‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 161 sur 291 · DECOUVERTES MARITIMES ET CONTINENTALES · texte numérisé non relu

DECOUVERTES MARITIMES ET CONTINENTALES

oombrê de régiont. Bien que quelgnes-ana de lenrt compatr.'otet eanent fait de longe voyages , et qne Ton d*eai même eût poneié mi explorationa joiqa ao Djoliba ( Ni* ger) ei à la région où ett eitnëe Temboucton, néanmoine leurs connaissances snr rAfriqne étaient très-incomplètes. Ils faisaient toujours de l'Océan Indien nne mer intérienre , et , quoiqu'ils fussent familiarisés avec Tusage de l'astrolabe et de la boussole , ils n'osaient pas naviguer loin des câtes , ce qui contribua i les maintenir dans l'ignorance. Un des plus savants géographes arabes do ] i^ siècle , Kdrisi , le même qui composa pour le roi Koger de Sicile ce fameux planisphère en argent qui pesait 800 marcs, avait les plus singulières idées sur le globe terrestre. • La totalité de la population du monde, dit-il, habite la partie septentrionale ; les parties du S. sont abandonnées et désertes , i cause de la chaleur des rayons du soleil. Ces régions étant situées dans la partie inférieure de l'orbite de cet astre , il en résulte que les eaux se dessèchent et qu'il y a absence de toute espèce d'êtres vivants... La mer Océane entoure la moitié du globe sans interruption , comme une lone circulaire, en sorte qu'il n'en apparaît qu'une partie, comme si c'était un œuf plongé dans l'eau, laquelle serait contenue dans une coupe ; c'est ainsi que la moitié de la terre est plongée dans la mer. • Le géographe arabe place l' Afrique sons le premier climat : • Ce climat commence i l'O. de la mer occidentale qu'on appelle la wur dtê Tinàbres. C'est d'Ile au delà de laquelle personne ne voit ce qui existe. Il y a deux ties nommées les iU» Fortunées (les Canaries), d'où Ptolémée commence i compter les longitudes. On dit qu'il se trouve dans chacune de cea tlea un tertre construit en pierre et de 100 coudées de haut Sur chacun d'enx est une statue en bronse qui indique de la main Tespace qui s'étend derrière elle. Personne ne connaft de terre habitable au delà. >

L'essor des sciences en Orient fut arrêté par la confnsoia que produisirent dans le monde musulman les conquêtes de Gengis-Khan et de Timourlenk (Tamerlan), tjmdis qu'en Europe l'enthousiasme religieux faisait entreprendre des voyages lointains essentiellement profîtab'es à la science. Peu â peu les découvertes des Norvégiens , qai les premiers abordèrent en Amérique donnèrent lieu à des conceptions géographiques nouvelles. Au commencement du 8' siècle, de pieux solitaires s'étaient retirés en Irlande et dans les lies Feroe. Dès l'année 795, des missionnaires chrétiens avaient parcouru l'Islande, qu'ils regardèrent comme l'antique Thnlé de Pj'théas. Kn 855, nous voyons les Norvégiens débarquer dans cette tie. S'avançant un peu pln%vers l'O., ils atterrirent au Groenland. Nous verrons un peu plus tard les frères Zéni confirmer et renouveler celte découverte. Le problème d'une communication entre l'Océan Atlantique et le Grand Océan a-t-il réellement préoccupé les nations maritimes dès le 9* siècle, comme le pensent certains écrivains? C'est ce qui nous parait peu probable. Toujours est- il certain que l'Amérique, ainsi qne nous 1 enons de le dire , fut visitée par les Scandinaves â cette époque reculée. Cette initiative , si elle ne porta aucun fruit, si elle n'ête rien à la gloire de Colomb , n'en a pas moins une grande importance an point de vue purement historique. Ces hardis aventuriers se hasardèrent les premiers an milieu des montagnes de glace qui hérissent les côtes des contrées polaires. Ce n'est pas sans étonnement et sans une certaine admiration pour tant de courage , qu'en lisant l'histoire des 8^, 9« et 10' siècles, on voit tontes les mers alors connues couvertes de navires Scandinaves. On ssil les conquêtes de ces forbans en Eorope. C>st de leur* voyages dans les régions glacées qu'il est resté le moins de traces.

