I.ea tiennei tu ne lui diraa Que a'il y P'ot looligenieul
Sa femme tu reipecleraf Et la tienne pareillement.
Avec toi ta partageraa Tooi tel bieui fraternel lemenl.
Kl faisant ainii to lerai Sûr d'être aimé bien tendremeoi.
Il semble inutile de commenter ces conseils, mais il est indispensable d'en noter un treisième qui ne sera pas le moins utile : Le titre d'ami doit être réservé pour l'ami ; c'est une faute très-grande que de le prodiguer, que de s'en servir comme d'une formule de simple bien-
IW
YÛUaBce : ceU donne à penser qu'à n pen connaître 1* valeur do mot oq ne laît pas trop la valenr de la choie.
XLin. Noos aurions dû nons réserver de parler pins tard de ramitié, car ce sentiment, qu'à propos de la famille nous avons à tort qualifié de passion, demande trop de calme , trop de raison , trop d'expérience de la vie pour devancer dans un jeune cœur cette maîtressepassion qu'on appelle l'amour.
11 y aurait un beau livre à écrire sur l'amour, non point sur cette passion qui n'est que l'extrême développement de l'une des applications de l'amour, mail sur ce sublime sentiment, principe de toutes les vertus, signe mystérieux que l'Être suprême a mis en chacun de nous, afin que nous pussions tous nous entre-reconnaltre pour les exilés d'une même patrie, pour les enfants d'un même père. Obligé de nous renfermer dans l'exsmen pur et simple du devoir, et do devoir considéré surtout an point de vue pratique , nous n'osons prendre les choses de trop haut et exposer comment la faculté d'aimer, maia d'aimer par rintelligence et d'aimer, non pas seulement un seul être individuel, mais dos êtres collectifs, tels que la famille , la patrie , l'humanité , et de remonter ainsi jusqu'à l'Être des êtres , jusqu'à Dieu , nous semble la révélation d'une partie du secret de la nature , peut-être éternelle , de notre âme.
Uélas ! le bien et le mal , l'intelligence et la matière sont là , comme ailleurs , présentant leur antagonisme ponr champ d'action de notre liberté. Exalté dans le bien , l'amour est une vertu ; exalté dans le mal et procédant alors de la matière plus que de l'intelligence , l'amour n'est plus qu'une passion.
Nous sommes condamnés à ne nons occuper ici que de la passion , et c'est ponr cela que nous disions il y a un instant que la jeunesse passe d'ordinaire par l'amour avant que d'arriver à l'amitié. Abordons franchement un sujet qoi n'a rien qui nous effraie, et, sûrs qu'il ne nous échappera pas nn mot regrettable , signalons les principaux dangers de la passion : ce sera indiquer nos devoirs.
Des penseurs qui se bornaient à examiner les apparences des choses de ce monde, ont dit que depuis longtemps l'espèce humaine serait éteinte si Dieu n'avait en quelque sorte usé de ruse avec elle pour maîtriser sa volonté, tout en paraissant lui laisser toute liberté. Cela peut être très-spirituel , mais n'est guère que spirituel. Il convient pourtant de tenir compte du fait vrai dont on abuse ainsi, en appliquant à nn fait d'un antre ordre une conséquence exagérée.
Il est bien vrai que si la volonté sommeille un instant, la passion mattrisée se fait jour et atteint bientôt à son plus haut degré d'intensité. Cependant , puisque nous nons occupons de /amille, puisque nons aurons à examiner tout à l'heure les devoirs du jeune homme devenu époux., de la jeune fille devenue compagne d'un chef d'une nouvelle famille, il est évident que nous n'avons pas à imposer ici à la volonté l'obligation d'être constamment armée contre l'amour.
Ceci va paraître paradoxal à quelques-uns , blasphématoire à quelques antres , et absurde pour Te moins au plus grand nombre; nons le disons toutefois parce que nous le croyons la vérité : L'amour est presque toujours un parti pris ; ou , si on le préfère^ : Presque toujours on ne cède à l'amour que parce que d'avance on y était décide. Il est donc presque toujours possible de s'arranger d'avance pour que l'objet de cet amour en soit digne, pour que céder à cet amour ne soit pas une faute.
Si l'on nie absolument ce fait, on accordera peut-être celui-ci : Entre le moment où l'on se dit : l'amour vient, et celui où l'on se dit : l'amour est venu ; il y a toujours place pour la réflexion , il est toujours temps de fuir un
danger qn*il ne faut jmairbravsr qnaad la rMerâi fi signalé.
