TOT
lion de set actes aoimaox à u deitination humaine.
En effet , an milieu de la prodigieuse multiplicité des espèces animales, qui, dans Tinfinie variété de leurs formes , révèlent avec tant de magnificence a la surface du globe l'inépuisable fécondité de U force créatrice , Tobservation a permis de reconnaître que les différences de la vie animale peuvent être rapportées à un nombre en quelque sorte défini de modes spéciaux, représentant des classes, des familles dans lesquelles la vie s'accomplit d*une manière semblable quant au but et aux moyens. Et en même temps il a été possible de s'anurer que, dans leur ensemble, ces familles et ces -clanes représentent, relativement an mode et aux moyens organiques de la vie, une sorte de hiérarchie telle que, d'une classe à Tautre, la vie se perfectionne dans ses actes et ses instruments , et que la série des espèces constitue comme une échelle de la vie et de l'organisation animale, dont chaque genre, on chaque famille, ou chaque classe représente un degré. A ce point de vue l'homme , comparé aux animaux, est placé par la perfection de son organisation au sommet de l'échelle animale. Et en restreignant l'appréciation de sa nature à la considération du e6ié par lequel elle touche à l'animalité , la supériorité de cette nature se révèle en ce que l'organisation humaine exprime dans toutes les directions de la vie animale le plus haut degré de perfection atteint dans la création.
Ainsi, par les caractères de son organisation, l'homme appartiendrait à la première classe des êtres vivants, celle des animaux vertébrés , et dans cette classe an premier ordre, celui des mammil^res , et dans cet ordre il lui faudrait encore la première place, et une place unique bien au-dessus des familles, des genres et des espèces qui se rapprochent le plus de lui par leur conformation.
Mais de plus l'organisation de Thomme porte avec évidence, même dans les instruments des actions qui lui sont communes avec les autres animaux, le cachet de sa destination spéciale. Ainsi en ce qui concerne la locomotion et les expressions, l'attitude verticale et la parole appartiennent en propre à l'homme. Ches les animanx qui se rapprochent le plus de l'homme par leur conformation, et qui s'en rapprochent asses pour avoir pu être désignés sous le nom d'Anthropomorphes, ches les singes de la famille des orangs , l'organisation est appropriée à un mode de locomotion dans lequel les quatre membres sont employés, et l'appareil à l'aide duquel l'homme produit la parole, n'est capable d'engendrer que des cris sauvages et inarticulés.
Ainsi, en se renfermant dans les considérations les plus générales de la structure organique , l'homme , par ses analogies , est au premier rang dans la série des animaux , et , par ses différences , se sépare nettement des animanx du degré le plus élevé.
Mais le premier rang dans le règne animal représentet-il exactement et suffisamment la véritable place de rhomme parmi, les créatures terrestres, et le dernier mot de la science sera-t-il l'inscription du genre homme en tête d'un tableau soologique , immédiatement au-dessus des singes , dans l'ordre des bimanes ?
La méthode des naturalistes prenant pour base exclusive de la distribution des êtres vivants en classes, en familles, en genres et en espèces , des caractères matériels empruntés 1 la forme et i la structure des organes, conduit presque nécessairement i ce résultat, et en cela même révèle toute son imperfection.
La physiologie qui fait entrer dans ses appréciations sur les êtres vivants la considération de la nature des faits par lesquels se manifeste leur vie, permet de déterminer plus exactement la place de l'homme eH distinguant absolument par des caractères essentiels la vie humaine de la vie animale. La parole , la science et la
moralité expriment un mode de la vie auquel ne partidpent en aucune manière les animaux.
Par des considérations auxquelles les antres liraBchcs de la science humaine ne peuvent demeurer étrangèm, la philosophie démontre la double nature de Tbamme, et repousse une assimilation de l'être dont la vîe se déieloppe dans le domaine de la liberté morale avec les êtres qu'asservit la fatalité de Finstinct.
n faut donc le reconnattre, l'homme entier et complet, avec tout ce qui le constitue , se place et se maintient ca dehors du règne animal, dans la sphère propre de Hiumanité.
Si, par un cAté de sa nature , notamment par son organisation corporelle, Fhomme tient à la sph^ de l'animalité , c'est que la vie humaine, impliquant la vie animale comme conditioii «t comme soutien , anppoee une organisation et des actes animanx. Mais comment méconnaître que dans la nature complexe do l'homme, l'animalité est l'accessoire, l'humanité le principal? Pourquoi donc tenir si fort a faire de l'homme un mnmmilërr et un bimane ? Distinguer l'homme par ses attributs essentiels, la raison et la parole, même dans une dasaifica* tion loologique, ne serait-ce pas mieux se confonner à la nature des choses que de le placer dans une daaae où se trouvent la baleine et U chauve-souris?
En face de Dieu et du monde, pour rignorant eoonie pour le savant , rougir et s'indigner d'être asaimîlc à oo singe, ce n'est pas orgueil, c'est conscience de la dignitf humaine.
2» DBS GABACriaiS PROPBIS M L'HUMasOTÉ.
L'humanité se caractérise dans tous les individus qui appartiennent au genre humain , ou par des difTcrracrs que présentent tous ces individus comparés à tous les aotrès êtres vivants , ou par des aptitudes qui , appartenant à tous ces individus , ne se retrouvent dans ancnn des autres êtres vivants.
Ces caractères différentiels ou absolus se rapportent i l'organisation et au mode de réalisation de la vie.
— L'homme diffère de tons les animaux en ce que, poar lui seul , la station verticale est une attitude naturelle . et en ce que seul il est destiné à conserver la directuig verticale de son corps en marchant sur deux picdsw Jk cette aptitude exceptionnelle il résulte que l'homme, sois à l'état de repos, soit dans fétat de locomotion, porte Is tête haute, embrasse du regard l'horison , et se garde U libre disposition de ses membres supérieurs pour le* actes divers que réclament ses besoins et que commande son intelligence.
Les conditions d'organisation qui réalisent cette aptitude constituent une différence caractéristique de la structure du corps humain.
Les pieds de fhomme offrent une large smface qes'appuie presque tout entière sur le sol. Ils sont naturellement écartés de manière i considérablement élai^r par leur intervalle la base de sustentation du corpa. Cet écartement, qui peut être volontairement agrandi, dépend dr la largeur du bassin, de la longueur et de l'obliquité dh (Fig. 1.) col de l'os de la cuisse.
Le bassin largement cvasé supporte par les m iliaques, comme sur na plancher presque konsontal , les riscères aK dominaux et ibaroit par le sacrum nne base lar;^ et solide an torse , doat le cou soutient prcsqof sans effort la tête dsM une attitude verticale. En effet les deux saillies (condyles) par lesquelles le crâne s'articule avec U
UISTOIRK PHYSIQUE D£ L*UOMM£.
fcrtèbre (atlu) iont dani on plan horiionta], et litoéet au centre d'une ligne tirée de Tocciput aux denta incisi- Tes, de telle sorte que la tête , droite, est natorellement poMe en équilibre sur le cou. Les muscles eilenseurs des jambes et des caisses , agents nécessaires de la station verticale, sont plus volumineax et plus paissants ches rbomme ; et chex lui seul ces muscles , par leur saillie, constituent des fesses et des mollets, par leur action amènent Il jambe et la caisse à former avec le tronc une ligne droite.
Chex les orangs la conformation da squelette et la disposition des moscles se prêtent à la possibilité d*ane itation et d'une progression quasi verticales ; mais elles iont surtout relatives à l'emploi des quatre membres terminés par des mains, pour la résidence et la locomotion iccomplies sur les arbres par des actions musculaires d'a- Bïmal grimpeur et sauteur.
Le trou occipital et les condyles par lesquels la tête lient an cou sont situés plus en arrière, de manière que, le centre de gravité tombant an-devant des condyles , la ièle ne soit pas naturellement ioulenne en équilibre dans me attitude verticale. Les os du baasin, plus longs, moins évasés , foumissent au tronc une base ^ ' ' de sustentation plus
étroite dont le plan est tourné en avant
Les membres antérieurs plus longs atteignent facilement le sol, de manière à permettre sans effort à l'animal de s'appuyer par trois ou quatre membres sur le sol, et de conserver dans cette position nue attitude naturelle.
La main qui termine l'extrémité antérieure a nue onformation qui, en réalisant par la saillie de Tos visiforme ploa volumineux ane sorte de talon, la rend vopre à l'office de pied. Le pied qui termine l'extrémité oftérieure a une conformation qui , par la brièveté du •once opposable , par la disposition élargie et arquée les phalanges , et par l'inclinaison de la plante sur le ord externe loi donne les caractères essentiels à un organe de préhension. Les quatre extrémités sont ainsi erminéet par des organes qui sont surtout aptes à saisir omme dea mains, qui peuvent servir i soutenir le corps omme des pieds, et qui sont employés par l'animal prinipalement à ae soutenir et à se mouvoir en saisissant et branches d*arbre dans l'action de grimper, de ae susendre , de sauter, et accessoirement i se soutenir et à s mouvoir sur le sol dans une attitude inclinée et dans ne progression i quatre mains.
De toutes les parties du corps humain , celle dont la onformation offre les traits différentiels les plus carac- *ristiques , c'est la tête , qui , par le crâne , est le dolicile du cerveau , organe de la pensée , qui , par la face, U le siège principal des expressions pathétiques, qui, ar la bouche et les mâchoires , organes de manduca- OQ , est en rapport étroit avec le mode et la nature de alimentation. L'homme se sépare de tous les animaux ar le rapport du volume du crâne au volume de la face, ai est tel ches lui que , dans une section verticale anrro-postérieure de la tête. Taire de la cavité crânienne it à peu près quadruple de l'aire de la face , la mâchoire iférieure non comprise , proportion beaucoup plus condérable que chei aucun animal.
