GENERALITES DE L'HISTOIRE NATURELLE
L'hiftoire natorelle dam son acception la plus gênétle, t pour but de connaitre tons les objets de la créaion. Elle doit donc étudier non-seulement les planttet , K aaimaux et les minéraux distribués sur notre globe FiTcstre, mais encore les mouvements des corps célestes, M phénomènes météorologiques et physiques , les comliosisoos de la matière et l'origine probable ou le 'mode le formation des diverses couches de la terre. Ges der- 11^ branches de la science sont ordinairement considéées comme trop indépendantes de l'histoire naturelle : e sont fastronomie , la météorologie , la physique du [iobf , la chimie et la géologie. La botanique, la sooloieet la minéralogie lui sont donc seules laissées et encore ent-oD quelquefois ne voir dans la minéralogie qu'une pplication de la chimie , de la géologie et de la cristaligraphie. Toutefois, on peut dire que les objets dont occnpe l'histoi^ naturelle, sont de deux sortes; les lot lont doués de la vie , ils naissent et meurent après être accrus , laivant une forme déterminée , par l'asimilation de nouvelles molécules entre les molécules ^jà en place , et ils out la faculté de se perpétuer par les germes qui se développent suivant la même forme ; t sont les végétaux et les animaux , qu'on nomme en {«léral les êtres organisés. Les autres n'ont point la vie, fv coniéquent ils ne meurent pas ; ils se forment par axUposilion , c'est-à-dire par adjonction de molécules lemblables qui se placent couche par couche à la surface Kalemeot, suivant une forme géométrique qu'on nomme m cristal ; ils peuvent d'ailleurs changer d'état par l'ac- ^on des forces physiques ou s'agréger en masses amorphes. Ce sont les wuftéraux y nommés aussi corps bruts oa inorganiques.
La rie qui caractérise les corps organisés est une force ■sterne pouvant contrebalancer et même surmonter l'action des forces physiques, dont elle diffère essentiellement. Ainsi la vie maintient an même degré la chaleur <les animaux, quelle que soit la température extérieure. In reptile reste froid, sous la xone torride, à tel point ipe les nègres se rafraîchissent par le contact de cet •nimal; un petit oiseau conserve sa chaleur de 44® nJtlgré le froid de l'hiver. D'autre part, c'est la vie qui empêche un insecte vivant, exposé au soleil, d'être aussi prom(itement desséché qu'un insecte mort Gette force eit active dans les animaux et les végétaux vivants ; elle e<t latente danc les mêmes êtres engourdis par le froid
on par la sécheresse. Elle l'est surtout dans les œufs qui conservent très longtemps la faculté de se développer, et dans les graines qui traversent des siècles sans cesser d'être capables de germer aussitôt que les circonstances sont favorables. La vie latente maintient sans altération l'état moléculaire de l'être engourdi ou du germe, malgré l'action des forces physiques qui tendent à le détruire. La vie active détermine un mouvement interne des molécules d'où résulte l'expulsion de certains produits désormais inutiles i l'organisme, et par conséquent l'admissioo à l'intérieur de nouveaux éléments destinés soit à suppléer par l'assimilation aux perles continuelles , soit à augmenter la masse de la matière vivante. Le résultat normal de la vie active est d'ailleurs aussi le développement de l'être, suivant une forme qui lui a été imposée d'avance par la puissance créatrice; ce n'est donc paa le concours des forces physiques et des éléments matériels qui détermine la forme de l'être organisé comme il arrive pour les minéraux cristallisés. Pour expliquer cette préexistence de la forme, on a voulu admettre jadis la doctrine de l'emboîtement des germes , en supposant que dans les premiers êtres créés par Dieu, se trouvaient contenus non-seulement tous les germes des êtres semblables qui naîtront jusqu'à la Gn des temps, mais aussi les germes Jn6niment plus nombreux qui périssent sans se développer. Gette doctrine était nécessairement subordonnée au principe de la divisibilité de la matière jusqu'à l'infini; or, nous le savons aujourd'hui, si petites que soient les molécules élémentaires des corps , elles ont cependant une grosseur définie , comme le prouvent l'existence d'une limite de grandeur pour la production des phénomènes de la lumière, de la capillarité, de l'élasticité, etc. Ainsi le microscope nous montre que des particules larges d'un cinq-centième de millimètre , tenues en suspension dans un liquide , sont continuellement agitées d'un mouvement de trépidation qu'on nomme le mouvement Brownien , au lieu d'obéir simplement à l'action de la pesanteur. D'autre part , le microscope nous montre aussi que les fibres , les vaisseaux, les nerfs, les globules sanguins, etc. , au lien de diminuer de grandeur dans les plus petits animaux , sont proportionnellement plus grands , puis cessent de se montrer dans les animaux les plus simples , dans les infnsoires, par exemple, qui souvent ne sont formés que d'une substance homogène, sans structure
INSTKrCTlOX POUR LE PEUPLE.