Toutes ces explorations furent mises A profit par ks géographes du temps. Hais, comme il leur manquait l'esprit

critique que peuvent seules donner des c tes et vanéfDi, ils ne surent point tirer des éléments misàleur disposition les lumières nécessaires à la conception d'un système rationnel Les savants des lO*", U' et 12« siècles unissaient ensemble la mer Glaciale , la Baltique , la mer Blanche et la Caspienne, ils croyaient que toutes les terres septentrionales ne formaient qu'une seule lie. Dès lors les Amasones, ces guerrières fameuses dont l'antiquité avait placé le séjour au N. du Caucase , furent reculées jusqu'aux contrées nouvellement découvertes dana le N. de de l'Europe. La Scandinavie devint leur berceau et leur résidence. • La fiction des Amasones , a dit M. de Humboldt, a parcouru toutes lessonee; elle appartient au cercle ' uniforme et étroit de rêveries et d'idées dana lequel l'imagination poétique on religieuse de toutes les races d'hommes et de toutes les époques se meut instinctivement -

Un grand bruit d'armes apppela , au commencement du 13« siècle, l'attention de l'Knrope vers l'Orient Ce fut l'époque des voyages de Carpini , de Rubruquia et d'Ascelin en Tartarie. Ces missionnaires, aprèa avoir longé la mer Caspienne à son extrémité septentrionale, atteignirent Karakoroum , capitale de l'empire du Cathay, située sur l'Orchou, tributaire de la Selingna. Les relations d'Ascelin et dé Carpini révélèrent l'existence de peuplades nombreuses précisément dans cette partie du monde que lea géographes avaient ai longlempa crue occupée par l'Océan. -L'Eoôs, cette mer fabuleuse de l'antiquité, disparut pour toujours , et des hordes sauvages, des nations puissantes et belliqueuses sortirent tout à coup de ses eaux imaginaires (1). •

Les célèbres voyagesdelfaroo-Poloeurentlien de 1271 à 1297. Us firent connaître le centre et l'extrémité orientale de l'Asie, le Japon, une partie des tIes de l'archipel oriental, du continent de l'Afrique, la graude tIe de Madagascar. Parmi les descriptions de l'illustre Vénitien « celle de la Chine est la plus curieuse et la plus importante; elle fut comme une révélation de cet empire, qui ^tait encore à peu près une énigme pour l'Europe. Longtemps soupçonnées d'exagération, les assertions de Marco- Polo ont été , après mûr examen , reconnues sincères et conformes â la réalité. C'est avec tonte justice que ce voyageur a été appelé le créateur de la géographie moderne de l'Asie.

Un long temps s'écoula avant qu'on ajoutât aux brillantes découveHes du Vénitien ; maia il ne manqua pas de voyageurs pour les confirmer : Oderic de Porlenau visite l'Inde et la Chine de 1320 à 1330; Schiltberger , de Munich , accompagne Tamerlan dans ses expéditions et parcourt ainsi l'Asie centrale; vers l'an 1335, le marchand italien Baldncci PegoleUi se rend à Pékin , toujours par la route de l'Asi» centrale; en U03, Clavijo est envoyé par la cour d'Espagne i Samarkand en qualité d'ambassadeur.

C'est vers cette époque, c'est-à-dire en 1380, qu'eut lieu le voyage des frères Zéni, dont nous avoua parlé. Ces deux navigateurs séjournèrent au Groenland et découvrirent une grande île qu'ila nommèrent Friilande, Les géographes ont longuement discuté sur cette Ue ; maia leurs savantes dissertations n'ont réussi qu'àobscurcir le problème.

L'Afrique était, pour ainsi dire, inconnue lorsque les Portugais se mirent en devoir de l'explorer dans sa partie occidenUle. Cette nation , animée par la passion des voyages et des découvertes , entreprit de rectifier les erreurs des géographes, et de donner un démenti à toute l'antiquité grecque et romaine , ainsi qu'à la science du moyen âge , en prouvant par nne expérience décisive que la sone réputée inhabitable était tout aussi abordable que les régions tempérées. Jusqu'en Ull les Portugais n'a-

(1) \V«lekM«cr. Intrôdoctloo i Vniitoin ffénénU Oeê voyAfet . t.l.p. 51.