Le rapport du volume du crâne avec le volume de la ice peut être asses approximativement évalué par la meure de l'angle facial de Camper, c'estpi-dire de l'angle
Crine dt Ont.
compris entre un plan antérieur pasaant par le bord dea dents incisives supérieures et par le point le plus saillant du front, et un plan inférieur passant par la base du crâne au niveau des trous auditifs externes et du bord inférieur de Touverture antérieure des narines. Cet angle se rapproche d'autant plus de l'angle droit que le volume du crâne l'emporte davantage sur le volume de la face. Il est de 85 degrés dans le crâne de l'homme européen, de 40 degrés dans le crâne de l'orang adulte. Sous tous ses aspects , la tête de l'homme offre des courbes et dea (Fi«. 8.) P*^" qui, par de douces
inflexions , se fondent harmonieusement en une forme sphéroidale. En avant, l'ovale gracieux du visage se termine supérieurement par la belle voûte du ûtmt, inférienrement par la saillie mollement arrondie du menton. De profil, la tête humaine présente la courbure presque circulaire de son crâne s'unissant par le front au plan légèrement curviligne de la face. Le haut de la tête est une voûte ovalaire. Sa partie postérieure offre une surface uniformément convexe qui forme plus d'un demioerde. Par sa base, la mâchoire inférieure étant enlevée, la tête humaine ofTre un ovale régulier an centre duquel est percé le trou occipital.
Cette forme sphéroidale , qui communique i la tête humaine l'un des caractères les plus essentiels à la beauté plastique, exprime, quant â la structure organique, deux faits importants : la prédominance du crâne , enveloppe du cerveau , instrument des fonctions inlellectueN les ; l'infériorité relative dans la tête du volume de la face, dans la face du volume du système maxillaire, instrument des fonctions nutritives.
Bien que l'anatomie descriptive n ait encore constaté d'autre différence bien ^ ^' '^ certaine entre l'encépha-
le de l'honune et l'encéphale des singes que celle qui est relative au nombre plus grand et au développement plus considérable des circonvolutions cérébrales dans l'encéphale humain , l'inégalité de volume con^ stitue à elle seule une différence très -importante, puisque l'observation sur une large échelle a démontré qu'u* ne loi physiologique établit un rapport direct et constant entre le développement des facultés intellectuelles et le développement de leur organe, le cerveau.
Or cette différence est considérable de l'homme aux animaux qui se rapprochent le plus de lui par la forme et les facultés.
y ta établi sur des faits nombreux que le poids moyen de l'encéphale humain peut être évalué à 1 kilog. 350 (1 ). Le poids de l'encéphale d'un orang adulte dont la taille était d'uft mètre , ne s'élevait qu'à 306 gr. Cette diffé-
(l) IMurckgi imr CBneéfMe, 1" Mémoire, I836V^^'^^
Baie de crâoc hamain.
reoce de volume le maoifette avec non moins d*^vidence par la comparaison des dimensions de l'encéphale dans l'homme et l'orang.
Homme. Ortog.
Longueur . . . 0n»,162 .... 0'",095 Largeur. ... 0 ,135 .... 0 ,090 Hauteur. ... 0 ,108 .... 0 ,067 L'infériorité proportionnelle du volume de la face ches l'homme dépend surtout du faible développement de l'appareil de la mastication, notamment de la forme délicate et du petit volume de la mâchoire inférieure. Les dents de l'homme sont exclusivement des instruments de mastication , et sont appropriées par leur forme à une alimentation mixte. Chex l'honmie seul les trois sortes de dents, incisives, canines et molaires sont disposées en série continue, de manière à se correspondre d'une mâchoire i l'autre et i se toucher par leurs extrémités sans entre-croisement même des canines, dont le sommet ^ est taillé en biseau.
La tête des singes anthropomorphes , de l'orang , du chimpansé , est beaucoup moins voisine de la tête humaine qn on ne l'a souvent admis.
Le crâne, beaucoup plus petit, est situé en arrière par (Fig. 6.) rapport i la fa-
ce. La partie antérieure du crâne , courte , étroite , déprimée , mérite à I peine le nom de front et ne se
continue pas dans un même plan avec la face , qui se termine en haut par la saillie des arcades sourcilières. Les orbites se touchent; le nés aplati n'a qu'un seul os ; le trou occipital est situé en arrière à l'u- ( Fig.6.) °ioo <les deux tiers anté-
rieurs au tiers postérieur de la base du crâne.
Les deux maxillaires sont volumineux, massifs; leurs bords alvéolaires et les dents sont obliquement dirigées en avant ; le maxillaire in- I férieor au niveau de son axe fuit en arrière sans offrir la saillie du menton. A chaque mâchoire la série des dents est interrompue pour loger les canines de la mâchoire opposée , dents longues , pointues , recourbées, véritables défenses de bête sauvage.
En un mot, dans la tête des singes, le crâne n'a pas de front et la face est un museau.
Le visage de l'honmie, indépendamment des caractères de beauté qu'il emprunte à sa forme générale et à l'harmonie de ses parties constituantes, se dislingue de la face de tous les animaux par ses aptitudes expressives.
L'homme seul a de véritables lèvres à bourrelets colorés, situés dans le même plan au devant des mâchoires. A la bouche de Thomme comme au centre mobile des ex-
Crioc d'ouDg.
Bm« de crine d'orang.
prenions du visage humain se rattachent on grand nombre de muscles qui , pour la plupart, manquent cbei la animaux. Comparés aux mouvements expressifs du visa^ humain , les mouvements passionnés de la Csce dei sùmaux ne sont que des grimaces. A l'homme seul appartient le rire , expression du plaisir intellectuel.
Les mouvements des lèvres, de la langue et la conformation des arcades dentaires s'associent chex rhaoraesTcc la structure perfectionnée de son larjnx , pour coostitser par leur ensemble l'appareil de la parole, mis en jeo p«r une aptitude d'un ordre supérieur et exclusive à rhomoe. Ches les orangs , la partie supérieure du larjnx communique par un trou avec deux grands sacs membrineux accolés , dans lesquels le son de la voix va se perdre et s'étouffer.
Les organes des sens ont ches rhomme on haut de^ de perfection. Sa peau 6ne, lisse, glabre on garnie it poils fins , soyeux et clairsemés , est dooée d'une wasibilité plus exquise que ches aucun animal.
A cette structure plus délicate de la peau, rbomBic doit en partie la supériorité de sa sensibilité tactile Ptr la longueur, la mobilité et l'indépendance des doigts, U main de l'homme réunit d'ailleurs toutes les conditmii de l'organe du toucher par excellence.
Dans la main des singes le pouce est plus court L'eitenseur propre du petit doigt , de l'iodex , le conrt atenseur propre et le fléchisseur propre du ponce suaquent La main du singe par sa conformation est destioft pIutAt à saisir qu'à toucher.
— Le mode de rcaliution de la vie propre à rhuoiAiiik se caractérise par un grand nombre de faits qoi , coomuns à toua les hommes de tous les temps et de toos b lieux , ne se sont jamais observés chex ancun antre ètn vivant, et qui révèlent, par leur nature, tout un déplotrment d'aptitudes et de facultés qui n'appartiennent qa'a l'homme , la plupart une tendance à un but qui déptsK absolument la portée de l'animalité.
Dans toutes les actions de l'hoDune, même dam crila qui je rapprochent le plus de la condition des aoîmaai. les attributs essentiels de l'homme, la science et la rvson , se manifestent comme motifs on comme mojens.
Quoi de plus animal que la nécessité de se nooirir* Eh bien, dans les actes relatifs à l'alimentation, rhoinox se sépare des autres êtres vivants de toute la distance <{ii sépare l'instinct de l'intelligence, la fatalité de la liiierté. Pour s'assurer sa nourriture l'homme laboure, snM. plante ; il élève des troupeaux. Tandis que les animisi sont renfermés pour le choix de leurs aliments dans k cercle fatal que circonscrit leur instinct , llionune o>^ limité que par la nature même des corps et met à pro^ pour se nourrir tout ce qui a en vie. Ne sont-re pas àa sauvages qui , les premiers , ont d extraire de la ncwi vénéneuse du manioc une fécule nourrissante? L'iioaiaie fait subir aux substances alimentaires des modifirali^ heureuses , qui les rendent plus propres à satisfairf i« goût , à subir l'élaboration digestive , et qui permettat leur conservation presque indéfinie en les sonstrajvt à la décomposition spontanée.
Il a principalement recours pour obtenir ces résaltits i l'action du feu. Le feu , cette admirable inrentioo ^ l'homme, dont il a si prodigieusement étendu et nolbplié les puissantes applications; le feu, dont les anisiai savent profiler pour se chauffer quand il a été allnmé pu* l'homme, mais que ne sait pas même entretenir finstiact imitateur du singe.
Ce n'est pas seulement l'nuge du feu que rohienttion a permis de constater dans tontes les réunions dltosmes ; c'est aussi l'usage des vêtements pour la pro(f(ti«8 du corps, pour la satisfaction du sentiment tout buaiifl de la pudeur ; c'est l'usage des armes pour la défesie el pour l'attaque, des constructions pour l*bahilation.
HISTOIRE PHYSIQUE DE L'HOMME
Partout l'homme réalÎM des «pUtaidet indnstrieUes de uiière à le créer des retmnrces et de* moyens artificiels uisteoce. Partont aoe de lei piaf remarquables inistries consiste à faire servir anx divers besoins de sa opre vie, U vie des animaox assujettis. Ainsi , d'abord ins Tancien continent , pais dans tontes les régions do obe, le chien, le cheval, Tâne, le bceaf, le moaton, la lèvre ; aa miliea des glaces do Nord, le renne ; dans les blés brûlants de 1* Afrique, le chameau et le dromadaire ; uis rinde, Téléphant ; dans TAmérique , le Uama , pornt , défendent l'homme , l'aident dans ses travaux , le 3iirris8ent, le vêtissent L'observation a prouvé que ^tat de pure nature rêvé par certains philosophes n'a mus existé pour l'hoomie. Les quelques mdividus ni , rencontrés dans les bois où ils vivaient à la manière es bétes , ont été présentés comme on type accidentelsment retrouvé de l'homme primitif, n'étaient en vérité ne des idiots , des êtres dégradés de la condition de homme par une imperfection maladive, originelle ou acid en tel le.