Enfin, et quand ni l'une ni Fantra de en vérilés oe serait confessée, il faudrait bien, «h» peine de danser un inutile démenti à rexiflenee de la votoalé, reteanaître que lors même qve l'amonr est vcmi , îl est fKsible de le combattre et d'en triollq^le^. Ge n*est peiot la doctrine des romans , mais oeile de la niioa H et la commune expérience. La théorie dei pasaiont, tfflr que Ta faite la manvaiie métaphysiqne liUcraire deal m nous inonde, ne conduit à rien moina qa*à nn UÈÊiânmr plus destructif de la dignité de l'homme qoe le lataii»^ absolu, qui n'admet point d'intermittence dans Fêiercice d'une volonté , d'une liberté , ponr liri toojoan absente.
Ponr que l'amour soit saint, il faut qn'il poiase eoadoire au but providentiel que Dieu lui a maniné. t'tLi de la famille , l'état de la aociélé ont forcément ■odifc' la primitive simplicité de ce but, si tant ert qn'il ait jtmais été d'une complète simplicité.
Jeune homme, garde-toi donc, aooa peine de reniera» qoi te poursuivront toute ta vie , de joner asec TaiBce-
Oa te dira : c'est a la femme de se défeadra ; rcpwés si cela était , Dieu l'aurait faite pins forte qae rkow» puisqu'elle a tout à perdre en soceombasrt.
On te dira encore : tant pis pour la loi aodalesidir a créé une faute là où Dieu a mis le bien, et pour s^ du bien l'attrait ; réponds : la loi sociale c'est la bi ^ Dieu appliquée pw tons dans rinlérét de tosa ; il n'appartient pas à chacun d'en rejeter tantôt une partie, tao!une autre.
Enfin, jeune homme, de plus dangereiu sopkijtH te diront d'un ton sentimental : l'arnoor tient bca éf tout, ennoblit tout ; l'amour c'est rintelligeoee se maiiifailant par le cœur ; réponds-lenr : non , ramonr ne lia* pas lieu de tout, car, satisfait, il se modifie et iw apercevoir et ressentir les pauvretés dont to«s , saoc r ception aucune , nous sommes affligés ; malbeor à le « l'amitié ne vient à son secourt, et l'amitié est toaJM^ fondée sur la raison : non , l'amour n'ennoblit pas le« car il n'y a de noble qoe ce qui eat grand, géacrnu dans les conditions du bien , et tout le moside sait q-- * peut y avoir d'indignes, de coupables amonrs ; c eit r rien dire que de définir l'amour : l'intelligence qoi se mnifeste par le coeur ; ou du moina c'est ne rien jaatiârr. car, de quelque façon que riotelligenoe oe manifeste. <* qui en résulte n'est bon qu'autant que la conscience Iv prouve.
Respecte, jeune homme, respecte la jeone fille i f: tu n'aurais à apporter que le désbonnenr en écfaaajf ^ sa confiance ; pense à ta sœur, pente à la fille deal &' jour tu seras père , pense aaz remords qni snivcot Ufijours une mauvaise action. Respecte la feaune de i ami, celle de l'inconnu, celle même de Ion ennenii : |Kt« que tu vas être époux à ton tour ; pente à ce que ceùtf^ ces hauts faits : le repos d'une famille et toavenl la acnlité de toute une génération.
XLIV. On a pu remarquer que nons n'avons rîm ide la jeune fille se choisissant un mari : c'est que ce devoir n'est pas le sien , mais celui des parenta Elle £ * que le droit , mais le droit absolu sans réaerve, de rossentir ou de refuser. Nous la supplieront Unilefois à* ^ se laisser guider, en exerçant ce droit , ni par la v«ct& ni par l'esprit de contradiction.
XLV. Qu'est-ce que se marier? Cest te préparr' i créer une nouvelle famille. Est -il nn âge plvseast" nable qu'un autjre pour le mariage? Miena vaat tr i^>rier jeune que vieux ; c'est une tâche trop ndr a i^* veuve que le soin de diriger féducatiott d'an fils. L^ mour est-il indispensable dans le marttjc? Di^' guons . si l'amour est ancien , s'il n est plat s f <u>'
DEVOIRS SOCIAUX ET PUBLICS
i pasnod défirtote , eTMdMai ; oiiob , non. Dani ètm it li peu le temps de s'étudier qntnd ils ne se reomtrent que dsns les espèces imagintires ; ils se jugent févèrement ensuite l'un Ttutre quand ils cheminent rosaïqnement , cAte à cdte , sur le terrain de la réalité ! D'il y ait suffisante convenance d*âge, de caractère, édacation , de position et de fortune ; qu'il y ait esme réciproque et volonté mutuelle de se rendre heureui on par F autre , et un amour profond et durable vienra après le mariage. Quel rôle appartient au mari? ael rôle revient à la femme? Les questions se pressent, faudrait des années pour les écouter et pour répondre tontes.
