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GÉOGRAPHIE BOTANIQUE

Les loii de^U dûtribation des irégéUax i la lurface da globe, le« canteide celte distributioa, tellei sont les deax qnettions dont s^occope la géographie botanique. Appliquée d'abord par Giraud Sonlatie au midi de la France, cette partie de la botanique a été élevée à la dignité de science par A. de Hamboldt, puis perfectionnée par Wahlenberg , de Gandolle , Schouv , M eyen et tous les botanistes voyageurs qui ont mis en regard la végétation d*un pays avec les éléments physiques dont elle est Pexpression nécessaire.

L'atmosphère et le sol ont une influence égale sur cette distribution. Kxaminons*la en peu de mots. L'atmosphère agit sur la végétation par sa température. Chaque plante correspond pour ainsi dire à une certaine fraction de l'échelle thermométriqne^ dans les limites de laquelle son eiislence est possible. Toutes ont besoin d'un certain degré de chaleur, beaucoup ne peuvent sopporter de froids rigoureux. Certaines plantes alpines fleurissent dès que le thermomètre dépasse le point de séro; les plantes tropicales ont besoin de températures élevées pour germer, fleurir et fructifier. Après la température, l'élément le plus influent, c'est l'humidité et la pluie. L'aridité des déserts est due encore plus à la sécheresse des vents qui les balayent , qu'à leur température élevée. La végétation luxuriante de certaines contrées tropicales se développe sous l'influence d'un air chaud et chargé d'humidité : aussi cherche-t-on à réaliser ces conditions dans les serres chaudes où Ton cultive les plantes des pays chauds. Les vents n'exercent pas une influence moins grande sur la distribution des végétaux en disséminant les graines et en les portant habituellement dans une direction déterminée, et presque toujours la même.

Si l'atmosphère est le grand régulateur de l'existence des végétaux à la surface des terres , il n'en est pas de même lorsque la mer les recouvre. Quel que soit le climat, une végétation complètement différente s'établit dans les parties peu profondes de la mer ; les plantes appartiennent tontes à la grande famille des Algues ou Fucus; néanmoins l'atmosphère agit encore sur cette végétation en élevant ou en abaissant la température de l'eau , et Ton verra dans le chapitre de la distribution géographique des algues de mon savant collaborateur , M. Montagne , que celles des pays chauds diffèrent complètement des plantes marines qui vivent dans les mers boréales. Les eaux douces nourrissent des végétaux différents de ceux des eaux salées, et même la flore des eaux saumâtres présente des particularités qui la distinguent des deux autres.

Stations végétales. -*H. de Gandolle a désigné sous le nom de stations végétales les modifications de la constitution physique du sol , qui y déterminent l'existence de certaines plantes et reidusion des antres. Les bords de la mer sont une de ces stations ; on y observe certains végétaux qu'on chercherait vainement ailleurs , excepté dans le voisinage des marais salants, telles sont certaines espèces des genres Arenaria, CochUaria, Statice, Salsola, Diotis , Aster, etc. ; j'en ai donné l'énumération pour la France, dans Patria (Géographie botanique de la France, p. 464). Parmi les plantes qui habitent les eanx douces, il faut distinguer celles qui sont complètement plongées dans ces eaux, telles que les Ckara, les Nayas, les Potamogeton; et celles qui nagent à la surface, telles que les Lemna^ les Pietia^ enfin celles dont la tige est toujours plongée dans l'ean , tandis que les organes de la fructification nagent ou s'élèvent au-dessus de la surface; exemple : les espèces de JVffmpkœa^ Butûmus, Sagitlaria, Êienganthes, Alisma, Sparganium, Trapa , et un grand nombre de Sdrpus, de Jmmeus et de Cartx. Les savants qui se livrent i la topographie botanique d'un pays accidenté ont même remarqué que les mêmes plantes ne se trouvent pas indif»

féremment dans les eaux courantes et dans lea eaax stagnantes , dans les fleuves et dans les ruisseaux , dans la marais et dans les lacs, au bord des sources oo dans tes mares. Toutes ont leurs prédilections qu'elles manîfestest soit par leur prépondérance numérique , soit par la ligueur de leur végétation. Quelquefois elles excloeot to&tr autre végétation, et, dans quelques cas , elles preoDest des proportions gigantesques, qui prouvent combien cetir station est favonble à leur accroissement Les forêfs de haute futaie, qui entretiennent Thumidilé du sol qu*eOfl couvrent de leur ombre, recèlent aussi certaines espècf» que l'on trouve rarement dans les endroits déconierts. Telle est entre autres la dangereuse Belladone.

