SOS
sont les phénomènes caractéristiqaes des premiers degrés de U coDgéUtion ; iosensibilité , pâleur, doreté , raccornissement de la partie lésée , tels sont les effets les pins marqués de l'action du froid et le degré extrême de la congélation. Ce qu'il y a de propre i cette lésion , c'est qu'il est douteux que la congélation abolisse entièrement la vie et donne lieu à une gangrène primitive; celle-ci ne survient ordinairement que d'une manière consécntive et par l'effet de la réaction inflammatoire qui s'établit plus tard dans les tissus attaqués : on peut donc espérer, si l'on est appelé à temps , arriver, comme cela s'est plusieurs fois réalisé , à rendre par des soins convenables la vie i des parties profondément gelées.
Les bUnures forment peut -être le tiers ou la moitié des cas que les chirurgiens sont appelés a traiter; car on comprend sous celte dénomination non-seulement les plaies proprement dites , mais aussi les contusions.
Leipiaie$ sont des solutions de continuité apparentes , c'est-à^ire dans lesquelles la peau est intéressée , et occasionnées par des violences extérieures. L'écoulement dn sang, la douleur, et l'écartement des bords en constituent les phénomènes primitifs. Les phénomènes consécutifs , variables suivant que les lèvres des plaies ont été réunies ou maintenues séparées , appartiennent à l'histoire de la cicatrisation et doivent être étudiés avec un soin tout particulier par le chimi^ien , puisque la plupart des opérations laissent après elles une véritable plaie qu'il faut savoir conduire à la guérison. Les plaies exposent à divers accidents, tels que Yhintorrhagie^ capillaire , veineuse ou artérielle ; la douleur excessive et Yinjlammaiiou ; la pour» riiure d' hôpital, ou typhus traumatifue , affection à U fois ulcéreuse et gangreneuse, qui attaque, en quelque sorte épidémiquement , les plaies des hommes rassemblés en grand nombre dans un lieu insalubre , et se propage ensuite par voie de contagion ; le tétanos traumatique, maladie presque infailliblement mortelle , dépendant dn système nerveux , et caractérisée par la contraction douloureuse, permanente, avec redoublements convulsifs, des muscles soumis i la volonté ; enfin Vin/eetion purulente et les abcès intérieurs qui en sont les conséquences, lésion non moins grave et beaucoup plus fréquente , connue de nos devanciers sous le nom de reflux de la suppuration, et due vraisemblablement au passage du pus dans le sang et par suite à l'infection de tout l'organisme.
Après l'histoire générale des plaies , vient celle des variétés , telles que : 1^ plaies par instrumenU piquants, otk piqûres; i^ plaies par instruments tranchants ; Z^ contusions et meurtrissures, si souvent compliquées ^infiltration de sang dans les mailles de nos tissus , ou de collections et de boues sanguines, et suivies d'altérations organiques diverses , qui trouvent leur origine dans la transformation et la dégénérescence des liquides extravasés ; 4" plaies contuses, et particulièrement celles qui sont faites par les armes à feu, sujet intéressant qui fournirait à lui seul la matière d'un gros livre ; 5» plaies par arrachement, et 6° plaies par morsure, qui participent beaucoup de la nature des plaies contuses; 7^ plaies empoisonnées, dans lesquelles la solution de continuité n'est qu'une chose secondaire , le fait principal consistant dans la pénétration et l'inoculation d'un principe morbifique particulier, qui infecte l'économie, et cause des désordres locaux et généraux plus ou moins graves , parfois mortels. A cet ordre de plaies , se rapportent 1° les morsures ou piqûres d'animaux venimeux, comme les abeilles, le scorpion, la vipère ; 2<^les blessures compliquées de la pénétration d'un virus, c'est-à-dire d'un produit de sécrétion accidentel on pathologique , comme la bave des animaux enragés on le pus des ulcères morveux, principes de la rage et de la morve, ces deux affreuses maladies contre lesquelles l'art est jusqu'ici demeuré impuissant; 3» enfin les blessures souillées
par la présence d'une substance sceptique , d'un potnn proprement dit , comme , par exemple , les plsies que k font Its anatomistes en disséquant
Les cicatrices qui succèdent , tant aux plaies qn'anx brûlures, aux abcès, à la chute des parties gangrencei,dc, peuvent devenir l'occasion de maladies nonvellei, loit qu'elles constituent par elles-mêmes des difformités fâcheuses , altérations de couleur, saillies, dépressions, etc. , soit qu'elles donnent lien , malgré lenr régularité propre, à quelque changement dans la direction , l'arrangemcot, les rapports des parties voisines , soit enfin qu'ellei lobiflsent elles-mêmes quelque altération morbide : de là la nécessité de placer à la suite des blessures la pathohfii des cicatrices, divisée en trois sections, savoir : 1* les cicatrices difformes; 9® les difformités camées par Us oestrices ; S» les maladies propres aux cicatrices , constitsBt en transformations et dégénérescences diverses do tiwi cicatriciel ou inodulaire.
. Les ulcères sont aussi des solutions de continnilé; mais , à la différence des plaies, qui ont une propension naturelle à se cicatriser, ceux-ci tendent plutôt à i'sj|Tifr' dir ou dn moins à rester stationnaires. Cette dispositioa fâcheuse en forme le trait caractéristique , et pâiaSt tenir à certaines conditions, soit locales, soit générales, qu'il faut savoir reconnattre et apprécier pour les conbattra efficacement Les ulcères peuvent se parta^ en trois groupes : 1^ les ulcères sywyptomatiques y ^ coexistent avec une autre altération plos considérable qu'eux-mêmes , dont ils dépendent et dont ils fonnest seulement un accident , un symptôme , de sorte qa'il fut en rattecher l'étude à celle de cette altération même; tels sont les ulcères carieux , variqueux , etc. ; 2* les ukères généraux ou diathésiques, qui sont liés à quelque disthèse on disposition vicieuse de la constitution : lissi les ulcères vénériens , serofukux , scorhuiiques , morteu , teigneux , dartreux , etc. , que l'on ne guérit jamais qa'es joignant aux moyens locaux un traitement général approprié ; 3<> enfin les ulcères simples , encore appelés etsm' ques , qui ne se rattachent ni à une lésion locale coeDitante, ni à un vice général bien défini. Ces deroiert occupent les membres inférieurs et sont presque eidssivement propres aux malheureux ouvriers forcés de pisser presque toute leur vie debout Ils affectent des fomM variées et présentent diverses complications qoi les est fait distinguer en inflammatoires , gangrèseux , fonqveUf c'est-à-dire recouverte de chairs molles et saignantes, eslleux, dont le fond est au contraire dur, lisse, .vernissé. et les bords blanchâtres , résistants , semblables à de i'épiderme induré on à de la corne.
Les fistules sont des trajete accidentels , disposes €S canal plus ou moins étroit et allongé , entreteons ptf une altération locale et permanente des tissas vivants. H par où s'échappent dn pus, des produite de sécrétioo, os d'autres matières de nature diverse déviés de leurs réservoirs ou de leurs conduite habituels. Remarquables pir les communications anormales qu'elles établissent enlr* des organes naturellement isolés , les fistules présentest des variétés nombreuses, suivant leur siège, lenr êtesdue, leur direction, le nombre de leurs orifices, etc.; toutefois , malgré ces différences , elles ont cela de coibmun qu'elles sont tepissées par une membrane de nosvelle formation qui empêche la réunion de leurs parois « de sorte que , pour les fermer, il est préalablement nécessaire d'en changer l'organisation an moyen de cerlsios procédés opératoires.
Les productions accidentelles se dirisent en deux ordra : le premier composé de tissus accidentellement développât mais du reste analogues à ceux de l'organisatîoo nonsale: le second de tissus ou de substances hélérolognes, c'està-dire sans analogues dans l'oi^anisatioo r^lière.
A. Les productions accidentelles analc^es éjaknt
CHIRURGIE
praqos en nombre les tiieu normAnx ; ainn , on a vn le former tccidentollement lei tiieai aéranx , cellalenx , fibrrai, adipeux, cartilagineux, otieux, etc. Parmi cei prodoita anormaux , ceux qu'on distingue tnrtont , parce qn'iJi nécetaitent iei leconrs les plus actifs de la chirurgie , sont le lipÂme , les kystes et les tumeurs érecliles : l^le Upâme, masse graisseuse plus ou moins volumin^iue , susceptible d'acquérir des dimensions considérables et de subir diverses dégénérescences ; 2^ les hfiet , sortes de poches ou de sacs , fermés de toutes parts , i pirois tantôt membraneuses, tantôt fibreuses, cartilagineuses , osseuses même , et renfermant des matières Irès- Tiriées , d'où leur dénomination de hutei séreux , mugwMS ^ purulmUê ^ kydatiqueM^ etc., suivant qu'ils contiennent de la sérosité , du sang , du pus , des kydatidet, productions singulières qui ont beaucoup exercé la sagacité des savants, et que Ton considère aujourd'hui comme des animaux ayant une vie propre , indépendante de celle de l'être au sein duquel ils sont placés ; 3° les tmneun •éreetiUs ou/onguêtuêi tanguine», constituées par un tissu spongieux , aréolaire , continuellement baigné de ssng , dont l'organisation se rapproche , par conséquent , beaucoup de celle du tissu érectile normal ; tumeurs qui s'aceompsgnent de phénomènes particuliers, dépendants des relations qu'elles affectent avec les divisions , soit artérielles , soit veineuses, du système circulatoire.
B. Lea productions accidentelles hétérologues les plus communes et les mieux caractérisées sont le aquirrhe, Yeneéphalotde , la milanou , et le tubercule. Toutes ces productions ont une marche commune , et l'on peut facilement diviser leur évolution en deux périodes : l'une , de crudité, pendant laquelle elles se maintiennent à l'état solide et demeurent à peu près indolentes, sans nuire antrement que par leur masse et par la compression qu'elles exercent sur les parties voisines ; l'antre , de ramollissement , qui est marquée par la décomposition , rnicération , la liquéfaction de la masse morbide. Dans ce dernier état, elles causent ordinairement des douleura plus ou moins vives , irritent , enflamment et détruisent les tissus environnants, causent le dérangement dea grandes fonctions, altèrent la nutrition, jettent, en un mot , la perturbation dans l'économie, et tendent à se propager et à se multiplier sans cesse. C'est le tubercule qui , par son développement dans le tissu des poumooa, occasionne la phthisie pulmonaire, la plus désastreuse de toutes les maladies qui affligent l'espèce homaioe ; en se fixant dans divers points du corps , tels que les oe , les ganglions lymphatiques , les teaticules , il donne lieu à plusieurs affections chirurgicales graves, mais cependant curables. Le squirrhe , l'encéphaloide et la mélanose sont des variétés du cancêr^ cet antre fléau de notre espèce, cette lésion , si remarquable par les douleura affreuses qu'elle engendrf'^ par les accidents terribles auxquels elle donne lie*^ , par sa marche indomptable et constamment enva> usante , qui fait le désespoir des noalades et des chir giens , et contre laquelle il n'est qu'une seule ressourcé efficace', l'ablation par le fer on la destruction par les caustiques et par le feu !
Les eorpÉ étranger» , c'est-à-dire les substances solides ou demi-solides qui ne participent point à la vie commune, nuisent par leur masse, leur dureté ou leurs inégalités , et forment une classe très-nombreuse, remarquable par l'extrême variété des objets qui la composent ; car, depuis les insectes , la poussière, et le sable , qui voltigent dans l'air, jusqu'aux verres à boire, anx couiemnx , aux fourchettes et aux cuillers qui nous servent habitoellement , il n'est presque aucun corps qui n'ait été déposé à la surface de notre enveloppe mortelle , introdait dans nos cavités naturelles, ou ponssé de force au miliea des parties vivantes ; et , d'un autre côté , au sein mdaie de l'organisme naissent des productions nouvelles,
du corps humain se détachent des parcelles , qui , dans l'un et l'antre cas et sous certaines influences , prennent le caractère de corps étrangers. En dépit de cette diversité d'origine et malgré mille autres différences déduites de la nature , de la consistance , de la forme , du volume , de la pesanteur, du mode d'introduction de ces corps , ils entraînent des effets assez constants , tels que compression , piqûre , irritation et inflammation des tissus ambiants. Les suites de cette inflammation périphérique varient néanmoins suivant que celle-ci est modérée et plastique, ou excessive et suppurative : dans le premier cas , les corps étrangers s'enveloppent d'un kyste protecteur, qui défend les parties voisines contre leur action, et permet ensuite lenr séjour indéfini dans le corps et jusque dans les organes les plus délicats , le cœur ou le cerveau , par exemple ; dans le second cas , la suppuration leur fraie une route , et ils cheminent à ^ travers les tissus vivants jusqu'au moment où ils rencontrent, soit la surface du corps par laquelle ils s'échappent, soit des organes, des nerfs, des vaisseaux qu'ils irritent ou qu'ils déchirent. Dans le premier cas même , que l'on doit considérer comme heureux , la présence d'un corps étranger, dans l'organisme est encore une chose fâcheuse, car il peut se déplacer et causer le renouvellement des accidents; aussi l'intervention de la chirurgie est-elle presque constamment nécessaire pour hâter, favoriser, ou provoquer l'issue définitive des corps étrangers.
Les déviation» organique» , ou altérations congénitales du type normal , peuvent être partagées en trois classes , 1» Il en est qui , ne modifiant en rien la forme du corps et n'apportant aucun trouble dans l'exercice régulier des fonctions , peuvent rester ignorées pendant toute la vie ; ainsi , la division d'un muscle ordinairement unique en deux ou plusieurs faisceaux , le partage prématuré d'une artère en deux on plusieurs branches : ce ne sont pas là des maladies, ce sont de simples variété» anatomque» qu'un chirurgien doit cependant connaître , parce que leur présence inattendue pourrait apporter de sérieuses difficultés ou causer de fatales erreurs dans le diagnostic des maladies on dans la pratique des opérations. 2<> D'autres dériations, malhenreusement fort nombreuses, causent un dommage réel, soit qu'elles altèrent la régularité des formes, soit qu'elles gênent on empêchent dans leur action les organes défectueux : tels sont \ei pietU-hot» ^ le bee'dê'iièvre , V imperforation de Vanm» , etc. Les déviations de ce genre , qu'on nomme vice» de conformation, doivent être particulièrement étudiées par le praticien , car elles constituent des lésions toujours incommodes , et souvent dangereuses, auxquelles l'art a trouvé des remèdes. 3<* Il est enfin des anomalies plus étendues , plus générales , plus profondes : l'absence plus ou moins complète de la paroi abdominale , la confusion de deux membres en un seul , l'accollement on la fusion de deux individus sont autant de déviations appartenant à cet ordre , pour lequel on réserve le mot de mon»truo»ité». De telles lésions sont le plus souvent au-dessus de tontes les ressources; cependant, comme il en est quelques-unes dans lesquelles l'intervention de la chirurgie est possible et utile , le chirurgien ne doit rien ignorer de ce qui les concerne.
§ 2. Maladie» dt» diver» lisrai et »g»tème» organique».
Cette seconde partie comprend les maladies : !• du tissu cellulaire, 2° des membranes séreuses, 3<* de la peau, 4» des membranes muqueuses, 5^ des artères, fio des veines , 7<> des vaisseaux et des ganglions lymphatiques , 8^ des nerfs, 9** des muscles et de leurs dépendances , lOo des os et de leurs dépendances.
lo Le tissu cellulaire, étant constitué par une substance souple et aréolaire , qui sert de moule , de soutien et de moyen d'union à toutes les pièces dont l'ensemble consti»
toe U machiiie mimakf se trouve oéecMairemeot expoié à nœ foule de nuladies, la plapertchiraigicalei. Dans set aréoleB peaveni t infiltrer des flaidei élastiques et des liquides de nature divene, de Tair atmosphérique, des gas intestinaai, de la léroiité , da lang , du lait , de la bile, de i'arine, etc. L'inflammation, résidant en dernière analyse dans le résean capillaire qoi tapisse les parois des vaenoies cellalaires, y verse les produits morbides qu'elle engendre , c'est4-dire la lymphe plastique et le pus , de sorte que les trajets fislulenx, les callosités, les kystes purulents ou abcès, ceux qui enveloppent les corps étrangers , les engorgements et les indurations chroniques ont ce tissu pour siège. C'est aussi dans ses mailles que s'accumulent certains produits anormaux de l'organisation , comme la graisse des lipomes, les tissus squirrheux, encéphaloïde, tuberculeux ; enfin le tissu cellulaire est en ^ outre le siège de prédilection de certains animaux parasites. Plusieurs des maladies qui viennent d'être rappelées figurent déjà dans la première partie. A la seconde , c'està-dire à celle-ci, se rapportent l^Vemphifième et V œdème, tumeurs formées, l'une par l'infiltration de gai , l'antre par Tamas de sérosité dans les aréoles cellulaires ; 2® le pkUfwum , ou inflammation de l'élément cellulaire , qui présente deux variétés , savoir, le pUegwum ârtonterU^ et le pkiegmoH diffm , aflection très-grave , à laquelle on oe remédie le plus souvent que par un traitement douloureux , consistant en indsioos longues et multipliées ; 3^ le drm^owuau, maladie étrangère à notre climat, mais qu'y apportent quelquefois ceux qui ont voyagé dans les contrées brûlantes de la xone torride , et qui est occasionnée par le séjour dans le tissu cellnlaire souscutané d'un entoioaire appelé dragonneau , ver de Médine ou de Guinée; 4** les tnbereuUi touê-atUméê doulim-' reux , affection dont le nom exprime à la fois le siège et le principal symptôme.