vaient jamiit député le cap Noon, qii*on regardait comme one borne infranchifiable. Une eipédition s'organise , ei réassit , non^seoleoient à doubler ce promontoire redoatable, mais encore i atteindre le cap Bojador. Alon commença pour ce peuple intMpide nne série de sacoès , on p]nt6l de triomphes « qui lui assura une illustration im- ^rissable. GrAce au prince Henri , dont le sèle éclairé pour la science ne se laissa décourager par aucune entrave, les escadres parties de Lisbonne dépassèrent le cap Bojador, découvrirent le fleuve Sénégal, reconnurent la côte qui s'étend du cap Blanc au cap Vert , abordèrent aux lies qui portent le nom de ce dernier cap, et prirent possession des Açores, situées à neuf cents milles du continent africain. Quelques années plus tard , les Portugais franchissaient la ligne éqninoiiale et constataient ce fait , jusque-là révoqué en doute , que la zone torride était non-seulement habitable, mais encore très -peuplée et très-fertile. Plus de statues dans les Canaries criant au voyageur : • On ne passe pas ! - La Mer des Ténèbrei s'était subitement éclairée des rayons du soleil tropical et s'ouvrait, libre et hospitalière, aux navigateurs. Après de nouvelles explorations des royaumes de Bénin et de Congo , les Portugais atteignirent le cap des Tempêtes , sans oser toutefois aller plus loin. Ce ne fut qu'en 1497 que Vasco de Gama doubla le cap de Bonne-Espérance et arriva dans l'Inde, après avoir contourné l'Afrique.

Tandis que les Portugais se frayaient une route nouvelle vers les Indes orientales , les Espagnols ouvraient rAmérique i l'Europe. Les dernières années du 15* siècle firent ce double présent à la chrétienté.

Le dessin erroné des mappemondes de ce temps , qui , d*après Ptolémée et les voyages de 11 arc-Paul , donnaient à r.Asie une étendue exagérée vert l'E. , fit penser i Christophe Colomb qu'en se dirigeant i l'occident on finirai» infailliblement par rencontrer le continent asiatique ou les ties qui en dépendent. C'était, d'ailleurs, à cette époque, une croyance vague , mais généralement répandue, qu'il devait exister à 1*0. une grande terre inconnue.

Nous ne rappellerons pas toutes les difficultés qui s'opposèrent à Texécution du projet de l'illustre Génois , tous les obstacles que lui suscitèrent l'ignorance, l'indifférence et la jalousie. C'est là une histoire que tout le monde sait Les trois vaisseaux chargés de l'expédition mirent à la voile le S août 1499, et après une courte relâche aux Canaries appareillèrent de nouveau le 6 septembre suivant Dès ce moment , les équipages de la petite flotte , effrayés de Timmensité de l'Océan , n'ayant pas , pour soutenir leur courage , la conviction du succès , se laissèrent aller à mille appréhensions qui devaient aboutir au désespoir. L'abattement fit place à la colère , et la colère amena la révolte. L'énergie du chef de l'entreprise calma ces folles terreurs et conjura les périls qui mena* çaient sa vie. Cependant de poignantes angoisses durent agiter ce noble cteur durant ces longs jours et ces longues nuits où la terre, annoncée par des indices habituellement certains , semblait fuir devant lui. Enfin , dans la nuit du 1 1 octobre 1498 , à dix heures , Colomb aperçut distinctement nne lumière; quelques heures après, le soleil levant lui montra dans le lointain le monde qu'il cherchait L'Amérique était découverte .'

La première terre aperçue par Colomb était l'tle Goanahani , qui fut nommée Sam Sahadar. Les Espagnols découvrirent successivement l'tle de la Conception , les tIes de Ferdinand et Isabelle, Cuba et Haïti, qui reçut le nom d^HùpoMiola,

On croit qu'Amérigo Vespucci visita, un an avant Gcdomb, le littoral de la Guyane et de la Terre-Ferme. liais c'est une simple conjecture. Quoi qu'il en soit , œ savant Florentin fit, deux ans plus tard, nne reconnaissance exacte de cette sone maritime.

