MÉDECINE
Agonis. — On est trop souvent disposé à croire que les malades à l'agonie n'ont aucun sentiment de ce qui se passe autour d'eux. Les apparences peuvent tromper, et 1 on doit soigneusement i^'abstenir de toute parole imprudente, ne point disconiinuer les soins et les consolations qui peuvent adoucir leurs derniers instants. Quant à Tabominable coutume de retirer l'oreiller de dessous la tête du malade , pour lui faciliter le passage de vie à trépas , je sais qu'on prétond qu'elle cxistp encore dans cer-
taines localités ; mais comment , sans en avoir été témoin, croire à nn tel excès de stupidité barbare ?
ALLiUTBUBVT. — C'ost nu dictou parmi les nourrices , qu'un jeune nourrisson renouvelle le lait. Elles ne réfléchissent point que c'est uniquement parce que sa consonunation est moindre, que leurs seins sont plus gonflés. C'est aussi une maxime , accréditée par J.-J. Rousseau, que y enfant ne peut avoir de wud à craindre du tang dont il est formé. Il importe de réfuter ce paradoxe funeste. Une nourrice bien portante vaut mille fois mieux qu'une mère malsaine. Mais si la qualité du lait a nne influence réelle sur la santé des enfants , il ne faut point aller jusqu'à croire qu'elle en ait une directe sur leur caractère. Ce serait un moyen bien commode de simplifier l'éducation. Malheureusement , il est loin d'être prouvé que le lait de chèvre fasse les enfants plus gais que le lait de vache.
AKTiAPHRODisi.%QiiBa. — De anti, contre, ei Aphrodilt\ Vénus. On a cru longtemps que le camphre, le nénufar, etc. , étaient tout-puissants pour amortir les désirs de la chair. Mais aujourd'hui la science n'attribue plus guère cette vertu qu'à la saignée , aux bains tièdes , au travail , à une nourriture végétale et peu abondante , et surtout à l'absence des tentations.
BsGUBS Aiu.iNTiBS. — Ellcs sc veudeut comme remèdes contre la migraine , les névralgies , les palpitations , la paralysie , l'apoplexie , etc. Lorsque vous avec mal à la tête , vous pouvez y recourir sans grand inconvénient Si elles ne vous font pas de bien , elles ne vous feront pas de mal , et on n'en peut pas dire autant de tous les remèdes que nous annoncent les journaux. Il se peut même que vous vous en tronvies mieux , si vous aves l'imagination Unt soit peu vive. Mais si vous êtes menacé d'une maladie grave , consultez , croyez-nous , votre médecin.
Bains. — Bien des gens s'imaginent qu'il est malsain de se baigner pendant la canicule. Il n'est pas d'époque, au contraire , oiî l'instinct même de la nature indique mieux l'utilité des bains.
Ballbs. — C'est à tort qu'on se persuade que les balles brûlent la partie qu'elles frappent. Si la plaie est noire, si le saug n'en coule pas, c'est uniquement à cause de la violence de la contusion.
BAPTftftiB. — A force de réclamer contre un usage funeste , on a obtenu que le baptême ne fût plus administré dans l'église et avec de l'eau froide , mais avec de l'eau tiède et dans la sacristie où l'on peut allumer du feu , l'hiver. Mais celte concession n'est pas suffisante. Le seul fait du déplacement de l'enfant nouveau-né présente de grands dangers. Ne serait-ce pas plutôt au prêtre à se déplacer : ce qu'il fait pour l'extrême-onction , ne pourrait-il le faire pour le baptême , sans exception , sans distinction de riche ou de pauvre? Mais que la mairie donne l'exemple à l'Église , et que des ofÏBciers civils soient chargés de constater à domicile les naissances comme ils y viennent constater les décès.
Bbrcbau. — Si berceau veut dire autre chose que petit lit d'enfant . et s'il implique nécessairement l'idée de bercer , ce serait un mot à retrancher de la langue , car c'est un usage à supprimer. Nous savons bien que les nourrices et même les mères trouvent commode ce moyen de se débarrasser d'une partie des soins et des fatigues de leurs fonctions. Mais sont-elles sûres que le cerveau des enfants, qui est si délicat, si impressionnable, puisse subir sans inconvénients ces secousses continuelles? Sont-elles sûres que cet absurde usage ne puisse pas avoir un fâcheux effet sur leur intelligence? Et à quoi bon d'ailleurs leur donner cette funeste habitude ? Est-ce que les enfants en bas âge ne sont pas naturellement disposés au sommeil? — Il est encore un autre abus sur lequel il importe d'appeler l'attention. On comprend qu'un berceau doit être assez large pour que l'en-
lSi«
fant, lonqu'il remae , ne se heurte pos contre les parois, et asses profond pour qu'il ne puisse pas 'tomber pardessus les bords. Dans les campagnes du midi de la France , les berceaux sont précisément tout le contraire de ce qu'ils devraient être ; ils sont étroits et ne sont presque pas creui : en sorte que pour empêcher les enfants de s'y heurter ou de tomber, on a coutume de les y attacher au moyen d'une lisière de drap qui, assujettie de chaque côté, comprime ces malheureux et les prive de tout mouvement. N'est-ce pas un devoir pour l'autorité de faire comprendre aux paysans les dangers de leur routine ?
