‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 204 sur 291 · IX. C'est une grave question que celle qni vient d'Ar · texte numérisé non relu

IX. C'est une grave question que celle qni vient d'Ar

(I) Sdtwé du bonnes gm$ (8* édil. I847>. Le pra 4» »«v^ . . non» troavont « rtvétir de fonnet diffémtea là ■«— fiwi. m' r'-> Miilant daaslet iiiên«f circoMUMn, Boai a i eaipniaU à noire dernier travail.

DEVOIRS PRIVBS.

lonleTée , et pour laquelle on est loin de prétendre avoir trouvé une solution aussi évidente qu'elle est proposée avec conviction.

X. Puisque Tliomme réunit en lui deux natures ayant cfaacnne sa destinée et qu'il a le devoir de veillera ce que le bien seul se produise et par rapport à Tune et par rapport à l'autre , eiaminons ce qui est i faire dans ce double but, et d'abord , relativement à notre nature physiqoe , car c'est elle qui se révèle la première.

XI. Le bien physique , pour l'homme , c'est la santé. Notre devoir , an point de vue de notre existence physique , est donc le soin de notre santé.

La santé n'est pas seulement ce qu'on entend d'ordinaire par ce mot , c'est-à-dire l'absence de souffrances , de malaises physiques ; elle est beaucoup plus que cela : elle est l'état dans lequel chacun des organes et tous les organes ensemble fonctionnent avec asseï de puissance et .de régularité pour servir convenablement aui manifestations de l'âme ^ c'est-à-dire n'apporter à l'intelligence que le moins possible de causes de trouble et par conséquent d'erreur. Tous les organes ne sont pas formés pour le même genre d'office : les uns sont plus particulièrement les serviteurs de l'existence physique , et les autres ceux de l'existence morale. Tons cependant concourent pour leur part au même fait , la vie ; l'état de moins bonne santé de celui-ci comparativement à celui-là ne laisse donc pas que d'influer, tant sur l'ensemble de notre santé physique que sur l'ensemble de ce qu'on pourrait appeler notre santé morale. L'état de santé absolue est aussi impossible i atteindre que le souverain bien. Toutefois, et de même que pour faire suffisamment le bien nous devons viler constamment à la perfection morale , de même nous levons nous appliquer à produire en nous une santé parai te , mais en dirigeant notre plus sérieuse attention sur ?enz de nos organes qui semblent intéresser le plus notre existence morale. Un athlète aux muscles d'acier, à l'estonac d'une complaisance extrême, mais en qui tous les auras organes moins purement physiques sont débiles , ne oait, à vrai dire, que d'une moitié de santé et de la moitié a moins précieuse, tandis que tel homme habituellement oalTretenx, mais en qui ceux des organes plus particulièrelent an service de l'existencemorale se maintiennent dans 3 meillear état possible , s'il ne jouit aussi que d'une moié de santé, a du moins la plus précieuse en partage. Le remier vit surtout matériellement et ne fait guère plus n cela que le simple animal : il obéit principalement à >ii instinct de conservation ; l'autre , an contraire , vit irtoat intellectuellement, est vraiment un homme, liaqn'il soumet au raisonnement les inspirations de cet istinct

XII. Arrêtons-nous un instant à étudier l'instinct, •tte pAle lueur complètement distincte de l'intelligence , 'CC laqndle pourtant beaucoup de gens la confondent si vilement.

pins on observe l'œuvre de Dieu , plus on en découe l'immensité, plus on est pénétré d'admiration en ^nxe temps que de confiance en son auteur. Tout y porte l'empreinte d'une pensée éclose d*un seul t ; la science n'y découvre rien qu'elle ne reconnaisse or la conséquence nécessaire de ce que déjà elle y Bit découvert La combinaison de la moindre de nos acliûi^ nous oblige à l'essai infructueux de plus d'un a A^e : l'univers se meut , ses innombrables parties s'atent , ae repoussent, se contiennent l'une l'autre, se Kiifi^^nt chacune en soi et toutes les unes par rapport K sscxtres , sans que le moindre des atomes qui les com- B«»ot trahisse dans le sublime ordonnateur la plus ér^ hésitation.

C^ d'est pas tout : Dieu , après avoir ainsi tout créé , it axai* en place, puis en mouvement, a confié à cha- 1^ «les parties de ton œuvre le secret de la loi d'ordre

qui en régit l'ensemble. Il a proportionné , cependant , l'étendue de cette confidence au secours que chacune de ces parties aurait à réclamer des autres et à l'importance du rêle qui lui était assigné dans la création. Quelle pieuse , quelle grande , quelle poétique idée quç celle qui prête une intention , presque une pensée à la fleur s'éveillant chaque matin et se rendormant chaque soir. Ceci serait presque de l'instinct : mais peut-être cet instinct existe-t-il vraiment ; peut-être la même distance qui existe entre l'animal et l'honmie se trouve-t-elle entre l'animal et la plante. Qui oserait dire en parlant de Dieu : ■ Il n'a pas pu faire cela. » L'absurde seul est impossible à Dieu , car l'absurde est la négation de l'ordre ; mais tout ce qu'on ne sait pas , tout ce qu'on ne comprend pas n*est pas nécessairement absurde.