Le plus ou moins d'humidité du sol n'est pas la se^ condition qui fait varier la nature de la Tégétalion. Si composition physique n'est pas moins influente. Tout le monde sait que les terrains sablonneux ont une végétatioa particulière , et l'épithète arenaria , qui se trouve si tocvent à la suite du nom de genre , témoigne de la prédilection de l'espèce pour ce genre de sol. Il en est qai viennent plus particulièrement dans les ébonlements dt pierres et dans les décombres de bâtiments. Les toorbières forment aussi un lieu d'élection pour certaina plantes que l'on ne trouve jamais dans les lieux êgaleœfs: humides, mais où le sol ne se compose pas nniquemee'. d'un terrain formé de mousses en décomposition ; ca plantes elles-mêmes forment le fond de la végélalion. tl au milieu d'elles on rencontre les plantes spéciales dwt nous venons de parler.

Les géologues et les botanistes ont longtemps cherrb à apprécier l'influence de la constitution géologique ds sol sur la v^étation. Ils ont pensé que la Flore des pajs calcaires devait différer de celle des régions graniliqwi Ces prévisions ne se sont pas réalisées. MM. fie CaodoTIc. l'nger, Thurmann ont montré que la même Flore pouvait correspondre i nue constitution géologique fort différente. Les influences physiques du sol et de Tatinosphère sont toujours prédominantes. Cependant, il ett positif que certains principes minéralogiqnet sont extrêmement favorables à la croissance et à la multiplication àt quelques espèces. La Digitale couvre tontes les parties de sol de la France où le quarz est prédominant : les granit» du Morvan, ceux de la Bretagne et les sables ailicem de la Sologne. Aux environs de Paris, c'est toujours twr ki meulières qu'on troii\e cette plante i l'état sauvage. Certaines plantes croissent aussi de préférence snr les montagnes calcaires : la grande Gentiane, le Domptevenia, le Cyclamen , la Potentitla rupestris , le Sabot de Véons.

La culture a , pour ainsi dire , produit des stations artificielles où certains végétaux se sont cantonnés av«c une constaoce remarquable. Les champs , les prairies , les jardins , les haies, les chemins nourrissent, parmi In végétaux que l'homme y cultive ou y propage, des plantes sauvages qui s'y trouvent dans des conditions d*exiatence très-favorables. La Mercuriale habite les jardins et 1» champs négligés ; le Coquelicot, le Bleuet, le Mélampyre. croissent au milieu dès moissons ; les Renoncules , le Caltha, les Trèfles émaillent les prés ; tes Borraginées bor dent les chemins découverts, et la petite Gguè (.€tkusê eynapium) s'abrite sous les haies.

Plantes sociales. — • Certains végétaux rivent épars ri isolés ; tels sont, en particulier, les Orchidées de nos climats. Mais il est des plantes qui sont éminemment sociales : là où elles s'établissent , elles occupent le sol et escluent les autres végétaux. Je citerai les différentes espèce de bruyères qui couvrent de grands espaces de terrains dans le nord de l'Europe : les Cistes , les Lavandes et \s Thym qui forment les garrigues du midi de la France ; les Pins et les Sapins qui revêtent les flancs des montajpies de leur sombre verdure ; les Myrtils qui croissent à leor pied, et s'élèvent arec tes Rhododendrons jusque dans le