îo Les membranes séreuses sont des lames aplaties , très-miuces , ayant la disposition générale de sacs sans ouverture plus ou moins vastes , adhérentes aux parties voisines par leur face extérieure , libres et contiguës à elles-mêmes par leur face intérieure qu'humecte continuellement un liquide onctueux destiné à faciliter les Sissements, formées enfin par nne lame fine de tissu celilaire condensé. Ces sacs membraneux se trouvent partout où doivent s'accomplir des frottements et des déplacements d'organes : 1^ sons la peau , dans certaines régions du corps ; ^ autour des tendons et dans les articulations, et alors la membrane séreuse est doublée d'un tissu fibreux très - dense et résistant ; 3» dans les grandes cavités, crânienne, thoracique, et abdominale, autour des principaux organes : cerveau, cceur, poumons, intestins, etc. On conçoit qne cette diversité de siège apporte des différences dans les maladies dont ces membranes peuvent être affectées ; mais an fond ces maladies sont de même nature. Outre les contusions, les plaies, les diverses transformations on dégénérescences, les vices de conformation, congénitaux ou acquis, telles que communications anormales, prolongements, poches surnuméraires, appendices herniaires, etc., les affections les plus remarquables des séreuses sont : YinJUtmmation , qni se distingue par la sécrétion de matière séro-plastique dans la cavité séreuse , l'organisation de cette matière, et les épaississemeats , les adhérences , les oblitérations ou les déformations des cavités ou des organes viscéraux ; les épanehemenU Méreux , iangnint , on puru- Untt (gttHgUoHt, hygromoi), que l'on ne guérit qu'à l'aide de diverses méthodes et procédés opératoires , tels que la ponction , soit ordinaire , soit sous-cutanée , la pression , l'écruement ; l'incision , l'injection , le séton , la cautérisaticn , Texcision partielle ou totale.
3* La peau , enveloppe générale du corps , est exposée , en vertu de ses fonctions , de sa position , de sa
texture compliquée, des actioiis oigainques i qui se paasent en elle , à une foule de maladies, tant médicales qne cbimigicales. Parmi ces demièrm on trouve, indépendamment des plaies , de la gangrène , des ulcères , des brûlures , du cancer, plusieurs antres affections propres-an tissu cutané : 1^ YirytipèU, maladie caradérisée par la rougeur diffuse des téguments, avec tnaiéfaction légère, tension, sensibilité à la pression, doaleor et chaleur acre et mordicante ; symptômes qni annoncent, sinon nne inflammation franche, au moins on mouvemeal fluxionnaire vers la membrane tégnmentaire ; Sh* leyaro*ele ou dira, sorte de petit phlegmon circonscrit, siégetnt dans une des loges cellulaires de la face profonde de la peau , et remarquable par la sortie d'une masse nomoiée bourbillon , considérée par les uns comme un débris éc tissu gangrené , et par les antres comme nn produit de sécrétion , une véritable fansse membrane ; 3« Yantknx, qni ne diffère du furoncle qne par son volume plus eonsidérable; A° les werrues, les cors, et les prûdmetioiu terméti, variables dans leurs formes, leurs dimensieos, leur siège , et susceptibles de guérison par TappUcalioe de divers procédés, tels que l'excision et la cantérisation.
4^ La membrane muqueuse, qui joue, relativeiiieDt aux cavités intérieures des organes , le même rôle que b peau par rapport à la surface du corps , c'est-à-dire qoi en forme le tégument, est exposée à l'inflammation, ui ulcères, aux hémorrhagies, etc. ; mais ces maladies soat plutôt du domaine de la médecine. Quant aux lésioos chirurgicales , elles se bornent presque exclasivemcnl i quelques d^iocmoito, à ïkgpenieréucm de mmauim certaines cavités , et surtout taULpohfpee , tumenrs de mtnre diverse , mais ayant toutes cela de commun qàéki font saillie sur une surface muqueuse et qu elles sent pedicnlées. L'arrachement, la torsion, la ligature , riwàsion , l'excision , la cantérisation , etc. , sont les mofes^ à l'aide desquels on peut tenter la cure.
5o Les nûladies des artères sont extrémeuBeut impsrtantes et graves, à cause des fonctions de ces vainessi. qui consistent à porter partout , avec le saog rcgéoêre par la respiration, la nourriture et la vie. Le»pleiaétt artèreê peuvent être promptement mortelles . par suite de l'effusion rapide et abondante du sang ; cette aboodsoce même de l'écoulement et le jet saccadé du sang forment les symptômes les plus évidents de lalésion. L'indicstioa formelle est d'arrêter l'hémorrhagie , résultat qu'on obtient d'abord par la compression , et plus tard par foUitération définitive du vaisseau dans le Ben même ci il * été blessé , soit que l'on cautérise, soit que l'on porte sur ligature sur les deux bouts de l'artère. L'mrtiriu oo i»- Jlammaiion des artèreê est encore une maladie redoattble, en ce que l'oblitération vascolaire qui en est soareal la conséquence peut entraîner la gangrène des psrtia que le vaisseau obstrué cesse d'alimento* ou n'alisMalf plus suffisamment Voui/ieatioH des parois artéritiiet, leur uleération , leurs diverses dégénéreêeeaeei , atkàrmeteuies, tUatomatetuet, et autres, sont surtout importaalA en ce qu'elles préparent la plus remarquable des tlténtions auxquelles le système artériel soit exposé, c*cst-à-din l'an^vrtssie. Cette maladie consiste en une tumeur, formée par du sang artériel contenu dans une pocbe accolée i l'artère et encore en communication avec celui qui ciitole dans le vaisseau lésé , soit qne cette poche apparticoae an tissu même du vaisseau , soit qu'elle n'ait avec loi qse des rapports de voisinage et que le tissu cellnlaire en tit fourni les éléments. L'anévrisme se divise en tpemteaé os erai, et traumatique ou fata, suivant qu'il succède a quelque altération organique du tissu artériel ou «fo'il * été occasionné par une blessure d'artères. Il y s enforf une autre forme d'anévrisme, qui résulte de la commonication , soit spontanée , soit traumatique , d'une srtérv avec nne veine , et qoi porte le nom d'anévrisme arUr»'^
CHIRURGIE
vthuux OD «anfHiwr. X\mi enfiii 000 d«nièn «ItératioD, caractériaée par Tampliatioii dn tnBe artériel , devena à U fttia plaa large, plus kmg » et plot flezneni : ceit ce qo*on (l6aigDe s<mi le nom de varie* arUrUlU, Dam cet diverses maladief , lea lignei diagnoatiquet le déduiMot principalemeiit dea oiodificalioni qu oat tobi lea batte* mente artériela ; les accidenta dépendent à la ibia da tron-« hit apporté dana la circulation, de la compreasion, et de Taction déaorgamsatrice qne la inmenr exerce anr lea orgaoea voiaina ; le danger , qui est tràe-grand , réiolte de U roptare de la tamenr et de Teffueioa du lang, soit an dehors, aoii dans quelqu'une dea cavités organiques. Tous lea eflbrta du chirurgien doivent tendre à détour* ner le coure du sang, afin de pouvoir agir librement sur la tumeur et en provoquer le retrait ou la fonte el fine* lem«nt l'oblitération : cette méthode thérapeutique est fondée sur ce fait anatomique , qu'il existe autour de chaque grosie artère des voies collatérsles par lesquelles la circulation, interceptée dana aa route principale, peut néanmoins seotretenir. Les mofens opératoires dont le chirurgien dispow pour remplir l'indication sont nombreux et se rapportent aux chefs suivants : topiqoes réfrigérants, compreesion, acuponcture, électro-poncture, écrasement et mâchnre des paroia artérielles, cautériiation , torsion et ligature , que Ton pratique anivant des méthodes et des procédés divers.
&* Les maladiea des veines ont nue certaine analogie avec celles des artères. Les mptmê et les phne» f sont moins gravea, parce que, d'une part, U perte du sang veineux est moins prochainement mortelle , et que, d'une autre part , l'hémorrhagie veineuse est plus facile à arrêter. \»* ii^UiMmalùm des Mises ou pkiébiU est au contraire fort redoutable , parce que , le com;^ dn sang vei*neux étant dirigé de la circonférence an centre , les pro* duita de rinflamnution et particulièrement le pus, peuvent être entraînés vers les organes essentiels, le poumon, le cœur, le foie, d'où résulte l'infection purulente et les abcès métastatiques , léiions dont l'issue est presque toujours funeste. Moins nombrenies que celles des artères, les altérations organiques des veines le réduisent à Y oblitération tpomtaUe , soit par des caillota solides , soit par de petites concrétions osseuses, et aux vorictê. Cette dernière maladie, très-commune dans l'espèce humaine, consiste dans la dilatation permanente dea veines. Son effet immédiat est de causer le ralentissement, la gène, et même Tinterruplion de la circulation dans les partiea inférieures aux vaiaseaux affectés ; ses effets secondaires les pins habitneb sont l'œdème et les ulcères variqueux ; ses complications, l'hémorrhagie et la phlébite^ Beaucoup de mêthodea et. de procédés opératoirea ont été proposés pour la goérison radicale des varices , depuis lés ponctions , l'acuponcture et les incisions jusqu'à la ligature et la, cautériaatiou ; maia l'efficacité de ces mof eus est loin d'être démontrée et leur danger est au contraire inoontoatahle, de sorte qu'il est en général plus sage de se borner à l'emploi de la compression méthodique au moyen d'une bande ou d'un appareil lacé, mode de traitement qui , s'il ne guérit paa les varices , en pallie du moins en partie les inconvénients et en prérient les accidents.
7^ Le système lymphatique se compose de vaisseaux très-déliés et très-mullipliés qui charrient la lymphe de la circonférence au centre , et de ganglions , petits corps arrondis , placés sur le trajet des vaisseaux dont ils dépendent Ces ganglions s'engorgent souvent sons l'impression du froid ou à l'occasion de quelque blessure placée sur le trajet des vaisseaux lymphatiqnea dont ils sont Taboutissant : on lea sent alors sons la peau comme autant de petits corps durs, mobiles et douloureux, que les gens dn monde désignent sons le nom de glandes. Ce sont eux encore qui s'engorgent ou s'infiltrent de matière tuberculeuse ou strumeuse ches les enfants scrofu-
levx ou lympfaatiquea , et qui donnent lieu à eea tumaora , à eea aboèa, et i ces eicatricea ai disgracieuaea , qui font la désolation des parente. L'inflammation , trèa-fréquente dans ce système oiganique , affecte une marche aiguë ou chronique , et se développe presque toujours i Foccaeion de quelque léaion tranmatique , dont elle n eat alora que la complication ; elle a reçu lea noms d^amgioleueite quand elle occupe lea vaisseaux , et Sadimiu lorsqu'elle rende dans les ganglions.
8® Les nerfs , organes conducteurs de la sensibilité et du mouvement, sont exposés à des blessures, qui ont pour conséquences des douleurs excessives propagées suivant le trajet du nerf, des convulsions, le tétanos, la paralysie temporaire ou définitive. On y observe aussi des hfttêê^ et des tumeurs nommées nivràmeê , qui sont constitués ordinairement par du tissu encépbaloïde développé dans l'épaisseur des branches nerveuaes, et qu'il faut enlever à l'aide de l'instrument
9<' Les maladiea des muscles sont les piqûres, les coupurM , les TUfÊuru , l'inflammation , qui prend le nom de MyesiVe , les abeè» , qui peuvent être aigus ou chroniques , diverses dégénérescences , mais surtout la rétru^Um mtueuUtire ou raccourcissement permanent de certains muscles , suite de convulsions et de contractnrea, occaaionnées elles-mêmes par dea altérations, aouvent congénitales , dn système nerveux : cette fAcheuse afTeetion a pour conséquences presque forcées diverses difformités , qui ne sont que rexa;^ération des attitndea déterminées par l'action des muscles rétractés , et que l'on guérit par la section des parties raccourcies , au moyen d'une opération connue sous le nom de ténotomie.
10®. Les maladies du système osseux forment un des plus intéressants chapitres de la pathologie chirurgicale. Il comprend : l® les maladies dea os dans leur continuité ; 2® les maladies des articulationa.
> Parmi lea maladies des os figurent, au premier rang, lea eonhuionâ, \eB plaies, lea diitudatiotu, let/raOwru ou eatÊurtê, Cette dernière lésion, propre au tissu osseux, est déterminée, soit par une chute, soit par un choc , soit par une riolente contraction musculaire. Elle est directe, on par contre-coup ; unique, double, on multiple ; simple, comminutive , c'est-i-dire avec un grand nombre de fragments, ou compliquée de contusions, de plaiea aux parties molles , d'hémorrhagie , de luxation , de la préeence de corps étrangère, etc. Son premier effet eat de priver les parties de leur soutien ; et de là résultent la difformité , la mobilité contre nature , la gêne ou l'impossibilité des mouvements. Si l'on ajoute à ces phénomènes la crépilatîon, sensation particulière due an frottement des surfaces de la cassure l'une contre l'autre , on aura lea principaux signes des fracturée. Lea indications sont : l** de replacer les fragmenta dana leqra rapports naturels ou de les réduire , V* de les maintenir ensuite dans cette bonne position ; ce qu'on obtient au moyen de divers appareils contentifs , variables suivant l'espèce de fracture, aon siège, et les eiroonstaneea ' qui l'accompagnent Quelquefois les fracturée ne ae consolident paa, et il se forme des fausses articulationa , ou pêfudarthroitê , ou elles se consolident , dans une mauvaise position, par un cal vieiiux. Diverses opérationa sont destinées à remédier à ces accidenta fâcheux. Viennent ensuite l'in/laifieuuio» , divisée en oar^'le , périottiu , oâUomyéliu, selon qu'elle affecte plue spécialement le tissu osseux , la membrane qui revêt la surface dec os , 00 l'organe médullaire qui remplit leur canal central; les oècès dti oi ; la «arts , qui eat l'analogue de l'ulcère des parties molles ; la nécrose , on gangrène du tiasu oe« seux ; Xexottose et la piriostoH , tumeurs dues au développement partiel d'un os on au dépôt d'une matière os* sensé de nouvelle formation à sa surface ; Vhfpiroitûse , on développement de la totalité d'un oa ; le rachitisme et
SU
Voitéo-mulaeië , altérations etractériiéet ioatet deux par le ramolliMemeiit du tiifa oisenx et par les déformatioDS qai ea sont les conséquences inëvitables , mais diffèrent pourtant en ce que Tune , peu doubnreuse , affecte les enfants et tend à s'arrêter, tandis que Fautre , accompagnée de douleurs très -aiguës, attaque les adultes et fait des progrès continuels ; la fragiUti des ot , leur usure ; diverses productions accidentelles , telles que les kytteê , les hffdatidee , qui , en détruisant la continuité des os , produisent une espèce particulière de fracture ; les tubereuUty le cancer y ou oiùo-tarcâwu ; les tuwieuri tanguineSy affection qui ressemble jusqu'à un certain point aux tumeurs érectiles des parties molles.
