Lattef latMUaM (5 Mplembrc 1797 m 10 wvtmhn I
Silmatiim. -— La révolution avait éprouvé dea secoesses plus violentes que celle du 18 fimctidor ; mais dns causes rendaient celle-ci irréparable : les meeon du leuip et le rôle qn'avsit joué l'armée. Comprimé à rezcès par » régime austère et terrible de la Conventioa, le besois du luxe et des jouissances s'était reproduit , dès qu'il l'tvait pu, avec toute la frénésie de la plus extrême réactioa : la débauche et la vénalité en étaient natoreUenDest mties. D'un autre côté, les armées s'étaient attacbé» » leun généraux , moins qu i la république pent-êlre , osm plus qu'au gouvernement : le Directoire , en cbcrdii* son appui en elles plutôt que dans le peuple , avait choisi parmi les chefs ; il leur avait laissé soupçonner sa dcpadance ; il fallait absolument désormais qu'un moiss ili « fissent contre-poids. Dans cet état de chooea , ce fut ai grand malheur que la mort de Hoche : la fortnne, qv lui avait toujonre manqué et l'avait éloigné des scèw brillantes , n'avait pu cacher son mérite ; au gncm de U Vendée avait montré qn'il n'était pas senlemoot un gnarf général , mais un grand politique ; on vo^t en loi as meilleur patriote ; on espàvit un aussi grand homme qv dans Bonaparte. Il mourut i vingt-neuf ans ; sou rival sa contraire , jouissait de toute la gloire que lui aiiic»i faite sa fortune et son génie. Il signait à Campe -Formlo , avec le comte de Cobentsel , un traité qni panùsait surtout son oeuvre, ou l'on ne respectait guère W( droits des hommes et des peuples , mais où s'agraBissaient l'influeneiB et le territoire de la France. La répsblique de Venise abolie payait à rAutricbc rabandea àt plusieure provinces i la République ciaulpinc et à la France , qui s'accroissait au nord et atteignait le Un pour frontière. Bonaparte vint jouir à Paris du trieafbt que lui accorda le Directoire , que lui décerna Tcfàmm publique. Habile en tout , il sut attendre. La pûx b'scut pu se faire avec l'Angleterre ; aucun des deux partis v la voulait Le Directoire , disposant de ses forces, seaj» à intervenir en Suisse.
^ifÎMf ei Itaiû, — Les troubles intérieurs de la S«i«> d'où une politique opposée i la révolution avait chas» les républicains tandis qu'elle rappelait les ésnigrés £ra&çais , l'assassinat d'un général français à Rome, meir vaient les attaques du Directofare qu'appelaient les habtants de Genève et du pays de Vaud. La Suisse fut cnvaba par Brune, et se soumit après que Berne eut été pn* par capitulation. Elle accepta un gonvcmeuaent ic > de celui de la France. Berthier pénétrait jnaqoe sons i^^ mura de Rome. Une insurrection du peuple de cette v«'^ forçait i la fuite le pape , qu'on dépouilla de ses Cti'v A Vienne, le drapeau français était insulté. H, msl^ les excuses des ministres impériaux , ramhaaaadenr, B«^ nadotte , quittait cette capitale.
ii floréal — Les élections de floréal uu VI ( I7«> avaient été l'espoir du parti royaliste ; elles le trompèreet. r< furent démocratiques. Les républicains pure s'étaient n>J» et avaient reformé les clubs sons le nom de Cercles c<a^>
HISTOIRE DE FRANGE
ilionnelf. Le Directoire prononça les noms d'antrcbittes, e Jacobins , et, se servant d*ane loi obtenue au 1 8 fmcjdor, cassa les élections ; mais les coaps d'état qni pen* ent sauver un parti perdent un pouvoir légal. Cependant lonaparte mettait à la voile pour TEgypte, et l'Europe réparmit contre la France de plus puissants efforts.
