignation que lui donnaient la conviction religieuse de toute sa vie et un courage qui fut celui de presque tontes les victiaoes qui le suivirent

La veille de sa mort, un garde-du-corps, Paris, avait assassiné un des joges qui avaient prononcé la peine de mort , Lepelletier de Saint-Fargeau. La Convention accorda à Lepelletier les honneura du Panthéon, où elle accompagna son corps. L'Angleterre ordonna au ministre de France de quitter le pays; la Convention répondit par une déclaration de guerre à l'Angleterre et à la Hollande : aux menaces d'un roi , elle répondait en jetant la tête d'un roL Déjà, le 6 novembre 1792, la bataille de Jemmappe avait porté les armes de la révolution jusqu'au fond de la Belgique; les décrets du 19 novembre et du 15 décembre, par lesquels la Convention promettait secours et fraternité à tous les peuples qui voudraient recouvrer leur liberté, annonçaient aux rois coalisés quelles représailles ils avaient à craindre.

CkMe des Girondins. — Ainsi la mort du rot avait été

le signal d'une guerre ioi|ilacEble à l'extérieur, plut implacable à l'intérieur ; elle menaçait rartoot les Girondins, quoique plusieurs eussent voté avec la Montagne. Les forces des partis étaient inégales ; ce n'était pas seulement parce que les Girondins avaient pour eux la majorité de la Convention ; les Montagnards , le peuple de Paris : c'était aussi parce que cènx-ci avaient foi en eux-mêmes , tandis que ches leurs adversaires tout se contredisait sans cesse. Cette force immense de la foi eût suffi pour assurer la victoire des Montagnards; les événements devaient y aider : l'Angleterre et la Vendée allaient être leurs plus involontaires , mais leurs plus terribles alliés.

Les partis semblèrent d'abord vouloir constater leurs progrès et montrer , les uns que l'ordre légal n'était pas détruit , les autres que la volonté populaire était la seule loi. Le jour mcme on l'on ordonnait l'exécution de Louis XVI dans les vingt-quatre heures , la Gironde avait fait décréter des poursuites contre les auteurs et les complices des massacres de septembre ; quinse jours après , les Montagnards faisaient cesser ces poursuites. Il leur importait d'assurer l'impunité du passé i la multitude ; ils prévoyaient avoir bientôt besoin d'elle. La commune de Paris se prétendait plus près du peuple que la Convention , et comme telle elle s'arrogeait le pouvoir qui émane de la souveraineté. Mais , pour diriger la multitude contre les Girondins , il fallait une de ces accusations générales que rien ne peut réfuter et qui les résume toutes dans un nom : ce fut le reproche d'aristocratie ; le nom , ce fut celui d'hommes* d'Etat et bientôt d'intrigants. Marat, dans son journal l'Ami du peupU, excitait les haines d'instinct contre l'aristocratie d'esprit des Girondins , contre l'aristocratie d'argent de la classe bourgeoise qu'ils représentaient. Il demandait un petit pillage ches les marchands pour servir d'exemple ; l'exemple fut fait , et resta impuni. Pendant ce temps, un tribunal criminel extraordinaire était établi pour juger les crimes de contre-révolution. Les Girondins ne purent en empêcher la fondation ; mais ils le firent confier i des jurés et en paralysèrent d'abord l'action menaçante. Quelques-uns de leurs ennemis voulurent se défaire d'eux de vive force par une exécution populaire pendant une séance de nuit. Prévenus, les Girondins échappèrent et demandèrent justice à la Convention. Ce crime manqué par quelques furieux pouvait perdre les Montagnards; les événements du dehors les sauvèrent : les malheurs de la France firent leur force en les faisant paraître nécessaires. On apprit en même temps la perte de la bataille de Nerwinde par Dumouries et la révolte de la Vendée : la révolution était menacée ; son salut devait tout couvrir. La crainte des coalisés et des royalistes jeta la majorité de la Convention et de la nation même dans les bras du parti le plus extrême.