XIII. Quoi qu'il en soit , les animaux du moins , tout le monde le sait et en convient, sont doués d'une certaine faculté de sentir plus on moins développée , suivant les conditions qui ont été indiquées tout à l'heure. C'est cette faculté qui ne comporte point , comme l'intelligence , la conscience d'elle-même et à laquelle l'animal , qui ignore le bien et le mal moral , et ne fait que sentir, sans s'en rendre compte , le bien et le mal physique , obéit toujours et ne commande jamais , qu'on a nommée l'instinct

A mesure que l'intelligence plus exercée a reculé les limites, d'abord assez resserrées de'sa puissance, l'homme a conçu de soi-même une plus haute idée. Il ne veut plus aujourd'hui que , ions prétexte de la similitude de sa nature matérielle avec celle d'autres êtres vivant et sentant comme lui , mais ne raisonnant pas , on le confonde dans le genre animal. Ce n'est pas trop pour lui de constituer un genre à lui tout seul , te genre homme; malheur donc à qui s'obstinerait à le définir encore par aucun des caractères propres à sa nature on à sa forme matérielle.

Cependant il est bon de se l'avouer de temps en temps , ne fût-ce que par humilité : nous ne sommes pas si complètement esprit , que nous ne soyons aussi quelque peu matière , et qu'à cdté des divines merveilles de notre intelligence ne se fassent jour les terrestres incitations de l'instinct. C'est même assez ordinairement au milieu de la lutte que se livrent en nous ces deux principes , l'un upirant à l'infini , l'autre emmaillolté dans le fini , que nous avons à exercer notre liberté.

XIV. Ce n'est qu'à la longue que nous parvenons à nous dédoubler en quelque sorte , et à faire que notre intelligence se reconnaisse elle-même et distingue ses jugements des suggestions de l'instinct

Celui-ci, en effet, a aussi une certaine faculté de comparaison, et notre liberté s'exerce à propos de lui comme à propos de notre intelligence. Nous choisissons entre le bien et le mal physique , domaine de l'instinct , conmie entre le bien et le mal moral, domaine de l'intelligence; nous pouvons nous tromper dans l'un comme dans l'autre choix, et nous avons à veiller à ce que cette méprise ne puisse nous être reprochée que le moins possible.

XV. Donc , on le répète , ce n'est pas seulement en vue d'un bien-être matériel que nous avons le devoir de rechercher ce qui convient à notre nature matérielle : c'est encore afin que notre nature spirituelle dispose de plus sûrs instruments.

XVI. Ici se présente, sous forme d'objection à ce devoir, une opinion qui, bien que vieille comme le monde, n'en est pas moins la plus dangereuse et la plus complète des erreurs.

De tous les mystères dans la nuit desquels se perd à nos faibles regards le principe, la cause de toute chose, celui qui a préoccupa le plus vivement la curiosité humaine, celui qui, facilement accepté, quand il s'agit de raisonner sur les souffrances d'autrui, et

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toujours méconnu quand il s'agit de nos propres souffrances f a fait le plus souvent blasphémer Dieu et nier Texistence d'une loi d'ordre et de justice, est l'état d'évidente infériorité dans lequel l'âme est placée , quant à SCS moyens de manifestation , soit dès l'instant de la naissance , soit à l'improviste pendant le cours de l'existence, ches des individus n'ayant point mésusé de leur liberté ; n'ayant point commis le mal , n'ayant point encouru de châtiment.

Une pauvre mère bénissait et remerciait Dieu du sourire de son petit enfant Cet enfant grandit et son sourire resta toujours le même, moins la pensée ; car il était le même pour tout le monde , pour tons tes instants , pour toutes les sensations, hormis celles douloureuses. La pauvre mère alors n'osa plus bénir Dieu , bientôt le découragement la prit , elle renonça même à prier , et le désespoir venant ensuite , elle accusa Dieu d'injustice. Pourquoi, en effet, cet enfant, but de tant d'espérances, pourquoi cet innocent qui méritait si bien de l'amour et des vertus de son père et de sa mère , avait-il été condamné à vieillir idiot , inutile i lui-même et i charge aux autres? Pourquoi le feu sacré s'était-il éteint en lui avant d'avoir brillé? Pourquoi son âme luttait-elle en vain en lui pour se manifester? Et cet homme dont la puissante intelligence était l'orgueil de ses concitoyens , pourquoi, après s'être endormi sage hier au soir, s'est-il réveillé fou ce malin? Et cet autre, pourquoi sa volonté, toujours entière, quant aux choses de l'intelligence , ne peut-elle plus gouverner les mouvements de ce corps , i qui il ne demande pourtant que des services réguliers? Et ce dernier, enfin, pourquoi recélait-il en lui un germe de destruction prématurée , germe mystérieux qui s'est développé soudain et a rendu inutile le soin constamment apporté à l'accomplissement de tous les devoirs?