Partout les hommes se sont montrés et se montrent ncore liés entre eux dans un état de société, qui a pour lément primitif la famille et qui suppose , outre le dé» eloppement pratique des instincts sociaux de parenté et famitié , Tacquisition des notions abstraites du juste et le rinjuste, du droit et du devoir, et la conception d'un !ode civil, moral et politique, réalisée par une législation i^ditionnelle ou écrite , et par une constitution des pouroirs sociaux.
Dans toute agglomération d'hommes on a constaté l'existence d'une langue parlée et le plus souvent écrite loit à l'aide de signes figuratifs ou symboliques , soit à Tside de signes phonétiques.
Dans toute société humaine une part de la vie est employée au développement des aptitudes dans une direction iotpllectuelle. La musique, la danse, la poésie, le dessin, l'architecture manifestent la tendance intellectuelle de la vie dans la recherche des jouissances de l'esprit. Cette len^ance se prononce plus décidément encore dans l'afpiration de l'homme vers la connaissance de soi-même et dn monde, et dans les efforts qui ont créé la philosophie, les mathématiques , l'astronomie , etc. , dont le germe se troave dans les notions de cause, de nombre, de quantité, de dorée, d'espace, qu'on retrouve ches tous les hommes et qui sont réellement inhérentes i l'esprit humain.
Enfin , la notion d'une puissance divine , providentielle, qui préside anx phénomènes de la nature, de qui l'homme relève , à qui il doit compte , et la notion d'une Témnnération divine soit dès cette vie , soit dans une vie TolDre , se révèlent comme pensées dominantes et directrices de la vie, dans toute société humaine, par TunivernVité des pratiques religieuses qui consacrent , dans le cnile des morts le dogme de l'immortalité , dans l'adoration, la prière et le sacrifice, le dogme de la divinité, et qai attestent qne l'homme a partout et toujours conscience <lf sa véritable destination : Faspiration à un bonheur futur par le perfectionnement moral.
3* BISTOIU Dl LA VIS HUUAINI.
La vie de l'homme se présente avec les caractères d'un d^eloppement dans deux directions déterminées, correspondant à u double nature , animale et humaine.
Par son câté animal ce développement est soumis aux ^'> générales et fatales qui gouvernent la vie sons toutes Ks formes. El , sauf les particularités propres à son es- P^^c . l'homme offre tontes les conditions et toutes les phases de développement qu'on retrouve ches les animaux, ^le embryonaire, naissance, accroissement, déclin, mort
Par son cdté humain, ce développement soumis i des ^s spéciales échappe à la fatalité et se caractérise par un «èment eidosif : la perfectibilité.
La vie embryonaire consiste en nn développement progressif an moyen duquel l'embryon empruntant i sa mère les matériaux de son accroissement, passe, quant i son organisation , par une série de phases qui représente la série des formes revêtues par les animaux aux divers degrés de l'échelle animale, pour s'élever jusqu'au type humain et acquérir l'aptitude à vivre à l'état d'individu indépendant dans le milieu du monde extérieur, aptitude qu'il réalise pour la première fois au moment de la naissance par sa première inspiration.
La durée de ce développement, égale à celle de la gestation maternelle, est de 40 semaines, 9 mois.
Ches la femme , le prodoit de la conception est ordinairement unique ; les groseeues multiples ne sont pourtant pas rares. On a calculé qu'il se rencontrait une grossesse double sur 70, une triple sur 7,000, une quadruple sur 50,000, une quintuple sur plusieurs millions. La durée de la fécondité ches la femme est de 85 ans , de 15 on 20 ans à 40 ou 45. On peut compter, t:rme moyen , 3 i 4 enfants par mariage, et 1 mariage stérile sur 50. On cite, entre autres exemples curieux de fécondité extraordinaire dans l'espèce humaine , un Mosco* vite qui eut d'une première femme 69 enfants en 27 accouchements , d'une seconde femme 1 8 enfants en 1 8 accouchements; en tout 87 enfants, dont 83 existaient au moment où leur père avait 75 ans. On évalue , terme moyen , le rapport des naissances i la population à } sur 30 par année , et le rapport des sexes à 105 enfants du sexe masculin pour 104 du sexe féminin.
D'après les données de l'histoire , la dorée de la vie humaine , ches tous les peuples et dans tous les temps , a été de 70 à 80 ans, et les tables de mortalité démontrent généralement qne l'époque normale de la mort coïncide avec cet Age.
La durée de la vie est plus longue chei les femmes. D'après des observations faites en divers pays, on a trouvé 178 femmes pour 100 hommes parmi les nonagénaires, 155 femmes pour 100 hommes parmi les centenaires.
Les cas exceptionnels de longévité extraordinaire ne se rencontrent pourtant que dans le sexe masculin. On cite , comme ayant atteint l'Age de 180 ans , 1 Ecossais, 1 Hongrois et I mulâtre de l'Amérique du Nord; de 160, 1 Norvégien , 1 nègre de la Jamaïque; de 146, 1 Danois, 1 nègre de la Jamaïque , etc.
La mortalité, dans l'espèce humaine, est soumise à des lois et à des influences qui ressortent de la discussion des nombreuses observations qui ont été faites pour diverses époques et pour divers pays.
La proportion des enfants mort-nés est de 1 sur 29 naissances.
Sur 1,000 morts, 221 appartiennent à la 1" année. 77 à la 2»
337 , plus du tiers de la mortalité totale, aux trois premières années de la vie.
L'examen de la mortalité relativement aux Igee montre que certaines époques de la vie exposent plus on moins à la mort accidentelle.
Dans la première année, la mortalité est de I sur 4 ; et, pour cette première année, la mortalité est plus grande dans le premier trimestre , dans le premier mois, dans la première semaine.
La mortalité de là 2 ans est de 1 sur 10 de 7 à 8 1 sur 68
de 13 à 14 1 sur 147
De 9 à 20 ans, la proportion de la mortalité se maintient au-dessus du rapport de 1 sur 100 ; de 20 à 50, au-dessus du rapport de 1 sur 40 ; de 50 à 74 , au-dessus du rapport de 1 sur 10; elle redevient aussi forte que pour la première année, seulement à partir de 90 ans.
Une fonte ' d'iaflnences modifient la mortalité poar la diminaer on TaGcrottre ; voici , à ce sujet , qnelqnee-nns des résnltats les pins importants.
On a trou? é, pour proportion des morts à la population : 1 sur 4fi dans les départements riches de la France; 1 sur 33 dans les départements pauvres id. ; 1 sur 40 dans les villages d*nn pays où la proportion
générale était de I sur 55 ; 1 sur 3S dans les petites villes de ce pays ; 1 sur 28 dans les grandes villes , id. ; 1 suir 34 dans les très-grandes villes id. ; 1 sur 33 pourles habitants de New-York etdePhiladelpIiîe; 1 sur 18 pour les nègres esclaves dans ces villes ; 1 sur 89 pour la France en 1780; 1 sur 30 — en 1802;
1 sur 39 — en 1820.
L'observation a prouvé que , dans les conditions ordinaires , le nombre dei naissances remporte sur celui des morts , de manière i ce qu'il y ait tendance incessante i Taccroissement de la population humaine.
Le nombre moyen des naisunces étant 1 sur 30 , et le nombre moyen des morts 1 sur 35, la population doublerait en 50 ans.
De la naissance i la mort, ]*intervalle, que remplit le développement de la vie, offre des phases successives dans chacune desquelles la vie ofTre des caractères distincts quant i sa direction et à ses moyens , et que l'on a désignés sous le nom d'âges. Dans une première période , la vie se prépare et son développement représente un mouvement ascendant Cette période s'étend de la naissance à l'âge adulte , 23 ans pour l'homme , 20 ans pour la femme , et comprend la première enfance de la naissance à 9 mois ; la seconde enfance de 9 mois à 8 ans ; la première jeunesse de 8 ans i 14 ans ches la femme, à 16 ans ches l'homme ; l'adolescence depuis la puberté jusqu'à l'âge adulte. La seconde période est celle du déploiement complet de la vie dans tonte sa puissance et dans toutes ses directions ; elle représente une sorte de temps d'arrêt et d'équilibre. Elle s'étend de 20 ou 23 ans à 45 on 50 ans, et constitue Tâge adulte. Dans la troisième période , la vie semble se préparer à sa terminaison et son développement représente un mouvement descendant qni , simple tendance dans l'âge de retour , de 50 à 70 ans, se prononce de plus en plus , i partir de 70 ans , dans la vieillesse proprement dite.
' Les faits qui établissent que le développement de la vie s'eiprime bien réellement dans la direction animale par nn accroissement , un état et un déclin , sont très-nombreni; il suffira d*en indique^ quelques-uns.
Rien de plus propre i mettre en évidence cette loi du développement humain que le tableau des difTérences offertes , pour la taille et le poids , par le corps humain suivant les âges.
HOMIIE. FEMUE.
TAail. rOIM. TAIUI. POIM.
mètr. kilogr. métr. kllogr.
Naissance 0,500 3,20 0,490 2,91
1 an 0,698 9,45 0,690 8,79
8 ans 1,162 20,76 1,141 19,08
14 ans 1,493 38,76 1,453 36,70
20 ans 1,674 60,06 1,572 52,28
40 ans 1,684 63,67 1,579 55,23
50 ans 1,674 63,46 1,536 56,16
60 ans 1,639 61,94 1,516 54,30
70 ans 1,623 59,52 1,514 51,51
80 ans 1,613 57,83 1,506 49,37
Cest i la fin de la première enfance , vers 9 mois ,
que se fait dans la mâchoire inférieure d'abord, puis dans
la supérieure , la première éruption des dents incisives
internes. Les incisives eitemes paraissent vers le dixième
mois; les premières molaires dp commencement, les
canines vers le milieu , les dendèmea molaires à b fia de la deuxième année. L'émption et la pernstance des dents de lait est un des caractères de la deuxième enfance. A la première jeunesse appartient la denzième dentition. Vers 7 ou 8 ans , se fait une première éruption de dents nouvelles ; tes troisièmes molaires percent , pnb les dents de lait tombent , et les dents de remplaoeoent paraissent, les incisives internes et externes 48 ou 9 ans, les deuxièmes molaires i 10 ans, les canines à 11. A 12 ans , seconde éruption de dents nouvelles , les quatrièmes molaires. Les dernières dents molaires paraiseent i la fin de la seconde jeunesse de 20 à 23 ans. Ainsi » trouvent complétées les 32 dents persistantes , qni , saaf les accidents , se maintiennent jusqu'à la vieillesse , époque i laquelle elles s'usent par leur conronne , s'atrophient par leurs racines, se détachent de Falvéole d tombent
L'aptitude i la procréation , qui se développe dans h première jeunesse pour s'éteindre à Tâge de retour , est une preuve évidente de l'alternative d'accroissement H de déclin dans les fonctions animales de l'homme.