Dans l'espace de quelques années, les découvertes se

suivent presque uns intervalle. Yanei Pinion arriK fo 1500 au Brésil, et trois mois plus tard, Alvares Cslrsi atterrit au même littoral, qu'il donne aux sonversins portugais, tandis que Gaspard Corteréal découvre le Ubrador au N.-E. du même continent Ponce de Léon, en 1512. débarque le premier dans la Floride. Trois aas plot tsnl. le Rio de la PlaU est révélé i l'Europe par Juan Diu dr Solis. Magellan , l'un des plus illustres d'entre ces tojigeurs, constate, en 1520, l'existence du détroit qni porlr son nom, aperçoit la Terre-de-Fen et arrive ans tic» Pbi' lippines, après avoir sillonné cet Océan Pacifique éoot Nunes de Balboa prit possession au nom de TEspagne (1 '. Déjà les Espagnols préludaient à l'exploitation da aoaveau continent Quel moment solennel pour la vieille wciété européenne ! Quel temps que celui où tout un muoâr étrange et magnifique révélait ses merveilles à d'aodicieux aventuriers, où le Mexique, le Guatemala et k Péron étalaient aux yeux des Européens stupéfaits iei splendeurs de leurs villes impériales , et leur oflrtieiit les inépuisables trésors cachés dans les entrailles de lean montagnes ; où Pizarre entreprenait la conquête de l'immense empire des Incas à la tête de soixante-denx ctxaliers et de cent fantassins ! En présence de semUable miracles , quels rêves dorés devaient assaillir les contmporains de Colomb , de Cortet et d'Alvarado !

Il fallut encore un long temps pour régulariser et eoordonner les nouvelles connaissances acquises à l'ancieB monde par la découverte de l'Amérique et le voysge it Vasco de Gama. Telle était encore l'ignorance des plsi habiles navigateurs et des géographes i la fin du IS'tircle , que lorsque , dans son troisième voyage , Chmioplv Colomb aperçut l'Amérique continentale, les booles vi»* lentes et l'agitation de la mer à l'embouchure de FOrmoque lui firent croire qu'il se trouvait dans 1* partie ii plus élevée du globe, et, par conséquent, dans le psrftdi) terrestre.

Nous reprenons les voyages au nord , qui , depnii h découverte de l'Amérique , furent plus suivis et eoirst un but plus rationnel.

Mentionnons d'abord , mais pour mémoire senknnt. un voyage que Christophe Colomb exécuta dans les mm septentrionales , et dons lequel il paraît qu*il visita riflande. Cette entreprise eut lieu en 1467, si l'on en croi( une note écrite de la main même du grand homme.

En 1496, Jean et Sébastien Cabot, qni voys^eaint pour le compte de l'Angleterre , découvrirent lUe et Terre-Neuve. Le Labrador ne fut aperçu que quatre tf< plus tard par Gaspard CortéréaL La France vonlaotaro' sa part du butinq Jacques Cartier partit de Dieppe tt 1534 et découvrit le Canada, dont il prit possesâdo u nom de son gouvernement II faut remarquer que tasir* ces entreprises dans les mers du Nord avaient poor l'Jt de trouver un passage qui conduisit dans l'Inde. C«tv question d'une communication de Fun à l'antre Otfu par le N. -0. a préoccupé jusqu'à nos jours les géogTtplir< et les navigateurs.

Le voyage de Willoughby (1553) aboutit i antritf' naufrage sur la cête orientale de la Laponie, mais so sans avoir amené une découverte, celle de la XooTdV- Zemble. Frobisher fut plus heureux; ses trois vof«gnexécutés de 1576 i 1578, eurent pour résultat qvd^ découvertes, entre autres celle du détroit qui porte k 9«^ de ce marin, et qui est situé entre le détroit d'Hudiao *' celui de Cumberiand. John Davis , dans ses explorati<« effectuées en 1585, 1586 et 1587, éclaira d^ane^^ lumière la géographie des régions circompolairssda S«^ En 1596, des Hollandais aperçoivent le Spitsber|ji ^^

(1) C« fat Balboa qni . da haut do ritas* da rA«énf»ac«^ vit le pramiar ctlocéaa. qu'il nomma. trta-impffoprwBCTl. mtr^S^ 11 r entra Juqa'l la eeiatare, et. tirant mm ^pée . I« dMan mit*r^lomont la propriM da roi d'Kapagne.

DKCOl \ KRTES MARITIMES KT COXTIXEXTALKS.

