PREMIÈRE CLASSE.— MOLLUSQUES ACÉPHALES
Cette classe comprend tous les mollusques ayant une coquille composée de deux valves. Leur corps est enveloppé d'un manteau formé de deux lames membraneuses, le plus souvent divisées, quelquefois réunies en avant, et i bords simples ou frangés. Ces animaux sont contractiles , sans tête , sans yeux ; leur bouche est cachée sous quatre feuillets membraneux qui tiennent sans doute lieu de tentacules , et elle est dépourvue de parties dures. Le sens du toucher est le seul qu'on ne peut leur contester, car il est très-développé et répandu sur tous les points de la surface du corps. Ils ont un cœur formé d'un seul ventricule ; leur système nerveux est simple et consiste en quelques ganglions épars , sans cordon médullaire ganglionné. Tons les acéphales sont aquatiques ; on en trouve dans toutes les eaux douces et salées ; mais les acéphales nus (Tunicierâ) ne se rencontrent que dans la mer. Le mode de reproduction est ovovivipare ; les branchies de quelques-uns contiennent pendant l'été un grand nombre de petits , dont la forme et la coquille déjà dessinées se reconnaissent facilement à la loupe. La coquille des acéphales contient l'animal en totalité ou en partie ; elle est libre ou adhérente , et dans ce dernier cas elle appartient à des espèces qui vivent en groupes plus ou moins nombreux. Les valves sont réunies d'un côté par une charnière , et le plus souvent par un ligament Quelquesuns des mollusques de cette division présentent à Texterieur ou à l'intérieur des pièces calcaires accessoires. Les mollusques acéphales sont partagés en trois ordres, dont nous avons déjà indiqué les principaux caractères.
PRBUIKB OROBB. ACiPBALés DIUVA1RB8.
Cet ordre comprend un grand nombre de mollusques présentant un caractère commun : deux mutetes distante l'un de l'autre et i insérant vers Us extrè-
mités latérales
des valtes. Les points d'insertion de ces muscles sont en quelque sorte gravés sur la coquille et indiqués par une dépression dont la forme (fig. 33) est variable.
PrtaiiM MCti«n.— DtaftirM cnicipMcft.
Cette section comprend des mollusques qui n'enploient le pied dont ils sont munis que pour exécuter des mouvements très-bornés ; et, quoiqu'ils soient presque tous libres, ils ne se déplacent pas dans le sens qa'oe aceorde à ce mot : ils vivent dans le sable, la vase, d quelques-uns peuvent creuser le bois et même les rochers les plus durs.
Le manteau des crassipèdes est fermé par-devant entièrement ou en partie ; un pied épais , subcylindrfljaf . et dont la forme explique les monvementa bornés qu'il peut exécuter, se trouve placé à rextrémité postérieut. A l'autre extrémité on remarque deux siphons réunis psr une expansion du manteau.
En examinant maintenant tous les crassipèdes aa poiot de vue de leurs formes et de leurs habitudes, on eft naturellement conduit à grouper par familles ceux qoe des analogies de formes ou d'habitudes rapprochent ir plus les uns des autres.
Les uns ont une coquille enchâssée ou conteoae d&Bi un fourreau tubuleux (6g. 34) qu'ils forment eux-mcmo ce sont les tubioolbs (tvdms — tube, colère — habiterV Lm autres se creusent une retraite dans les boii ou la pim* et ils ont généralement de petite» pièces accessoimi leur coqnille ; on les distingue sous le nom de pbolibubs (fig. 35) (r»\àa — habiUnt un trou).
(Fig. 83.) Acéphale <liiii}«ir«.
(Fig. 34.) CUtagclIe ouvert*. (Fig. U.) Pkdaii
D'autres ont une coquille bâillante seoleownt toi extrénûtéi, et n'ont jamais de pièces aeecaaoires : cf s(»i les soLÉNAcis (fig. 36) (<mM« tuyao).
^^'^\ ,<tv^'*
(Fig. 36.) Soléoaeé.
D'autres enfin se distinguent par la place qn'ocrsp*
(Fig. 37.) Mi»ire.
CONCHYLIOLOGIE
pour ceux qui précèdent On t désigné ces derniers wai le nom de mtaiiis ( fig. 37 ) , emprunté à Tetpèce type de U famille.
Deaiième tcetion. — Dimjairet ténuipédet.
Le pied des mollusques de cette section est petit et comprimé. Le manteau n*a plus ou presque plus ses lobes réunis en avant , et le bâillement de la coquille , quand il existe, est le plus souvent peu considérable.
Parmi les conchifères lénuipèdes, les uns ont un ligament intérieur avec ou sans ligament extérieur. Leur coquille est équivalve (Mactrach) (6g. 38) ou inéquilalve {CorbuUê) (6g. 39).
^Kig. 18.) Muire rottracée. (Fig. 8».) Corbalé.
Les autres n ont qu'un ligament extérieur. La coquille (6g. 40) est perforante et plus ou ( Fig. 40.) Saxicate rooge. 0,^,}^, |,aillanle
au cAté antérieur ( Litkophagtê) ; elle est bâillante aux extrémités latérales et présente deux dents cardinales au pi 08 sur la même valve (6g. 41 ) , et les nymphes sont généralement saillantes au dehors (Sytnphaeéi).