Les articulations , appareils complexes dans la composition desquels entrent des éléments divers, empruntés aux tissus osseux, cartilagineux, fibreux, et séreux , sont par là même exposées à des maladies nombreuses et variées. Les principales sont les eonituimu, les pUùet^ souvent compliquées et presque toujours graves ; ïentoree , I^ion propre aux articulations , produite presque toujours par une violence extérieure , variant depuis le simple tiraillement des ligaments articulaires jusqu'à leur rupture , mais ne se compliquant jamais d'aucun changement appréciable et permanent dans les rapports des extrémités par lesquelles les os se correspondent ; les Imxatiotu , caractérisées au contraire par l'abandon violent et durable des surfaces articulaires , affections auxquelles on ne remédie que par la réduction ou restitution de l'os luxé dans sa place normale ; les eorpê éirangert^ qui entravent plus ou moins les mouvements, et qu'on n'enlève qu'au prix d'une opération hasardeuse ; l'tR/CaMfiutfioii on ar^ tkriu t très-dangereuse lorsqu'elle complique les plaies ; les ahehs chauds on froids ; Xkgâarikrou , ou épanchement de sérosité dans les cavités articulaires ; la (umcw blanche^ affection redoutable et complexe, dernier terme de la plupart des maladies précédemment indiquées, dans laquelle tous les éléments de l'articulation se trouvent plus on moins compromis, qui occasionne asseï souvent la luxation consieuiive ou epanianie des extrémités malades , et force dans beaucoup de cas à pratiquer des opérations graves , telles que la résection des os altérés on l'amputation d'un membre ; enfin Yankyloae , qui varie depuis la simple roideur des articulations, due à l'engorgement de leurs parties molles, jusqu'à la sondure complète des os qui les constituent essentiellement
J 3. Maktdieê des régions^ des organes^ ou des appareils.
Considérées dans les régions, les organes, ou les appareils, les maladies chirurgicales se multiplient et se diversifient à l'infini. Les régions et les organes , parties complexes formées par la combinaison des tissus et des sptèmes organiques précédemment indiqués, sont en effet sujets aux mêmes maladies qui attaquent ces tissus et ces systèmes ; et de plus , comme ils admettent dans leur composition divers éléments nouveaux qui peuvent être affectés d'une manière spéciale, il en rÂiuIte qu'ils sont exposés à la fois aux maladies générales ou communes et à des maladies propres.
Les maladies communes revêtent des caractères différents, suivant l'organe on la région qu'elles occupent Examines successivement les fractures du crine , des cÂtes , du bassin , des membres , et vous verres bientôt que chaque espèce donne lieu à des accidents particuliers , s'annonce par des signes distincts , et réclame des soins spéciaux. Il en est de même si vous places en regard les fractures des os d'un membre , celles du fémur , du tibia , du péroné , du calcanénm , ou bien celles de l'humérus , du radius , du cubitus , des métacarpiens. Etudiée dans un organe compliqué, tel que l'œil, par exemple, l'inflammation y présente des variétés nombreu- M*4 et tellement tranchées qu'on croirait plutôt , en li-
sant la description de chacone, qu'il s'agit iTaffcctioBs distinctes , que des nuances on des degrés d'nne seule et même altération. L'inflammation de la roajonctifc ( eonjonetiviu ) ne ressemble ni à rinflammatwn de U sclérotique ( selirotiu)^ ni à celle de la chonûdc (ekaroidiu), de la cornée (kératiu), de l'iris (iritis), de la rétine (rétitUte) ; et pourtant ce sont là autant d'inflamoiations des membranes de l'œil , autant d*ophtludmies. La conjonctivite eUe-même diffère, dans ses phfénomêeft actuels comme dans ses suites , selon qu'elle eel franche . purulente, ou blennorrfaagiqne. Dans le phlegmon èi l'œil , on trouve une autre espèce d'inflammation ocu!airf qui n'est semblable à aucilne des préeédenteeu
Les maladies propres aux régions on aux oc^gaoet if rattachent, soit à la présence d'éléments anatomiqae» particuliers , soil au mode d'arrangement des parties cosstitnantes , soit à quelque circonstance de l'évolotion Àa organes , soit aux fonctions spéciales qu'ils rempliiseot. Comme exemples de lésions appartenant à ces diverwi catégories, nons citerons : 1® pour la première, ïe$laaeàme, caractérisé par l'altération de couleur et de eoDsistauoi? du corps vitré ; la cataracte , dont le phénoaièBe essentiel est l'opacité du cristallin ; S" pour la seconde , les diret déplacements de l'utérus , tels que l'caf^Mrsiea, Is ri' troversion, VamtéJUxion, la rétrofiexion, VimiroversiM. les hernies abdomnales , qui consistent dans Tiasue dsji viscère on d'une portion de viscère hors de aa cavité naturelle, avec enveloppe' formée par les parois mêmes êf cette cavité, et qui occasionnent des accidenta très-grstn. que l'on prévient par l'application de bandages heniisîm appropriés et auxquels on remédie par une dlea opératioi» les. plus délicates de la chirurgie ; S® pour la troisièflK. )t hee-de-lièvre , fin division congénitale de la lèvre nftrienre , celle du voile du palais et de la voàte palaline; l'abience ou la scissure de l'iris ; A^ pour la dernière «afin , la formation et le séjour dans la vessie des e^init wrinaires , concrétions formées par le dépôt des sels qvi entrent dans la composition de l'urine; et les acddcsU liés à la fonction de l'accoucbement , accidents qaî êé^ pendent, ianlAt du fœtus, tantôt de la mère, et peareot nécessiter diverses opérations , telles que TapplieBtioB <h forceps , la version , la sf mphiséotomie , l'opératioa oé»-
Nons nons sommes expliqué plus hant (pag. 804) nr l'importance qu'il convient d'attribuer à la distribatioB des maladies chirurgicales en groupes on déparleffienti naturels , et sur les avantages que la chirurgie peut lîrer de l'étude comparative des lésions dont se compose ck»cune de ces circonscriptions pathologiques ; mais , peer qu'une semblable étude présente inténlt ou profit , il fast entrer dans des détails que nous interdisent la nature d les bornes étroites de cette publication. Plutôt que de fatiguer le lecteur par une énumération fastidieuse et »(^ rile de toutes les maladies qui affligent chaque frsdios du corps humain , nons préférons nons en tenir à ce qii précède : aussi bien cette exposition générale et sonoaire suffit-elle pour faire comprendre , ainsi que nous oooi k proposions, l'étendue du domaine chirurgical, lanstore en même temps que le nombre et la variété des mslièra qui le composent
L'histoire particulière de chaque maladie chirargicik comprend : 1» l'anatomie pathologique, c'est-à-dire feu* men des lésions cadavériques qui constituent matérielle' ment la maladie ; ^^ l'exposition des circonstances qai <■ ont favorisé le développement ou provoqué l'eiplofioa, c'est4-dire Xètiologie; 3» la sgmptamatiohgit ^ oo detcription des symptômes par lesquels elle s'annonce, de Is marche qu'elle affecte , des accidents qui la compliquent, êet terminaisons vers' lesquelles elle incline ; ô» l'exames ft l'appréciation de toutes les circonstances qui peafeot «r> vir à établir le diagnostic^ c'e8t4-dire à reconnsftre h
CHIRURGIE
nilidie et à la ditlingiier de tonte totre ; 5<> Texamen dM cbaocet qui résultent des conditions dans lesquelles M trouve le malade , ou XepronoUie; 6® enfin les indicattoDs et les moyens de les remplir, on le traitewumi,
Dsns rimpossibtlité de traiter chacune de ces divisions BTcc les développements qu'elle comporte , nous nous attscfaerons à esposer ici et à faire connaître ce qui a rapport so diagnostic et à la thérapeutique envisagés d'une manière générale. Si nous choisissons de préférence ces deux points, c'est que, d'une part, leur exposition raisonnée nous permettra de faire quelques excursions dans le champ de Tétiologie , de l'anatomie pathologique et de la lymptomatologie , et que, d'une autre part, ils contiennent et résument en quelque 'sorte tout l'art et toutes les obligations du chirurgien , qui consistent à bien connaître les maladies , afin de les bien traiter.
DU DIAGNOSTIC CHiaURGlCilL.
En chirurgie comme en médecine, le diagnostic a pour objet la distinction des maladies. Distinguer une maladie , c'est la reconnaître tolites les fois qu'elle existe , quelle que soit son obscurité ; c'est aussi constater qu'elle n'existe pas , tontes les fois que d'autres maladies se pré- MDtent avec des symptômes qui ressemblent aux siens.
Le diagnostic , source des indications cnratives , tient le premier rang entre toutes les parties de l'art médical ; mais c'est surtout en chirurgie que son importance est manifeste , car la moindre errenr peut devenir la source d'un danger. S*il est d'une utilité plus prochaine , le diagnostic des maladies chirurgicales est, par nue sorte de oompansation , plus facile à établir que eelui des ma* ladies internes. Loin de nous la prétention de proclamer rinfaillibilitê du diagnostic chirurgical! Loin de nous aussi la pensée qu'il n'y ait en médecine que conjectures et probabilités ! Les médecins de nos jours ont senti les avantagea que fournit la recherche des signes physiques des maladies : la percussion et rauscnltation leur ont permis de constater plus positivement que n'avaient pu le faire leurs devanciers les changements survenus dans la densité , la perméabilité de certams organes intérieurs, répanebement de liquides on la présence de fluides élastiques ; mais ces procédés d'investigation , appliqués aux affections internes , trouvent dans la disposition anatomiqne des parties malades des obstacles qu'il est facile de prévoir , et qui sont loin d'exister an même degré dans la plupart des maladies chirurgicales.
Cette facilité de l'observation directe , cette habitude de loucher le mal , de le voir, de le circonscrire , donne s la chirorgie un caractère de certitude et d'évidence ; elle rend aossi indispensables au chirurgien des notions très-précises sur la topographie dçs diverses régions do corps et les rapports qui existent entre leurs parties composantes. D'un antre cAlé, les affections chirurgicales consistant souvent en des dérangements qui se manifestent par des désordres locaux , apparents , perceptibles , et auxquels on oppose des moyens directs et mécaniques, il est de la plus haute importance pour le praticien de bien connattre l'altération matérielle qui constitua essentiellement la maladie , et d'où dérivent i la fois les symptômes et les indications cnratives. N'est-ce pas l'examen analomiqoe des luxations qui seul a pu apprendre quelle place occope ht léle de l'os luxé , quelles dilacérations ont snin les ligaments, les tendons, les muscles voisins , et montrer comment ces désordres intérieurs et cachés ont avec les phénomènes extérieurs , tels que la déformation des membres , la gène on la perte de certains mouvements , des relations si intimes que de Tobservation des ans on conclut à l'existence des autres , et on dirige en conséqneoce les manceuvres nécessaires pour obtenir la réduction et le retour définitif des parties i leur position normale? L'étode de la physiologie n'est guère moins
nécessaire an cbimigien , car beaucoup de lésions qui sont de son domaine ne peuvent être reconnues avec une certaine précision que par le concours des notions anatomiques et physiologiques. La paralysie de la face , à la suite d'une plaie de tète, conduit à soupçonner une fracture du crâne avec déchirure du nerf facial. La paralysie des membres inférieurs et de la vessie appelle l'attention du côté de la moelle éptnière.
Avoir établi d'une manière exacte la nature et le siège d'une maladie , ce n'est pas encore en avoir complètement posé le diagnostic , en tant qu'il doit servir de base i la thérapeutique ; il faut de plus , dans beaucoup de cas, reconnaître les limites exactes de l'altération, les parties qui lui confinent ou qu'elle intéresse , et porter adssi une inspection attentive sur l'état des principaux organes, afin de ne pas s'exposer à entreprendre une opération qu'on ne pourrait terminer, à blesser dans le cours de la dissection des parties importantes qu'on ne s'attendait pas i trouver sous le tranchant de l'instrument, on i pratiquer quelque grande opération sur uo sujet attaqué d'ailleurs d'une maladie interne très-grave.
Le chirurgien qui est appelé à se prononcer sur l'existence d'une maladie trouve les éléments de son jugement à la fois dans la connaissance des circonstances antérieures , c'est-à-dire dans le commémoratif, et dans l'examen de l'état actuel du malade.
Le commémoratif comprend la connaissance de toutes les circonstances antérieures au moment où l'on examine le malade. Le degré de confiance qu'il faut accorder au commémoratif et les lumières qu'il fournit varient comme l'intelligenoe des personnes qui le donnent , leur éducation , leurs préjugés , leur moralité , leur instruction, leurs connaissances en médecine. Au commémoratif on peut rapporter la connaissance des causes de la maladie , de son mode de développement , de sa marche , du traitement employé. Quelques exemples feront sentir l'importance des données fournies par ces éléments.
La relation entre la cause et l'effet étant plus manifeste et plus facile à saisir en chirurgie qu'en médecine , il s'ensuit que l'étude des circonstances qui ont occasionné les maladies est ici d'un intérêt réel et d'une grande utilité. Dans un cas de douleur vive au moignon de l'épaule, avec tuméfaction , déformation du membre , incapacité des mouvements, le chirurgien, pouvant hésiter entre une fracture du col de l'humérus et une luxation , devra tenir grand compte de la manière dont l'accident s'est produit Si l'individu est tombé sur le coude , le bru écarté du corps * il y a lieu de croire qu'il s'agit d'une luxation ; la fracture est au contraire extrêmement probable si la chute a eu lien sur l'épaule ou si un coup riolent a été porté sur la partie supérieure du bras.
Le récit des phénomènes observés depuis l'invaiion des premiers symptômes jusqu'au moment présent est aussi d'un grand secours. Combien de maladies , en effet , sont caractérisées par le mode de succession des accidents! Un individu se présente ayant dans l'aine une tumeur molle , fluctuante , sans changement de couleur i la peau ; vous apprenei en même temps que des douleurs ont existé , sourdes et continues pendant plusieurs mois , dans un point des régions dorsale on lombaire , que, quelque temps après leur disparition, la tumeur inguinale a commencé à paraître, qu'elle était dès l'abord molle , fluctuante , indolente : après avoir entendu une pareille histoire de la maladie , n'anrei-vous pas les plus fortes raisons de soupçonner une carie des os qui forment la colonne vertébrale?
La connaisMuce des modifications qu'éprouve une maladie sous l'influence de telle ou telle méthode cnrative conduit encore à en reconnaître la nature : le traitement antisyphilitiqne est souvent la pierre de touche à l'aide de laquelle on s'assure si certaines lésions sont ou non
vénérienoet. 11 àiilBt, dent un eu donteai, d'apprendre le traitemenl qui a été eoiployé et les effets qn il a prodaiti pour être mis sur la voie du diagnostic. Un malade porte dans le scrotum nne tumeur molle sans transparence : en apprenant qu*il a été fait, à intoriralles asses éloignés, plusieurs ponctions, qui donnaient issue à du liquide, et après chacune desquelles le scrotum revenait à peu près à son volume ordinaire, on a le droit de conclure que la tumeur est nne hydrocèle dont la transparence a été troublée par une cause quelconque.
Il est encore diverses circonstances qui , sans être inhérehtes i la maladie , peuvent cependant aider à en établir le diagnostic. La forme , le volume , la consistance , la température du corps vulnérant , la force avec laquelle il était mu , la direction qu il affectait par rapport à la région frappée , sont autant de choses dont le chirurgien doit s'informer s'il vent avoir des idées eiactes sur le siège , la profondeur, l'étendue des blesanres. L'examen des vêtements ne doit pas non plus être négligé : à la suite d'une chute , le point taché indique , plus précisément que les rapports mêmes du malade, quelle partie du corps a porté; dans certaines bleuures par armes i feu, l'état d'intégrité ou de perforation des habiu peut servir à déterminer si la balle est on non restée dans les chairs.
Parmi les phénomènes que présentent actuellement les malades soumis i l'examen du chirurgien , les uns conaistent en des troubles fonctionnels , dont l'observation conduit à la découverte de la lésion oi^anique qui en est l'origine et qui constitue essentiellement la maladie , et les autres, qu'on peut appeler des sf mptAmes objectifs, sont des désordres matériels qui tombent sons les sens et que le chirurgien peut étudier directement
Les symptômes objectifs comprennent les modifications qui surviennent dans la forme , la consistance , la direction , le volume, le poids , la coloration , la transparence, la température des parties affectées, l'attitude du malade, et certaines ' altérations morbides, telles que l'flsdème, l'ecchymose, l'emphysème, c'est-à-dire Tinfiltration de sérosité , de sang, ou de gu dans le tissu cellulaire.