Depuis la mort de Louis XVI, l'Angleterre, la Hollande , l'Espagne avaient joint leurs armes à celles des puissances allemandes ; la Russie était occupée au second démembrement de la Pologne : tant ces gens qui invoquaient le droit des rois respectaient le droit des peuples ! La Convention avait à combattre sur différents points trois cent quarante -boit mille ennemis; elle avait ordonné une levée de trois cent mille hommes. La résolution désespérée de ces soldats , l'oigneil républicain , promesse et cause de succès , donnaient des espérances exagérées qui seraient i elles seules devenues un danger pour les généraux ; mais le plus renommé d'entre eux ne justifiait que trop ces méfiances. Dumouries , après la conquête de la Belgique, avait dirigé une expédition contre la Hollande : mécontent de la marche des événements , il comptait se servir contre la Convention de quelques amis qu'il avait dans les deux partis, et les tromper tous denx pour rétablir la monarchie. Rappelé de Hollande par les revers des autres généraux , il vint combattre le prince

de Cobourg , livra une bataille i Nemtnda et la perdit. Le cri de trahison éclata; le club des Jacobina, ce pouvoir extra et supra-légal , envoya trois de ses membres pour sonder ses intentions. Il osa les leur avouer. La Convention envoya aussitôt quatre représentants : Camus, Qninette, Lamarque et Bancal , et le miniatre de la guerre Benmonville , pour l'arrêter. Loin de se aoameUre , il les livre en otage aux Autrichiens ; puis il essaie d'insurger son armée , qui refuse de le suivre. Un bataillon de volontaires tire sur son escorte , et il n'a d'antre reasoom que de passer à l'ennemi et d'y cacher la honte de son impuissante trahison. La Convention mit sa tête à prix.

Préparée à l'insurrection par ses mesura et ses idées , la Vendée y fut décidée par la levée des trois cent mille hommes. Les paysans de la Bretagne , de l'Anjou , da Bas-Poitou répugnaient surtout i quitter leur pays : caeftment , dévoués à la religion catholique , auraient-ils quitté leurs foyers pour défendre une révolution que leurs prêtres maudissaient? Neuf cents communes se soalevèreat au son du tocsin , prirent pour chefs l'officier de mariae Charette , deux hommes du peuple , Catheiincaa et Stofflet, et, après quelques succès, formèrent trots annéet que vinrent diriger les gentilshommes d'Elbée , Bonchanp et Larocbejaquelein.

L'Assemblée , devant tous ces dangers , ne se troubla point : elle mit en arrestation tous les membres de la {«• mille des Bourbons, créa le fameux Qpmité de saint poUir. et émit douxe cents millions d'assignats. Uaia ces événements exaltaient jusqu'au délire la haine de la royaaié ; les Montagnards en profitèrent pour perdre les Girondi&f . accusés d'avoir à un moindre degré qu'eux cette vcria principale de l'époque. D'abord on les fit dénoncer far les sections qui demandaient leur expulsion : ceMe pétition repoussée , l'insulte leur fut prodiguée pur la foule; le meurtre les meuaçait L'instigateur principel de eei manœuvres, Marat, accusé, fut acquitté par le tribunal révolutionnaire et porté en triomphe. Guadet proposa sa appel hardi au peuple des départements contre la coamune de Paris : il tendait à la dissolution de le Couvcotion ; il voulait une nouvelle assemblée à Bonr^es. Elle eût sauvé les Girondins sans doute; eàt-elle sauvé U France de la Vendée et de l'Europe? Le parti intaraédiaire on modéré ne le crut pas ; il voulut tenir la balance entre les deux extrêmes en créant une oomnissieD de doose membres chargée de poursuivre et de prcvceir les complots ; mais les Girondins s'emparèrent de la commission comme d'un instriiment, l'exaspération redenbla. Danton se chargea de commencer à réeUser la réeeeie prophétie de Veigniaud, que la révolution, eonune Saturne , dévorerait tous ses enfanta.