On pourrait multiplier ces questions à l'infini. Le sage y répond par ce grand mot : Myttère! et le vulgaire par celui-ci : Fatalité I

L'explication par la fatalité est une de ces extrémités auxquelles il est impossible de se résigner. Avec la fatalité disparatl tout devoir , car l'homme ne pouvant plus agir dans aucune mesure , ni sur lui-même, ni sur ce qui l'entoure, il n* y a plus pour lui d'autre bien et d'autre mal que celui qui existe pour la plante et pour le minéral, si tant est que le bien et le mal puissent être supposés comme perçus par ces deux classes d'êtres.

Cherchons donc s'il n*y a point d'autre explication i donner pour les malheurs, quelque subits, quelque immérités, quelque affreux qu'ils soient, qui atteignent Thumanité. Voyons si l'insuffisance de notre intelligence à remonter sûrement de cause en cause, doit être un motif pour nier en Dieu, cause suprême. Tordra et la justice dont le sage veut qu'il soit la source et le dispensateur.

Ceci est presque une discussion en règle , asseyonsnous donc pour un instant sur les bancs de l'école , et argumentons dans les formes.

— Admettex-vous , oui ou non , que toutes les âmes ont la même origine?

— Sans doute, nous l'admettons.

— Pourquoi ?

— Parce que si cela n'était pu, l'univers ne serait plus un, il y aurait an moins deux créateurs, idée tellement bicarré et conduisant sitôt à l'absurde , que de toutes les vieilles erreurs elle est celle qui a été le plus tôt abandonnée.

— Toutes les âmes ayant la même origine, ne doiventelles pas aussi être égalea entre elles?

— Certainement.

— Pourquoi ?

— Parce que tous les enfants d'un même père sont nécessairement égaux entre eux.

— Tontes les âmes étant égales entre elles, ne l'ensui-

vrait-il pas qu elles ont un droit égal i se manifeiter avec la même puissance?

— Sans doute.

^- Ne voyons-nous pas cependant que telk âme est condamnée i subir des oi^anes matériela plus inparCûts que ceux accordés i telle autre ; en d'autres tennes , v voyons-nous pas que certains hommes naisseot avec fobligation de faire plus d'efforts que d'antres pour discerner le bien et pour le pratiquer?

— Il est vrai que nous voyons cela, et c'est ce q« nous attribuons i la fatalité.

— Ainsi , selon vous , la fatalité serait nue dcstiiMv déterminée d'avance et immuable dans son aecompiii«* ment comme dans sa fin.

— Nous la définissons encore autrement, mabcda revient toujours i ce que vous venei de dire.

— Ainsi un homme né peu intelligent aura beau bm. il n'augmentera jamais la somme d'inleiligeiice qui In > été départie ; ainsi un homme très-intellîgent anra bev faire , il ne diminnera jamais cette somme d*întelligeo(«-

— Jamais.

— Ainsi un homme né malheureux , comme on ait aura beau faire, il ne forcera jamais la fortune i Ini sovir» '

— Jamais.

— Ainsi un homme né méchant ne ponirm jamais êevenir bon ?

— Il ne pourra, du moins, devenir Umt à fait bon.

— Prenez garde ! vous cèdes du terrain , dès qae b fatalité n'est plus absolue , elle n'existe pins de tect a^mettei-vous, oui ou non, qu'on soit fatalement boa » méchant?

— Eh bien , nous l'admettons.

— Pourquoi alors vous appliques-vons à insIraiFr t» enfants et i vous instruire vons*méme.

— Parce que nous ne savons pas tout d*«bord ^re est l'étendue de l'int^ligence de nos enSmts et de û sôtre , et qu'il convient pourtant de faire se dévdoffff toute cette étendue.

— Bien répondu ! Je vous ferai cependant obserrer qae vous aves tort de gronder les paresseux : la fatalité tespeut-être que leur intelligence ait inutilement oœ iss^ étendue. Mais le malheur, mais le bonheur dam tes entreprises , cela se voit tout de suite : ponrqnoî iwessmander ta persévérance i l'honune qui a déjà écèoar. a la prudence k celui qui a réussi?

— Parce que la fatalité peut être à rénssir ki «- < échouer là , quoi qu'il soit arrivé auparavant

— Cette réponse est moins bonne que la pittiîdeaa'. car je ne vois pas de quel droit vous présumes aiasi •^ la fatalité : le mieux serait de laisser les gens l'attesâ-f tout simplement Je suis curieux de s|votr ce que «<ses me direx des bons que vous prenet la peine de lûmj penser et des méchants que vous vous permeltei df ysnir, comme si ceux-ci pouvaient être moins bons, cammt si ceux-là pouvaient être meilleurs?

