‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 63 sur 291 · CHAPITRE TBOISiftUB. PRODUIT DÉRIVANT DB LA DESTRUCTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE TBOISiftUB. PRODUIT DÉRIVANT DB LA DESTRUCTION

DBS UATlàRES ORGANIQUES PAR LE PEU.

Un grand nombre d'industries chimiques reposent sur la décomposition par la chaleur des matières végétales et animales , qui , sons cette puissante influence , donnent de nouveaux produits qui servent aux besoins de Téconomie domestique ou aux nécessités des arts. Tantôt ce sont les résidus solides de cette destruction qui sont utilisés, comme le charbon de bois, les potasses et les soudes, le noir animal, le bleu de Prusse; tantôt ce sont les produits volatils on gaseux qui forment Tobjet essentiel de l'exploitation , comme l'acide pyroligneux , les sels ammoniacaux , le phosphore , les gax de l'éclairage. Nous allons indiquer sommairement comment on se procure ces différentes substances chimiques , moins toutefois les gas de l'éclairage , attendu qu'il en sera question dans le 97« traité.

Charbon de bois , acide pvrougnbux , ooudron. — Calciné à l'abri du contact de l'air, le bois se décompose complètement à la manière des substances neutres, c'està-dire qu'il donne de l'eau , de l'acide acétique, de Thutle empyreumatiqne et du goudron, des gas combustibles mêlés d'acide carboniquq, et il laisse un résidu de charbon dont le poids varie depuis 16 jusqu'à 28 p. 1 00.

On opère cette calcination du bois , nommée spécialement earbonUatioH , de plusieurs manières différenjtes, suivant l'objet principal qu'on a en vue.

Le plus ancien procédé pour obtenir le charbon de bois s'exécute dans les forêts. On forme, à portée des tu de bois abattu, et sur un terrain uni, ferme et le moins humide possible, des pyramides de bois en canes tronqués par leur sommet (fig. 29), au centre desquelles on ménage un espace vide pour y mettre le feu. On recouvre ces bûchers d'une couche de feuilles sèches ou de gason retourné, sur laquelle on applique de la terre bien battue, en ménageant au bas quelques ouvertures pour laisser un accès à l'air. Le diamètre ordinaire de ces pyramides ou uteuUi est , à la base , de 4 à 6 mètres , et elles contiennent de 40 à 50 stères de bois. Cependant, dans certaines forêts , les meules ont de 1 2 à 1 4 mètres de diamètre , et elles renferment de 100 à 150 stères. Tout étant bien disposé, on met le feu en jetant dans l'ouverture centrale du charbon enflammé et du menu bois. Lorsque toute la masse est bien embrasée, on bouche avec du gason l'ouverture centrale et celles du bas , afin qu'une combustion lente se constitue, et que le bois, à 1 abri des courants d'air, se convertisse peu à peu en charbon sans se réduire eit cendres. La carbonisation

Quand elle est achevée, on laissa t

la masse pour pouvoir la découvrir et retiror k cèarboa.

Le charbon bien cuit est dur, compacte, aonon cl s cassure luisante. Lorsqu'il est trop cuit, il est tendre, friable, nullement sonore, et absorbe facilenMot rfaumidité. Enfin le charbon qui n'est pas aaMs cnit, ou/»meroN, a une couleur terne, casse diffidlemeat et bralr avec une flamme bbmche en répandant de la fwnée.

Théoriquement, on devrait obtenir 38 à 40 p. 100 de charbon. Mais, dans la pratique, on ne pont rénair tootes les conditions favorables , en aorte qu'une graadr partie du carbone est brûlée par l'air; aotsi, par W procédé des forêts, n'obtient- on gcBéralsimfnt qsr 18 p. 100 de charbon vendable. On y a apporté quelques amélioratiotts , qui ont surtout pour elTet d'enpêcher les courants d'air, ce qui permet de réalisfr de 23 à 24 p. 100 d'excellent charbon. On en obtie&( encore davantage, 27 p. 100, en opérant la carbonisation en vase clos, suivant la méthode de Lebon. CeOr méthode a encore ceci d'avantageux qu'elle permet de recueillir l'acide et le goudron produits dana cette distillation sèche. On opère ainsi qu'il snit, an naoyen de l'appareil perfectionné par Kestner, de Tbann (fiig. 30 *

(Fig.aii.) dore de 12 à 18 jours pour les meules do 150 stères.

(Fig. SO.)

Le bois, débité en petites bâcbettes, est €hai;gé dans un cylindre en fonte a, d'une capacité de 3 mètres cobn environ ; on l'y introduit par une ouverture b pratiquée dans le couvercle du cylindre. Celui-ci est placé dans an fourneau à grille e , que l'on charge par la porte d. U flamme du combustible s'âève, en circulant tout aolow du cylindre o, dans les cameaux §e, et entre enSi dans une cheminée d'appel. Les produits de la distillatiuH se rendent par le tuyau en tAle / dans l'appaivil de coodensation qui se compose de 4 tuyaux boriiontanx placn les uns au-dessus des autres, réunis par dea coudes fff. et enveloppés de manchons en tôle nu , dans lesqueli circule continuellement un courant d'eau. Cet apparcd est soutenu par une charpente en bois hh, L'oao froide arrive d'un réservoir il et se rend par le tnbe /et m daai le manchon inférieur, puis passe successivement daas le» autres manchons par les tubes verticaux ooo, et s'échappi^ enfin bouillante par le tube recourbé p. Les prodoitt condensés de la distillation tombent par le conduit f dans le premier réservoir r, tandis que les gas inflammaMA se rendent par le conduit s , muni d'une valve légeiatrice , sous le cylindre a; de sorte qu'il n'est bceoin d* charger du combustible sur la grille qu'an commeDcement de l'opération , la chaleur produite par la combustion des gas étant ensuite suffisante pour achever la distillation. On laisse refroidir le charbon de bois pandant 5 à fi heures , et on le retire ensuite par une porte pratiquée au bas du cylindre a.

Chaque stère de bois de sapin donne environ 2â0 ki).