Zs 31 fliat. — Paris s'agitait, et la Convention délibérait an bruit du canon d'alame. Danton la pressiit de casser la commission des douxe et de céder à la pecssion de cette insurrectbn morale. La eommiasMn fsl cassée. Robespierre demanda l'accusation de tons les complices de Dumouries, désignant ainsi tons les Girsadins ; mais il ne put l'obtenir. Le comité de saint pabbc l'emporta sur la commune. Le soulèvement popnlairr continua. On vint , les armes i la main , demander à h Convention de livrer ses membres. Un instant qndqnetnns de ceux-ci pensèrent à apaiser ces troubles, mcnsçants pour la patrie , par la suspension volontaire de leurs pouvoirs. L'intrépide Lanjuinais et Bsrheronx posèrent qu'on ne sauve ni un parti ni un paya par mbê lâcheté : ils jurèrent de mourir à leur poste. Biliaai- Varennes déclare alors que ce n'est paa la anspensiefi mais le jugement des Girondins qu'on demande. Vmsurrection , Heoriot i sa tête , ferme la porte de la Coevention devant son président, et montre ses cames. L'Assemblée cède, Marat fait décider la détention de treeietrois accusés , qu'on plaça sous la sauvegarde dn penpb*-

HISTOIRE DE FRANGE

9. U Iwmr (8>ia 1793 mi 87 Jalllet 1704). Le Comité de mIkI publie, — Eo lifrant let membrrt lax mentcet de la commone , la Convention avait abdifoé , mail poor se relever plot terrible en devenant monagnarde. Le poovoir pauait directement aux mastet po- >alairm. La chute de la Gironde faÎMît triompher Tëgalilé ibsoloe. La constitution dite de 1703 consacra la démorratie pnre; rédigée en quinte joort, immédiatement lécrétée, elle fut envoyée à l'acceptation de tontes les tssemblées primaires. Elle reconnaissait partout TinterrantioD directe du peuple dans le gouvernement. Un ar- -été du conseil de la commune de Paris, qui voulait qu'on nserivit sur les façades des maisons ces mots : Uniti , ndivisibiHUy égaUié , fraternité ou la utort^ résumait la »eiisée démocratique. Mais aucune constitution légale ne «oavait être appliquée dans ce moment d'inévitable diejitore. Antsi-fot-eile suspendue aussitôt que décrétée, et Ljoomée i la paix générale. Le gouvernement révoluionnaire lot continué, et le nouveau comité de salut pu* blic réunit tontes les forces de TEtaL

Il avait fort à faire : le danger était partout , au dedans plot encore quau dehors. Des Girondins prisonniers, let uns étaient restés sous le coup du décret , let autres ('étaient évadés et réfugiés i Caen ; ils armaient les déparements contre la commune de Paris. Plus de soixante lépartements adhérèrent i cette levée de houcliers. Borieaux , Uarseille , Lyo%étaient en armes. Dès longtemps [,jon était en oppositiou avec Paris. Ses intérêts lui avaient ait regretter set habitudes monarchiques ; le voisinage le la frontière y rendait plus facile l'action des émigrés. lutsi le royalisme s'empara bientôt de ce mouvement: il le mêla aussi i l'insurrection du nord-ouest, et la perdit. Le comité de salut public mit la terreur i l'ordre du oar ; il décréta la levée en masse du peuple et l'arrestaion de tous les suspects. Cependant une jeune fille héroîine j partie de Caen , vint ajouter, s'il se pouvait , à l'efervescence populaire. Elle s'introduisit auprès de llarat, (t le poignarda dans son bain. Le peuple vit dans Charotte Corday un émissaire des Girondins; elle déclara l'avoir agi que sons sa propre inspiration. Elle alla à l'érbafaud avec le plus calme courage ; un admirateur qui le fit gloire de mourir poor elle voulait qu'on Ini élevât me ttatne avec l'inscription : Plus grande que Brutus. Ce toop de poignard pourtant n'enleva rien aux Montagnards, 1 ajonta i leur force comme à leur colère. On en exécuta >lat facilement et plus rigoureusement la loi des suspects. «et intorgés de Caen agirent sans vigueur ; ceux de Lyon •tant aussi vaincus , leurs alliés les royalistes livrèrent Toalon aux Anglais.

Lf on et Toulon restaient isolés et furent bientôt pris, «a Tengeance de la Convention fut terrible contre Lyon, loot on voulut détruire jusqu'au nom , changé en celui le Commone affranchie. A Toulon se fit remarquer poor a première fois un jeune officier d'artillerie , le citoyen looaparte.

