‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 156 sur 291 · III. QiaiGTOlU · texte numérisé non relu

III. QiaiGTOlU

1. LatI* CMiti* 1m ^artfi ntrémn (91 octobre I79K ra h wpttmbre n»7.)

SiiuatiaH, — • Le Directoire exécutif s'installa an Luxembourg; il trouva pour mobilier dans ce palais cinq chsises de paille et une table vermoulue.

Il y avait en circulation ponr 1 9 milliards de papier monnaie. Le louis d'or valait en assignais 3,050 fr. La fortune ne souriait pas au nouveau gouvernement. Le lendemain de son installation , les Français perdaient à Montbach 3,000 hommes et 100 pièces de canon. Pichegm méditait one trahison. Le maximum, que ne soutenait plus la crainte toujours présente dn tribunal révolutionnaire , produisait ponr effet la disette des subsistances ; et le peuple avait pris l'habitude de vivre de rémente et de la terreur inspirée aux riches, plus que du travail. Les directeurs acceptèrent la mission de sauver la république de tant de périls, et de le fsire en accep^nt les entraves d'une constitution , audace plus grande que oelle de Danton et de Saint-Just

Travmix intèritmr: — Il y eut d'abord bonne intelligence des directeurs entre eux, des directeurs avec le conseil. Si cet accord eàt duré, la constitution de l'an III eàt pu sauver la république. H Csllait de l'argent On essaya de s'en procurer eo vendant ou en engsgeant les effets les plus précieux du garde-meuble , eo décrétant nn empmnt forcé qai , n'étant point- soutenu par les mesures familières à la Convention, échoua, en créant des mandats territoriaux immédiatement échangeables contre les propriétés nationales : on parvint par là i éloigner de quelque temps la banqueroute. Un ministre de la police fut institué , avec Pespionnage légal , son inévitable cor^ tége ; la fille de Louis XVI fut échangée contre les conventionnels livrés i l'Autriche par Dumouries. On ne répudiait rien du passé ponr cela, et le 21 janvier on célébra comme auparavant l'anniversaire de la mort de Louis XVI.

Gratekus Babœuf, -~ La première attaque contre le gouvernement vint des nivelenrs. Depuis la tentative du royalisme en vendémiaire , l'opinion s'était rapprochée d'eux et ils se croyaient de plus en plus la véritable expression de h révolution. Graccfaus Babcsuf était leor chef; il se donnait le nom de tribun du peuple, demandait l'absolue démocratie et la constitution de 1 7 93 comme seule apte à conduire an bonkear commun. Il prétendait aller bien plus loin , i l'abolition de la propriété et à la commnnanlé absolue des biens. Les égalitaireë avaient formé un dub que le Directoire tolérait et qui s'assemblait an Panthéon. II complota i peu près tout haut ; le Directoire ferma le club. Babœuf avait beaucoup de secrets partisans dans la légion de police; il conspira avec elle. Le Directoire la cassa. Des troupes étaient rénnies an camp de Grenelle; ils s'y ménagèrent des intelligences ; mais ils furent trahis et arrêtés. Ceux qui

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étaient retléi libres (eatèrent nir le camp de Grenelle un coap de main qoi échooa. Li?rét à Téchafand on à la déportalion , let égalifaires disparurent du nombre des partis, mais non de la société, où on devait les voir reparatlre sous le nom de conminnistes. Pendant qu'on les jugeait, les royalistes formèrent aussi uce conjuration traitée avec une grande indulgence par les tribunaux civils.