— C'est que la fatalité , après tout , n est pas si é>^ lue que vous nous avei obligés à le dire tout a rbfer. c'est qu'elle ne porte que sur certaines choses priaéf^et non sur toutes les choses.

— Le respect de l'honneur, de la vie, de la profrAde son prochain est à coup sûr chose pnncifu il faut donc admettre qu'un liomme est fatalesàest, crtfà-dire innocemment, calomniateur, assaasia, vslrr tandis qu'un babillard , un étourdi serunt des coupai » bien et dûment punissables.

— Nous en aurions bien long à vous dire posr «r^ quer notre pensée , que vous interprélea de façm t ^ rendre ridicule.

— J'en aurais de mon côte bien plfes le^ fu^^r* > vous répondre pour vous démontrer qu'à dkaqv •-* vous vous heurtes à une impossibililé.

DEVOIRS PRIVÉS

— Croyei-Toiif qae Dont ne reconDaiisiom pas qne la ciété a raiion, en définitive, de ne pas admettre officielnent un principe, nn dogme qni lui serait nuisible? ^ Arrive! donc enfin! Voilà la société qni, en outre • la raison, a le droit de ne pas admettre ce qni est et ce li lui aérait nuisible, et vous oseriet soutenir que Dieu, li a fait la société, qne Dieu, qni a donné à la société peuple raison qu'elle possède, aurait été asseï illogique lor établir un principe subversif de cette société?

— Eh ! qui vous dit que ce principe de la fatalité soit ibversif? pouves-vous vous vanter de sonder tonte la ■ofondeur des lois de Dieu?

— Je me garderais bien d*une pareille présomption, est pourquoi, voyant les faits en apparence injustes, ogiques dont nous parlions en commençant, je n'ac- IM que mon intelligence, non la justice, non la sagesse i Dieu , et je me dis :' Cette inégalité de puissance acirdce aux âmes pour se manifester, au lieu d'être un rincipe, une cause, comme le prétendent les fatalistes, est certainement que la conséquence de certaines du- Mîtions, à nous inconnues , de la loi d'ordre qui régit inivers, loi trop vaste pour pouvoir être saisie dans lacune de ses parties par notre faible intelligence. Aeoussant encore sur un autre point la fatalité , j'ajoute Italie : Nous naissons avec une puissance inégale, c'est rai , mais nous avons , pour remédier à cette inégalité , our la faire disparaître , le progrès ou résultat de l'aplication de notre volonté i la rechercbe du bien. Qne si laiutenant vous appelés à votre aide les malbeureux qui iufTrent de maua qu'ils pensent n'avoir pas mérités, et ne peut-être ils n'ont pas en effet mérités d'après les lées que nous nous faisons de la justice , je leur dirai noblement : Frères, ceci est le même mystère que celui ni nous cacbe notre naissance , seulement il a réveillé las tard notre inattention.

Cette argumentation toute terre-i-terre , tout intell iible, on l'espère, qu'elle soit pour tout le monde, peut lettre sur la voie de réponses bien autrement concluantes t savantes i faire aux objections présentées dans le sens le la fatalité , croyance de ceux qui ne croient pas à la iberté , parce qu'ils ne veulent pas s'appliquer an bien ; loise consolation des afQigés qui , plutAt que d'élever iun regards vers le ciel , préfèrent les retenir orgneileusement sur la terre , où ils se croient asses imporiDts pour que Dieu ait pris plaisir i donner en leur •ersonne nn démenti capricieux à sa suprême intellirence. Arrière, arrière, la fatalité ! avec elle plus de deoirs, sans devoirs plus de réciprocité entre les hommes, »las d'amoor, et sans amour plus de foyer commun, plus le vivante éternité !

XVII.^Xe nous refusons donc point an devoir de veiler sur nous-mêmes , sur notre nature matérielle , parce |a'il pourrfit arriver que nos soins n'eussent pas contamment le même utile résultat Le désordre physique e plus grave peut n'être que passager, s'il y est apporté emède, de même que le désordre moral , en apparence e plus léger, peut devenir très-grave et incurable si l'on léglige de le combattre dès sa première apparition.

XVIII. Enfin , sans exagérer ici la beauté des formes corporelles, sans prendre , comme l'ont fait les anciens, :es formes pour base de Tappréciation de la valeur morale d'un individu , et sans attribuer non plus exclusii'ement à l'état de santé des organes une influence qu'on montrera tout i l'heure comme existant aussi de la part de l'Ame, on rappellera une vérité bien triviale mais bien traie, à savoir, qne la première chose qui paraisse de nous, c'est notre forme et que , suivant qu'elle prodoit nn effet agréable ou désagréable i Ir vue, on est bien on mal prévenu en notre faveur. Il nous importe donc pour tonte lorte de motifs de faire que cette forme ne soit pu détériorée faute de soins de notre part.

• XIX. Pères , votre devoir est de voos placer d'abord dans l'hypothèse la plus générale : celle d'une puissance physique en harmonie avec les exigences du moral.