Les symptômes fonctionnels sont très-variés, car il n'est aucun appareil organique qui ne soit exposé à des déraugements dans le jeu de ses diverses pièces par l'effet de lésions pathologiques dont la connaissance et le traitement appartiennent à la chirurgie. Pour passer en revue tons ces désordres , il faudrait examiner successivement les troubles de la digestion , de la circulation , de la respiration , de la calorificatbn , des sécrétions , de la sensibilité, de l'intelligence et des mouvements, en insistant sur ceux qui peuvent fournir au diagnostic chirurgical des éléments utiles ; mais on conçoit qu'une semblable étude embrasserait presque toute la séméiotique. Il doit nous suffire ici d'avoir indiqué ces nombreuses et abondantes sources du diagnostic.
C'est par lui-même et par l'application méthodique de ses sens que le chirurgien arrive i constater les phénomènes que présente le malade. La première et la plus générale des r^les qu'il doive se poser dans cette exploration est de ne s'en rapporter jamais au témoignage d'antrui pour les choses dont il peut s'assurer personnellement, et de constater par ses yeux l'état des régions les plus importantes. Il doit également veiller à ce que, pendant l'examen des parties malades , le corps soit garanti contre l'impression du froid : la négligence de ce précepte a entraîné la perte de plus d'un malade. 11 est souvent utile de donner à la région que l'on explore et à l'individu tout entier certaines positions , dans lesquelles les tissus sont tendus ou relichés ; quelquefois on varie avec avantage ces positions ; on engage le malade à faire des mouvements , des efforts ; on l'examine alternativement assis, debout, couché, etc. Enfin, les investigations sont parfois rendues plus parfaites à l'aide d'instruments qui
accroissent rinteniité des imipreesioni yerfues perles organes des sens , on qui permettent de laiee des acberches dans les points du corps vers lesquels le sens explorateur seul n'aurait pu étendre son action. La loupe , les lacs, les tiges graduées, droites ou courbas, les soadet, les aiguilles, les stylets, solideis on flexibles, les boo|ics à empreinte, les différentes espèces de spéculum, le trocart , etc. , sont des instruments anxqncla la dumigK . bien plus souvent que la médecine , a recours peur r»dre le diagnostic plus précis.
Le sens du gô&t œ rend preeqne aucun service ss diagnostic chirurgicaL
Quoique moins restreintes, les applicatiesa de Fodorri ne sont pas non plus fort é^dues : c'est par ce sens qac l'on constate l'issue de l'urine, des matièrea fécalca. es pus carienx par une plaie on une fistule , et que Ton nS conduit à reconnaître le siège et l'origine du nÛL
Les notions acquises par le sens de l'ouïe sont dr^ plus nombreuses et plus utiles. Soit que Ton appliqee i la surface du corps l'oreille nne ou aidée d'iuelmaieeb, soit qne l'on percute les parties inunédialeBieot ou es plaçant un corps étranger entre la peau et lea doigts qv frappent, soit enfin que, se tenant à distance, on ficr^ çoive le bruit de certaine chocs, de certains frotlemeeti, on peut trouver dans l'application de ces divers précédés explorateurs des éléments nombreux et préas àt diagnostic : ainsi la présence d'un calcul nrinaire , cdU d'un corps étranger, l'existence d'une nécrose, la dénadation d'un os, se reconnaisîSnt an moyen de la coUisias qui résulte du choc d'un instrument métalliqoe anin ces parties résistantes et dures ; un anévrisme , certaioei tumeurs érectiles se trahissent par le bruissement particulier que détermine chaque ondée sanguine en traitersant les parties malades ; mais c'est dans la recherche d« maladies de la poitrine et de l'abdomen , comme ïtmpyème , les collections de liquides dans le médiastin latérieur ou dans l'abdomen , la rétention d*nrine dans U vessie, etc. , qne la percussion etl'anseultatioa derienaeil surtout des moyens puissants de disgnoetic. Il faut aavenir au reste que la chirurgie a ici beaucoup eapreatr i la médecine, car les méthodes dont il vient d'être qaM* tion ont été d'abord appliquées au diagnostic dca wuhdies internes; c'est pourquoi nous renvoyons ceux qsi désirent avoir de plus amples détails à cet égard au TraU de médecine (p. 777).
Très-supérieur aux sens du goût, de Fodorat, et et l'ouïe , le sens de la vue ne le cède qu'au toucher : cfti par lui que nous apprécions les changements snrveo» dans la forme, le volume, la couleur, les mouvements. U transparence des parties, et ces changements sont ptr^^ tellement caractéristiques qu'ils permettent de reeoejiit* tre la maladie à première vue : l'aspect seul du poifo^ déformé suffit pour faire diagnostiquer une fracture de b partie inférieure du radius ; les pulsations isocfaroets aux battements du pouls démontrent les connexions de ii tumeur qui en est agitée avec le système artériel
Les indices fournis par l'étal d'opacité ou de trsaspi^ rence de certaines parties habituellement transincida. comme l'œil par exemple, sont d'une grande utilité; aa» c'est surtout dans l'examen et la détermination des tumeurs formées par des collections liquides que les »>tiens fournies sur ce point par le sens de la vue ont ée l'importance. Pour tirer de ce mode d'exploration tootif parti désirable, il est bon de se conformer à certtiBii règles, ainsi : 1^ l'inspection sera faite dans no lien obscur ; 2" la tumeur sera rendue saillante et en méat temps ses enveloppes seront tendues , en pressant str n base on snr son côté profond comme si on voulait Is faire sortir à travers les téguments ; 3<* son pourtour lers ttrae par un Qorps opaque , le bord cubital de la main , f^ exemple; 4** une lumière sera placée d'un côté « le pi»
CHIRURGIK.
ff«9 poMÎblft (k k peto, tAndit que le chiriii^ien «ppro- Jicn 100 onl de Tantre o6té retU libre; De cette façon , a tameor , bien détaebée des parties voitioes , eat plos icile t eiaminer ; les parois s'amincissent par Teffet de a distensioa qu'elles éprouvent ; tons les rayons Inmitfu antres qee cens qoi la traversent étant interceptés, es derniers seuls penveot arriver à l'œil de Tobservaeor, et leur intensité relative est par eela même beauoop aagmentée. La translncidité parfaite d'une tumeur [éoote qu'elle renferme nn liquide transparent, et que n {MTois sont peu épaisses ; faible, cette transluetdité inliqtte an liquide louche ou des parois d'une certaine ptHseor; nulle, elle est la preuve de l'opacité des pa* où et du liquide, s'il en existe. Le défaut absolu de nodoeidité peut ansd faire soupçonner que la tumeur si entièrement solide. L'inégalité de transparence de la BAue totale démontre qu'elle n'est pas homogène dans sa flmpofition , et cette circonstance permet aussi de reoniiattre U position relative de certains organes, comme i cordon speitnatique et le testicule dans le cas d'bydroèle, ce qui est quelquefois très-important
Diverses régions do corps, qui échappent plus ou Doios complètement à l'investigation des autres sens, eiteat néanmoins soumises au contrôle des yeux : la vue 4ooge dans le pharyni, le conduit auditif, le vagin , les lilieox de Tceil, pour aller y reconnaître des ulcérations, to polype, une cataracte, ou un glaucome , etc. L'eiploatioo des conduits étroits, resserrés ou anfraclueox, xi<^ l'emploi de moyens accessoires , tels que des mioira qui réfléchissent la lumière, des dilatateurs qui gnadissent les voies qu'on explore, des spéculums, ortei de tuyaux solides destinés à tenir les orifices et les oodaiu dilatés ainsi qu'à conduire la lumière jusqu'aux arties les plus reculées.
Pour bien voir, il faut choisir une lumière convenable. Test de la lamière diffuse que l'on se sert le plus sou- •Qt ; la lumière artificielle ou les rayons soUires ne sont aployés que dans des circonstances particulières, lors- [s'il s'agit d'examiner des cavités ou des conduits étroits t profonds : une bougie munie d'un réflecteur convient rb>bteD à cet usage. Il est utile aussi, dans certains cas, b varier l'intensité et la direction des rayons lumineux ; 'eit une pratique à laquelle on a souvent recours dans eumen des yeux malades.
De tous les sens, celui qui fournit au chirurgien les enseignements les pins nombreux et les plus précis , 'est sans contredit le toucher. Par lui nous apprécions I température de la partie malade, sa sensibilité, sa cou- Btuce, sa forme, sa mobilité , son étendue, sa profonlear, les battements, les frémissements, les chocs, la créliUtton ; et , si l'on réfléchit qu'il est i peine quelque saUdie externe dans laquelle il ne soit utile , pour aseoir le diagnostic , d'avoir des notions sur une ou. pluieiirs de ces circonstances, on sentira que le toucher est e sens chirurgical par excellence.
L'application de la main sur la région malade suffit war en faire percevoir et apprécier la température. Cest ille aussi qui permet de constater les battements, les frénitsements et les bruissements particuliers qui se prolaisent dans les anévrismes, les tumeurs érectiles, les oo<pis de la dure-mère. C'est par des pressions métholiqaes qu'on joge do degré et de l'espèce de sensibilité les parties affectées. Les chaugements de longueur et fépaissenr se constatent au moyen de la tnenturathn , >pération d'une utilité journalière dans l'examen des 'raciores et des luxations , et qui exige , pour être bien site , plusieurs conditions dont les principales sont : I** de prendre pour point de ralliement des parties qui K soient point sujettes à varier ; 2° de placer dans la nèoie posibon les parties symétriques dont on veut obtelir les mesures comparatives. Le chirurgien choisit or-
dinairement pour peints de repère des sailliee osseuses sousHsntanées, et se sert de lacs, de fils menés entre elles. Les mesures d« circonférence sont prises avec une bande souple et inextensible. Enfin , on a aussi recours à divers instruments, tels que des compas, soH de longueur, soit d'épaisseur.
La mobilité entre comme élément principal dans le diagnostic des fractures, des luxations, des maladies ar*ticulaires, dans l'appréciation des rapports plus ou moins intimes qui se sont établis entre une tumeur et les parties voisines , entre un corps étranger et les organes qui le contiennent , etc. Les mouvements naturels à la partie qu'on examine sont-ils conservés , gênés, ou supprimés? S'est-il établi des mouvements anormaux entre des parties ordinairement fixes? Telles sont les questions dont le chirurgien demande If solution au sens du toucher. Pour bien juger de la mobilité , il est indispensable que l'une des parties que l'on explore ait été préalablement fixée , soit par la main du chirurgien, soit pari'enet de contractions musculaires commandées an malade, puis, que l'antre soit poussée ou inclinée en divers sens : la facilité plus ou moins grande avec laquelle celte seconde partie cédera et l'étendue de son excursion donneront la mesure de sa UM^bilité. La manoeuvre, en apparence si simple, que nous venons de décrire, exige une main exercée, et il faut se tenir en garde contre plusieurs causes d'erreur , telles que la brièveté des leviers sur lesquels on agit, la mobilité des téguments par rapport aux organes sous-jacents , celle d'une articulation voisine ou des parties qui reçoivent l'implantation de la tumeur, etc. Dans certains cas, l'examen se fait par l'intermédiaire d'instruments métalliques : c'est ainsi qu'on recherche , à l'aide du cathéter, de la sonde ou du stylet, le degré de mobilité d'un calcul vésical ou d'un fragment d'os nécrosé.
La crépitation , phénomène d'une valeur diagnostique quelquefois très-grande , et que l'on rencontre dans les fractures , les luxations , les altérations articulaires , certains kystes , l'emphysème et plusieurs autres maladies , est une sensation particulière , plus facile à reconnaître qu'à décrire, qui varie d'ailleurs suivant les circonslances, et qui fait naître l'idée, tantAt d'un frottement rugueux plus ou moins âpre , tantêt d'un bruissement on d'nn froissement analogue à celui qu'on obtiendrait en pressant et chiffonnant du parchemin sec , en écrasant de la neige sous les pieds , ou en pressant de Tamidon entre les doigts. Pour percevoir cette sensation, il suffit le plus souvent d'appliquer la main à la surface des parties en appuyant graduellement et avec légèreté ; quelquefois il est indispensable d'imprimer à celles-ci quelques mouvements, en se conformant aux règles indiquées : c'est ce qu'on fait ponr constater la crépitation résultant de la collision des fragments d'un os fracturé.
Dans presque toutes les maladies chirurgicales, la consistance des parties est altérée, et cette altération présente une variété infinie depuis la dureté d'une exostose jusqu'à la mollesse d'un abcès parvenu à sa période de maturité. Ce n'est pas tout ; il est un grand nombre de tumeurs qui passent successivement par divers degrés de dureté on de ramollissement, et pour lesquelles ces changements et l'ordre suivant lequel ils se succèdent deviennent un bon signe diagnostique. C'est donc nn point fort important que celui qui nous occupe , et le chirurgien ne saurftit trop s'appliquer à la recherche et à l'appréciation exacte de la consistance offerte par les parties malades. Tant que celles-ci sont superficielles, leur exploration est asses facile. Il en est de même quand elles présentent une certaine dureté : la résistance qu'elles font éprouver aux doigts qui les compriment permet alors de juger sainement de leur consistance. L'exploration devient très-difficile au contraire lorsque la masse à explorer est molle ou profondément située : il existe alors
une telle tiulogie entra It Miuation réealtant de U pilpttion defl dif ertee tomenn, d*an abcèt , par exemple , d'no lipAme, et d*aii encéphiloîde rtmoUi, qa il faat une grande attention et nne pratique eonsommée pour dittingner la Qnctnation de l'un de la soapleHe on de Télasticité des antres. De cet troiê phénomènes, le premier est à la fois le pins fréquent et le plus intéressant, car il appartient à tontes les tumeurs liquides , mais il est sujet à varier beaucoup suivant la quantité ou la densité du liquide, comme aussi suivant l'épaisseur, la dureté, la tension des parois de la poche qui le contient La fluctuation s'obtient, tantôt en posant à plat une main sur un des cdtés de la poche et frappant avec Tautre un coup sec et léger sur le cdté opposé , tantôt en pressant avec la pulpe des doigts indicateur et médius d'une main sur un point de la tumeur, tandis que les mêmes doigts de l'autre main reposent sur le cdté opposé , tantôt en pressant brusquement avec un seni doigt sur la tnmeur et s'arrétant tout à coup. Dans ces divers modes d'ezplormtiou , la sensation qu'on recherche natt de la réaction du liquide mis en mouvement contra la main ou les doigts que le chirurgien tient immobiles et attentifs , mais cha> cun de ces modes convient à des eu particuliers.
Les notions acquises , tant snr le passé que sur l'état actuel dn malade , ne sont que les préliminaires dans l'établissement du diagnostic : elles en constituent sans nul doute les matériaux indispensables ; mais, pour que cenx*d soient mis en œuvre et fécondés , il faut Tinter- T^tion de l'espnt, qui réagit sur enx et les coordonne afin de faire ressortir de leur rapprochement et de leur combinaison une conclusion et un jugement motivés. La marehe de l'esprit humain ne diffère pas ici de ce qu'elle est ailleurs, et les facultés qu'il emploie sont les mêmes qu'il met en jen dans tontes ses opérations ; mais ses méthodes logiques varient suivant les circonstances. Quelquefois, l'apparence extérieure ayant de suite fait naitre l'idée d'une maladie déterminée, le chirurgien complète par ses investigations ultérieures ce diagnostic porté d'emblée. Dans cette sorte de jugement à priori, c'est la connaissance dn mal qui conduit à la recherche des signes qui doivent achever la conviction. Une tumeur dans l'aine avait fait naître l'idée d'un bubon syphilitique ; l'examen des parties génitales externes y montre des chancres vénériens , et déjà, ce qui n'élait que présomption va prendre un caractère approchant de l'évidence. Une autre méthode, surtout applicable au diagnostic des tnmenra, classe dont les ordres, les genres et les espèces, diversifiés à Tinfini , offrent si souvent des écueils à la sagacité de l'observateur, consiste à éliminer par voie d'exclusion tontes les maladies qui ont quelque rapport de symptômes ou de siège avec celle dont on veut déterminer la nature afin d'arriver en dernière analyse à celle-ci. Pour retirer de cette manière de procéder tous les avantages qu'elle renferme, il faut que le parallèle porte sur le plus grand nombre de cas pathologiques possibles. U est donc nécessaire que le chirurgien soit à la fois un praticien exereé et un savant, afin de pouvoir demander ses points de comparaison, non - seulement à sa pratique individuelle, mais aussi à celle des chirurgiens de tons les temps. Quelque étendue, quelque variée qu'elle ait été, l'expérience d'un seul ne peut , en effet , se comparer à Texpérience de tons : hors l'étude et la méditation des bons livres et des bonnes traditions, il n'est point de condition de progrès, car chacun, recommençant en quelque sorte à construire l'édifice de la science , le réduit aux dimensions de son propre génie.
