‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 201 sur 291 · LV · texte numérisé non relu

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RELIGION

. 9° VoDf ne convoiterei pa» U famme de votre prothaio.

B 1 0<> Vous ne convoiterei pas les kiens de votre prochain.

De la prière. — Toute prière est renfermée dans VO- 'ûison dominicale , ainai appelée parce qoe nous la tenont le la bouche même du Seigneur : I\fotre Phre^ qui êtes wx eieux , etc.

Principalei maximei de l'Évangile : " Dieu est et- )rit , et il faut que ceux qui Tadorent l*adorent en esprit >l en vérité.

« Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils rerronl Dieu.

^ L*homme ne vit pas seulement de pain , mais encore le tonle parole qui sort de la bouche de Dieu.

> Aimes Dieu et votre prochain : li sont la loi et les prophètes.

- Celui qui n*aime point son prochain ne connaît point >ieu ; car Dieu est amour.

» Faites aux autiies ce que vous voudries qu'on vous fit. " Que celui qni se croit sans péché lui jette la prenière pierre.

- A chaque jour suffit sa peine*

• Là où est votre trésor, li est votre cœur. ^ Quiconque voudra é(re le premier entre vous , qu'il (oit votre serviteur.

- Cherches d'abord le royaume de Dieu et sa justice , li le reste vous sera donné par surcroît

^ Apprenez de moi à être doux et humbles de cœur, (t vous trouvères le repos de vos âmes. •

Du pape, — Il y a deux personnes dans le pape : le chef tpirituel de l'Eglise catholique et le prince temporel , le woverain d'un SlaL

Dans l'origine , le mot pape , qui en grec signifie père, ^tait commun à tous les évéques : ce n'est que depuis jrcgoire VII (1073) qu'il se donne exclusivement au lonverain pontife.

La suite des papes remonte sans interruption jusqu'à uÛDl Pierre , qui , suivant la tradition , vint à Rome do emps de l'empereur Néron, et, en qualité de prince des ipôlres, y fonda le sainl>siége. La suprématie spirituelle le l'évéque de Rome parait avoir été reconnue dès les >remiers siècles.

Comme successeur de Pierre , le pape a la souveraine lutorité sur l'Eglise catholique , fait observer les canons m règlements, assemble U% conciles, crée les cardinaux, 'onfirme les évéques , et veille an maintien du dogme et le la discipline.

Depuis le 14« siècle, le souverain pontife porte une riple tiare, symbole de sa juridiction sur les trois parties la monde alors connues. Il tient à la main uaeclef d'or !t une clef d'argent, qu'on nomme les cUfo de eaint Pierre, I est élu parmi les cardinaux réunis en conclave (du mot atin cojalave, chambre), et ne peut être choisi que parmi >ax. Les cardinaux , qui sont les plus grands dignitaires le l'Eglise romaine, sont ainsi nommés du mot latin «orlinalis^ c'est-à-dire principal. Déjà dans l'empire romain lepuis Théodose , le titre de eardinalie était donné à des officiers de la couronne, à des généranx d'armée, an préfet lu prétoire en Asie et en Afrique, parce qu'ils remplissaient es principales charges de l'empire. Dans le clergé, jon ap- )e]ait ainsi dans l'origine les curés des principales parois- «s, spécialement à Rome. Vit étaient alors inférieurs aux Ivéques, et ils restèrent dans cet état jusqu'au 11* siècle. Aais en 1181 les cardinaux-prêtres de Rome étant develus maîtres d'élire seuls le pape Lucien III, à l'exclusion tu clergé et du peuple de Rome , ils obtinrent par là la >rééoiinence sur les évéques. Aujourd'hui ils sont an nom- )re de 70 et forment le Moeri collège, qui procède à l'éection des papes. L'élection est suivie de Vexaltation , laos laquelle le nouveau pape , placé sur son siège pouifical , est porté sur les épaules à l'église Saint-Pierre. Iprès l'exaltation à lien le couronnement Le pape prend

le titre de eerviteur de* terviteurs de Dieu, On le nomme autti souverain pontife, eaint'père, très-iaint-père ; en s'adressant à lui, on dit Votre Sainteté,