appréciable, lin reconoait aisémeQt que les oi^aiies les plat délicats on les plus petites parties vivantes des animalcules microscopiques et de tous les ctres organisés Dont pas moins d'un vingt -millième on d'un trentemillième de millimètre d'épaisseur, ce qui est encore beaucoup plus grand que les dimensions des particules de la matière brute , car on sait qu'une bulle de savon , avant de se rompre, a moins d'un cent millième de millimètre , et la couche d'or qui recouvre un fil d'argent doré, a moins de cinq millionièmes de millimètre ; c'est là ce qui nous empêche de croire À la préexistence, ou à l'embottement des germes qui n'eussent pu, sans cesser d'être matériels, se trouver tous contenus dans les germes tsios du premier être créé.
La vie active se manifeste par des phénomènes qu'on nomme les fonctioni vitales, lesquelles dans les êtres plus complexes s'efTectuent au -moyen d'appareils ou d'instruments spéciaux qu'on nomme organes. Mais ni dans le germe ni dans les animalcules les plus simples, on ne trouve d'organes, toutes les fonctions plus ou moins simplifiées sont confondues et exécutées simultanément par la masse homogène qui constitue ces êtres. On dit cependant par extension que tous les êtres virants sont ortfemitéê, et Ton appelle orgauisaiion cette structure particulière qu'ils ont reçue sons l'influence de la vie. Ainsi donc l'organisation est le résultat de l'action de la vie dans les germes, d'oà proviennent les différents êtres , et ce n'est point, comme on l'a dit, la vie qui est le résultat de l'organisation. On nomme orgamtmê l'être organisé considéré d'une manière géné^ raie ou abstraite , et l'on donne le nom de substances organiques i celles qui, 'provenant des corps organ^és, se sont formées sous l'influence de la vie. Les composés inorganiques sont ceux qui se sont produits sans le concours de la vie ou bien qui ont perdu le caractère que leur avait imprimé cette force. Ainsi les écailles d'huttres sont des produits organiques , mais si on les calcine , il ne reste que de la chaux qui est un composé inorganique semblable À celui qu'on obtient en calcinant la pierre calcaire. De même , les os des animaux laissent après la calcination du phosphate de chaux qui n'est plus alors qu'un composé Inorganique.
COMPOSITION DBS ftTRIS ORGANISA.
Tandis que les minéraux présentent des éléments ou corps simples dont le nombre total s'élève à cinqnantesix , les corps organisés ne sont composés que d'un petit nombre d'éléments toujours les mêmes. Ce sont d'abord l'oxjgène , l'hydrogène et le carbone que l'on rencontre plus abondamment chei tous , puis l'aiote , que l'on avait cru d'abord exclusivement propre à la composition des substances animales, mais que l'on sait aujourd'hui éga> lement indispensable à la vie des végétaux, quoique ces êtres le contiennent en moindre proportion. Ce sont ensuite le soufre et le phosphore , qui s'y trouvent dans un état particulier de combinaison ; la chaux , ou oxyde de calcium , qui fait nécessairement la base du squelette et des parties dures non cornées de tous les animaux ; le potassium et le sodium , combinés au chlore, ou oxydés et unis i divers acides et dissous dans les liquides de l'organisme ; le fer à l'état d'oxyde dans le sang ; le silicium , également combiné À l'oxygène dans l'épiderme des végétaux et dans le têt des navicules , où il arrive après avoir été dissous dans les eaux par le moyen des oxydes de potassium et de sodium, etc. , etc.