CHIMIE APPLIQUÉE

de ehiiioo 0I 5 iMetolilvn d'one mu acid* •( coloié« Uè»-dMigée de goodrou et mftrqiiant 5». Cette e«D acide ranfame dn vinai^, on acide acétiqae, qu od appelle aâdt pyroliyweux, Lee ft hectolitres d*acide bnit, pnriS^ ptr ploflieiirt diftillatioDi lacoetiiTef, donnent 40 lui. d« gondron et 375 litrei d*acide pyroligneox propre à kn livré an commerce et contenant 7 p. 100 d*acide acétiqae anhjdre. 11 remplace le vinaigre dans tous im eoploif indoatrîeli. Convenablement dépouillé d*hnile emppenmatiqne et amené à l'état d'an liquide incolore, il ett vendu aoni le nom de irimmigr$ tU boit on de MùlkraL On retend d'eau et on Taromatise avec de Tettragon [wor l'usage alimentaire.

Le gomdnm du commerce, qui eet ai employé pour enduire let cordages, les voiles et les bois des navires, nest psisealement fourni par les fabriques d'acide pyroligneoi ; il est surtout obtenu par la combustion lente , du» des fours grossiers en terre, des pins épuisés de térébeothine , qu'on abat et qu'on fend en éclats. Il en réiolte an produit demi-liquide , d'un gris noirâtre, d'une odear forte et désagréable, qui coule au bas du fourneau, et de là dans des réservoirs extérieurs. Ce produit consiste en résine très-chargée d'huile empyreumatique, de charbon et d'acide pyroligoeux. Les goudrons de Suède, de Norvège et de Russie sont les plus estimés; mais celui qu'on prépare dans les landes de Bordeaux est tout aoMiboo.

P0T.1SSIS R SooDxs. — C'est encore par la décomposition da bois , ou des piaules herbacées , qu'on se prorvre les subslaoces minérales désignées, dans les arts, tous Ici noms de poUtstet et de tondes. Mais ici , au lieu de duaffer le bois en vases clos, on le brûle à l'air libre ou on l'tjiciaére.

La cendré qu'on obtient se compose de toutes les substances minéreloa, fixes et indécomposables, que les végétaox avaient empruntées à la terre. Seulement elle reafenne des sels différents suivant Ja composition des terrains où les plantes se sont développées. Ainsi , les fdantes marines donnent des cendres plus on moins riches en sels de sonde , tandis que les plantes qui croissent dans l'intérieur des terres fournissent des cendres qui ne renferment guère que des sels de potasse.

Kn tout cas , dans ces denx espèces de cendies , il y a des sabstanoes solubles dans l'eau , et des substances iasolnbles. Lorsqu'on traite ces cendres par l'eau , on dinoat les preraÎBres et on obtient ce qa'on appelle volgairementdes Utoivet. Le résidu, nommé ckwrrit, se eomfMte de sels de chaux et de magnésie, de sable, d'argile, d'oiyde de fer et de charbon.

Les lessives ont une saveur acre , une causticité plus oa moins forte ; elles font efEerveacence avec les acides, Relies neutralisent complètement; elles dissolvent trèshien les principes colorants, les substanees grasses, et ««là pourquoi , depuis si longtemps, dans les ménages, OD les fût servir au nettoiement du linge. Lorsqu'on les fsit évaporer jnsqu'i siccité , elles fournissent une matière alcaline d'apparence saline. Cest ce résidu qu'on connaît, dans les arts , sous le nom de potattê , quand il provient des cendres de végétaux terrestres, et sons celui de soude, quand il provient des cendres de plantes mên nnes. Cas matières alcalines consistent essentiellement, la première en carbonato de fotatte, la seconde en carbomUe de tonde , rendus impurs par une proportion variable de kIs étrangers : tels que, sulfate de potasse ou de soude, cblornre de potassium ou de sodium , silice , alumine , <nydes de fer et de manganèse.

II y A, dana le commerce, un grand nombre d'espèces ^ potasses et de sondes , qu'on distingue entre elles par les noms des pays où elles sont fabriquées. Ainsi , on dit : potiutes d'Jlmérique, de Buttie, de Pologue, de Tôt- CAve. des Votget, etc. ; toudet d*/Uieante, de Carlhaçène,

de Neurbomiet etc. On appelle eendret ^raMUst la potasse obtenue par l'incinération des lies de vin, tonde de rareeh In soude provenant de l'incinération des varechs ou fucus, neUron un carbonate de sonde naturel ramassé au fond des lacs desséchés de l'Egypte , de la Barbarie, etc.

Les potasses et les soudes du commerce se reconnaissent à leur saveur Acre et urinenie , à leur grande solubilité dans l'eau , i leur action verdissante sur le sirop de riolettes , et à la vive effervescence qu'elles font avec hîs acides. On les distingue les unes des autres par les caractères suivants :

Les potasses s'humectent promptement au contact de l'air, et ne tardent pas à se liquéfier complètement Les soudes , au contraire , se dessèchent La solution concentrée des premières ne donne pas de cristaux, tandis que celle des secondes fournit très-facilement de gros cristaux dont la forme rappelle, à peu près, celle d'une navette de tisserand.

Lorsqu'on emploie les carbonates de potasse et de sonde à détoner et blanchir les tissus, ou à la fabrication des savons, on lenr fait subir préliminairement une opération qui porte le nom de eauttificaiion. Elle a pour objet de mettre à nu les alcalis qui les composent, en leur enlevant l'acide carbonique qui masque en grand» partie lenr action sur les matières colorantes et les substances grasses. On arrive à ce résultat , en faisant bouillir ou en mettant en contact i froid , pendant un temps convenable, les dissolutions des potasses et des soudes du commerce avec une suffisante quantité de chaux vive. Celle-ci s'empare de l'acide cari>onique, passe à l'état de carbonate da chaux , qui se dépose en raison de son insolubilité , et laisse dans la liqueur la potasse et la sonde à l'état d'oxydes purs. C'est i ces liqueurs qu'on donne le nom de lettioet eauttiquet^ de leuivet det tavotmiert. On les concentre ordinairement jusqu'à ce qu'elles marquent 36^ à l'aéramètre. L'eau teeoude des peintres est une lessive caustique faible, marquant de 10 à 1^0, qui sert a enlever les peintures à l'huile sur les murs ,^ les bois , etc.

PbODUITS DB la CALCINATIOM DBS HATiiiaBS AMIIIALBS. — >

Les os des animaux calcinés au rouge , en vases clos , fournissent du charbon animal, dit noir d^ot ou notraiiH: sna/, agent décolorant par excellence. Calcinés à l'air libre, ils laissent un résidu blanc et d'apparence terreuse, nommé improprement ferre det ot , qui est essentiellement formé de phosphate de chaux et qu'on applique A l'obtention du photphore. Les autres matières animales de peu -de valeur , telles que le sang , la chair de cheval desséchée, les cornes, les sabots des animaux, les cbiC-; fous de laine et de soie , les crins, les bourres, les vieux cuirs, etc. sont utilisées à la préparation dti tel ammoniac et du pmttiaU depotatte. Parlons successivement de ces quatre produits si importants.