Quelle que soit , an reste , la voie qu'il ait choisie , le chirurgien ne peut , aidsi qu'on a dû s'en convaincre , asseoir définitivement son diagnostic que sur la comparaison dn fait observé avec ceux qui lui sont pins ou moins analogues. Or, ici s'ouvrent devant lui deux routes pres-
que également dangerenset , dans chacune dssqDella û court risque de se fourvoyer, suivant qu'il se livre me un abandon trop exclusif à la considération dei rcnanblances ou dte différences des objets : la première peut conduire i l'erreur, en faisant regarder comme «mbUblés ou identiques deux affections qui n ont cependint que des points de ressemblance ; la seconde mener i Fincertitude, en faisant méconnaître des analogies iiiflîtaiiie< pour légitimer une conclusion. Dans ces deux tewU&cti opposées de l'esprit humain, si bien signalées par Buoo. se trouve l'explication des jugements téméraires et de la conduite irréfléchie de certains chirurgiens, aioii qse des hésitations et de l'excessive timidité de qnelqocs ibtres. C'est à se garantir de ces deux excès également fonestes qne doivent s'appliquer ceux qui veulent eiereer U chirurgie avec succès et distinction.
Qu'on ne croie pas cependant qu'il soit posiiUe à on chirurgien d'arriver toujours à un diagnostic certiiD ri précis ; un tel degré de perfection n'est point dtos la nature des choses. En chirurgie , le plus haibile eil eelai qui se trompe le moins souvent Les hommes lei plu expérimentés et les plus justement célèbres n'ont pts hésité à avouer et à publier leurs incertitudes et même leon erreurs , ^fin de les faire servir i Tinstmctiou commoo«. La science a enregistré ces généreuses confidences , et l'étude des faits malheureux qu'elles nppellent , Ton des meilleure enseignements pour les jeunes adeptes, proovr combien il eût été difficile , pour ne pas dire impotiible, d'éviter l'écueil. C'est qu'en effet les causes d'erreur at résident pas seulement dans l'imperfection de l'or^iution humaine, dans les illusions des sens, du» !i faiblesse du jugement, elles se grossissent de mille circonstances inhérentes au sujet même. 1 « Les affectioudùrrurgicales sont loin de se présenter toujours avec le cortège des symptdmes qui leur appartiennent ordinsireoent et les feraient reconnaître ; quelques-uns peuvent masquer entièrement , disparaître temporairement, oa enprunter une physionomie qui ne leur est pas babilaflie. 2<* La partie affeflée se soustrait, soit par sa mobililé. soit par sa mollesse , soit par sa ténuité , soit psr m position profonde, à nos moyens d'exploration. Vl» symptômes propres de la maladie sont plus on moiDicMBplétement masqués par des phénomènes accesMirei •40 PIttsieure maladies ont des symptômes presque aenblables et ne se distinguent qne par des nuances fogilives. 5** Deux maladies coexistent, et alors, 'tantôt elk* offrent toutes deux des symptômes qui se confondent,laolflt l'une d'elles a des symptômes qui obscurcissent ceox de l'autre. 6<^ La maladie se développe, par suite de xtnèà anatomiques congénitales ou acquises, dans un lien oà « ne l'observe pas habituellement et où l'on ne s'sttcsi nullement i la trouver. 7» La maladie est excessiventfBt rare , ou se présente pour la première fois à l'obiertation. 8<^' Les individus soumis à l'examen, soit qs'it* aient ou non intérêt à tromper le chirurgien , ne loi f«a< qne des rapports obscure , infidèles , oontradidoim os mensongère. ^ Enfin, les renseignements manquent cstièrement En présence des difficultés nombreuief qv< nous avons essayé de résumer dans cette rapide groéralisation, cenx qui aiment à se -prononcer tombent soSTcst dans Terreur , les plus cireonspects ne savent ps* ton* joura s'en garantir, et les sages avouent leur incertilodc et leur doute , soit sur la nature même de la msUdie, soit sur quelqu'une de ses circonstances , son état de vttplicité ou de complication, son étendue, son siège précb les rapports des prcnluits morbides avec les parties vois'sines , etc. Le cas d'incertitude posé , il est encore ds règles que le chirnigien doit connaîtra et obserrer, Pf deux choses Tune alon : on les accidents sontgrsref «< réclament un prompt secoure , ou la maladie n'offre ries d'alarmant Dans le premier cas, il faut en ^t^
CHIRURGIE
mettre les choses ta pis , et se comporter comme si oo «fait affaire à U pias dangereuse des affections dont on loapçonne Texistence. Dans le second , il est pins convenable d'attendre et de mettre en pratique le précepte do sage, tff dubio abaine; cette condaile devra surtout être saivie, si le traitement applicable à Tnne des affections soupçonnées ne peut convenir à l'antre , on s'il est de nature à faire courir des dangers an malade.
DB LA TBia.%PBUTlQOB CBIRUBeiCALB.
La thérapeutique a pour objet le traitement des maladies et comprend tout ce qui a rapport au choix et i l'emploi des moyens propres à rétablir la santé. Parmi les moyens thérapeutiques , les uns , empruntés à l'hygiène oo à la pharmacie , sont communs i la chirurgie et i la médecine , et doivent être seulement mentionnés ; les autres appartiennent pins spécialement , quoique non excinsivement, à la chirurgie : ce sont les opéreuiom et les pan" umenU , dont l'emploi fréquent caractérise la thérapeutique cfairargicale, et qui devront seuls nous occuper.
S 1®'. Dti opérations ekimrgiealei.
Ce Dom sert à désigner l'action méthodique de la main du chirargien , seule ou armée d'instruments , sur le corps haaiain, pour guériri pallier, prévenir une maladie, on pour faire disparaître une difformité. Le chirurgien qui opère a pour but, tantôt de réunir des tissus divisés (suture), de réduire des organes déplacés (réduction des bsxations, kélotomie) , tantôt, au contraire, de séparer des partiel dont la réunion congénitale on accidentelle nuit à l'exercice régulier des fonctions (section du filet) ; d'autres fois , il tente l'extraction des corps étrangers ou des eabstances nuisibles (lithotomis, lithotritie) , la dilatation de conduits obstrués ou rétrécis , l'évacuation de liquides ia6ltrés ou épanchés daus le tissu cellulaire, les articulations, les cavités viscérales, les organes, oo retenus dans leurs réservoirs contre l'ordre naturel (catkétérismse , ponctions, incisions) ; la destruction ou l'ablation de produits morbides dont la présence met la vie en danger (c4smtirisation , extirpation , arraehessent) , le retranchement de parties devenues inutiles ou nuisibles (amputations, résections), la suspension du cours du sang (ligature des vcùsseaux), la réparation de parties ou d'organes plus ou moins complètement détruits (autoplastie). On conçoit que ces résultats variés ne puissent être obtenus que par des pratiques très-diverses. De là, la mliltiplicilé des opérations et les différences qu'elles présentent dans leur mode d'exécution. Quelques-unes sont simples , c'est-à-dire composées d'un petit nombre de DiAnoenvres faciles à exécuter : ainsi la ponction ; d'autres, plus compliquées , exigent la succession de plusieurs ma- Dceovres et l'emploi d'un certain nombre d'instruments : [a catsiracte , par exemple, on le trépan. La plupart réclaneot rintervention des instruments tranchants ; il en est [cependant dans lesquelles les parties ne souffrent pas de iîviaion : tels sont, par exemple, le tamponnement des 'osses nasales, le taxis ou réduction des hernies. Plusieurs >péralions se pratiquent à une certaine distance des paries ooalades, sur des tissus sains ou peu altérés , de sorte jtM*oo. peut les imiter sur le cadavre, en prévoir les moinjres circonstances , et leur assigner des règles invariables ; c'est ce qui a lieu pour les amputations et les ligaares d'artères. Quelques antres, comme les extirpations le tiaaxciirs , sont beaucoup plus difficiles et peuvent à ^eine ^tre soumises à quelques règles, parce qu'elles poreot «vr <I^ régions oo des organes altérés dans leur conf^g-fiMMtwn, leurs rapports, leur texture. Il est enfin 1«« opérations , mixtes en quelque sorte , qui offrent 1^ fois des temps imprévus et des manouvres réglées [ I*AY»nce : telle est l'opération de la lilhotomie. Sons B r«pP^'' ^ conBéqneoces qu'elles entraînent, les opé-
rations ne sont pas moins dissemblables : les unes sont si légères qu'elles altèrent à peine la santé ; les antres causent les accidents les plus formidables et même la mort ; il en est qui laissent peu de traces on qui font disparaître des difformités ; d'antres, au contraire, comme les amputations , ont pour résultat inévitable la mutilation du malade. Malgré ces différences entre les opérations , simples ou compliquées , sanglantes ou non unglantes , réglées on insolites , légères ou graves , il est eependaut des considérations et des règles générales qui peuvent s'appliquer à toutes.
Avant de procéder à une opération , le chirargien doit d'abord s'assurer qu'elle est bien indiquée , qu'il y a des motifs suffisants pour en légitimer l'exécution, et qu'il n'existe point de circonstances qui doivent détourner de l'entreprendre. La solution de ce problème demande âiu connaissances médicales étendues et précises. Prononcer qn une opération est indiquée , c'est en effet admettre implicitement qu'elle fait courir à celui qui y est soumis moins de dangers que la maladie abandonnée à elle-même ou traitée de toute autre manière. Une semblable décision suppose donc dans celui qui la prend une instruction solide qui lui permet d'établir le diagnostic avec certitude, un jugement sain et exercé qui lui fait prévoir la marche et l'issue de la maladie , enfin cette expérience consommée , indispensable pour apprécier les divers moyens thérapeutiques, juger comparativement de leur YsJear, et tenir compte do tontes les circonstances de temps, de lieu , de personne , qui peuvent inOuer sur le résultat et doivent par conséquent faire préférer telle médication à telle autre. Il y a loin , comme on le voit , de cette manière d'envisager les opérations et leurs indications à l'opinion si généralement répandue que ce «rat des ressources uniques , des moyens extrêmes et en quelque sorte désespérés , auxquels on n'a recours qu'après avoir inutilement essayé tous les autres. Ce serait une bien mauvaise chirurgie que celle qui s'imposerait la loi de ne porter le fer sur le corps humain que lorsqu'il est impossible de faire autre chose. Conseiller une opération , ce n'est pas déclarer qu'il ne reste au malade que cette voie de salut ; cela veut seulement dire que, de tous les moyens à employer, l'opération est celui qui offre le plus d'avantages 00 plutôt le moins de chances défavorables. Au milieu des difficultés extrêmes qui environnent le chirurgien, c'est toujours cette formule générale qui doit le guider, et son jugement doit être bué sur la comparaison qu'il éiablit entre les conséquences probables de la maladie et les résultats probables aussi des divers moyens qui peuvent être employés contre elle.
Qu'on le sache bien au reste , de toutes les questions chirurgicales , celle-ci est à la fois la plus épineuse et la plus importante. Pour le malade , est-il rien de plus grave qu'une décision d'où dépendent sa santé , l'exercice régulier de ses fonctions , la perte d'un membre on d'un sens, souvent la vie elle-même? Et, d'un autre côté, quelle immense responsabilité pour le chirurgien , placé sans cesse entre deux écueils , celui d'une prudence excessive, ou celui d'une témérité condamnable, également fautif s'il cède à l'une oo à l'autre de ces inspirations , s'il pratique une opération sans nécessité évidente, ou s'il néglige de la faire quand elle aurait été utile ! Quelle attention infatigable n'est pas nécessaire alors pour reconnaître et rassembler tontes les données du problème i résoudre! Quel jugement sain, quelle raison ferme et droite pour se décider au milieu de circonstances , dont •les unes indiquent tandis que les autres excluent l'opération ! Sans doute , c'est une qualité précieuse que le sang-froid de l'opérateur , mais elle le cède de beaucoup à ces qualités plus rares de l'esprit qui inspirent les sages déterminations ; et celui qui sait le mieux décider , dans un cas douteux , si l'on doit on non opérer, celai-
là est Téritablement le premier parmi les chinirgieRi.
L'opération résoloe , il faut fixer le moment de la faire, le point da corps où elle doit être pratiquée , la méthode et le procédé qui paraissent le pins convenables. La solution de ces questions dépend surtout de la nature de la maladie et de l'urgence des accidents, quelquefois aussi de l'état du malade , de sa constitution , de ses habitudes , etc. , plus rarement des circonstances au milieu desquelles on se trouve.
Il s'agit ensuite de décider le malade à Tacte important dans lequel il doit jouer le rôle principal , et de lui faire subir une sorte de préparation , qui a pour but de le mettre dans les meilleures dispositions possibles tant au moral qu'an physique. Rien de plus pénible que d'annoncer à un malade la nécessité d'une opération ! Rien de plus difficile que de «nrmonler sa répugnance, de calmer ses frayeurs , et de l'amener, non pas seulement à souffrir cette cruelle extrémité , mais à la souffrir avec courage et confiance dans le résultat ! Pour remplir convenablement cette tiche délicate , il ne suffit pas d'avoir une instruction étendue et des connaissances positives ; il faut un esprit élevé , une raison solide , un certain talent de persuasion , dont tous les hommes ne sont pas également doués, et qui prend sa source dans une conviction bien arrêtée de la nécessité de l'opération ainsi que dans un sentiment profond de commisération et de sympathie pour la position du malheureux patient Quelques jours de repos, la diminution graduelle de l'alimentation suffisent le plus souvent comme préparation hygiénique ; il est cependant quelquefois nécessaire de faire précéder l'opération par une saignée, un bain, l'administration de substances calmantes on antispasmodiques , d'un lave* ment on d'un purgatif; dans d'autres cas , il faut relever les forces par l'emploi de quelques toniques ou 'd'aliments substantiels. La région malade sera, s'il y a lieu, soigneusement nettoyée et rasée, quelquefois enveloppée de compresses. On devra aussi , autant que cela sera possible, ramener à des conditions qui se rapprochent de l'état normal , à l'aide des topiques convenables, la partie sur laquelle doit agir l'instrument
Lorsque le moment fixé pour l'opération est arrivé , le chirurgien s'occupe du choix du local et de la disposition de l'appareil. La pièce dans laquelle on opère doit être bien éclairée, suffisamment vaste , convenablement chauffée, et, si c'est possible, différente de celle qu'habite ordinairement le malade. Le lit doit être solide, étroit et élevé ; souvent on se sert , à défaut de lit , d'un meuble pesant, comme une commode ou une table de cuisine, surmonté d'un ou de plusieurs matelas, auxquels on donne , an moyen d'oreillers , le degré d'inclinaison suffisant, et que l'on garnit d'une toile cirée et de draps. Le chirui^en s'assure ensuite par lui-même que tous les instruments nécessaires sont prêts et en bon état ; c'est là un examen dont il ne doit jamais se dispenser, quelque confiance qu'il ait dans ses aides. Ces instruments sont rangés sur un ou deux plateaux , dans l'ordre suivant le* quel ils doivent servir , et couverts d'une serviette afin que le malade ne les aperçoive pas en entraut Outre les instruments proprement dits^ il faut tenir préparées, avant l'opération , les pièces de pansement , plusieurs draps et serviettes , des bougies allumées , des fils à ligature, des biasins , des éponges, de l'eau chaude et froide -, du vi« naigre , de l'eau et du vin sucrés.
Ce n est qu'après avoir disposé toutes ces choses qu'on introduit le malade. Soit qu'on le fasse asseoir, soit qu'on le tienne couché, ce qui est plus ordinaire, ou le place* de manière que la partie sur laquelle on agit soit bien éclairée et facilement accessible à la main de l'opérateur. Autour du patient sont distribués les aides , qui ont chacun leur fonction. Les uns^ forts et vigoureux ^ sont char-» géi de tenir le malade et de prévenir ses monvemenct l
les autres fournissent à mesure tout ce qui est nécessaire à la manœuvre opératoire. Les plus intelligents et lei pin instruits secondent directement le chirurgien , en tendant la peau , écartant les lèvres de la plaie , abstergeant le sang qui s'écoule à sa surface, éloignant les orgsnei qvil importe de ménager, etc. Enfin, il en est un dernier, d'une habileté éprouvée , auquel est confié le soin de suspendre temporairement le cours du sang dans la partie qui est le si^e de l'opération ; ce qu'il fait, «ùt en comprimant directement avec ses doigts l'artère priodpale, soit en surveillant l'action de divers instmmenli, tels que garrot, tourniquet, compresseur, qui sont destinés à suppléer les doigts et à remplir le même office. Quant au chirurgien , il choisit pour lui-même une postion commode , car , pour peu que l'opération doive k prolonger, la fatigue qui résulterait d'une position gênante ne tarderait pas à nuire aux manœuvres de l'opéraiion.