Essayonscependant d'en résoudre encorequelques-unes. [«venons sor nos pas et développons ce que nous n* aons fait qu'indiquer.
XL VI. Le mariage est Tacte le plus grave de la rie de homme , et c'est communément celui qui est accompli vee le plus d'irréfleiion.
La Tante en est, du cdté des jeunes gens, à Tamour qui, ont sage qn'îi puisse être, ne laisse pas de fasciner un ICQ, et, du c6té des parents, à une trop grande préoc* npation des seuls intérêts matériels. — Je l'aime , dit e jeune homme ; — elle a une riche dot , disent les pa- «nts, et l'affaire se conclut par ces très-insufRsantes contidérations.
Il est impossible de compter sur une perfection ; on est M>i-méme fort loin de posséder cet introuvable mérite. L'harmonie des caractères résulte moins de leur similiade que de certains contrastes qui se font mutuellement .aloir. Il serait donc à désirer que, dans l'intérêt du common avenir, le jeune homme se pénétrât de l'idée qu'il est de son devoir d'étudier d'avance s'il pourra faire toutes les concessions qui seront nécessaires. Les difficultés de cette étude, quand l'amour est en tiers, sont peut* i^tro ce qui fait que tant de mariages, dits d'inclination, lont bientM d'épouvantables «enfers.
C'est un véritable enfantillage que de regretter de notre temps la coutume qui exista jadis, ehes certain peuple, de ne donner aucune dot à la jeune fille. A cette époque, la femme n'avait pas reconqurs ses droits : ce n'était point par générosité qu'on la recevait sans dot ; c'était une manière d'en constater la subordination. Aujourd'hui c'est, en réalité, l'homme qui se vend, et à chaque marché il gagne peu de chose ; car, généralement : grosse dot, grosse dépense. Si donc c'est un devoir pour le jeune homme, et surtout pour les parents, de penser à la position pécuniaire du futur ménage, c'en est un plus grand encore de ne pas tout subordonaer k cette position. — Combien leur faudra- t-il pour débuter convenablement? — L'un des deux a-t-il cette somme ou la peuvent-ils atteindre en réunissant leurs ressources? — Qo'importe que monsieur soit plus riche que madame, ou le contraire : maries-les.
XL VU. Aussitôt après leur union commence pour chacun des deux époux une série de nouveaux devoirs , qui les suivront pendant toute leur rie. Notre Code civil, qai, soit dit en passant, est un admirable traité des devoirs sociaux et l'œuvre philosophique la plus élevée dont puissent se glorifier les temps modernes, notre Code civil définit avec une magnifique précision la position respective des deux époux et les obligations réciproques qui en résultent ; mais il est d'autres devoirs qu'il n'a pas dû tracer, parce que la société est moins directement intéressée & leur accomplissement. Le moraliste ne peut les passer sous silence. On les résumera ici sous forme d'aiiomes pratiques, car ils ont peu besoin d'être commentés.
— Le mari et la femme doivent faire en sorte de se plaire par les mêmes qualités qui les ont attachés l'un à l'autre, ou d'en acquérir qui fassent naître l'attachement, s'ils se sont mariés sans s'aimer.
= An mari les grandes affaires, les soucis du dehors, à la femme le gouvernement de l'intérieur.
= Point d'ordres de la part du mari : des avis , des conseils ; point d'oidres de la part de la femme : des propositions.
= Confiance et respect des deux parts.
=3 Les femmes sont sensibles aux procédés, les hommes le sont aux prévenances.
XLVIII. Bien des choses ont été ceHainement oubliées dans cette rapide analyse des devoirs particuliers envers la famille : pourvu que le langage ait fidèlement traduit la pensée et que de temps en temps l'avis soit allé droit an cœur , tout est bien. Hais ne nous reste-t-il rien à dire de la famille? Passerons-nous sous silence cette domesticité dont les panégyristes du passé regrettent le dévouement?
Le bon maître fait le bon domestique. Il est juste et ferme. Il n'oublie jamais que ses droits sur un domestique ne vont pas au delà des services pour lesquels il lui paye son intelligence et son temps. lia, quand il le faut , le ton du commandement , mais il a plus souvent celui de la bienveillance , de la confiance , et son langage ne témoigne jamais un dédain qui , d'ailleurs, n'est pas éprouvé. Il sait qu'il n'est rien de parfait ici-bas ; que lui-même il a ses défauts, sur lesquels il prétend avec raison que son domestique ferme les yeux et garde le silence ; mais , en échange , il ne sévit que contre les défauts qui chex on domestique, c'est-à-dire dans une position subalterne et mercenaire, deviennent de graves, d'impardonnables torts. •■