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:>nxe ans tprès, devait être rêva par Hadioo. Celai-cl pxécota quatre voytges, de 1607 à 161 1, poar chercher le passage, loit à la haoleor do p6le même , loit au N. -O. DaDs le quatrième , il découvrit la mer qui porte ton Dom. Uo an après , Thomas Button , pénétrant dans cette Méditerranée, arrivai rembouchure du ûenxeXeUon. Guillaume Bàffin eut uo plus brillant succès : dans sa seconde exploration (1616), il découvrit et nomma successivement le eap ùudUtf Vidges, sous le 76*^ 35' de latitude ; la baie de IVoUtenkolme, la baie des Baleines, par 77° 30'; ViU d'Haekiuift, labaie de sir Thomas Smith, au \'. de 78<* ; enfin les îles Carey, la baie de VAlderman Jones, el celle de Umcastre. Dans cette campagne, il avait sillonne la baie qui a immortalisé son nom et déterminé la position d'un grand nombre de points.

Si le goàt des voyages se propagea dans le 16' siècle, ainsi qu'on vient de le voir, si les découvertes se multiplièrent et prirent un caractère plus sérieni et plus positif, en revanche la science géographique, inhabile à tirer parti de ces progrès, restait enveloppée de ses langes primilifs. Tandis que la lumière se faisait autour d'elle, elle restait plongée dans les ténèbres. Il suffit, pour s'en convaincre , de jeter les yeux sur les cartes du moyen âge. Les géographes de cette période y ont déposé des preuves frappantes de leur ignorance et de leur inaptitude

i résumer en une synthèse lumineuse les faits qui se passaient sons leurs yeux ou chei leurs voisins. Rien de plus curieux que ces caries , dont l'aspect seul révèle l'étrangeté. Les villes principales du monde indiquées par des maisonneltes ou par des églises grossièrement dessinées ; Jéruialem au centre du globe ; le paradis entouré de son enceinte de feuillage verdoyant ; les détails géographiques les plus bizarres ; les vents personnifiés dans les divinités consacrées par la fable , et assis tout autour de la terre sur des outres dont ils pressent les flancs rebondis ; l'Afrique occidentale se termmant au cap Noun , puis au cap Bojador ; la célèbre statue des Canaries agitant sa massue au sommet d'une tour; les c6tes de ce continent se prolongeant i mesure que les Portugais les visitent ; l'Abyssinie avec son prêtre Jean, coiffé d'une mitre étincelante ; les antres royaumes africains désignés par leurs monarques au costume rehaussé d'or et d'argent ; tonte cette terre, si longtemps inconnue, peuplée d'animaux étranges et d'hommes au teint noir ; des groupes de girafes et d'éléphants ; des camps porlQgais indiqués par des tentes coloriées ; de légères caravelles, splendidement pavoisées, faisant le tour de ce monde mystérieux ; voilà, en abrégé, ce qu'on voit sur ces monuments cartographiques , fidèlf s spécimens de la science au moyen âge.

C'était le temps des légendes et des contes populaires.

AFRTQ['fcJ)E LA MAPPi:'Ma?a>E|

raoTE CHRjsTorïfk Colomb

La géographie avait son côté fabuleux , comme dons l'antiquité ; seulement les croyances fantastiques du moyen âge étaient beaucoup moins ingénieuses et variées. Nons avoni nommé le prêtre Jean. C'était un des mythes les plus répandus. On voit apparaître le nom de ce personnage vers le milieu du 12' siècle. On croyait alors à l'existence d'un prince pontife, appelé Jean, qui gouveroait de vaaies états situés par delà l'Arménie et la Perse. Il professait, disait-on, le nestorianisme. Bientôt on le transporta en Abyssinie , où il trêna pendant trois ou quatre siècles. Il était aussi riche que puissant, aussi

redouté de ses voisins que cher'à ses sujets. En Asie on en Afrique , c'est toujours un monarque formidable, vivant dans un monde de prodiges, auquel il commande en maître omnipotent. La tradition de Yel Dorado n'était pas moins accréditée , et Dieu sait toutes les folies qu'elle a fait commettre. Cette fiction ne se répandit en Amérique , sous le nom qui lui a donné sa célébrité , que dans la première moitié du 16* siècle, L'el Dorado n'existait auparavant que dans l'imagination des peuples de l'Europe, et son véritable nom n'était pas encore trouvé (1). (n Ferdloani) DenU, t^mimAe fnchanté, pajje W7.n[Ç