.Kig. 41.) Nymphaeé.
Troifi^ine lectioo. — Dlmjairet lamellipèdet.
Les lamellipèdes ont le pied aplati, lamelliforme et plate plus près de la base de la coquille que du bord postérieur. Us ont été divisés en six familles.
Les uns ont deux ou trois dents cardinales sur une valve, l'autre valve en ayant autant ou moins; quelquefois de* dents latérales (Conques) (fig. 42 et 43).
iFig. 4i.) Conqo«. (Fig. 48.) Couque.
D'aatres ont les dents cardinales irrégulières, soit ^Ds leur forme , soit dans leur situation , et en général i<coDip«gnées d'une on deux dents latérales ( Cardiacis)
D'autres ont les deots cardinales petites, nombreuses, intrantes et disposées sur Tune et l'autre valves en ligne , soit droite , soit arquée , soit brisée {Areaeiê) (6g. 45).
Quelques - uns ont des dents lamelliformes , striées transversalement (6g. 46) (Trigonit).
Un grand nombre présentent une charnière tantôt munie d*une dent cardinale irrégttlière, simple ou divisée, et aune dent longitudinale qui se prolonge sous le cor-
(Fig. 44.) CardiMCf .
selel : tantôt n'offrant aucune dent, et seulement gar-
( Fig. 45. ) Arcacé.
nie dans sa longueur de tubercules irréguliers, graveleux (" Xàîade* ).
Enfin quelqpes-uns sont irréguliers , incquivalves , n'ont point de dent à la charnière , ou n'en ont qu'une seule grossière (Camacit) (fig. 47).
((Fig. 46.) TrigoDé.
(Fig. 47.) Camacé.
DBUXlàilK OBDBB. ACt^PHALKS U0NOMVA1RI8. •
Tous les mollusques de cet ordre n*ont quun muscle adducteur des valves; ce muscle semble traverser leur corps , et son point d'insertion unique sur chaque valve est marqué par une impression subcentrale. Les coquilles qui appartiennent aux animaux de cet ordre sont généralement irrégulières, inéquivahes, et d'un tissu ordinairement feuilleté. Le système nerveux des mollusques de cet ordre n'est plus symétrique comme celui des Acéphales diniyaires. Cependant ces derniers caractères ne sont pas rigoureusement exclusifs, car parmi les Acéphales monomyaires on remarque des coquilles équivalves , régulières , et dont le tissu n'est pas feuilleté , et des animaux dont le système nerveux est symétrique.
La forme du pied et les rapports de cet organe avec le manteau ont servi à établir trois groupes principaux d'Acéphales dimyaires. Les caractères généraux qui servent à former des groupes analogues parmi les Acéphales
(Fig. 48. ) Tridacnr.
monomYairei font Urét det rapport! do Ugtment tt ec U coquille.
En effet , lei ans ont an ligament marginal , allongé sur le bord et snblinéaire:
ce iont les Tridatniê (fîg. 48) , les Mytilacit (fig. 49) etlea MalUaces , lei antres ont an ligament non marginal, resserré dans un court espace sous les crochets, comme on le voit dans les Peetinidet et dans les Ostraeéê.
Enfin chei d'autres le ligament est nul ou inconnu : ce sont les BudiiUi.
C'est à cet ordre qu'appartiennent les bénitiers, les moules, les pintadines ou mères perles , les peignes, les spondyles, les huîtres, etc. Nous croyons devoir entrer dans quelques détails au sujet de quelques-unes de ces coquilles.
Les moules vivent en groupes nombreux sur les plages couvertes de rochers de presque toutes les côtes dlEurope, où l'on en fait une grande consommation ; on les expédie même à l'intérieur , et ce commerce n'est pas sans importance.
Quoique les moules soient moins bonnes à manger que les huîtres et les clovis, elles ne manquent cependant pas d'amateurs; mais souvent, dans certaines localités, ceux qui en mangent éprouvent des accidents très-graves dont nous croyons devoir parler.
Un médecin de Bruxelles , M. Durondeau , qui a eu soavent l'occasion d'observer ces accidents, en fait la description suivante : •' Les signes qui annoncenf les effets nuisibles des moules cuites sont un malaise ou un engourdissement général qui se déclare ordinairement trois on quatre heures après le repas ; ces symptômes sont suivis d'une constriction à la gorge, de gonflement dans tonte la tête, et surtout aux yeux, d'une soif inextinguible , de nausées et quelquefois de vomissements. Si le malade n'a pas le bonhear de vomir en tout ou en partie les moules ingérées, la constriction de la gorge, le gonflement du visage, des lèvres, des yeux et de la langue augmentent an point de rendre la parole difficile ; la couleur de ces parties devient si ronge qu'elles semblent excoriées, et elle s'étend extérieurement, d'abord au visage, au cou, à la poitrine, puis an ventre et enfin à tonte la surface du corps. Cette éruption est le symptôme le plus caractéristique de la maladie ; elle est constamment accompsgnée de délire, d'une démangeaison insupportable et quelquefois d'une grande difficulté de respirer, ainsi que d'une extrême roideur, comme dans la catalepsie. Cetle éruption ne peut être comparée à aucune autre ; ainsi la peau, quoique déjà très-rouge, est parsemée de petits points d'un rouge plus foncé encore. On a vu des spasmes, des suffocations, de» convulsions compliquer cet état, lui donner beaucoup de
(Fig. 49.) IfyttUcé.
gravité et même déterminer la mort Cet symptôecs sont effrayants, mais ils ne sont cependant pas aussi redoutables qu'on le croirait , et si les soioa eonveoablei sont administrés à temps, la guérison ne wt fait pas loactemps attendre, quoique rengourdissement persiste qnri^ quefois pendant plusieurs jours.
