‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 66 sur 291 · GENKRALITRS DE L'HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

GENKRALITRS DE L'HISTOIRE NATURELLE

poosnat toBÎoiin le lang dam ia même direcUon.

Beaocoap de molliuqnefl , comme le colimaçon , ont on If al cceor arl^riel formé de deux cavités; l'une, dite orrillette , recevant le lang qui vient de traverser Torgane respiratoire ; l'autre , dite ventricule , qui le chasse dans les vaisseaux chargés de le distnbuer i toutes les pirtiet du corps. Les conchiCères ont le caur formé d'un seul ventricule et de deux oreillettes recevant de chaque c6té le s|ng venu des branchies ; mais , par exception , qaelqaef-uns , à cause de l'écartement des sommets des islrn, comme les arches, au lieu d'un seul ventricote , en ont deux , correspondant à chaque oreillette. Les céphalopodes, avec un cœur chargé de chasser, d'enlojer daos tout le reste du corps le sang venu des branchies, ont deux cœurs branchiaux situés à la base des branchies. Les crustacés ont aussi un cœur aortiqne simple recevant le sang venu des branchies pour le distribuer aux organes. Les poissons , an con- Iraire, ont un seul cœur branchial recevant dans une oreillette le sang de tout le corps pour le chasser au moyen d'on ventricule musculeux dans les branchies ; de ces organes respiratoires naissent paraliMement d'autres vaisseaux qui , après s'être réunis sous la colonne veriébrale, portent le sang oxygéné à tous les organes.

Les oiseaux et les mammifères, qui d'ailleurs ont seuls le sang chaud , réunissent dans leur cœur à quatre caviti^ celai des mollusques et celui des poissons : ainsi le lenthcale droit chasse dans les poumons le sang venu des diverses parties du corps dans l'oreillette du même câté, Uadis qoe l'oreillette gauche reçoit le sang des poumons et le transmet an ventricule gauche pour l'envoyer par l'aorte dtos tout le corps. Les reptiles enfin , dont le sang est froid, n'ont an cœur qu'un ventricule et deux oreillettes , r'es(-i-dire qu'une portion du sangsenle est vivifiée dans les poumons et mêlée dans le ventricule avec le surplus.

Le sang ou liquide nourricier se trouve dans tous les aoimanx , mais c'est chex les vertébrés seulement qu'il présente réunis tons les caractères qu'on a coutume de loi attribuer ; il est rouge , formé d'une partie liquide incolore tenant en dissolution l'albumine et simplement en sQspension U fibrine ; et de plus , il contient une foule de petits corpuscules flottants colorés qu'on nomme improprement globules tanguin*. Ce sont de petits disques arrondis et i bords épais chez la plupart des mammifères ; pour tous les autres vertébrés, au contraire, ce sont des disqnes ovales proportionnellement plus minces, mais pourvus d'un noyau ou nucleiu central , rendu visible par l'action de Teau. Les plus petits, ceux de t'honime, ont enviroii 1/120' de millimètre; les plus grands, ceux des batraciens, ont I/50« et jusqu'à l/30« de millimètre. Quand le sang est soustrait à l'influence (fe la vie , la fibrine qu'il contient se coagule et entraîne avec elle tons les globules sanguiqf pour former on caillot , qui se contracte peu à peu en abandonnant le sérum dans lequel reste dissoute l'albumine avec diiers sels, de la graisse et plusieurs autres substances. Le sang des cmstacés et des mollusques est incolore, oon coagulable et contient seulement quelques corpuscules irréguliers. Le sang des annélides, au contraire, n( coloré en rouge , ou plus rarement en vert ; mais il ne contient pas de corpuscules et il n'est pas coagulable.