Dès qu'un fils vonsest né, appelés sur sa conformation physique l'attention du médecin, avec la même sollicitude que, plus tard , vous appelleres Tattention du précepteur sur ses inclinations morales. Il est permis i l'heureuse mère d'être tout entière k l'ineffable joie qui lui gonQe le cœur et de ne voir qu'une piière vivante dans le petit être que ses mains reconnaissantes élèvent vers le ciel ; mais pour vous a commencé déjà la responsabilité qni pèsera sur vous jusque par delà cette vie : c'est une âme qne Dieu vous confie ; prenes garde que rien n'aggrave pour elle les conditions de son exil.

Quand votre enfant aura travené le premier âge, quand son raisonnement commencera à s'élever des choses purement matérielles à celles immatérielles, qnand sa conscience lui révélera le bien et le mal moral, ne vous laisses pas aller à trop d'orgueil, et, pour vous faire le guide d'une intelligence que vous croirei émanée de la vAlra , n'imites pas le pédagogue vulgaire , ne négliges pas l'enveloppe , les organes de cette intelligence. Epies les instincts et dirigex-les. Le bien et le mal physique peuvent produire, perçus par l'intelligence, le bien et le mal moral. Faites que les membres , agiles et vigoureux autant qne le comporte leur conformation particulière , ne refusent aucun service régulier; faites qne le tempérament, fortifié par une étude assidue de ses véritables exigences , permette tout ce qni peut être permis. Votre enfant ne sera peut-être ni beaucoup plus beau , ni beaucoup mieux bâti , mais il gagnera toujoun quelque chose sous ce rapport même ; mais son instinct mieux réglé ignorera ces appétits grossien et désordonnés qui offusquent la raison; mais son intelligence plus libre de préoccupations étrangères prendra un essor plus vigoureux, et quand nn jour, fécondée par le travail, elle aura besoin du concoura de grandes forces physiques pour soutenir de bien rudes labeurs, il vous bénira de lui avoir épargné le regret d'une santé absente, et d'avoir diminué pour lui les dangers qui menacent notre frêle machine.

Et vous , enfant , devenu adolescent , jeune homme , puis homme fait, ménages cette santé , qu'on n'apprécie à sa valeur que lorsqu'on l'a perdue. Eritex, pour cela , d'nser de rien avec excès, même de la prudence. Il n'est pire maladie que ces minuties prétendues hygiéniques auxquelles s'astreignent certaines gens qui n'osent avoir ni chaud ni froid qne de l'avis du thermomètre, qui vivent sans cesse dans l'appréhension de la fièvre qu'ils n'ont pas et ne se permettent un peu de gaieté que par ordonnance du médecin.

Que ces sommaires recommandations ne fassent pas sourire : rien n'est à dédaigner, rien n'est à négliger de ce qui, de près ou de loin, facilite à l'homme l'accomplissemenl de ses destinées providentielles.

On ne saurait prétendre à faire ici un conn d'hygiène. Ce qu'on a dit n'est qne pour indiquer l'importance de détails trop habituellement considérés comme étrangen anx devoira La vanité, on ne saurait trop le faire remarquer, isole volontiera l'homme moral de l'homme physique et assure qu elle ne voit, par exemple, aucune relation entre des mains sales et nue intelligence mal en ordre. La bonne et droite raison ne commet pas de ces errenn. Elle sait que l'homme est dans tout l'homme, que celui-ci n'accomplit pas nn senl acte sans qne sa pensée, sans que son raisonnement y intervienne, et elle comprend que, s'il ne se rend pas difficile sur le choix des conséquences à tirer des principes les plus simples, il échouera forcément quand il lui faudra examiner des principes pins abstraits, ayant des conséquences moins éridentes.

XX. On a dû remarquer qu'il n'a pas encore été question de celui des devoin qui est pourtant , en effet

le premier qoe noos impose noire exifteoce en tant qn*hominet : celai d'eolretenir notre corpg , l'enveloppe de notre âme, non-seulement dans l'éUt de santé le meillenr possible, mais dans l'état de vie. Il y a des choses tellement simples, tellement incontestables, qu'on est toujours i temps de les rappeler.

Il serait trop long d'exposer la loi d'après laquelle les êtres matériels s'empruntent mutuellement les partiee qui leur sont nécessaires pour se conserver. On se contentera de faire remarquer que plus les êtres sont élevés dans Tordre de la création , pins l'exécution de cette loi de conservation exige d'activité de leur part L'bntlre, attachée à son rocher sous-marin , n'a pour se nourrir qu'à entr'oovrir ses grossières écailles. L'homme , qui résume en soi tous les autres êtres , est tenu à plus de soins que chacun d'eux en particulier. Cette activité, ces soins constituent le travail, que nous retrouverons condition de l'existence morale de l'honime après l'avoir indiqué ici comme condition de son existence physique , et que nous aurons encore à considérer sons son double aspect de droit et de devoir social, après nous être borné à le noter comme simple devoir privé.