> Le traitement consiste à faire vomir le malade et a lui donner après de l'eau vinaigrée comme boîason, quia» ou vingt gouttes d'éther sur un morceau de sncrf , f souvent il cpnvient de le saigner. Ce traitement est hsktuellement suivi de transpirations abondantes , et aprn cinq ou six heures tous les symptômes ficbeux disfu raissent; l'engourdissement seul persifte pendant quelque temps. Le vinaigre parait neutraliser reîlet du poisea, qui perd de son activité lorsque les moules sont coit^
> La cause de cette qualité malfaisante àt* moules i été successivement , mais à tort , attribuée k U matièrr colorante orangée de leur manteau, à leur corruptioa. i leur maigreur, aux phases de la lune, i une maUiiK particulière de l'animal , et surtout à la présence (fus petit crabe du genre Pinnothère , qu'on trouve sobtcsi logé dans leurs valves. Des observations suivies pro«vent que les moules ne produisent ces fâcheux effcti que lorsqu'elles ont mangé do frai d'un animal tmcommun, l'étoile de mer, appelée Qnal par les pèdiran
- C'est depuis le commencement de mai jusqu'à U as d'août que les étoiles de mer déposent leur frai , ce qai explique asses bien l'opinion vulgaire que les bodI» m sont mauvaises que pendant les mois dans le nom d^ quels il n'entre pas d'r. •
Une des coquilles dont l'histoire intéresse le pins aas» est, sans contredit, la pintadine dont on retire les perlei
Les perles sont des excroissances nacrées, accideotelles, qui se trouvent quelquefois dans l'intérieur des ul* ves , où elles sont rarement libres et où le plus soorrci même elles adhèrent à la substance même de la coquille. La cause de ces protubérances n*a pas été btcs déterminée jusqu'à présent ; on croit qu'elles sont dot» à une maladie particulière de l'animal, qui, en occasionnant une grande surabondance de la matière nacrée. ^ lui permet plus de s'appliquer par couches au fond de» valves , mais la fait couler en gouttes qui se coagulée: plus ou moins régulièrement. Quelques naturalistes prétendent que l'animal accumule cette substance pou' donner plus de force et plus d'épaisseur à sa coquille kv»qu'elle a été percée extérieurement par des vers dsrbc on qu'elle a été fracturée par un accident quelcooqas.
11 y a plusieurs autres genres de coquilles WÊfW^ dont l'intérieur nacré peut produire, dans certains css,dn excroissances semblables aux perles ; tels sont les mod^s. les huîtres , les pemes, etc. , etc. Quelques coquilles fiuviatiles du genre Mnlette fournissent aussi des perles , mais ces perles sont d'une teinte laiteuse, sans éclat rt peo recherchées. La Pintadine Mère-PeHe, celle qui renferme les véritables perles orientales, habite dans difTéreoli pays ; on en trouve dans le golfe Persique, sur les c^àf l'Arabie heureuse, sur celles du Japon ; mais c'est rartoot dans le golfe de Manaar, tle de Ceyian , qu'est établie li pêche des perles la plus célèbre et la plus prodoctife.
La pêche commence au mois de février et doit èirr finie au commencement d'avril. Des plongeurs exerces dès leur enfance vont chercher les coquilles an food (K* la mer, et ils font quelquefois des efforts si douloorcui. que , revenus à l'air, ils rendent souvent le sang par ^ bouche, le nei et les oreilles. Ils plongent jusqu'à cinquante fois par jour et rapportent chaque fois une tmtaine de coquilles. Quoiqu'ils ne restent ordinaireiDeoi que deux minutes sous l'eau, il y en a quelqoes-nns qoi y demeurent quatre et cinq minutes. Au moment de b pêche , il se trouve toujours sur le rivage des deriss rt des prêtres de chaque caste, qui emploient difTémii»
CONCHYLIOLOGIE
•xorcismei pour préterver les plongeurs de la t oracité les requinc. Cet animaox inspirent une grande frayeur iu pécheurs , mais leur confiance dans les talismans et » prières des devins est telle qu'ils négligent de prendre les précautions plus sûres; autrement aucun Indien ne ooientirait à descendre , sou? eut même la pèche est in- Errompue lorsqu'il arrive quelque accident.
