Principes et produits immédiats employés journellement
3. Produits dérivant de la destruction des matières organiques par le feu.
4. Produits dérivant de la destruction ou de la métamorphose des matières organiques par la fermentation.
GHAPITM 1«'. — TBAVAIL XT MISI BN OiUVRB DBS PBUGIPBS ORGAXISkS.
Plusieurs matières distinctes , tissus ou oiganes des plantes et des animaux , sont utilisées dans l'état où la nature nous les présente , ou après avoir subi quelques opérations mécaniques et chimiques qui ont pour but de les dépouiller des corps étrangers qui nuisent aux qualités précieuses qui en font rechercher l'emploi. De ce nombre sont : Yamidon dont on se nourrit, leajlbret végétales avec lesquelles on confectionne des fils , des toiles et du papier; les os dont on extrait de la gélatine , la peau que l'on convertit en cuir, la laine et la soie qu'on file et qu'on tisse pour en faire des vêtements.
Jh l'amidoD oa fécttlc aaTlteéc
On donne ce nom i une substance blanche , pulvérulente ou plutôt granuleuse, insipide, inodore, qui existe, pour ainsi dire, dans tous les organes des plantes, depuis les racines jusqu'aux graines , mais qui abonde dans les semences du blé et des autres céréales, dans les tubercules de la pomme de terre , dans la moelle des palmiers , et dont on tire parti pour l'alimentation , pour l'encollage et l'apprêt des toiles , l'épaississage des couleurs et une foule d'autres usages industriels qu'il serait trop long d'cnumérer.
Dans l'usage ordinaire, on appelle spécialement auidon la fécule retirée des graines céréales , féculb celle retirée âé la pomme de terre, arrou-root celle qu'on extrait des racines du maranta des Antilles et des Indes , sagou la fécule retirée de la moelle du palmier-sagouier des Moluques , MoussACHB la fécule du manioc de la Gniane et àet Antilles , tapioka la même fécule desséchée sur des
plaquM de fer chrades et en grumeaux imgulien.
Toutes ces fécules sont identiques sous le rapport chimique et en ce sens qu'elles sont constituées par l'assemblage dé globules transparents, formés de ooudiescoacentriques diminuant de densité de la circonférence sa centre, si bien que l'intérieur est presque liquide, tandis que l'extérieur est solide et sous la forme d'un tégument ou sac. Mais elles diffèrent les unes des antres par les dimensions , les formes et l'aspect de leurs globule , ce qui donne à chacune d'elles un cachet particulier. Anaii ne peut-on, par exemple, confondre la fécule de U pomme de terre avec l'amidon du blé.
Les globules intacts de fécule sont ins<4nbles dans l'eau froide, l'esprit-de-vin, les huiles, mais lorsqn^oo les met en présence de l'eau bouillanle , ils te gonflent, se dilatent considérablement, se déchirent et donnent naissance à une masse molle et tremblante, opaqiw, qn'oo connaît sous le nom d'empois. En faisant bouillir pendant quelque temps l'amidon dans l'eau pore , mais surtout dans l'eau additionnée de quelques gouttes d'acide ou d'alcali, cette matière perd complètement son organisation , se dissout en totalité , et se trouve changée en un principe nouveau, ayant beaucoup d'analogie crée la gomme ; c'est ce qu'on appelle la dejtlrime^ dont les arti se servent maintenant avec beaucoup d'avantages pour remplacer, dans ses différents emplois, la gomme arabique ou du Sénégal.
On rend la fécule soluble en la chauffant sur des plaques métalliques à une température de ]60*>; elle devient jaune et se trouve convertie en dextrine : c'est alon ce qu'on appelle léioeome. En pétrissant la fécule avec de l'eau additionnée d'un peu d'acide asotique , 1/400 dn poids de la fécule , maintenant la pâte, divisée en pelotei de 12 kil. environ, i une température de 80* pendant 24 heures, puis séchant la poudre à lOO^* pendaat 5 i 15 minutes , on obtient ce qu'on nomme dans le coaunercr /éeule soluble et goumeuse ; c'est un mélange de dextriv et de fécule non transformée, aussi n'est-elle pas entièrement soluble dans l'eau, coDune la dextrine gommeair obtenue au moyen des autres procédés.
Ce qu'il y a de plus curieux, c'est que l'amidoii et U dextrine sont convertis, par l'action des acides fiûbles eo de l'orge germée, en un sucre identique i oelni qui existr dans les raisins et autres fruits sucrîés. Cette oonwei'sioo s'opère d'une manière bien simple, en faisant b<Niillir dans une bassine 1 00 litres d'eau, à laquelle ou ajonlr 10 kil. d'acide sulfuriqne concentré , et dans laqurlle on délaye 50 kil. de fécule. Au bout de deux heures . il n'y a plus de traces de fécule dans le liquide. Si alors on neutralise l'acide au moyen de la craie et qu'on filtre. puis que Ion concentre la liqueur en la clarifiant avec d^ blancs d'œnfs , et la décolorant par du charbon , mi obtient un sirop, qui, suffisamment cuit et refroidi, se pmd en petites agglomérations tuberculeuses on en paia compact : c'est le sucre de fécule ou glucose , dont on produit annuellement 5 à 6 millions de kilogramnea, consommés presqu'en totalité par les rignerons de la Bonr> gogne, qui l'ajoutent dans le moût de raisin afin d^ameliorer la qualité du vin.
Avec 100 parties de fécule sèche on obtient, k tièspeu près, 100 parties de sucre solide, ce qui ne surprend pas quand on sait que pour passer i l'état de gtsteoso les éléments de l'amidon s'approprient les éléments de 7 parties d'eau en poids. L'analyse chimique dénnntrp. en effet , que le glucose ne diffère de l'amidon et de h dextrine, que parce qu'il renferme un peu plus d'bydmgène et d'oxygène que ces derniers, et justement dans le» proportions où ces deux principes existent dans reeu. C'est ce qu'on voit très-bien par les chif&es suivants. qui représentent la composition <lÇ-P9S. tooif matièves sur 100 parties en poidslized by VjOO^li
(JrboDf
KiB oa i«< iUmnU.
CHIMIE APPLIQUER
\«i(ioa «I detlrÏM.
lae autre propriété, spéciale aux diverses Técules, c'est <ie donner une lîelle coalear bleae ou violette par le contict (fane dissolution aqueuse ou alcoolique d'iode. Ce caractère est telleinent pronoacé que Tun de ces deux rorps est un excellent néactif pour déceler la présence des pins petites quantités de l'autre.
DiDs tontes les plantes qui le contiennent , l'amidon est associé à difîérents principes immédiats qui en rendent l'extraction plus ou moins difficile, ou qui lui com> nmniqDent des propriétés particulières et souvent nuisibles. Dans les semences du blé et de» autres céréales , iJ est accompagné d'une substance très-nutritive qu'on appelle gluttn. Voici comment on l'extrait à l'état de pureté des céréales et de la pomme de terre , qui le fournissent en plus grande quantité et an meilleur marché possible.
Poar l'amidon des céréales , on se sert surtout des recoapettes et grioti de blé , des blés gâtés et principalement du seigle et de l'orge. On moud grossièrement ces semences, et on les met dans de grandes cuves avec de l'ean, en maintenant la température de l'atelier entre 15 pt 18° pour que le mélange entre en fermentation. Le {loteo, qui retient l'amidon entre ses cellules, se décompose promptement et permet ainsi la séparation et le dépét des globules féculents. Lorscpie ce dépôt est com- )le(. on enlève les débris ligneui des grains qui, plus égers, occupent la partie supérieure du dépôt. On délaie 'nsuite l'amidon dans de nouvelle eau ; on le lave à plui^urs reprises pour qu'il soit parfaitement blanc et pur, >uis on le met en pains qu'on fait sécher rapidement Vndaot la dessiccation, l'amidon se divise en baguettes >u prismes irréguliers , qu'on livre au commerce sons le )om ^amidon en aiguille», ^
Depuis quelques années, on substitue à cet ancien irocédé, long, insalubre et moins productif, le procédé le M. Emile Martin , qui a su éviter la destruction du ^oten, matière éminemment nutritive, tout en obtenant tins d'amidoo. Ce procédé consiste k convertir la faine du bié en pâte ferme avec de l'eau , et à laver ftte pâte sur des tamis métalliques au-dessous d'un lé- ;er courant d'eau. L'eau entraîne la fécule à travers les nailles des tamis , qui sont posés au-dessus de grandes nves où le dépôt d'amidon s'jopère. Le gluten reste sur n tamis , sout la forme d'un tissu élastique et grisâtre. )o purifie et on dessèche l'amidoo comme dans l'ancien nrocédé ; on en retire jusqu'à 50 p. 100 du froment de *ooDe qualité , tandis que par l'autre mode on en reoeille seulement de 35 i iO p. 100. On obtient, en Mtre, 20 à 25 p. 100 de gluten frais qui peut servir, ^t à rendre le pain meilleur et plus nourrissant, soit à abriqaer du vermicelle ; mêlé avec du son, un peu de méassf et de sel , il devient un excellent aliment pour les oimiux. Desséché , on le granule et on en fait une pâte nalogne aux pâtes d'Italie pour les potages ; on en conomme déjà beaucoup sous le nom de gluten granulé.
L'extraction de la fécule de pomme de terre et de oates les racines charnues est beaucoup plus simple , «r la raison qne, dans ces racines, l'amidon n'est point ssocté à du glnten qui l'emprisonne dans son tissu. On ipe les tubercules , on divise la pulpe dans l'eau, et on rtte le tout sur des tamis. L'eau, en passant, entraîne lîec elle la fécule. On laisse reposer , on décante l'eau omageant la fécule ; on lave le précipité jusqu'à ce qu'il oit entièrement blanc , on le fait égoutter sur des toiles , m le pose pendant 24 heures sur une aire en plâtre qui ibsorbe tonte Feau apparente , puis on le fait sécher ,
d'abord à l'air libre, ensuite dans une étove à air chaud dont la température ne dépasse pas 50 à 55<*.