Tous ces éléments d'ailleurs entrent dans la composition des substances organiques d'une manière totalement différente de celle suivant laquelle ils forment les corps inorganiques; en effet, ils semblent alors se pénétrer si intimement , qu'on ne peut plus découvrir leur présence |>ar les réactifs qui les décèlent dans leurs combinai-
sons ordinaires : c'est ainsi que le fer dans le itog m peut donner immédiatement du bleu de Prune t\er | ferro-cyanure de potassium , comme s'il était sinapWiiifrf dissous dans un acide. Le soufre de l'albumine, oa bUoc d'œuf, ne manifeste sa présence, en noircissant rnyoi qu'après un commencement de décomposition de la n)>stance animale ; de même enfin le phosphore contenu diu •la substance nerveuse et dans beaucoup d'anintni mrins, ne devient susceptible de briller dans l'obirarii' qu'après avoir été partiellement -dégagé de sa combioaunn intime par la putréfaction : c'est ainsi que les débris «if poisson deviennent phosphorescents ; c'est ainsi qse k| feux-follets sont de Fhydrogène phosphore proveatol ^ la décomposition des matières animales.
Composés orgamiqme».
Les éléments que nous venons de mentionner le combinent donc d'une manière particulière, sous rinfioenn i. la vie, pour former des composés or^ganiqnes, Icsqurii sont aiotés ou non axotés ; ceux-ci forment eax-mraMi plusieurs classes :
1« les uns , non acides , contiennent Toxygène et fb)drogène dans les proportions convenables pour fonm de l'eau, sans pour cela qu'on puisse les roosidem comme des combinaisons d'eau et de carbone , pajiqcr | comme nous l'avons dit, les éléments de ces compo^i se pénètrent réciproquement ions ensemble , an lies 1^ tre , comme les composés inorganiques , le résultat df b combinaison de plusieurs composés plus simplet. U composés oi^aniques non asotés , ayant roxjgèue et l'b)drogène dans les proportions nécessaires pour former ix l'eau , sont les principes constituants les plus etseotieli des végétaux ; ils sont susceptibles de présenter des m^)fications importantes dans leur constitution molétalurr, sans que leur composition soit changée : il en rêflilb: dn corps isomères , tels que la cellubte , l'amidoo et It gomme, ou dextrine, qui diffèrent par leur solubilité (iitu l'eau et qui, pouvant se transformer saocessivemeot 1 » dans l'autre , sont par cela même appelés i jouer te ^^ le plus important dans les phcnomèoes de la Dntnt>« ches les végétaux. Les diverses sortes de sucre n'en Ufèrent que par la proportion de carbone, et doiuot ^ dériver aussi. ^
2^ D'autres composés non azotés ayant ordioaireaM^t un excès d'oxygène, sont des acides organiques vêjf U» ou animaux ; ils ne participent pas à la vie , ooa piu que leurs combinaisons ; quelques-uns d'ailleurs peaTtnt être formés artificiellement par des opérations chimiqon ou dérivés de quelque autre substance organiqoe, V<^ •acides tartrique (des raisins), oxalique (de rowiilf . citrique (du citron), malique (des pommes aigret.. formique (des fourmis), tannique et galliqoe (df l« noix de galle et de l'écorce de chêne) contifooeot an excès d'oxygène ; les acides acétique et lactiqne des li« quides animaux et des sucres fermentes contienoeot. comme le sucre lui-mcme, l'oxygène et l'hydrogène daai les proportions nécessaires pour former de l'eaa; eolin l'acide benxoïque (du benjoin et des baumes) , les acidn valérianique, butyrique et tous les autres addetgrtf contiennent un excès d'hydrogène et de carbone. Néiin moins on peut cunsidérer les acides organiques, es général , comme provenant de l'oxygénation des sobstiocr» organiques neutres.
3^ D'autres substances organiques non azotées cootieonent toujours un excès de carbone et d*hydrqgèoe;c^ sont les résines, les huiles essentielles, et surtout Ki graisses , que l'on peut considérer comme forméei d nu acide gras combiné avec une substance neutre. Toaiei ces substances ne participent jamais à la vie, bien qo' produites sous l'influence de celte force. Les résiaes ri les huiles essentielles , qu'on doit trouver plus pirtico-