Les insectes , comme beaucoup d'autres invertébrés , ont an liquide nourricier incolore qui remplit toutes les cavités et dans lequel est baigné l'intestin ; ils n'ont pu de vraie circulation , puisque c'est l'air qui va par les trachées trouver le liquide à vivifier, et non celui-ci qui «a chercher l'air ; cependant on voit chez eux une circulation incomplète produite surtout par un canal lacuneux qu'on nomme leur oaisMeau dorsal, et qui se contracte périodiquement d'arrière en avant Les végétaux présentent deux ou trois sortes de circu-

lation , savoir : l^' le mouvement de la sève qui , puisée dans le sol par les raeines , acquiert peu à peu ses propriétés en s'élevant à travers les tissus, est élaborée davantage dans les feuifles , puis redescend entre le bois et r^rce , où elle ctt^urt i l'organisation des nouvelles couches ligneuses ;^o la cyclose, ou le mouvement du latex dans un système de vaisseaux qui se trouvent ordinairement dans l'écorce ; 3<> la rotation des sucs contenus dans chaque cellule, au moins i une certaine époque de la vie. Ces trois sortes de circulaliou, et la dernière surtout, sont produites par l'action de l'enduit vivant des cellules ou des vaisseaux , et c'est là ce qui distingue particulièrement ces phénomènes, de la circulation sanguine qui a pour moteur un cœur. Toutefois , chez certains polypes , tels que les sertulaires, on observe dans les tiges une circulation qui a une grande analogie avec la rotation des sucs végétaux et dont la cause est manifestement due à des cils vibratiles.

LoeomoHon et motiliU.

La locomotion ou la faculté de changer de lien a été considérée d'abord comme un attribut exclusif des animaux ; mais , à part les navicules et les clostéries , que , d'après cette propriété même , quelques naturalistes ont classées à tort parmi les infnsoires , on a reconnu récemment que les spores ou germes de certaines algues ont ' la faculté de nager librement jusqu'à ce qu'ils se soient fixés pour se développer en végétaux. D'autre part, un grand nombre de zoophytes , plusieurs vers intestinaux et beaucoup de conchifères , les cirrhipèdes et les tuniciens , sont fixés aux rochers et aux autres objets sousmarins pendant la plus grande partie de leur vie.

La motilité ou la coutractilité n'est pas davantage un attribut exclusif des aninuux, bien que tous, sans exception , la possèdent pendant leurs périodes de vie active ; presque tous les végétaux en effet peuvent montrer des phénomènes de motilité, ne fût-ce que la faculté de retourner leurs feuilles , de redresser leurs tiges herbacées, de diriger leurs racines pour éviter les obsta^ clés, de replier diversement leurs feuilles et leurs corolles pendant la période de sommeil , etc. Beaucoup de ces êtres d'ailleurs sont manifestement contractiles dans certaines de leurs parties, comme la sensitive, la dionée, etc. Aussi ,^ quoique chez les animaux supérieurs on voie la cootraclilité en rapport avec les nerfs, on ne peut admettre que cette relation soit partout essentielle. Les mouvements des navicules et des clostéries sont complètement inexplicables jusqu'à présent, et l'on sait seulement qu'ils ne sont produits ni par des cils vibratiles , ni par des pieds on prolongements variables comme on l'avait supposé. Les mouvements desoscillaires, ainsi que tous les phénomènes de motilité chez les végétaux fixes , ne peuvent être attribués qu'à une contractilité variable, mais non directement démontrée dans le tissu végétal. Quant à la locomotion des spores mobiles et nageantîes des algues , on a vu clairement qu'elle est produite par des cils vibratiles ou des filaments ondulatoires : comme chez les infnsoires. Ce sont aussi des cils vibratiles qui servent i la locomotion des turbellariés , des acalèphes et de beaucoup de zoophytes et de mollusques, au moins pendant la première période de leur développement Quelques infnsoires comme les amibes et les rhizopodes se meuvent simplement en rampant, par l'extension sur un point et la contraction sur quelque autre point de la substance glntineuse , homogène dont tout leur corps est formé et dans laquelle sont confondues toutes les fonctions vitales.