BOTANIQUE

.ouinage det neigea éCeraellet ; le Bouleau blanc et le Soaleao nain , qoi animent les déserta de la Laponie et es rendent habitables. Le long des eanx courantes et auour des marais , nous voyons les joncs et les roseaoi Anado phrofwùUê et Typka major) pousser à Tombre des soies et des aunea. Dans les pays chauds , le M anglier nfonce ses nombreuses racines, qui partent de tous es points de sa tige , dans les sables de la mer, et des Icmbous de la hauteur de nos arbres d'Europe remplacent les humbles graminées qui bordent nos rivières. >ans tons les pays on trouve de grands espaces recouverts îDsi d'une seule, espèce de plantes : telles sont les prairies le TAmérique du Nord , les pampas et les Thûos de Aménqne du Sud, les déserts de la Nouvelle-Hollande. \om ce point de vue la mer est l'image fidèle de la terre , t souvent une seule espèce d'algues borde des centaines ie lieues de cAtes d'une ceinture de végétation uniforme. Staùttique végétale. — Dans les riions à végétation sriée, quelques botanistes ont recherché quel était le lOfflbre absolu des espèces d'une contrée , ou la proporion des végétaux de chaque famille ou genre naturel qui ntratt dans sa flore ; on a constaté ainsi la prédominance le certains groupes naturels : cette partie de la science i reçu le nom de statistique végétale. Elle a prouvé , par 'lemple , qu'à étendue égale le nombre des espèces qui e trouvent dans une tie est inférieur à celui qui serait tpandu sur une portion de continent On a reconnu |u'à mesure qu'on s'approchait de l'équateur non-seulenent le nombre des espèces , mais encore celui des indiridos, allait sans eesse en augmentauL Le rapport de nombre des phanérogames i cdui des cryptogames a depois longtemps appelé l'attention de tous les obserjrateors ; mais la solution du problème n est pas encore poslible , parce qu'elle suppose une connaissance complète de toutes les plantes phanérogames on cryptogames d'un pays. Or, ai Ton peut admettre que la végétation phanérogamiqne d'un grand nombre d'entre eux soit parfaitement connue , on est obligé d'avouer qu'il n'en est pas de même de ces végétaux inférieurs , qui échappent à la Toe des collecteurs ordinaires et ne peuvent être découverts et recueillis que par ceux qui s'occupent spécialement de cette étude. 11 est plus facile de connaître le rapport det monocotylédones aux dicotylédones. Depuis longtemps M. de Humboldt a établi que , dans les parties chaudes dn globe , ce rapport était celui de 1 à 6 ; dans la sone tempérée , de l à ï ; et dans la xone froide de 1 à 3. Ainsi le nombre relatif des monocotylédones augmente à mesure qu'on s'avance vers le pôle ou qu'on s'^ lève sur une hante montagne. Si l'on étudie le rapport qai existe entre le nombre des espèces d'une famille et le nombre total de celles de toutes les autres , on arrive à des fractions très-différentes, suivant les différentes sones que l'on considère. Ainsi , dans la sone chaude , le nombre de Légsmineuses est à celui des autres familles réunies comme l à 10. Dans la sone tempérée, ce rapport devient 1 i 18, et, dans la sone froide, 1 à 35. Le nombre relatif des Halvacées dans la xone chaude est exprimé par le rapport de 1 à 35 ; de 1 i 200 dans la sone tempérée. Elles manquent complètement dans la sone froide. Dans un pays accidenté comme la France, un pareil travail ne doit pas embrasser l'ensemble de la végétation , mais se concentrer dans une seule région bien déterminée. 11 est clair, par exemple, qu'on ne saurait faire aucun parallèle entre la composition de la flore des Pyrénées, vers 3,000 mètres de hanleur, et celle des plaines dn Languedoc.