X\I. En résumé, et en ce qui concerne les devoirs de l'homme par rapport i sa nature physique , il ne faudrait pourtant pas conclure de ce qui précède que , tout en admettant la parfaite exactitnde de ce qui a été proposé sur les organes, sur l'âme, sur les instincta, on attache principalement de l'importance à la santé des organes. Si ceux-ci influent sur les manifestations de l'âme, l'âme à son tour exerce sur eux une action d'autant plus puissante qu'elle dispose d'idées ou de pointa de comparaison qu'elle ne conçoit pas par leur intermédiaire, soit que Dieu les lui confie tout formulés, en l'envoyant dans ce monde , soit , ce qui est plus probable, qn il la rende seulement capable de les percevoir au fur et i mesure qu'elle 8*étudie. On sait que la physionomie, que les habitudes du corps, que l'activité def sens se modifient ches la mênie personne suivant le plus on le moins d'élévation des idées qui l'occupent habituellement

II est vrai que tous les organes n'étant pas, ainsi qu'on l'a déjà dit, formés pour le même genre d'office, tous ne paraissent pas également soumis â l'action de Tâme ; mais cette action n'en est pas moins réelle et si bien sentie, que personne ne pense à nier que, hormis très-peu de cas sujeta encore à discussion, le moral maîtrise le physique, en multiplie on en réduit la puissance.

Etudions donc l'homme sous le rapport de sa nature spiritoelle , afin d'achever de le oonnaHre sous le rapport de sa nature matérielle. Imitons en cela les médecins habiles, ceux qui sentent que ce qu'ils pratiquent est plus qu'un art , que c'est la plus importante de toutes les sciences dont l'ensemble constitue la philosophie.

XXII. Le bien physique est la santé , le bien moral est le bonheur.

XXIII. De même que la santé, telle qu'on doit Tentendre raisonnablement , admet la coexistence de quelques troubles matériels , de même le bonheur admet la coexistence de certains troubles , de certaines souffrances, pourvu que ces souffrances et ces troubles n'attrisnent pas notre âme au point de l'empêcher de savourer la douce émotion que procnre la conscience d'avoir accompli ses devoirs.

Cette définition du bonheur ne satisfera pas tout le monde. Les uns diront en enviant leurs voisins : *■ Le bonheur , le voilà : santé , fortune et gloire quand on le peut • D'autres ajouteront gravement : - Le bonheur, c'est la passion au moment de pouvoir se satisfaire. •

Cependant le bonheur n'est inconnu ni sur la couche du paralytique, ni sous les haillons de la misère ; cependant plus d'une gloire a constanmient souffert malgré le bruit qui se faisait autour d'ellr , et , quant aux

passions, étoordissementa passagers, nobles; fort peu, qu'elles soient on non satiifaitfs, s'éteignent sans laisser de regrete; «oc ~ rée , ne permet te calme qu'il faut pour èln i bien, qn'on en soit on l'anteiir on fobjeL

Non , non, Dien n'asseoit pas ses lois sur àm ba«s aussi étroites , aussi pan sûres; puisqu'il veal qae tous nous puissions également aspirer an booiieiir, «■ jonir. il faut bien que notre conscience tonte seule saffise à nous le procurer. Le bonheur, on le répète, le boubcor, qu'il ne faut pas confondre avec le plaiâr, est la eoescience de l'accomplissement du devoir.

Le devoir , on le voit, n'est pas use loi si aceèrc. ù froide que se la représentent ceux qui n'ont pue pris k temps d'en interroger le véritabte sens.

XXIV. Le bien moral ne se produit junuts sans qa'il y ait en volonté de notre part

Deux choses influent sur la valeur des actes de noàrr volonté : le caractère et le raisonnement

Nous apportons ions en naissant une certaine diifesition à sentir et à juger d'une manière qni noos est particulière : l'un est vivement aCTeclé de tout* nn ntat ne l'est que faiblement; nn troisième est pins acsiaible « plaisir qu'à la peine ; il en est différsnunesst pour en quatrième, tandis qu'un cinquième reste froid poor toai également Ces diverses dispositions et nae ia&ndr d'autres , qu'il est inutile d'énnmérer , eoosslitnesl « qu'on appelle le caractère.

Le raisonnement défend de l'erreur dans laqneOr er aurait pu tomber en obéissant à l'impulsioa dn caractère.