L'insurrection vendéenne, plus menaçante et plus déidée dans son hostilité , n'avait pu plus de succès. Elle enaîl de perdre dans une tentative inutile sur Nantes leauconp de monde et son généralissime Cathelineao. layence, obligée de capituler, laistsit libres contre les fendéeoÊ douse mille soldats aguerris. Bn6n , à la fronière, let armes de la Convention retrouvaient des succès. >i Ifayence avait cédé, Houchard venait de battre à londttcboote l'ennemi sous let 'ordres du duc d'York; oordan , à Watignies , avait vaincu Cohourg et délivré faabenge. Hoche, Pichegru, Keliermann piiparaient la loriente campagne de 17t|4.

Lee victoiret de la Convention dans le Calvados n*aaieot point d'abord été suivies de beaucoup d'exécutions, fait Lyon et Toulon forent couverts de mines et de sang, .a ^iliotine éponvanta aossi Marseille et Rbnieaux. A

Paris on choisit pour les frapper les têtes les plus hautes, comme si le gouvernement révolutionnaire eût voulu défier par cet exécutions tons set ennemis , les rois , les Constituants , les Girondins. La reine Marie-Antoinette , l'ancien maire de Paris, Bailly, les vingt et un Girondins restés en prison , le duc d'Orléans furent les victimes désignées. La chute de leurs têtes sembla inaugurer la nouvelle année.

Pour se séparer, en effet, plus complétemeiit du passé, la Convention venait de déôéter une ère nouvelle , qui remontait au 92 septembre 1792 , l'an !*' de la république. La semaine avait fait place à la décade ; doute mois de trente jours chacun désignaient par leurs terminaisons les saisons qu'ils se partageaient; c'étaient, en commençant par l'automne, vendémiaire, brumaire, frimaire; nivôse, pluviôse, ventôse; germinal, floréal, prairial; messidor, thermidor, fructidor. Cinq jours complémentaires terminaient l'année sous le nom de sansenlottides. Ce calendrier annonçait l'abandon officiel de tout culte chrétien. On se préparait i en fonder un antre par décret.

Le 25 vendémiaire ( Ifi octobre) eut lieu l'exécution de la reine Marie-Antoinette. Le 1 0 brumaire périrent les Girondins , gardant l'inspiration de leur éloquence , la fermeté de leur courage, la verve et jusqu'à l'élégance de leur esprit en face de la mort Ceux de leurs collègues qui s'étaient échappés leur survécurent peu ; les uns furent pris, les antres allèrent an-devant de la mort Roland se tua sur un grand chemin en apprenant l'exécution de sa femme , morte, elle aussi , calme et grande devant l'échafaud. Le dnc d'Orléans fut exécuté le Ifi brumaire, Bailly le 21 : on se souvenait du Champ-de> Mars ; on prolongea son supplice sans pouvoir ébranler son courage.

Chute i Hébert et de Danton, — Cependant ces meurtres n'étaient pas approuvés par toute la Montagne. On n'hésitait pas i verser le sang pour sauver la république ; mais on se demandait si tant de sang la servait. A la tête de ces nouveaux modérés se trouvait l'un des fondateurs de la république, Danton; il murmurait, blAmait le comité de salut public et n'essayait rien contre lui. Robespierre et ses partisans ne dominaient qu'incomplètement ce comité. Robespierre, intègre, froidement et patiemment ambitieux pour ses idées plus qoe pour luimême , idole du peuple sans en imiter en rien les manières, sembla hésiter s'il appuierait les vues de Danton ; Saint-Just plus ardent , plus jeune, suivait Robespierre ; mais les Collot , les Billaud n'étaient jamais lu de vengeances, et la commune, dont Hébert semblait le chef, mêlait la boue an sang. Loin d'élever le peuple, pour le rendre digne du pouvoir que lui accordait la constitution de 93, elle semblait tout faire pour l'abaisser. L'obscénité du langage se mêlait i la busesse des sentiments dans son journal le Père Duekeene ; elle proposait le coite de la raison et de la nature , désignant par ce mot le plus absolu matérialisme; elle avait torié l'évêque de Paris et ses vicaires i renoncer au christianisme à la barre de la Convention. Robespierre voulait détntfre Hébert ; Billaud et Collot voulaient perdre Danton. Robespierre fit décréter contre la commone que toutes violences contraires à la liberté des cultes étaient défendues ; puis il vint à des attaques plus directes. En même temps les rigoeurs, par Billaud et Collot, redoublaieot contre les suspects de tout genre. Les prisons regorgeaient Enfin les membres du comité se livrèrent mutuellement ceox qu'ils avaieot défendus quelque temps. La commune succomba sous Robespierre. Hébert , Clooti , Ronsin forent exécntés. Mais Robespierre abandonna Danton, aprè^ one tentative pour s'entendre avec lui. Danton voyait la hache approcher , il ne tenta rien pour l'ériter. Son ami , Camille Desmoulins, comme lui l'un des auteurs de la répn.

