‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 158 sur 291 · V. Liiinai (18 mai 1804 m 11 Mnï · texte numérisé non relu

V. Liiinai (18 mai 1804 m 11 Mnï

Couronnewunt, — Cette nouvelle mooaichie catrinait une cour et det pompet. On déclara Ici fmti it l'empereur princet fraoçaii ; on nomma dei griaêi dig» tairei ; det généraux de la république on fit êa nire> chaux d'empire. Le pape Pie VII vint à Puis p«v .a cérémoniet du tacre de Napoléon I*' et de rimpénim Jotéphine. Le clergé proclama dant Fantear do coocardat l'élu de Dieu. Cependant le pape n'avait p«, ea n^sr de sa complaisance , obtenir la restitution des troti If^ tiens, et s'en retourna mécontent Les répuUiqan fooden -par le Directoire devaient suivre la fortune de U Fiutt Napoléon accepta le titre de roi d'Italie, et en fit tirer» le fils de sa femme, Eugène Beanbamais. La rép^hli^ de Lucques devint Tapanage d'une des saurs es iiaîn

Ce que le Consulat avait gardé des forme* de U ithcv fut aboli. Cependant le génie de Napoléon était égil amc ambition. La France ne voulait plus que Tordre a )t grandeur ; il les lui donna. Des vues de la répob>i((iir il n'abandonna rien de ce qui était compatible aicc tùsence de liberté politique. Le Gode civil , déjt prêt, fi: publié sons le nom de Code Napoléon ; les soties ok activement préparés lui succédèrent bient6L II a'j <.tc plus de discussion publique, mais à hnis dot elle cmct vait une attes grande liberté, et Napoléon y prcDiitpd avec u haute intelligence. Il encourageait lei kïcors. let artt , let lettret même, pourvu qu'elles cbrauimt let loitirt tant enflammer la pentée, et dant rioatitol i supprima la classe des sciences morales et politiques, àai mots qui lui faisaient peur ; il n'aima jamaii Ici nu membres de ces classes, les idéologues : maii il tuii supporter, récompenser même cenx qu'il nuauitfiu pourvu qu'ils ne parlassent pas trop haut H appeùii i lui tous les partis ; il eût voulu les fondre et les fiire «• blier. Des travaux immenses furent entrepris et nentés tons son règne , les bassins d'Anvers et de Cberboiai, des routes magnifiques , des dessèchements de muui des canaux, de splendides monuments, la Boone.richèvement du Louvre , la colonne de la place Veodô» Il semblait que son génie fût asses grand pour w p«s» de la guerre , où il n'avait pas d'égal.

Troiêième coalition. — Aussi sa première dêoarcix fut-elle pour la paix. Il écririt au roi d'Aogletent we lettre où il la proposait, la demandait Elle fatélndér. repoussée. Il fallut presser la guerre. Elle étsil diot li force des choses. La responsabilité de dix snoèei et combats qui ont ensanglanté la terre doit retomber dibord et surtout sur la haine de l'Angleterre et des nu d'Europe contre l'héritier de la révolution, niais loKiiv la funeste idée de rétablir Fempire des RomsiBs ti ^ Chariemagne, conçue par Napoléon. Le projet if» descente en Angleterre avait été souvent conço. NapolM le reprit; il pressa activement la réunion i Bo&l> gne d'une flottille qui devait lui faire on pont poer peser le pas de Calais. L'Angleterre effrayée prem. ^ aussi , la troisième coalition qui força Napoléon de fu* tomber ses coups sur le continent Les prépirattfs ^ !> France furent prompts, ses succès plus prompbeorert Sous l'impulsion de Napoléon , ses lieutenants seabliint invincibles; Beroadotte, Ney, Soult, Lannes, Heni. Masséna râtamaient l'Allemagne; Napoléon rKcraitii capitulation d'Ulm ; jusqu'à ce qu'enfin ces exploiu pilirent devant la grande bataille d'Ansteriits (2 décesik* 1805, anniversaire du couronnement). Celte fidon* força l'empereur d'Allemagne à venir au bivouc de Sipoléon lui demander la paix : le traité de Presboar]| tDOpléta l'abaitiement de l'Autriche ; deux royaooMi itn^

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1ST0IR£ DE FRANGE

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érigés eomme pour la larTeitler, ceux de Bavière et de IVurtemberg. Napoléon m fit déclarer protecteur de la CDD fédération do Rhin , formée det Etats wcondaires de l'Allemagne; il fit rois denz de ses frères, Joseph de Naples, Louis de Hollande, se donnant ainsi moins de force qu'il ne donnait d'appui moral à ses implacables ennemis. Un grand revers avait compenié ces succès. L'amiral anglais Neliou , qui n'avait pu brâler la flottille de Boulogne , avait à Trafalgar anéanti la marine française. Les corps de l'Etat décernèrent à Napoléon le nom de grand et une colonne monumentale. Le calendrier républicain cessa d'être employé.