Rien donc de plus certain : la vie, ches rbomov comme chei les animaux , après avoir atteint, en travErsaut une période d'accroissement , un état qni est la plus haute et la plus complète expression du type de Pespèce. , décline et décrott en activité et en puissance , de mani^rr i descendre plus ou moins rapidement vers le temw Utalement assigné à sa durée.
Mais ce n'est pas là l'image complète et fidtie du dé%tloppement de la vie humaine. Dans la direction morml^ qui représente la véritable tendance de cette vie, il n'j « pas pour l'homme cette alternative nécessaire d'aecroiss^ ment et de déclin. A cet égard , et par rapport à son bol essentiel , la vie humaine est un développement ascendant continu, â propos duquel la mort est moins le temw d'une carrière parcourue qu'un point de départ poor nnr nouvelle et plus noble carrière.
Qne, delà naissance à Tâge adulte et jusqu'à 1m n«Ilessp. la vie, dans la direction intellectuelle et morale, représenta un mouvement ascendant et nn perfectionnement cootÎBn. c'est ce que nul, en observant soi-même et les antres, nr sera tenté de contester. Dans le long intervalle qui sépare la jeunesse de la vieilleue, dans l'âge moyen, qni, relativement aux fonctions de la vie animale, représente snrtoit nn état stationnaire , pourrait-on ne pas reconnaître qnll y a progrès continu pour le développement de l'inteOîgence et de la moralité? N'est-ce pas pendant cette période que l'homme , s'éclairant de jour en jour davanta^ sur le grand problème de la vie humaine, arrive par lai même i une conviction réfléchie sur sa véritable destiiution ? Et n'est-ce pas du jour où l'homme a déftnitiremeel compris à l'aide de ses propres lumières la nécessité de subordonner, en fait comme en principe , la vie larrestrp à la vie future, que l'homme prend possession de la rie dans toute sa ràdité? Et ce jour n'est-il pas pins rapproché de la fin que du commencement de l'âge adulte?
Certes , lonque l'homme , pendant le temps qni lui s été donné pour développer et oerfectionner sa natm* morale, méconnaissant sa véritable destination , a fait de la satisfaction de ses besoins inférieurs la pensée uniqie ou dominante de sa vie , il est bien rare qu'il livre à n vieillesse autre chose qu'une intelligence affaiblie dans as corps dégradé. Mais aussi , quand , fidèle à sa vraie votation , il a écouté la voix intérieure qui, dès les |»emièm lueurs de la raison, l'appelle incessamment an perfectioonement moral comme à sa destinée suprême , pour loi b vieillesse , l'âge du silence des passions , de la sûreté da jugement , de l'expérience et de la sagesse , Fâge de ia concentration de l'activité dans la direction purement iitellectuelle et morale , est le dernier progrès et coosse U couronnement de la vie. Cette préémin^ooe de la mmï-
mSTOIHE PHYSIQUE DE L'HOMME.
lem n'ert-jelle ptf enr qnekpie torto cooiaerfo par le eonsentemeot de toae les houunee qai, dans tous 1» tempi et daot tous les jptjs, se sont accordés à eoofier ans vieillards la direction saprâme de la vie locitle et religiense ches les aotres bommes, et par le témoignagne des langues qui confondant sons une même appellation les vieillards , les chefs politiques et les prêtres? N'est-ce pas un hommage i la fois naïf et profond rendu à cette vérité , que la représentation de rÊtre suprême sous la forme d'un vieillard.
La perfectibilité continue, depuis la naissance jusqu'à la mort, en ce qui coneeme le développement intellectuel et moral, est donc un des caractères essentiels de la vie humaine considérée dans l'individu.
C'est aussi dans cette direction que se vérifie le plus lûrement l'opinion qui étend cette perfectibilité de l'individu à l'espèce, de l'houime i l'humanité.
Pour tons les caractères de forme et d'aptitudes qui M rapportent au cÀlé animal de la vie humaine , il est fort douteux que la perfectibilité de l'espèce dépasse les limites qui ont élé atteintes tontes les fois que se sont trouvées réalisées , pendant un temps suffisant , les conditions les plus favorables an déploiement de la vitalité bomaine.
Mais, en ce qm touche le o^té véritablement bumain de la vie , le perfeetimmement successif est un fait démontré dans l'histoire : pour la direction morale, par l'abolition de l'esclavage de l'homme relativement aux autres hommes , de l'esclavage de la femme relativement i l'homme, par l'avènement de la charité chrétienne, de l'égalité civile, de la liberté politique, de la fraternité humaine ; pour la direction intellectuelle , par le progrès continu des sciences, par le perfectionnement incessant des méthodes à l'aide desquelles l'houmie accroît et étend son empire sur la matière , par la succession des déconf ertes dont chacune devient un point d'appui pour un nouveau déploiement de la puissance humaine. Et mal- ^é tant de progrès accomplis, l'esprit de l'homme en conçoit encore asses de possibles, pour que de longtemps encore la perfectibilité humaine ne poisse à bon droit être reléguée parmi les chimères de la philanthropie.
4* oiFFisKircBS BDuanns.
Bien que, dans son organisation et dans le mode de réalisation de sa vie, l'homme de tous les temps et de toni les lieux , offre un ensemble de caractères communs qoi exprime l'unité du tfpe humain , il existe néanmoins entre les individus de l'espèce humaine des différences remarquables, d'autant plus dignes d'être étudiées et appréciées , qu'elles perdent le caractère de différence accideatelle en se généralisant dans des populations considérables et eu se perpétuant de père en fils dans les races.
De toutes les difiTéreuces que les hommes peuvent présenter dana leur organisation, la plus frappante, an premier coup d'œil , c'est la différence de «onleur de la pean.
Il j a en effet , entre la teinte blanche et rosée de la pean du corps et do visage ches les Européens , et la coulenr noire cbet la plupart des Africains , une dissemblance si tranchée et si influente sur l'aspect et la phyiionomie de l'homme , qu'il semble , au premier abord , que le blanc et le nègre ne sauraient être confondus dans ane même espèce d'êtres vivante. Les préjugés de l'ignorance et les calculs de l'intérêt ont pendant longtemps motivé sur cette différence d'organisation , en principe le retranchement du nègre de l'espèce humaine , en fait son assimilation aux animaux dans une condition d'esclavage imposée et uiaintenue par la violence.
Bien que la différence do structure organique, exprimée par la couleur de la pean , n'ait pas la portée qui loi a été «i déplorablement attribuée, elle constitue pour-
tout un caractère vraiment distinctif de deux catégories extrêmes entre les hommes classés d'après la couleur : les blancs et les nègres.
La couleur noire de la peau est due à l'existence , audessous de l'épiderme, d'une couche dense et serrée de cellules polygonales renfermant une matière noire. Ces cellules pigmentairea n'existent pas dans la pean de l'homme blanc, si ce n'est dans des taches accidentelles, et ne s'y développent pas lors même qu'elle prend une teinte plus ou moins brune sous l'influence de la lumière et de la chaleur. Ces cellules ne disparaissent pas dans la pean du nègre transporté en Eprope. L'existence de la matière pigmentaire noire dans la peau constitue donc une différence permanente, qui motive, au point de vue organique, l'établissement d'une classe particulière pour les hommes à peau noire , tels que les nègres de l'Afrique et les papous de rOcéanie. L'observation permet de reconnaître ches l'homme onereUtion à peu pris oonsUAte pour la couleur, entre la peau , les cheveux et l'iris. Dans la race blanche, les individus peuvent être rangés en deux catégories : les blonds, qui ont la pean blanche, les cheveux blonds et les yeux bleus ; les bruns, qui ont la pean brune, les yeux et les cheveiix noirs. Ce rapport se manifeste avec plus d'évidence encore dans l'albinisme : variété de l'es^ pèce humaine, caractérisée par la blancheur des cheveux et de la peau et la décoloration de l'iris, qui emprunte une couleur rose au sang de ses nombreux vaisseaux. Ce rapport est encore confirmé par les qualités particulièrea de la chevelure ches les hommes i peau noire , qui ont les 'cheveux laineux, c'est-à-dire très-courte et très-crépus comme les nègres d'Afrique , ou courte , frisés et rudes comme les noirs océaniens, ^ntn les deux extrêmes repiésent/s par l'Européen blond et l'Africain nègre, la teinte de la peau , la longueur et le volume des cheveux peuvent offrir, chei les hommes considérés individuellement dans la même nation , ou généralement dans les divers peuples , toutes les nuances et tous les degrés imaginables. Néanmoins l'observation paraît avoir asses rigoureusement constaté , comme caractères différentiels appartenant à deux grandes catégories d'hommes, des cheveux noirs plate et rares, avec une teinte cuivrée de la peau dana les nations américaines , avec une teinte jaune dana un grand nombre de nations asiatiques , rapportées à te race mongole.
Les différences que présente la tête, ches les hommes, sont nombreuses et d'autant plus importantes qu'elles portent sur la partie de l'organisme où est le plus vivement empreint le sceau du type humain , et qu elles représentent , quant au volume et à la forme du crâne et de U face, un rapprochement ou un éloignement plus ou moins grand relativement à l'idéal de ce type.