La douleur étant ce que la plupart des malades red«atent le plus, et celle douleur pouvant occasionner soit des mouvements désordonnés qui dérangent l'opérateor, soit des accidents immédiats on consécutifs asseï grares, les chiruit|[iens ont, à diverses époques, cherché le mojcs d'engourdir plus ou moins complètement la sensibilité . afin de profiter de cet état pour procéder tranqnîllemest à l'opération. La constriction forte et cvculaire des meoBbres , les préparations opiacées , le magnétisme ont étr successivement et inutilement essayés dans ce but , et ucnne des tentatives faites par les cfainirgiens n'aftit réussi, lorsque enfin nous est arrivée d'A'mériqne, venk commencement de cette année 1847, la solution si looglemps poursuivie d'un des problèmes qui intéressent le pis» l'espèce humaine. Il est maintenant certain , et des nilliers d'expériences répétées en France et par toute H srope ont mis hors de doute , que les inipirations de li vapeur d'éther ont la propriété de produire une sorte Th vresse, que l'on peut, à l'aide de certaines précaotio». prolonger impunément durant un quart d*heore , ose demi-heure et plus , qui se dissipe ensuite ipontanéaiest et très-vite , sans laisser de trace et sans produire aocso accident , et pendant laquelle on peut agir sur ceux qtd l'éprouvent comme s'ils étaient paralysés. Grâce i cette belle découverte , se trouve supprimé , dnns les opm* tiens , un des éléments qui rendaient celles-ci le plos pénibles pour le malade et pour le chirurgien.
La pratique de chaque opération est soumise k def préceptes qui lui sont propres et que nous ne pooTos» exposer ici ; mais il est en outre certaines règles applin* blés à tous les cas , règles auxquelles le ehhurgien ddt se conformer toujours , et que les anciens avaient rèssmées dans la recommandation apboristique d'»^r n> • tulà , jucundè^ vite, sérement, et agréablement Os trois recommandations sont loin d'avoir une importance égale Ce serait une faute sans doute que de prolonger inotikment une opération et de couper en plusieurs fois et le»tement ce qui peut être tranché d'un seul coup de bistoen et avec rapidité , mais c'en serait nue bien plus grande encoro que de compromettre par une célérité déplacée b bonne eiécution d'un point quelconque de ropêratios- La chose essentielle est de conduire à bonne fin U cho» commencée , et c'est ici le cas d'appliquer cet axiome àt l'antiquité : tat eilè «i sat benè. Le précepte d'agir sânment est donc d'une application rigoureuse , et il n'a pa> seulement en vue la main du chirurgien , qui doit ètit parfaitement ferme et assurée; il s'adresse aussi àl'opnt de l'opérateur, et signifie que celui-ci, calme et (^'odi sang-froid , connaissant d'ailleurs exactement la stmetart et la composition des parties qu'il divise et les modiSrt* tions que la maladie leur a fait subir , doit agir aref s^• curité , sans indécision , certain d'épargner ce qu'il fast épargner et de ne toucher ou de ne rstrancber q« te
OHininGii!:.
qni doit Tèin , exempt de faiblesse et sûr de sa présence d esprit, eo face même des dirScaltés et des accidents les phis imprévus. En formulant leur dernière règle, les anciens n'ont pas sans doute entendu recommander à Topératear Télégance ou l'agrément , mais bien la convenance et la douceur des' manières. C'est en gardant une tenue calme et grave, en adressant au malade des paroles de consolation et d*enconragement que le chirurgien se montre fidèle aux préceptes de son art et rgste à la hauteur de la sainte mission qu'il est appelé à remplir. Les aides prendront exemple sur lui , en conservant un visage tranquille et observant un silence rigoureux , à moins qu'ils ne soutiennent le malade par quelques mots bien sentis et ea Texhortant à la patience.
Plosiears accidents peuvent se dédai-er pendant l'opération et forcer le chirurgien à se détourner, soit momentanément, soit définitivement, du but qu'il s'était proposé d'atteindre. Ces accidents sont la syncope , les convulsions , répoiierniftnt par la douleur, l'entrée de l'air dans les veines , phénomène heureusement aussi rare qu'il est redoutable. Quant iThémorrhagie, elle de constitue une complication qu'autant que le sang tient de sources qu'on n'avait pas prévues ou s'échappe avec trop d'abondance on d'impétuosité ; l'écoulement sanguin est , en effet, un phénomène à peu près constant dans les opérations , et contre lequel H faut que le chirurgien et ses aides soient parfaitement aguerris. Chaque artère ouverte donne un jet , qni doit être à l'instant arrêté par un doigt placé sur l'orifice béant, par la torsion , on par une ligature jetée sar le vaisseau blessé. La lésion des veines et même des capillaires cause plus rarement une hëmorrhagie, à laquelle on s'oppose, soit en saspendant l'opération et engageant le malade à respirer largement , soit en faisant placer les doigts d'un aide sur le trajet de la veine ouverte , entre les extrémités et la plaie , i quelques centimètres de distance de celle-ci.
L'opération achevée, on s'occupe de l'arrêt définitif de l'éconlement sanguin, ce qui constitue une sorte d'opération secondaire. L'écoulement du sang par les' capillaires et mêtne par les veines cesse ordinairement de lui-même on par l'effet de simples lotions froides. Quant à celui qni se fait par les artères , on l'arrête en étreignant leur extrémité dans l'anse d'un fil noué solidement et fixé par an donble naud. Pour être certain que tontes les sources de l*hémorrhagie sont taries , il fant, après avoir fait lever la compression provisoire exercée sur le vaisseau principal, attendre, d'une demi-heure i une heure, jusqu'au moment ou le malade se ranime et où la circulation. reprend son activité , car il est possible qu'un écoulement qni s'est jusque-là ralenti ou arrêté recommence alors : dans ce cas, s'il se fait par quelque branche artérielle, on la lie immédiatement comme il a été dit ; si le sang coule en nappe fourni par les capillaires , on a recours , suivant les circonstances, soit aux aspersions, aux af fusions, aux injections de liquides froids on styptiques , soit à l'application de la glace, soit à l'usage des poudres absorbantes, soit à la cautérisation avec le fer ronge, soit surtout à la compression méthodique, et ce n'est qu'après avoir complètement triomphé de Thémorrhagie que l'on procède aix pansement
j 2. Deê pamsementê,
Vea pansements sont employés dans un si grand nombre de circonstances diverses qu'il serait impossible de formuler une définition rigoureuse, applieablè à tons en général et à chacun en particulier. Il vaut mieux , pour en donner une idée juste , faire connattre leurs usages principiox. Or, ces usages sont les suivants : \^ maintenir les parties dans une situation convenable (pausement des plaies , des fractures , des luxations , etc. ) ; 2^ débarrssier les parties malades des abjets nuisibles
(changement des pièces d'appareil , compression expulsive sur le trajet d'une fusée pnrnlente , etc. ) ; 3o appliquer sur les parties affectées certaines substances destinées à les modifier , à calmer les douleurs , à exciter ou à ralentir l'inflammation (pansements médicamenteux, frictions , onctions , fomentations , etc. j ; A^ couvrir les parties malades, les protéger contre le contact de leurs propres liquides , contre l'impression de l'air atmosphérique, les émanations miasmatiques , et les variations de température (pansements simples). A peine est-il besoin de dire que les pansements remplissent souvent plusieurs de ces indications on même toutes ces indications à la fois.
Ce n'est pas seulement après les grandes opérations et pendant le traitement des plaies que le chirurgien est appelé à faire des pansements : il trouve, ainsi que nous venons de l'indiquer, dans l'emploi journalier et méthodique des pièces d'appareil un secours puissant pour obtenir la guérison d'une foule de maladies, abcès, fistules, difformités , fractures , luxations ; les opérations de la petite chirurgie, telles que saignée, vésicaloire, séton. moxa, réclament aussi à leur suite plus d'un pansement, de telle sorte qu'il n'est pas de jour dans la vie d'un médecin où l'occasion ne se présente de panser un malade. L'art des pansements est donc une des parties les plus usuelles et en même temps les plus utiles de la chirurgie, et l'on ne saurait s'y appliquer avec trop d'assiduité.
Parmi les objets qui servent d'ordinaire aux pansements, les uns , qu'on peut appeler instruments de pansement , ne sont employés que pour préparer , lever, ou placer les pièces d'appareil : tels sont la spatule, les pinces, les ciseaux, etc. ; les autres constituent , à proprement parler, les pièces de pansement, qui doivent séjourner sur les parties pendant un temps plus ou moins long , et être ensuite remplacées par d'autres ; enfin , il est des objets accessoires , tels que draps ou alètes , bassins , éponges, eau tiède, bougie, etc.
Les pièces de pansement offrent beaucoup de variété. Celles dont l'usage est le plus général sont : !<> la charpie , qui doit être faite avec de la toile blanche de lessive, modérément fine et demi-usée; 2^ le linge fenêtre ou troui^ pièce de linge fin destinée à recouvrir les plaies et criblée d'une foule de petits trous qni permettent aux liquides de s'échapper ; 3^ les eompreues , morceaux de linge sans ourlets , Jiliés en plusieurs doubles et de diverses façons, d'où les noms de compresses carrées , orhicnlaires , longuettes , fendues , perforées , en croix de Ifalte, etc. ; 4" les handei^ liens de toile moyenne ou de flanelle , d'une longueur variable , mais dont la largeur ne doit pas dépasser 6 à 7 centimètres ; 5® les bandages plus ou moins compliqués ( bandage de corps , fronde , suspensoir, etc. ] ; 6^ les emplàtrei agghttinatifi^ dont les plus usités sont le taffetas d'Angleterre et le sparadrap de diachvlon. coupé en bandelettes plus ou moins larges suivant les circonstances; 7« les oreilUrt^ eoussint et eoumnets , sortes de sacs remplis, aux deux tiers, de balle d'avoine, de crin, de laine, de son, etc. ; %** les attelUt, plaques minces et longues , de bois , de fer, de carton , de cuir , etc. , quelquefois recourbées en gouttières , ou décoilpées en forme de semelle on de palette ; 9» enfin , les cerceaux destinés à préserver les parties malades du .contact et du frottement des draps et des couvertures. Ajoutes à ces objets divers topiques, tels que: I» le eiratj mélange de cire et d'huile, auquel on peut ajouter, dans un but déterminé , diverses autres substances , de l'acétate de plomb, du laudanum, du soufre, etc. ; S« les onguents ei Inponmades^ résultant de l'union d'un corps gras, comme l'axonge, avec divers principes médicamen-
itenx ; 3<> les eaiaplasmes , composés de substances spongieuses , comme la mie de pain , la farine d'orge , de ris , de graine de lin , etc. , susceptibles de retenir les liquides
dans les inlerfUces de leort moiécolet ; 4^ qnelqaes peudres , comme celles de farine , de charbon , de quinquina ; 50 certains liquides , l'eau-de-vie camphrée , par exemple , el l'acétate de plomb , et tous aures tontes les choses dont la réunion compose un grand appareil à pansements.
Le premier pansement des plaies , produites , soit accidentellement , soit par la main da chirurgien et dans uo but curatif , varie suivant qu'on se propose d'obtenir une réunion immédiate ou seulement une réunion secondaire après suppuration. Dans le premier cas , on commence par débarrasser la surface traumatique do sang et des corps étrangers, après quoi on nettoie et on essuie soigneusement les environs , on dirige vers un angle de la plaie les fils à ligatures, s'il j en a, puis on rapproche l'une de l'autre les lèvres de la division , et on les maintient par l'application d'une ou plusieurs bandelettes de diachflon ou de taffetas d'Angleterre, collées de distance en distance dans une direction perpendiculaire i celle de la solution de continuité. Par*dessns les bandelettes, on pose un linge fenêtre enduit de cérat, une couche de charpie mollette, une on plusieurs compresses, et le tout est maintenu par des tours de bande on par un bandage approprié. Dans le second cas , il n'y a pas de bandelettes à appliquer, et l'on couvre immédiatement la plaie du linge troué on de gâteani de charpie recouverts de quelque substance grasse , comme dn cérat on du beurre frais. Ce premier appareil est laissé en place pendant un temps plus ou moins long , après lequel on l'enlève, en entier on en partie, pour le remplacer par un autre. Lorsqu'elle est faite convenablement , la levée dn premier appareil n'est pas plus douloureuse que les pansements suivants , n'en diffère sons aucun rapport, et est soumise aux mêmes règles.
On ne doit procéder à un pansement qu'après avoir rassemblé et disposé d'une manière méthodique les objets nécessaires. Lorsque tout est prêt , on donne an malade la position qu'on juge la plus commode, et on le fait soutenir par des aides intelligents qui lui épargnent la fatigue; puis on place au-dessous de la partie affectée un bassin et un drap destinés à recevoir l'eau , le sang , les humeurs , et à préserver le lit de toute souillure. Afin d'éviter les refroidissements , le malade est garanti par une couverture , une robe de chambre , on manteau jetés sur lui , et les portes et fenêtres sont soigneusement fermées. On découvre alors la région sur laquelle doit porter le pansement, en procédant avec précaution et douceur : s'il faut enlever les vêtements, on coupe tout ce qui ne peut être tiré sans causer d'ébranlement ; si l'on dte les pièces du pansement précédent, on humecte ce qui est roide , dur et collé , on coupe avec des ciseaux ce qui résiste tout près de l'extrémité adhérente , on pent même arroser l'appareil avec de l'eau tiède quelques minutes d'avance , afin de lui donner le temps de s'imbiber. L'usage du linge troué enduit de cérat facilite l'ablation des pièces d'appareil, et permet souvent d'enlever à la fois toute la charpie , au lieu de la détacher laborieusement et par fragments. Ce qui est sali et hors de service est recueilli dans un panier et promptement emporté. La partie étant découverte , on la nettoie avec une éponge imbibée d'eau tiède ou avec une spatule , et on l'essuie doucement avec un linge propre ; souvent on la rase pour prévenir les douleurs qui résulteraient, an pansement suivant, dn tiraillement des cheveux ou des poils collés aux pièces d'appareils. L'application des topiques , de la charpie , des compresses , doit être faite avec douceur, et il faut que les bandages soient lisses, exempts de plis, et modérément serrés. Le pansement achevé, l'alèse de propreté est enlevée , et les parties sont replacées dans la position qu'elles doivent conserver, entourées de boules de chaleur , garnies de draps chauds on de taffetas ciré ,
si la suppuration abondante menace de tadwr cl d'infecter le lit.
Le matin et le soir sont les moments de la journée qa conviennent le mieux pour faire les pansements : le lutm parce qu'on soulage le malade en le débarrassant é^m appareil que la chaleur do lit pendant le sommeil a dn séché el durci ; le soir, parce qu'un sommeil paisible fvt cède au pansement et maintient durant pinsienri heon tonte l'économie dans un état de repos et de bien-être.
La question de l'époque à laquelle il convient de \e ver le premier appareil , celle de rintervalle qu'il (u laisser entre les pansements sont très-irnportantcs . a«i non susceptibles d'une solution absolue. La fréqaeoc ou la rareté des pansements dépendent de la nature i mal , de la saison , dn climat, etc. Dans les frattim simples, l'appareil , ayant ponr seul bot de contenir le parties et n'étant sali par aucune matière, doit être mt ment renouvelé. Dans les plaies , au contraire , il pea convenir de changer l'appareil à des époques rapprocbM afin de débarrasser les surfaces dénudées des matièn irritantes et putrides. En hiver et dans les pays frnéi, la décomposition des humeurs étant ummus prompte, Tntilité des pansements rapprochés se fait anssi moin sentir. Examinés en eux-mêmes et d'une manière thnlue , les pansements rares ou fréquenta ont leur bon é leur mauvais cdté. Si, par exemple, les pansements fréquents ont l'avantage d'entretenir la propreté , d'enkta la mauvaise odeur, de substituer i des pièces de hofc souillées et raidies par le pus concrète on appareil frû. doux et souple , d'un autre c6té ils ont rincoovéoieal d'exposer les parties malades à l'action de Tair, aox fntlements et aux ébranlements, qu'on ne peat jamais coaplétement éviter avec quelque précaution qu'oo agi» De là résulte que les chirurgiens sont oneo^ puXM^ aujourd'hui, dans un certain nombre de cas, sur le mm de pansement qu'il convient d'adopter. On peut dire e^ pendant qu'en thèse générale l'intervalle d'nn panseoeat à un autre est, dans les maladies chirurgicales, de ii heures , et que les circonstances qni permettent d'tilo»' ger ce terme sont beaucoup plus fréquentes que ceBa qui forcent à le raccourcir.
