‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 86 sur 291 · SÔ · texte numérisé non relu

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CONCHYLIOLOGIE

des poissons qui les rechercheni et qui , o spercevant que des débris ou des pierres , passent uns se douter que ces débris cachent une proie. La fripière met peu de symétrie et beaucoup d'art dans la construction de sa seconde coquille; la maçonne, au contraire, arrange ses pierres symétriquement et en spirale régulière , en commençant par de petits cailloux qui occupent le centre , sommet de la coquille, et en terminant par de plus gros qui peuvent couvrir et masquer Touverture.

L'argonaute, cette coquille, une des merveilles de la nature , suivant Pline , est mince , fragile , et représente assez exactement la forme d'un navire, ce qui fil supposer que c'est d'elle que l'homme a pris les premiers principes sur la navigation ( fig. 30 ) ; mais si la coquille est re-

(Fig. 30.) Argontote.

marquable, l'animal qui l'habite le serait encore bien daisnlage par l'instinct qu'on lui prèle.

DURia DB Là VIB DBS MOLLUSQUBS.

On a peu de données exactes sur la durée de la vie des mollusques et sur les signes auxquels on pourrait recon- Dattre leur âge ; on peut cependant dire d'une manière assez exacte si une coquille est jeune ou adulte. A en juger par ci-rtaines espèces, leur développement a lieu assez promptement, et l'on a cru pouvoir fixer à trois ou quatre ans la durée de la vie de la plupart des espèces terrestres. Do grand nombre de coquilles présentent des stries transversales plus on moins apparentes qui indiquent lear accroissement successif, mais on ne peut dire si ces stries sont formées à des époques rapprochées ou éloignées. Quelques espèces bivalves sont excoriées près des crochets , et ces excoriations ne se remarquent que Irpi-rarement sur de jeunes individus. Le bord de l'ouverture des coquilles est plus ou moins complètement formé et présente dans quelques espèces, pendant le jeune âge , une lèvre externe mince et frarple , qui s'épaissît avec l'âge et forme souvent un rebord ou un bourrelet terminal lorsqu'elles sont adultes.

Il existe encore d'au- (Fig.31.) Glttoconome. trcscarac-

^res , suivant les familles : ainsi , les nautiles ont un pln< ou moins grand nombre de cloisons, les trous

des haliotides sont plus ou moins nombreux, etc., etc

Le développement con* ^.-■f"" ^^'^II iidérable de quelques am-

/*^^,^^--'^~''^,J!^^ monites laisse supposer, pour ces coquilles fossiles, une existence assez prolongée. On peut en dire autant des casques et des tridacnes, qui parviennent à des dimensions extraordinaires.

Enfin, le nombre des tours de spire sert encore de guide ; mais tous ces caractères isolés ou réunis ne peuvent indiquer que l'âge relatif des coquilles, et l'on n'a aucun signe précis pour reconnaître leur âge réel et la durée de leur existence individuelle.

(Fig. 32.) Htliotidei.

DBS DIVBRSBS COULBLRS DBS UOLLUSQUBS.

Si la forme des coquilles varie à l'infini , on peut en dire autant de leurs couleurs, souvent si vives et si belles ; elles sont nuancées de rouge, de noir, de blanc, de jaune, quelques-unes de bleu ; les unes sont marbrées, les autres tachetées régulièrement sur un fond plus ou moins brillant ; d'autres enfin sont richement nacrées à l'intérieur.

Nous ne pouvons rien dire de la cause qui produit ces couleurs ; chaque espèce , dans toutes les classes d'ani- ' nuux, présente une nuance qui lui est propre et qu'on ' retrouve assez constamment sur les espèces analogues , ' sauf quelques anomalies ou quelque influence locale. Il en est donc de la cause des couleurs des coquilles comme de celles des Heurs ; on signale les différences, nuis on n'en peut expliquer la raison d'une manière bien satisfaisante : il y a des secrets que nous ne pouvons pénétrer ; ce sont autant de limites placées par le Créateur entre lui et la plus intelligente de ses créatures, comme pour lui rappeler sans cesse son infériorité et confondre son orgueil.