BiLK. — Préparé par le foie pour servir à la digestion, ce liquide jaune est de tous les fluides de l'économie animale , celui qui a donné lieu aux idées les plus extravagantes, et aux calculs cupides de la friponnerie la plus éhontée. On dirait «n vain , chaque jour , à la tourbe ignorante, et même aux gens instruits, mais étrangers à la physiologie , qu'un organe , d'un volume immense . recevant des vaisseaux considérables, dont les blessures •u autres maladies sont extrêmement dangereuses , est destiné à la confection de la bile ; que cette bile est un liquide précieux, sans lequel notre digestion ne saurait se faire ; que , s'il est préparc en trop grande quantité , comme on le suppose trop souvent , cet effet est dû le plus ordinairement à ce que l'on pousse le foie à un trop grand travail en le surexcitant ; que , dans ce cas , les moyens qu'on emploie pour évacuer la bile sont précisément ceux qui sollicitent le plus la production de ce fluide, puisqu'ils excitent le foie ; que cette surabondance de bile disparaîtrait presque toujours par le moyen du régime ; que s'occuper de l'expulsion de ce fluide , au lieu de combattre la cause qui le rend surabondant , c'est ressembler à un homme qui , au lieu de boucher un trou par lequel l'eau entre dans sa maison , s'occupe à jeter dehors cette eau , et à nettoyer l'entrée du trou ; qu'enfin cette surabondance de bile cause rarement des maladies, mais est, au contraire, un résultat de mairie. Tous ces raisonnements , et mille autres d'une simplicité, on peut le dire , aussi triviale. , seraient inutiles. Chaque jour le médecin n'en rencontrerait pas moins des personnes regardant la bile comme une humeur malfaisante, et demandant à être débarrassées de cet ennemi.
Cancbh. — On croyait le cancer contagieux. Toutes les expériences qui ont été faites de nos jours ont démontré le contraire. On a fait manger à des animaux des .chairs cancéreuses , sans qu'ils en aient jamais été incommodés. Plusieurs médecins se sont inoculé ce prétendu virus , et n'en ont éprouvé aucun résultat fâcheux. — 11 est un autre préjugé au sujet du cancer. Nombre de femmes d'une imagination exaltée , et qui ne sont pas tontes du peuple , voient dans le cancer, par un abus de métaphore f un cancer réel, un féroce animal qu'elles doivent nourrir sous peine d'en être dévorées ; et elles lui donnent , tous les matins, un morceau de veau qui sufRrait i la consommation de toute une famille. C'est une dépense dont on peut leur conseiller l'économie. C'est avec le fer et à son origine , qu'il faut attaquer cette terrible maladie , et encore les chances de succès sont-elles rares.
CAOTàRK. — TI est bien des circonstances où un vésicatoire n'est pas l'équivalent d'un cautère , mais on donne généralement la préférence au vésicatoire , parce qu'on se figure que le cautère une fois établi , doit se gardei toute la vie. Or, s'il y avait du danger i supprimer un exutoire (et il n'y en a pas , lorsque la cause qui l'avait fail'mettre n'existe plus, et qu'on prend les soins qu'exige sa suppression), le vésicatoire ne serait-il pas plus dangereux à supprimer, puisqu'il occasionne un écoulement plus considérable , et que l'inconvénient qu'il y a à sécher un exutoire , quel qu'il soit , réside tout entier dans
l'habitude qu'a prise l'économie de rejeter par «etie voie une certaine quantité d'humeurs?
Chirurgib. — C'est i tort que l'on sépare la dunirgie de la médecine ; ce n'est point une science dittiiiclc, c'est un des moyens de la médecine , qu'elle emploie lonqu'elle a constaté l'insuffisance du régime et des médicaments. Instituer une académie de chirurgie , dit Richerand , c'était consacrer sa séparation d'avec la médeeinr, et sanctionner par une loi un préjugé populaire. La Pejronie, premier chirurgien de Lonis XV, fut ondes prumoteurs les plus ardents de la nouvelle institution. Il voulait , disait-il , élever un mur d'airain entre la chirurgie et la médecine. > Et de quel cÂté mettrez-vovs le malade ? t lui répondit un ministre , qu'il entretenait dr ces idées. ,
Chute. — Un homme fait-il une chute , reçoit-il ui coup, vite on lui fait boire quelque spiritueux. Sa&s doute , cette liqueur excitante , qui précipite la drcabtion du sang, lui redonne pour le moment des forées; mais c'est aux dépens de la partie malade , qui bicntoi en sera plus disposée à s'irriter. Lea prétendus vulnéraires (qui ne sont que des excitants) ne doivent dooc être employés que lorsque la commotion produit imoH^ diatement la stupeur, l'insensibilité; mais, dans ce ca» même, aussitôt que les phénomènes vitaux reparaissent. que la réaction se manifeste , ce sont des moyens toai opposés auxquels on doit recourir : car c'est rinflammation que l'on a à redouter et dont on doit prévenir tr développement.
Constipation. — ^ 11 y a bien des moyens de faire cesser la constipation, et qui doivent varier snivant la caair: mais il n'en est guère de plus dangereux que celai qa'aa emploie souvent dans le peuple , et qui consiste i se ra<ftre les pieds dans l'eau froide ou à marcher pieds nus «r le carreau.
CoBSKT. — De tous les préjugés qui affligent Fesprer humaine , il n'en est guère de plus répandu , de plus nracine , de plus dangereux que celui-ci. \ous ne poavaes .mieux faire, pour le combattre, que d' emprunter les oàseri'ations d'un juge des plus compétents en cette matière , H. V. Duval.