Guerre europienme — Quelques hommes jetés en Iruide sons les ordres du général Humbert avaient suffi •car alarmer l'Angleterre et tenir quelques jours ses for- #>s en échec, mais sans amener aucun résultat. L'Anglerrre, en réplique, préparait une seconde et formidable (dàlition on entrèrent la Russie, l'Autricbe, la Turquie, M Deux-Siciles, la Sardaigne. La guerre offrit pendant oole l'année 1799 une alternative de succès et de revers, liia.'opionnel conqnit les Etats romains et Naples , qu'on levait bientôt perdre. Masséna s'empara du pays des î risons; mais Jourdan fut repoussé, Scbérer complètement alla. Les Russes, sous Souwarow, semblaient devoir nlever aux troupes françaises leur réputation de supérioité ; Moreau, Macdonald échouaient contre leur nombre: ependant Joubert leur vendait cher la victoire à Novi , uaqu'à ce qu'enfin Lecourbe , dans la vallée de la Reuss, Jasséna , i Zurich , détruisissent par des succès décisifs es plans de la coalition , tandis que Brune , en Hollande, lattait le duc d'York et les Anglais.
30 prairial — L'exemple donné par le Directoire liait se tourner contre lui. De nouvelles élections vêlaient de montrer encore la force du parti démocratique , i le pouvoir exécutif ne pouvait plus lutter contre 1*0union et la loi. Les revers des armées que n'avait point •Qcore réparés Masséna, retombaient contre les direcears. Ils ne purent résister. On arracha la démission de ;eua d'entre eux qu'on ne put destituer sous aucun préeste, et le Directoire fut expulsé, comme lui-même avait MpaUé une notable partie des Conseils. Le pouvoir se lissolvait, les partis allaient se retrouver en présence , nais maintenant représentés seulement par des minoriés dont l'ardeur s'était conservée au milieu de masses assées et effrayées de ces luttes. C'est alors qu'arriva en France Bonaparte , qui , informé des événements , avait aissé l'Egypte et hardiment traversé la Méditerranée.
Ejcpédition d'Egypte, — La campagne d'Egypte avait routé i la France sa marine , anéantie a Abookir, mais file avait environné Bonaparte d'un éclat merveilleux. dalte prise en passant, les armées turques et l'intréndc cavalerie des mameluks détruites, TEgypIe sounise, les Français conduits jusqu'en Syrie frappaient îtement l'imagination. On répétait les grandes paroles |ai avaient précédé la grande bataille des Pyramides; »n citait la haute énergie avec laquelle le jeune général, bravant la peste, avait rendu la force à l'armée lémoralisée ; on exaltait l'habileté avec laquelle il avait [Bgné l'esprit des Egyptiens , en leur annonçant les bieuails de la civilisation européenne. Ces noms même de 'j^ramides, de Saint-Jean-d'Acre , de mont Thabor, a victoire d'Aboukir, cachant presque le désastre éprouvé lux mêmes lieux , ajoutaient à l'effet poétique de cette expédition , dont on était frappé sans en pouvoir mesurer es résultats. Enfin la hardiesse même de son retour enonrait Bonaparte d'un amour presque superstitieux. Tons es partis voulaient se l'attirer, tous comptaient sur lui.
1 8 hrvmaire. — Il se servit et se joua de tons. La f^rance était lasse de son gouvernement et l'accusait d'auant pins qu'elle se jugeait moins elle-même. Bonaparte e vit et conçut tout le parti qu'on en pouvait tirer. Il rontint son impatience jusqu'à ce que les Anciens l'euslent nommé an commandement de la force armée. Dès ors , tout en protestant de son amour pour la répnbli- |oe , il parla en son nom. Exagérant la situation de la /rance , que venaient de relever les récents triomphes de flollande et de Suisse , il la redemandait telle qu'il l'avait
laissée , il osait dire telle qu'il l'avait faite. Le Directoire fut facile à dissoudre. Mais il fallait intimider les Cinq- Cents, qu'alarmait la dictature qui se dévoilait Bonaparte y entra suivi d'une escorte de grenadiers. Aux cris de : Hors la loi ! à bas le dictateur ! qui accueillirent la force armée qui l'accompagnait, il se troubla. Ses soldats l'emmenèrent Son frère Lucien, qui présidait l'assemblée, résista à la dejiande de mise hors la loi et vint le rejoindre. Il avait des appuis dans le gouvernement directorial , et des directeurs mêmes le poussaient i l'usage de la force; les généraux lui étaient dévoués, les soldats n'hésitaient pas. H donna l'ordre de faire évacuer la salle i la baïonnette. Les députés s'enfuirent ; la représentation nationale fut dissoute.
