‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 205 sur 291 · USI · texte numérisé non relu

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et réfiitaoee, entre letqnellee on eroit qne se pirtegent les dif en earielèret.

XXX. Ce n'est pai tau motif qu'on a préienlé le ceractère comme étant ce qui influe d'abord aor la valeur des actes de la volonlé, et qu'en ceci l'on n'a attribué que le second rAle au raisonnement. On voit , on sent d'une certaine manière , c'est le caractère ; puis on juge cette manière de voir et de sentir, c'est le raisonnement

Il nous importe de ne pu confondre la raison avec le raisonnement ; celui-ci n'est que l'instrument de cellelà , et un instrument délicat qu'une volonté mal dirigée fausse facilement et qui ne produit ensuite que de mauvais résultats. La ratseii dit k tous les hommes que leur intelligence est d'un ordre plus élevé que celle des autres êtres, et le raiêtmnemeni a conduit certains esprits i contester cette supériorité.

Il n'est qu'un moyen de se prémunir contre de telles erreurs , et ce moyen est l'inslniction ; pi* on sait , plus on a de points de comparaison pour asseoir un jugement, plus on est certain d'approcher de la vérité.

XXXI. Coupable paradoie que celui avancé par certaines personnes qui prétendent que nous valons moins, et pour nous et pour les autres, à proportion que nous sommes plus instruits , c*est4-dive à proportion que nous raisonnons davantage et nos actions et les mobiles de nos déterminations. Pourquoi donc , si l'instruction est chose si funeste, Dieu a-t-il mis en nous un si ardent désir de connaître? pourquoi nous a-t-il doués d'une intelligence qui ne se développe qu'à mesure que s'augmente la somme de nos connaissances? pourquoi ne se révèle-t-il dans sa sublimité qu'à l'homme infatigable à interroger les secrets de la cnbtion? La pensée humaine, si puissante aujourd'hui qu'elle a été fécondée par de plus abondantes lumières , ne s'emplole-t-elle vraiment qu'à faire regretter les temps où elle épelait les premiers mots de toutes les sciences? Est-il bien vrai que dans ces anciens jours , lorsque lèpres et famines dépeuplaient à l'envi une terre où grands et petits, pauvres et riches, disputaient d'ignorance, l'esprit de Dieu fût réjoui par la présence de vertus plus nombreuses , plus actives qu'aujourd'hui où l'instruction , plus profonde et universellement répandue, a multiplié les ressources, élevé les esprits, créé le véritable bien-^tre , adouci les moeurs , conjuré tous les maui en édaîrant, en vivifiant la charité, et faisant enfin adorer Dieu de pins près dans l'humanité , plus grande , plus forte , plus unie par les liens de la fraternité! Non, non, plus on sait, au contraire, et mieux on vaut , mieux on apprécie les choses d'ici-bas , plus profond et plus vif est le sentiment de religieux amour qu'on porte à ses frères et à Dieu , notre père à tous , plus enfin on respecte en sot la dignité de l'homme. Il n'est pas vrai que Dieu préfère l'hommage de l'ignorant à celui de l'homme instruit : l'un et l'autre lui agréent également si l'ignorance est involontaire ; mais si elle est volontaire, il repousse un hommage qui n'est plus qu'un mensonge cherchant à déguiser une folle rébellion contre la loi du travail , sanction de la loi de réciprocité qui unit tous les élres.

XXXlf. Bien que le travail soit également une des conditions de i'entratien de l'existence matérielle et du maintien de la santé des organes , nous avons dit précédemment que nous remettions à en parler quand nous aurions à le présenter comme l'on des devoirs de l'homme relativement à son existence morale. Il est vrai qne le moral et le physique sont si étroitement unis l'un à l'antre, si fréquemment solidaires l'un ponr l'antre , si également soumis à l'action de la volonté choisissant pour celoi-ci comme pour celui-là entre le bien et le mal, que cette réserve n'était pu indispensable. Il est pourtant à remarquer que le travail nécessaire à l'exisfence physique est une affaire d'instinci plus qne de raisonnement : les

animaux proprement dita iont , aussi bien que i obligés à exereer une œrfaine activité; à développer une certaine volonté pour se procurer lenn noyem de subsistance et afin de pourvoir à d'autres néeeesitét de leur organisation; mais aucun d'eux, n'étant doué d'intelligence , ne connaît le besoin de cultiver eetla intelligeace, de lui chercher sans cesse çà et là de iHmveaai aliments , tout comme ponr le corps. Il est donc plos sage de considérer le travail dans ee qu'il doit Mn n point de vue de l'existence morale.