Les mollusques gastéropodes qui rampent sur une lame charnue , située à la face ventrale et faisant les fonctions de pied, se meuvent par l'effet de contractions et dilatations alternatives des fibres musculaires de ce pied. Pour

It plupart des moUnsqnas nus, le mouvement eit prodait égtlement par let oootractioni des fibres masculaires coustiloant en grande partie la masse charnae dont elles font varier Ja forme , mais le procédé n'est pas toujours identique. ]&n effet , le glancus nage daines eaux par Tagitation de ses brsncbies et les ptéropooes agitent de même les deoi expansions membraneuses qui les caractérisent. Plusieurs céphalopodes nagent la (été en arrière en contractant leur manteau en forme de sac ; c'est par un moyen presque semblable que beaucoup de méduses se meuvent dans les eaux en contractant alternativement leur ombrelle. Plusieurs annélides se meuvent par l'agitation des appendices en forme de rames dont elles sont pourvues, on bien elles nagent en s'agitant elles-mêmes d'un mouvement ondulatoire ; c'est ainsi que nagent également les sangsues, qui n'ont pas d'organes extériem-s. Mais , i part tons les animaux mous dont les fibres contractiles réagissent sur la muse charnue dont elles font partie, on trouve ches tous les autres animaux articulés et vertébrés un assemblage de pièces solides donnant attache aux fibres ou aux muscles et faisant l'office de leviers pour effectuer tous les mouvements relatifs aux besoins de l'animal. Chei les vertébrés , ces pièces soliJes sont les os, recouverts par les muscles et constituant un squelette interne. Ches les articulés, an contraire, les pièces solides contiennent les muscles dans leur intérieur et constituent en quelque sorte un squelette externe , quoique réellement ce ne soit autre chose que le tégument durci. Ces animaux en général sont pourvus de membres, sorte de leviers articulés, appropriés à la marche, au saut, au vol ou à la nage. Les vertébrés ont quatre membres plus ou moins complets : excepté les cétacés, qui n'en ont que deux ; les serpents, qui n'en ont pas du tout, et certains poissons. Les insectes ont six pattes et souvent aussi deux ou quatre ailes , les arachnides ont huit pieds et les crustacés en ont dix ou quatorte ou davantage , les myriapodes enfin se composent d'un grand nombre de segments homologues, portant chacun une ou deux paires de pieds.

Dans le jeu des membres de ces ^'vers aninunx , on trouve des exemples de trois genres de leviers reconnus en mécanique, savoir : P un levier du premier genre , ayant le point d'appui entre la puissance et la résistance, se toit dans le mouvement de la tête, sur la colonne vertébrale, qui fournit le point d'appui, tandis que les muscles de la nuque agissent comme puissance pour contrebalancer I» poids de la tête , on pour soulever une proie : l'avanl-bras de l'homme agissant pour frapper est aussi un levier du premier genre ; 2° un levier du deuxième genre , ayant la résistance entre le point d'appui et la puissance qui occupent les deux extrémités , se voit dans le pied de l'homme , prenant son point d'appui sur le sol , tandis que les muscles du gras de la jambe agissent sur le talon pour soulever le poids du corps ; S° des leviers du troisième genre, enfin , se voient dans le jeu de la mâchoire et dans l'avant-bras agissant pour soulever un objet placé sur la main , c'est alors le muscle biceps, occupant le devant du bras, quiexerceson action entre le point d'appui situé à l'articulation et la résistance qui est le poids de l'avant-bras et des objets à soulever. Ce dernier gehre de levier est le moins avantageux en mécanique, où l'on a plus souvent besoin de multiplier la force ; mais la nature l'emploie de préférence dans la structure des aninunx parce que si , en effet , il nécessite l'emploi d'une force plus considérable que la résistance à vaincre, cette force agit sur un bras de levier beaucoup plus court , c'est-à-dire que les attaches des muscles sont ploà rapprochées des articulations et la forme des muscles est'ainsi plus dégagée et plus légère. Tontes les fois que des muscles , produisant le jeu d'un l«vicr du troisième genre, ont des antagonistes destinés à produire un effet opposé , ceux<i doivent agir comme