Proteêteuttitnu,

Le philosophe croit que Dieu lui parle par sa raison et ce qu'on appelle l'évidence naturelle. Le catholique croit que Dieu lui parle par ta voix de l'Eglise , dépositaire et interprète de toute vérité , de toute révélation , traditionnelle ou écrite. Le protestant croit que Dieu lui parle seulement par l'Ecriture , que chacun , du reste , peut interpréter suivant son sens particulier. Ainsi, pour le protestant, point d'intermédiaire entre Dieu et Thomme. Il semble que, cela posé, il n'y ait plus rien à dire sur le protestantisme , puisque l'interprétation de l'Ecritnre doit varier nécessairement selon diaque individu ; mais , par une contradiction asses singulière , les trois principales églises protestantes, à savoir : le luthiranieuu^ le ealvinitme et Yigliie angUeane, ont adopté chacune un symbole commun, comme si elles reconnaissaient une autre autorité que celle de l'Ecriture. II y a là une inconséquence qui leur est justement reprochée par les catholiques. Nous allons exposer en peu de mots les principaux dogmes qni réunissent chacune de ces trois sociétés chrétiennes dans une même communion de foi.

Luihiraniewte, — Le luthérsnisme date dp 1517, époque à laquelle Luther commença à s'élever contre l'anlorité de l'Eglise romaine. Après .avoir longtemps lutté contre les légats du pape et contre l'empereur Charles- Quint, les luthériens obtinrent quelques concessions aux diètes de Nuremberg (1523) et de Spire (13S6); mais ces concessions ayant été retirées dans une nouvelle diète tenue à Spire en 1539 , ils protestèrent contre les résolutions de cette diète et présentèrent en 1530 à la diète d'Angsboqrg leur confession de foi. Cette confession de foi est encore aujourd'hui la base des croyances luthériennes. Elle ne reconnaît que trois sacrements : le baptéme^ la cène et Is pénitence. Les autres sacrements , reconnus par l'Eglise catholique, ne sont point d'institution divine, c'est-à-dire que, suivant Luther et ses sectateurs, il n'en est point fait mention dans FEcriture. L'efficacité des sacrements dépend uniquement de la foi de celui qui les reçoit ; ils n'ont été institués que pour nourrir la foi, et ne produisent par eux-mêmes ni la grice, ni la justification , comme l'enseigne l'Eglise catholique , l'homme étant jnsliGé par la foi seule , don gratuit de Dieu. Tout fidèle est ministre légitime de tous les sacrements. Dans la cène , Jésus-Christ est réellement présent , mais sans transsubstantiation, c'est-à-dire sans changement de la substance du pain et du vin an corps et au sang de Jésns-Cfarist, comme le croit l'Eglise catholique. Du reste, point de messe ou de sacrifice, point de jeûnes, d'abstinence de viande et de vaux monastiques.

Calvinisme. — Le Calvinisme prit naissance, vers 1536, à Genève, où depuis il n*a pas cessé de dominer. Il se répandit bienlêt dans plusieurs cantons de la Saisie, en France, en Hollande, en Angleterre, en Ecosse, aux Etats-Unis. Les calvinistes ne reconnaissent que deux sacrements : le haptêwu et la cène. Le baptême est purement et limplefflent le signe de notre initiation et de notre entrée dans l'Eglise , ou la marque extérieure de notre union avec Jésus-Christ II n'a aucune efficacité par lui-même. Il en est de même de la cène , qui n'est qu'une commémoration du dernier repas que Jésus- Christ fit avec ses disciples. L'Eglise a ses ministres , mais le ministère ecclésiastique n'a pour objet que le maintien de l'ordre dans l'église , la prédication de la doctrine de Jésus-Christ et l'administration des vrais sacrements. Le dogme fondamental des calvinistes est la prédestination absolue : la damnation ou le salut de l'homme sont prédéterminés de toute éternité.