XXIII. Il en est de la nourriture de l'esprit, oainstruetion, comme de celle du corps : on vient de le dire, U faut la chercher pour se la procurer; mais, tundb qee la dernière ne peut être prise qne jusqu'à eoncmrrenc» d'une certaine quantité , la première n'est jamns assa abondante: plus on. sait, plus on sent qn'oo ignore; plos on a acquis , pins on br6le du désir d'acquérir. Le travail n'est donc pu un devoir limilé à œrtaîiiee ctroonstances : il est de toutes les circonstances , de tovs la moments; il est, pour tout dire en qp mot, Factirilj elle-même. Des organes sans activité sont morts, mmt intelligence sans actirité est éteinte. Les oiaib ne sent pas des gens qui ne font aucun travail , muas des gem qui souvent se fatigoent beaucoup à un travail qui maaque d'un but utile. Le paresseux lui-même e bcsm faire : malgré les soins qu'il prend ponr éviter le trmvuil , il en prend sa part, et, si le sien est infécond, plus iaCéeood qee celui du prétendu oisif, c'est qu'au lieu d'être dirigé ven un bnt positif, mais seulement mal choisi , eooanae edaî de ce dernier, ou vers un bnt utile comme cdm du travailleur véritable, de l'homme sagement actif, il tend ubh qnement ven nu but négatif. Tout travaille dune TuBiren et le repos n'est nulle part ; mais , pour dissimaler la btigue de ce mouvement incessant. Dieu a mis dans k travail un attrait irrésistible.

Qne ces deux mots réunis d'attrait et 6m trmwmil er fsssent pu croire qu'on partage l'opinion de qnclqncs pesseura qui , appliquant au particulier ce qui n'est vrai qnr ponr le général , prétendent qne l'attrait n'est pas «aiquement dans le travail, mais qu'il est, pour clinqve iadiridu, dans telle nature, on espèce de tnrail , à Tescinsion de toutm autres; de sorte qu'à prendre ce s|btème au sérieux et à le pousser dans an eilrèmea eourquences , ou pourrait supposer une réunion dlioma«« succombant sons leur propre impuissance, monrant àe lauitude et d'inanition après s'être Cstignés à csBSfv. chacun de son cdté , quel genre de travail avnit penr lai un attrait décidé. L'attrait dont nous parlons est crlsi dont fait les frais la curiosité qui , à peine sntisfailr f9r un point, se transporte sur un antre, non pu difSérent êa premier, mais sa continuation , sa conséqaeoee logiqat.

XXXIV. Travaillons, instruisons -noBs; nons ne ierons, nous ne saurons jamais assa, car, à mcsmu qee le travail élargit l'horiion de notre inteHigence , Tidée êf Dieu grandit en nous et nous grandit avec elle !

XXXV. Mais ici , comme en toutes les rhmes de et monde où le bien et le mal sont partout m^lês , partest laissés à notre libre choix , il y a une prudence à observer, sinon dans la somme , du moins dans In nalnre ée rinstruction à rechereher, à acquérir. L'habtU agiasen* consulte la position des terrains et leur nstnre particslière pour les livrer au genre de culture qui l«wr conrical le mieux : il ne plante point an sommet des eotesnx . kw des sonrees et sous nue exposition dévorante , les bot légers , amis de l'ombre et des eaux , il ne sème paai dans le sable le chanvre et le lin , à qni il fiant un vA profond et généreux : faisons pour nous, ponr notre ieteltigence , ce qne nous voyons pratiquer ai sHsaiiisi tutmi pour des. prodnits matériels.