Quelle que soit la valeur des contestetions de détail , à l'aide desquelles on a cherché à infirmer la loi du rapport entre le volume de l'encéphale et le développement potentiel de l'intelligence , il est demeuré inoontesteble que la difTérence organique qui exprime le plue sûrefUent la difTérence native de la portée intellectuelle chei les divers indiridus de l'espèce humaine, est la différence dans le volume du cerveau , organe de la pensée
A défaut de la méUiode rigoureuse qui détermine par le poids la quantité du cerveau , l'appréciation de son volume par la mensuration do crâne peut être considérée comme offrant une exactitude approximative suffisante. Et comme lea différentes régions de l'encéphale nont pas , quant à la part qu'elles prennent dans les fonctions, une importance égale , comme , par exempte , le cerveau ou la partie supérieure de l'encéphale est exclusivement l'organe des facultés de l'âme , et la partie antérieure du cerveau plus particulièrement l'organe de l'inteUigence , on conçoit facilement que la forme du crâne , qui exprimo, jns(|u*à un ceriain poM. I« degré relatif 4n dé-
na
veloppement ^ei ' divenei parties de rencéphtle , doive être dtnt an certiin rapport avec le développement dea «ptitodea intellectaellea ; qne la hantear, la largeur et l'Ainpieiir de la partie antérieare anpérienre dn erine pniaae être Tindice d*iiii développement corrélatif dans la puissance intellectuelle , et , qu'ainsi , la forme dn front ait, comme signe physiognomonique, la valeur qui lui a été attribuée par l'observation commune dès la plus haute antiquité.
C'est sur ce fondement que se sont appuyées toutes les méthodes d'appréciation dn volume et de la forme du crâne, à l'aide desquelles on a cherché i déterminer les dilTérences qui séparent les hommes à cet égard , et qui expriment pins on moins exactement des différences corrélatives dans leur portée intellectuelle. La mensuration de l'angle facial, qui n'atteint qu'indirectement le but vers lequel elle tend , la détermination du volume du crâne , et qui introduit dans les données de la solution un élément étranger, le volume et l'inclinaison variables de la face , a permis de constater parmi les hommes des différences individuelles considérables , comprises entre deux limites extrêmes : 85 degrés qui expriment la grandeur maximum de l'angle facial , celle qui appartient communément aux individus et aux nations d'une intelligence (Fig. 7.) supérieu-
re, aux Européens, par exemple ; 75 de* grés qui expriment le minimum de grandeur de l'angle facial correspondant i un minimum de
C»..d.M*,«. dételoppe-
^ ment intel-
lectuel, ainsi qu'on l'observe chei des individus de tontes les nations, et aussi ches des nations tout entières , telles que les nègres de l'Afrique et de l'Océanie.
La mensuration du crâne a permis de déterminer plus rigoureusement 1m différences qu'il peut présenter chex rhomme dans ses dimensions principales.
* Voici quelques-uns des résultats que j'ai obtenus.
CriDM d« Fnnçdf. Mâilnaa. HiniauiD.
Diamètre antéro-postérienr. 206 171
Diamètre latéral 155 137
Courbe antérieure (mmun priM d«p«ii I0 hntà taUriew d« troo fodillf. «o pMunt la long dei areadM soarclliém, Jaiqn'u point SermpoiuUot do eôfé oppoié ) 34g 2gQ
Crioei d'bomaei tppirttaMt i dif eriei rteei.
Di«n. tnléro- DUm. Coorb* pottêrleor. latéral, aotériearc.
Caucasienne 184 125 274
Mongole 173 125 270 j g
Ethiopienne 183 112 268-3
Malaie 170 125 266 | s
Américaine 170 125 266
Ces résultats classent les prindpales catégories d'hommes , quant an volume du crâne et au développement dn front dans nu ordre correspondant i celui de leur puissance inleliecfnelle.
. Une appréciation approximative des différences de volume et de forme peut être obtenue à l'aide de l'inspee* lion comparative dn crâne sons divers aspects. Vu de
proSI , le erlne oflre le type ^ pittt ben 4 par la forme globuleuse du crâne et la perpcMficulariu de la face , chei le Géorgien et te Grae (voir % 3), et Técartement le plu grand , par rapport i ce tfpe , ches le Nègre (voir la fig. 7).
haut, d*aprèi la
deBInmeubadi, le crâne posé sur une table , m peut se faire une idée asses juste dm la forme et des diuMomos de crâne par la Corne H les dimensioBs de roraie sinueux qui liimle cl décrit le coatoar de crâae. L'application généralisée de cette méthode à rétode rative des crânes haa a condait Blamenbarii à distinguer trois formes typiques, qa*il aitriboe eomme caractériatiqaes
Crâne d. Ca.ca.I«». ^ j^j, ^^^ dirtiactet,
et qu'un coup d*œil jeté sur les figurée snivaate» fers / p, g % mieux saisir qa'oac des-
cription.
Toutet cas Afféreacea dans les fonnaa dn créue se résnmeat défiinti^tment en différeaeee daas le volume total ci dans le volume partiel , cor> respoadeat à des dillerences dans la vataaie du cerveau, et c:Epnment des relatioBB ave« dea inégalitéa daas h portée intelleetaclle. Il serait i soahaiter que des recherches rigoarraspi CraMdtMÔDgol. çQ^nt coafinné aa ce
qui concerne les races humaines , cooune je Fai solidement établi en ee qui eoacerne les différenees indîaiduelles, la réalité d'une concordance entra œs Irais fiaiis volume du crâna, volaaw du cerveau, tellectuel.
Pour éclairer eella qaestion , je ne ne sab pas contenté de mesuras extérieares , j'ai jaugé le crâne at psaé le cerveau. Pour les bonsMa de notre pays , j'ai trouvé poar capacité moyeaoa do crâne I litre 50, pour extrêmes de capacité 1 litra 84 et 1 tkUt
Criiic de Nègre. ^q . p^,„^ ,^ ^^jj, ^^^^ ^
l'encéphale 1 kil. 352, pour extrêmes de poids 1 kii. S19 et 1 kil. 135, pour le poids moyen dn eerveaa proprement dit 1 kil. 175.
Les différences de la face humaine qui ne dépeadaat pas de la forme et du volume du front se rapportent surtout à la muse , à la saillie et à l'inclinaison variables des organes de la mastication.
La longueur et le volume plus considérable de la mâchoire inlerieura est en rapport, d'une part, avec une augmentation de la masse des maxillaires supérieon : d'autre part avec un développement plnacoasidérahle en
HISTOIRE PHYSIQUE DE L'HOMME
!7tt
^leiidiMd«r«rcid8ff gonétiqM •! de !'•• de là ponmeCte.
DêtÈM le CM da nnximnoi de défeloppeiMoft dans l'appareil da la maitication, let deux maiillairet et les denU el qui t*j ifliplanteot, repréeeotenl deux plans ioeliiiés en ivanC dont la rencontre i angle obtos projette en avant l'ouverture boecale et fait saillir les lèvres. De oette proéminonee des arcades dentaires et de la bouche , il résulte que le plan de la face plus oblique diminue l'ouverture de l'angle facial , et qu'à partir de la saillie de la bonehe , la face fuit par un double plan incliné en haut vers le front , en bas vers le menton. Le développement pins considérable de la voûte du palais fait piî^ dominer dans l'ovale de la base du crâne la partie qui appartient à la face, et reporte un peu en arrière du centre de l'ovale le trou occipital. Ces effets du développement prédominant de la face impriment à la tête tout entière une forme particulière que M. Prichard désigne ions le nom de Prognathe , qui se rencontre d'une manière très-prononcée dans la tête des nègres , et qui a été SMÎgnée comme caractère i la race élhiopienne.
Les traits du visage dans leur ensemble et même dans leurs détails paraissent surtout subordonnés au degré de développement des mâchoires et des pommettes , qui altèrent plus on moins l'ovale du visage en l'élargissant dans ses parties moyenne et inférieure, et en creusant dans son contour des sinuosités plus ou moins brusques et profondes. L'intervalle des yeux , très-large ches les nations de race mongole ; la forme du nés , très-court et trèsaplati ches les nègres, saillant et plus on moins droit cbei les Européens, saillant et arqué ches les Américains ; le volume des lèvres qui dessinent la bouche , lourdes , épaisses, proéminentes ches les nègres; la direction de rouvertnre des paupières, qui, horixontale ches la plupart des hommes , s'incline parfois obliquement, de manière à relever l'angle externe de l'œil , comme ches les Chinois, sont les caractères sur lesquels portent les. différences qui éloignent plus ou moins la face humaine du type idéal de la beauté , dont se rapproche le plus la tète des Dations civilisées de l'Europe et de l'Asie, dont s'éloigne davantage la tète des nations sauvages de l'Afrique etdel'Océanie.
(Pig. II.)
Tête de l'Apolloa do BeUédcre.
L'exposition des différences que présentent les hommes dans leur manière de réaliser les diverses tendances de !• vie, pourrait remplir des volumes. Quelques lignes seulement peuvent élre ici consacrées à l'ethnographie , malgré tonte l'importance de cette curieuse étude qui
mat en raliaf une différence saisissante entre Hiomme imprimant au mode de sa vie tontes les variétés de mœurs et de coutumes que comporte 1# liberté la plus illimitée , et les animaux fatalement renfermés dans un cercle étroit d'habitudes constantes. '
La nature dominante de l'alimentation a fait distinguer des nations frugivores , carnivores et ichtyophages. Les Esquimaux boivent avec délice de l'huile de baleine. Les Boschismans mangent des racines, des œufs de fourmi, des sauterelles , des reptiles. Plusieurs nations sauvages mêlent à leurs aliments diverses espèces d'argile. Près* que partout l'homme est parvenu à se fabriquer des boissons fermentées. Heureux s'il n'avait pu fait sortir de cette utile ressource une des causes les plus fréquentes de sa dégradation morale et physique !
L'anthropophagie , dont aucun peuple^uvage ancien on moderne n* a peut être été exempt , et qui a dû naissance ou i une férocité haineuse, ou à une fureur superstitieuse , ou à une rage famélique , a été observée en Afrique, en Amérique, en Océanie.
Dans l'eut sauvage on barbare la nature du lien d'habitation détermine en quelque sorte , nécessairement, le genre de vie. C'est ainsi que se sont formés : dans les plaines, les peuples nbmades et pasteurs ; sur les cdtes de la mer, les pêcheurs ; dans les forêts, les chasseurs ; dans les vallées, les agriculteurs ; dans les archipels, les navigateurs. La civilisation tend à effacer ces caractères en délivrant l'homme de sa sujétion au sol qu'il habite, quant aux ressources alimentaires.