U faut surveiller de très-près ceux qu'on emploie à ce rsrtil, car ils se permettent tous un grand nombre finfidélités ; souvent ils avalent les perles qu'ils ont pu liiir, même an fond de la mer, en visjtant les coquil- M entr'onvertes ; mais elles n'échappent pas pour cela ■1 recherches très-minutieuses des marchands.
Lfs mers de l'Inde ne sont cependant pas les seules ni foomissent des perles ; on en pèche dans plusieurs aires parties du monde, particulièrement en Amérique. >llet qui viennent de la Californie et de l'tle de faiti ont jatqu'à présent asses rares dans le commerce, et l'oot ni la régularité ni l'éclat des perles d'Orient
On raconte que Cléopâtre, pour surpasser Antoine en ugnificence, prit une des grosses perles qu'elle avait Bx oreilles , la mit dans du vinaigre pour la dissoudre, l TaTala. Cette anecdote , rae^ontée par les historiens du unps, ne peut être vraie, car si les perles sont décomoMcs par les acides, ce n'est qu'après un temps encore net long , et le vinaigre n'est pas asseï fort pour les itsoadre. Les perles cependant s'altèrent avec le temps ; Iles perdent de leur éclat lorsqu'elles sont portées par es personnes dont la transpiration est acre , et l'on a emarqué qu'elles se ternissaient aussi à la longue lors- [o'elles n'étaient pas souvent portées.
11 y a des perles de diverses nuances : le plus généra- Roent elles sont blanches et nacrées; on en a vu de ranes, de verdâtres et de noires. La différence de ces oolears tient sans doute à la nature du fond sur lequel ÏTtit la coquille, ou à ce que ces perles n'ont été enleées que longtemps après la mort du mollusque dont 1 décomposition a nuancé la perle.
NoQs ne dirons qu'un mot des peignes (fig. 50), aussi connus sous le nom de coquilles de Saint-Jacques on pèlerines, parce que les pèlerins qui visitaient les lieoi de dévotion , avaient l'usage d'orner leurs habits et leurs chapeaux avec les valves de ces coquilles, dont on connaît un grand nombre d'espèces remarquables pour la variété et l'éclat de leurs couleurs ; dans le voisinage i ^yLJUJ^^ ^^ peignes se trouve un
autre genre de coquilles (Fig. 60.) PtigBt. fort curieuses par les
pioes dont elles sont couvertes , ce sont les Spondyles. U Spondyle le plus remarquable est nommé Sponlyie royal : M. Delessert possède , avec un très-grand lombre d'autres espèces , les plus beaux échantillons [s'on connaisse de cette coquille très-rare , car on en omple trois à peine dans les collections ou musées oyani français et étrangers (fig. 51).
Viennent enfin les huîtres ( fig. 52) , dont l'histoire oérite quelques détails,
II n'y a point de coquilles bivalves plus irrégulières t pios sujettes à varier de forme et de taille que les inhres. Tantôt elles sont parfaitement arrondies , tantôt Taies ou très-allongées , ou anguleuses dans leurs conoars; leurs valves d'une épaisseur plus ou moins consi- Icrable , sont aplaties on bombées , souvent même con-
tournées, et leur surface, quelquefois unie, est^ordinai-
remont rugueuse, et comme composée de feuillets bri«és. Il
(Fig. 52.) Huître.
est rare de trouver deux individus parfaitement semblables, ce qui rend la détermination des espèces extrêmement difficile. La structure du test est lamelleuse; les lames faiblement adhérentes les unes aux autres se recouvrent et se débordent successivement, et présentent à l'extérieur des feuillets plus ou moins frangés : ce sont ces lames dont les accroissements sont très-inégaux , qui modifient leur forme à l'infini. Cependant en choisissant des individus qui n'aient été gênés dans leur développement par aucun obstacle ni par aucun accident , on peut en général reconnaître des types asses caractérisés pour établir des distinctions spécifiques, réelles et constantes. Dans tontes les espèces, la valve inférieure est large, épaisse, et sa concavité est plus ou moins remarquable ; la valve supérieure plus petite, plus mince, est ordinairement plate et quelquefois comme operculaire. Il n'y a aucune dent à la charnière ; mais seulement au sommet de chaque valve , une cavité dans laquelle se loge le ligament Cette partie, appelée le laloii, est quelquefois très-allon-
gée dans la valve inférieure ; elle doit ton accroissement à des déplacements successifs du ligament , qui se recule ainsi que la valve supérieure dans le développement général. Ce ligament, qu'on ne voit point au dehors, mais qui n*est cependant pas tout à fait intérieur, est coriace, noirâtre et aplati ; il a de l'élasticité tant qu'il conserve sa fraîcheur, et il devient fragile en se desséchant Parmi les diverses espèces d'huttres , on distingue deux formes principales que Lamarck a proposé de prendre poubase de deui divisions à faire dans ce genre ; les unes sont droites ou à peu près , et à bords simples et unis : telle est Thuttre commune ; d'antres sont plus on moins arquées, et ont leurs bords plissés ou en forme de crête : ce sont celles qu'on nomme dans les collections huîtres plissées. Les couleurs des huttrcs n'ont rien de remarquable ; elles sont en général blanchâtres ou grisâtres , quelquefois lavées de roux ou présentent quelques lignes irrégulîères d^une teinte plus foncée.
