P. -A. CAP
fAUB. — TTPociâniB rum ratou, am m vaocius». 3a.
PAWi. —
DUBOCHST, LECHE VALISR ir (?■, 60, RUE RICHELIEU.
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CHIRURGIE
COMSloiRATlOXt gMrALIS.
Le mot cbinirgie, dérivé dn grec (kéir, main, et erçan^ ouvrage), sigoiBe litléralement ouvrage de la main, aclioa ou opération accomplie à l'aide de la main. Fidèle ao sens étymologique , Cetse , dont les écrits eurent nne grande autorité dans les écoles , divisait les moyens de traitement en trois grandes classes : la diététique, qui comprenait les règles de l'hygiène; la pharmacie, qui traitait des médicaments ; enfin , la chirurgie , à laquelle se rapportaient les opérations prstiquées sur le corps humain par la main , seule ou armée d'instruments. Ainsi envisagée, la chirurgie n'est qu'une branche de la thérapeutique; son objet se borne à l'étude des manœuvres opératoires ; ses principes se réduisent aux règles suivant lesquelles ces manœuvres doivent être pratiquées. Un traité de chirurgie , si l'on s'en tenait à cette interprétation, ne serait donc autre chose qu'un manuel d'opérations ; mais depuis longtemps, les hommes de l'art ayant senti l'impossibilité d'employer convenablement les moyens chirurgicaux, si l'on n'a d'abord acquis une connaissance parfaite des affections pour lesquelles on y a recours, le nom de chirurgie a été définitivement attribué à l'étude des maladies dont le traitement exige spédmlement l'intervention active de la main on des instruments. Suivant cette dernière acception, aujourd'hui généralement adoptée , la chirurgie comprend à la fois rhisloire de ces maladies, dites chirurgicales, et celle des opérations qui leur conviennent.
Il n'existe ni limites précises ni démarcation tranchée et absolue entre la chirurgie et la médecine. Des maladie* identiques quant à leur nature sont attribuées à l'ooe oo à Tanlre , suivant qu'elles siègent dans tel ou tel point du corps : ainsi l'anévrisme est une affection médicale s'il occupe l'artère aorte ; c'est nne maladie chirurgicale quand il s'est développé sur une artère quelconque deê membres. Parmi les lésions confiées au chirurgien , il en est bien peu qui guérissent par la seule application de la main ou des instruments, et ne réclament paa aussi , comme les maladies réputées médicales , remploi des moyens pharmaceutiques on les soins de l'bfgiène, le régime, le repos, etc.; et, d'un autre cÂté, la saignée , le selon , le moxa sont autant d'opérations chirurgicales dont les médecins font un usage plus fréquent peut-étreque les chirurgiens eux-mêmes. Ajoutons, et ceci a une immense portée , qu'à chaque instant on voit coexister, se succéder, on se compliquer entre elles
des affections, dont l'une est efficacement combattue par une médication purement médicale , tandis que l'autre exige l'intervention de l'opérateur : beaucoup d'afTections locales, même superficielles, et la plupart des opérations suscitent des désordres fonctionnels, fièvre inflammatoire , fièvre hectique , diarrhée , etc. , complications qui exigent, pour être reconnues et traitées, des connaitsances précises en médecine.
Bien que consacrée par l'usage, la division de l'art de guérir en deux parties est donc artificielle : la médecine et la chirurgie ne sauraient marcher dans une complète indépendance Tune de l'autre, et ces deux branches d'une même science , qui se touchent en beaucoup de points, doivent se prêter, dans la pratique comme dans l'étude , un appui mutuel. De même que le médecin ne peut, sans danger pour le malade, rester étranger aux notions chirurgicales ; de même , et à plus forte raison encore, est-il indispensable que celui qui se livre à l'exercice de la chi* rurgie soit profondément versé dans la connaissance des désordres intérieurs et des altérations médicales.
La chirurgie est à la fois une science et un art : il faut, par l'étude, se pénétrer de ses principes, et, par l'exercice, apprendre à en faire l'application. Sons ce double rapport , son étendue est immense , et elle présente , soit qu'on l'étudié , soit qu'on la pratique , bien plus de difficultés que la médecine.