Tout le monde sait que la poitrine forme an cAae deat le sommet est en haut et la base en bas : or, les corsNs. plus serrés vers le milieu du torse , rétrécissent la baip de la poitrine , partie du tronc qui doit être natnrdlement la plus large. De la sorte , ils compriment et déplacent les principaux organes ; et les intestins . correspondant i l'endroit le plus serré, s'échappent an-dessas H au-dessous de ce lien, et se dirigent vers la poitrine et Ir bassin. Dans le premier cas ils compriment le foie, la nir et l'estomac, refoulent le diaphragme, qui se Foâte vers U poitrine. D'un autre coté, les parties qui soot poussées vert le bassin, compriment la vessie, Tutérus, etc. De la compression de ces différents organes , il résulte une grande gêne pour tous les viscères et les pnncipales fonctions : U respiration est très-gênée par le serrement des fanssr» cdtes et le refoulement du diaphragme vers les ponmeos ; la circulation du sang est aussi troublée par la gêne de U respiration et la compression du cœur et des gros lù»seauz. Le sang alors se trouve retenu eu trop ^nnàe quantité dans les vaisseaux de la poitrine , de la tête . àr l'utérus , etc. , ce qui occaaionne une espèce de r^or^ment qui , selon les dispositions individuelles , peot doaner lieu à des palpitations , à des oppressions , à de» phthisies, à des vertiges , ou même à de véritables apoplexies ; à des pertes utérines , à des affectiooa hy^li'n* ques , i des vapeurs , etc — Mais c'est principaleaMit chez les jeunes filles que l'emploi de ce vêtement est pei^ nicieux. Souvent , pour avoir voulu embellir la taille , es a déformé le torse, compromis ou entravé la cme, e^ même temps qn'on fomentait ches ces jeunes personnes le
ERREURS ET PRÉJUGÉS POPULAIRES
Tme de cet mtltdiet aoxqiMllef on doit attriboer beau- »ap de morts prémataréea. Les coneti agiiseiii ches le« unes filles en l'oppoiant an développement de la Charente osseuM de la poitrine, et an libre exercice des visres qu'elle renferme. Les poumons et le cœur sont en Tet gênés dans lear action , et de là résultent des irrita- >ns pectorales qui compromettent gravement la santé et tuvent la vie. L'irritation des organes pectoraux empéi« le sang de se porter vers Tutérus, et telle est nne des luses les plus fréquentes de Taménorrhée et de la chlore (défaut d'écoulement menstruel et pales couleurs), uant à la compression du torse , indépendamment des luies que nous venons de signaler , elle est très-souvent
rause la pins active des distorsions vertébrales ; car elle fit en comprimant les muscles du tronc , et par conséuenl en entravant leur développement : alors , ces musles n'ont en effet plus asses de force pour soutenir l'épine ins sa rectitude normale.
CoRYXA. — On l'a appelé rhnme de cerveau , parce n'en croyait autrefois qne l'eau qui coule du nés dans itte indisposition, venait du cerveau même. L'anatomie, lieux étudiée, a prouvé que le cerveau n'avait aucune immunication avec l'extérieur ; que les trous dont le râne est percé i sa base, sont hermétiquement bouchés ar les vaisseaux et les nerfs ; et que les douleurs qu'on prouve dans la région du front viennent de ce que l'tnammation de la membrane pitnitaire s'étend aux sinus 'ontaux creusés dans Tépaisseur des os de cette, partie.
Cosu^TiQDis. — II y a cinq espèces de cosmétiques. - Ceux où il entre des substances minérales : ils sont »uvent vénéneux. — Ceux qui contiennent des substanes alumineuses et calcaires : ils bouchent les pores de la eau et la durcissent -— Certaines poudres végétales . ont l'action est corrosive. — Enfin, les pommades de oncomhre, de cacao, les eaux de rose, de plantain, etc. , ui s lit innocentés et qui peuvent même donner à la eau quelque souplesse. — Quant à la cinquième espèce ie cosmétiques , elle est des plus précieuses ; car elle tiaochit réellement la peau , enlève les rides et les taches !e rousseur , en un mot, elle embellit et rajeunit Seuleaent on ne l'a point encore trouvée.
EAu-na-vii. kirscbwassbr. — L'ean-de«vie est-elle plus sine que les liqueurs sucrées? Oui , si ces liqueurs coniennent un aromate échauffant , tel que le gérofle, par xemple ; non , si l'aromate en est doux , car alors le ocre diminue la force de Teau-de-vie. Or, le ancre l'échauffé pas, comme on le croit Seulement sa digesion ne laisse point de résidu , parce qu'il est presque entièrement nutritif, parce qu'il se convertit en chyle. ^ette assertion, que les eaux-de-vie sont plus saines que es liqueurs composées , ne peut donc pas être regardée 'omme un préjugé. Si , par exemple , après un repas co- >ieux , on n*a pour but que d'aider Testomac à se dé- )arra8ser des aliments dont il est surchargé, il vaut mieux )rendre un alcool sec*, comme l' eau-de-vie ou le rhum, fue de le prendre chargé de sucre , parce qu'il est plus Vanchemcnt stimulant Si, au contraire , par le manque l'aliments solides , on est forcé d'ingérer un alcoolique i jeun pour lutter contre une température froide et hunide, i] faut, quand on le peut, substituer à Teau-de-
ie une liqueur dans laquelle les parties irritantes , un peu enveloppées de parties sucrées , agacent moins les papilles nerveuses de l'estomac et se présentent pins divi- H^s aux orifices des vaisseaux absorbants. — C'est à tort que le kirsch vasser passe pour nn digestif. Il est plus propre à retarder qu'à activer la digestion ; car il est fait de noyaux de cerises, et l'on sait que la partie amère des fruits à noyaux a sur l'estomac une action stupéfiante.