Gtœrre, — Heureux contre les complots, le Directoire l'était plus encore contre ses ennemis découverts. D'abord ranimée , la guerre de la Vendée avait cédé an courage et à l'babileté de Hoche , qui l'avait rendue i la fois plus douce et plus efficace. Séparant par là le pajsan des chefs de parti , il avait vaincu , traqué et pris ceux-ci. StoflOet fut fusillé à Angera , Charelte i Nantes. La Vendée pacifiée, la Bretagne le fut bientôt. Un plan hardi avait préparé la défaite et la ruine de l'Autriche. Les mouvements des trois armées de Rhin et Moselle, de< Sambre-et-Meuse et d'Italie étaient habilement combinés, et ces armées avaient pour chefs trois grands généraux , Moreau, Jourdan, Bonaparte. Bonaparte inventait en Italie une nouvelle stratégie. A M ontenotte , à liillésimo, à Mondovi , â Lodi , à Castiglione il foudroyait les Autrichiens , et le roi de Sardaigne effrayé demandait et obtenait la paix. Jourdan i Altenkirchen , Moreau i Radstadt, lui répondaient dignement. Les trois armées allaient se joindre. Mais Jourdan se laisse entamer par l'archiduc Charles, et se met en retraite. Moreau est obligé de l'imiter, et s'illustra par des marches rétrogrades admirables, pendant que Jourdan se fait battre et que Bonaparte continue ses triomphes. On soupçonna la mésmtelligence de Moreau et de Jourdan d'être pour quelque chose dans les fautes de celui-ci ; d'un autre côté Bonaparte suivait bien plus ses plans que ceux du gouvernement La terrible pression du Comité de salut public n'était plus là. Cependant les victoires d'Aroole, de la Favorite , de Rivoli , la prise de Mantone et d'Ancône , une marehe hardie sur les pays héréditaires de l'Autriche foreèrent celle-ci i un traité dont les préliminaires furent signés à Léoben , tandis que Hoche , à la tête de l'armée de Sambre-et-Mense , repassait le Rhin et recommençait i vaincre l'Autriche. La mer avait fait échouer une descente en Irlande que le Directoire avait voulu confier i ce grand général.

Leg thiophilamthropeê. -^ Pendant ce temps , une tentative remarquable avait lien à l'intérieur dans l'ordre religieux. On avait rendu à la religion catholique son libre exercice ; mais cela n'en laisaait pas moins sans culte une grande partie des Français et ne satisfaisait pas à ce besoin qui avait fait établir les fêtes de la raison et de TÉtresupréme. Une secte protégée par le directeur La Réveillère crut y répondre par une religion fondée sur l'amonr de Dieu et des hommes , et qui en prenait son nom , la théophilanthropie. Chacun y était prêtre i son tour ; de simples tables en bois ornées de feuillages , de fleura et de fruits en formaient les pompes ; des cantiques et des sermons en français , les cérémonies ; le respect des droits de tons , l'absence d'ambition , l'amour dans le mariage , les vertus d'idylle , les dogmes. Les intentions étaient honnêtes; mais il n'y avait là ni lenthonsiasme ni la science nécessaires à une telle entreprise. La théophilanthropie s'éteignit à petit bruit.

IS/ruetidor. — Un tien des conseils devait être renouvelé ; la désorganisation du parti démocratique permit aux royalistes d'y entrer. En même temps un homme qui fut bientôt des lenra , Barthélémy, remplaçait Letourneur dans le Directoire. Ils pensèrent dès Ion i le dominer, ils portèrent à la présidence des Cinq-Cents Pichegru. Ainsi le Corps-Législatif et le pouvoir exécutif se trouvaient en hostilité ouverte ; en vain quelques intermédiaires voulurent empêcher une collision : elle était inévitable. Le Corps-L^islatif forma sa garde ; le Directoire fit approcher de Paris l'armée de Hoche. Bonaparte , qui déjà at-

tendait , avait envoyé Angereau pour [ pui contre les royalistes. Le Directoire ^t le [ les troupes entrèrent dans Paris à la noit e( devaient occuper les Tuileries. La garde des conseils, dès qu'elle m trouve en face d'Augereau, abaisse ses anncs aux cris es • Vive la république! • Le Directoire n'avait plus qo'i frapper ; deux de ses membres , Barthéleoif et Canot . qui n'avaient pas voulu qu'on sortit du gonveniesBent le- i gai, cinquante -trois députés, trente-cinq rédadennê* | journaux sont condamnés à la déportation ; les éiectioM ; de quarante-huit départements sont cassées ; les Um contre les prêtres et les émigrés sont remiaes en vigueur. Le gouvernement légal avait duré pendant deux annêct. celles où il y eut en France le plus de liberté.

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