Le nombre des maladies qui appartiennent à la chirurgie est en effet beaucoup plus considérable que celui des affections médicales. En outre , loin d'offrir comme ces dernières une somme de caractères communs qui permette de les ranger en un certain nombre de catégories ou de groupes naturels , elles ont presque toutes un cachet spécial, qui constitue pour chacune nne espèce d'individualité, et qui la différencie des affections les plus voisines , de celles même qui portent un nom semblable. Enfin, malgré leur nombre considérable et l'extrême variété de leur physionomie , les maladies chirurgicales sont cependant beaucoup plus rares que les autres. De là, pour le chirurgien, plus de peine à s'instruire et la nécessité , pour acquérir cette instruction , de recourir davantage aux travaux antérieurs , de consulter sans cesse les bons auteurs, et d'apporter une attention plus minutieuse à l'examen de chaque maladie lorsqu'il trouve l'occasion de l'observer.
C'est surtout dans l'exercice de la chirurgie que se présentent nne foule de difficultés et d'écueils, auxquels n'expose pas autant la pratique de la médecine. Pour éta-
blir le trailement d'une affection interne, il sufSten effet le pins souvent d*avoir laitt qnelqnea indications générales faciles à apprécier ; ainsi le traitement est à peu près le même pour tontes les inflammations aiguës des viscères : quel que soit d'ailleurs l'organe affecté , des émissions sanguines, des applications émollientes, des boissons aqueuses , le repos , la diète forment la base du traitement. A supposer donc que le médecin n eût pu préciser avec une exactitude rigoureuse le siège d'une phlegmasie intérieure, le malade n en recevra pas moins, pourvu que l'indication générale ait été saisie, des soins appropriés à son état Dans les cas même qui présentent de l'obscurité , il est rare que Tincertitude du médecin devienne funeste ; car le praticien peut en général , sauf quelques eieeptions , comme les fièvres intermittentea pernicieuses, par exemple , se réduire à une médecine expectante : les efroris bien dirigés de' la nature suffiront le plus souvent à la gnérison. En est-il de même dans la pratique de la chirurgie ? Nullement ; la plupart iles affections chirurgicales ayant un caractère propre, il s'ensuit que chaque cas particulier réclame un traitement spécial, et qu'il faut une précision extrême dans la détermination des moyens à employer. Si le cas est douteux et qu'on attende, on si , méconnaissant la maladie , on néglige de la combattre , celle-ci peut compromettre les fonctions de la partie affectée , peut-être la vie ellemême. C'est ce qui arrive lorsque, ayant méconnu une luxation , on néglige de la réduire , lorsqu'on délibère et qu'on hésite au lieu de sonder un malade afTecté de rétention d'urine, ou de lever l'étranglement qui menace d'entratner la gangrène d'une portion d'intestin hemiée. D'un autre cÂté , si le chirurgien prend un parti et se trompe, quelles conséquences déplorables n'en peut-il pas résulter î S'il plonge le bistouri dans un anévrisme ou dans une tumeur herniaire qu'il prend pour un abcès, s'il pose une ligature sur un utérus renversé qu'il confond avec un polype , s'il ampute un membre qui devait être conservé, n'est-il pas évident qu'il commet une faute, appréciable pour tous , souvent funeste aux malades, et quelquefois irréparable ? On le voit donc, avec des connaissances et une intelligence équivalentes, le médecin et le chirurgien se trouvent au lit du malade chargés chacun d'une tâche fort inégale.
Le fardeau du chirurgien est immense. Les moyens dont il dispose ont une action directe, énergique et quelquefois terrible : un moment d*inat|ention , une préoccupation , une erreur, ou une hésitation peuvent entraîner des suites fatales ; soit qu'il agisse on qu'il s'abstienne, il peut être utile ou nuire , tuer le malade ou le rappeler i la vie ; il ne lui est permis d'ignorer ou de douter que dans les cas, trop fréquents encore, où la connaissance et la certitude sont impossibles à acquérir.