Dans les grandes féculeries modernes la main-d'œuvre est réduite à fort peu de chose , attends qu'on fait usage d'appareils continus dans lesquels le lavage et le râpage des pommes de terre , ainsi qne le lavage de la pulpe sur les tamis, sont effectués mécaniquement. L'appareil de Saint-Etienne, un des plus commodes, se compose (fig. 18) d'un tamis cylindrique E formé de toiles métalliques serrées, et dans lequel il y a un diaphragme g g en toile métallique à mailles serrées. Un arbre vertical q , mis en mouvement par un engrenage coniqne p placé sur un arbre moteur , est armé d'ailettes garnies de brosses 1 1. Les pommes de terre amenées, par le canal a, sont déchirées par la râpe b b composée d'un cylindre en bois sur le pourtour duquel sont implantées des lames de scie à dents très-courtes. La pulpe tombe dans la trémie en bois c, puis par la trappe d dans le tamis cylindrique. Le tuyau / terminé en arrosoir amène l'eau nécessaire au lavage de la pulpe. Celle-ci déposée sur le diaphragme gg est soumise à l'action mécanique des brosses, qui sont aninfées d'une grande vitesse; elle abandonne la fécule et est rejetée par une porte latérale dans le canal ». La fécule, mise en liberté, tombe sur une seconde toile métallique hh, i mailles bien plus rapprochées ; elle s'y tamise, et il ne reste plus sur la toile que quelques débris de cellules qui sont aussi rejetées par une porte latérale dans le canal n. Le tamisage de la fécule se fait aussi à travers les parois dji cylindre ; la fécule se réunit dans un canal en bois m et elle est reçue dans des cuviers 0 o , où elle se dépose et où l'on opère son lavage.
(Fig. 18.)
Avec une râpe et un appareil de ce genre, mus par un manège attelé de deux chevaux , on peut traiter de 9 à 10,000 kil. de pomn^es de terre par journée de 10 heures de travail , et on obtient de 16 à 17 p. 100 de fécule sèche.
Desfihree ligneuse» ou végétale».
La partie la plus solide des plantes, celle qui en forme en quelque sorte le squelette , sur lequel s'accomplissent les phénomènes de la végétation, est le ligneux dans les arbres , et la Jibre ligneuse chet les plantes herbacées. Cette substance organisée est composée de deux matières bien distinctes : 1** de cellules arrondies, allongées ou hexagonales, contiguës les unes aux autres, fermées de toutes parts , identiques à la moelle de sureau , et dans l'intérieur desquelles s'élaborent les différents matériaux nécessaires au développement des organes ; 2^ d'une ma-
lière dure , friable , sout la forme de grains ou de concrétions, qui incruste les parois des cellales en couches d'inégale épaisseur , les rend opaques et produit les différences si notables entre les nombreuses espèces de bois. On donne à la partie celluleuse du ligneux le nom de GBLLULOSB, et à la matière dure celui de uati^hb
IXCBUSTANTB OU de LIGNI.VB.
La cellulose est blanche , solide , diaphane , insoluble dansTeau, mais soluble à froid, sans coloration, dans l'acide sulfurique concentré, qui la convertit en dextrine , puis , à chaud , en sucre identique k celui de l'amidon , c'est-à-dire en glucose. C'est un produit ternaire, formé de carbone , d'hydrogène et d'oxyfgène, dans des proportions semblables à celles qui constituent l'amidon et la dextrine , la gomme arabique et le sucre de canne ; en sorte que toutes ces matières ne diffèrent entre elles que par des états remarquables d'agrégation , qui modifient beaucoup leurs propriétés physiques. On comprend dès lors que la cellulose peut être facilement transformée en l'une ou l'autre de ces matières, suivant les agents chimiques qu'on emploie.
Les parties des plantes où la cellulose se (rouve le plus rapprochée de l'état de pureté sont tous les organes très-jeunes, les moelles , les poils , la masse succulente on charnue des fruits et des racines rapidement développés, les divers tissus ligneux très-légers. Klle est presque pure dans le vieux linge , le coton , la moelle de sureau, le papier blane.
La matière inemstante^ qui se dépose peu à peu pendant la végétation dans les cellules du tissu élémentaire des végétaux , et qui engorge tontes les cellules dans les bois parfaits , se montre, quelquefois seule dans certains cas, comme, par exemple, dans les concrétions des I poires, du liège et d'autres écorces. C'est elle qui accrott ' la dureté et la densité des bois. Souvent colorée en di- 1 verses nuances jaunes , brunes ou rougeâtres , elle est plus abondante dans les bats grii, bruus, lourde et durt, que dans les bois dits blancs , légers et tendres. Elle domine dans les noyaux des fruits.
Cette matière incrustante est tout à fait distincte , tant par ses propriétés chimiques que par la composition élémentaire de la cellulose; elle est plus riche que cette dernière en carbone et en hydrogène.
La cellulose joue un très-grand rôle dans la végétation, puisque c'est elle qui constitue la trame de tous les organes. Elle n'est pas moins utile dans les arts économiques et l'industrie , puisque c'est elle qui forme la substance utile du bois et des fibres végétales, du coton, du chanvre , du lin , du lin de la Nouvelle-Zélande , de l'ogavé, de l'ortie , du bananier et des autres matières filamenteuses que l'homme sait convertir en fils, en toiles, en cordes, en papier, en carton.
Trois industries chimiques très-importantes exploitent les fibres végétales : le blanchiment des fils et des toiles , la fabrication du papier, celle da fulmi- coton. Il est nécessaire de les faire connaître, au moins sommairement.
De DLAXCHIUENT. — Lcs Ussus ^végétsux avec lesquels on confectionne les vêtements dont l'homme a senti , de bonne heure et sous tous les climats, l'indispensable nécessité , sont de trois sortes : de lin , de chanvre et de coton.
Le coton , qui n'est autre chose que le duvet filamenteux qui entoure les graines de la plante , ne reçoit aucune préparation avant son arrivée en Europe. Pour le lin et le chanvre , on est obligé , afin d'avoir les filaments propres à la fabrication des tissus , de soumettre les tiges à une opération qui a pour but la destruction d'une matière gommo - résineuse qui agglutine les fibres textiles avec tant de force , qu'on ne peut les isoler les unes des autres tant que cette matière n'est pas détruite par la fermentation des tiges récoltées dans leur état de matu-
rité. Cette opération préliminaire porte le nom de ron*sage; on en parlera dans le 83^ traité de la Pilatart a du tissage.
Voici succinctement comment on procède au blanchiment des toiles, toujours plus difficile que celui des fils , par la raison qu'ayant reçu un plus grand nombre de manipulations, elles sont plus chargées de matièm étrangères.
Après avoir laissé tremper les toiles dans de l'esa i 25 ou 30') pendant vingt-quatre heures pour enleter tontes les parties solubles , notamment la crasse des maiv. les substances farineuses et les sels qui constituent le parement, on les dégorge par un moyen mécanique quelconque dans une eau courante. Le plus généralement ,
(Fig. 19.) on se sert pour cela d'une machine fort simple nommct sautoir^ elapot ou rouennaise {^g. I^)» «* «T** consiste es deux cylindres de bois entre lesquels on fait passer lef toiles ; ces cylindres sont placés à couvert et disposés aadessus d'un courant d'eau : le cylindre supérieur A est uni. l'inférieur B est cannelé. An-dessous de celni-ci est oik traverse e, sur laquelle sont implantées des chevilles <m" destinées i espacer les bandes de toile ddddd qui pasKot en spirales entre les deux cylindres.
Après le trempage et le dégorgeage , on soumet U toile à l'action d'une dissolution bouillante de sonif caustique à !<> 1/2, qui dissout les matières grasses, résineuses et colorantes , le gluten et les savoni insoluWe; c'est ce qu'on appelle le coulage ou lessivage , qui dort ordinairement quatorze k dix-huit heures , et qu'on rtpèle k deux ou trois reprises différentes après des rinftges successifs. On emploie le vingtième du poidf d« toiles en alcali pur pour leur blanchiment
Les appareils de lessivage varient beaucoup de fonnf. Le suivant , dit cuet à circuletion (fig. 20), remplit toatr* les conditions désirables. U chaudière en fonlc .A et le fc vier en bois B, qui reçoit l« toiles, sont au même oiieao Ces vases communiquent eo- (Kig.20.) (re eux, supérieurement fî
inférienrement, par des tubes horixonUux ed, D«i tuyaux, ef, du côté opposé , s'adaptent k un autre cbti» semblable. Un trou de bonde est percé au bas du entier pour le vider. Il y a en ^ un robinet à la chaudière.
Les toiles étant placées dans le envier , on ajoute h quantité de lessive nécessaire pour que la surface dn liquide, étant de niveau dans les deux vases, vienne sfllcorer l'orifice du tube supérieur. On ferme herméliqofment le envier et la chaudière , et on allume le feu soo> celle-ci. Le liquide, en se dilatant , s'élève par le tapa supérieur d, se déverse sur les toiles , et une quanù:*" correspondante de lessive retourne par le tuyau inférif<n c dans la chaudière pour s'y échauffer. Le mouremeo'. continuel du liquide produit, de la manière la plus f*"*rable, l'action pour laquelle on en fait usage.
(Lajîn à la livraison suitOMC } J. GIRARDIN,
Profetteur de cliiiuie à Ro«eo, corretpcmUal et l'la»lii«' rsAis. — nrosBApaix plom raioBS, rw bb vasbosb*. U.
PâUf. —
.DUBOCHET, LECHEVALIER bt 0>, 60, RUE RICHELIEU. — S5
CHIMIE APPLIQUÉE. (Suite.)
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(Flg.8I.)
Après avoir bien nettoyé et dégorgé les toiles sortant éet leMivet, on les passe dans un bain de chlore on mieux de chlomre de chanx , à 2 degrés , pour achever is dettmction des matières colorantes. Ce bain est placé dans un envier garni d'nn trinquet (fig. 21) sur lequel on enroule les toiles et qui par son mouvement fait passer successivement tonte la pièce dans le bain. Les toiles restent en immersion dans le liquide, pendant dix à douxe heures, en les faisant manœuvrer de temps en temps sur le trinquet pour changer les points de contact. On emploie pour le blanchiment, en deux passages, entre 1/20' et 1/30* du poids des toiles en chlorure de chaux, suitant leur qualité et leurs nuances.
Immédiatement an sortir des bains de chlomre , les toiles, sans avoir été lavées, mais seulement pressées entre deux ronleanx , sont immergées dans une cuve couteoant de Tacide sulfuriqueà 1 on 2^. On les tourne sur un trinquet pendant vingt minutes ; on les abandonne flans le bain pendant plusieurs heures ; on les retire en les enroulant sur le trinquet , puis on les jette i Teau et on lei dégorge exactement.
L'acide , en agissant sur le chlomre dont les toiles sont encore imprégnées , met en liberté du chlore qui agit sur la matière colorante et la détmit , ou au moins la rend luceplible de se dissoudre dans une seconde lessive.