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Eglise anglicant on épiscopaU. — Quoique la réforme ait été iolrodaite eo Angleterre par Henri VIII , TEglise anglicane , qui s'appelle ausf i haute église et église épiS' copale, ne date que de Vacte S uniformité rendu en 1562' anus le règne d'Elitabeth. La doctrine de cette Egliae ressemble k celle de Genève sor la plupart des dogmes , sans exclure néanmoins aussi formellement la présence réelle et le libre arbitre ; mais elle en diffère sur trois points fondamentaux : la hiérarchie^ le culte et la suprématie royale. L'épiscopat est d'institution divine et l'Eglise doit être uniquement régie par des évéqnes. Il n'y a que deux sacrements : le baptême et la cène^ dont l'efficacité est indépendante de la foi. La cène est la communion du corps et du sang de Jésus-Christ ; cependant on n'y mange le corps et le sang de Jésus-Christ que spirituellement et par la foi. Quoiqu'elle ait conservé les divers ordres de la cléricalure , l'Eglise anglicane condamne le célibat des prêtres. La suprématie royale , introduite par Henri VIII, a continué de subsister. La royauté a donc conservé le droit de nommer les ecclésiastiques et même de les révoquer , de régler la foi et le dogme', de prononcer les excommunications , de modifier la liturgie, d'ordonner des jeunes, etc.

Cependant il s'éleva an sein de l'Eglise anglicane plusieurs sectes, dont la principale fut celle des presbytériens ou puritains. Les calvinistes rigides se déclarèrent contre la hiérarchie et Tantorité des évéqnes , prétendant que tons les pasteurs avaient une autorité égale et que l'Eglise devait être gouvernée par des consistoires on presbytères composés de ministres et de quelques anciens laïques. De li leur nom de predrytériens («^toeuTifoç , ancien) et celui d^épiscopaux donné k ceux qui suivent la liturgie anglicane et reconnaissent la hiérarchie. Les presbytériens furent aussi désignés sous le nom de puritains, c est-i-dire professant une croyance pure et sans mélange de catholicisme ronuin , au contraire des épiscopaux ou anglicans. On appelle en général non conformistes toutes les sectes opposées i l'Eglise anglicane.

Parmi ces différentes sectes , qui sont très-nombreuses, on distingue les quakers ou trew^bleurs, qui sont les plus doux de tons les hommes, et qui n'admettent que le culte intérieur et spirituel. Cette secte religieuse , dont les membres se donnent le nom de société chrétienne des amis, fut fondée en 1047 psr Georges Fox, cordonnier de Leicestcr, et eut pour principaux propagateurs Guillaume Penn , Robert Barclay et Samuel Fischer. Selon les quakers tout homme peut être inspiré de l'esprit divin. Réunis dans des salles dépourvues de tout ornement, ils attendent avec recueillement l'arrivée de l'esprit saint; si l'un d'eux sent l'inspiration, qui s'annonce par le tremblement de l'inspiré, il se lève, prend la parole, et ions l'écoutent en silence. Les quakers ne prêtent pas serment et sont crus devant les tribunaux sur leur simple affirmation ; ils se refusent i prendre part i la guerre, condamnent le spectacle , le chant , les jeux de hasard , la chasse. Leur costume est de la plus grande simplicité : les hommes portent des chapeaux i larges bords et des habits de couleur sombre, sans boulons ; les femmes ont une mantille noire et un tablier vert Ils se dispensent de toutes les formes obséquieuses de la politesse, comme d'une hypocrisie ; ils tutoient tout le monde et ne se découvrent jamais la tête , pas même devant les magistrats et le roi. C'est aux Etats-Unis d' Amérique que la société chrétienne des amis est le plus florissante ; ils y forment une population d'environ 300,000 âmes.