sur un levier du premier genre , voilà pourquoi Favanlbras de l'homme nons fournit à la fois un exemple des deux genres de leviers snitant les muscles que Ton eonsidère. Toutes les articulations des crustacés et des insectes présentent à la fois ces deux genres de levier, car, les muscles étant logés dans l'intérieur même des levieri. le point d'appui correspond au diamètre du cfliodrr creux formé par le membre, et les muscles naoteurt sont situés par conséquent en avant on en arnl^ de ce point d'appui. Beaucoup d'animaux peuvent, d'aillenri. se mouvoir avec force sans le concours des membres, c'est ainsi que certains crustacés nageurs se meurent si rapidement en courbant leur corps entier ou aeulemea: leur abdomen, faussement nommé la queue dans les écrivisses. C'est également ainsi que les poissons trouvent dani les inflexions brusques de leur queue un moyen de loco> motion beaucoup plus puissant que dans Tagitation dr leurs membres représentés par les nageoires. Les poîfsons dont la longueur n'est pas trop considérable , par rapport à l'épaisseur, ne font qu'une seule ' inflexion alternativement répétée d'un côté et de l'antre, mais ceni dont la longueur est très-considérable, comme Tangnille. font des inflexions multiples et nagent en s'agitant d'ao mouvement ondulatoire propagé d'avant en nrière chaque inflexion , comme celle de la queue d'une earpe. exerçant en arrière sur le liquide une pression qui. par un effet de réaction , pousse l'animal en avant Les serpents, dépourvus de membres , rampent sur le sol en s'agitant aussi d'un mouvement ondulatoire ; mais daa» ce cas ce sont les écailles de leur ventre qui , successivement redressées, prennent un point d'appui sur le sd et permettent aux parties antérieures de se porter en at an(

f/oix, phonation.

Quoique le son soit un phénomène physique produit par les vibrations de l'air on des corps solides , iJ doit être considéré ches les animaux comme dépendant de li contractilité musculaire. L'homme, par exemple, laisse a volonté l'air sortir sans bruit de ses poumons ; mais le soe est produit quand, par la contraction de certains mnsclei, il a mis dans un état éonvenable la glotte , qui , sitnée à l'entrée de la trachée-artère , sert à la fois an passage df l'air pour la respiration et pour la voix. Les ligameots. ou cordes vocales, qui constituent les bords de la glotte. se trouvant plus tendus et plus rapprochés, entrent euxmêmes en vibration comme la lame mobile de Tancbe d'un tuyau d'orgue. Ches les mammifères et les oiseaux la voix s*' produit de même , avec cette différence que , ches les oiseaux , le larynx , siège de ce phénomène , est an bas d« la trachée-artère et non à l'extrémité supérieure. Cest parini les oiseaux jwuls que la voix peut imiter celle àe l'homme ; mais aucun animal n'a la conscience de la valeur des paroMk, et le langage est un des attributs exdasifs de la perfectibilité humaine. Quelques reptiles oo! aussi la faculté de faire entendre un cri , un sifQemeat on un croassement; mais la plupart sont muets, comme les poissons, car le bruit que font, par exoe|ftioo. quelques-uns de ces derniers ne peut être nommé anr voix, puisqu'il n'y a pas de poumons ni de larynx c'est simplement un bruit causé par Fexpnlsion de Taîr momentanément emprisonné dans la bouche et dans T»sophage. Il en est de même du bruit que font entendre quelques mollusques en se contractant , ou les crnstaoês en agitant leurs pieds-mâchoires. Mais les insectes font entendre des sons particuliers qui même sont souvent produits par des organes spéciaux, quoiqu'on ne puisse jamais leur donner le nom de voix.

Ainsi les cigales mâles ont sous l'abdomen deux timhales sur lesquelles une membrane tendue est ébranlée et mise en vibration par des muscles particuliers. Let grillons ont vers la base de Tune des ailes supérieures

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