On finit par le pitcer dtni le Nooveto-Uônde , ta ptys de Santa-Fé, dans ces rëgiona du centre de l'Amérique méridionale que baignent les afîfluents septentrionaux de TAmasone , et qui sont restées à peu près inconnues des Européens. El Dorado , ce nom dit sufBsamment ce qu étail la contrée imaginaire à laquelle il s'appliquait C'était le pays dos richesses ; on y voyait des villes resplendissantes d*or ; ce métal y était si commun, qu'on s*en servait même sons la forme des plus vulgaires ustensiles de ménage. Que de malheurenx se sont, pendant des siècles , aventurés A la recherche de celte féerie métallique ! que de victimes a faites cette dangereuse tradition !

Il y eut aussi le royaume de Paûiti, espèce de concurrence i Tel Dorado , autre jardin des Hespérides , où des trésors inépuisables attendaient l'heureux mortel assex bien avisé pour les dépister. L'empire de Païliti était supposé situé dans les fertiles plaines du Uaraguon , et avoir été fondé par les lucas, dont les descendants savaient en dérober la vue aux Espagnols par de paissants enchantements. Peu à peu ce mythe s'embellit de mille merveilles , et les missionnaires catholiques eax-mémea ne contribuèrent pas peu i propager la conviction qne ce royaume fantastique était une réalité. Et cela se passait dans la seconde partie du IT*' siècle, c'est-à-dire après 1660!

La dernière période du moyen âge eut donc sa géographie mythique ou fabuleuse, malgré les progrès très-positifs dus aux voyages. La vraie science n'existait pas encore.

Si la fin du 15® siècle avait vu s'accomplir les deux plus grands événements en géographie, la découverte de l'Amérique et le périple du continent africain, le 16® vit s'étendre et se perfectionner l'œuvre entreprise par l%urope dans les mers lointaines. L'Océan Pacifique, que Magellan avait ouvert aux flottes de la chrétienté , fut exploré et sillonné par de hardis navigateurs. Soares découvrit les tles Maldives , un autre Portugais les Moluques , où îles à Épieei » Villalobos un groupe que l'on suppose faire partie des Nouvelles-Philippines , Juan Fernandet la petite tle qai porte encore son nom et que le roman de Robinsau Cnuoè a rendue si célèbre. On attribue également à Femandes la découverte de la Nouvelle-Zélande , bien que le fait ne soit pas parfaitement certain. En 1567 , Alvaro de Mendana aborda le premier aux tles Salomon , à rtle Santa-Crox, etc.. Près de 30 ans plus tard, le même marin signala les Marquises et l'Archipel que Carteret nomma, dans la suite , Ues de la Reine-Char loUe. Francis Drake, le Hollandais Van Noort, Quiros qni découvrit Taîti et l'Archipel des XonveUei-Hibridet ( les GraudeS'Cyeladeâ de Bougain ville) ; Torrès, qui découvrit la Nouvelle-Guinée , ainsi que le détroit qui sépare cette grande tle de l'Australie, commencèrent à faire connattre la navigation de la mer du S. Dans l'intervalle, Sebald de Weert , compagnon d'aventures de Van Noort, avait reconnu les tles Malouinesou Falkland, découvertes par John Davis. Denx de ses compatriotes , Lemaire et Schouten, découvrirent, en 1615, la Terre-des-Élats qui fait partie de la Terre de Feu, et le cap Horn, qui forme l'extrémité méridionale du continent américain. Une nouvelle route fut, dès lors , ouverte aux navires qui voulaient passer dans TOcéan Pacifique et qui redoutaient les difficullés et les tedipétes du détroit de Magellan. L'honneur d'avoir atterri le premier à la Nouvelle-Hol-' lande est généralement attribué à Dirck Hattighs, qni donna à la portion de ce continent qu'il aperçut, le nom de Terre-d'Endraeht. Zeachcn , en 1618, Edcis , en 1619, de Nnylz, en 1627, après lui de Witt, Garpenter et Pelsart complétèrent cette belle découverte.