On peut rapporter à quatre classes les habitetions de l'homme : les cavernes que se creusent dans les rochers les troglodytes de l'Afrique et sous terre les Groenlandais, les huttes des sauvages, les tentes des nomades et les maisons des peuples civilisés.
Rien de plus varié et souvent de plus bisarre que \eâ coutumes qui se rapportent à l'ornement du corps et à sa protection au moyen de la parure et des vêtements. Quelles différences entre l'habit étroit des Européens et l'ample robe des OrienUax ; entre les étoffes de soie et de velours dans lesquelles se drapent artistement les nations civilisées, et les sacs de peau de phoque ou d'intestin de baleine dont s'affublent les Esquimaux ! L'usage de se peindre la peau et d'y graver des dessins par le tatouage, est très-répandu ches les nations sauvages , qui ne sont pas les seules à s'enorgueillir d'omemenU suspendus au cou, aux oreilles, aux narines, et à se singulariser par les pratiques i l'aide desquelles l'homme déforme sa tête , ses pieds, son torse, ses oreilles, en poursuivant une beauté conventionnelle.
Lors même que la philosophie et la religion, sous leurs formes les plus élevées , ne s'accorderaient pas pour établir que l'union de l'homme el de la femme par le mariage est un lien que la mort seule doit dissoudre ; l'égalité dans le nombre des naissances ches les deux sexes démontrerait que la monogamie est la destination naturelle de l'homme. Aussi, n'est-ce que dsns les nations sauvages et dans les sociétés avilies par le despotisme que se rencontre la polygynie, essentiellement fondée sur l'esclavage de la femme. La polyandrie, infiniment plus rare, ne se montre aussi que comme une sberration de la barbarie ches un petit nombre de nations sauvages de l'Amérique et de l'Asie.
La société la plus simple a pour élément l'association de parenté , qui , après avoir constitué la famille , se dévelo|)|>c de manière i former la tribu sous le gouvernement patriarcal , comme ches les anciens Hébreux , les Arabes, et sans doute aussi toutes les nations primitives.
La constitution du pouvoir ches les peuples plus développés en nombre, réunion de familles, de tribus et même de nations différentes , a donné naissance à des étaU sociaux très-variés qni peuvent néanmoins être rsp-
poHfc i trait typat prioeiptoi : VM$i rtctérisé par It pirtieipttion de toat le» membre» de ranociation à rezereiee et à la délégation du pouvoir , comme dans plniieur» répubiiqaea de la Grèoe ancieuie et dans pluieun cantoni de la Sniiae moderne ; Tétat ariitoeratiqae earactériié par la rettriotioD de Teiepeiee et de la délégation da pouvoir à une elaaie déterminée ch la loeiété à rexclntion dn plut grand nombre de tes membres f comme dans les aneiennet répvblii|nee romaine et vénitienne ; Tétat monarchique caractérisé par la concentration dn pouvoir entre lee mains d'un chef unique , roi , empereur , sultan , qu'il tienne ce pouvoir de l'élection ou d'un droit conventionnel de naissance. Ces t jpes élémentaires , qui se sont, suivant les temps et les lieux, diversement associés dans des gonveraements mixtes, tendent pv !•> progrès de lasdenoe sodaleà se réunir et à se fondre dans l'harmonieuse unité de la monarchie représentative. La distribution des fonctions sociales est livrée à la spontanéité dans les états modernes dont la constitution est basée sur le principe de la liberté individuelle et de l'égalité civile, liais dans la plupart des états anciens et inodemes fondés sur le principe de l'inégalité des conditions, la société se divise en classes héréditaires : d'abord les hommes libres et les esclaves ; pais , parmi les hommes libres , en castes nobiliaires et rotnri^s, comme en Korope, ou en castes sacerdotales, militaires, agricoles et industrielles, comme cbei les anciens Egyptiens et dans l'Inde.
Les croyances et les pratiques religieuses offrent de très-grandes différences entre les peuples, même relativement aux points fondamentaux de toute religion : la nature divine, la vie future et le culte.
Quant aux croyances relatives à la nature divine, les religions peuvent être rapportées à deux grandes classes, le polythéisme on les religions qui sont fondées sur la pluralité des dieux ; le monothéisme on les religions dans lesquelles l'esprit humain s'est élevé jusqu'à la notion de l'unité divine.
Au polythéisme se* rapportent : 1^ le fétichisme qui attribue la puissance divine à des êtres animés on inanimés, et qui règne ches les nations sauvages, chei les nègres de l'Afrique, chei beaucoup d'insulaires de l'Ooéanie; 8* le sabéisme, qui divinise et adore les corps célestes, le soleil, la lune et les étoiles, religion qui a été répandue sur toute l'étendue du globe , qui s*est mêlée à beaucoup d'antres religions et qui n'existe plus à l'état de pureté que chei quelques tribus du nord de l'Asie ; 9^ le polythéisme mythologique qui comprend les religions dans lesquelles les attributs de l'Être suprême ont. été divisés et personnifiés en êtres divins distincts, tantôt sous la figure d'animaux, comme dans la religion zoomopphique des anciens Egyptiens; tantôt sous la figure d'hommes, comme dans les religions anthropomorphiques des Grecs , des Romains , des Scandinaves ; tantôt BOUS des formes divines, comme dans le brahmanisme et ses deux branches, le schsmanisme et le boudhisme, religions dominantes dans l'Asie, et presque exclusives dans le Tfaibet, la Tatarie, l'Inde.
Les religions fondées sur la conception d'une nature dirine double représentant un bon et un mauvais principe , comme la religion des mages ou de Zoroastre , se rapportent en cela au polythéisme , mais se rapprochent dn monothéisme en ce qo'elles admettent la subordinasion du mauvais principe an bon. Ce caractère mixte se retrouve encore dans les religions qui , comme le brahmanisme, admettent un Dieu supérieur d'où émanent toutes les autres divinités. Cette subordination de divinités secondaires à on Dieu supérieur se retrouve plus ou moins nettement indiquée dans les divers polythéismes et jusque dans le fétichisme. Nul doute qu'elle ne con^ •litttât dans les aneiennef cMlitations la doctrine relt-
IW8TRUGTI0N POUR LE PEUPLE.
gienie ftoite à laqaalla m'Uùm sapériewree de la soeiété, et
qwksdaMs lea cissses sscerdo-
Att iBonethélsme se rapporlent le ja tianisme, liés entra eox par la i veloppemeat d'une même religioB déesar le dogme de l'nnité de INea, et lei sorte de transaction entre cea deux religiona appuyée ssr le même dogme fondamental.
La croyance à rimmortalité de l'âme et à un» vie fetare de réÎBompense et de chitimeat est aaiverselU dais le genre humain. Seulement, ces deux ceaeeptions. diin les formules qui les expriment et dans les prstiqws qu'elles motivent, offrent de très-grandes variétés.
Le dogme de la métempsycose, punitioa, expiation oa purification des âmes , a été fort répandu. Il a uns plan importante dant les religions de l'Inde et fait paitie des croyances d'un grand nombre de peuples.
Souvent on a admis qu'an certain intervalle de tcnpi s'écoule entre la mort et la séparation de l'âme , et ttâ pour cela que certains peuples mettent dos aliments à h portée des cadavres. Les épîreuves difficilee que l'Ine eit supposée avoir à soutenir avant de parvenir à sa dernièR demeure , ponts étroits , précipiom à frasichir, coobstt à soateair, motiveat les prières, les jeAnea, les cèsato des Perses , des Groenkndais, etc. , et le bâton placé pv les Tsoheremisses auprès du cadavre pour lai servir d'snne contre le chien de l'enfer.
Le plat soient la vie future a été oonçoe eemme aaf eontianation de la vie terrestre, et c'est le nMtif prindpsl pour lequel on met à la disposition dn mort ses anais, ses meubles les plus prédeax , poassant le soin de Isi continuer les conditions habitneUea de aa vie jos^s enterrer avec lai , morts ou vivants, ses ^iens, ses davanx, ses serriteart , aes femmes.
La plapart des aatioas ont admis que l'âme ea sosmise à un jugement après la mort, et que des prières et des sacrifices peaveat contribuer à rendre le jageamt favorable.
» Le lieu da séjoar des âmes et les aufeaa de rsessH pense oa de paaitioa ont été généraleiBeat iaugiaés psr les peaples ea vae des joaissaaces et des peiaes de Icar vie terrestre. Ainsi, le séjoar des boas poar le Groeakedais , c'est le fond de la mer avec de la noairitare es abondance , na priatemps éterael et pas de nuit ; poor les Scandinaves, c'était an ciel supérieur sans nos^, séjour de la joie et du printemps ; le Siamois et le Chinois, outre des joaissances sensuelles, font entrer dans \t bonheur céleste des dignités et des honneurs. Il n'appsr tenait qu'au religions les plus épurées de concevoir li béatitude future comme une jouissance spirituelle.
Le culte généralement conçu comme un sacrifiée poar apaiser la colère on pour obtenir la protection divine, t le plus souvent fait porter ce sacrifice sur des biens ostériels, offrandes de fruits, d'animaux, d'objets prérieui. C'est seulement à la stupide férocité de nations saangn que le fanatisme a pu suggérer la monstrueuse idée d« sacrifier à la divinité des victimes humaines. Le sacrifice qui consiste dans l'expiation par la souffrance volootaire. et le cnlte qui se résume dans l'hommage de la prière. sont les caractères dominants des pratiques religieose* chef les nations civilisées.
Bien que dominées par la croyance à une vie fatore. les coutumes des peuples, relativement aax funérailles et au culte des morts , offrent une curieuse diversité.
Des convois solennels de parents , d'amis , de prêtres, des chants , des danses , des repas , des prières , des ncrifices ,'des manifestations donloureoses forment le foeé des funérailles chei tous les peuples. Les Pat^goas t» mettent en sang le visage et la poitrine ; les Calîforaitei M tailladent la tête. Le deuil des patenU dure troii »>
et M porta en blâne tu Itpoo , mt CMim , à flUin. Vh Pata^oni te peignent en noir. L'oM^e de le oonper iflt clMieai en signe de deuil eit tfèf-répandn.