On croit communémemt que s'inatraire, c'eut étnêitr nne , deux ou trois sciences , et, quand on s'est plm ^

DEVOIRS PRIVÉ1S

aoins avancé dans âna on «lant toatet cellei qB*oa a aore|»riaet, on te fignre avoir tonte l'inslniction désirable ; I nen eat rien. Oo Mit, on «ail beanoonp penl-étre; oaîa iait-oo oe qui convient le miens à la position que OU8 font dans le monde mille antécédents personnels et ariout de famille qni vous forcent i marcher dans nn eos quand vous comptes vous diriger dans an antre ? oiU cependant Timportant.

XWVI. Ktendre Thorison de son intelligence , s*introire , c'est s'informer de la cause des effets qui nous rappent , c'est réfléchir sor ces causes et sur ces effets ; 'est ensuite s'enquérir des plus sûrs procédés pour exé- 'ut€r le travail dont on est chargé ; c'est savoir jnger des nstraments qu'on emploie et les employer de façon a en irer le meilleur parti ; que ce travail soit purement inlelectuel ou qu'il soit manuel, que ces instruments soient lc« livres on des marteaux « le résultat est le même au ond; seulement, cl dans le dernier cas, l'instraction iroportionnée aux besoins n'inspire qu'une légitime coniaace , et jamais celte ridicule et malheureuse vanité , rautonr qui de nos jours ronge tant de pauvres Proméhées cloués à l'établi de leur père , après avoir été imprnleoament initiés à des secrets utiles à quelques hommes >t non à tous.

XXX VU. Il n'y a pas bien longtemps encore , une ipinion , car, excepté en ce qni concerne renseignement iratique, elle affecta peu les prétentions d'un système phiosophique complet, une opinion présentée avec habileté , i défaut d'éloquence, cherchait à s'établir et ne menaçait le rien moins que de bouleverser l'économie de l'ouvre le Dieu. Conséquence logique , bien qu'application invo* oDtAÎra peut-être d'un certain système métaphysique l'outre - Rhin d'après lequel l'univers tout entier et Dieu ui-mém4 serait contenu, non pas en abrégé ni par extraits , mais en raccourci , dans la plus mince parrelie ; cette opinion voulait que tout fût dans tout. Il l'y avait plus d'inégalité d'intelligence; un pas de plus, I n'y avait plus ni bien ni nul , pins de liberté , par con- «quent plus d'ime , plus rien. Le ridicule fit heureuse- Dent prompte justice de cette exagération.

Ce n'était, en effet, qu'une exagération et rien de >Ias , comme le sont d'ailleurs les systèmes métaphysi- |ue« les plus extraordinaires , les plus en contradiction ivec la commune expérience philosophique , c'est-à-dire i%ec le bon sens. Tous partent d'une idée vraie en ellenême , mais qu'ils érigent à la hauteur d'un principe bndamental , tondis qu'elle n'est en réalité qu'une conêquence plus oo moins secondaire ; puis ils tirent de lette conséquence isolée de son principe , et dès lors sans ronaistonce, d'antres conséquences qui s'éloignent de »las en plus de la vérité. Ainsi, dans un calcul malhénaliqne, une fraction omise oo mal réduite peut conluire à de» résultats dont la fauiselé frappe le dernier les arithméticiens et qni n'est invisible qne pour le séant fasciné par son malheureux travail.

Il est très- vrai qa'il y a en loiil quelque chose qni tient le tout, qni rappelle (tmi, qni fait que tout n'est qu'un ro définitive.

En effet, puisqu'il est impossible de ne pasreconnatre que l'univers est l'œnvre d'une intelligence, qu'une ntelligence ne procède que par pensée , et qu'une pec« lée ne saurait être ni contraire , ni disiemblable i ellen^me , il faut bien que toutes les parties de cet univers , •é4ulUt d'une pensée, aient chacune en soi un point, si >eu apparent soit -il , par lequel elle se relie à tontes les lutrei. Il y a doue du tout dans tout, ce qui est loin de i^^niPier que toui soit dam tomt.