L'influence d'une température élevée , celle d'une vive lumière ou d'un soleil brûlant, qui peuvent expliquer certains phénomènes propres aux pays chauds , ne suffisent plus lorsqu'il est question d'animaux qui vivent dans la mer et à de grandes profondeurs , où la température est basse, oik les rayons solaires ne pénètrent peut-être plus, et où la lumière est bien modifiée par le milieu qu'elle traverse. Cependant ce n'est que dans ces mers profondes que vivent et se développent ces belles coquilles qui étalent à nos yeux cette nacre éblouissante qu'on ne retrouve sur aucune espèce terrestre, tandis qu'on commence à la rencontrer sur quelques espèces fluviatiles : il faut donc croire que la lumière exerce une influence particulière lorsqu'elle traverse l'eau, et que le degré de cette influence est en raison directe de la profondeur et de la densité du liquide.

Nous ajouterons que la lumière parait jouer un rôle beaucoup plus important que la température pour la formation des couleurs ; car, chez tous les animaux, les teintes les plus vives se remarquent uniquement sur la partie du corps qui se trouve constamment exposée à la lumière directe, tandis que la parlie tournée vers la terre et ne recevant qu'une lumière réfléchie est généralement plus pâle. Cette observation s'étend aux coquilles : ainsi, pour ne parler que des espèces qui restent constamment fixées aux rochers ou aux corps soli.^es sur lesquels elles sont nées , on remarque que la valve supérieure est souvent très-colorée tandis que l'inférieure est blanche ou plus ou moins pâle, comme on le voit pour les huîtres et les peignes. Cet effet ne peut donc être attribué â la température, qui est la même pour l'une et l'autriL^fô^Uâ» seulement à l'action des rayons lumineux.

Quoi qu'il en toit, ia colortlion le plos toavent superficielle des coquilles est produite par le pigmeotum des bords du manteau , qui sécrètent en même temps et la matière cslcaire et la matière colorante ; mais cette sécrétion, avons-nous déjà dit, ne se fait pas toujours d*une manière régulière, elle produit des bandes on des rayons lorsqn elle est limitée à certaines parties du manteau ; elle forme des taches lorsque cette sécrétion a lieu alternativement sur diverses parties ; elle est presque nulle dans certains cas, ou plus colorée suivant Talimentation et l'habitat : de \k celte variété dans la forme, le nombre la nuance et la disposition des taches qu'on remarque à Textérieur des coquilles. La coloration de leur surface intérieure est plus constante : généralement elle est d'un blanc laiteux ; quelques-unes présentent des nuances de rose ou de pourpré, et d'autres, en asses grand nombre, sont plus ou moins richement nacrées.

La nacre est , dit-on , le résultat d*un arrangement moléculaire particulier de la matière calcaire intimement unie, dans une proportion constante, avec la matière animale ; et l'on explique les reflets nacrés par la décomposition de la lumière sur une surface parfaitement lisse. On a observé qu'une empreinte prise à l'aide d'une forte pression avec de la cire molle sur une surface nacrée présentait elle-même des reflets nacrés.

Il est facile de voir que les mollusques ne sont pas également favorisés* sous le rapport des organes qui nous semblent les plus importants ; leurs formes , leurs allures s'éloignent de celles des animaux qui nous environnent Nous ne retrouvons pas ches eux ces contours élégants , ce mouvement, cette vivacité qui caractérisent tant d'autres animaux. Mais ces différentes combinaisons , par lesquelles les formes de tous les êtres se trouvent modifiées à l'infini , rentrent dans le plan général de la création ; elles sont d'ailleurs merveilleusement appropriées aux mille circonstances de besoin et de condition qui varient le mode d'existence imposé aux nombreux groupes d'animaux répandus sur la terre , et nous devons nous incliner devant cette prévoyance supérieure qui a réglé et harmonisé ainsi les lois les plus disparates de la nature.

En compensation , hâtont-nous de reconnaître qu'avec ces formes si étranges , les mollusques se font souvent remarquer par les ornements les plus somptueux. Le manteau de quelques espèces présente les couleurs les plus vives et les plus brillantes , et la coquille qui les protège, les nuances les plus variées et les plus riches.

De la recherche des coquille*. — Nous ne pouvons nous dispenser de dire quelques mots des localités on l'on peut espérer trouver des coquilles ; car le plaisir qu'on éprouve i rassembler une collection quelconque est doublé quand on parvient à l'enrichir par les produits de ses recherches personnelles ; chaque espèce alors rappelle une promenade , et le souvenir augmente l'intérêt bien naturel qui s'attache à ce genre d'étude.

Les espèces terrestres se rencontrent particulièrement dans les lieux ombragés et humides ; dans les bois, au pied et dans les crevasses des arbres ; sons la mousse, au pied des vieilles murailles ; dans les champs cultivés , et souvent même dans les endroits les plus arides. La saison la plus favorable est le printemps et l'été.