Les Hindoos ismnt les etdftvres avec FeMi sacrée do Gsnge. Beaneonp de peuples les revêtent de leurs pins besox habits. Le pins grsnd nombre des peuples enterre ict morts, qaelque»*uns les brAlenl Certaines nations uQfages les dissèquent en les font séeher à Tair pour en conserver les os. Les Egyptiens et les Gnanches les momifiaient Presque tous les peuples consacrent par an monument religieux le lieu où sont déposées les dépouilles de la
HISTOIRE PHYSIQUE DB L'HOMME
5® CAuns DBS DirriRBsrcss innunm.
Les différences nombreuses et considérables que Tob- Mr?8tion a permis de constater dans Fofganisation et le mode d'existence des diverses agglomérations d*faommes répandus à la surface de la terre habitable , soulèvent des questions importantes et difficiles , soit an point de Toe de Tappréciation de la signification de ces différences, soit ta point de vue de la détermination de leurs causes. Ce double problème qui implique pour sa solution des données empruntées à presque tout le domaine des sciences hamaines , religion , philosophie , histoire, philologie, ethnographie, géologie, géographie, soologie, est devenu Fobjet d'une science nouvelle à laquelle on a donné le nom d'anthropologie. Les limites si restreintes de cet opuscule ne comportent , comme il est facile de le comprendre , que de simples esquisses , et c'est à peine s'il est possible d'indiquer ici par aperçu une solution de la grande question des races humaines.
Il a été suffisamment établi que les différences ne portent pas sur ce qu'il y a d'essentiel dans la nature humaine, qui demeore au fond identique dans tous les hommes , de manière à reproduire ches tous le type spécial de l'être vivant raisonnable , capable de langage , de science et de moralité. L'unité du genre humain étant réservée , est-il possible de rapporter i un nombre déterminé de catégories les différences présentées par les hommes ? Et dans quel sens devrait^-on entendre que la totalité des hommes constituant le genre humain pourrait être subdivisée en groupes représentant des types secondaires constants? -
En histoire naturelle, qu'il s'agisse de plantes ou d'animaux , on range sons le nom commun d'espèce , on rapporte à un même type constant et inaltérable d'organisation et de vie correspondant à l'espèce , l'ensemble des êtres vivants qui , nés de parents semblables , sont capables de se reproduire dans des individus semblables i eux-mêmes et à leurs parents. Le fait d'un lien de parenté directe qni représente une succession non interrompae de reprodnction dans le passé et dans l'avenir est la condition qoe suppose l'idée de l'espèce, et la ressemblance essentielle des individus est le caractère qui permet de reconnaître on de présumer la réalité du fait. En ce s«ns, il est indispensable , même pour les naturalistes , d'admettre qne les hommes appartiennent à une seule espèce puisque leurs différences ne portent sur rien d'essentiel quant an type caractéristiqoe de l'humanité , puisque Punion féconde est possible entre les individus de tons les groupes humains , de manière que les caractères de forme différentiplle tendent à se fondre et à s'effacer en passant des parents aux enfants.
L'impossibilité de prouver en fait que tous les individus sont sortis d'un seul couple est la même pour les antres êtres vivants que pour l'homme, et ne peut dèslors être invoquée contre la doctrine qui n'admet dans le genre faomain qu'une seule espèce.
Les catégories que l'on pourrait être conduit k établir entra le* individoa de Pespèce humaine devraient donc
être rapportées à ce qu'on désigne en histoire riiturelle sous le nom de variétés et de races. Les vsriétés impliquent Kidée de différences , nori dérogatoires an type de Fespèce , qni se sont produites sous l'influence de causes quelconques dans des individus vivants appartenant à une même espèce. Les races impliquent l'idée de différences , du même genre , qni se sont produites et qui se maintiennent sons l'influence d'une cause principale, l'hérédité.
La science biologique s'accorde donc avec la tradition religieuse et historique pour assigner à l'humanité considérée en masse, dans Fespace et le temps , les caractères d'une même espèce, et pour rapporter les différences humaines à Faction des causes accidentelles qui produisent dans les espèces vivantes les variétés et les races.
Avsnt de chercher à se faire une idée de la portée de l'influence exercée par les conditions de la vie sur les êtres avants en général et sur Fhomme en particulier, il est indispensable de comprendre tonte la puissance de Finfluence héréditaire.
La loi la plus générale de cette influence est celle de la transmission par les parents aux descendants de tous les caractères qui peuvent fonder la similitude la plus parfaite entre les individus d'une même espèce vivante. Cette ressemblance héréditaire de la progéniture par rapport aux psrents ne comprend pas seulement les caractères physiques et organiques de grandeur, de forme , de couleur, elle s'étend jusqu'au mode de la vie , démarche , son de la voix , aptitudes intellectuelles , caractère moral ; elle embruse même les dispositions et les configurations anormales , comme l'attestent les difformités et les maladies héréditaires. L'homme met 4 profit Finfluence de cette loi pour modifier dans un sens déterminé les qualités des espèces animales domestiques. En choisissant un individu qui offre i un haut degré la qualité désirée , on peut obtenir de lui une race dans laquelle cette qualité se perpétuera. C'est ainsi que dans Fétat de Massachussets, d'un mouton né avec un corps plus long et des jambes plus couries, ou a obtenu une race de moutons qni sont incapables de sauter par-dessus les dêtures , et qu'on a appelée race loutre. Les chevaux des Cordilières , qu'on a accoutumés à ne marcher qne Famble et le pas relevé, procréent des cheveux qni ont naturellement cette allure. La faculté d'exprimer leurs passions par Fahoiemeot , qui manque aux chiens sauvages, est devenue un instinct naturel aux chiens domestiques. L'aptitude aux diverses industries de la chuse , que Féducation développe ches les chiens , se transmet aussi par hérédité.
Cest par suite de la même loi que se perpétuent dans les familles et, par extension, dans les races humaines les caractères essentiels qui représentent le type d'un couple originel. La part que prennent les deux parents dans la transmission héréditaire de leurs qualités sssure la perpétuité du type commun quand les deux parents sont aussi semblables qne possible , comme on en a des exemples dans le type de famille qui appartient i certaines maisons princières, et dans le type juif, qni s'est conservé inaltéré dans cette race, après tant de vicissitudes, pendant tant de siècles.
Cette loi de la similitude par transmission héréditaire n'est pas tellement absolue qu'elle ne comporte le développement de la variété dans de certaines limites conformes au plan généraf de la nature vivante. Ainsi les enfants néi d'un même mariage peuvent différer par la couleur des cheveux et des yeux , par la taille , par les traits du visage , par les aptitudes intellectuelles et morales. Cette variabilité dans la progéniture se révèle ches les races les mieux caractérisées par la multiplicité des différences d'individu à individu , de famille i famille , de tribo è triba ; et elle est un dêi o|»Mm Ici
plut grandi à la détermination rîgoureuie do type de race dam lea grandes agglomération! hamainet.
Qoand les denx parenli lont dissemblablei , l'inflaenoe héréditaire le traduit dani les descendants par Taltération da type propre i chacun des deux parents et par la fusion des deux types en un type intermédiaire. >C'est ainsi que tendent i s'efTacer les différences accidentelles d'individu à individu dans nne même race, et de race à race dans le genre humain. C'est ainsi que se produisent les races mixtes , qui elles-mêmes peuvent se perpétuer avec le type intermédiaire qui leur est propre. On a des exemples de ces races mixtes dans les mulâtres , qui proviennent de l'alliance des créoles avec les nègres et qui forment aux Etals - Unis nne population de plusieurs millions : dans les Griquas d'Afrique , intermédiaires aux Hollandais et aux Hottentots; dans les Cafusos d'Amérique , métis de nègres et d'Indiens ; dans les Paponas a longue chevelure de l'Océani», race mixte entre les nègres papous et les malais.
L'appréciation de l'influence héréditaire permet de concevoir comment les caractères essentiels du type humain ont pu se conserver dans tous les individus de l'espèce humaine à travers tant de générations et malgré l'action incessante et diversifiée des causes les plus propres à l'altérer, et conmient les altérations accidentelles de ce type, une fois produites par l'action de ces causes , ont pu se perpétuer sons la forme de types secondaires dans des variétés et des races, de manière que l'état actuel de l'humanité puisse exprimer à la fois , et par les ressemblances et par les différences que présentent les hommes, le double fait de l'identité de nature dans la variété des formes et de l'unité d'espèce dans la multiplicité des races.
Quand on cherche, dans les conditions si variées de la vie humaine , les causes qui ont pu modifier l'homme de manière à produire les différences de race, on est immédiatement frappé de la multiplicité et de la connexité de ces causes , qui , eh raison de la double nature de l'homme , comprennent à la fois des conditions physiques et des conditions ;norales. Toutes les influences qui ont prise sur le corps et qui forment l'ensemble des causes physiques peuvent être rapportées à l'influence générale du climat , ce mot étant pris dans son acception la plus large et impliquant, outre les conditions atmosphériques et terrestres, l'alimentation et le genre de vie. Toutes les influences qui ont prise sur l'ame et qui forment l'ensemble des causes morales peuvent être rapportées i l'influence générale des institutions , ce mot comprenant l'éducation, la religion, le gouvernement et tons les développements de la civilisation.
L'influence des dinuts et des institutions sur le développement physique et moral de l'homme , qui a été trop longtemps un lieu commun de rhéteurs , est loin d'être suffisamment connue , malgré la persévérance des efforts de la science moderne. Son étude soulève une immense série de questions que , dans un cadre aussi restreint , il ne serait pas même possible de poser avec les détails convenables. Il ne peut s'agir ici que d'indiquer un certain nombre de preuves qui, en attestant la toute -puissance de ces influences , puissent mettre sur la voie de comprendre comment se sont produites les différences humaines , comment se sont engendrées les races.