Après les bains acides et un dégorgeage fait avec soin , on donne aux toiles une nouvelle lessive de soude pour dissoadre la partie de la matière colorante déshydrogénée P»r le chlore , ainsi que la graisse s'il en restait encore. On donne un nouveau bain de chlorure et on termine par un vitriolage , c'est-à-dire par un bain d'acide sulfuriqne très-élendu et tiède qui dissout le fer et quelques matières terreuses qui pourraient se trouver encore sur les toiles ; on rince parfaitement
Les tissus de chanvre et de lin, toujours plus chargés denulièrei colorantes et résineuses que ceux de coton, ^'gent que l'action des mêmes agents, et notamment celle d^ lessives caustiques , soit répétée un plus grand nom- ^ de fois. On a conservé pour ces toiles l'ancien usage ^* '« exposer sur le pré , pendant quatre à cinq jours , oitre chaque lessive. Tout démontre que, durant cette ÇipositioD , l'oxygène de l'air se porte sur la matière courante , la déshydrogène , la rapproche ainsi des sub- ■^ces acides , et la rend.pir conséquent plus apte i se
dissoudre dans les alcalis. Ce qu'il y a de certain , c*est que la rosée et la neige , qui contiennent en dissolution beaucoup d'air très -riche en oxygène , hâtent singulièrement cette action. Les matières grasses, qui se trouvent aussi sur les toiles, absorbent également l'oxygène atmosphérique et passent i l'état d'acides gras , qui sont dès lors très-faciles i saponifier et à dissoudre.
Depuis qu'on a remplacé pour les toiles de coton l'exposition sur le pré par des bains de chlomre et qu'on ne sèche plus entre deux opérations , le blanchiment de ces toiles , dans les fabriques d'indienne , est terminé en quelques jours , et souvent même en vingt - quatre heures. Les toiles ainsi blanchies sont tout aussi bonnes que les autres pour l'impression et la teinture , et tout aussi blanches.
Les toiles blanches rincées et dont on a exprimé tout le liquide doivent encore être desséchées. Dans les usines bien. montées cette dessiccation s'opère dans des séchoirs chauffés , soit par un courant d'air chaud , soit par des luyaux où circule la vapeur. Cette méthode est préfénn ble aux séchoirs à air libre ; car elle est plus prompte et indépendante de toute influence atmosphérique.
Pour les toiles qui doivent être livrées blanches à la consommation , on leur donne différents apprêts , suivant les usages auxquels elles sont destinées. Le plus ordinairement on les immerge dans un empois composé avec de l'amidon , de l'alun et de l'axur de cobalt , ou de Tontremer factice , quand on vent en même temps les bleuir légèrement pour les faire paraître plus blanches. On les exprime entre deux cylindres métalliques , on les sèche , puis on les soumet i une pression asses énergique entre des cartons d'une forte épaisseur. — La gomme arabique , la dextrine et la fécule sont aussi employéu pour les apprêts. On introduit quelquefois dans ceux-ci de la terre de pipe ou de la terre À porcelaine, afin de boucher les vides de la toile et faire illusion à l'acheteur sur sa finesst et sa qualité ; mais au premier lavage la poudre interposée disparaît , et il ne reste qu'un tissu i mailles plus ou moins grouières.
Db la fabrication du papier. — C*est avec des chiffons de coton et de lin , le linge usé-, les lambeaux de nos vieux vêtements , qn'on fabrique cette substance prédense qui sert à recevoir et i conserver nos souvenirs et nos idées.
Le papier de colon est d'origine chinoise ; c'est vers le 9" siècle qu'on commença i l'employer ; mais vers le 1 1 * on le 12" siècle, il fut remplacé par le papier de chan-
vre et de lin. La nreté toajonn croifstnte des chiffons de lin a fait reprendre, depuis vingt-cinq i trente ans, rasage dn coton pour cette industrie, bien qn*ii fournisse un papier mon et sans corps , en raison de la moindre ténacité de sa fibre ligneuse ; en revanche le papier est plus blanc et plus propre i recevoir les empreintes de la gravure. Généralement on mélange les chifTons de diverses natures ponr le papier ordinaire.
Voici comment on procède dans les papeteries modernes.
Les chiffons , d*abord triés et assortis suivant leur degré de finesse, de blancheur et d'usure, sont déchiquetés en petits morceaux , puis entassés dans de grandes cuves pour y subir un commencement de putréfaction qui a pour but de les attendrir. Cette opération s'appelle powrristage. On y fait succéder VeJUockage , qui consiste à diviser les chiffons i Taide de machines à nuUHeu; ce sont des caisses on piles de bois ou de fonte dans lesquelles les chiffons reçoivent l'action de lourds marteaux ou maillets qui s*élèvent et s'abaissent continuellement par suite du mouvement qui leur est transmis par une roue hydraulique : les chiffons sont ainsi réduits en une pâte ou pulpe plus on moins fine.
Dans les bonnes papeteries de la Hollande et de la Belgique, on se contente, ponr attendrir les chiflbns, de les faire tremper dans Teau pure en les remuant souvent et en renouvelant incessamment l'eau. Dans la plupart des fabriques françaises et anglaises , on sonmet les chiffons, immédiatement après le triage , à l'action d'à ne machine, dite moulin à cylindre des HoUandai» , qui les déchire et les divise avec beaucoup de facilité, de diligence et d'économie. C'est une caisse en bois ou en métal dans laquelle se trouve un cylindre dont la circonférence est garnie de lames métalliques qui se rencontrent, pendant la rotation, avec d'autres lames semblables adaptées au fond de la caisse. Le cylindre étant mis en mouvement, avec une vitesse de 120 tours par minute , on jette une certaine quantité de chiffons dans la caisse, on ils sont entraînés avec une grande rapidité par les Umes du cylindre, qui les déchirent, et les déposent, sons forme de pâte grossière, sur un plan incliné à jonr, où die s'égoutte. Pendant cet effilochage, de l'eaa est sans cesse introduite dans la caisse, ponr laver en même temps les chiffons.
La pâte est soumise à raclion de cylindres plus rapprochés du fond de la caisse , jusqu'à trots reprises différentes , afin de l'avoir plus fine et plus homogène. Dans cet état , elle est bien lavée , mais elle conserve encore une couleur qui dépend de celle qn'avaient les chiffons ; on la blanchit en la plaçant dans un réservoir hermétiquement fermé où l'on fait arriver dn chlore gaseuz qui reste en contact avec elle pendant trois heures environ ; ou bien on laisse séjourner sur elle pendant plus ou moins de temps une dissolution de chlorure de chaux, faite dans les proportions de 9 i 3 kil. de chlorure sec par 100 kil. de pâle.
Celle-ci étant bien décolorée , on la fait repasser plusienn fois sous les cjlindres , tant ponr la bien laver que pour la diviser davantage. Elle est alors prête i élre transformée en papier. Deux procédés sont employés pour y parvenir : l'un h ta main , Tautre pins récent , h la mécanique. *
Dans le premier, la pâte eii réduite en bouillie claire et homogène dans une grande cuve , où un ouvrier plonge un châssis métallique sur lequel une couche uniforme de pâte s'applique. En retirant ce châssis et le laissant cgoutter, la pâte prend une certaine consistance et forme une feuille continue que l'on presse entre des draps de laine oui la dessèchent plus complètement Les feuilles, ainsi obtenues, sont superposées et pressées de nouveau , puis séchécs sur des cordes dans un grenier.
Le papier, destiné i l'écriture, est collé après sa dessiccation. Ponr cela, on plonge les feuilles dans une dissolution fsible et tiède de colle d'amidon , d'un savoo résineux et d'alun. Les feuilles humides sont preaées rt séchées de nouveau , puis soumises à l'action de pntsn sèches pour donner de la fermeté an papier, et commnniquer k sa surface toute la douceur et le poli qu'on peut désirer. On dispose les fenilles en «unas de 2A ou 25 feuilles ; et ensuite en routes de 80 mains.
En 1799, un ouvrier d'une papeterie d'Esaooe, Louis Robert, inventa une machine à Cibriquer le papier en grandes dimensions et par mouvement continn. Cette machine, portée en Angleterre par Léger- Didot, qvi en avait acheté la propriété , y reçut de grandes améliorations et fut bientôt introduite dans les papeteries anglaises. Ce n'est qu'en 1814 et 1815 qu'elle fut adoptée en France. Je me bomeiai à dire que la pitr tombe sans cesse , en bouillie laiteuse, sur une toile métallique sans fin qui l'entratne avec elle et qui est animée d'un mouvement transversal de ra-ct-eieal pour l'étendrr uniformément et la faire égoutter. La feuille, ayant déjt une certaine consistance, passe entre deux cylindres garnis de feutres qui lui enlèvent une grande partie de soo eau, et après avoir subi la pression de deux antres cjliadres , elle s*enroule successivement sur deux nonvesiix cylindres chauds et polis qui la dessèchent et font disparaître les inégalités de sa surface. L'immense ronlcao de papier, ainsi obtenu , est découpé en feuilles de dw mension convenable , an moyen d une autre machioc imagbée par un ingénieur anglais, Edouard Gowper.
Deux minutes suffisent ponr rendre le papier i^arfait, i partir du moment où la pâte s'écoule sur la toile métallique , et celle-ci marche avec une vitesse qui fournit environ 2 m. 1/S carrés de papier par minute, on une étendue de 500 lieues (200 myriamètres) par jour snr une largeur de 1 m. 1/2, dimension ordinaire de lanuchine.
Les 200 machines a papier qui existent en France consomment par jonr, y compris les cuves , environ 2<tO mille kil. de chiffons , qui sont convertis en papier ai et un déchet de 30 p. 100, ce qui suppose, chaque année, une consommation de 1 kil. 1/2 de papier par tête.
Cette énorme coosonmiation de chiffons a fait élever leur prix et provoqué des essais nombreux ponr les remplacer par d'autres matières filamenteuses plus commane* et moins chères. Jusqu'ici, on n'a obtenu que des produit'^ inférieurs, si ce n'est avec la paille, qui fournit actuellement du papier très-blanc et nerveux. On (ait aussi, atec l'écorce du bambou et du mûrier k papier, un papier aussi bon que celui confectionné en Chine avec ces mêoe$ matières , et qui est plus propre que tout antre k recevoir l'empreinte de la gravure.