ilTÎ

bliqne, te contentait de répandra dans ton journal, le Vieux Corâelier^ noo verve et otie éloquence qat excitaient la colère de les ennemis sans les arrêter. Danton ne voulait plus tuer, il ne voulait pas fnir, il laissa faire. Il fut attaqué comme conspirateur; on lui reprocha de manquer de moralité. Sa licence et l'austérité de Robespierre avaient été, en elTet, incompatibles. Desmoulins et lui se donnèrent la dernière consolation d'accabler leurs ennemis, devenus leurs jugef, de leur mépris. Aucun des hommes de ce temps ne sembla regretter la part qu'il avait prise aux événements qui amenaient sa mort , aucun désespérer de l'avenir. Ifs ressemblaient tous plus du moins à Condorcet écrivant en face de l'échafaud sur les progrès de l'esprit hnmain. Danton mourut le 5 avril 1794 (16 germinal an II), annonçant la ruine de Robespierra , qu'en effet la sienne préparait.

Robupierre. — > Menacée par la guerre civile et par la guerre étrangère, la république avait livré au comité de salut public un pouvoir illimité, et' celui-ci avait nSé de ce despotisme avec nue effrayante énergie. Par la réquisition , par une fixation arbitraire des fortunes sur lesquelles s'appuyait TimpAt , par le maximum , c'est-à-dire par l'établissement d'un prix au-dessus duquel les denrées ne pouvaient éhre vendues , il avait levé et armé des soldats et nourri les pauvres. Enfin, la Convention semblait lui avoir livré le droit de vie et de mort sur tons ceux dont il pouvait craindra l'opposition, et il allait demander ce droit , affranchi même du faible cooIrAle de l'Assemblée. A ce prix avait-on au moins atteint l'unité qu'on cherchait? D'abord il semblait qn'ouL Dans le midi et dans l'ouest Tinsurrection ne s'était pas relevée. Masséna pénétrait en Italie; Morean, à Tnrcoing; Jourdan, dans les deux batailles de Pleums , mettant en déronte des troupes supérieures en nombre , assuraient la conquête de la Belgique ; Landrecies était repris aux coalisés ; Ostende , Mons , Toumay , Gand , Bruxelles , Namnr , Nieuport , Anvers, Liège , étaient occupés. Sur mer , au défaut de succès , on acquérait de le gloire , et le IVii- ^mr, périssant sans se rendra , donnait la mesure du dévouement de nos marins. Les craintes s'éloignaient et la France pouvait compter sur les Jeunes chefs, sur les soldais héroïques et dévoués de ses quatone armées. Al* lait-on enfin sortir du prorisoire ?

Après la mort de Danton , on mit à l'ordre du jour toutes les vertus ; peu de jours après on vit monter sur l'échafaud M alesherbes et madame Elisabeth , sœur du rai, dint aucun prétexte politique ne pouvait colorer la cruelle Immolation. On frappa dans vingt-sept fermien généraux la richesse ; la science dans Lavoisier. Pnis on ne s'arrêta plus. Dans les provinces , comme à Paris, à Nantes, i Arras, à Orange , le sang reflua. On inventa des moyens plus expéditifs : on noya , on mitrailla. Il n'y eut plus besoin d'une supériorité quelconque pour être atteint : la médiocrité la plus infime ne sauvait plus. Cependant Robespierra fit décréter par la Conventioik que la France reconnaissait l'existence de TEtra suprême et l'immortalité de l'âme. Il leur consacra une fêle , où il figura en pontife , en représentant de ce Dieu , sons l'invocation duquel il venait de placer la république. Le seeret de ces effroyables contrastes était surtout dans les divisions intérieures du comité. Robespierra n'osait arrêter le char de la Terraur, de peur d'êtra broyé sous les roues, lui et ses idées.