10 Charbon animal, noir d^ot. — Les os ramassas dans les grandes villes et les campagnes donnent le noir aninud ordinaire ; les os des pieds de mouton bien nettoyés, les rognures d'ivoire des tabletiers . servent à faire ce qu'on appelle spéciale- '^ ment le noir d^ivoire.

Dans tous les cas , le procédé de carbonisation est le même. On remplit de ces matières premières des marmites en fonte I (fig. SI ) d'une capacité de 85 kil. environ, qu'on empile les qoes sur les autres , dans la chambre d'un four à potier, dont la figure 3S représente une coupe horisontale, et un plan. Le foyer A, qui sert échauffer cet appareil, se trouve de niveau avec le sol du four ; un mur B , en briques réfractaires , sépare le foyer de la chambre D où sont entassées les marmites; dans le mur sont

(ftj. «I.)

percë«t 4 onvertares eeee qui dittribnent iniifonDément 1» fUmme dani la chambre D. La porte E lert an terrice du fonr. FF sont 5 oavertaret situées i la partie ioférienre da fond de la chambre et destinées i réTacaation des gai dans la cheminée ti. Ordinairement on a deux fonrs contigns ayant une cheminée commone ; pendant qne l'on d'eox est en marche, l'antre se refroidit ; pois on le vide pour le charger d'os frais. On chauffe an ronge jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de produits volatils. Apr^ 36 heures de feu , on extrait le charbon des marmites pour le renfermer dans des étonffoirs.

(FIg. 32.)

Il suffit alors de le réduire en poudre très-ténue après son refroidissement La pulvérisation s'effectue sous des meules. Ou broie à sec pour le noir qui sert au raffinage des sucres , et on le tamise plus ou moins fin avant de le livrer au commerce. On broie à l'eau pour le noir d'os ou d'ivoire qui doit être employé comme matière colorante, afin d'obtenir une plus grande ténuité. Un seul broyage suffit pour les emplois grossiers de ce noir, tels, par exemple, que la fabrication du cirage , qui en consomme d'énormes quantités. Mais , pour la peinture , on le soumet i plusieurs broyages successifs , dont le nombre augmente en raison de la finesse qu'on veut lui donner.

Le charbon animal renferme jusqu'à 90 p. 100 de matières inorganiques, salines ou antres , et 10 p. 100 seulement de carbone. Il est donc bien différent , sous ce rapport , du charbon de bois, qui ne contient que 14 2 p. 100 de cendres.

2^ Phosphore, — Le principal emploi du phosphore, avons-nous dit déjà dans la Chimie générale , est de servir à la fabrication des atluwuttes chimiquet. Cette humble industrie consomme de très-grandes quantités de ce corps simple, aussi son extraction est-elle devenue très-active depuis une disaine d'années. Voici comment on y procède. Après avoir calciné les os à l'air libre , on les réduit en poudre fine ; on en fait une bouillie très-claire avec de l'eau , dans laquelle on verse peu i peu , en agitant constamment, 75 p. 100 d'acide snifurique i 66o. Celui-ci s'empare d'une grande partie de la chaux du sons-phosphate , et le convertit en phosphate acide de chaux trèssoluble. Au bout de 24 heures de contact , on lessive la masse avec de l'eau chaude ; on filtre sur une toile qui retient le sulfate de chaux, et on concentre, en consistance de miel, la liqueur claire qui renferme le phosphate acide. On ajoute alors i ce sel le quart de son poids de charbon de bois réduit en poudre fine , on dessèche bien le mélange , puis on le calcine fortement dans des cornues en grès enveloppées d'une couche mince de terre et de crottin de cheval. On emploie ordinairement, pourchauffer les cornues, un/otumeau à atandierX (fig. 33), construit en briques, alimenté avec do bois ou delà houille, et dans lequel on place 4 cornues b de chaque côté ; ab col de chacune d'elles on ajuste une petite allonge en cuivre e qui le relie avec la douille en col de cygne d d'un seau en cuivre s qui sert de récipient. Ce seau porte , sur le côté opposé de la douille , une ouverture o pour donner issue aux gas , et à laquelle on adapte un tnbe en verre recourbé ( , et dans le haut une antre ouverture m asses large pour y passer le bras ; on la maintient bouchée pen-

dant le cours de l'opération. On remplit i moitié chaqw récipient avec de l'ean chaude , sans quoi iee pranièrei vapeurs de phosphore qui passeraient à la dtitîllatioa u condenseraient sons la forme de poudre. On porie lestement les cornues au rouge-blanc ; ce n'est qo'à cette tcapérature qne le phosphore commence à paraître et riest se condenser dans le récipient Sa mise en liberté est précédée et accompagnée de plusieurs gas, qui, xm U fin , s'embrasent spontanément dès qu'ilrïrrivent an coatact de l'air. L'opération est terminée lorsque tout d^ gement cesse ; elle dure ordinairement de 1 5 à 20 hesm. On ne retire habituellement que 1 kil. de pbospkerf brut de 9 kil. d'os calcinés.

(Fig. 88.)

La théorie de celte opération est fort simple , quané on la dégage de tons les faits accessoires, et qu'on suppose les matières employées dans leur plus grand état de pureté. Après la réaction , on trouve dans la cornue da phosphate neutre de chaux , dans le récipient du phosphore , et , pendant le cours de l'opération , il sort et l'appareil , par le tube en verre, du gai oxyde de etrbone. Il est facile de voir que le charbon , en icagtsuiil sur l'excès d'acide du phosphate, lui enlève son oxygène, se change en oxyde de carbone, et. met ainsi |ç pbospborp en liberté. Mais comme il y a toujours de Peau dans Umélange , bien qu'on l'ait desséché , il arrive qu'à tne certaine température ce liquide est décomposé par ht charbon , puis par le phosphore , et qu'il se produit ains des gai oxyde de carbone , hydrogène carboné et hydrogène phosphore. C'est ce dernier gai qui prend fea daas l'air, et dont la combustion sert de guide k l'opératear.