Eu?iRiQUB. — • Une erreur très-répandue consiste à confondre l'empirique avec le charlatan. Chaque jour on entend dire d'un charlatan : « C'est nn misérable empi-
rique. - Ce préjugé n'est pas propre senlement aux gens du monde, les médecins fauteurs de 4|uelqu0 SfsCème ne manquent jamais de se récrier eontre ce qu'ils appellent YwfeugU empirùme. Or, il ne faut point oublier que l'expression tmpirique , du mot grec fmpekrim^ expérience, désignait une des sectes Jes plus célèbres des médecins de l'antiquité , de ceux qui proscrivaient l'abus du raisonnement, et ne reconnaissaient en médecine d'antre guide que rexpérience; tandis que le chariatan est, an contraire, un imposteur qui n'a d'autre guide que sa cupidité. C'est donc plus qu'une locution vicieuse , c'est un préjugé de s'élever contre l'empirisme en médecine; car ce qui , dans cette science , restera éternellement inattaquable est fondé sur l'empirisme pur, c'est-à-dire sur la seule expérience. La plus grande conquête de la médecine, celle de cet héroïque antidote qui arrache avec certitude à la mort un homme dévoré par une fièvre pernicieuse , qui combat avec succès toutes les affections périodiques, qui, à lui seul, établit l'utilité de la médecine , la découverte du quinquina , en Un mot, est due au hasard ; l'administration de cet agent , à l'empirisne le plus pur ou, si l'on veut, le plus grossier. Car l'expérience seule prouve l'efficacité de ce moyen dont on n'a jamais expliqué d'une manière satisfaisante la manièire d'agir, et à la découverte duquel on ne pouvait être oondnit par le raisonnement
EwpANTS NouvBAD-srfa. — Lc préjugé , pareil en cela à la religion , s'empare des hommes à leur naissance , et ne les quitte qu'après leur mort A peine un enfant est-il né , qu'une sage-femme s'occupe de lui façonner la tête, ce qui n'a pas grand inconvénient quant à la forme, attendu que l'élasticité du crâne , à cet âge , rétablit les choses dana leur état primitif dès qu'a cessé la pression. Mais ce qui est plus grave , c'est qu'elle peut lui meurtrir le cerveau et, qui sait? porter atteinte à son entendement -— Nous ne parlerons pas de certaines pratiques , telles que celle de barbouiller avec le sang du cordon ombilical la face et la poitrine du nonvean-né, afin de lui blanchir la peau : celle-là n'est que d^oûtante et ridicule. Il sera plus utile de combattre certains préjugée répandus par l'envie même d'en détruire. ■ On doit baigner l'enfant nouveau-né dans l'eau froide,» répètent les admi* rateurs de l'éducation spartiale. Il faut, pqur que l'eafe froide soit sans danger, une force de réaction qne les enfants n'ont pas dans les premiers mois de leur naissance. L'usage de Lacédémone que l'on invoque avait pour résultat , et probablement pour bot de ne conserver à la république que des enfants vigoureux et propres un jour au métier des armes. Ce qu'il faut pour laver les enfants, c'est de l'eau tiède et un peu de vin. — C'est à tort aussi que les parents s'inquiètent de voir leur enfant pris de dévoiement à l'époque de la dentition, Cea dé^ voiements viennent de la sympathie qui existe entre les denU et le tube intestinal. Il ne faut donc pas, pour les arrêter, fatiguer l'enfant de reirièdes«
Envibs db PKUin caossa. — * Entendons-nous bien : nous ne nions pas que les femmes n'aient des envies dans l'état de grossesse , et nous sommes même d'avis qu'on leur permette de les contenter autant que faire se pourra; mais ce qui commence à être reconnu faux , c'est Tinfluence bisarre qne ces envies non satisfaites sont censées avoir sur le fœtus. Sans parler des femmes , dont on peut récuser le témoignage comme trop intéressé , cette doctrine a eu beaucoup de partisans. Jacob faisait faire à ses brebis des agneaux blancs ou noirs , selon ^'il leur plaçait devant les yeux des bâtons noirs ou blancs» Hippocrate prétend qu'une femme grosse qui a enrie de manger du chevreau ou du bœttf court le risque , si elle est contranée dans cette envie, d'accoucher d'un enfant dont la tête sera chargée des emblèmes qui correspondent I à son désir, rialien raconte qu'un bossu, pour avoir nr
fils mienz toorné que loi y eut Tiilée de faire regarder par sa femme , ea temps utile , le portrait d'an enfant très-bean , et qn*en effet son procédé Ini reniait Pline ▼a même jusqu'à dire qa*ttne femme de sa connaissance acconcba d'un éléphant pour en awoir trop regardé nn. Bios femmes, heureusement, ne commettent pins d*anssi grosses imprudences ; leurs envies se bornent à quelques fruits ou légumes de la plus petite dimension ; et nos enfants n'ont guère plus à craindre que des pois , des lentilles, des fraises, des cerises, des groieilles, peut-être une grappe de raisin , ou , tout au plus , une couenne de lard. Le fait est que ces fâches ne sont que l'effet d'une altération dans le tissu de la peau du foetus , et que l'analogie de forme et de couleur qu'elles ont parfois avec d'antres objets est de la nature de celles qu'offrent les taches d'un marbre veiné. Il faut une imagination complaisante pour se faire illusion. Ces taches , d'ailleurs , ne sont nullement le résultat d'envies contrariées. Tous les jours il naît des enfants avec des lentilles on des fraises dont leurs mères n'ont jamais eu envie ; tandis que des femmes qui ont eu pendant leur grossesse des désirs bisarres qu'elles n'ont pu satisfaire , accouchent d'enfants dont la peau est exempte de tonte espèce de tache. Ifalebranche prenait donc nn soin bien superflu lorsqu'il conseillait ani femmes enceintes de se gratter ailleurs- qu'au visage lorsqu'elles avaient envie de quelque chose.