Les cartons communs sont fabriqués avec les rognures et les débris de papier de toute espèce , que Ton réduit en pâte. On leur donne de la roideor en y introdoiAst une certaine quantité de savon résineux. Les cartons fins et les cartes à jouer sont obtenus par la superpositioD de feuilles de papier plus ou moins épaisses que Ton colle ensemble, et qu'on passe ensuite au laminoir pour les rendre plus lisses et plus compactes. On donne aux cartes de visite l'apparence de l'émail ou de la porcelaine, en les recouvrant d'une couche de céruse et les soumeUsnt an frottement d'un cylindre d'acier poli , qui fait nsîtrr un lustre très-vif. Le carton-pierre , avec lequel on fait des ornements sculptés pour la décoration des théâlres et des appartements, n'est autre chose qu*nn mélan|;e de pâte â papier, de colle-forte et de crsie que Ton moair et que l'on sèche.
bu fulm-eoton. — Si Ton ti^mpe pendant quelque minutes dn coton en laine, du linge, dn papier, enfin toute autre matière essentiellement compoêée de celln*
CHIMIE APPLIQUÉE
4tt
lose d«of de l'aciclfl aioUqne aa maximum de coocentralion, 00 dam on mélange à parties égales d'acide aïoliqne en commerce et d*acide snlforicpié, qn'on lave eninite à gnnde eau et qu'on sèclie ces divers objets ; sans perdre lénr appsrencé extérieure « leur contextore fibreuse , ils acqoièrent une combustibilité merveilleuse et toutes les propriétés de la pondre à canon. C'est alors ce qu'on appelle le/màÊi-eoton , la pou4r€-€9Um , le eoUm-pomirt , le (^mt on le papitr axoùque , la pffraxifliiu , le pfroxifU. Au point de vne chimique , c'est de bi cellulose qui a perda tro» équivalents d'eau , et qui a pris cinq équiva- IfoU d'acide asotiqne. Cette fixation des éléments de l'adde asotiqne sur U cellulose explique, d'une part, l'exemive cotabustibilité de la ptfroxfUne , et de l'autre , raogmentation de poids qu'éprouve le eotim qui a subi la transformation; 100 de coton ou de papier sec fourniisent 1 7 5 de pjfroxylme,
La découverte de cette substance combustible est déjà aodcBoe, puisqu'elle remonte i 18S3; elle est due à \t. Braconnot, de Nancy, qui, toutefois , n'entrent pM ka applications qu'on pouvait en faire comme pondre inflanmiable. En 1838, M. Pelouse signala sa grande combustibilité et proposa de l'appliquer à la confection (i«s gargoBsses p<iur l'arjtillerie. Ce n'est que dans les denuers mois de 1846, que le professeur Sdtosnbein, de Râle, a en l'idée de l'employer comme moyen balistique ponr remplacer complètement la pondre de guerre , «n avalant, comme avantages, dans la nouvelle poudre : un transport plus facile et mdins dangereux , puisque , bien rompriniée, elle prend difficilement feu ; une force de projection supérieure; l'avantage de ne pas encrasser les muet , pnisqn'ello ne laisse pas de résidu par la cornboitioa ; enfin , celui de pouvoir être mouillée, sans perdre de son énergie et de son inflammabilité.
L'attention publique a été vivement préoccupée par nlte annonce du professeur suisse , et de tons cAtés , i reori, on a lait des recherches sur ce singulier produit falminant. U est constant qu'à poids égal , ses effets dynamiques paraissent cinq i six fois plus énergiques que ceax de la poudre ordinaire , mais on est encore loin de ponroir se prononcer sur la valeur réelle de ce moyen baKfUqoe tout nouveau dans sa nature et dans ses effets. Qaant anx inconvénients que le fulroi-ooton peut présen- In- dans ion emploi, ils disparaissent complètement quand on l'applique dans l'extraction des rochers, l'explosion des ■Bines et la confection des feux d'artifice. L'expérience ultérieure apprendra ce qu'on peut espérer des services réela de ce produit qui a tout d*abord excité une trop rnt admiration , et fait nattre de trop grandes espé-
Lct 01 et la mao des animaux rendent d'importants x^rrices et fonmîssent, entre autres produits utiles, la gélatine on colle forte et le cuir. Nous devons donner une idée sommaire de ces deux industries chimiques.
PiiriRATio!f DB LA ciLATin. — Qnsnd on soumet k l'action prolongée de l'eau bouillante du tissu cellulaire Mimai, de la peau, des tendons , des cartilages, etc. , on voit ces matières se gonfler, se ramollir , et enfin se dis- WQdre presque sans résidu. La liqueur, par le refroidissant, se prend en une masse tremblante ou gelée, qui, P«r l'exposition i l'air , se dessèche et forme alors une *nlwtaoce dure et cassante , incolore , dépourvue d'odeur «t de saveur et susceptible d'une conservation indéfinie, ionqn'oQ la soustrait à Thumidité. C'est i cette snb- *l*oce qn'on donne, depuis bien des années, le nom de
Ce prinripe immédiat n'existe point tout formé dans les organes des animaux , mais il est le résultat de la transformation dn tissu cellulaire , par l'action de l'eau
bouillante, en un principe qui parait être isomérique avec loi ; et cette transformation s'opère en présence on hors du contact de l'air, sans qu'il se manifeste aucun phénomène apparent , et à peu près de la même manière que s'opère la conversion de l'amidon ou du ligneux en sucre.
Dans les arts, on distingue plusieurs espèces de gélar tine, non pas qu'elles aient des propriétés chimiques distinctes, mais uniquement en raison de leur origine , de leur degré de pureté, de leurs usages. Ainsi on appelle eoUe de Flandre et eoUe-forte la gélatine obtenue en faisant bouillir dans l'eau les peaux des animatu , lès rognures de cuirs, les vieux gants, les tendons, les pieds, les oreilles de chevaux , de bmnfs , de veanx , de montons, etc. Pour la première sorte de gélatine , on choisit les matières premières les moins colorées et les plus fines. Lorsque la liqueur est asses concentrée pour se prendre en gelée consistante par le refroidissement , on la tire i clair et on la coule dans des moules en bois de sapin plap ces dans nn endroit frais. Quand la matière est prise en gelée et complètement froide , on la coupe par tranchas que l'on fait dessécher en les plaçant sur des treillages en cordes ou en fils métalliques, dans un endroit tiède et aéré. Il en résulte des tablettes minces et demi-transparentes, incolores, on plus on moins colorées, qn'on embarille et qu'on conserve dans dn lieu sec.
Voici l'appareil (fig. 32) qui sert au traitement des peaux et des autres matières qui fournissent la gélatine.
(F%.M.) A, réMTToir i mq. B, dUodlèrt oà Von &tt eoiro !«• matiirvs «vot TeM ; elU wt awUa d'oa hm Somà m téla oa Mln« p«reé <• tro» cooui* OD0 écomoire . 4flB d*eaipéch«r qst 1m aatièrM pisi 00 molot ToloniiD«oici ne t'attadieot aa pmoior fond. C. chaodiére inférfooro dMtin^c i rocefolr «t ■ eooetntrpr •■ eontlitaow eont e- DAblo le liqotdo géUtlaoox écooK d« U ehtodlén B. D. petit m«« •«rrut i porter 1« Uquido dans Us Booln. 4pré« U ropot «t U eltrifiMtioo.
Les diverses qualités de gélatine sont désignées commercialement par les noms des pays de fabrication. Les plus estimées sont celles de Rouen et de Bouxvillers; la plus belle colle de Flandre est fabriquée k Rouen ; on l'appelle grenkine, dn nom de son fabricant
On fait aussi de la colle de Flandre avec les os des animaux, tantdt en les soumettant pendant trois heures i l'action de l'eau portée k la température de 121 à 135" dans une autoclave, tantdt en les dépouillant de tous les sels terreux qu'ils contiennent par on séjour prolongé dans de Tacide chlorhydrique faible; au bout de 10 jours, les os sont complètement ramollis et ne consistent plus qu'eu tissu cellulaire qui, par l'ébullition dans Peau, se dissout complètement en se changeant en gélatine. Sn opérant en grand, on obtient ainsi de 22 à 2<4 p. 100 de colle sèche.
La cotte de poiston on ielOhfocolle est tout simplement la membrane interne de la vessie natatoire de l'esturgeon , roulée en forme de lyre ou ployée en carré , puis blanchie par l'acide sulfureux et sérhée.
Toutes les espèces de gélatine sont employées comme substance adbésive et collante, ainsi que pour l'apprét des tissus, la clarification des liquides alcooliques ou astrin-
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IMrtt. Avec les bellet coHei , on fait des gelées «limentairet , en y aHoeiaiit da facra , des aromates et dn vin on dn rhnm ; on les découpe en peins à cacheter et en Henri artificielles.
Pour se sertir d'nne colle sèche , il faut toujours la laisser tremper dans Tean froide pendant plusieurs beares pour qu'elle se dissolve presque entièrement par réballition.
(Test parce qne la chair musculaire du bœuf, la chair Manche des jeunes animaui , tels qne le veau , le poulet, les pieds de bœuf, sont accompagnés d'nne grande quanlitc de tendons et de ligaments conversibles en gélatine, qne les bouillons faits avec ces matières ont la propriété de se prendre en gelée par le refroidissement , lorsqu'ils sont sufllsammeut concentrés.
TâHNAGi. — La peau des animaui, desséchée sans auoine préparation, se pourrit aisément , s'imprègne d'eau avec facilité et se détruit par un frottement répété. On remédie i tons ces inoonvénienti et on la rend propre i la eoofeclion de nos chaussures, en tirant parti d'une propriété qni lui est commune avec presque tous les antres tissus des animani : c'est de pouvoir s'unir intimement an principe astringent des plantes, qui porte le nom de tmmmn on à*meiàe tmimquê. Qu'on plonge on morceau de peau fraîche dans une dissolution de ce principe immédiat , on dans la décoction d'écorce de chêne , de noix de galle , de sumac on de toute autre substance Mlringente, il enlève peu à peu ce principe à l'eau, qni, au bout d'un temps suffisant, n'en renferme plus aucune trace. Le composé, ainsi produit, est très^Inr, tout à fait insoluble , imputrescible , et peut supporter les alternatives de sécheresse et d'humidité sans absorber l'eau. Cette réaction indique la théorie dn taiuhaob , nom qne Ton donne à l'opération qui convertit les peaux des animaux en cuir.
Le tannage comprend quatre opérations dtstiocles :
La première a pour objet de dépouiller les peaux des ebahrs , des cornes , et de les laver.
La deniième consiste i les débourrer, c'est-i-dire à enlever le poil qni les recouvre ; ce qui se fait en les tenant plongées pendant plusieurs jours, à la température ordhiaire , dans une dissolution très-faible de chaux ou d'acide snifurique , ou dans de l'eau aigrie par la fermentation de l'orge et de la levure, ou dans de Ujuiée , qni n'est autre chose qne de l'eau aigrie par son contact avec la Uumie on le tan usé. Quelquefois on se contente de laisser les peaui en tas dans un lien chand. Dans tons les cas , les peaux se gonflent , se distendent , et leurs pores s'ouvrent de manière qu'on peut facilement en arracher le poil, en les grattant avec un couteau rond. L'épiderme est aussi enlevé avec les poils , parce qu'il ne se combine pas avec le tannin.