Ceci ne nous a pas autant écarté de notre sujet qu'il le :einb!e peut-être. Nous disions que l'instruction à désirer •t à acquérir ne doit pu avoir pour objet les mêmes paries de la science pour tont le monde, et nous en lais-

sions volontiers eondure qu'il n*ert pas sage, à notre avis , que tous les pères bonrsillent pour fidre de leurs fils dHS avocats , dei médecins on des littérateurs , si tant est que la pratique des lettres soit quelque chose de ressem* blant i un étot.

Cela pouvait paraître en contradiction avec ce qni précède, où il est dit que l'homme ne sait jamais asses : il était donc utile de montrer comment toutes choses se tenant l'une à l'autre, il n'est pas besoin que tous les esprite s'attachent avec nue ardeur égale à l'étude de toutes les sciences pour que tous profitent de l'effet des progrès qui y sont accomplis. La science , la vraie , la bonne science , celle qni fait progresser l'humanité , est comme la lumière : celui qui la fait jaillir ne peut em« pécher qu'elle s'épande autour de lui.

XWVIII. Le mal de ne pas savoir choisir l'espèce d'instruction à acquérir n'est pu borné i l'inntilité des efforts , cette erreur est , en outre , l'une des plus actives causes de souffrances. Si la science est infinie , l'esprit de l'homme est fini. Il a beau s'exalter , il ne peut augmenter sa puissance, son étendue, au deU de ce que Dieu lui en a mesuré : lors donc qu'il a mal choisi l'objet de ses spéculations, lorsqu'il ne peut arriver dans la science qu'à ce point d'où l'on distingue le peu de chemin qne les premiers efforU ont fait faire , et d'où l'on entrevoit les espaces immenses qu'il reste à découvrir, le découragement vienl , précédant de peu le désespoir, et l'on a changé ainsi en poison le breuvage de vie.

XXXIX. Ce dernier mot réveille l'idée la plus sérieuse qui puisse servir de base à nos médiUtions.

La vie , non pas ce quelque chose d'indéfinissable qui fait que les différentes parties de nous-mêmes concourent à nous maintenir à l'étet d'individu , non pu cette portion que chacun de nous occupe dans la durée, mais le rôle qne chacun s'arrange bien ou mal et remplit de même pendant sa durée comme individu ; la vie, cette énigme sans mot pour le matérialiste, et cette transition d'un lien ignoré , parce qu'il est oublié , à un autre lieu connu i force d'être désiré par le croyant en Dieu , en l'immortalité de l'Ame ; la vie et ses infinités de phases et de circonstances est ce qu'il nous importe de prévoir, de régler , si nous voulons être en mesure de faire le bien le plus souvent possible, et par coniéqnent d'être heureux.

XL. C'est beaucoup pour cela sans doute qoe d'avoir maîtrisé ses tendances morales, son caractère, de façon à ne recevoir du contact des choses extérieures que des impressions conformes i leur exacte vérité. C'est beaucoup plus encore d'être assex instruit pour pouvoir constamment raisonner ses impressions et en tirer les plus justes conséquences, mais ce n'est pas tout. Nous ne sommes pu uniquement appelés i recevoir des impressions, nous en produisons i notre tour. Notre vie ne s'écoule pas dans une oisive contemplation ; et de même que pour avoir un sens , cette vie doit avoir nn but en dehors d'elle , de même pour avoir sa moralité , son utilité constante, elle doit avoir un but en elle-même, un bot général, puis, pour chacun de ses actes , autant de hnts secondaires conduisant i ce but général.

L'homme, qui est pénétré de la sublimité de son origine, se propose le bien en vue de l'éternité qui suivra cette vie, il regarde ensnite en Ini et autour de lui pour reconnaître la voie qu'il devra choisir pour arriver plus sûrement à ce but; à mesure qu'il avance, il signale et marque de proche en proche les points où il devra passer. C'est là tout simplement ce qu'on appelle avoir de l'esprit de conduite.