FiàvBBS. — Ici les erreurs abondent Tout malade atteint d'une fièvre inflammatoire , dit le docteur Richerand, s'imagine que son sang est échauffé , brûlé même , et cependant la température ordinaire des humeurs ne s^élève jamais d'une, manière sensible. Si elle montait beaucoup an delà de trente-deux degrés , qui est le terme ordinaire, les parties albumineuses se coaguleraient, les fluides solidifiés obstrueraient leurs propres vaisseaux et arrêteraient le mouvement de la vie. C'est une erreur de la sensibilité , pins vive que dans l'état de santé. Les expressions du vulgaire ^Aai;^,rq^ra/cAt>,n*ont donc aucun sens absolu et raisonnable. Quand il se dit échauffé, il entend constipe; quand il demande à être rafraîchi , il demande un remède qui fasse cesser la constipation ; et , selon la cause de la constipation , ce remède sera pris dans les fortifiants ou les débilitants , dans les échauffants ou les rafraîchissants. Les constipations qui proviennent de faiblesse ne céderont qu'aux toniques , aux échauffants. — En ce sens , il est des purgatifs qui rafratchissent Ce n*est pas qu'ils n'irritent tous plus ou moins le conduit alimentaire, mais ils calment et rafratchissenl consécutivement, en vertu de l'affaiblissement qui suit toujours leur action. — Vous entendes tous les jours des charlatans vanter leur remède contre la fièvre en général , et les gens atteints d'une fièvre quelconque de recourir à ce prétendu remède. Qu'ils sachent bien , une fois pour toutes , que le mot fièvre n'indique pas plus un être individuel , que le mot arbre ne désigne un végétal particulier.,
Haamis. — L'usage de l'huile donne-t-il des hernies ? On l'a cm , parce que les momes y étaient fort sujets. Mais la vraie cause , c'est qu'ils se tenaient fréquemment à genoux , et que dans cette position les viscères du basventre pèsent sur les ouvertures par lesquelles ils s'échappent dans les hernies. — Saisissons cette occasion pour mettre en garde contre les charlatans qui prétendent guérir cette maladie. On ne doit se fier qu'à la pression mécanique exercée par le bandage. Hais il faut avoir soin de ne pas la discontinuer un seul instant II y va de la vie.
Langui. — On prétend que des nègres ont avalé leur
« langue , sans la couper avec les dents. Mais la langue
tient si fortement par sa base à l'os de la mâchoire , et
par ses muscles à la partie postérieure du menton , que,
noir ou blanc , on peut mettre tout le monde as déi 4e ravaler. Laissons donc à rennui ce triste printége.H rangeons désormais cette locntion dans la caté^gorit d^ métaphores.
LivBis ni utDictffx poPCLani. — Dsns la DoaMsriitore des erreurs relatives à la médecine , noos oe iuHmi omettre les livres de médecine populaire, et Oioponr de mettre nos lecteurs en garde contre ces oiin|n. dont on a dit avec raison qu'ik étaient rédigés fu U médiocrité pour rignorance. Si la science de U méêms' est tellement compliquée, que bien des gens rrutst pcavoir mettre en doute la compétence des geai de îv'. quel fruit réel peut-on recueillir de la lectnrc ir<Mm><fi qui , fussent-ils rédigés par des hommes d'aa mi nerite , ce qui est sans exemple , ne peuvent, en tint et. donner qne des notions incomplètes et par (oosé<pes! dangereuses aux gens du monde, qui manquent àeiissh nées premières pour les bien comprendre?
Méoicnn paévimvi. — Nous entendons psr li (fti<> médecine qui consiste à se traiter, en état de noté ptrfaite , pour la maladie à venir. Les uns se pargent. ircroissent, en irritant le tube intestinal , la téervtioD ée^ mucosités qui le tapissent, obtiennent rêvscoation iv."^ quantité considérable de glaires , quelquefois mèo» b,lées de sang , et se félicitent alors de s'être débamw ^ corps des matières mêmes qu'ils y ont fait naître n b.V rant par des remèdes inopportuns l'intérieur de Ifsr teiif digestif. Les autres , préférant la saignée , s'ètent iniLlement des forces, et, s'ils sont âgés, s'exposent à ftiidropisie : tous , en un mot , contractent une l»lM!»iégalement dangereuse à conserver et à sopprioier.