Le phosphore qu'on trouve dans les rédpients est ea masses plus on moins volumineuses , opaques , coIotoês en rouge ou en brun , et peu fusibles. On le purifie, ea le faisant fondre sous l'eau chaude , dans an sac de pcas de chamois , à travers lequel on le force à passer à l'aida d'une pression convenable. U devient , dès lors , transparent et sans couleur. On le moule en cylindres en Taspirant , tandis qu'il est en fusion sous Peau , par reitrr^ mité la plus large d'un tube de verre un peu eooiqoe. On ferme alors inférienrement le tube avec le doigt , et on le plonge dans l'eau froide pour solidifier le phosphore , qu'on fait aisément sortir du tube et qu'on reoferme immédiatement sous de l'eau distillée dans des flacons en grès. Le moulage du phosphore est une opération fort dangereuse. Toutes les fois, d'ailleurs, qu'on manie ce corps si combustible , il y a nécessité d'éviter le notiH dre frottement et de le plonger sans cesse dans de lésa pour éviter qu'il ne s'enflamme.

3® Sel awmumiae. — Ce sel , qui est du chlorhydrate d'ammoniaque , qu'on emploie journellement dans rétamage, et pour précipiter le platine de aes dissolntiAos . venait autrefois d'Egypte ; là, on l'extrait, par sublinMline dans des matras en verre, de la suie résultant delà combustion des excréments desséchés des chameanx , des bœufs et en général de tous les animaux qui mangeai des plantes salées.

Aujourd'hui le sel anunoniac est préparé en Europe . sans exception, avec des prodoits provenant de troit sources distinctes : l'* avec les urines putréfiées dei

lirfanges ém villes; S» avec lef euiz de condensakm des osines i gai d'éclairage, connoes sous le loiod'eMX tmmoHiaeaies; S» avec les produits volatils condensés de la distillation sèche des matières animales.

Celte distillation s'effectue dans des cylindres de fonte , nommés conmet, places dans un fourneau dont la figure 34 représente une coupe verticale, a, cornue de distillation ; b , fojer qu'une voûte empêche de rayonner directement sur la cor- (Fig. 54.) nue ; rf, «, carneaux

iaoi lesquels s'engage la fumée avant de sortir par la kfflioée;; g^ tabnlnre qui s'emmanche sur l'extrémité le U cornue. Elle conduit les produits de la distillation laos le cylindre A , où les vapenrs les plus condensables ir liqttéfient ; de ce cylindre les produits gaieuz se renient dans des tnyaox condenseurs entourés d'eau froide. Qadle que soit la matière animale distillée , les pro- ItiU liquides que l'on obtient sont à peu près les mêmes ; Il consistent es huiles empyreumatiques à odeur repousinle, que l'on recueille à part, sous le nom d*kmû ani- 9Ak dt Dipptl^ et en un liquide composé, pour la pins [raade partie, de carbonate d'ammoniaque en dissolution tref ane certaine proportion d'huile.

C'eit cette liqueur ammoniacale , marquant environ i à 90, qui sert à préparer le sel ammoniac , en concurrace tvec rorine et avec les eanx de condensation des tsioes à gas. On sature directement cette liqueur avec le Tacide chlorhydrique , puis on évapore la dissolution ie chlorhydrate jusqu'à 22<>, point où la liqueur crisialw; cette évaporation se fait dans des chaudières en ^bmb. Lorsque les liqueurs ammoniacales sont très- ^daet , comme le sont en général les eaux de condenilion do gas , et surtout les urines , on préfère , pour ironomiser les frais de combustible , de les chauffer, en rtm clos , sur de la chaux et de ne saturer par l'acide [M le produit de la distillation.

Poar avoir le sel ammoniac blanc, pur, et sons la forme le pains hémisphériques, ainsi que le réclame le commerce, M) i ialrodnit dans des matras ou pots pyriformes en grès, recoQferts de lut argileux et qu'on place sur les deux côtés fan long fourneau de galère, dont la fig. 35 représente ^ vue de face A et la coupe horisontale G E. Les pots ^i reposent sur une voûte qui les préserve de ï'ac- ^ trop directe du feu : a, foyer; fr, canal qui ">«iail les produits de la combustion sous des chaudières f^aporation: des ouvertures permettent à la flamme de travener cette voûte et de venir lécher la surface extérteore des pots. La partie supérieure de ceux-ci, où doit i attacher le sel ammoniac sublimé dans le bas , est pré- *^êe de U flanune par une plaque en fonte e e percée if orifices dans chacun desquels passe le goulot d'un ma- 1^- C^t sur cette plaque qu'on met une couche de cendre, qui s pour but de préserver les pots du contact im- Bédiat de l'air froid. On chauffe progressivement et régulièrement , et lorsque l'humidité du sel a été expulsée, on recouvre chaque pot d'un petit vase renversé ; le sel •nmooiac le réduit en vapeurs , celles-ci se condensent à la partie supérieure sous la forme d'une poudre fine qoi l'aggbmère et s'attache aux parois des vases. Lors- <in'on reconnaît que la couche de sel est asses épaisse , 00 cesse le feu, on enlève les cendres qui entourent les pots, pnii après qudqnet heures de repos, on ôte les pots et

CHIUIE APPLIQUÉE.

Ut

on les brise pour détacher les pains de sel sublimé. Cea pains ont environ 33 centim. de diamètre, et 9 i 10 c^nlim. d'épaisseur au centre. Ils pèsent de 9 i 11 kil. Ils sont parfaitement blancs.

(Fig. 36.)

4^ Prustiate de poloêse , bUu de Prusu. — Le charbon très-aioté qui reste dans les cylindres de l'appareil précédent , aprèa la distillation des matières animales , sert exclusivement aujourd'hui à la fabrication du pnuêiate de potasse. Les sabots et rognures de cornes en fournissent 12 à 13 p. 100; le sang desséché, 10 p. 100.

Ce charbon est finement pulvérisé et mélangé très-intimement avec de la potasse perlasse de bonne qualité , aussi exempte que possible de sulfate, dans les prb« portions de 1 1/2 à 2 parties de charbon pour 1 de potasse. On chauffe ensuite le mélange dans une cornue en fonte jusqu'à ce qu'il arrive à l'état de fusion pâteuse , où

on le maintient La cornue a (fig.