Les espèces flnviatiles se rencontrent dans toutes les eaux courantes ou stagnantes , les ruisseaux et les fossés bourbeux. Les unes vivent enfoncées dans la vase, d'où on les retire à Taide d'un râteau à dents longues et serrées ; les autres profitent des corps étrangers , des pierres , des débris végétaux accidentellement submergés, pour s'y réfugier. Les plantes aquatiques en sont particulièrement couvertes. Le meilleur moment pour se procurer les espèces flnviatiles est surtout l'automne, pendant les basses eaux , et le commencement du printemps , lorsque le soleil commence à les engager à sortir de leurs rrlrailes.

En automne elles sont pea enfoncées dans la vase , et le râteau les atteint facilement

Les coquilles marines se trouvent en toales saison et sur tous les rivages de la mer après les grands vents qui ont porté à la côte. Les douaniers, qui, sur vn grand noabre de points , se font un petit revenu de ce genre de recherches , ne manquent jamais d'aller explorer les borêi de la mer après une tourmente ou un vent du lar^. lU trouvent alors quelques espèces pélagiennes jetées par lei vagues.

Les coquilles littorales, qui sont très-nombreuses et fort belles , doivent cire recherchées à marée baase dam le sable vaseux , où leur présence est indiquée par un petit trou en entonnoir, ou par des bulles d'air qui viennent crever à la surface. Il faut une certaine habitude pour s'emparer des mollusques enfoncés dans le sable vaseax , car il est important de leur couper la retraite en ploogeant obliquement au-dessous de ronverture, qui est do signe certain de leur présence, une bêche, dont la km doit arrêter leur fuite rapide. On se procurera ainsi dr fort belles espèces bien fraîches et bien intactes.

On visitera les rochers laissés à sec par la marée, leurs crevasses cachent plusieurs espèces. D'antres «f tiennent dans des trous qui conservent une petite quotité d'eau. Quelques autres . enfin , restent adhérentes i certaines parties du rocher jusqu'à la marée suivante, cr sont des patelles , des haliotides , des oscabriona.

Les espèces adhérentes , soit directement , comme In hnttres, les spondyles, etc. ou à l'aide d'un byssu. comme les moules , les arches , etc. , se trouvent sur lef rochers que la marée ne laisse pas a découvert ; od 1«$ aperçoit souvent à un pied seulement au-dessous do niveau de la plus basse marée et , en choisissant le moment favorable , il devient facile de s'en emparer soit en êrtachant avec soin le byssus qui les retient , et qu'il fasl aussi ménager, soit en brisant quelques petits fFSgœnls de rocher.

C'est encore en plongeant au pied des rochers qi'os obtient d'autres espèces qui se tiennent à nne certaior profondeur.

On emploie aussi la drague pour se procurer la espèces qui vivent loin du rivage ; an moyen de cet in»trument , dont il est facile de se faire une idée exacte . on pêche en bateau , et le sable qu'on ramène à bord contient souvent de fort belles coquilles.

Enfin on ne doit pas négliger les plantes marines, qai servent tontes de nourriture aux mollusques, qui souvent y restent attachés. Un autre moyen connu, sans docte, mais trop peu en usage , parce qu'il présente quelque répugnance que le vrai collecteur seul surmonte , coonsl' à ouvrir l'estomac des poissons et des oiseaux qu'on pent se procurer facilement sur le bord de la mer. Beaaeoop de ces animaux se nourrissent de mollusques , et snotest ils ont avalé des coquilles que nos moyens ordinaires ne nous permettent pas d'atteindre.

On suit les pêcheurs ; et dans leurs fileta ils ramèoeBt le plus souvent beaucoup de coquilles, dont ils ne font ascun cas et qu'ils rejettent à la mer.