IV, Li cosrsuLftT (10 novembre 1799 aa 10 mai 1804).
Constitution de Tan VUI. — L'immense majorité des Français applaudit à la chute du Directoire et accueillit avec enthousiasme le pouvoir de Bonaparte. Le besoin d'ordre était alors le premier de tous, et les principes avaient cédé la place aux intérêts , avec lesquels il est plus facile de transiger. Sieyès , qui avait cm le mettre an service de ses idées, rit et dit bientôt qu'on avait un mettre. On confia prorisoirement le pouvoir à deux conseils législatifs et à trois consuls , dont Bonaparte se fit le premier. Sieyès présentait un projet de constitution que le premier consul rejeta d'un mot : on lui donnait le rÀle d'un cochon à tengrai» de quelque» «lA* lions. Il en fit une antre par laquelle le premier consul prenait deux commis appelés aussi consuls , avec lesquels il nommait un sénat conservateur de 80 membres inamovibles, qni nommaient un tribunat de 100 membres chargé de discuter les lois , et un corps législatif de 300 membres chargé de les voter. On rompait avec le passé de la révolution ; les fêles nationales commémoratives du ] 0 août et du 21 janvier étaient abolies. On inaugurait le règne du silence, mais on préparait celui de la gloire; on ne mourut plus pour Fégalité et la liberté, on mourut pour l'honneur. Mise, non aux voix, mais aux signatures, la constitution de l'an VIII réunit 3,91 1,567 suffrages contre 1,552 oppositions. Roger-Ducos et Sieyès, consuls provisoires , se retirèrent Bonaparte prit à leur place Cambacérès et Lebrun.
Guerres. — Le consul offrit la paix à l'Angleterre , qui la repoussa. Il songea alors à pousser vigoureusement la guerre. Des soulèvements dans la Vendée sans grande importance avaient été comprimes. Moreau commanda l'armée du Rhin. Les batailles de Memmingen , d'Hochstedt et surtout de Hohenlinden furent les principales actions de cette vigoureuse campagne. Le premier consul avait traversé les Alpes avec une étonnante rapidité et sans grandes pertes, malgré tous les obstacles qu'opposaient la nature et les hommes. Pois, en descendant comme un torrent, il avait terrassé de nouveau l'armée autrichienne à Marengo. A cette bataille avait été tué Desaix , une de ces gloires nobles et pures de l'école de la république.
Machine infernale, — Bonaparte était revenu i Paris assurer son pouvoir par l'enthousiasme qu'il inspirait Sa fortune le sauva de l'explosion d'une machine infernale qui devait le faire sauter avec sa voiture. Sa colère éclata contre les républicains ; elle s'égarait : le coup partait des royalistes , auxquels il avait fait de grandes avances. Il montra beaucoup de sang-froid , encore plus d'habileté, et créa à cette occasion des tribunaux militaires spéciaux , malgré l'opposition impuissante et peu populaire des plus éclairés et des plus énergiques des tribuns , qu'il élimina bientôt arbitrairement. Le pouvoir absolu se manifestait clairement ; mais la France l'acceptait
Congrès de luniville. — En compensation , la paix s'annonçait. Abattue par Marengo et Hohenlindeo, l'Anlri-
im
che IraiUit , les paifMQces eotliaéei Vimitoieot , et l'Angleterre même était forcée à ooe trêve qui obligetit Pitt à te retirer da ministère pour ne pas donner on démenti même momentané i ta haine.