36) a 32 centim. d'épaisseur ; elle a la forme d'une poire ; elle est placée au centre d'un four à réverbère, un peu inclinée en arrière et soutenue i sa partie postérieure par un tourillon b. Le col e est soutenu par deux appendices ee, et se ferme au moyen d'un tampon placé en t. An-devant de cette ouverture se tronve une plaque d en fonte. Le foyer, dont la grille est en ^ , se ferme en / par une porte, s représente le cendrier, 0 la cheminée, et h la voûte. On chauffe peu i peu an rouge , on bouche alors le col de la cornue avec le tampon 1. On remne, de quart d'heure en quart d'heure, la masse rouge avec un ringard de fer, et quand il ne se produit plus de gas conàbustible , que la flamme a disparu , l'opération est terminée. Elle dnre moyennement 8 heures. On enlève la matière et on la porte dans des chaudières en fer, où on la fait bouillir avec de l'eau. Pendant ce temps on recharge la cornue pour une autre calcination, et ainsi de suite, sans désemparer, jusqu'à ce qu'il faille renouveler la cornue qui se troue asses rapidement

La matière calcinée étant épuisée par l'eau bouillante à plusieurs reprises , on évapore toutes les liqueurs claires dans des chaudières en tôle , et on les verse ensuite dans des cristallisoirs en bois. Il se dépose dans ceux-ci de beaux cristaux tabulaires d'un jaune citron, transparents , qu'on purifie par une ou deux cristallisations subséquentes avant de les livrer au commerce. Les eauxmères sont évaporées à siccité , et l'on fait rentrer le résidu alcalin , comme potaMe , dans une antre calcination.

Le prussiaU ferrugineux dépotasse, résultat principal de l'opération précédente, est un double cyanure de fer et de potassium. Voici comment il se produit Tontes les fois qu'on calcine une matière asotée ou du charbon azoté avec de la potasse et du fer , on dans un vase de fer, le charbon s'unit à de l'asote, dans les rapports de 2 à 1 , pour constituer un asoture de carbone , composé gaxeux fonctionnant à la manière d'un corps simple , et susceptible de s'unir aux métaux. Ce radical composé a reçn le nom de cyanogène ^ qui vent dire générateur du bUu, parce que c'est lui qui sert à former le bleu de Prusse

INSTRLGTIOK POUR LE PËLPLË.

Or, uDe foif qn il est formé dtDt le mélange précédent , ' il trouve du fer et do pottMÎom ( prorenant de la potaiie réduite par le charbon) , il t'y combine et produit alors un double a/tamre de fer et de potaisiwm , qui se dissout dans Tean avec laquelle on lessive le résidu de la calcination.

G*est avec ce sel qu'on teint tous les tissus en beaux bleus, dits biems pmenatei, hleut de Franet^ et qu'on fait sur les indiennes ces beaux bleus si vifs nommés bUMi" vapeur; c'est avec lui qu'on prépare le hUu. de PruBee, l'une des couleurs minérales les plus jolies et les plus utiles. Il suffit, pour cela, de verser sa dissolution dans une solution mixte de couperose et d'alun ; il se fait un précipité d'un Ueu clair, qu'on lave à plusieurs reprises avec de l'eau pure, jusqu'à ce qu'il ait acquis une belle couleur bleue. On l'égonlte ensuite sur des toiles, on le comprime modérément, et on le divise en petits pains q«*ou laisse sécher i l'ombre.

Le bleu de Prutte est nu double cyanure de fer contenant de Falumine en mélange. Cette alumine a pour unique fonction de servir de véhicule à la matière colorante et d'augmenter son poids. Les Meiujinsvt^n contiennent qde tr^peu ; il en est même quelqpes-uns qui n'en renferment pas. On ne distingue pas moins de 14 ou 15 qualités de bleu de Prusse dans le commerce ; les principales sont : le bUu de Berlin , le bleu de Pruite de Parie , le kUufofueét le bleu/oueé ordinaire. Le bleu miniral est du bleu de Prusse, d'une nuance daire, additionné d'oxyde de fine on de carbonate de magnésie. On livre souvent le bleu de prusse eu paie , e'est4-dire non desséché , aux fabricants de papiers peints.

GHAPimi QUATBIKUB. PB0DUIT8 DBaiVANT DR LA DBSTHUG-

TION OU DE LA la^TAUOBPHOBI DIS MATIÈBIS ORGANIQUKS PAa LA munSTATION.

Les phénomènes de décomposition spontanée qu'éprouvent les matières organiques abandonnées à ellesHoÀies , phénomènes connus sous le nom 6e fermentatione ^ donnent lieu à d*inléreasants et d'utiles produits , dont il est an moins nécessaire de connattre les principaux. Le pain , les boissons alcooliques on vineuses » l'ean-de-vie et les esprits, l'éther, les vinaigres , le tabac, les fromages , les fumiers et antres engrais , voilà certes des matières dont il est aussi curieux qu'indispensable de savoir le mode d'obtention. Nous laisseront de c6\é la fabrication du vin et des autres liqueurs fennentées , puisque leur étude doit faire le sujet du 78* Traité ; il sera pûié des firomages dans le 71* Traité , et des fumiers dans le «4«.

Panihcation. — Malgré la diversité des mœurs, les différences apportées par les climats et les habitudes dans le mode d'alimentation des peuples , il y a un aliment dont la préparation est toujours à peu près restée la même diepnis des siècles, et qui peut être considéré comme la base de la nourriture , comme l'aliment par excellence ; c'est le pain , confectionné partout avec les farines des céréales, et notamment avec la farine du froment

Les graines céréales , et par suite les poudres ou /orinee qu'on en obtient par la mouture , sont principalement constituées par de l'amidon , auquel se trouvent associés, en proportions variables , du gluten , de l'albumine , de la gomme ou dextrine , du glucose , une matière grwse butyreuse , des phosphates de chaux et de magnésie.

Le pain n'est antre chose qu'une pâte de farine de blé, pétrie avec soin, mise à fermenter pendant quelque temps et cuite au four d'une manière convenable. On appelle levain la substance qu'on ajoute à Ja pâte avant sa cuisson, pour lui faire éprouver cette fermentation qui en détermine le boursouflement et la légèreté. Tout le monde connaît U différenee qui enste entre le pain avec

on sans levain ; ce dernier , dit pum aspne^ tA Umré . compacte , moins agréable au goàL Le levain est tuHk de la pâte qu'on a laissée aigrir ou fermenta, tantôt de la levure de bière.

De tontes les farines des céréales , celle dn blé c«t h plus propre à faire de bon pain ; cela tient à la gnodc proportion de gluten qu'elle contient Le gluten , tm* riche en axote , est réellement la partie nutritive des (innés , et c'est lui qui communique à leur pâte la propriété de lever^ c'est-i-dire de produire un pain léger, sansreux et de facile digestion. Geâe matière est beancoip plus abondante dans les diverses variétés de froaientqK dans les antres céréales , et une-farine de blé est d» tant meilleure et plus nourrissante qu'elle est plni rirk en gluten.