La troisième opération consiste i tenir les peaux dans une eau courante pour les ramollir , et à les étirer ou gratter de nouveau.
La quatrième opération est le tannage proprement dit On superpose les peaux dans de grandes cuves en bois on en maçonnerie, qu'on appelle /omm, avec de la pondre grossière d'écorce de chêne ou loji , et on arrose le tout Le tannin de l'écorce se dissont et est succeuivement absorbé par les peaux , qui se durcissent. Au bout de trois mois de contact , on renouvelle le tan , opération qu'on fait une troisième fois , en sorte que le tannage n'est complet qu'au bout de dix à douse mois. An sortir des fosses, les cuirs , complètement tannés, sont desséchés lentement à l'ombre. Ils ont alors une couleur jaune, plus ou moins foncée, dans toute leur substance. On ne consomme pas beaucoup moins de 300 kil. d'écorce pour 100 kil. de peau fraîche, et le poids de celle-ci s'élève a 150 kil. par Je tannage.
Dopais UM dooiaine d'annâs, des modifications plus
ou moins importantes ont été apportées à ce procédé li long. Par l'emploi de machines appropriées et par la substitution de l'infusion de tan à l'écorce sèche en nature , on opère le tannage complet des peaux de bœufs en 90 jours , celui des peaux de vaches en 60, et des peau de veaux en 30 jours.
Les peaux de bœufs, de buffles, etc. , servent particulièrement à préparer des cuirs forts pour semelles d bottes fortes; avec celles de vache, de veau, de cheval , etc. , on confectionne les cnin mous pour les tign de bottes fines et souliers minces , pour les hamaif , etc. Le maroquin est de la peau de chèvre tannée et mise en couleur du c6té de la chair. Le cuir do ituMoie doit sa qualités à l'huile empyreumatique de bonlean dont oc Timprègne. Le cuir verni est recouvert de plniienrs couches d'une dissolution de bitume de Judée et de verois , gras au copal dans de l'essence de térébenthine et de l'huile de lin lithargyrée. Les ctitirf eotorio sont taonn avec le sumac ou la noix de galle. Les ours biama faits avec les peaux de chevreau, de mouton, d'agneau, et qui sont destinés a des ouvrages délicats , sont rend» imputrescibles par leur séjour dans une solution d*slQn et de sel commun.
BlANCHIIIIXT dis riBRBS TBXTILIS AVlMALn. — L'êtoéf
de la laine et de la soie , seules matières textiles qac nous fournissent les animaux , devant être faite dans les traités 67 et 73, nous ne parlerons ici que des opérations chimiques auxquelles on les soumet poor lô débarrasser des matières étrangères qui les «alisseot , lei colorent et qui s'opposeraient à la fixation des ooalemn dont on veut les enrichir. Nons dirons toutefois , avaal tout, que ces deux matières diffèrent essentiellement, par leur nature et leurs propriétés chimiques, des fibres véffttaies , et ne peuvent , par cela même , éprouver ractioo des acides , des alcalis et du chlore sans être altérées pins ou moins profondément , ce qui nécessite d'antres omthodes de blanchiment que celles qui servent pour 1rs tissus formés par le ligneux.
La laine qu'on veut blanchir a déjà été débarrassée rs partie dn euint ou matières grasses et des ordures , par suite du* lavage à dos on du àiauinU^e qu'on lui fait sabir avant ou après sa tonte. Mais il y reste tonjour* des corps gras , cireux et colorés, qu'il faut enlever avant ér la teindre on pour l'amener an blanc parfait
La première opération, nommée d^^raiiM^e, s'aécntr, pour la laine en flocons , de la manière suivante. Dan» des chaudières d'environ mille litres, on met de l'eas <avec 70 on 80 litres d'urine putréfiée et 20 kil. décrittaux de soude, et on fait chauffer i 50 on 55<*. Alors m y introduit la laine , qu'on remue continuellement stK de petites fourchettes de bois. L'ammoniaque contcnaf dans l'urine , et la sonde des cristaux dissolvent et cotratneot la portion de matière grasse non saponifiée de suint Au bout d'une demi-heure, on fait égoutter la laine , puis on lave à grande eau , dans des panien de forme appropriée , pour la bien nettoyer.
Un dégraissenr, avec quatre ouvriers laveurs opérant dans deux paniers plongés dans l'eau courante, peut dégraisser par jour la quantité de laine voulue pour 4 draps, c'est-à-dire environ 160 kil. de laine supposée sèche. Le même bain peut serrir 3 jours, seulement on y ajoute, de temps en' temps, de l'urine et des cristaux de soode.
Lorsque les laines sont très-chargées de suint, op supprime les cristaux de soude ; lorsqu'elles ont déjà été lavées après la tonte, on les dégraisse sans nrine, avec demi-dose de cristaux de soude.
Lorsque la laine doit rester en blanc on servir à rinpression , on l'amène au plus haut degré de blancbeor possible, an moyen du êoufrage^ c'eat-i-dire en fesposant i l'action du gas adde sulfureux. Cette opératioa fort simple eontite à mettre dans ane chambre , ou dsai
CHIMIE APPLIQUEE
■M caille ^ on enfin dans un cavetn en bois faerméliqnemcnt fenné et dans lequel on éltle les étoffes que Ton feat aimi décolorer, nn vase plein de sonfre qu'on enflftiBine. Pour 100 kil. de laine, on emploie i peu près 2 kil. de soufre. L*acide sulfureux, produit de cette eomboition , se trouvant en présence des tissus qu'on t en loin d'humecter, réagit sur eux et les décolore. Au bont de 24 heures, on aère et on sèche la laine.
Hâbitnellement, après le soufrage, on soumet la laine à an léger bsin de savon pour lui donner plus de moelleax ; on Taiure ensuite. La laine blanchie , après avoir été fiJée, est toujours d'un plus beau blanc que celle qui eu wnmiie aux opérations précédentes pendant qu'elle est encore en toison.
U soie ierue est recouverte d'un enduit ou vernis anqoel elle doit sa raideur, son élasticité et sa couleur. Cet eodoit , qui forme à peu près le quart de la soie , est un méUoge de gélatine , d'albumine , de matières grasse , cirense et résineuse, et de matière colorante rouge. Comme toutes ces matières étrangères sont solobles dans l'eia de savon chaude , le digommage et le déereuêoge He U soie sont très-faciles. On nomme ainsi deux pasttges tu savon blanc, le premier avec 30 p. JOO, le Kcond svec 20 p. 100 de savon; pour celui-ci seuleoeot on emploie la chaleur de l'ébuUition pendant une heure et demie.
Pour les soies blanches , on termine le blanchiment par un léger bain de savon dans lequel on ajoute un peu de rocon pour avoir ce qu'on appelle le blanc de Chine , ou no peu d'indigo fin pour avoir les blanci axurii. A Lfoo, on soumet les soies dégommées et cuites au soufrage, qui s'exécute comme pour la laine, puis on les puie en axur dans de l'eau très-claire.
CH4PITRI DKUllftui. PBIVCIPIS IT PRODCITS lUUioiATS
BUPLOY^ JUUBNILLRURVT.
Les principes et produits immédiats dont nous croyons defoir parler dans ce chapitre sont : le sucre, les corps gras et les composés qui en dérivent, ainsi que l'un des wls formés par l'acide tannique , c'est-à-dire l'encre. Ce Mot là des matières d'un usage général et quotidien.
SicBis. — On réserve en chimie le nom de tuere à toBle substance douée d'une saveur plus on moins douce, H qni a la propriété, lorsqu'elle est mise en contact avec la lemre de bière ,. dans des conditions de température convenable, de sabir la fermentation alcoolique , c'est-àdire de se transformer en alcool et eu acide carbonique.
H j a trois espèces de sacres bien distinctes , à savoir :
1*> U sucra ordinaira, qui a pour type le tuare de rmu; il cristallise en gros prismes hexaèdres bien régulien ; c'est lui qui existe en proportions notables dans la lige des roseaux , du mais , dans la sève des arbras , noliment des érables et des bouleaux; dans les racinesîle betterave, de carotte, de panais, de navet, dans les pitates douces , dans le nectar des fleurs , dans les chât^gnes , les melons , les citrouilles , les bananes et autres Tmils des tropiques.
i" Le sucra des fruits , qui a pour type le tuere de '^itin; il ne se montra jamais qu'en petits grains blan- 'kâtres peu consistants qui se groupent en tubercules semblables à ceux des choux-fleurs ; sa saveur est fraîche -t iJ sucre deux fois et demie moins que le précédent, r/est cette espèce de sucre qui existe dans les raisins , les %nes, les carouges et dans tous les fruits sucrés de SOI climats qui présentent en même temps une réaction Kide, dans le miel, le chiendent et dans l'urine des naïades affectés de la maladie connue sous le nom de iiekku. Ou sait depuis une vingtaine d'années qu'un usez grand nombre de sabstances végétales , et particuiiérenenl l'amidon, la fibra ligneuse, la gomme, le
suera de lait, smit MueeptiMet de se Iranslbrmfr, som plusieurs influences, en cette sorte de sacra; c'est le ghieoêe dont nous avons déjà parlé.
3» Knfin le stitre liquide ei ineriUmllitablê ^ qni existe dans tons les fruits franchement acides , notaninent dans les pommes et les poires , dans le jus d'oignoo , dans le miel et le nectar des fleurs associés aux sacres prMdents. C'est lui qui constitue la wUUuee, qu'on obtient dans le traitement du sucre ordinaira , par suite d'une altérition que ce dernier éprouve dans sa constitution de la part * de la chaleur.
Le sucra propra à nos usages domestiques s'extrait presque exclusivement de la canne , de la betterave et de l'érable ; encora ces deux derniers végétaux ne sonl^ils exploités que dans un très-petit nombra de localités , la betterave en Europe, l'érable dans l'Amérique septentrionale. C'est donc surtout la cmnne à tuere qui fournil la majeure partie du sucra consommé dans tons les pays ; la totalité de sa production est annuellement de 2 mil» liards 800 millions de kilog., sur lesquels la France prélève seulement 120 à 130 millions de kilog., ce qni porte à 3 kil. 1/2 la consommation annuelle de chaque individu.
Nous indiquerons brièvement l'extraction du sucra de la canne, qui a lien dans les colonies intertropicales anglaises et françaises.