Il nous importe donc de connattre le fort el le faUr de chaque différent caractère, afin déjuger eonuocnt ! convient d'amender celui qui nous est peraoniael ; il aaai faut ensuite , avec le même soin , exercer noire facahr de raisonnement

XXV. On peut déterminer ainsi avec aseca de pi«C}> sion les principaux pointa de dissemblance entre iê» dif> férents caractères :

La volonté étant l'instrument donné à H exercer sa liberté , ou attribut essentiel de gence , c'est en ta prenant pour base et en étudiant sn divers modes d'application qu^on arrive i ane classification nn peu logique des caractères. On pent, en conséquence , partager ceux-ci en deux grandes rlsisft : U première, des caractères dite de «eacessÎM.* ci la seconde, des caractères de résitUmee. Les caractères àr concession , renforcés par quelque emprunt à cenx ^ résistance , sont surtout agréables ; les caradères de résistance, tempérés par quelque emprunt à oenz decam»sion, sont moins agréables mais plus sûrs: eax seaJ». d'ailleurs, peuvent atteindre à la grandeor. E«ca pnmiirr» peuvent ensuite se subdiviser en crtùntifi , finUiê , irr.^ sotus, et les seconds, ea fermes, voUmtaireg et afcaiMca Chacun d'eux en particulier est susceptible de lacaïf"manifester une préféi'ence , soit pour le bien « soit pear le mal , et de laisser considérer les choses paiement oa sérieusement; mais aucun n'offre ce qni est indispfwsable pour constituer un caractère d'une ralenr vcrx:^ ble. Ches tous , la sensibilité moral6 peat se dérelopfr^ à un point égal ; mais ches les eraimù/ê, Uâ/mMea et in irrétobtt, cette sensibilité parait plus délicate, Umàt» que ches les ftrmu , les wÂmOairt» et les eteiîa» , et* parait plus profonde. Son excès la fait dégésBCro . ct«x les uns en mysticisme , et ches les autres ea aentisnentelisme sombre. Le fanatisme étant la conviction exagi^md'une opinion et la conviction encore plas exagérer «i*: droit à propager cette opinion, il est l'écoeil d«s l<A''i comme des faibles, mais de ceux-ci plus qne de ceax-U . car il est à remarquer que moins est grande la | et pins on tient à l'exercer. 11 semble qœ te i

DEVOIRS PRIVES

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d'unoor-propre «U Mé altribiiée 4 éhiqn* homme, et que, (fane minière oa d'ane mtre, Il faille U dépenier. Les sentiments véhémeiits on pissions sont communs à tons les csraclères ; mais ils se manifestent saivaiit U nature de Geox-ci; nu homme faible pent, à un eeiiain mo* aient, aimer avec autant de foroe qu'on homme ferme, mais U n aime pas anssi longtemps. Les mouvements soudains et impétueux de l'Âme, tels que le calme, la bravoure, l'effroi, etc. , etc. , se retrouvent également chei tous, ils ont seulement cbes chacun d'eux des eonuéquenoes plos on moins prononcées , des effets plus ou moins durables.

XXVL Ces distinctions, ces classifications, tout incomplètes qu'elles sont, suffisent pour mettre sur la voie^d'une étude sérieuse, approfondie, et indiquer à chacun la modification qu'il doit faire subir à son propre caractère pour être le moins souvent possible emporté hors du vrai.

On donne généralement trop peu de soin à cette partie de l'éducatloi^ morale. On croit avoir tout fait dans nos écoles quand on a formulé des préceptes généraux. Le plus important n'est cependant pas d'enseigner qu'il ne faut être ni haineux , ni colère , ni envieux, ni avare, mais de faire comprendre aux gens a|ant une certaine propension vers ces vices qu'ils doivent se tenir en garde et se demander constamment ce qu'ib voudraient voir faire à autrui dans telle on telle circonstance, plutôt que ce que penserait autrui de leur propre conduite dans oes mêmes circonstances. On est toujours plus sévère pour les autres que pour soi-même.

XXVU. La réforme des caractères est ce qu'il y a an inonde de plus difficile ; mais ce n'est pas impossible ; mais le tenter seulement et persévérer dsns cette tentative , lors même qu'on n'obtient pas une réussite complète , produit déjà de si favorables résultats que , ne fûtce que par égoïsme , on devrait s'y appliquer. N'est-il pas vrai que lorsqu'on sait qu'un homme est naturellement colère ou méfiant , on lui sait un gré infini de la contrainte qu'il parvient à s'imposer ou de la marque de «onfiance qu'il se décide à accorder? N'est-il pas vrai Aossi que, de toutes les excuses, eelle dont on se paye le anoins volontiers est celle tirée dn. caractère ?

Des deux difficultés principales que présente la réforme des caractères, la première vient de ceux qui nous en- 'Ê.onrent et prétendent à nous gouverner, la seconde vient «je nous-mêmes.

Nos précepteurs, car sur ce point nous en avons tous, t*t dès que deux hommes sont réunis, ils se font réciproc( nemeot la leçon l'un à l'autre ; nos précepteurs donc, veu- I ^nt trop généralement nous faire passer d'un extrême à [ 'antre, ils ignorent, quand il ne s'agit plus d'eux, le i^rand art des transitions ; ils prétendent à nous retourner ..«^nt d'une pièce.