L'art de panser avec adresse , promptitude et iwtk constitue une des parties les plus utiles de la chirv^. et l'on pent affirmer hardiment que le saint des nalséa ne dépend pas moins de la perfection des panscmesli que de celle même des opérations : il importe dooc n chirurgien d'acquérir sons ce rapport tonte rhabilHé paisible ; mais , pour cela , il faut s'y appliquer de bosM heure et sans relÂche , car on n'y excelle que par m longue habitude et un continuel exercice. Pour ceDKjv veulent se distinguer dans ce point , comme dans tosts les parties pratiques de la chirurgie, il n'est pas de ndleure école que les hôpitaux : c'est là qne Ton apprcoil i connaître et à disposer d'avance, avec ordre et céUtiti, les appareils qu'exigent les pansements et les opératioos; que l'on acquiert la dextérité nécessaire ponr enlereroai douleur et réappliqoer convenablement un appsrnl» l'habitude des soins de propreté, qni s'étend sans efTori t tout ce qu'on fait ; celle de ces monvements doux, légtn et prompts à la fois, que l'on sait suspendre an aïoixMlrf signe de douleur pour les renouveler , sous des foroci plus douces encore, au premier besoin ; celle enfia àt c0 mille attentions miontienses et délicates, qui ne peavcal se décrire , que ne soupçonnent même pas ceni qot si sont qne savants, et dont les malades sentent si bies M< le prix.
C DENONVILLIERS,
PrafMMH d'Matomit i la ftabtif'^ dwiM 4t P«rit. ekitwgita n cW* rhèplUldo- ~
,.^Qgl
Pâlis. —
DUBOGHET, LECHEVALIER bt G», 60, RUE RICHELIEU. — S5
HYGIÈNE.— SALUBRITÉ PUBLIQUE
HYGIENE
PRiuUIMAIUt.
L'hygiène (v^rUM. stnté) etl l'art de conierver ia lanlé ; Ue noai appreod à éTiter les choses oaisibles et à faire «0 osage des choses aliles. L'hygiène est iolimement ice à la médecine , dont elle forme noe branche imporiBle ; , cependant elle diffère de l'art de guérir pnisn elle ne considère l'homme que dans l'état de santé ; aais en Ini traçant la marche à suivre pour s'y maintelir, elle lui signale l«s causes des maladies et se rattache mil à l'étiologie. Elle fournit d'ailleurs à la médecine rophylactiqne ses moyens les plus puissants , lorsque , tr le régime, la gymnastique, etc. , l'on cherche à préenJr le développement d'une affection ; enfin, elle tonke à la thérapeutique en constituant la base du traitewnt dans certaines maladies.
L'hygiène a été divisée en plusieurs branches, suivant netle s'adresse aux individus ou aux masses, aux difféeots igea, aux diverses professions. Ces divisions ne Mit que le développement de certains préceptes et leur ppiication à des conditions spéciales. Ainsi l'hygiène ubiique considère l'homme dans l'état social et lui trace i conduite que cet état lui impose au point de vue de la ilobrité. L'hygiène militaire, l'hygiène navale ne sont ue l'application des préceptes qui constituent l'hygiène es professions.
Les limites qui nous sont imposées dans ce travail ne ous permettent pas de le diviser ainsi. Nous ne saurions i faire sans nous exposer i des redites continuelles qui , loios choquantes dans un ouvrage de longue haleine , e géraient pas supportables dans un résumé de quelaes pages.
Les préceptes les plus importants de l'hygiène ont été onous et suivb dès l'antiquité la plus reculée.
Transmises par l'Inde et l'Egypte à la Grèce et au este du monde, ces lois, fondées sur l'observation de la store , ont traversé les siècles ; mais , comme toutes les oonaissances de l'esprit humain, elles ont eu leurs temps e ténèbres et de barbarie. Moïse, en rendant obligatoies pour les Juifs les sages préceptes de l'hygiène orien • lie , y mêla des prescriptions qui attestent l'ignorance a législateur et celle du peuple à la fois. Lycurgue paya ribnt à la barbarie de son temps et de son pays, en asociant des lois atroces à une hygiène excellente dont ces >is devaient eoUraver les résultats. Mahomet écrivit le Koran
pour ïeê peuples de l'Yémen, et sans prévoir que le régime qu'U prescrivait avec raison dans ce pays serait fufuneste à ses sectateurs en Egypte, en Perse et à Constantinople. Enfin le christianisme, en rendant suspect à ceux qui adoptaient ses croyances tout ce qui rappelait les mœurs païennes, en prescrivant de mépriser le corps pour ne penser qu'à l'âme , remplaça par des macérations les habitudes hygiéniques de l'antiquité.
Cest du 18" siècle que date la renaissance de Fhygiène, comme celle de la philosophie. A la voix do Rousseau tombèrent ces préjugés , ces coutumes absurdes jusque-là respectées comme de sages traditions. La mode, qui se mêle à tout, compromit , il est vrai , en le poussant à l'extrême , le système du grand novateur ; mais le bon sens fit justice de ces écarts , et l'on peut dire que Rousseau réforma l'éducation du corps, comme Voltaire celle de l'esprit Les belles découvertes de la physique , de la chimie et de l'anatomie pathologiques vinrent jeter un nouveau jour dans les questions d'hygiène. Enfin des hommes de savoir, parmi lesquels le professeur Halle figurait en première ligne, réumrent les éléments épars et en formèrent un corps de doctrine auquel chaque jour les sciences ajoutent, et dont elles n'ont encore rien démenti. C'est d'après ces données que nous allons exposer brièvement les préceptes fondamentaux de l'hygiène.
Les anciens divisaient la matière de l'hygiène en sii classes : aer, cibu» et potut , excréta et retenta ^ êowmut et vigilia , wtotus et quies , animi patkewuita, Sanctorius y ajouta une subdivision coocemanf les phénomènes qui résultent du rapprochement des sexes.
Boerhaave, pais Halle définirent d*uoe manière pins générale et en termes plus philosophiques les choses que Galien appelait non naturelles. Nous les étudierons avec eux dans l'ordre suivant : 1** cireum/usa , choses environnantes, milieux; 2<> applieata, choses adaptées on appliquées à la surface du corps ; 3^ ingesta , choses introduites au dedans de nous par les voies alimentaires ; A^ excréta, choses portées au dehors de nous par les voies excrétoires ; i^ getta, aclion des muscles soumis à la volonté, et par compensation le repos de ces muscles, la veille et le sommeil ; 6** percepta , impressions reçues par nos sens et leurs conséquences.
Choses environnantes, miÙeux (Gircumfusa). — Le milieu dans lequel vit l'homme , c'est l'air atmosphérique diversement modifié par les conditions du sol , par les vents, l'électricité , la lumière , le calorique et les corps
giiëiformes qni peuvent y être mêlée. L'air est de toutes choses U plus immédiatement nécessaire à l'homme , et le rdle important qu'il joue dans Tentretien de la vie explique assez comment, par ses modifications et dans certaines conditions , il détermine la plupart des maladies. Le premier précepte de Tfay giène privée , c*est donc de choisir pour séjour un lien où Tair soit pur ; le premier devoir des hommes chargés de faire respecter l'hygiène publique, c'est d'écarter avec soin les causes par lesquelles la pureté de l'air peut être altérée.
Les émanations marécageuses, en se mêlant i l'air, causent la fièvre intermittente ; on doit donc éviter avec soin le voisinage des marais, des prairies à fonds marécageux, les berges des rivières ou des lacs à niveau variable. Bien qu'en général l'influence des marais ne se fasse sentir que dans un rayon, elle peut agir à des distances asses grandes lorsque les vents emportent les miasmes émanés du sol. S'il faut s'établir non loin d'un terrain marécageux, on devra se placer entre le marécage et le point de l'horison d'où le vent souffle le plus fréquemment Dans les vallées on se placera de préférence à mi-côte , de manière à nôtre pas atteint par les vapeurs qni, le matin et le soir, couvrent les prairies.
Enfin le soldat, l'ouvrier, que leur condition forcée séjourner an milieu des miasmes paludéens, combattront jusqu'à un certain point leur influence , en évitant de s'exposer aux changements brusques de température, à tout ce qui peut supprimer brusquement la transpiration. Ils sortiront le moins possible après le coucher du soleil et porteront sur la p«an des vêlements de laine. Les ilimeots devront être abondants et pris surtout dans le règne animal ; les amers et les toniques, comme la gentiane, le quinquina, le café, le vin, employés d'une manière judicieuse, seront aussi d'une grande utilité pour prévenir les effets de Tintoxication paludéenne.
L'air saturé d'humidité peut, dans certaines conditions, être une cause de maladies nombreuses et cruelles. Nous disons dans certaines conditions, car l'air de la mer, toujours uturé d'eau, est néanmoins salubre, quand la saison on le climat ne viennent pas modifier son action ; mais la vapeur d'eau , en suspension dans Tair de k mer et des côtes , renferme une proportion notable de «d qui donne à cet air des propriétés toniques. Il n'en 6st pas de même dans une maison nouvellement construite , dans une chambre dont les murs salpêtres sont «ne source permanente d'humidité , dans la chaumière des paysans dont les murailles sont partiellement ou en totalité formées de terre , et dont le plancher ou plutôt Taire en terre est de beaucoup^ plus bas que le sol environnant Pour se défendre pins facilement contre le froid , l'homme des campagnes creuse dans le sol sa demeure ; il la recouvre de chaume , il n'y laisse que d'étroites ouvertures. Pour épargner son temps et sa peine, il entasse devant sa porte le fumier qui doit serrir à fertiliser son champ. Les mêmes raisons lui font considérer comme heureux pour lui le voisinage immédiat d'une mare où ses bestiaux s'abreuvent et qui fournit de l'eau à son jardin. Il s'installe ainsi parce qu'il est né dans une maison semblable, au milieu de semblables conditions , qni toutes cependant sont fécondes en résultats funestes pour lui et pour ses enfants. Car cette maison , creusée dans le sol et couverte en chaume , est humide comme une cave; ces murs se pénètrent sans cesse de l'humidité de l'air, et surtout de celle du sol dont ils font comme un prolongement Le fumier entassé devant la maison baigne dans un liquide infect qui , s'il n'est pas nuisible par son odeur, augmente encore l'humidité du sol et des murs et bannit la propreté , cette sauvegarde de l'hygiène.
La mare voisine, en supposant qu'elle ne donne pas la s'ijoiite enoora aux autres causes d'humidité.
Pourtant cette humidité permanente , cause de rbnmatismes, de catarrhes, n'est pas pour rhabitant d'une pareille maison ce qu'il doit le plus redouter. Une porte basse et étroite, des fenêtres ou des lucarnes plus étroites encore lui sont une garantie contre le froid en hiver, contre la chaleur en été ; mais c'est en ne permettant pas l'accès de Tair extérieur qu'elles conservent au dedans une température égale. Cette porte, ces fenêtres sont d'ailleurs fermées tout le jour pendant le travail des champs, et à plus forte raison la nuit ; mais quand elles demeureraient ouvertes doute heures de suite , Tair ne serait pas complètement renouvelé dans la maison où elles ne suffisent pas à lui donner entrée.
D'antre part , cette maison de peu d'étendue est habitée par une famille souvent nombreuse. Dans beaucoup de pays même, i'étable est à peine séparée de la diambre où couche la famille, et les animaux qui la remplissent contribuent encore à diminuer la masse d*air respiraUe. Enfin, père, mère et enfants s'entassent dans nue oa deux alcôves, où souvent ils peuvent à peine se tenir war leur séant et que d'épais rideaux ferment hermétiquement
Vivant au grand air toute la journée , ils ignorent les avantages de cet air pur et envient le sort des citadios, qui restent enfermés dans des maisons bien closes; ils ne soupçonnent pas que l'atmosphère dejeurs chambres, de ieon alcôves encombrées puisse être malsaine, ou s'ils apprécient l'air de leur vallée, de leurs champs, qnelqoes beârcs passées dans des conditions tout opposées ne leur paraissent pas une compensation à redouter. Ils ne s^îuquiètent pas davantage de faire pénétrer la lumière dans lean maisons ; jamais on n'y voit briller un rayon de soleil . la façade en est souvent tournée au nord, presque jan» au midi. Ils voient s'étioler dans ces sombres demeures les plantes, les arbustes qu'ils y rentrent en hiver, et se soupçonnent pu cependant que la lumière puisse être essentielle à la santé , à la vie de leurs enfuits comme à celle d'une fleur.
Ils ne savent pu que rien n'est plus nuisible aux êtres vivants que de séjourner dans un lien clos et trop pes étendu pour leur nombre ; l'air, ne pouvant pas se renouveler, est bientôt vicié par la respiration et devicai un poison redoutable.
L'encombrement , le séjour dans un air vidé par la respiration cause le typhus dans les hôpitaux, dans k* camps, dans les prisons, sur les navires, etc. L*air stagnant dans certaines vallées des Alpes est une cause de crétinisme. Les enfants , les populations qui vivent renfermés dans d'étroits espaces où l'air se renouvelle mal. où la lumière ne pénètre pu, sont décimés par la pb^sie, le rachitisme, les scrofules sons tontes les formes. Ces axiomes, fondés sur la triste expérience de chaqv jour, ne sauraient être trop répétés aux gens des campagnes. Les admmistrateurs, les hommes qui jouisses! de quelque influence, doivent s'efforcer d*ametter le peapie à des habitudes plus hygiéniques ; c'est un devoir pour le pays de veiller avec sollicitude à ce que des préceptes aussi importants ne soient pu mis en oubli.
Mais ce n'est pu seulement dans les campagnes qœ ces préjugés, ces déplorables coutumes subsistent, et certes elles ont des résultats moins funestes dans les campagnes que dans les villes. En effet, quelque malsaine qw soit la demeure des villageois , le grand air du deh«n prévient, du moins en partie, les eflets que peut prtK dnire le séjour dans la maison.
On ne peut d'ailleurs adresser que des conseils , nos des reproches, à l'homme de la campagne que son pea d'éducation rend excusable, et qui souvent, ayant rern comme héritage la maison qu'il habite, ne pent, faute de ressources, y faire les changements commandés par l'hygiène ; mais que penser de rhomme des viHes , du propriétaire qui ne s'occupe nullement de savoir si ses
HYGIÈXË.
locataires seront ou non dans des conditions qni lear permettent de vivre, qni 8*inqnJè(e peu d'augmenter les chances de mortalité pourvu qu'il augmente aussi son revenu? Que penser do négociant qni s*enfouit avec sa Emilie dans un rei-de-ehaussée humide, où le soleil ne pénètre jamais, où Ton ne peut écrire qu'à la clarté d'une lampe et qni condamne sa femme et ses enfants à s'étioler comme lui dans cette cave, d'où il sort quelques années après avec des êtres chétifs , rachitiques , et qui , s'ils vivent , ne donneront au pays que des enfants abâtardis comme eux? On critiquait amèrement, il y a vingt ans , le peu de sollicitude que nos pères témoignaient pour la salubrité publique. Les cloaques de la Cité , des quartiers des Areis, Saint-Martior et Sainte-Avoye , du faubourg Saint-Harceau, etc. , représentaient ce que pouvait être Paris tel que Bolieau nous le dépeint Cependant à càié de ces cloaques, dans ces rues étroites et tortueuses, des h6tels magnifiques, de grands jardins montraient encore ce que Louis XIV et son siècle firent pour l'embellissement de Paris.