Ces coquillages sont toujours adhérents et se 6xent dès leur naissance , non point par un byssus , mais par leur test même, qui se soude sur Fcs rochers et les corps submergés. Le point d'attache est en général près du sommet de la valve inférieure , sous le talon. La plupart des espèces s'établiisent sur les rochers et dans les fonds pierreux; quelques-unes semblent s'attacher de préférence aux racines et aux branches des arbres qui garnissent le rivage et que la marée peut atteindre. A l'embouffhure de plusieurs fleuves d'Amérique et des Grandes- Indes on voit des groupes d'huttres suspendus et agités par le vent lorsque la mer se retire ; on les désigne généralement sous le nom d'kmttreM de Mangliers.
Les huîtres se réunissent fréquemment sur d'autres coquilles, sur des madrépores ; souvent même lorsqu'elles manquent d'une base solide pour se fixer, elles s'entassent les unes sur les autres et forment des bancs d'une longueur et d'une épaisseur considérable. On voit sur certaines côtes sablonneuses de semblables masses qui ont une étendue de plusieurs lieues et dont l'aspect , la confusion et la solidité peuvent donner l'idée des bancs coquilliersqui se trouvent dans l'intérieur de nos continents.
Les Huttres, ainsi fixées par le talon de leur valve inférieure, passent toute leur vie sans se déplacer et sans pouvoir exécuter d'autre mouvement que celui de fermer et d'ouvrir leur coquille, encore ce dernier n'exiget-il aucun effort, puisqu'il leur suffit de relâcher le muscle intérieur qui les unit aux deux valves , pour que l'élasticité du ligament les fasse s'entr'onvrir. Dans cet état , l'eau de la mer chargée de molécules nutritives , animales ou végétales, s'introduit dans la coquille et apporte à l'animal les aliments qu'il ne pourrait atteindre autrement Des facultés aussi bornées semblent placer ces animaux au dernier degré de l'échelle des êtres , et feraient croire qu'ils sont entièrement privés d'intelligence. On prétend cependant qu'ils n'en sont pas tout à fait dépourvus : un fait asses curieux observé sur les Huîtres du rivage, pourrait, s'il est bien constaté, en fournir la preuve. Ces Huîtres, exposées à l'alternative journalière des hautes et basses marées semblent avoir appris qu'elles seront à sec pendant un certain temps , et conservent, dit-on, de l'eau dans leur coquille; cette particularité les rend plus transportables à de grandes distances que les huîtres péchées loin du rivage , et qui, manquant de cette expérience, rejettent toute l'eau qu'elles contenaient Plusieurs observateurs assurent aussi que les Huttres ont , dans certains cas , la faculté de changer de place et que, si elles se trouvent détachées par une cause quelconque , elles peuvent avancer en frappant l'eau vivement avec leurs valves et plusieurs fois de suite.
Lorsque les valves sont entr'ouvertes , on aperçoit le manteau qui s'étend sur leurs bords sans pouvoir saillir
en dehors ; il est fort mmee , divisé en deox bbes di** tincts dont chacun tapisse les parois intérieures de cha« que valve. Le tour de ces deux lobes est garni d'aa rang de cils ou filets simples, asses longs et distriboei également. Outre cette frange cm trouve à une petil« distance et parallèlement an coaloor du maatean, uii« sorte de bourrelet sillonné et relevé de petits Inbereaiet arrondis. Pour séparer les deux valves, il faut rompre le muscle qui les attache an corps de l'animal . et q«j laisse une seule impression sur chaque valve, vers If milieu de la longueur. En écartant les lobes du mante» on découvre quatre feuillets membraneux, demi-rircslaires, qui sont les branchies, composées chacuoe daa grand nombre de tubes très-déliés, joints paraUèlemcsl les uns aux antres ; elles s'étendent depuis la booeht jusque vers le tiers de la partie postérieure dn corps , tous ces tubes aboutissent i un canal commun qui ratoure les branchies postérieurement, et ce canal sert di communication entre l'organe respiratoire et le cm ce dernier, garni de deux oreilletiea, est cnlovré d'à» membrane contiguë an grand muscle qui retient Ut valves. Les pulsations sont très-sensibles à la vue simpk, elles ne sont point isochrones, et il y a même des ra»ments d'interruption totale , surtout lorsque l'animal rà hors de son élément naturel. La bouche, située ven If sommet des valves, est une simple ouverture assex graaée et entourée de quatre feuillets charnus qui sont pnbtblement des organes particuliers du tact Une petite tsIvule dentelée, placée dans l'œsophage, fait l'oCBcc dr langue et doit servir à retenir les idîments. Vienseai ensuite à une très-petite distance, un premier estomif , dont la surface interne est ridée irrégulièrement . et m second estomac plus allongé, en forme de sac, d'où pvl un intestin , qui, après avoir contourné le premier estamac et la masse du foie, vient se terminer par un rertaa qui flotte sous le manteau à la partie postérieure (ia corps. Ce rectum ne traverse pas le cœur , comme diai le plus grand nombre des acéphales. L'cstrémitr <1b corps, près de la charnière, renferme le foie, qui m\t' loppe le premier estomac. La couleur générale du nusteau est le blanc-sale ; ses bords frangés sont noirâtre* Le corps ne peut faire saillir an dehors anciine de «• parties, et n'est point muni de cet organe lingaiforotf servant de pied dans un grand nombre de bivalies fibres ; la constante immobilité des Huîtres rendait insLlr ce moyen de locomotion. Toutes les eoquillea adbcrsiitf par une de leurs valves comme les Spondylea, lei Cuba et d'autres , et non par un byssus comme les Moules A les Jambonneaux, paraissent avoir dans les priacipui points de leur système, une organisation scsobUble i celle des Huttres. ' . ,
Les Huttres pondent au comàMu^encnt da phnleof^ le frai qu'elles ont elles-mêmes- fécondé et qui sattacb à tons les corps environnants. Ge frai reasemble i ose gelée blanche dans laquelle on aperçoit , à Taide d'à» loupe , une multitude de petites Huîtres déjà toutes for* mées et munies de leurs valves ; et Ton prétend , a bfi je crois , qne quatre mois après leur naissance elles soirt en état de se reproduire.