Quant à nous , nous parvenons rarement i nous isoler I« nous-mêmes, à observer, spectateurs désintéressés, , â notre manière d'être est, non pas ce qui nous convient c7 mieux , mais ce qui convient le mieux pour les autres. Viennent ensuite d'autres difficultés, d'âge, de sexe, F ^ position , sans parler d'autres encore qui tiennent à r ^s causes dont , par vanité philosophique , beaucoup f «? penseurs ne tiennent pas ssses de compte. Un enmJ*^ jagc de tout par le sentiment, qui, le plus soutf • nt , n'est longtemps ches lui que de la sensibilité ; un g «billard , au contraire, est convaincu qu'il raisonne tout, :» ;v*sqae bien souvent il ne fait que tout entrevoir au trag» a-9 d'habitudes ou de préjugés. La femme se passionne t, J'homme se roidit ; ce qui ches le pauvre est défiance , ^ change en méfiance ches le riche. La colère et la timii tf^ sont aussi naturelles i l'infirme que la patience ou la 9,^diesse i l'homme ches qui tout est suffisamment en ^»»i état.

Ces diverses dispoeilions ajoutées à dmeune des diverses espèces de caractère que précédemment oo a fait découler des deux principes, résisfenss et tfONcessteii , et de leur mélange plus ou moins prononce dans un sens ou dans l'antre, doivent, sous peine de Tinutiltté des efforts , être soigneusement observées quand on travaille à la réforme, soit de son propre caractère, soit du caractère d'autrui.

C'est un beau rôle, sans doute, que celui de précepteur de morale ; il ne faut pourtant pas s'en exagérer la magnificence : il n'est pas difficile. Ce qui est difficile , ce qui est vraiment beau, ce qui est de toute magnificence , ce qui est le plus grand spectacle que l'homme puisse ofliir i l'admiration de l'homme , et le plus digne hommage que la. liberté humaine puisse rendre à ht providence divine , c'est l'homme s'analysant lui-même , triant en lui le bon et le moins bon , perfectionnant celui-ci , corrigeait cfdui'-lâ , et ne commettant le mal, s'il le commet, qu'à son insu et comm^ nue sorte de tribut involontaire payé à la fttblesse de sa nature.

XXVUL £h ! mon Dieu, sans mêaie nous élever aussi haut , comprenons que notre bonheur de tous les jours dépend surtout de notre caractère. Plus on avance dans la vie, plus on reconnaft, et à,son grand regret, que c'est pour avoir manqué au devoir de s'observer soi-même et de régler sa nature , qu'on a changé les éléments de succès eu causes de défaites, les sujets de joie en motifs de tristesse , l'amitié en indifférence , et le repos en luttes incessantes. Ceci deviendra plus sensible quand nous exposerons les devoirs sociaux.

XXIX. Avant de continuer cette course rapide entreprise à travers un champ à peine remué à sa surface , bien que depuis des siècles la charrue s'y promène dans tous les sens , on croit devoir s'arrêter encore sur deux choses : la tête et le coeur, qui , dans la métaphysique vulgaire , se disputent le premier râl^.

Si l'idée qui a éveillé notre attention nous émeut doucement, si la pensée qui noua vient ensuite est tendre et généreuse , c'est au cœur qu'on fait honneur de la perception de cette idée, de la formation de cette pensée. Si l'idée, an contraire, sans nous émouvoir précisément, nous fait, réfléchir, nous semble ouvrir à notre intelligence une noutelle source de puissance , et si la pensée qui en résulte, moins tendre, msis plus vive et plus profonde que la première, a la prétention de faire plus grand état de la Malité que de la fantaisie ; ce n'est plus du coBur, c'est de la tête qu'on dit qu'elle procède. La tête et le cœur sont les deux points sur lesquels on a le plus fréquemment disputé; ceux-ci, les positifs, préférant la première ; ceux-là, les rêveurs, n'attachant de prix qu'aux inapirations du second.

On a, dans une autre occasion, proposé la solution suivante :

La tête pense et raisonne , le cœur sent et inspire ; cette vieille formule n'est pas d'une exactitude rigoureuse, mais elle exprime avec justesse ce que chacun sent en soi. Raisonner, c'est peser le mérite des choses ; sentir, c'est tout simplement recevoir une impression , une impulsion. Raisonner est l'attribut de l'intelligence ; sentir, l'aveu est dur, mais il faut le faire , sentir tient à l'instinct aussi bien qu'à l'intelligence. Un homme de tête est donc mieux un homme qu'un homme de cœur ; mais un homme n'est complet qu'en ayant à la fois de la tête et du cœur.

Il doit être permis de revenir sur un premier avis quand il ne s'agit, en somme, que de préférer l'une ou l'antre de deux choses également bonnes : on serait tenté aujourd'hui de préférer le cœur pour iospinteur des déterminations, si l'on ne se rappelait que les argumenta sur lesquels on pourrait s'appuyer ont déjà été discutés lorsqu'on a exposé les deux grandes dirisions , concession

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