p€ru d* rBgypte. — Dans eee ctrconttaneet , on fot peo frappé de la malhearente iHae de leipédition d'Egypte. Bo qaittaat furtivement ton armée , Bonaparte l'avait remite i un grand général , à Kléber , maii avec peu de rettourcet, et eelni-ci t'était cm obligé de traiter avec les Turcs et let Anglait de l'évacuation. Lortqn il eut livré plutieurt placet, lord Keilh, commandant de l'etcadre anglaiie, lui fit demander tet armes, qu'il ne devait pas te charger d'aller prendre : Kléber fit eonnattre i ton armée cette intolenle tommation, combattit et eitermina prêt deê rninet d'Héliopolit soiiante mille Tnrct. Il reprit bientAt let placée qu'il avait livréet. liait Kléber tomba tout le poignard d'un musulman fanatique , et l'armée d'Egypte, qu'avait quittée Détail, n eut pour chef que Menou, trop an-dettoue des ciroontlances. Il ramena en France let débris d'une glorieuse expédition , qui profita du moi ut à l'Egypte et à la tcience.
Expédition de Saint- Dtminjut. — On préparait alorp une autre expédition outre -mer qui devait être plut funette. Le général Leclerc emmenait i Saint-Domingue trente-cinq mille toldats d'élite, qui allèrent pendant deux ans, dans nue guerre atroce , combattre les noirs et la fièvre jaune. Presque tons y périrent avec leur général.
Paix ttAmau. — Cependant l'Angleterre fut forcée à la paix, elle fut signée i Amiens. Elle était aussi glorieuse qu'avantageuse à la France , et , par cela seul , ne pouvait pas durer. L'Angleterre n'y vit qu*nn instant de repos, peut-être qu'un piège pour le commerce de la France. Bonaparte cependant cherchait à guérir les plaies de la révolution , i en effacer de plus en plus les souvenirs , beaux on tristes. Il avait signé avec le pape nn concordat par lequel il rendait i la religion catholique , non pins seulement son libre exercice, mais ses pompes et son rang officiel : toute opposition était détruite au tribunat; ailleurs on se contenta de murmurer, et dans Tarmée même le mécontentement t'exprima attes haut « Contulat à vie, — Bonaparte voulait prolonger la durée de ton pouvoir. Le ténat le pria d'accepter le contulat pour dixant de plut : la nation voulut qu'il le gardât à vie. Il remania la constitution et la fit encore non ditcuter, mait approuver. La constitution de l'an III avait banni de la tcène politique let prolétairet ; cielle de l'an VIII , la nation ; celle de l'an X 6tait même tout timulacre de liberté. Le tyttème d'inttmction publique fut changé et l'Université créée. La Légion-d'Honneur fut inttituée et ouvrit une voie à une arittocratie nouvelle.
Gmerre et eontpirations. — La guerre te ralluma : l'Angleterre ne pouvait accepter la tuprématie que la paix d'Afflient avait faite à la France. La goerre coïncida avec det contpirationt. Un complot contre la vie du premier oootnl fut découvert. De tet anteurt , Georges Ctdoodal fut fusillé, Pichegm se tua dans sa prison ; lioreau , qui avait montré jusqu'à la puérilité sa mauvaise humeur contre le consul, y était impliqué. Il fut condamné à deux années de prison , changées en un bannisiement plus funeste à sa gloire : il devait mourir d'un boulet français. Regardé comme incitatenr de ces complots, le duc d'Engbien fut enlevé sur nn terrain étranger, jugé par une commission militaire et fusillé avec une fatale précipitation.
On tourna, comme toujours, ces conspirations au profit du pouvoir. Bonaparte devait garder le pouvoir tonte sa vie ; il se fit supplier d'accepter le titre d'empereur et l'hérédité. Quand celte mesure fut proposée au tribunat, Camot seul s*y opposa avec une noble franchise , que personne n'appuya , que peu de gens comprirent II ne faut pas trop accuser de servilitme le sénat et le corps législatif. C'était l'esprit du temps. Avec la même ardeur I
qu'ilt avaient voulu la liberté , les Français u nom dame une êervitmde brillante. L'empire fut prockoM ie i!i floréal an XII ( 18 mai 1804).