Chaque année , pendant la belle saison , de nombreu baigneurs se répandent sur toutes les c6tes de Prsoce et sont tout étonnés de ne pas trouver sur le rivage des monceaux de coquilles ; ils rapportent , comme souvenirs it leurs voyages , quelques espèces roulées par la vague ou décolorées par le soleil , et pensent que la cote qu'ils ont visitée n'en produit pas davantage. D'après ce que Doa< venons de dire , il e<t facile de comprendre leur erreur ; car, s'ils avaient cherché les coqnillék comme on doit le faire, ils en auraient trouvé, et souvent de fort belles et de fort rares. On ne ramasse pas non plus les pomaas comme les grains de sable ; il faut prendre la peine de les pt'cher , et relie peine devient toujours un plaJ«f

CONCHYLIOLOGIE

Les coqaillet fraichet qu'on peut se procurer tor lek bords de la mer contiennent Tanimal qui les habite, et qui oe tarde pas à mourir et i se corrompre ; pour éviter la EDftDTiise odeur et le dégoût qui en résultent , il faut avoir le soin de plonger pendant quelques minutes la coquille daoi de l'eau chaude, mais non bouillante : le mollusque, eootricté par la chaleur, se détache facilement, et la coquille se conserve iudéfinimenL

On ne doit employer aucun effort pour retirer Tanimal des coquilles univalves , si 1 on veut être sûr de ne pas les briser; et cette petite opération exige une attention particulière pour les coquilles bivalves, dont il faut ménager le ligament. La conservation de l'animal n'intéresse que le naturaliste ; et dans le cas où l'on voudrait l^conterrer, il suffirait de plonger la coquille dans un vase conlenant de l'alcool à 25 degrés.

Toutes les coquilles ne présentent pas , au moment où on les pèche , ces belles couleurs qu'on admire. Quelqaes-nnes sont couvertes d'une membrane asses épaisse , (Tan gris verdAtre plus ou moins foncé, à laquelle on a donné le nom de drap marin. Cette croûte épidermoîde doit être conservée av^c soin , car il est utile , dans une collection , d'avoir au moins un exemplaire qui en soit répéta.

.autrefois on ne se contentait pas d'enlever aux coquilles a première couche calcaire qui les couvre , pour mettre !n étidence la nacre qui se trouve sous cette couche dans m assez grand nombre d'espèces; on les polis^nil à la neale pour les rendre plus brillantes et on les dc.'i^urait k plaisir.

CLASSIFICATION DES UOLLI'SQUBS.

Nous ne parlerons pas des divers systèmes de classiication proposés par les auteurs, car cette question nous otrataerait i une critique bien motivée, mais trop lon- [iie pour trouver place dans ce traité , et nous regretteons seulement l'instabilité des principes sur lesquels on

Toulu établir la partie des sciences naturelles qui nous ccape. Des changements fréquents et surtout la multiplicité et le double ou triple emploi des mots techniques ni en sont la conséquence inévitable, sans servir au •rogrès de la science, ont rebuté et éloigné les personnes ni , ne pouvant consacrer à l'étude que quelques courts Hsirs , veulent au moins les occuper agréablement

Les principes de la classification des mollusques repomt sur les différences qu'ils présentent dans l'ensemble e leur organisation ; et quoique ces différences soient , ans la plupart des cas, annoncées par la coquille. Tinwction de cette seule partie de l'animal ne suffit pas »QJonrs pour le bien déterminer ; mais la difficulté de se rocurer tons les mollusques dans un état de conserva- 00 qui permette de les étudier, a en quelque sorte établi auge de les classer provisoirement d'après les caracres fournis par la coquille.

Nous verrons bientôt combien il est important de ne u négliger les caractères fournis par l'animal pour Tirer à une classification méthodique des mollusques.

De tout temps on a divisé les coquilles en trois groupes en distincts ; les univalvbs , les bivalvis et les uultiiLVBs. Ces divisions se comprennent si facilement qu'il ; sera pas nécessaire d'insister beaucoup sur leur signiration, nous rappellerons seulement que le mot valve t en quelque sorte synonyme du mot coquille , et qu'on ajoute les augmentatifs en usage dans le langage orditire pour indiquer que la coquille se compose d'une , * deux ou de plusieurs pièces distinctes.

On a aussi divisé les mollusques en maritu, fiuviaet et terrestre* t d'après la différence des milieux où se >uvent ces animaux. Cette classification générale, mbinée avec la précédente, démontre déjà que tous les iniaux ont une organisation particnlière qui rend cha-

cun d'eux apte à vivre et à se maintenir dans les conditions où il a été irrévocablement placé et que la différence du milieu nécessite des modifications d'organes dont la connaissance doit faciliter l'établissement d'une méthode.

Aussi, ce premier pas fait, et tout en utilisant l'ordre de cette double classification, on a dû profiter de tous les caractères différentiels que présentent les mollusques pour les classer plus méthodiquement.