Les Huttres fournissent , sur un grand noabrr et côtes, une nourriture extrêmement abondante, três-saîM et généralement recherchée ; cet aliment est d'une fafi}« digestion, peu nourrissant, et semble plutôt exciter rtf»petit qne le satisraire. Ces coquillages s'expédient i l'intérieur, souvent à des distances considérables: ^ satisfaire à l'énorme consommation qu'on en fait étai tous les pays, et ajouter encore à leur saveur, oa <^ parvenu à les rassembler, à les faire mttlbpii<r àva des parcs et à les soumettre à certaines dispositions <|3> les rendent plus délicates. Cet art n'était pas iacofloB aux anciens, ^^J^I^^'^^KJ^C'' "^ï"" ^''
CONCHYLIOLOGIE
les engriisier et les conserver pendant fort longtemps ; il en envoya d'Italie k Trajan , jusque dans le pays des Partbes. On trouve dans les anciens auteurs plusieurs pamges qui prouvent jusqu'à quel point elles étaient estimées et combien on prenait de soin pour les élever.
Les Huîtres, ne présentant ni formes ni couleurs agréables , sont peu recherchées dans les collections ordinaires ; mais elles sont d'un grand intérêt pour les frais naturalistes , parce qu'elles fournissent une branche importante de commerce, et que ce sont les Moliosques les plus utiles. On devrait s'occuper d'en garnir certaines plages qui en sont totalement dépourvues ; pbsiears faits prouvent déjà qu'on peut transporter et nalnraliser les Hnttres sur des rivages qui n'en possédaient pas auparavant. Il y a plus de cent ans qu'un propriétaire en Angleterre en fit jeter une certaine quantité à l'embouchure de la Mène ; elles s'y sont multipliées, dit-on, en si grande abondance, que le lit de cette rivière est maintenant couvert d'excellentes Huttres, et qu'elles sont devenues une source de revenu (de Roissy).
Les journaux ont parlé , il y a quelque temps , d'un procédé nouveau pour obtenir l'établissement de bancs d'Huîtres. M. Carbonnel a en effet trouvé le moyen d'établir des banci d'huttres, mais non de créer artificiellenent des hnttres comme beaucoup de personnes l'ont «pposé en accueillant cette nouvelle avec une prévenioD irréfléchie.
TROISiÈin ORORK. ACEPHALES BRACHI0P0DI8.
Cet ordre se compose de mollusques ayant deux bras jipotés, allongés, eiliis et roulés en spirale dans le repos, •eor manteau a deux lobes séparés par devant, et enve- >ppe ou recouvre le corps. Leur coquille est adhérente, oit immédiatement, soit à l'aide d'un cordon tendineux, organisation des Brachiopodes (fig. 53, 54) est infé-
(Fig. h^4 Braehiopode. (Vig. 54.) Brechiopode.
eure à celle des Acéphales dimyaires ; aussi l'ordre li nous occupe en ce moment devrait-il être le premier non le troôsième de la classe. Il se compose de quatre milles, les térébratnlés, les lingulés, les orbiculés et les aoies. Les espèces de cet ordre sont assez remarquables : i térébratules, qu'on trouve en si grand nombre à l'état tiile dans les terrains les plus anciens , sont très-intéisantes ponr les géologues ; les orbicnles et les lingules nblent phit6t cornées que calcaires.
SUXIÈME CLASSE. — MOLLUSQUES CÉPHALÉS.
Cette classe comprend tous les mollusques ayant une e plus ou moins distincte : quelques-uns sont nus, elques autres multivalves ; tous les autres , en nombre nsid érable , sont uni valves. Presque tous ont des yeux des tentacules , et , parmi ces derniers , il en est dont bouche est entourée de bras disposés par paires et en arunne. Le manteau varie beaucoup : tantôt ses bords it libres sur les côtés du corps , tantôt ses lobes sont mis , et il forme un sac qui enveloppe en partie l'ani- J. La respiration a lieu à l'aide de poumons ou de mchtes le plus souvent non symétriques. La circulation double ; le cœur est uniloculaire, quelquefois à oreilles divisées et écartées. Le système nerveux consiste ganglions épars , desquels partent les ramifications qui distribuent à tout le corps. Quelques Céphalés ont leur
coquille à l'intérieur; d'autres, à coquille extérieure, ont des osselets destinés à diviser les aliments.