liais ce n'est pas tout : la maladie une fois reconnue , les indications établies , il s'agit de les remplir et de commencer le traitement Ici encore le rAle du médecin et celui du chirurgien présentent des différences capitales. Le médecin se borne en effet le plus souvent à prescrire certaines précautions hygiéniques , un régime convenable et l'emploi de médicaments dont la préparation est réservée aux pharmaciens, on, s'il a recon^ à quelque manœuvre, c'est i Tune de ces petites opérations , telles que la saignée, le vésicatoire, le séton, dont l'exécution est en général si facile qu'elle peut être sans danger confiée à des élèves. Kn chirurgie, au contraire, les moyens empruntés à l'hygiène et à la pharmacie ne sont presque jamais qu'accessoires; souvent la gnérison ne peut être obtenue que par des opérations délicates et des pansements minutieux, dont la perfection assure le succès, et qu'il est impossible de confier i un tiers. Ce que le chirurgien a ordonné, il but qu'il l'exécute ; il faut qu'il soit, Don-seulemeot un homme de science et de médita-
tiou , mais aussi un homme de courage et d'action. La part personnelle qu'il prend au traitement lappoie eo lui plusieurs qualités, que l'art et l'étude fécondent, maii qu'ils ne suppléent jamais quand il n'en a pai nçn le germe des mains de la nature.
Un chirurgien doit avoir de la vigueur, des sens parfaits et bien exercés, la main ferme, assurée, jamaii trtaiblante, autant d'adresse dans la gauche que dans la droite; sa vue doit être claire et perçante, son coup d'sil rapide, son jugement sûr, son génie fertile en ressources, km cœur à la fois compatissant et intrépide : car une opération est, comme l'a dit Haller, une action grave qoi inspire à celui même qui la fait une sorte de sainte terreur, et il n'y a qu'un esprit hardi qui sache s'élever ao-daioi de la faiblesse commune et vouloir la gnérison de quiconque se confie à lui , sans être arrêté par les plaintei et la douleur ; il n'y a qu'un homme fortement trempé qui puisse, chargé d'une si grave responsabilité, demenrer impassible et calme, conservant un inaltérable laagfroid, -prêt 'à tout événement, faisant ce qui convient et comme il cbnvient, coupant ce qu'il faut et rien de pin. sans précipitation comme sans lenteur , agissant , en vn mot , comme si le malade n'était pas un de ses semblables, mais un être inerte et insensible. Qu'il est rare de rencontrer l'ensemble de ces qualités, unies à une lolide et profonde instruction ! Mais combien doit être précieoi et cher à l'humanité celui qui est assez heureux poor réaliser ce type du parfait chirurgien ! Cest â ce titre qoe ii reconnaissance publique a consacré et popnlarifé 1« noms d'Ambroise Paré, de Jean-Louis Petit, et, da» des temps plus rapprochés de nous, d'Antoine Doboii, (k Boyer, d'Astley Cooper, et de Dupuytren.
BXPOsé OIS HALADUa CUBDBaiGaLIS.
La plupart des auteun contemporains partagent en trois classes les maladies diverses, que le chimrgieo est appelé à soigner. De ces trois divisions , la premi^rr comprend les maladies générales, qui peuvent se montrer dans tontes ou presque tontes les parties du corps . Ii seconde renferme les maladies des divers tissus et syit^ mes organiques ; dans la troisième se rangent la malidies des régions, des organes, on des appareils organiqoei
Cette classification est à la fois naturelle et méthodique , car il existe entre les trois ordres' de maladiei nv véritable gradation. L'étude de la première partie prépare à l'intelligence des suivantes, et toutes trois le rooplètent les unes par les autres. A mesure qu'on araDce, les questions deviennent plus spéciales et plus pratiqon C'est dans la dernière partie que s'achève la connai»ao<< des maladies chirurgicales : chaque chapitre préteotiat le tableau complet de tontes les afTections auxquellea t^ exposée une fraction circonscrite du corps humain . c* rapprochement permet de saisir les rapports des direrw lésions et de les distinguer entre elles en appréciant nûeu leun points de contact et de dissemblance. Cest aiort aussi que se multiplient les occasions de faire d'utiles applications des connaissances anatomiques , soit poor la détermination des changements survenus dans le rspp*^ des parties , soit pour la pratique des opérations.
$ l«r Maladiei ^drvOes.
A cette première classe se rapportent rinflammation ri ses suites , les abcès , la gangrène , la brûlure et la eosgélation , les blessures , les ulcères , les fistules , le* coqs étrangen , les productions accidentelles, et les vicri ^ conformation on déviations organiques.