Ce qui apparaît tout d'abord quand on cherche à apprécier l'influence des climats sur les êtres vivants , c'est que les changements déterminés par celte influence dans les individus, et au moyen de l'hérédité dans les races, tendent à approprier ces individus et ces races aux conditions particulières de la vie réalisées dans chaque climat, de manière à produire , par un changement d'équilibre dans les fonctions organiques pour les individus , ce qu'on . appelle racclimatement , et, par nne mutation plus lente et pins profonde pour la succession des générations , ce
qui n*a pas teça de noai et ee qui consthae nne vérilable transformation de raee.
Des faits nombreux eteondoantsétaUisaeot aolidement la réalité et la puissance de l'action du climat , de falimentatioo et du genre de vie sur l'orgaaisatioii des êtrei vivants et de l'homme. Dans le règne végétai «nrlont, nne nature déterminée de climat est pour les plantes une condition absolue de vie ou de mort ; an-desaoas de telle température, an delà de telle élévation, il y a ponr telle espèce végétale impossibilité de vivre : c'est ainsi qnc . sans sortir de la France , on peut oonatater cette infloence dans la répartition de son territoire en sone de l'olivier , sone du maïs , sone de la vigne.
Le règne animal , quant à la question de vie on de mort , est moins absolument soumis à la loi dn cliniaL L^ limites de la possibiHlé de racclimatement aoot beaucoup plus étendues pour beaucoup d'espèces animales et surtout pour les espèces domestiques , qui , avec l'assistance de l'homme, peuvent presque toutes, comme lui , habiter une région quelconque du globe.
C'est surtout sur les espèces à qui l'homme a fait partager ses migrations qu'il a été possible d'observer les effets de l'influence du climat Les naturalistes s'accordent généralement à rapporter, dans chaque espèce domestiqof , chien, mouton, bosuf , cheval, etc. , i une souche sauvage primitive, les nombreuses variétés qu'on obserte aujourd'hui pour chacune de ces espèces dana les diverses contrées de la terre. Les différences que présentent ces variétés portent snr la taille , sur le pelage , sur la longueur de la queue et des oreilles ; sur le volume et la forme de la tête , du tronc , des extrémités , etc. Poor juger de leur importance et de la puissance de l'inOnencf du climat, qui seule a pu les produire, il saffit de remarquer que, dans l'espèce chien , ce qui frappe surtout , quand on vient à comparer entre eux le chien de berger, le barbet , le lévrier , le dogue , etc. , c'est la dissemblauce. Pour qu'on renonce i rapporter chacvne de ces variétés à une espèce distincte , il faut que la acicncr intervienne avec tonte son autorité.
Le retour des diverses variétés domestiques aa typr primitif de l'espèce sauvage démontre avec nne grande évidence l'influence de l'habitation , de l'alimeotatMo et dn genre de vie snr les formes animales.
Les porcs importés en Amérique i) y a pins de Iroit siècles, en se multipliant dans l'état «auvage , ont perdu les formes de la variété domestique pour revêtir cdl» qui caractérisent le sanglier : oreilles dressées , tête âargie, défenses puissantes, conlenr noire des poils, épais et en partie laineux.
Les moutons de Tatarie , dont la queue , en se chargeant de graisse , prend un développement considérable, transportés en Sibérie , ont perdu ce caractère de raor après no petit nombre de générations.
L'habitude de traire les vaches pendant tonte la durée de leur fécondité a exercé snr les variétés dosnestiqnes de l'Europe une influence qui s'est traduite par un caractère héréditaire de développement exceptionspl dans les mamelles et de permanence dans la sécrécion du lait. L'interruption de cette habitude dans la Colombie a suffi pour qu'après un petit nombre de générations , la sécrétion dn lait soit redevenue , conformêmeat au type primitif, une sécrétion temporaire. Pour obtenir du lait , on doit aujourd'hui conserver le veau qui (etk pendant le jour, et le séparer pendant la nuit de la mèrv . qu'on trait le matin.
Tous ces faits sont de nature à faire comprendre qnf l'homme ne saurait échapper à des influences si pniasaBtes. L'observation a permis de constater sûrement quelques-uns de leurs effets.
La couleur de la -peau ches l'homme est certainemeot
déterminée par les conditions physiques extérieurrs, ùo- ^ Digitizea . "^ * ^
HISTOIRE PHYSIQUE DE L'HOMME
Ummeiit par i'actioo de la lamîère ei da calorique. La looe torride est la pairie des nègrea. Aa deli dea tropi* qacf la coalear de la peaa offre toatei lea niianoee dani toutes lea races, taifant les circootlances extérieures de climat , depnia la couleur de suie de TAbyssin jnsqn i la blancheur de lis des Européennes du nord. Les Juifs établis depnia des siècles dans la province de Gochin ont la fieau aussi noire que les indigènes et ne pourraient en être distingués par leur teint
Cette influence du climat sur la peftu s*étend i la couleur des cheveux et des yeux, qui sont généralement noirs dans les pays chauds ; la couleur blonde des cheveux , bleue des yeux, n'appartient qu*aux climats tempérés et froids.
L'action d'un froid modéré favorise le développement do corps en hauteur et en maase , comme ches les nations ilafes et Scandinaves; un froid excessif le restreint, comme cbei les Lapons.
L'exposition du corps nu à l'action de la lumière favorise le développement harmonieux des diverses parties du corps , comme l'atteste la beauté des formes dans certaines nations nègres , et comme le font comprendre les expériences d'Edwarda sur l'influence de la lumière relativement à la nutrition de métamorphose chei les animaux.
Les habitants des montagnes ont la taille peu élevée. Chei lea Péruviens , qui vivent sur des plateaux élevés à 2500 et 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer, les dimensions notablement agrandies de la poitrine , sem- Meot une appropriation héréditaire de leur organisation ao besoin de la respiration dans un air très-raréfié.
L'expérience a prouvé que la nature et la quantité de la nonrritore exercent une puissante influence sur l'oi^anisation humaine, notamment sur la force musculaire. Les Hindous, dont la nourriture est peu abondante et exclusivement végétale , ^ont les bras et les jambes proportionnellement plus longs et moins musculeax que les Européens. La poignée doa sabres indiens a été trouvée trop petite pour les maina anglaises. Et les expériences au dynamomètre ont prouvé qu'ils sont beaucoup moins forts que les Européens , ce qu'on a au reste également constaté cbei les nations sauvages de l'Amérique et de l'Océanie.
L'influence combinée du genre de vie et des habitudes qui se rmpportent i un d^ré plus ou moins avancé de civilisation, s'exerce avec une grande puissance pour ofeodifier les aptitudes humaines. On peut même admettre que cette influence est plus puissante encore que celle du dimaL Diaséminés dana toutes les régions de la terre, les Européens y ont conservé, malgré l'influence des climats les plus divers , les caractères de la race caucasienne. Une même race, dana le même pays, la Grèce, à des époques dîvenes , aoua rinflueuce principale de la diverse des instltntious, a pu donner l'exemple du plus magnifique déploiement de tontes les facultés humaines et le spectacle de la plus triste dégradation. Il semble que les progrès de la civilisation tendent à modifier l'homme jusque dans son organisation , de manière à rapprocher les variétés et les races, et à fondre leurs différences physiques aussi bien que leurs différences morales en un type commun à toutes les nations civilisées. Ainsi , les trois formes principales auxquelles ont été rapportées les différences offertes par la tête humaine , et qui ont fourni des caractères différentiels pour trois races inégales en portée intellectuelle, les races nègre, mongole et caucasienne, paraissent pouvoir être plus sûrement attribuées aux nations groupées d'après leur genre de vie et leurs habitudes sociales, s'il est vrai qu'on puisse avec quelque certitude assigner comme caractère distinctif : aux peuples sauvages et dbasaeurs de l'Afrique et de l'Océanie , la forme prognathe , celle dans laquelle prédomine la face et proéminent les mâchoires; aux peuples nomades, pasteurs on pécheurs, TaUrea, MoQgôla, Tore», Tangonses, Esquimaux,
Lapons , etc. , la forme pyramidale , celle dans laquelle la face élargie sert de base à un crâne s'atténuent vers son sommet ; à toutes les nations rivilisées de l'Europe et de l'Asie , la forme elliptique , celle dans laquelle la périphérie du crâne plus volumineux et de la face presque perpendiculaire décrit une courbe régulièrement ovalaire.
Le passage d'une forme de tête à une autre forme dans une nâêffle race, coïncidant avec un changement considérable dans le genre de vie et l'état social , confirmerait cette vue. Ou en a nu exemple chet les nations de race turque, qui, nomades dans l'Asie centrale, offrent encore la forme pyramidale de la tribu primitive, qui, fixées et civilisées dans les empires ottoman et persan , ont revêtu peu i^peu les caractères de la forme elliptique.
t^ RAGXS BUUAINI8.
Si toutes ces considérations sont de nature â faire comprendre comment toutes les différences humaines ont pu se produire , il faut au moins reconnaître en fait que parmi ces différences il en est un certain nombre qui paraissent jusqu'à un certain point soustraites aux influences actuellement connues , notamment aux influencée de climat, et qui représentent , dans les groupes d'hommes oà on peut les saisir , de véritables caractères de races primitives, transmis de génération en génération depuis des époques antérieures aux premières traditions historiques, et susceptibles de se perpétuer en quelque sorte indéfiniment par la transmission héréditaire.
Une classification rigoureuse des divers groupes de la famille humaine , d'après ces caractères de race , est aujourd'hui impossible. Et la tendance toujours plus grande qu'ont les hommes à contracter des alliances de nations & nations, et dans chaque nation de race à race, complique et obscurcit de jour en jour davantage la question, en effaçant de plus en plus les caractères originels. Néanmoins, en s'appuyant sur plusieurs ordres do considérations, sur les différences d'organisation , de langage, d'habitation , sur les traditions historiques et religieuses , la science est parvenue à déterminer asseï eiaclement cinq grandes races , qui constituent sinon des distinctions rigoureuses et définitives, au moins une classification commode et utile, à chacune deii divisions de laquelle peuvent être facilement rattachées toutes les subdivisions que les progrès de la Mieoce pourront motiver. Ce sont les races caucasienne , mongole , éthiopienne , malaie et améri-