Les animaux de cette classe sont ceux dont l'organisation est la plus avancée ; car elle présente le plus haut degré de composition qu'elle pouvait atteindre dans les animaux invertébrés. -Cependant, chose étonnante, dit Lamarck, les Mollusques, supérieurs en composition à tous les autres animaux sans vertèbres, sont réellement fort inférieurs en facultés à beaucoup de ces derniers. • En effet, quelle différence ne trouve-t-on pas entre la vivacité , la facilité des mouvements de la plupart des insectes et la nature de ceux des animaux qui nous occupent en ce moment ! Quelle supériorité ne trouve-t-on pas encore dans ces produits d'habitudes compliquées, qui ressemblent tant à des actes d'industrie, lorsque l'on compare les manœuvres diverses d'un grand nombre d'inSectes aux actions de presque tous les moHusques?
Les Acéphales sont divisés en trois ordres : les Ptéropodes , les Gastéropodes et les Céphalopodes , dont nous avons déjà fait connatire les caractères les pTus sailants.
PRBUIBR ORDRE. PT^ROPODBS.
Cet ordre comprend un petit nombre de mollusques libres , nus ou i coquilles , ayant des expansions membraneuses propres à la natation; ils n'ont poiàt dé* pieds pour ramper ou de bras pour saisir leur proie. Ces expansions membraneuses ou nageoires ne sont, que des prolongements du manteau, modifiés et transformes en organes du mouvement. Tous les Ptéropodes (% '55) sont pc-
(Kig. 5fi.) Ptéropod».
lagiens ; ils ne se trouvent sur les rivages que rarement , et seulement lorsque les tempêtes ou les courants les y portent Ils nagent librement au milieu des eaux , et viennent à la surface dans les instants de calme , et surtout an coucher du soleil. Ils sont très-vifs dans leurs mouvements et se fixent quelquefois aux corps flottants, tels que les fucus, en les embrassant avec leurs nageoires. (Hang. )
Tous les Ptéropodes sont très- petits; mais, en compensation, ils se multiplient tellement, qu'ils semblent faire, en grande partie, les /rais de l'alimentation des Baleines. Ces géants des mers les recherchent et les avalent par milliers; l'espèce la plus commune est connue des matelots sous le nom de Pâture de la Baleine.
' Les Ptéropodes , dit M. d'Orbigny , ont on mode particulier de natation, en rapport avec leur forme; leurs nageoires ne peuvent faire avancer et soutenir l'animal auquel elles appartiennent que par des mouvements continuels comparables à ceux des ailes des papillons. Ces nageoires remuent continuellement avec une aisance et une promptitude remarquables ; et, suivant la direction qu'elles affectent, l'animal s'avance horizontalement, monte ou descend , le corps restant , pendant tout ce temps , vertical ou légèrement incliné. D'autres fois il tournoie sans changer de place ou même se soutient à nue hauteur constante sans mouvements apparents ; mais cette immobilité ne se remarque que ches un petit nombre d'espèces , et toutes, au contraire, présentent le plus souvent le mon-
vemeat papillonnant II est probable que, lonque l'animal inquiété a descendu asseï profondément pour se croire en sûreté, il déploie de nouveau ses ailes et nage pour se soutenir, au lieu d'aller gagner le fond.
Cet ordre comprend deux familles : les Hyalines et les Pneumodermés.
DRUXlàUB ORDKB. GASTéROPODKS.
L'ordre des Gastéropodes a été établi pour tous les mollusques qui rampent tur un disque abdominal, ou pied. Les Gastéropodes ont une tête assez distincte , snrmontée d'une ou de plusieurs paires de tentacules ; presque toujours des yeux placés soit à l'extrémité , soit à la base de tentacules ou près de ces organes. Leur corps est droit ou spiral. Ils ont des poumons ou des branchies , suivant le milieu dans lequel ils vivent Les uns , et c'est le plus grand nombre (fig. 56, 57), ont une coquille d'une seule pièce , spirale ou conique , avec ou sans opercule ; les autres sont nus avec une coquille intérieure ou sans coquille, d'autres enfin ont un test composé de plusieurs pièces ou valves.
(Fig. 56.) Uutéropodt. (Kig. 51.) Gtttrropodc.
L'ordre des Gastéropodes est le plus nombreux en espèces; il renferme des mollusques marins, fluviatilcs et terrestres appartenant à vingt -cinq familles, et un trèsgrand nombre de genres qu'il n'est pas possible de faire connaître sans entrer dans des détails que ne comportent pas les limites de ce traité.
C'est dans cet ordre que se trouvent les limaces , les hélices ou escargots , les oreilles de mer , les nérites , les buccins, les harpes, les porcelaines, les volutes, les olives et les cAnes, dont nous regrettons de ne pouvoir indiquer que les noms.
TROISlèUB ORDRE. céPHALOPODBS.