La canne à sucra étant près de fleurir, on en ratranche le sommet, on coupe le reste de la tige très-près de terra et on en forme des bottes que l'on porte au moulin. Ce prétendu moulin (fig. 23) est une espèce de laminoir composé de trois gros cylindres de fer, élevés verticalement sur un plan horiiontal ou sur one table entourée d'une rigole pour l'écoulement du suc. Ces cylindres sont traversés par un axe de bois terminé en pivot aux deux extrémités. Celui du milieu est mu par une force quelconque, et, aa moyen d'engrenages , communique son mouvement en sens contraire aux deux antres. Un esclave présente nn paquet de cannes entra deux de ces cylindres , dont le mouvement tend à les y faira entrer ; elles y passent, s'écrasent et le suc en déeoule. Pour mieux les épuiser, nn autra esclave, placé derrièra le moulin, les reçoit et les présente de l'antra côté du cylindra central ; elles y entrent de nouveau , sont encora écrasées et repassent du pramier côté. La canne ainsi exprimée se nonune 6agatee ; on la fait sécher et on l'emploie comme combustible.
(Fig. 23.)
Le suc exprimé on vetou^ qui s'écoule par la rigole du moulin dans des réservoin , est additionné de quelques centièmes de chaux , et chauffé jusqu'à -h ftO» environ dans une chaudière de cuivra. On enlève à mesura les écumes qui viennent à sa surface , et quand il est safttsamment clarifié on le cuit rapidement jusqu'à ce qn*il
hVt
INSTRUCTION PODR LB PELPLE.
marque 2S« à raféoÉ^Irt»; on Je filtre alors à trcten une étefle de laine. On l'évaporé epniite en contittance de sirop très^pais , puis on le verse dans une large bassine pour en accélérer le refroidissement, et bientôt après dans des caisses on tonneimx percés de trons qui sont boQchés» Quelque temps après , on le remue avec une latte de bois ponr favoriser la cristallisation. Le sucre, en refroidissant, se prend en une masse confuse de petits cristaux irréguliers. On débouche alors les trous , afin de faire écouler le sirop non cristallisé ; on laisse sécher le sucre solide , qu'on expédie en Europe sous les ttomi de nurs knU , de mote&uade, de eouonade. Le sirop est cuit de nouveau et à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'il ne donne plus de cristaux ; il est alors épais et de couleur brune ; on le désigne sous le nom de wtilmae , et on l'utilise principalement à la fabrication du
Terme moyen, 100 parties de canne ne donnent pas plus de 50 parties de vesou , bien qn elles en renferment 90, et 100 parties de vesou ne fournissent pas plus de 10 à 12 parties de sucre, bien qn elles en contiennoit 20 parties. On fait donc des perles considérables. La mélasse est la conséquence d'une mauvaise fabrication , car il suffit d'évaporer le vesou rapidement et au-dessous de 100<> ponr en extraire, à l'état cristallin, tout le sucre qu'il renferme.
La cassonade nous arrive sous forme de poudre sableuse et jaunâtre; elle est encore imprégnée de mélasse, et mêlée de substances étrangères qui lui donnent un goût plus ou moins désagréable et la propriété de fermenter très-facilement Delà, la nécessité de la rafiner. A cet effet, après l'avoir fait dissoudre dans 30 p. 1 00 d'eau, on projette dans la solution chaude 1/2 p. 100 de sang de bcraf et 3 à 4 p. 100 de noir animal fin , on remue bien et on porte à l'ébullition. L'albumine du sang opère rapidement la clarification. On enlève les écumes , et on filtre le liquide au moyen de grands sacs en , coton aaaa (fig. 84) attachés ver- "* ticalement par les deux bouts aux fonds supérïeur et inférieur d'une grande caisse en bois doublé de métal h h. Le liquide est versé dans l'espice libre qui environne les sacs , il passe à travers du dehors au dedans et les remplit ; puis il s'écoule à mesure dans un double (Fig. 24.) f^Q^ <; c par l'ouverture ménagée à,
la partie inférieure des sacs. Un robinet d^ placé au bas du double fond , conduit le liquide clair dans un réservoir. La BItration de 350 kil. de sucre brut ne demande pas 20 minutes dans cet appareil qu'on connaît sous le nom de JUtrê-Tofflor,
Pour décolorer le sirop , on le fait passer au travers d'une couche épaisse de noir animal en grains. On se
sert pour cela éu/Utre-Dutnont^ûg. 25).
C'est une caisse en bois a a, doublée de métal, tronquée et renversée, ayant dans le bas un double fond percé de trous i 6 , sur lequel on place une toile humide , et par-dessus une couche épaisse de noir humecté et tassé. On recouvre cette couche d'un diaphragme métallique criblé de trous ee^ sur lequel on fait arriver le sirop ; il sort du filtre , par le robinet d , limpide et décoloré ; il marque environ ZO** à l'aréomètre. U s'agit alors de le cuire au point nécessaire pour qu'il cristallise.
Cette cuisson s'opère, dans les raffineries modernes , d'une manière très-prompte et très-commode, à l'aide de divers appareils qui sont construils sur ce principe que les liquides bouillent à une température d'autant plus basse qu'ils supportent une moindre pression. I/appa-
reil de Roth produit très^conomiqueoMiille vide dans la chaudière par la condensation oontinaelle de la vapeur aqueuse émanée du sirop. Cette vapeur passe de lachan-
(fig- «6) a. Chaudière de coile avec double fond, la tout eo caÏTTC. b, Tajn i* vapeor venant da génératear. c. Ta jao d'cmbranchrincot amenât I« vapear dana le double fond dà, e, Aatre tnyav condmissat la vipev dana le aerpentin a «n eiMvn, qai plonge m oulien d« «irvp. /. Aatre tofaa amenant la vapeor dane le corpi de la chaadièra, etMTVAat à faire le vide an commencement de l'opèratioa. g. Bobinât deatioé i donner iaeoe i l'air coolena daot l'apparail . loraqa'oa fiait le vide •• BOf eo de la vapeor. et i le laiaaer rentror qaand on vcot %iàtt le airop. h, Tof an eervant i faire éconler l'eao de la vapeor coodcMt^ dane le dooble fond. t. Retoord'eao de la vapeor coadeoaéc dam* )« serpentin, k , Toyao par leqoel le airop aspiré »e m4 da réservdr r dans la ebandiére de coite, l, Tofaa poor réeovlaaaat da tatf cott. mm. Grand vaae en tôle, servant de eoodenaeor eo de réfTiffrant. n, Toyao de commooicatioo entra la cbaodiére de roite et U condenseor. o, Tojao par leqoel l'oeo froide aapiréo ae re»d do rraervoir p dans U eoadeaseor. Çf , Diaphragaies deatiaM 4 mollipli* les cootaets entre l'eao froide et la vapeor arrivant de U cbaodièt t. Manomètre indiqoaot la pression qoi rxitte dans le condeaanr. r. Viveao aecosaot la baoteor de l'eao dans le condeoe«ar. r, Beèinft poar la vidange de l'eao do coadenseor.
dière dans un grand vase où de l'eau froide, arrivant incessamment sous forme de pluie, en opère aoisit^ la liquéfaction. Le vide prodoit ainsi dans le réfrigérant . appelle une nouvelle quantité de vapeur de lachandiëie; la cuisson s'effectue donc dans le vide , c'est-à-dire dioi les circonstances les plus favorables pour marcher vite sans nue haute température. La chaudière de concentration a un double fond dans lequel arrive de la vapeor. et celle-ci parcourt également un serpentin plongeant as milieu du sirop. La figure 26 donne une idée complèfa* de l'appareil de Roth
L'appareil de Roth opère la cuite dans 14 à 16 minutes, la température de l'ébullition ne dépanant pm 80^. Un appareil de deux mètres de diamètre prai cuire 12,000 kil. de sucre par jour.
Lorsque le sirop marque 42 ou 43°, on le lait écoala-
dans un rafratchissoir ; et , quand il est près et
se grener , on le distribue dans des c6nes en
terre cuite (fig. 27) , renversés et percés à lesr
sonmiet d'un trou qu'on tient boocbé jusqa'à
ce que la cristallisation soit achevée. Les formes
sont placées dans une étuve chaaflée à 2S*.
Le sirop étant entièrement solidifié dans \n
fK formes, on ouvre les trous de ceUea-ei poor
\ ) faire i^niXkXXKt le sirop non cristailiaé ; puis
(G 27 \ ^'''^'^ ^° procède an terrugt.
Cette opération consiste à recouvrir la base du pain de sucre d'une bouillie d'argile blanche, dont l'eaa. en filtrant peu à peu à travers toute la masse, dissont If sirop qui aidhère aux cristaux et l'entraîne. On remplacp souvent l'argile par un sirop de sucre bien blanc qui prc^ duit le même effet. Daus ce cas, l'opération s'appeilp elairfoge. Kn répétant 3 ou 4 fois l'emploi de Pargife ou du sirop blanc , on parrient à blanchir oomptéteaieat k pain de sucre , et à obtenir ce qu'on appelle le mtor rofai.
Les sirops qui se sont écoulés pendant le raffinagr sont traités de nouveau, et donnent les sucres inféricvn connus sous les noms de immpiy bâtarde ^ ttr^tmtf, et enfin la méUute , qui est le résidu final qu'on livre au distillateurs.
Cot, à pm de roodificttioni firèt , le mâme proeédé qo'oD suit pour eilnire le tnere de It radne de bettertve ; meis eelle-ci ne foiiniit guère plni de 6 p. 100 , Nen qu'elle eu eonlieniie mojenuement 10 p. 100. On en produit annoeUement en France 30 millions dekil.
Acide omaiiquê, — Panni les nombrenz nsagei dn sucre, il en ett un que noue devons mentionner spécialement ici , en rsison de son importance ; c*est la prépartlion de Vadde oxalique, qui rend tant de services dans les fabriques d*indienne ponr composer ce qu'on appelle des roHgeoiUy ponr enlever les taches d'encre et dérouille, pour éeurer les ustensiles en cuivre, etc. Toutes ces applications de l'acide oxalique reposent sur la propriété qa'il a de diasondre les oxydes de fer et de cuivre en fonnsnt avec eux des sels très-solnbles. L'eau de cuivre des épiciers est tout simplement une dissolution de 31 gr. de cet adde dans un litre d'eau.