L'iii/KeMiiMMtM est une affection si commune en chi^l^ gie qu'il existe à peine une maladie dont elle ne soi( ■ , cause, le symptêmé, ou l'effet. C'est, du reste, an ^ nomène morbide extrêmement complexe , dont il est difficile de donner en quelques mots une idée exade it
CHIRURGIE
daire. Elle se muiifeete en général f>ar la rongeur , la taméfaclioo , la chalear, et la seniibilité doalonrense de la partie qn elle affecte , et y détermine souvent quelque modification importante du travail nutritif on la sécrétion extraordinaire de quelque prodoit anormal. Elle ne peut être portée à un certain degré sans jeter le trouble dans Ici fonctions des parties atteintes, et la perturbation peut, en l'étendant aux principaux appareils organiques , déterminer une sorte de réaction générale connue sous le nom de fkcrt im/UoÊimatoire. Sa marche est aiguë ou chronique. Elle se termine brusquement , se résont peu à peu, ae transforme en suppuration , en gangrène , ou laisse à ta soite des indurations et des callosités. Tantôt elle ac« tive les forces sécrétoiree et donne ainsi lien à l'extravasa- (ioD et à la déposition , au sein de nos tissus , de sang , de flérosité , de lymphe plastique , substance qui jouit de la faculté remarquable de s'organiser et de participer à la vie ; tantôt, au contraire, elle provoque la décomposition et la disparition graduelle des tissus animaux , ou bien elle en occasionne la solution de continuité, soit au moyen de la suppuration , Soit par suite d*nn travail particulier de destruction on d'ulcération. C'est à ces effets si divers que Hnnteret Thomson ont faitallusion quand ils ontadmis plusieurs sortes d'inflammations désignées sous les noms d'ùt/hminatiotu aihisive , progreitivê , *uppurûiip« , uleérative , àujometivt on iUminatrice. Un phénomène si oompliqué , et qui comprend tant d'aatrâ faits sons ta dépendance, n*<ât pas simplement nue maladie ; l'inflam- ■ation jone , dans beaucoup de cas , le rôle d'une force tantôt foneate , tantôt favorable. Avec la double faculté qu'elle possède de disjoindre et de réunir les tissus vivants , de créer des solutions de continuité et d'établir àt% adhérences, de détruire et de réparer , il est impossible qu'eHe ne prenne pas une part immense dans Taccomplissement des transformations que subissent les organes altérée. Telle est, en effet, l'influence qu'elle exerce lor l'issue des autres maladies qu'on peut , avec raison , loi appliquer un mot expressif de Hnnter et dire de l'inflammation , comme ce grand maître le disait de l'absorption « qu'elle est la chirurgie de la nature.
Les €Acka , conséquences de la suppuration , sont des collections on dépôts de pus dans une cavité circonscrite , plas ou moins vaste et profonde , en sorte que leur étude comprend deux choses, l'examen du liquide Méposé et celui des parois de la poche qui le oontienL 11 y a plusieurs sortes d'abcès : 1<> les ohch* chauds ouphUçmoneux^ qai se développent rapidement et au milieu des phénomènes d'ane inflammation plus ou moins aiguë ; 9^ les abcès froid» ^ qui s'établissent lentement, sourdement, presque sans donlenr, quoique dans le lieu même oà le pas a été fabriqué ; 3<> les abeh pear congestion , caractérisés par la migration du pus et par sa réunion en foyer dans un endroit plus ou moins distant de sa source primitive. Parmi les abcès chauds , les uns sont idiopathiqoes on essentiels , c'est-à-dire formés sans cause apparente, ou nés d'une cause fortuite et passagère qui a dispara après avoir produit son effet; les autres sont consécutifs ou secondaires, c'est-i-dire dépendants d'une autre maladie ou de quelque cause , ordinairement locale , qui ne s'est pas effacée après les avoir produits. Les abcès froids naissent habituellement sous l'influence d'une cause interne on générale , telle que le vice scrofoleux. Quant aux abcès par congestion , ils sont presque toujours symptomatiqnes d'une altération des os. On observe enfin des abcès critiques, qui surviennent dans le cours des maladies générales et semblent aider à la terminaison heureuse de celles-ci. On conçoit combien doivent différer, tant par leur manifestation symptomatiqne que par les dangers quelles entraînent et les indications qu'elles fournissent , des lésions nées dans des conditions et au milieu de circonstances si dissemblables.