Phffiionowûe de U végétation, — Tous les voyageurs ont été frappés de l'aspect , du caractère , de la physionomie de la végétation dans les différents pays. Les con- Irutes deviennent surtout frappants lorsque l'on quitte l'Europe. Néanmoins , il n'est personne qui n'ait vu com-

bien , même en France , la végétation des côtes de la Méditerranée est différente de celle des plages de l'Océan. Ce caractère est dû à la prédominance de certaines formes végétales qui changent complètement la physionomie dn paysage. Bernardin de Saint-Pierre avait été vivement impressionné par ces aspects , et il les a peints avec un charme inexprimable ; mais il était réservé i H. de ilnmboldt de les définir et de les expliquer. Les arbres i feuilles planes et caduques , tels que ceux de nos forêts , ceux à feuilles persistantes et adculaires, tels que les Pins , les Sapins , les Araucaria , les Palmiers , les Pandanna , les Myrtes , les Mimoia , les Protéacées, les Bricacéea et les Ëpacrîdées, les Cicadées, les Bananiers, les Agaves , les Lianes , les Cactus , les plantes grasses , les Orcbidées', les Graminées, les Fougères et même les mousses et les lichens, impriment à certains pays un cachet qui les caractérise encore mieux que le relief dn sol ou les travaux de l'homme.

En s'aidant de tous les éléments que nous venons' d'énumérer, les botanistes ont divisé la surface du globe en un certain nombre de régions végétales.

Régions végétaUê. -^ l'' La r^^ion éguatoriale, qui s'étend jusqu'au 15* d^ré de latitude australe et boréale , correspond au maximum de chaleur. Elle est caractérisée par les Palmiers , les Bananiers , les Graminées arborescentes , les Pandanées , les Sdtaminées , les Orchidées , les If imosées, les Lianes, les Bombacées. Cest dans cette sone que se trouvent ces forêts vierges de l'Amérique méridionale rendues si célèbres par If. de Humboldt; en Afrique , le Baobab, le plus gros des arbres connus ; partout une végétation luxuriante, deê arbres couverts d'Orchidées , et des Fougères qui ellet-mêmes sont revêtues de plantes cryptogames.

2» La %one tropietJe embrasse tous les pays compris entre le 1 5' degré de latitude et les tropiques. Elle est caractérisée spécialement par les fougères arborescentes et les forêts de maogliers. C'est aux Iles Sandwich que la végétation de cette région acquiert son plus beau développement ; car celle des environs de Rio-Janeiro participe encore beaucoup de la région équatoriale. Dans une foule de pays compris dans cette région , l'aridité dn sol est telle qae le climat ne saurait y développer une végétation comparable même à celle de la- sone tempérée. ^^ Les tones êuhtropicaies s'étendent des deux côtés de l'équateur depuis les tropiques jusqu'au 3i' degré de latitude. Ce sont les plus beaux climats de la terre. Une foule de plantes grasses, d'Buphorbiacées, i forme de ca^ tus, impriment à cette végétation une physionomie étrange. En Amérique, les Magnolia, les Dyospiros, les Chênes, étendent leurs ombrages au bord des fleuves , tandis que dans la Nouvelle-Hollande une flore spéciale, sanaanalo» gue et sans représentant dans les autres parties du monde, végète sous le même climat qui , dans d'autres pays , favorise la croissance de plantes complètement différentes. Au Cap, les genres Protea , Sriea , Diomna et Rttiio ont pour ainsi dire pris possession dn sol ; les Cycadées y remplacent les Palmiers, les Zamia les représentent jus* qu'à un certain point à la Nouvelle-Hollande. Au Chili ce sont les Myrlacées, les Cactus et les Graminées arbo* rescents qui sont prédominants.

4<> La zone tempérée chaude est comprise entre le 34* et le Ah^ degré. Sur les bords de la Méditerranée , elle est caractérisée par la prédominance numérique des La* biées, des Caryophyllées, des Légumineuses ; on y cultive l'oranger. Le dattier et la canne i sucre réussissent dans sa partie mériodionale. C'est la patrie de la vigne , qui paratt originaire des forêts de la Mingrelie, oà son tronc atteint jusqu'à 12 oentim. de diamètre. Dans l'hémisphère central , Cook a rendu célèbres les forêts primi« tives de la Nouvelle-Zélande.

5» La fune tempérée froide ê étend jusqu'au 88* de

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