Voici les quantités moyennes d'amidon et de glota contenues dans les farines de blé, sur 100 parties eo poidi:

Farine bnile d« froBvot .. . 71.49 S9.00 11.00

de in«t»fl 16.50 25,00 9.8(i

de Ué dar d'Odana. . «6.50 85.11 li.U

d« blé tendre d'Odeeae 64,00 S0.80 1106

S* qaaIKé 75.4S S4.00 Illfl

deMTTlee.dltcMcomle 72.00 18.00 7.9n

^ de« boolangen de Paria. . 7i,80 96.40 t0.iO

— dea hoapicea. S* faalité. . 71.90 95.30 10.90

— — — S'qaalité. . 67,78 21.10 O.Oi

Si l'orge , le seigle , l'avoine , le mais , le lii, W im1let , le sorgho et le sarrasin ne peuvent donner nu pn semblable A celui du blé , c'est que ces difTérentes gninés contiennent beaucoup moins de gfuten on en Msi complètement dépourvues. II en est de même des farim des légumineuses, des châtaignes, de la pomme «h terre , qui ne fournissent que des galettes lounSeï et biea moins substantielles. Dans toutes cet matières , le priscipe aioté est de l'albomine on de la légumine, qui « peuvent pas , comme le gluten , se dilater considénUement et se transformer psr la fermentation en on tiM spongieux, léger, qui contribue à la légèreté dn peu- Voici la proportion du gluten humide on du principe aaoté qui le remplace dans les snlrâtanees alnnentiira antres que le blé :

Seiglff. 12,8 Sairaaia lÛ.T

Oi^e IS,4 F4«ea de aania. . . . H.»

AvaiBC 1S.7 Baricali it,6

Maû 19,S Fêla M,h

Rix 7,5 UaUllea ».«

La pamfieaiitm ^ ou la conversion de la farine en pain. consiste en deux opérations distinctes : la préparation et la pâte , nommée pétriseage , et la cuisson de cette piir quand elle a levé on fermenté , et qu'elle a été mise vm la forme qu'on feut donner au pain. Ces opmti(R0. purement mécaniques , n'ont pas fa«soin de détaili et »oat généralement connues ; mais jl n'en est pas de même en phénomènes chimiques qui prennent naissance pendat leur durée. Elles ont pour but de faire éclater ton )m grains de fécule et de rendre ainsi cette substance fafi> lemeut assimilable à nos organes ; car elle n'est ontrituf pour l'homme qu'après l'ébullition ou la coctioo qni fait sortir de ses enveloppes tégnmentaires la partie vAvl\M ou dextrine de l'amidon.

La pâte, préparée pour la cuisson, peut étrecootidéiff comme un tissu visqueux et élastique de gluten dont lr< cellules sont remplies d'amidon, de sucre, d'albomise. de gomme, etc. , et entremêlées d'une matière fermenteicible qui a été ajoutée à la farine lors de sa mise en levain. Lorsqu'on abandonne cette pâte dans un eodrot chaud pour qu'elle Ihte , le gluten réagit , à la faveor de l'eau et de la chaleur, sur les globules d'amidon , les ^ éclater, et met ainsi en liberté la dextrine. Une partie de celle-ci est bientôt convertie en sucre par rinfloence du gluten. Le sucre ainsi formé, plus odm qui préexistiil

GUlkllË APPLIQUEE.

bns la farioe» te Ironvant en préieuce da leraÎD, éproave ftt<|oe aostit^ la fermeoUUoa alcoolique , c*egt-à-dire n'il est transformé , par la réaction de tes éléments , en ride carbonique et en esprit-de-vin ; pnis une partie de e dernier se change en vinaigre , tandis que du gluten , R le décomposant spontanément , donne lieu à un déagement d'acide carbonique , d'hydrogène et d'ammoiaqne. La chaleur dilate ou réduit en vapeurs les proiniU liquides ou aériformes, ainsi que l'air introduit bas la pâte par l'action du pétrissage. Les gas et vacarf tendent à se dégager ; mkis retenus par la viscosité In glaten , ils soulèvent la pâte , se logent dans de petits cavités ; il y a tuméfaction , c'est-à-dire que la pâte ht, en termes de boulanger. Lorsque , par suite de la uisson , qui chasse la plus grande partie de l'eau intertosée, la pâte a été solidifiée > U masse reste criblée de 1 maltitnde de petites cavités qui retenaient les gax , et e pain qoi en résulte est rendu léger et blanc par la livisioQ de ses particules.

lo parfait naélange du levain avec la farine contribue iognbèrement i la légèreté du pain , qui est indiquée w U quantité d'yeux qu'il offre dans sa masse. On inrodail généralement du sel dans le pain pour lui donner io goût et pour mieux le conserver. Le sel est jeté par wignéet lur le levain avant d'y mettre l'eau. A Paris , on tioploie on demi-ldlog. de sel par sac de farine du poids le 150 kilog. En Angleterre , on met 2 Idlog. de sel par ac de 135 kilog. ; quelquefois on met moitié sel et aoitié alun.

La farine d'un bon Me absorbe deux tiers d'eau , et (ooM on tiers de pain au-dessus de son poids; en nrte qae 100 kil. de farine absorbent 66 kil. d'eau, et »t>dtiiient 133 kîL de pain : ce qui fait un kil. de pain Mtf kil. de blé, puisque 100 kil. de bon blé fournissent, «me moyen, 75 kil. de farine , tant blanche que bise , i 25 kil. de son , y compris le déchet , qui ne dépasse [1ère 1/2 kilog.

Dans le pain tttidre ordinaire, il y a 5/6 de mie, connaol 45 p. 100 d'eau et 1/6 de croûte, renfermant 15 «or 100 d'eau aenlemcnt Le pain bien cuit et rassis A de plus facile digestion que le pain peu cuit, et que t pain frais et chaud. Le pain altéré et moisi cause des naladîes et même une sorte d'empoisonnement.

Les pains de Inze, dits jnsim dt gruau, à eafé, moUeU, > fowpe , régence , sont faits avec des farines, dites de [nuax, lassées, et par conséquent plus blanches que les trines ordinaires. On fait usage de levure de bière et K pâte est bien battue et soufflée, de manière à être renloe très-légère. Dans les pains viemtoit , on ajoute pour e pétrissage 1 pAriie de lait pour 4 parties d'eau ; on es vernit à l'aide de blanc d'œnf , ou plus simplement en opérant la cuisson sous l'action d'un courant de vapeur [tta. Le pain àe wnmiiion est confectionné avec des faioes de dernière qualité.

