VI. La butadiiatioii ( 12 avrU 1814 an MjmOet
Prewûère Restauration, — Après l'abdication de Fontainebleau, personne peut-être ne mesura la véritable situation. Vainqueurs de la France , les alliés la redoutaient encore et ne voulaient point s'eiposer au efforts de son désespoir : tout en mutilant ses frontières, ils la ménagèrent jnsqu'i un certain point ; ils feignirent de n'avoir combattu que contre Napoléon , auquel ils laissèrent pourtant le titre de monarque indépendant , avec la souveraineté de Ttle d'Klbe et une garde au lieu d'une armée. D'habiles royalistes firent voir alors la possibilité de rétablir les Bourbons sur le trône , et ils y remontèrent après avoir donné la charte , qui , dit-on , leur fut imposée par l'empereur de Russie , plus encore que par leurs partisans de France ; mais les Bourbons connaissaient moins la France que les alliés. La France avait soif de repos et de prospérité commerciale , et , pour une grande partie de la nation, les promesses de la paix i cet égard en couvraient l'humiliation : si les Bourbons, profitant des exemples de Napoléon , eussent cherché à fondre les partis , à ne se mettre i la suite d'aucun , ils pouvaient régner , mais ils entrent avoir dompté et conquis la France. Ils crurent que c'étaient les révoltés de 1789 qu'ils venaient de soumettre : ils voulurent forcer la France à maudire comme eux tout ce qu'elle avait fait contre eux ; ils insultèrent et menacèrent ; ils réveillèrent enfin la révolution que Napoléon avait endormie. Napoléon se sentit rappelé. Avec une audace inouïe , et pourtant habile, il traverse un brM de mer et vient essayer l'influence de son nom sur les soldats qu'il avait faits si grands et qu'on insultait L'armée entraîna ses chefs. Ceux-là seuls restèrent fidèles au nouveau roi , qui ne bravèrent pas sa présence. Peut-être Napoléon n'avait-il compté que sur l'armée : les masses populaires furent encore plus promptes i se jeter au-devant de lui ; les princes ne purent que fuir, et n'auraient pu fuir s'il n'avait pas voulu.
CeMt-Jtmrs. — Napoléon se retrouvait mattre de la France , mais il ne la reconnaissait plus : il vit qu'elle l'avait accueilli moins par amour pour lui que par haine des Bourbons. L'esprit de liberté s'était réveillé et se méfiait : elle ne se donnait pas toute , elle ne voulait pas unir indissolublement sa fortune i celle de l'empereur, et pourtant c'eût à peine été asses du plus parfait dévouement pour sauver la France de l'étranger. Napoléon lui-même hésita, il douta des antres et de lui : il ne sut pas en appeler sans réserve au peuple ; il fut défait i Waterloo, où la fortune trompa d'habiles combinaisons ; tout fut perdu ; les étrangers rentrèrent plus sûrs de leur victoire et plus irrités.
Seconde Bestaitration. — La première chute de Napoléon fut un malheur pour la France ; sa rentrée des Cent- Joursen fut un plus grand. L'empereur, déchu , fnt déporté i rtle Sainte -Hélène par les Anglais, auxquels il s'était confié avec nue magnanimité un peu théâtrale ; dans une longue agonie , il s'illustra encore par de beaux écrits et par une grande dignité dans le malheur. La
France fut punie de ses derniers efforts par rineoltc, pir le pillage de ses musées, par la dévastation de set nonoments , par d'énormes contributions de guerre, par um perte de territoire , par une longue occupation. Ces souvenirs devaient peser d'un poids terrible mr les princes rétablis. La réaction fnt extrême. Dans pluiiears viUm du Midi , elle se signala par des excès et due asMesinati dignes des pins mauvais jours de la Terreur ; les chaabres , toutes royalistes , les souffrirent et eo acreptrreit en quelque sorte la responsabilité. Cette réaction eonlre les souvenirs révolutionnaires vensit les réveiller et les absoudre. Les meurtres juridiques de Ney et de Honton Devernet n'indignaient pas moins que les ssssssinuls «le Bnme et de Ramel. Sous la protection des baiiMinettcs ctns^ res , les royalistes préparaient la mine de Icort princes.
Cependant, lorsque les troupes d'occupation ne faml retirées , il fallut revenir â une politique plaa sage: Ca ministère plus modéré essaya de tempérer le délire de U réaction ; mais un crime politique , Fessassinat dn doc de Berry par Louvel , rendit le pouvoir aux A>yalîstes cultés. La mort de Napoléon (5 mai 1821), qui expira ca léguant l'opprobre de sa mort à la maison régnante d'Aa> gleterre, en ûtant un espoir insensé, mais tonjonrt sab» sistant, à quelques-uns de ses partisans, resueria es pins près la lutte sur le terrain constitntioone] ; le n»nistère Villèle, réactionnaire mais habile, minA la coe> stitntion sans l'attaquer de front Quelques conaptratiani, celle de Béfort, celle du général Berton, foHifièrcnt k pouvoir par leur mauvais succès. Elles fnrent snivits d'exécutions sanglantes et surtout de menaces iapmdsntes pour les chefs du parti libéral dans les cfaaaibres. Ls guerre d'Espagne, faite par les ordres du congrès de leroue contre les idées révolutionnaires de ce pajs, indignait par ces deux motifs la nation, mais enconrageait le pouvoir à compter sur l'armée. Cest alors qne moanit Louis XVm (1824).
Charles X. — On avait un tel besoin de duagencat et l'esprit public avait des dispositions si coociUsotet , que l'avènement de ChaHes X fnt salué par des acclamations. Cependant ce frère de Louis XV III avait tsejours été plus que lui inaccessible aux idées libérale» . 3 s'était , dès la première rentrée , montré pea jaloox de la gloire et des intérêts de la France ; U était cnfis moins intelligent et plus opiniâtre que son frèvcL Auw la joie fut courte. On avait salué l'abolition de In œnsart ; les procès contre la presse se multiplièrent : on venhi l'accabler par une loi que son auteur appela de jostke et d'amour, et qu'un royaliste , aux idées larges et génère»ses , M. de Chateaubriand , appela nne loi vandale. U projet du droit d'atnesse avait encore plus soulevé Topinion : la nation et son gouvernement se sêparaiml et plus en plus. L'expédition de Grèce, la bataille de ?ksvarin , quoique très-bien accueillies de ropsnioa , ae saffisaient pas i relever la popularité du roi. Le mintstcrr modéré de M. de Martiguac sembla éloigner mi rbec <)■ paraissait inévitable. Il était imposé an roi et fit bicetsi place à un ministère selon le cœm de Charles \ . W ministère Polignae, qui reportait la Fraisée de 1 lit aux menaces de 1816. La conquête d'Alger dosas de l'audace au pouvoir sans lui donner d*app«iî dans li nation, désormais trop séparée de son goovei ucment foc lui savoir gré même de la gloire. Un conp d'état fat nsayé , il décida l'explosion : trois jours soffirenl à la r^volulion de juillet Charles X dut quitter la France as« sa famille.' L'habile duc d'Orléans, qui avait an se reod>v populaire auprès de l'opposition de ces quiose ans . fs: appelé à son héritage et reconnu roi après avoir jarr mlennellemenl fidélité à nne charte qu'il B'odrojaît pm (9 août 1830).
BELTRElf lEUX , nn fv H. IIARTl.%.
INSTRUCTION POUR LE PEUPLE. — CENT TRAITÉS. Paris. — DUBOGHET, LECHEVALIER it C<>, 60, RUE RICHELIEU. » 25 gintiuu.
IXTRODUCTIOX.