Mkvstruis. — Nombre de gens lont pernadn ^k *i lune influe sur cet écoulement périodique, eonuo« ai*' femmes étaient toutes réglées à la même époque ; os f^> grand nombre encore s'imaginent, sans savoir <fee((^ sur la foi d'Aristote , que dans cet état il faut leor m*i:dire l'entrée des cuisines, des laiteries, des poti^. que leur présence suffirait pour y corrompre lei riiedei pour faire aigrir le lait, pour faire avorter les meloai, ^^ Préjugés absurdes! Il est prouvé qu'à moins de naid« particulière , le sang des règles est aussi par, «aà »^meil que celui qui sort des narines dans on saigons;^ de nés.
Miacuai. — Une opinion généralement rêpaiMla«.rf^ que lorsqu'on a pris du mercure , il en reste tooi«fj dans le corps une certaine quantité. C'est me trmr car il est prouvé qu'an bout d'une période de temps pi» on moins longue , solides et humeurs , toat se rof^ velle complètement Que cette crainte chimérique b'»* pêche donc pas de recourir à un remède qui , «■p'"]' avec circonspection , est d'une si souveraine ttku^ principalement contre la syphilis, dont, en dépit de tw les vendeurs de remèdes secrets , il' est regardé par Uf>> culte comme l'antidote réel.
PsNâais DIS noiGTS. — Comme cette inflanunatios cn de celles auxquelles les gens du peuple, qni oecoaiottent un médecin qu'à la dernière exti^mité , soot les pi» exposés , et qu'elle peut devenir fort grave, novsappHoai toute leur attention sur cet article. Qu'ils sacbent btf qu'il ne faut point attendre qu'un panaris soit môr pw l'ouvrir. Une fois le pus formé , on a beau appliqo^^ relâchants snr la partie malade , la struetnre deair n serrée des doigts ne laissant point asseï d'espace sa s**' flement inflammatoire , Fenflurc gagne la paooK de u main , puis le bras , puis l'aisselle ; et il s'établit d'r«rmes suppurations qui peuvent amener la gangrène et »^ périr le malade. Si le mal n'arrive pas à cr def( ^ gravité , il est au moins à craindre que , lorsqoe k p est formé et la peau déchirée , au fond de Tabcèi h ^
ERRELRS ET PRÉJUGÉS POPULAIRES
Ions det doigts ne se délrnîsenl pen à peu , et qne Is Mrlie ne reste désormais roide et immobile. Il faut donCf lèe que rinflunmation est développée ^ la faire avorter Mir rincision du doigt gonflé. Il n'en sort qne du tang ; mais ce moyen perturbateur prévient la suppu- -alion , et f par suite , tons les accidents signalés plus laut
Plaib. — Tonte plaie tend d'elle-même à se guérir. f*areil à la lance d*Achille qui guérissait les blessures ]ii*elle avait faites , tont instrument tranchant en pénérant dans les chairs y produit , par le fait même de son ntrodoction , suffisamment d'action pour que la cicarice se forme immédiatement ou par l'entremise de la (uppnration. Ainsi , lorsque la blessure vient d'être faite, |u*elle saigne encore , et que les bords n'en sont point ;rop enflammés , gardez-vous du toute espèce de baumes ]ui, rendant la suppuration inévitable, empêcheraient es lèvres de la plaie de se réunir. Avis aux vétérinaires ]ai , lorsqu'un clou est entrt* dans le pied d'un cheval , rersent dans la piqûre un irritant qui fait gonfler le pied , et chan<To un mal insignifiant en une maladie très- |rave.
Poisosr. — L'humidité des entrailles ne fait point paster le enivre i l'état de vert-de-gris : il faut donc autre ;hose que des sous pour empoisonner. — Le verre pilé l'est pas, non plus, un poison. De nombreuses expé- *ience8 ont prouvé qne, réduit en pondre très-fine, il n a »oint de qualités nuisibles ; qu'en poudre plus grossière, I peut irriter un estomac , mais encore faut-il qne Testenac soit vide, enfin, qne si les fragments de verre avaient ïjusieurs lignes de longueur, ils pourraient s'arrêter Uns les parois de l'estomac ou des intestins et y occalionner d'abord une douleur piquante , puis, à la Ionique, des accidents plus sérieux. Ceci n'est point , comme m le pense bien , un cours d'empoisonnement à l'usage les gens qui voudraient attenter à leur vie ou à celle des latres ; mais au profit des innocents qui seraient accusés le cette sorte d'empoisonnement , comme cela a déjà eu ieu. — Après avoir parlé d'un faux poison , nous parerons d'tin faux antidote. Le lait passe généralement lour un excellent contre-poison; mais nous ne conseilona pas d'y recourir , pour peu que le malade ait pris m poison plus dangereux qne le verre pilé. Le lait a été ;t peut être utilement employé comme adoucissant ; mais •ommencei avant tout par faire vomir, par délivrer l'es- 4>mac de la substance vénéneuse, en chatouillant la |orge avec une plume , si vous navet pas dans le mènent d'autre moyen plus efficace. Cette observation lourlera plus au profit des chiens qu'à celui des hommes : rar, lorsque nous sommes empoisonnés , il est bien rare |u*on n'envoie pas chercher un médecin ; mais les malirureuses bêles n'ont , pour la plupart , d'autres méde- •ins qne leurs maîtres , qui, lorsqu'elles ont mangé une K>alette empoisonnée, leur administrent du lait avec une M>nGance que l'événement justifie bien mal, car elles ncurent infailliblement, tandis que si on leur eût donne i temps de l'émétique , elles étaient sauvées.