ActnncATiON. — On appelle ainsi la transformation itt liqueurs alcooliques en acide acétique ou vinaigre.

Cest un fait bien connu que ces liqueurs , vin, bière, idre, eau-de-vie faible, peuvent être conservées, pendant lesuuiées, en vases clos, sans éptouver la moindre acesïence, tandis que dans des vases ouverts, surtout à une ABpérkture tant soit peu élevée , elles s'aigrissent rapi- ^ftaeni et se changent en ce qu'on nomme du vinaigre, ^ retrouve dans ces liquides acidifiés tous les principes pnoaitiCi, moins l'alcool, qui a presque entièrement disi«ni , et, comme la qualité du rinaigre dépend de la qnantité du principe spirituenu des liquides qu'on aci* difie, il en résulte bien évidemment que c'est aux dépeots de l'alcool des liqueurs fermentées, que se produit l'«cide acétique. Ce réniltat est dû à ce que l'oxygène ^ I ùr, en enlevant une partie de l'hydrogène de l'alcool, pour former de Teau , ramène le restant des éléments du

liquide à l'état d'acide acétique. Vacétification n'est donc, d'après cela , qu'une déshydrogénation partielle de l'alcool par l'oxygène de l'air.

Mais pour que ce phénomène se produise d'une manière régulière, il faut réunir plusieurs conditions. Voici comment on opère généralement dans les pays vignobles et notamment à Orléans, d'où nous vient, comme on sait, le meilleur rinaigre.

Dans un atelier où la température peut être maintenue entre -(- S5 et 30® , on dispose 4 rangées de tonneaux les uns sur les autres , en choisissant de préférence ceux qui ont déjà servi i cette fabrication , parce qu'ils sont imprégnés de ferment ; on les nomme mèret de vinaigre. Ces tonneaux , de S50 litres au plus, sont percés de 9 trous À la partie supérieure du fond antérieur, l'un pour rintrodnclion du liquide , l'autre pour le dégagement de l'air. On verse d'abord dans chaque tonneau une certaine quantité de très-bon vinaigre bouillant ; puis , tous les 8 jours, on y introduit 10 à 12 litres de vin généreux et clair, ronge ou blanc, qui a filtré sur des copeaux de hêtre. En moins de 15 jours, l'acétification est complète. On soutire alors la moitié du vinaigre de chaque tonneau, et on recommence l'opération avec de nouveau vin. Le vinaigre de vin blanc est le plus estimé. Les vinaigres de bière, de cidre, de poiré, de sucre, ne valent jamais ceux de vin.

En obsjmrant exactement toutes les circonstances qui favorisent l'oxydation de l'alcool, k savoir: les conditions de température, Taccès de Pair et la surface étendue du mélange, on abrège beaucoup le temps nécessaire pour que l'acétification s'accomplisse. On fait maintenant du rinaigre en quelques heures, parla méthode allemande due à Wagemann et Schutzembach. Pour cela, on se sert d'un mélange de 8 parties d'ean-de-vie , 25 parties d'eau , 1 5 parties de bon vinaigre et 1 5 parties de vin pur ou de bière , le tout chaufTé à 62». On fait couler ce mélange lentement , mais d'une manière continue , par le moyen de petites cordes , dans un tonneau A A (fig. 37) rempli de copeaux de hêtre B, trempés À l'avance dans du rinaigre fort ; ce tonneau est percé de petits trous aux deux tiers de sa hauteur eee, ei muni de tubes dd k son fond supérieur e, afin d'entretenir dans l'intérieur un courant d'air non interrompu. Le fond supérieur mobile e, présentant l'aspect d'une cuvette et pouvant être fermé exactement par un couvercle/, est percé comme un crible de petits trous dans chacun desquels est passée une ficelle de 1 6 4 17 œntimèt. de longueur ^ ^7 ^ qui pend dans l'intérieur du tonneau et est retenue par le haut au moyen d'un nceud. Le liquide , qu'on verse sur le fond mobile , s'écoule dans l'intérieur par les ficelles , se répand uniformément sur les copeaux, présente ainsi k l'air une grande surface et absorbe l'oxygène avec une telle rapidité, que la température s'élève jusqu'à ZO** ; arrivé au bas du tonneau , il est transformé k moitié en rinaigre ; il suffit de le verser sur un nouveau tonneau pour opérer en entier Tacétificatiou , qui est terminée en quelques heures. Le liquide acidifié s'écoule du tonneau par une espèce de siphon A, qui s'élève un peu an-dessus du fond inférieur, et qui déverse le produit dans un tonnelet T.

Tous les liquides alcooliques peuvent être acidifiés rapidement dans cet appareil.

Le bon vinaigre d'Orléans a une odeur agréable , une

saveur acide et piquante ; il marque 2 À 3<* au pèse«

acide ; le vinaigre de cidre ne pèse que 2<>, et le rinaigre

En soumettant le rinaigre à la distillation , on peut en

(Fig. S7.)

retirer une grande partie de Tacide acétique auquel il doit tes principales propriétés. Ce n'est pas là cependant un bon moyen d'avoir cet acide dans son pins grand éta^ de concentration et tout à fait pur. Il faut , pour cela , l'extraire des sels qu'il forme avec les bases . et qni sont préparés en grande quantité pour les besoins de l'industrie avec l'acide pyrolignenx pur. Ces sels portent le nom générique ^aciuitet.

Le iout-acétate de cuivre est préparé à Grenoble et à Montpellier, en slralifiant des lames minces de cuivre avec du marc de raisin qu'on laisse aigrir. Le métal est oxydé par l'air , et l'oxyde formé s'unit A l'acide acétique que renferme le marc de raisin , d'où résulte du vert-de^grù qui s'attache aux lames. Au bout de 18 à 20 jours, on retire les lames et on en détache la couche de verUde-gris, qu*on pétrit avec un peu de vinasse , et qu'on renferme dans des sacs de cuir pour l'expédier au loin.

En dissolvant ce vert-de-gris dans du vinaigre distillé bouillant , et concentrant la liqueur , on obtient , par le refroidissement, de beaux cristaux d'un vert foncé ; c'est là Vacélate neutre de ouvre , plus connu sons les noms de vert diiUlU , erietaux de Véma. .