Qmairiiau coaUtion. — La PmsM était restée Mutre : elle forme une alliance avec la Russie pour délivrer l'Allemagne . et fournit à Napoléon la matière de nouveaux mirmcles de force et de rapidité. Une seule bataille , celle d'Iéna, décide la campagne. La fortme de Napoléon* seconde ses lieutenants. Berlin reçoit le vainqueur , qai va frapper la Russie. Eylau et Pnediand voient de nouveaux Succès des Français ; succès chèrement «chetés« mais qui semblent bien payés par la glorieuse paix de Tilsitt Les Russes abandonnent T Europe occidentale â l'Empereur « dont Alexandre sollicite aon-seulement l'alliance mais l'amitié. Napoléon se déclare médiateur de la Suisse ; il donne à ses généraux des titres féodaux et prétend recommencer l'empire de Gharlemagne. La Prusse est diminuée de moitié , et voit s'élever contre elle les royaumes de Saxe et de Westphalie , du dernier desquels Jérôme Napoléon est roi L'empereur, ne pouvant reoeontrer l'Angleterre sur les chmmps de bataille, veut la frapper à mort dans son commerce. Elle a déclaré la France en état de blocus ; lui, il lui ferme le continent par le blocus conti* neotaU II a le Danemark et la Russie pour alliés ; l'hostilité insensée de la Suède contre lui a amené la ruine de cette puissance , il règne ailleurs. Il lui reste à atteindre l'Angleterre en Portugal , où elle domine. Cependant r Espagne s'inquiète: les troubles de cette cour lui offrent one occasion ; l'état où il voit la France , dont il a oublié les jours passés , ne lui a pas appris à croire aux résistances nationales. Il se laisse éntraloer dans la plus cou* pable et la plus funeste de ses fautes. Par des moyens peu digues de lui , il s'empare de la personne du roi d'Espagne, qui lui cède son trône ; il y nomme son frère Joseph , et passe le sceptre de Naples i son beau-frère If arat , traitant ainsi les peuples comme, ses corps d'armée. Hais l'Espagne s'indigne. L'empereur va rencontrer mon. plus des armées, mais un peuple. En même temps il a à combattre une opposition religieuse de la part du pa.pe , auquel il a rendu de la puissance en France ; une opposition commerciale de la part de la Hollande, que son roi Louis ne peut ni ne vent maintenir dans lest-yoies du blocus et qu'il faudra violemment convertir en départements français.

Cinquième coalition, — • Les généraux de Napoléon ont pa envahir, non soumettre l'Espagne; il y porto des Ijroopes et un génie invincible , mais l'Autriche reprend courage par son éloignement Par suite de la rapidité co«aie de ses défaites , ses forces ne sont pas épuisées; elle fait un effort prodigieux, mais inutile. Eugène lui eialève rilalie , et les victoires d'Essling et de Wagram im. livrent i la merci de Napoléon. Le vainqueur, maître dAna Vienne, humilie et dépouille l'Autriche et lui deoxsiade une archiduchesse pour épouse. Le divorce le piépare de la bourgeoise qu'il avait épousée ef qui ne lui ^vaît pas donné d'enfants, et, aux yeux de bien des l^rr-ançais, le sépare plus complètement que son despoli,maïe de la cause de la révolution.

Cependant l'Espagne ne se prête pas à ces grandes l>«,tailles qui décident du sort des empires. Son opiniâtre faiblesse résiste mieux que les troupes et les généraux

bien supérieurs de l'Autriche ; la patience de lord Welhngton paralyse les Français mienx que des combats heureux. Pendant ce temps , des intérêts froissés brouillent de nouveau la France et la Russie, et amènent une guerre gigantesque même après tant de grandes guerres. Napo» léon va aller combattre les Russes en Russie.

