‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 88 sur 291 · CHENU · texte numérisé non relu

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INSTRUCTION POUR LE PEUPLE. — CENT TRAITÉS. Pftui.— DUBOCHET, LEGHSVALIKR n G», «0, RUE RICHELIEU. — SScnmina.

HISTOIRE PHYSIQUE DE L'HOMME

1<) ou B1\G QUB LBOIUII OCCUPI DftNf LA GBiâTlON.

La première place dans la création terrestre , à une

graadc distance de tous les êtres vivants, c*est la place de

l'homme, dominateur naturel de la terre et de ses habitants.

En fait Phomme est le maître de tous les êtres vivants

p( le véritable possesseur de la terre.

Les animaux le craignent et le fuient , ou lui obéissent et le servent Malgré la supériorité de leur force et de Icors armes naturelles, les uns, les plus féroces, ceux \m ont soif de son sang, lui cèdent la place, se parquent feoi- mêmes loin de lui dans les déserts, disparaissent >eu à peu comme individus et tendent même à s'étein- Ire comme espèces ; les autres se laissent apprivoiser, ahjagaerv, «t obéissent, même en troupeaux, à la voix m au geste d'un enfant. Il en est qui, se prenant d'amiié pour leur maître , deviennent ses compagnons assidus t les serviteurs dévoués.

L'empire de l'homme sur les êtres vivants s'étend au lelà de la soumission et de l'obéissance. L'homme modie dans leur nature même les êtres vivants qui Tentoueat : les animaux par la domestication , par Talimentaioo , par le croisement des races ; les végétaux par la ullare , par la greffe , par les fécondations artificielles, .'homme peut ainsi créer en quelque sorte des espèces irantes noavelles, appropriées à ses goûts , à ses fantaiies , à ses besoins , en se servant des forces de la nature isajeltie à ses combinaisons.

Pour peu qu'une région du globe offre de la terre , e Pair et de l'eau, elle est propre à fournir une habioo à rhonime, qui seul , à l'exclusion des animaux , a '^ellement pris possession de toute la terre habitable. Sous influence des travaux de l'homme et par sa volonté , la rre se modifie pour s'accommoder aux goûts et aux be- >ins de son maître. Malgré la différence des climats , le se couvre des espèces végétales que l'homme a intérêt à ti faire produire. L'homme se rend maître des fleuves;

les retient dans leur lit et dirige leur cours : il fait >mmuniquer ensemble les rivières et les mers ; il des- •che les marais et les lacs ; il fixe les dunes ; il règle

provoque les allnvions. Il anticipe sur la mer pour -ojef er dans son sein des constructions et des villes ; il

repousse loin du rivage et la retient, par des digues, ispendue au-dessus des habitations qu'il ^est créées sqne dans son lit

Âinai , à ne considérer dans l'homme que sa destination rrestre, il se présente tout d'abord comme profondé-

ment séparé du reste de la création , qui semble lui avoir été finalement subordonnée , selon tous les rapports que comporte l'accomplissement de la vie humaine.

En rapprochant les faits qui établissent cette supériorité incontestable de l'homme sur toute la création , des faits qui révèlent en lui une nature et une destination sans analogues même chei les animaux les plus parfaits , on s'est étonné de ne pas trouver dans l'organisation de l'homme , comparée à celle des animaux , des différences aussi grandes et aussi profondes que semblait le commander la différence de leurs actions et de leurs rôles en tant qu'êtres vivants. On s'est même asses préoccupé de cette similitude d'organisation dansl'homme et certains animaux, pour perdre de vue la différence de nature qui sépare la vie humaine de la vie animale , et pour confondre abusivement dans un même ordre d'êtres vivants avec les animaux , dans une même classe d'animaux avec les mammifères , et dans une même famille avec les singes bimanes , l'homme qui parle , qui pense et qui croit en Dieu.

Mais comment s'étonner que l'homme offre dans son organisation de grandes analogies avec les animaux? Un grand nombre des actes de sa vie ne sont-ils pas essentiellement les mêmes que ceux de la vie des animaux, et , comme eux , ne doit-il pas respirer, se nourrir, se mouvoir, sentir et se reproduire?

Les organes qui sont les instruments de ces actions communes à l'homme et aux animaux doivent être nécessairement conçus et construits d'après un type général qui exprime ce qu'il y a d'identique dans leur destination. Et bien que ces actes communs de la vie animale revêtent en fait , quant aux conditions de leur accomplissement , autant de modes différents qu'il y a d'espèces animales distinctes , il est possible de saisir au milieu de toutes les variétés que comportent la forme et la structure appropriées à ces modes divers de la vie , les caractères essentiels qui révèlent dans la série des animaux l'unité et l'identité du type organique.

Mais , de ce que la vie animale , une au fond pour ses actes essentiels , revêt dans la création un grand nombre de modes différents, exprimant chacun dans l'espèce animale qui le réalise une destination spéciale , il en résulte qu'il doit être possible aussi de saisir dans la série des animaux des différences d'organisation corrélatives aux différences de leurs destinations. Et dès lors l'homme , qui se sépare si profondément de tous les antres animaux par sa destination , doit nécessairement offrir dans son organisation les différences que nécessite la subordina-

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