Pt'TRir ACTION. — On croit généralement que la putréaction engendre des vers, et cette idée, aux yeux de ûcn des gens , ajoute aux horreurs de la mort ; il im- »ortc donc de la détruire. Kn dépit d'Aristote, de la plupart des philosophes grecs et romains; en dépit du *. Kirker, l'inventenr de la lanterne magique , qui , dans on Monde souterrain , donne des recettes infaillibles pour iroduire à volonté des vers , des serpents et même des ^renooilles , en dépit de Needham et de ses anguilles , lont s'est faut moqué Voltaire, il est reconnu aujourriini que , pour que nos cadavres deviennent la pâture les vers, il faut qu'ils soient restés exposés à l'air et que PS mouches y aient déposé le germe de ces vers qui IOU8 font si grand* peur. Qu'on préserve donc nos corps
des mouches si l'on vent les préserver des vers , et ils se décomposeront d'eux-mêmes an sein de la terre , jusqu'à ce qn'ils s'évaporent en gai qui retourneront an réservoir commun , d'où sortent incessamment , pour y rentrer , toutes choses. Homère , du reste , en savait plus à cet égard que bien des physiciens modernes, comme le prouve la prière qu'adresse Achille à sa mère , la déesse Thétis , lorsqu'il va venger sur Hector la mort de siin ami Patrocle : « Je crains que des mouches avides , pénétrant dans les blessures faites par l'airain au noble fils de Menœtius , n'engendrent les vers dévorants , ne souillent ce corps , hélas ! privé de vie , et ne corrompent ces chairs délicates. - (Iliade, chant XIX, traduction de Dugas-Montbel. )
Rage. — Qu'est-ce que la rage? d'où vient-elle? Les opinions varient. La plus répandue , c'est qu'elle est produite par l'excès de la soif et de la faim , et qu'elle se manifeste surtout dans les grandes chaleurs. D'autres, prétendent que la rage est inconnue dans les pays trèschauds, et vous diront qu'elle ne se déclare que ches les animaux dont la cervelle a été gelée. D'autres enfin répondent que la cervelle ne saurait se geler ainsi , et soutiennent que c'est une folie d'amour non satisfait. On ne diffère pas moins sur la nature des remèdes. II n'est pas d'année qui ne voie éclore quelque merveilleux préservatif contre ce terrible et mystérieux venin. Qne le débat reste en suspens quant à la cause ; mais , jusqu'à nouvel ordre , repoussons tous les prétendus remèdes secrets , et , sans perdre un temps précieux , hâtons-nous de faire cautériser la partie malade.
Rbgbttbs i)K bonnes pbumbs. — Par recettes de bonnes femmes , n^us n'entendons pas seulement celles que conseillent les garde-malades , portières , femmes du commun, nous entendons aussi celles des femmes et hommes du monde qui ont toujours vu des effets merveilleux produits par le remède qu'ils vantent. Merveilleux , en effet , car il n'a , la plupart du temps , aucun rapport a la înaiadie qu'il est censé guérir ; et le plus absnrde , frappant davantage l'imagination , est toujours le plus en faveur auprès de ces Ksculapes de contrebande. Mesdames de Sévigné et de Lafsyette n'étaient pas des femmes du peuple ; voici pourtant ce que la première dit de la seconde : « Elle prend des bouillons de vipères qui lui redonnent ' de l'âme et des forces à vue d'œil ; elle écrit que cela • vous serait admirable. » C'est une chose déjà bien assex fâcheuse d'être malade , sans qu'on soit encore assailli à tout instant des conseils de la médecine illicite , qui a toujours à la bouche ces phrases : ■ Essayez-en ; qu'estce que cela vous fait? madame une telle souffrait le martyre depuis des siècles ; elle a été guérie comme par enchantement !» On a beau répondre que la médecine est une science très-compliquée, très-obscure, qui exige de très-longues éludes , beaucoup d'expérience ; qu'en admettant l'efficacité du remède dans le cas cité , il resterait encore à constater si les deux maladies sont bien identiques ; si , de plus , les tempéraments des deux malades le sont aussi ; que ia première parole , quand on aborde un malade , c'est de lui demander de ses nouvelles , et la seconde de lui donner de gré ou de force une consultation ; qu'un remède est une maladie volontaire ; que tel qui parait fort innocent peut être dangereux dans bien des circonstances, et qu'enfin, estai» pour essais, on aime mieux laisser faire son médecin. Nos donneurs d'avis conviendront de tout avec vous ; ils approuveront vos objections en généra] , mais réclameront une exception en leur faveur ; et , si vous leur résistez et qu'ils ne se fâchent pas , tenex-les pour avoir un très-bon caractère.