On né sait, si les Espagnols et les Portugais n'ont pas visité les côtes de l'Australie près d'un siècle avant les Hollandais , ainsi qne le donneraient A croire deux docu- I cartographiques remontant à cette époque. U n'est

pas pins certain que le Porliigais Méiiéièa ai rSapagsol Saavedra aient découvert la NonveUe-Gniiiée , Tiib co 1527, l'autre l'année soivante.

Le mémorable voyage d'Abel Tasmaa fit iaire de rapides et notables progrès à U géographie de rOeé«inc Cet habile marin, parti de Batavia en 1642, déconvritU terre de Van Diémen , également nommée T0emamie.ljepénfAe de l'Australie était donc accompli , et Ton avait U eertitude que ce continent ne s'étendait pas iodâiaiiiieBt vers le pôle sad. Pea après , reipcdilion aborda à U Koevelle-Zélaude ; puis elle découvrit les iUt det Amie es archipel de Tonga^ Tabou. Enfin, après une glorieiiar navigation de neaf mois, à la fin de laquelle iia Tisilteeet la Nouvelle-Guinée , et découvrirent plasâeiirs tles an X. de cette dernière et de la Nouvelle-Brêtagne , les HoUasdais reparurent dans le port de Batavia. .Ce ae fat qa* en 1665 que le nom de Swa-HoUamdia on A^esmeHe-Ae/lande fot donné par nn décret des Étata-généraax à U partie 0. de l'Australie.

En 1700, l'Anglais Dampier, déjà célèbre par ses eipéditions de boucanier , découvre quelques tles DonveUcs aa N. de la Nouvelle-Guinée et de la Paponasie. Qoeiques années plus tard, Wood Rogers fait le to«r da monde en trois ans et trois mois, et encourage, par sob heurease navigation, les puissances maritimes i teolcr de semblables entreprises , jusqne-là regardées conme infiniment périlleuses. Déjà, vers la fin du aiède précédent , on avait vu les Français s'avoitarer , eux aussi , sur les flots encore mal connus des mers aastraie*. Le premier bâtiment de notre nation qui pamt dans TOeésa pacifique, et dont on ait conservé le souvenir, était commandé par un certain Lafenillade ; il effectua aoo iroyage, malheureusement inutile , en 1667.

Nous ne pouvons passer sous silence les décosvattes des Russes dans le nord de l'Asie. An commeocciBeat de 17* siècle ce peuple ne connaissait pas les oAtcs sepleetrionales de la Sibérie au delà du Jénisaée. La gnerre rt les conquêtes ouvrirent aux csars le chemin de celte immense région. Dans l'espace de moins d'an siècie loair l'Asie boréale , depuis les frontières de la Chine jvsqa i l'Océan Glacial, fut réunie à la couronne moscovilc. La géographie profita de cette annexion, qui donna aux Bosses des facilités toutes nouvelles pour exécuter d'utiles explorations dans ces contrf^ inhospitalières. En 1 729 seulement Behring découvrit le détroit qoi sépare l'Asif de l'Amérique.

Les régions circompolaires boréales ne furent le théâtre d'aucune entreprise importante depuis le voyage dr Baffin, où nous nous sommes arrêtés, jnaqa'aa mîliea da 1 S*' siècle.

L'ère des expéditions sérieuses et vraiment scient iSqaft avait commencé. La géographie, si lonj|tenps atlard-v dans la voie du perfectionnement, allait marcher d'aa pas rapide et assuré.

Cest la période la plus brillante de l'histoire des voyages depuis les grandes découvertes de la fin dn 16*^ siècle ; elle est surtout remarquable par le caractère posiltr des résultats.

Bougainville , qni s'était déjà fait nn nom dans In guerres du Canada , prélude à sa gloire de navigalenr for une expédition aux iles Malouines, où il va loailcr nac e»lonie française (1 764).

La circumnavigation du commodore Bymn « eflîetrtaéf à partir de la même année , n'eut pas de résnitmts bifs importants. Il en fut de même des campagnes de IVaUii et de Carteret , bien qu'elles aient, néson»oins, éclaira quelques questions de détail se rattachant à la «féogrsphw de rOcéanie. Carteret, notamment, détermina la positioa de plusieurs iles dans les parages de la Nouvelle -Bretagne; son bâtiment fut le premier vaisseau de gwrrr angl». qui eAt louché jji|^l|^^,^giç

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