L'ordre des Céphalopodes comprend des Mollusques dont la tête est en quelque sorte entourée d'une rangée circulaire d'appendices ou bras plus ou moins longs, non articulés et garnis de ventouses (voy. fig. 19 et 30).
Ces animaux sont éminemment carnassiers ; ils vivent de poissons et de crabes.
Tous les Céphalopodes ne sonl pas pourvus d'une coquille extérieure; quelques-uns de ceux ches lesquels elle manque portent intérieurement et sur le dos un corps ou rudiment lestacé, ayant la forme de lame, de substance cornée et crustacée, et dont l'accroissement a lieu par couches, comme dans les coquilles extérieures. La Seiche, par exemple , est pourvue d'une coquille calcaire interne qu'on trouve fréquemment à sec sur les rivages de nos côtes.
La peau des mollusques Céphalopodes offre cette singularité , qu'elle est parsemée d'un grand nombre de petites taches de diverses couleurs, chacune ayant sa teinte propre et où dominent principalement le jaune , le rose et l'indigo. Ces taches ne paraissent pas quand l'animal est dans son état de repos et de tranquillité habituels ; mais, s'il croit avoir quelque danger à redouter ou s'il est
placé sons l'influence d'une excitation extérieure, ces taches se mettent aussitôt en mouvement , et paraissent et disparaissent avec la plus grande rapidité.
Le professeur Lamarck comprenait parmi les Céphalopodes, un asses grand nombre de petits animaux pour la plupart microscopiques et que M. d'Orbignj désigua sous le nom de Foraminifères ; mais, d'après \& rerberches de M. Dujardin , ces animaux s'éloigneot des mollusques et se trouvent classés auprès des xoophytes. L'ordre des Céphalopodes, tel qu'il est admis généralement, se compose de deux sections.
Première Mcti»B. — Céphalopodei êÊtUhnliÛitm.
Cette section comprend des animaux libres, symétriques, formés de deux parties distinctes : l'une posteneurr. arrondie ou allongée, cylindrique ou déprimée : ouverte en avant et contenant deux branchies paires-; fautre. antérieure ou céphalique, portant en avant des bras armés de ventouses ou de crochets pédoncules ou sesaîlea. Latéralement aux yeux, un orifice auditif; an-desaous. un tube locomoteur entier. L'animal est contenu dans nor coquille non cloisonnée, ou renferme, dans sa partie médiane, soit un osselet interne déprimé, soit une coquille formée de loges aériennes. Cette section se divise eo deux tribus, les oclopodes et les décapodes , et compreod un grand nombre d'animaux tels que les Calmars et le» Seiches. On classe aussi dans cette section r.Argonsntr dont nous avons déjà parié. Ce mollusque célèbre depo» des siècles et assez commun dans le voisinage de% côtes 4e France devrait être parfaitement connu, et Ton ne cocnprend pas que depuis longtemps on n'ait point réduit à leur juste valeur les descriptions merveilleuses des autciu> anciens. Si l'on n'a pas exagéré la forme de l'.^rgonautc. on a do moins supposé à tort à cet animal des instincts que paraissait expliquer la singulière disposition de deoi de ses bras. M. Rang, ofBcier de marine, a observe avec soin des Argonautes libres dans la mer et d'antres placés par lui dans un grand bassin où ils jonis^aicut d'asseï de liberté pour ne pas être gênés ou inquiets , et il déclare qu'il n'a vu , dans les habitudes et les mansovres de ces animaux, rien qui justifie des fables qui n'ont etr accréditées que par amour du merveilleux ou par une trop grande confiance dans les travaux des anciens naturalistes. Les bras palmés, qu'on prétendait servir de voiles i l'Argonaute , ne servent qu'à envelopper et protéger U coquille de chaque côté. L'Argonaute rampe sur le disque formé par la réunion de ses bras , et ses monremcols s'exécutent avec asses de vivacité pour qu'il pubse parcourir un asses grand espace en peu de temps. Il peut . il est vrai , s'élever du fond à la surface de la mer, comme on le remarque souvent , mais c'est par un moyen qui est commun à d'autres Céphalopodes et notamment soi Poulpes. Lorsqu'il est inquiet, il rentre compIêtUMT.t dans sa frêle coquille , qui , perdant aussitôt Féquilibrr. se renverse sur le côté.
Deoiiéme «ectioD. — Céphalopode* tentacoblèrca. Cette section comprend les Céphalopodes dont la tétr est peu distincte du corps ; ils ont un appendice pédiforme servant à la reptation. Leur bouche est entourrr d'un grand nombre de tentacules cylindriques, rétractiles. annelés, sans cupules. L'appareil respiratoire se compose de quatre branchies ; le tube locomoteur est fendu daas toute sa longueur. Enfin l'animal est contenu dans la dernière loge d'une coquille symétrique ou non . driHk. arquée , enroulée sur le même plan ou turriculée. 0(tr coquille est formée d'un grand nombre de loges aérienoes. C'est dans cette section que se trouient classés le»
Nautiles, les Ammonites, les Baculites, etun grand ncHobrr
d'espèces fort mtéressantes pour l'étude de la gcologir.