Ainsi nous avons déjà dit que, parmi les mollusques, les uns n'avaient point de tête apparente, tandis que cet organe existait d'une manière plus ou motus distincte chez les autres ; de là deux grandes divisions ou classes :

1<* MoLLUSQUBS acéphale OU ssus tétc, comprenant les bivalves.

2o Mollusques cifusLi» ou avec une tête plus ou moins distincte, comprenant les univalves, les multivalves et quelques mollusques nus.

Ces divisions sont trop générales et rassemblent un trop grand nombre d'animaux que des différences importantes éloignent les uns des autres , pour qu'il n'ait pas fallu établir des subdivisions basées sur des caractères généraux encore, mais cependant d'une moindre valeur. Ainsi le mode d'insertion et le nombre des muscles qui servent à fermer les valves des acéphales ont facilement fourni des divisions plus circonscrites de ces mollusques. En effet , les uns ont deux muscles destinés à rapprocher les valves, et ces muscles sont insérés aux extrémités antérieure et postérieure de la coquille ; ce sont des di- II V AIRES (fi<, deux; |i&«, muscle).

Les autres n'ont qu'un seul muscle placé généralement au centre des valves ; ce sont des uobiouvaires ({««yoc , seul ; )iOc, muscle).

D'autres, enfin, ayant plusieurs muscles par paires, et symétriques, dont le prolongement à travers une ouverture de l'une des valves fixe l'animal aux corps sousmarins , pourraient être distingués sous le nom d'acéphales polymyaires («o^^, plusieurs; i^Oc, muscle), mais l'incertitude des auteurs sur la place que devaient occuper ces animaux dans la classification et l'importance d'un caractère particulier consistant dans la présence de deux bras allongés et ciliés et l'absence complète de pied, ont fait donner aux mollusques de cette division le nom de BiucBiopoDBs (pfaxlttv, bras ; «oû<, pied).

Parmi les mollusques céphalés, les uns ont pour unique moyen de locomotion des nageoires en forme d'ailes sur les côtés du cou , ce sont les préROPOoEs (mt^v, aile ; vov<, pied).

Les autres rampent sur le ventre , qui forme un disque ou pied ; on les distingue sous le nom de gastkropodbs (<f««T^, ventre; «ouç, pied).

D'autres, enfin, ont la tête entourée de tentacules plus ou moins nombreux et plus ou moins développés qui constituent leurs organes de locomotion , et leur servent en même temps à saisir leurs aliments ; ils sont connus sous le nom de CEPHALOPODES (Mf«X4|, tôle; «oo^, pied).

La méthode à l'aide de laquelle on classe les mollusques ne s'arrête pas aux grandes divisions que nous venons de faire connaître , classes et ordres. On a réuni encore par groupes ou familles ceux dont l'organisation présente le plus d'analogie, et l'on a établi dans ces familles d'autres divisions ou genres pour les mollusques qui diffèrent entre eux par quelque caractère de moindre valeur, mais cependant encore important

C'est ainsi que, pour les Acéphales, on a tiré parti des différences qu'offrent la disposition des branchies, le nombre des ouvertures du manteau , la forme de cette enveloppe et celle du pied, la présence, Tabsenceet le développement des siphons, la forme de la coquille, l'absence, le nombre ou la position des dents de la charnière, la place qu'occupe cette charnière au centre

oo aux extrémités , la prétence dn ligament à rintérienr ou k Textérieur, l'existence et la position d*un entre-baillement naturel des valves , la place et la direction des impressions musculaires et palléables, etc.

Tandis que pour les céphalés on a tenu compte de la forme générale de la coquille , de la position qu elle occupe à l'intérieur ou à l'eitérieur, de son développement plus ou moins avancé et de son absence complète , de la présence de branchies ou de poumons ; de la forme et de la direction de l'ouverture; des dents souvent nombreuses et des plis oo des échancrures que Ton remarque à celte ouverture , de la disposition particulière des lèvres ; de la présence , de la forme et de la consistance de l'opercule ; de l'allongement , de l'aplatissement et en un mot de la proportion de la partie spirale , du nombre, de la forme et de la position des tentacules ; de l'absence , de la présence et de la place qu'occupent les yeux , etc.

Knfin on s'est servi de tous les caractères particuliers que fournit la surface extérieure de la coquille, qui peut être lisse, rugueuse^ épineuse, écailleuse, striée dans une on plusieurs directions, en tout ou en partie, pour différencier les espèces qui appartiennent au mcme genre.

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