Il avait fait quelques efforts dans ce but , mais trop peu décisifs, loraque les divisions du comité éclatèrent La domination qu'affectaient Robespierre , Saint -Jnst et Gouthoo , avait frqissé les hommes spéciaux du comité : ils se rapprochèrent de Billaod et de Gollot. Une coalition s'ourdit contra les triumvirs.

Saint«Jnst, rappelé par Robespierre des armées où il était en mission , gênant les généraux , mais les forçant à

vaincra pour ne pas périr , Saînt-Just pensa qu'il fallait un nouveau 31 mai pour forcer la Conventimi à se décimer elle-même une fois encore. Confiant dans Tappai des forces populaires, Robespierre attaque & la Convention les comités de salut public et de sûreté générale. 11 voit avec stupéfaction son discoura renvoyé à ces deux eomitésw Le lendemain, Sainl-Just renouvdle Pattaque, et Tallioi l'interrompt II parie un poignard a la main , et en mtnace le nouveau Cromweli. Robespierre ne peut ae fairv entendre. Il traite ses adversaires d'assaaeina ; ik loi crient : • Le sang de Danton t'étovffe ! < ^ Cétaient euxmêmes qui lui avaient arraché la mort de Danton !... H est arrêté , délivré et conduit à l'HâteNle-Ville par les Jacobins. Mail son hésitation laisse le moavement s'affaisser sur lui-même. Henriot , cependant , « reconn a ces canons dont 1% menace avait forcé PAssemblée i lai livrar les vingt-deux; mais la Convention les brave, et les canonnien rafnsent de tirer. Dès lors les r6lea chaagent , et l'Hdtel-de- Ville est i son tour asaiégé. Hab la défensive n'est pas le propra de l'insurreetion ; qnand ffl« s'arrête, elle périt. Robespierre et ses amis attendirent \i mort à l'Hdtel-de-Ville. On a dit que RobeapicTTe s'étiit fracassé la michoira d'un coup de pistolet : il paraît certain qu'il ne s'était pas frappé, et qu'il reçut ce coup de la main d'un gendarme. Les triumvire et lenra asiii étaient bon la loi ; il n'y avait pas de jugement à prononcer. Etalé quelque temps sni^ne table, an comité et sûreté générale, pnis à la Conciergerie, en bnlle anx oslédietions de ceux qui l'entouraient, Robespierre tse: sanglant resta impassible. Il fut porté le lendemain ihi thermidor, 28 juillet 1794) i Féchafand. Sainl-Jostry précéda, regardant Téchafaud avec le calme qn*il avait e^ y envoyait les autres. Ainsi périt Robespierre, rénijor la plus difficile de la révolution. Attaqué dès le Mêï de la Gonvention, il la domina près de denx ans et arrivs enfin à nu pouvoir tel que les révolutions aenles pewoS le faire. Il terrassa des ennemis , il se subordiMina des amis qui lui étaient supérieun en éloquence , en anda» en activité. Mais austère, inaccessible à lovt ee qni reesor la plupart des hommes, il imposait au peuple et lui fivsait partager le respect qu'il avait pour Ini-même 3 semblait cacher quelque grande pensée en faveur de ptaple ; il paraissait convaincu que tout était pennis pear l'accomplissement de ces mystérieuses idées, qne tout « qui les entravait était ntt crime , et fut réellement étonv de voir qu'on retournait contra lui les armée qn'il vnk si souvent employées. Immolé au moment on la Termr allait finir dans tous les cas, il porta tonte la respenss bilité du passé : il l'eût rejetée sur ses ennemis . sH fit vaincu.

Page 1