Nous citerons encore la secte des hemutes ou frères wtoraves, qui ont beaucoup d'analogie avec les quakers. Celte association religieuse fut fondée d'abord en Bohême sous la direction du curé 11 ichel Bradacs , qui , en 1457, réunit, sous le nom de frères de l'Unité ou frères bohèmes , les débris des anciens husiitet qui refu-

saient d'accepter les décision! du concile de Biie. Opprimés par l'empereur Ferdinand , on grand bobW v réfugièrent en Pologne et en Prosse. Leun ctrrii<^ naires restés en Bohême, pratégét pins tard psr Unislien H , s'établirent en 11 oravie , d'où lev rist W B§a de frères moraves. Dispersés après la gnem de Tre§i^ Ans , ils trouvèrent, en 1721 , un asile i Herabott, kss la haute Lnsaci*, et là ils changèrent encore kor bmq celai de hemhutters ou hemutes. Lear assodatioB eâ x:» sorte de république religieuse dont les membres wit^.. leurs biens en commun et vivent dans une égalité pirfLit EgUses greapuv — En 1033, les Grées œ ùurjev d'Orient , qui s'étaient toujours peu accorda trer b Latins ou chrétiens d'Occident , se séparèrent déiitrf ment de la communion de l'Eglise romaine. Depiiivai réuni, sous le nom d'Eglise grecque, tons les cbifOni qui nient la suprématie du pape et le dogme qni bit pncéder le Saint-Esprit du Fils. L'Egiiee greeqoe prap^ ment dite se donne le titre d*orti»doxe (oonfonoe ii vraie doctrine). Elle admet les huit premien cosds Œcuméniques ou universels, administre renchansti« v^ du pain levé, admet le mariage des prêtres et céMn l'office dans la langue nationale. Elle est répsadoe à» la Grèce , dans les iles Ioniennes , TAnatolie , la B«»« Elle reconnut longtemps pour chef le pstrivcbr k Constantinopie ; mais les Russes s'en sêparèreoten 13^ et eurent d'abord un patriarche distinct, résidant à H» cou. Depuis Pierre-le-Grand , ils n'ont d'antre cerf ér leur religion que l'empereur. On nomme gna-aâ »b. qui se sont ralliés à l'Eglise catholique, adoptaot U f^^ mule signée en 1439 au concile de Florence ftir Ia Grecs et les Latins. Les grecs-unis étaient toriost répandus en Russie et en Pologne : mais la plopart mi retournés i l'Eglise russe en 1839.

Nous ne saurions terminer cette revue des prinepts sectes ou sociétés chrétiennes sans dire un mot da Jf>ronites ou chrétiens d'Orient dont il est souvent fietiis depuis quelques années. Les 11 aronites forment on prsple i part au milieu des mahométans. Us oecap^siM vallées les plus centrales et les chaînes les ploi èfta du groupe principal du mont Liban , depuis les «ikw de Beyront jusqu'à Tripoli de S^e. Au milieii é»t^ lutions qui ont changé ta face de l'Orient , les Uaroœta sont restés chrétiens. Les premiers temps de leur btoire sont enveloppés de ténèbres. Cependant ii ^vd peu près certain qu'ils tiennent leur nom d'us mai» nommé Maron, qui vivait vers l'an 400, et qni k i^ alors réfugié dans les solitudes du Liban pour te nsstraire aux persécutions des hérétiques. D'anties pro«cria seraient venus se joindre à llaron; et un mosaàkrt, biti par leurs mains , aurait été le berceau des Uir*tes. Quoique séparés des catholiques par qnelqaei oitf* ces , les Maronites sont toujours restés attackéi i \1%-:* catholique : aussi les nomme-t-on les cathoUfÊa i* ^ bcm. A l'exception des moines et des évéqnes , lenn f^ très sont mariés ; les papes eux-mêmes ont cni <kr^ sanctionner cette dérogation à la discipline tcààaS'que , qui , du reste , est parfaitement en fasrmooi^ »f^ les mœurs patriarcales des Maronites. • Ils simeat ^ Européens comme des frères , dit M. de Lsmsrtiae disi son Voyage en Orient: ils sont liés à nous psr ce lis ^ la communauté de religion, le plus fort detost;^ croient que nons les protégeons , par nos coomli et v* ambassadeurs, contre les Turcs ; ils reçoivent du» ^^"^ villages nos voyageurs, nos misstonnairei, Dosjei^ interprètes qui vont s'instruire dans U laogne m^* comme on reçoit des parents éloignés dias «» ^ mille. • Tant il est vrai que la religion est le ii«9 " plus fort qui pnisse unir les hommes!

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