Le lucre, ramidon, le ligneoz, nous pourrions dire U plopsrt des maftièras orwûqnes , se transforment en acide oxalique, quand on les chauffe avec une quantité coBvenable d'acide asotiquc. Celui-ci , au moyen de son oxygène , enlève à ces matières leur hydrogène élémentaire, ainsi qn'une partie dn carbone , d'où résultent de i'eso , du gas carbonique et des vapeurs nitreuses , et les BBène ainsi à ne plus contenir que du carbone et de l'oiygèac , dane les rapports de 2 parties du premier poor 3 parties du second , ce qui constitue alors Vaeide (arbeiuux on oxalique.
Cest par cette curiiiuse réaction qu'on se procure aciaellemeot cet acide ponr les besoins dn commerça En ^néral, on préfère le sucra, quand on veut l'obtenir pur arec facilité. Avec 3 parties de sucra et 30 parties d'acide aiotiqne faible, on pent produira 1 partie d'acide rriilallisé. La/écule en fournit plus de la moitié de son poida Dans tona les cas, on chauffe d'abord avec ménagement, pnia on fait bouillir le mélapge, et on évapora la liqueur jusqu'en consistance presque sirupeuse. Les cristaux en aiguilles, qui se déposent par le rafroidissemsDt, sont égonttés et puriBés par une nouvelle cristalli-
CHIlflE APPLIQlliK.
CoBPs eaas. — On donne ce nom à dès substances aenires, d*nne consistance variable, qui fondent à une tempéntnra peii élevée, qui tachent le papier d'une mar nièrê permanente, qui sont donces au toucher, peu sapides, insolubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool froid et même bouillant , que les acides et les alcalis rendent, en général, solubles dans l'eau, en les convertissant en de nouveaux produite connus sous le nom de taroM, qui sont enfin trèa-inflammables et brûlent avec one Bamme peu colorée , mais accompagnée d'une Tomée plus on moins épaisse.
Suivant l'état qu'ils affectent dans les circonstances ordinaires, on donne aux corps gras, dans le langage vulgaire , des noms particuliers. Ainsi on appelle :
Huikt, c*as qui Mmt liqoidet & U tMiipénl«r« ordinoira ; Bnrrn. mn qal Mat bom à -f 18*. tl fotiblM à 4. 30" ; <irm$êa, 1m eorp* gm qui provl««n«Bl Am aniiiuvi, et qai tont niMt
rttrèt-faaiUw:
Siùfi. les corpt gras da néae origtoe , mab qui Mot plot solidet, tt
q«i ne fbadaot qu'à -)- W.
Cim.caozqoiaanttràa-dort. eaaMoU, m ramolliMent i partir de
-{- U». et foDdaat géaéralemaBt i -f 64.
Tons ces corps graa sont des mélanges d'an moins deux principes distincts , l'un solide et l'antre liquide , afee dles principes odorants et colorants variables. Ainsi, rn laissant de c6té ces derniers, qui ne sont qu'accessoires, les huiles végétales renferment un principe gras solide {mw§ariMe) et un principe liquide (oléine) ; les graisses animales contiennent le même principe liquide, mais deux prindpea solides (eiar^ariiie et stéarine) ; le beurre de rache est constitué par nn prinripe solide (wuirgarine).
4ae
et denx principes liquides (oléine et bmlffrine) ; le blanc de baleine contient une huile fluide, et un principe solide (céine) ; la cira d'abeilles oflra un principe mon (céro' léine) et deux prindpea solides («Mieet myricuia), ete.
Quelle que soit. leur origine, les corps gras ont U même composition élémentaire , en ce sens qu'ils sont dépourvus d'axote , et très -riches en carbone et en hydrogène , ce qui explique leur grande combustibilité.
L'extraction des graisses et des huiles est asses simple ; mais la maniera d'y procéder varie en raison de leur consistance.
Dans les animaux , les matières grasses , enveloppées de tissu cellulaira et de membranes entremêlées de vaisseaux lymphatiques , souillées de sang , ne peuvent être extraites que par une altération de ces tissus et membranes. Pour cela , on divise la maase en tranches minces, on les lave, et on les fond, soit à feu nn , soit , ce qui est mieux, au bain-marie. Le suif (ou la misse liquéfiée) est isolé des membranes racornies et desséchées qu'on appelle eretone , et coulé dans des vases appropriés oà il se fige et durait
Le Isrd des grands animaux marins est traité de la même maniera , et fournit une huile fluide , colorée, infecte, qu'on désigne sons le nom d* huile de poiemm. Une seule baleine a fonmi quelquefois jusqu'à 50,000 kil, de lard, qui donnent 40 et même jusqu'à 100 tonneaux d'huile.
Pour les huiles des végétaux , c'est en somnettaut les semences oléagineuses à la presse qu'on les obtient dans le plus grand nombra des cas. Les huiles employées comme aliment et comme médicament ( huiles d'olive , d'amande , de noisette , de sésame , d'arachide , etc.), «t qui sont très-fluides, sont extraites par expression à liroid. Quand elles sont concrètes (heures de cacao, de muscade, huiles de palme , de laurier), ou prasse les graines entra des plaques msitalliques chaudes. Les huiles d'éclairage (huilea de lin, de noix, de oolaa, de navette, etc.) sont aussi obtenues par expression; seulement, avant U pression, on torréfie légèrement les graines écrasées, afin de détruira et de coaguler l'albumine et le mndlage qui empêchent l'écoulement de l'huile; mais alon on a des huiles nn peu altérées, pourvues d'une saveur àcra et très-sujettes à la rancidité: elles sont d'ailleura troubles, brAIent mal , et il y a nécessité de les épurer.
L'dpvra/iefi des huiles consiste à les battre fortement , pendant quelque temps, avec denx ou trois centièmes d'acide sulfurique concentré. Elles prennent nn aapect verdâtre, puis noir, à mesura que le mucilage se chadbonne et se précipite; on ajoute alors au méluge de la craie délayée en bouillie épaisse pour saturer l'acide ; on laisse raposer, et l'on soutire l'huile éclairde dans des cuves dont le fond est pereé de trous garnis de mèches de colon ou de laine cardée , ce qui achève de la rendra daira et limpide. On arrive plna rapidement au même résultat en battant l'huile déjà raposée et décntée avec dn tourteau pulvérisé et sec.
Une huile épurée est de bonne qualité quand elle n'est ni colorée, ni trouble, qu'en brûlant elle ne noireit ni charbonne la mèche , et qu die ne la couvre pas de petits champignona.
. Savons. — La fabrication des savons est une industrie chimique fort importante , qui rapose sur la propriété qu'ont les dcdis de communiquer aux huiles et aux graisses de nouvelles propriétés , et notamment la solubilité dans l'eau. Avec la sonde, on obtient toujoun des savons durs , avec la potasse des saîvons mous»
On fabrique le savon dur , en France , en Itdie et en Espagne , avec de la soude caustique et de l'huile d'olives de qudité inférieure. En Angleterra et dans le nord de l'Europe , on le fait avec le suif ou la grdsse.
Dans tous les cas, on chauffe l'huile on la graisse
»? «c une leitive faible de sonde ctnitiqnef dtnt de grtndet chaadièrei qui portent i leur fond nn tnjan nommé Fipinê, BientÂl la combinaison s*opère, forme une espèce d*émnlsion, que Ton brasse souvent , de manière i la maintenir bien homogène. On ajoute alors de la lessive plus forte , et on continue l'ébullition ; le savon vient nager à la surface du bain ; on cesse le feu ; on soutire la liqueur qui n'estj plus propre à la saponification ; on la remplace par de nouvelles lessives concenlrées ; on rallume le feu , et on continue rébullition jusqu'à ce que le savon soit parfaitement saturé. Il est dans cet état lorsque le mélange est transparent et qu'il se dissout complètement dans Tean chaude, sans laisser d*yeux i sa surface. On remet le savon à sec : il est d*un bleu foncé tirant sur le noir, et il ne contient que 1 6 pour 0/0 d'eau. Sa couleur est due à Tinterposition, dans sa masse, d*nn savon à base d'alumine et d'oxyde de fer, mêlé de sulfure de fer, qui proviennent de la sonde employée.
Pour convertir ce savon en Mvon blanc , on le délaie peu à peu avec des lessives faibles , à une douce chaleur, et on le laisse bien reposer en couvrant la chaudière. Le savon alumino-ferrugineux noirâtre , n'étant pas solnble dans le savon à cette température , s'en sépare et tombe au fond de la chaudière. On puise alors la pâte du savon , qui est devenu parfaitement blanche , et on la coule dans des moules ou miti , où elle se prend en masse par le refroidissement; on en forme ensuite des pains carrés de 90 i 25 kilog. , qu'on nomme iavon en tables.
Pour transformer le savon bleu - noir , non en savon blanc , mais en êavom wutrbré , on ajoute i la masse bouillante asseï d'eau ou de lessive faible pour que le savon ferrugineux se sépare de la pâte blanche et se réunisse en veines plus ou moins grandes , de manière à former une espèce de marbrure bleue ou rougeâtre sur un fond blanc. On coule ensuite ce savon dans des mises en le refroidissant promptement, afin que la marbrure n'ait pas le temps de se précipiter. On le divise enfin en briques de 15 A 20 kilog.
Les iavoni wumi , qu'on prépare en grande quantité en Picardie , en Flandre et en Hollande , sont plus faciles à obtenir. On fait bouillir les huiles de colsa, de navette, d'œillette , de chènevis , avec des lessives caustiques de potasse de plus en plus fortes. Lorsque le mélange est bien homogène et demi-transparent, on concentre le savon pour en séparer l'excès d'eau ; puis , quand il est «Mil , c'est4-dire en consistance convenable , on le coule dans des tonneaux pour le livrer au commerce. — Ce savon mou est vert ou noir.
En Amérique , en Angleterre et en France , on fait entrer dans les savons communs une certaine quantité de résine , afin d'avoir des produits moins chers. On cuit, pour cela, dans une chaudière autoclave, 350 kilog. de suif, 150 kilog. d'huile de palme, 150 kilog. de résine sèche ou arcanson , et fiOO kilog. de lessive caustique de soude : au bout d*nne heure , la saponification est complète; on fait alors couler le savon dans des moules.
Les savons de toilette , pour lesquels on emploie les huiles d'amandes douces et amères, de noisette, de palme, le suif de mouton , l'axonge , sont toujours préparés à froid ; on les aromatise avec des essences.
Les savons ne sont pas, comme on pourrait le croire et comme on l'a cm pendant longtemps , le résultat de l'union directe et intégrale des corps gras avec les alcalis. On a parfaitement reconnu que, sous l'influence de ces derniers agents, la itiariney la margarine et Voliine , qui constituent essentiellement les huiles et les graisses, éprouvent dans leurs principes élémentaires un changement d'équilibre tel , qu'elles se convertissent , instantanément et sans aucun phénomène apparent, en une substance neutre, liquide , sirupeuse , de saveur douce ,
nommée glyeérme , et en aeides gîte, wtéetrifise , riqmê et oliigue, identiques à ceux qui se forment dans la distillation des corps gras. Or, ce sont eas acides grai, qui , en saturant l'alcali, donnent naissance an savoo. Il en résulte donc que les savons «e sont autre ebose qw des mélanges de différents sels, tels que scéaratas , margaraUê et oUate* de potasse on de sonde.