La gangrène consiste dans la mortification d'une partie circonscrite du corps , c'est-à-dire dans l'abolition complète du sentiment , du mouvement , et de toute action organique ou nutritive au sein de cette partie. Elle reconnaît des causes nombreuses et diverses, qni agissent, soit en ruinant directement la texture des parties vivantes , soit en empêchant mécaniquement l'abord du sang et de Tinfluence nerveuse, soit en altérant la composition et les propriétés des liquides ; ces causes peuvent se réunir entre elles et combiner leur action. Les principales variétés de gangrène sont : lo la gangrène par excès d^infiammotion; 8<* la gangrène causée par la eontushn; 3» la gangrène qui succède à la compression; A'^ la gangrène par arrêt dé la circulation , soit artérielle, soit veineuse ; 5^ la gangrène par arrêt de tinnervation ; 6° la gangrène dite spontanée , chronique on f^iJif , due le plus souvent à un obstacle au cours du sang , occasionné lui-même par quelque altération organique en un point quelconque du système circulatoire ; 7o la gangrène causée par l'usage du seigle ergoté; 8* h pustule maligne et le charbon ma- Un , affections inflammatoires et gangreneuses , presque toujours importées des animaux à l'homme par voie de contagion. Un des' caractères de la gangrène est de se diversifier à l'Infini ; mais , à travers les nuances qu'elle présente, on reconnaît toujours quelques traits communs, et Ton peut facilement en rapporter toutes les formes à deux principales , qui sont la gangrène humide et la gangrène sèche , ainsi nommées parce que , dans un cas , la partie mortifiée est gorgée de liquides , tandis que, dans l'autre, elle semble en être entièrement privée et parait comme momifiée.
C'est une idée généralement répandue que la gantfrèoe est nécessairement mortelle ; son nom seul est un épouvantail , et telle est la terreur inspirée anx gens du monde par cette maladie que le chirurgien ose à peine en parler dans les familles. Il y a dans cette opinion un fond de vérité mêlé de beaucoup d'exagération : détruisant les parties qu'elle attaqne , la gangrène est à la vérité une lésion presque toujours fâcheuse , souvent funeste , surtout lorsqu'elle réside dans des organes essentiels on qu'elle s'étend à des parties considérables du corps ; mais il ne faut pas oublier cependant qu'à la période de destruction succède à peu près constamment une période de réparation, pendant laquelle on voit la puissance conservatrice réagir à la fois dans les parties voisines et dans la coinstitution entière. Bien plus, la gangrène, cette lésion si redoutée, est quelquefois un des nombreux moyens dont la nature se sert pour arriver à la gnérison des maladies.
La brûlure est le résultat de l'action forte ou prolongée du calorique sur les tissus vivants. Les effets produits par cet agent puissant sont : 1^ la rubéfaction de la peau ; i^ la vésicaiion , ou formation de petites ampoules ; 3« Vescharrijieation, ou torréfaction des tissus, réduits en une masse dure et compacte qui a cessé de vivre. Ces altérations, que peut également produire l'application d'agents irritants antres que le calorique , sont plus on moins prononcées suivant les circonstances , ëi existent isolément ou se compliquent entre elles : de là des différences que les chirurgiens ont exprimées en établissant plusieurs degrés de brûlure. On conçoit, sans qu'il soit besoin d'y insister, l'erreur dangereuse des personnes qni préconisent nn remède unique , sorte de panacée universelle , contre une maladie dont les accidents varient depuis la simple rougeur de la peau jusqu'à la carbonisation d'un membre entier, et qui peut guérir seule dans beaucoup de cas , tandis qu'elle rendra quelquefois indispensables les opérations les pins graves de la chirurgie.
La congélation peut être à bon droit rapprochée de la brûlure , car le froid produit localement des effets jusqu'à un certain point analogues à ceux qui résultent de l'action du calorique. Gonflement, roqgeur, et vésicules, tels