Salivb ou pituites. — Cracher est une habitude fort sale : les Anglais , qui vivent dans un climat très-humide , ne crachent jamais. Celte habitude n'a donc pas pour excuse la nécessité ; il nous reste à prouver qu'elle est nui-
sible. — Dant Tétat normal , la salive , floide préparé par les glandes qui entourent la mâchoire , est instinctivement portée dans Testomac par la déglutition et ne dépasse point , sous le rapport de l'abondance , la quantité nécessaire i Faltéralion que les aliments doivent subir avant de renouveler la masse du sang , aussi y a-t-il rarement excrétion de salive. Il est pourtant quelques personnes chez lesquelles la sécrétion de la salive acquiert assez d'activité pour qu'il leur soit nécessaire de se débarrasser par expulsion d'une partie du produit qu elle fournit Certains usages excitent aussi la sécrétion salivaire : tel est celui de mâcher du tabac ou d'autres substances irritantes. Fort souvent même la sécrétion n'est en excès que parce que Ton s'adonne à ces usages. Or, une erreur fréquenté chez les gens étrangers i la médecine , c'est de supposer que les liquides qu'ils crachent en fumant préexistent a l'action de fumer, remplittent leur poitrine ; que la pipe leur fait rendre ces pituites; qu'en un mot l'acte de fumer, qui est la cause la plus active de la formation de ces eaux , n'a pas d'autre résultat que de les en débarrasser. Il importe donc d'insister sur les inconvénients de l'excrétion trop abondante de salive , et , par conséquent , sur ceux des corps qui la provoquent. En excitant continuellement les glandes salivaires , l'action de fumer ou de mâcher du tabac occasionne une sécrétion inutile, hors le temps de la mastication, et par suite des pertes de salive , qui , nous le répétons , ne sont pas sans inconvénient. Cette habitude rend encore à la longue les glandes salivaires moins impressionnables, moins sensibles à l'action stimulante des aJimenls ; et cependant ceux-ci , pour être bien digérés , doivent subir à leur tour l'action de la salive.
SOORBOT, ACROOKLLKS, DVS8B.VTKR1R. C'cst UU fait dés- *
ormais acquis i la science , que le scorbut n'est point contagieux : s'il attaque parfois tout un équipage , c'est que les matelots sont également sous l'influence de la fatigue , de l'humidité , des mauvais aliments et de l'eau gâtée , qui sont les véritables causes du scorbut ; car c'est à tort que l'on en accuse l'air de la mer et l'usage des aliments salés. Le scorbut se déclare aussi bien sur terre que sur mer , dans les hôpitaux , dans les prisons , dans les camps , partout où existent les causes que nous venons d'indiquer. — Les écronelles ne sont pas plus contagieuses. S'il s'en présente plusieurs cas dans la même famille, c'est que cette maladie est presque toujours le résultat d'un vice héréditaire. Quant au traitement, il est le même pour les scorbutiques et pour les scrof uleux : de la viande , du vin pur, un air vif; et non pas, comme on le croit trop en France , où l'on craint tant les inflammations , un régime débilitant et souvent même des exutoires sur on corps couvert de plaies. — Il est une troisième maladie qui passe pour contagieuse, et sans plus de fondement que les deux précédentes ; c'est la dyssenterie. Les causes en sont souvent les mêmes que celles du scorbut : mauvaise alimentation, fatigues excessives, humidité des nuits. Les soldats ne connaissent guère d'autre remède à leurs maladies, et à la dyssenterie en particulier, que de l'eau-de-vie ou du vin chaud ; c'est jouer leur vie sur un coup de dés : si le flux de ventre provient de faiblesse , ils guérissent ; mais, si c'est une vraie dyssenterie , leurs intestins se gangrènent et la mort s*ensuit. On ne saurait donc trop leur recommander, en cas d'indisposition , de se défier de la tendance qu'ils ont, par forfanterie et par goût, à s'administrer des toniques. L'exemple de leurs camarades ne prouve rien ; car, même avec des apparences semblables , les cas peuvent être tout différents : ils ont des médecins dans leurs régiments ; qu'ils les consultent
SoMNAiiBULiSMB. — Notrc iotcntiou n'est point d'aborder ici ni ailleurs la question ardue du magnétisme, tout ce que nous voulons dire c'est qu'on a grand tort de
croire que les somnambules sont àoné»
toute particulière et qu'ils peuvent nnrclit ment sur les toits les plus rapides. Ik oui , i l'assurance que donne l'ignoranoB dv dnngsr « et «iant exempts de vertige , ils ont de moina cette cbancc de chute ; mais si leun sens ne les égarent pas , ils ne Ws guident pas non plus. Aussi leur arrive-t-il Mvvent dr continuer leur promenade dans le vide.
Vaocmi. — Quoique ce soit un sujet bien rebattu, a) est impossible d'écrire sur les préjugés populaires sans que ce mot se présente sous la plume. Combicsi de leajM faudr*-t-tl répéter encore à certains eeprita obeiinéft dans leur ignorance que la vaccine n^introdwt anraa germe malsain dans nos humeurs, que s'il aarvientsai vaccinés des maladies autres que la petite-vérole , il est absurde d'en rendre la vaccine responsable, putsqa'il Ml prouvé, incontestable , incontesté , qu'elle ne fait nnllement payer l'immense service qu'elle rend de déitvrcr éf cet abominable fléau qui tue ou défigure !
ViNAiGRR. — Il s'est trouvé un historien ponr écnrt qu'An nibal ayant à se frayer un chemin à travers les A^pes, avait imaginé de les dissoudre dans du vinaigre: r: de nos jours il se trouve encore des lecteurs assez esnemis de toute réflexion pour admettre un pareil fait Quelle consommation de vinaigre ! Est-ce que Xspoléefl ne leur a pas appris, par son propre jexemple, comoKsi Annibal s'y était pris pour passer les Alpes?
Si le vinaigre n'est pas en état de dissoudre les Alpes, il est en revanche fort capable de détruire les mHu leurs estomacs et d'y frayer un passage à la maladie et s la mort Avis aux femmes qui en boivent pour être bhnb grasses.