Voici quelles sont les proportions d'eau eontcanes habituellement dans les savons du commerce :
Soade ea mUm* 6.0 4.6 B.&
AeldMgru «4.0 aO.2 44.0
E»o. 80,0 4ii.a 46.5
Sous le point de vue économique , il est donc préférable d'acheter du tavon wutrbré ou de MareeiUe, puisqu'il renferme moins djeau que le iav&n hlane , sous le mène poids. Les marchands qui vendent ce dernier avec oof surcharge d'eau le conservent dans de l'eau saturée d« sd marin ; en un mois , il angn^nte de 39 p. 1 00.
Bougieâ ttiariquet. — Une antre application nott moins intéressante des corps gras à nos besoins journaliers, c'est la fabrication des bougies qu« l'on désigm dans le commerce sous les noms de bougies sUmriqna , bougies de t étoile, du phénix, du soleil, du pkare, etc. C'est une industrie toute française, dont l'idée appartient à UM. Gaj-Lussac et Chevreul , qui prirent , le 25 janvier 1825, un brevet d'invention pour l'emploi 6a acides stéarique et margarique dans réclairage. Oitf industrie s'est rapidement développée, surtout depsii 1839. La consommation annuelle de la bougie stéarique dépasse 2 millions de kilogrammes.
La bougie stéarique a une très- belle apparence eit^rieure ; elle est parfaitement lisse , aussi blanche , autn sèche et aussi inodore que la cire. La blancheur et IVclat de sa lumière ne le cèdent en rien aux mêmes effets de la bougie ordinaire. Elle brûle seulement nn peu plas vite. Mais , d'un autre cdté , elle est moins ehèrë , et m réalité son emploi est beaucoup plus économique Elle chasse peu à peu des appartements les chandelles de soif, qui ont une odeur si forte et une lumière si rouge et li fumeuse.
Voici comment on l'obtient Dans une cuve en hoii légèrement conique AA (fig. 28), de la contenance de 2,000 litres environ, on introduit 500 kil. de suif de boraf oa
CHIMIE APPLIQUÉE
de BKNttoa, cwee 1 ,000 litrat d'eau : on diaaffe ta moYea «Tno tobe circnUire placé dani le tond de la ente et qni luce de la v^ieor par nne mnlUtnde d*orific6f. Quand le fiiif ait fondu <ni ajonte peu à peu 75 Idl. de chaux bien délayée , et on laiiee à la combinaison le tempe de I eiïectner en ayant loitt tontefoit d'agiter fortement la muse. Cette agitation est produite par un arbre en fer b, portant plusieurs bras e armés de dents ; il reçoit le moDTement d*un engrenage d communiquant avec la macbine à vapeur. Au bout de 0 à 8 heures, la sapopificatioD est opérée. On soutire la partie liquide qui entraine en dissolution la glycérine , et on extrait de la cuve les stétrate , margarate et oléate de chaux , sous la forme de ttfOD très-dur.
Après avoir concassé ce savon , on le porte dans nne rare en bois doublée en plomb, contenant 135 à 140 kil. d'ictde snlfurique à 06® étendu de 20 fois son voiiuBe d'eau. On fait arriver de la vapeur dans celte cuve ; l'tcide snlfurique s'empare de la chaux pour former du ittifatede chaux, et met en liberté les acides gras. Au beat de 3 benree, on laisse reposer la masse ; les acides gTM viennent surnager le liquide, le sulfate de chaux se préeipite an fond de la cuve. On soutire les acides gras , m moyen d'un robinet placé au-dessus du dépAt , dans Doe CDve en bois , chanffée A la vapeur , où les der- Dièrei traces de chaux sont enlevées à l'aide d'une solution très-faible d'acide snlfurique. On opère un second Uftge à l'eau pure ; et l'on fait rendre les acides bien pnHfiéi dans des moules évasés en fer-blanc de la contenance de 30 litres environ , où tout se prend en pains jaunâtres.
Cet pains , du poids de 35 kil. , sont divisés mécaniqoement an moyen d'un couteau ; la râpure est enveloppée en couches minces dans une serge et soumise A l'action progressive d'une bonne presse hydraulique , qni en apnlse l'acide oléique liquide, simplement interposé entre iet eristanx des deux acides solides , stéarique et margariqne ; il reste dans les serges des tourteaux durs et casttnts qu'on soumet de nouveau A la presse , mais en plaçant les sacs entre des plaques de fer chaudes. Il i'éconle encore nne nouvelle quantité d'acide oléique , et lei acides solides qui restent pour résidu sont d'une blancheur éclatante ; ils ne forment plus que 45 p. 100 dnintf employé.
On débarrasse ces acides des. dernières traces de chaux en les fondant dans une cuve avec de l'eau acidulée , on lei dépouille d'acide snlfnriqne par des lavages A l'eau , et, après les avoir laissés reposer, on les soutire dans des Bontei où ils se 6gent en pains parfaitement beaux et propres A la confection des bougies.
Poor cela, on met ces pains en fusion A la plus basse température possible dans une chaudière A double fond , ebanfTée A la vapeur , et plaquée en argent , afin d'éviter It coloration des acides. On y ajonte ordinairement 10 P- 100 de cire qui empêche les bougies et les stalactites qni w forment snr elles d'être trop friables. On coule enraiie le liquide dans des moules métalliques légère- ■nent chauffés et dans chacun desquels se trouve une B^be convenablement tendue. Ces mèches sont tressées, diipoiition ingénieuse qui évite la nécessité de moucher continuellement; car, par suite du tressage, la mèche , •0 far et A mesure que la bougie brûle, se détourne et le recourbe légèrement , de sorte que l'extrémité va se eontnmer dans le blanc de la flamme. On trempe aussi les mèches dans une dissolution d'acide horiqoe , pour que la chaux que retient toujours l'acide gras soit enlratnée P^r l'acide borique dans la flamme et ne diminue pas la capillarité des mèches.
On blanchit les bougies par l'exposition A la lumière . et a la rosée , et on les polit en les frottant vivement avec ooedanclle humectée d'alcool on d'ammoniaque.
L'acide oléique , qui reste comme produit secondaire dans cette fabrication, sert actuellement A faire dea savons communs, et A l'ensemage de la laine dans les fabriques de drap.
ENcass. — Sous le nom d'encres on désigne tous les liquides colorés qni servent A former, sur le papier, le bois , les métaux , la pierre , des traces ou des caractères plus ou moins durables et A donner ainsi un corps a la penséç. Us varient de nature suivant l'usage qu'on en doit faire.
l^ Venere à ierirt on de bureau se compose essentiellement de tannate et de gallate d'oxyde ferriqne en suspension dans l'eau , A laquelle on ajoute ensuite quelques entrée substances, notamment de la gomme , pour empêcher la précipitation de ces sels , donner une certaine consistance au liquide , afin qu'il ne s'étende pas trop snr le papier, et communiquer, en outre , plus d'éclat aux caractères tracés avec lui.
Voici la formule la plus simple , et qui produit l'en- ' cre du plus beau noir.
Gomae trabiqoe . . . 600 gr.
CtaMoade liraoe ... 60 gr.
Eâa . . ; 16 lilrfi.
Noli de gall* <
téct 1 kilog.
Solfatedefer 600 gr.
On fait une forte décoction de noix de galle dans 1 3 A 14 litres d'eau, on passe A travers une toile; on ajoute A la liqueur claire la gomme, la cassonade, puis la couperose , qu'on a fait dissoudre séparément dans le reste de l'eau prescrite ; on agite le mélange de temps en temps et on l'abandonne au contact de l'air jusqu'A ce que l'encre ait acquis nne belle teinte d'un nojr bleuâtre ; on laisse alors reposer, puis on tire A clair et on l'enferme dans des bouteilles que l'on bouche avec soin.
On vend, squs le nom ^eneret indélébile* ^ des encres qui contiennent une certaine dose de charbon eu poudre très-fine; les caractères tracés avec elles résistent aux agents chimiques qui altèrent et détruisent l'encre ordinaire ; mais elles sont pliys épaisses , donnent lieu A des dépôts considérables par le simple repos, ne peuvent pénétrer dans le papier, et les caractères sont facilement enlevés par le frottement on le grattage. On obtient des liquides préférables, sons tons les rapports, en délayant de l'encre de Chine, jusqn'A la teinte voulue, soit dans de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique et marquant seulement l^* 1/2, lorsqu'on doit se servir de plumes d'oie, soit dans nne eau de soude A !<>, lorsqu'on doit écrire avec des plumes métalliques.
S<> Venere de Ckine, employée pour le lavis, est préparée en Chine an moyen de décoctions de diverses plantes , de colle de peau d'âne et de noir de lampe. Elle arrive en petits paraliélipipèdes rectangles , portant en relief des figures ou des caractères dont la plupart sont dorés. Elle est d'un beau noir-luisant Pour s'en servir, on la délaie dans l'eau.
3^^ Venere pour écrire tur Ui métaux , afin d'étiqueter les objets qui restent exposés A l'humidité, se fait en mêlant parfaitement :
VflTt de gris 1 ptrtip. Noir de famée Ii2
Sel uaMOBiae 1 partie. Baa 10
4<> L'ente de tranepori, pour le service des presses A copier les lettres, est tout simplement de l'encre ordinaire dans laquelle on fait dissoudre 1/3 de sucre candi.
5** Les encrée d'imprimerie et de lithographie sont des mélanges de différents corps gras et résineux, auxquels on ajoute du noir de fumée, en proportions convenables, pour donner la couleur.
6o Venere à marquer le linge se prépare en dissolvant % parties d'aiotate d'argent fondu dans 7 parties d'eau distillée , A laquelle on ajoute 1 partie de gomme arabique et un peu d'encre de Chine. La portion du linge, où l'on doit poser la marque, est rendue un peu ferme avec
US
do latoD , on lui donne du poli avec on fer chtod , et Ton éerit ensuite défini avec la diisolntion métallique, on bien Ton imprime les caractères an moyen d'un cachet de bois gravé en relief et trempé dans la liqueur. En exposant le linge an soleil, bientôt les caraclères deviennent noirs par suite de la réduction du sel d'ai^ent Ils sont ineffaçables.