Gyerro dt Buuie, -— Gomme il avait organisé des royaumes en face de l'Autriche et de la Prusse , Napoléon conçut, mais trop tard, le projet d'élever la Pologne contre la Russie; il promit à ce noble pays une indépendance qu'il n'a jamais sérieusement tenté de réaliser. Il voulut accabler la Russie, comme il avait fait pour l'Autriche et la Prusse, par la rapidité de ses coups ; mais id l'immensité du pays était un obstacle. Il fallait atteindre les Russes, qui cédaient sans cesse , sans fuir, sans combattre, de manière à ne rien décider. Après avoir parcouru en vainqueur un vaste territoire y. il arrive i Moscou ; il livre la grande bataille de la Moscowa et entre dans la capitale du pays ennemi , que son gouverneur fait incendier. Il y reste plusieurs semaines , faisant Temperenr, comme il disait , au lieu de faire le général. Il donne le temps d'approcher â sou plus formidable ennemi, l'hiver, qui arrive précoce et terrible. La fortune avait abandonné Napoléon , il ne lui reste plus que son génie. Il suffira pour tenir l'Europe en échec pendant plus de dixhuit mois. Il fallut céder devant l'hiver et commencer cette désastreuse retraite qui détruisit la plus belle armée qu'eût vue le monde. Ce n'est point une force humaine qui abattit la puissance militaire de la France. Il faut lire en détail la touchante histoire de ces revers, où se déploya le courage le plus admirable, ou l'humanité donna la mesure'de sa force. Bien des chefs y furent grands, et Ney les surpassa tous.

SixihÊU coaimoi^ — Napoléon n'avait enchaîné l'Europe que par la force. Dès qu'il parut moins à craindre, il la trouva toute contre lyi. En France même des faits étranges se passèrent Sur le bruit de sa mort, Mallet essaya de tourner contre lui l'obéissance passive i laquelle il avait habitué ses fonctionnaires. Il allet échoua et fut fusillé. Singuliers symptômes cependant! Napqléon, arrivé i Paris, confessa toutes mm pertes ; il montra la grandeur des revers pour faire mesurer la grandeur des effoHs à faire. Epuisée comme elle l'était, la Fiance n'eût pas en asses peut-être de tout le patriotisme de 1792, et qu'en avait fait Napoléon ? Elle fit tout ce qu elle savait encore faire. Elle donna une armée. A l'Angleterre , i l'Espagne, à la Russie , à la Suède , se joignirent bientôt la Prusse , puis l'Autriche, puis toute l'Allemagne. Heureux encore si tous se fussent loyalement déclarés, si on n'eût été frappé qu'en face et non par derrière. Vainqueur à Lutsen, à Bautsen, à Dresde, Napoléon voit ses succès sans résultats par les revers de ses lieutenants. A Leiptig, pendant* une terrible bataille , les Saxons et les Wortembergeois passent tout d'un coup i l'ennemi. Le roi de Saxe n'eut point part à celte défection, et fut plus tard puni par les alliés de sa loyauté. L'armée en retraite est coupée par 60,000 Bavarois et Autrichiens, qu'elle culbute. La guerre se fera désormais sur le territoire français. Abandonné par la fortune. Napoléon ne s'abandonna pas. Mais il paya cher alors les choix peu patriotiques qu'il avait faits , le culte des intérêts qu'il avait secondé. Tandis qu'il avait peur des idéologues , anciens républicains qui allaient devenir les libéraux , le corps législatif se trouvait sous rinflnence des royalistes et fit une opposition intempestive. Ses maréchaux , ses généraux se tournaient aussi peu à peu du côté où on .leur promettait le temps de jouir de leurs richesses. Sa campsgue de France fut admirable et inutile. A Brienne, 'à Ghampaubert, à Montmirail , en vingt combats , l'armée et son chef firent des prodiges. Sous Paris même on se battait , on pouvait se battre encore. Paris fut précipitamment rendu, sinon

vendiL Napoléon tombait 11 n'avait pas vonln signer l'amoindrissement de la France ; il ne voulut pas tenter la guerre civile : pins grand dans ses revers que dans toute sa gloire. Il abdiqua. Homme prodigieni qu'on ne peut blâmer qu'en l'admirant ! Il a fait peut-étra plus de mal que de bien à la France, et il y est, il j restera populaire. Elle eût d& repousser son élévation ou s'ensevelir sous sa ruine , et probablement on n'eut point péri. Mais c'était lui qui y avait éteint l'esprit de sacrifice. Il fut supérieur à ses rivaui par le génie et même par la grandeur morale. Sa destinée ne fut pas moins singulière que grande , et même après sa chute elle lui gardait d'étranges retours de splendeur !

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