Vacélate de phmb , dit tucre ou^ul de iotume^ s'obtient en dissolvant de la litharge dans de l'acide pyrolignenx, concentrant la liqueur neutralisée jusqu'à 50^, et mettant à cristalliser. Il se dépose de .jolies petites aiguilles blanches, satinées, brillantes, d'une saveur légèrement sacrée.

L'acétate d'alumine , si employé comme mordant dans les fabriques d'indiennes, s'obtient par double décomposition au moyen de l'alun et de l'acétate de plomb, préa^ lablement dfssons dans l'eau froide. Ces deux sels , en échangeant leurs bases et leurs acides, donnent du sulfate de plomb qui se dépose en poudre blanche , et des acétates d'alumine et de potasse solubles qu'on emploie tels quels sous le nom de w^ordant de rouge.

On fait aussi, en grand, un acétaie de fer pour les indienneurs et les teinturiers , en faisant digérer du vinaigre de vin ou de l'acide pyroligneux distillé sur des rognures de tôle ou de la vieille ferraille. Après un mois ou deux , le liquide d'un brun foncé est soutiré et livré an commerce, marquant 14 à 10^ à l'aréomètre.

C'est en chauffant l'acétate de plomb ou l'acétate de soude avec de l'acide sulfurique, dans un appareil distillatoire, que l'on se procure l'acide acétique complètement pur. C'est alors un liquide incolore , d'une odeur vive et piquante, d'une saveur mordicante si prononcée qu'il brûle et pique la langue à la manière des acides minéraux. 11 marque de 10 à 1 Pau pèse-acide de Baume. C'est lui qu'on emploie pour remplir les petits flacons qu'on met sous le nés des personnes qui se trouvent mal.

C'est en exposant des lames de plomb à la vapeur de l'acide acétique , qu'on obtient la couleur minérale blanche, le plus en usage dans la peinture à l'huile , sous le nom de cénue on hlane de plomb. C'est du carbonate de plomb , sel insoluble, qu'on moule en pains coniques du poids de 1 à 1 kil. 1/2. On prépare ce sel très en grand en Hollande, en Angleterre, en Allemagne, à Lille, etc. , en plaçant des lames de plomb dans des pots au fond desquels il y a une couche de vinaigre. Ces pots sont rangés dans une étuve chauffée à 30 ou 35® , ou enfouis dans des couches de tan ou de fumier pendant six semaines. Le plomb s'oxyde aux dépens de l'air ; l'oxyde , au milieu des vapeun de vinaigre , se change peu à peu en sous-acétate de plomb, que l'acide carbonique, dégagé en abondance du tan on du fumier , transforme en carbonate. Celui-ci , attaché en croûtes dures et grisâtres sur les lames , est enlevé , broyé sons des meules avec de l'eau, soumis à la lévigation, puis desséché dans des moules coniques.

Les cémsea sont distinguées, dans le conuneroe, par

les noms des pays de fabrication. On dit donc térmêt dt Hollande f cénue d'Allemagne^ eértue de LiiU, cérmee de Clickjf, etc. La première est la plus estimée.

La céruse calcinée dans les mêmes fonn et les mémo bottes de tAle qui servent pour le minium ordinaire fournit une variété de minium moins vif, qui porte le mm commercial de mtiie orange , et qui est préférée pour U coloration des papien de tenture , parce qu'elle oe di«ise beaucoup mieux avec la colle, ne se gnimèie pas et o^ se durcit pas par ce mélange , ainsi que ie fait le miniiiB ordinaire.

Fabrication du tabac. — Le tabac , qui est defcoi d'un usage si général , et dont on vend annndieniefil ei France pour plus de 107 millions de fnoct, est b feuille d'une plante, le Nieotiematabdemm^ origiiiBired? l'Amérique méridionale , mais qui est actuellement cultivée dans presque tous les pays.

Les feuiÛes de tabac renferment, outre les principei immédiats communs à toutes les feuilles des plantes , mat matière rouge asotée et on alcaloide bqixide, icre ec volatil , qui est la source du montant du tabac prépart et de son action narcotique et délétère. CZe priDdpe, connu des chimistes sous le nom de sieefme, est natnî^ lement combiné à l'acide acétique ; il n'entre que pour quelques millièmes environ dans les feuilles. *

Ces feuilles , séchées à la manière ordinaire , n'olTrnt jamais ce montant et cette propriété stemutatoire si d«veloppés dans le tabac du commerce , parce que la tôe»tine n'est pas mise en liberté. On leur fait acquérir ti qualités en les abandonnant en tas pendant on tempi plus on moins long, après leur dessiccation et après lis avoir arrosées avec du vinaigre , puis avec one sointiae de sel marin. La fermentation lente, qui se prodoit éssi ces masses de feuilles, paraît avoir pour résîillat prinopal de décomposer la matière asotéie et de donner nai»sance, par là, à de l'ammoniaque. Les premières portions de cet alcali , en s'emparant de l'acide qui nentraliie la nicotine, mettent cette dernière en liberté, et Ttixtdant d'ammoniaque lui sert de véhicule. Dès Ion, TodMir propre au tabac se manifeste. Lorsque la fermcntatioa a été poussée asses loin , on hache le tabac à fnmer et oa dessèche les petites lanières qu'on obtient sur des plaqa^t en cuivre chauffées à la vapeur. Pour le tabac à prisn-, on fait subir une seconde fermentation aux fenillcs , oa les dessèche , puis on les pas^e dans des monlina posr les broyer. La poudre est tamisée , puis abaDdooAèe t un nouveau degré de fermentation , qui exaile davant^ l'odeur et qui produit une coloration noirâtre de toetr la masse.

Les tabacs les plus estimés sont ceux de Cuba , ds llaryland, de Virginie. C'est véritablement en France qu'on fabrique le mieux les produite de oe genre.

Le principe actif du tabac ou la nicotine est nn poisoe si actif que 4 ou 5 gouttes suffisent pour tuer nn chiea. On conçoit facilement, d'après cela, les maox de t^tr. les vertiges , le nareotisme , et cette sorte d'hébéleaBRri continuel qu'éprouvent ceux qui font un usage immodèrr du tabac , soit en le fumant , soit en aspirant sa pcradiv par le net.

La consommation individuelle en France est d« 511 grammes, sur lesquels il y a 198 gr. de tabac i priser et 313 gr. de tabac à fumer; ce qni montre q«* l'habitude de fumer est à celle de priser coouie 158 etf à 100. Un Français consomme autant de tabac qv'ea Russe, deux fois plus qu'un Italien , mais trois fois iMsai qu'on Allemand ou nn Hollandais, et quatre fois meiai qu'un Belge.

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