XLI. La grande difficulté est de reconnaître cette voie, de déterminer ces pointe intermédiaires.

Dans la jeunesse, on vit sans le savoir, sans avoir le temps de s'en apercevoir. Le passé n'existe pu encore , le présent est tout dans l'avenir , et l'avenir n'est qu'un mi-

nge Ghangetot idcettammeiit avec les caprices de TimaginaCion.

Dani Tàge mûr, on a un passé, mats il ne montre gnère çà et U que les écueils oà Ton a fait naufrage dans nne première course aventureuse. Le présent nous ahsorbe et déjà Tavenir est rétréci par les impatiences de Tambition.

Vieillard, on se cramponne au présent pour r^arder dans Je passé ; l'avenir n*est qu'un souvenir sous forme d'espérance.

Et l'on meurt ainsi sans avoir vécu , faute d'avoir su user du présent pour atteindre dans Tavenir un point dont U direction était indiquée dans le passé.

Aucun de ces malheurs n'est inévitable , mais c'est de vous, de vous seuls, pères, que cela dépend. Soyes plus prudents pour vos enfants que , peut-cire, vous ne l'aves été pour vous-mêmes. Pères à leur tour , ils vous imiteront, et chacun de vous aura préparé des générations heureuses qui se transmettront avec votre souvenir le culte de votre sagesse.

XLII. Nos enfants sont des dépôts que Dieu nous confie. Nous devons les élever en vue de leur intérêt à venir et non du nôtre. Ils ne nous doivent pas de reconnaissance pour les avoir mis au monde , mais pour les soins dont nous les avons entourés dansleur premier âge, et surtout pour l'attention avec laquelle nous avons cultivé leur intelligence. Us se façonnent sur nos exemples bien plus qu'ils ne se forment par nos leçons. Ce qu'on ne voudrait pas qu'ils vissent, ce qu'on se figure qu'ils n'ont pas entendu est précisément ce qu'ils ont vu tout d'abord , ce qu'ils ont le mieux écouté. Leur vie est toute d'observation. Ils exercent leur raisonnement beaucoup plus que leur mémoire. Chei l'enfant sont en germe tous les penchants, toutes les passions qui caractériseront l'homme mûr. Aucun de ces penchants, aucune de ces passions n'est encore déterminée pour le mal, car s'il est vrai que l'homme ne vient au monde ni positivement bon , ni positivement méchant, mais seulement libre, il est pourtant vrai anssi qu'il apporte plus de propension au bien qu'au mal. U s'agit donc de surveiller et de diriger des tendances , et ce travail demande plus d'adresse que de rigueur : se tromper avec on enfant est fâcheux , plus fâcheux encore est de lui laisser voir de la faiblesse ; mais le pire de tout est de se laisser convaincre d'injustice.

Ces quelques lignes paraissent résumer assez complètement les plus importants des devoirs paternels , ces devoirs si grands , si saints , qui exigeraient , pour être développés, plus de science et surtout d'expérience que n'en peut posséder un seul homme.

A cette demjère réflexion qui n'est point de l'humilité, à Dieu ne plaise, s'en joint une autre que tout moraliste a faite vingt fois, bien que fort peu aient pensé à l'écrire : les pères n'ont pas le temps de lire des traités de morale; mêlés aux luttes ardentes de la société , appliqués sans cesse à mettre les ressources en harmonie avec les besoins, la plupart d'entre eux n'ont que le temps de donner des exemples et n'ont pas celui de combiner des systèmes, de discuter des préceptes.

XLIII. Cependant qui pourrait mieux que notre père nous instruire aux réalités de la vie? Ne nous a-t-il pas été donné pour guide de notre raison , tout ainsi que no* tre mère a été chargée de diriger noire cœur , d'y entretenir le feu allumé dans le sien? Pères, ne nous laisses pas faire un pas sans avoir sondé le terrain devant nous ; enseignes - nous surtout , deux mots y suffiront chaque fois , enseignex-nous à répéter noos-mcmes ce sondage , et bientôt vous nous verres , forts et reconnaissants , nous élever au-dessus de la foule et vous reporter avec respect, avec amour, l'honneur immérité qu'elle nous fera en nous proclamant les fils de nos propres œuvres !

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