Au 1 7« siècle on n'élargissait pu les rues , il est vrai , et c'était pécher par un point capital , mais on -construisait de vastes appartements , on respectait , on augmentait la grande végétation et si l'air ne circulait pas dans les mes, il ae renouvelait facilement dans les maisons par des fenêtres ouvertes sur de vastes jardins. En un mot, le luxe et Toalentation servaient parfaitement l'hygiène et semblaient à quelques égards inspirés de ses préceptes. Ce n'est pas à dire que, sous Louis XIV, Paris fût plus salubre qu'à présent. Il est certain, d'ailleurs, que dans les constructions de ce temps les grands seigneurs voyaient leur avantage per^ sonnel et ne pensaient nullement à l'intérêt puhlic; mais il D*en est pas moins regrettable que cet amour du beau, da grandiose, dont on retrouve le cachet dans les constroctions de cette époque , ait fait place de nos jours à l'esprit de lucre et de spéculation qui cherche en vain à cacher sa petitesse par une ornementation de mauvais goât. On perce de belles mes , dira-t-on ; des quartiers naguère inabordables sont maintenant un lieu de promenade , une voie de communication facile et agréable : il est Trai ; mais si la me Rambnleau, par exemple, est plus comoiode aux piétons , plus conforme aux lois de l'hygiène que les melles qu'elle a remplacées ; si les maisons présentent des façades plus on moins élégantes , que sont devenus tous les jardins qui formaient nue série presque continue des Archives à Saint-Eustache? Ils ont dispara pour faire place , non pas à des cours . ce ne serait que demi mal, mais à des maisons de cinq étages, où s'encombre la population. Aihsi vous ouvres ici passage à l'air et là vous souffres qu'on le supprime, qu'on l'annule en remplissant l'espace de maisons et d'habitants, en mettant à la place de ces jardins , réservoirs d'air pur , des cours de 3 oo 4 mètres de cAié , véritables puits , dont le fond €»t tapissé de mousse jusqu'au premier étage et qui doivent suffire comme prise d'air aux corps de bâtiments qni les entourent
C*est ainsi que les jardins et les cours disparaissent comme terrain sans rapport, et que dans un espace où vivaient antérieurement vingt personnes on en fait tenir cinquante et même davantage. Les anciens appartements sont divisés en deux dans leur hauteur ; quant à ceux des maisons récemment constraites , il est rare qu'ils aient plus de 2°>,50 pour le premier étage et 2™, 30 ou 2^,80 pour les autres; les entresols n'atteignent pas 9 mètres. Les <;ours n'existant plus, les portes cochères deviennent inutiles, encore un cube vide à remplir au bénéfice du propriétaire. Mais la porte bâtarde et l'étroit vestibule qui donnent accès dans la maison , ne communiquent pas avec la coor en forme de puits dont nous avons parié on ne peuvent, en tout cas, lui fournir une masse d'air suffisante.
Dans les plus beaux quartiers , dans ceux qui s élèvent sous nos yeux , on retrouve partout le même système de constraction, dont la formule est toujours : Etant donné un terrain, y faire tenir le plus grand nombre possible de locataires.
A ces critiques on répond en objectant les droits de la propriété. Nous n'avons pu à discuter cette question ; nous dirons seulement que ces droits ne sanimient porter atteinte à d'autres droits plus sacrés et dont le respect est une condition vitale pour la population. Nos lois ont admis ce prin» cipe en restreignant les droits du propriétaire par des lègle* ments, par des servitudes de police qni s'opposent à ce que, dans un but d'intérêt particulier, il compromette l'intérêt général. Lorsqu'il sera évident pour l'autorité comme pour les hygiénistes que l'encombrement du terrain par les maisons et des maisons par les individus est une cause de maladies , d'abâtardissement pour tontes les classes et surtout pour la classe la plus nombreuse et la plus mal logée, la loi préviendra ce mal : les gouveraanis savent qu'il est de leur devoir de veiller à la santé du peuple qui paye l'impôt du sang ; ils savent que ce peuple a tout au moins le droit d'être aussi bien traité par son pays qu'un troupeau par un éleveur intelligent qui s'efforce , dans son propre intérêt, d'améliorer la race et de diminuer la moHaUté. On a déjà fait beaucoup pour la salubrité publique , mais jusqu'à présent tout est à faire sur la quMtion qui nous occupe; car le percement de mes nouvelles dans certains quartiers est bien plutôt une affaire de stratégie qu'un moyen d'hygiène, en égard aux tristes compensations que nous avons énumérées.
D'autres causes peuvent vicier l'air et le rendre dangereux à respirer ; tels sont : 1<> les gas acide carbonique et oxyde de carbone qui se dégagent du charbon , de la braise en combustion ;
2« L'absorption de l'oxygène et le dégagement d'acide carbonique que produisent les végéteux pendant la nuit ;
$o L'odeur qu'exhalent tes fleurs et certaines substances dont le parfum peut avoir, sur le système nerveux, une influence dangereuse ;
40 Des subrtanoes toxiques qui peuvent aussi être mêlées à l'atmosphère d'une chambre , par la volatilisation de certaines peintures fraîches et même , suivant quelques hygiénistes , de certaines couleurs employées à teindre les papier de tenture, comme le vert de Schveinfurt, qui renferme de l'arsenic. Ou voit aussi les conduits du* gas d'éclairage laisser échapper par des finures une certaine quantité de leur contenu , dont le mélange à Yair atnesphérique détermine rapidement des afiections asses gra^ ves ches ceux qui le respirent Enfin , il est arrivé que de vieilles poutres, mises en combustion lente par une cause inconnue, aient causé des accidente mortels en vi-* ciant l'air d'une chambre.
L'air est modifié dans son action sur l'homme par sa température.
Dans les appartemente la température ne doit pas être trop élevée ; elle ne doit pas en hiver dépasser 1 5« c. et pendant les grands froids il est même plus hygiénique de ne pas tenir le thermomètre au-dessus de 12 à 14«. Cette dernière température est celle qui convient dans les chambres de malades, dans les salles d'hôpitaux. Les personnes qui se livrent au travail de cabinet, las employés chauffent en général outre mesure les pièces où' ils se tiennent Cette température élevée a pour résultet de les prédisposer aux congestions cérébrales et pulmonaires. Les chambres à coucher; surtout celles des enfants, doivent être à une température asseï basse, on même tout à fait sans feu, surtout pendant la nuit, Muf le cas de maladie.
La température, qui varie suivant les saisons et suivant les diverses régions du globe , n'est pas toujours et partout également favorable à l*eustence de l'homme. Ce
o'ett même qu'à force d'indoitrie que notre espèce peot f ivre dans certûues cootréee. Quel que soit le climat sous lequel Thomme doit vivre , il faut qu'il observe et suive avec soin les indications hygiéniques que lui fournit Tezpërience.
Les variations barométriques et' thermométriquei de l'atmosphère agissent continuellement et avec une grande puissance sur l'homme. Il est impossible de se soustraire à l'influence des premières , mais on peut , par un régime approprié, en prévenir, jusqu'à un certain point, les conséquences. L'électricité joue nécessairement un grand rAle dans les influences que peut avoir, sur nos fonctions, le milieu dans lequel nous vivons; mais, quoique son action se manifeste d'une manière asses évidente , notamment ches les personnes nerveuses, on ne se rend pas bien compte de ses effets , qui se confondent avec ceux des autres phénomènes météorologiques, et la science n'a pas donné jusqu'à présent le moyen de les prévenir.
Bu l'absence de toute lumière l'œil se paralyse, comme un muscle, par l'immobilité ; aussi ne doit-on pas soustraire entièrement à l'action de la lumière le globe de l'œil même malade. La lumière directe, qui vient, soit du soleil , soit d'un corps en ignition , est aussi pour l'œil une cause de fatigue, de congestion et d'affection graves.
L'eau , le sable , la neige , des murs blanchis récemment , etc. , en réfléchissant la lumière solaire , causent bientôt des douleurs ou des accidents du eàtè ^es yeux. Il en est de même des bocaux de verre remplis d'eau distillée, ou des lentilles que certains ouvriers emploient pour concentrer sur un point la lumière de leur lampe.
L'usage de lunettes vertes on bleues est le meilleur préservatif contre ces effets d'une lumière intense.
Les lampes à lumière si blanche, dont on fait usage aujourd'hui, ne sont pas sans inconvénient, lorsqu'elles sont employées sans ménagement pour la vue.
Avec les précautions convenables , l'usage de lampes qui braient à blanc est du reste un immense progrès et fatigue beaucoup moins la vue que la flamme rouge, vacillante et inégale de la chandelle dont usaient nos pères.
Il est important, lorsqu'on travaille à la lumière, de placer autant que possible le foyer lumineux un peu plus haut que la tête , on du moins plus haut que les yeux. Sans cela les rayons arrivent directement à l'œil , et, quelque précaution qu'on prenne, cet organe est entraîné par une force irrésistible an strabisme, dont il prend en peu de temps l'habitude.
La même raison interdit de placer le berceau d'un enfant de manière que le jour arrive à ses yeux soit de cAté, ioit directement en face. L'enfant couché dans son berceau doit être placé de manière à avoir le jour derrière lui.
Choies appiiquiêê à la turjaeê du eorpê (Applicata). — Dans cette classe nous plaçons d'abord les vêtements, qni doivent être appropriés an climat, dont ils modifient l'action sur Foiganisme.
11 faut que les vêlements soient asses larges pour ne gêner en aucune façon les mouvements et le développement du corps. Dès les premiers instants de la vie l'enfant doit être à l'aise dans ses langes et non serré ; il ne suffit pas que ses membres soient au lai^e dans son maillot, il importe aussi que ce maillot n'étreigne pas la base de la poitrine. La plupart des nourrices et des mères nuisent singulièrement au développement et à la santé de leur enfant en le serrant ainsi au-dessous des aisselles. Il faut que, sans effort, ou puisse passer deux doigts entre les langes et le corps de l'enfant.
Une mode absurde a fait adopter aux femmes, dans la partie du monde, la plus cirilisée, l'usage des corsets, machines qui nous sont restées d'un temps où l'on préférait aux grâces nalnreilet les formes guindées, le ridicule échafaudage des paniers et le sale usage de la
poudre. Quoique bien modifiés dans leur forme, les corsets n'en sont guère moins nuisibles , puisqu'ils agisseat toujours en comprimant la base du thorax et tendent à donner à cette région une forme tout opposée à celle qû lui est naturelle. Les corsets n'ont aucune utilité , ils ne peuvent être que nuisibles et le sont à la plupart des femmes ; car, même ches celles qui se serrent le moins, ils gênent toutes les fonctions organiques. Lorsqu'une femme est bien faite, elle n'a pu besoin de corset pour être gracieuse, et le corset le plus merveilleux ne donne jamais de grâces à une femme mal conformée. Si Ton faisait faire de la gymnastique aux jeunes fillet jusqu'à la puberté , si l'on développait chei elles par l'exercice les forces et la santé qui leur seront nécessaires pour donner au pays des enfants robustes , on ne songerait plus à emprisonner dans un corset leur taille souple, élégante et pleine de vigueur. Que dire de la mode qui, dana quelquesunes de ses phases, prescrit aux jeunes penonnes , aax jeunes femmes, la compression et, par oonaéqnent, l'atrophie des glandes mammaires an moyen du corset, et admet, comme cachet de distinction, une imperfection apparente ou réelle? Ajoutons que l'utilité du corset, eomae moyen orthopédique, est un préjugé, un prétexte de cequetterie. Jamais corset n'a empêché une fille de devenir bossue , et les corsets donnés comme orthopédiques m peuvent, lorsqu'ils sont employés seuls , agir d'une manière utile ; presque toujours même iU s<«t nuisibles.
Les bretelles sont nuisibles aussi , pour pen qo'eUei compriment les épaules et qu'elles ne soient pas d*aot trèff-grande souplesse. On peut en éviter l'usage ches Ici enfants an moyen de l'ajustement qu'on a nommé hahît de matelot ; vers l'âge de 7 ans, quand la crête iliaque dépasse. de chaque c6té la largeur de l'abdomen, une lai^e ceinture embrassant la taille sans la comprimer , et s*appuyant sur la crête iliaque, soutient les vêtements et augmente les forces musculaires en contenant les parois abdominales. Pins tard , enfin , la partie supérieure da pantalon disposée en ceinture contentive , suffit à maintenir ce vêtement et prérient en même tempe Tobcsite par une compression méthodique ; mais il ne doit y avoir aucun rapport entre cette ceinture et le corset dont quc^ ques individus [font usage pour conserver de la finesse à leur taille. Cette compression de l'abdomen, en refoulant le foie et les intestins contre le diaphragme, n'est pu moins nuisible que le corset des femmes , et ne donne que de la roideur au lieu des grâces que croient avoir 1rs officiers des armées du Nord.
Toute ligature pouvant gêner la circnlalioB doit étrr proscrite surtout dans l'enfance et la première jeunesse. Ainsi les jarretières qui prédisposent aux varices, seraot avantageusement remplacées , chei les enfants , par des cordons tenant à la ceinture ; plus tard, chei les jeunes filles , de simples rubans de laine très-peu serrés anaistiendront les bas ; on éritera la compression circniaiie. l'étranglement des membres par les jarretières à ressorti métalliques. Ches les hommes la cravate enveloppera k cou sans le serrer.
Est-il besoin de dire que les chaussures étroites sont un supplice dont la coquetterie ne retire aucun avanta^- Une femme , dont le pied est bien fait et petit , n*a pai besoin de le serrer pour lui donner de la grâce , et , ■ elle veut enchérir sur la nature, elle gêne sa démarche et déforme bienlêt ce qu'elle veut rendre plus élégaaL Quant aux pieds grands et mal faits , aucune chanssai*. tant serrée soit-elle, ne peut les rendre bien faits ni petits ; une telle chaussure peut seulement ajouter à Icnr difformité.
Les vêtements, avons-nous dit, doivent être appropriai au climat, mais c'est moins aux extrêmes on à la moyenne de la température qu'à la fréquence et à retendue de ses variations qu'il faut avoir égard. Sous pieeqve Isuks
HYGIÈNE
les Utitndes, même les plus ehtudes, Tttsage de It fltoeDe sur It peau est utile, surtoiit lorsque TeMlimatemeiit a rendu le eorps plus sensible inx viriations thermométriqnes.
Dans nos climats tempérés, les vêtements de laine sont de nécessité première , et c'est une preuve de bon sens de notre siècle d^avoir substitué des babits chauds et fermés à ceni que portaient nos pères, velus de soie et en culotte courte pendant les plus grands froids. Les femmes ont pris part au progrès, et leurs vêtements, plus élégants que du temps de l'empire , sont aussi plus rationnels et plus chauds.
La couleur des vêtements n'est pas sans importance an point de vue de rhfgiène , puisque , suivant qu'ils •ont de couleur claire ou foncée , les vêtements sont plus ou moins frais en été, plus ou moins chauds en hiver.
La coiffure doit être légère , il ne faut pas qu'elle serre trop la tête ; et quand elle est trop épaisse , lourde et imperméable à l'air, comme celle des soldats , elle doit être percée d'ouvertures destinées i renouveler l'air confiné entre la tête et les parois. La mode ou plutêt l'usage, auquel on ne peut se soustraire, est loin d'être d'accord avec rhygiène , sous le rapport de la coiffure.
Si quelques peuples sauvages se passent de coiffure , c'est que leurs cheveux épais, nattés ou enduits de graisse, leur en tiennent lieu. D'ailleurs, on n'en est plos & citer les peuples sauvages comme exemple à suivre en hygiène.
Un des points du corps les plus importants à prémunir eontre le refroidissement , ce sont les extrémités inférieures. La transpiration plus ou moins abondante dont lea pieds sont constamment le siège ne peut , sans de graves inconvénients, sans danger même, être supprimée par l'abaissement de la température.
Le lit est aussi pour l'hygiéniste un objet d'études. La position qui convient le mieux au corps pendant le sommeil, c'est le décubitui sur un plan incliné, de façon que la tête soit plus élevée que les pieds.
L'inclinaison du lit-de-camp sur lequel reposent les soldats au corps de garde est celle qu'il convient de donner au matelas supérieur, car le poids du tronc et de la tête l'a bientôt diminué de quelques degrés.
Le lit ne doit pas être trop mou , il se prête alors à des flexions du tronc et des membres qui nuisent au repos et peuvent, dans l'enfance, devenir une cause de difTormités ; de plus , dans un lit très-mou , la température s'élève rapidement, la congestion vers la tête s'ensuit, et de là des accidents à redouter.
Les oreillers de plume sont inutiles , quand le lit est bien fait, pour relever la tête ; ils ont à tout âge le grave inconvénient d'appeler fortement le sang vers le cerveau. Un traversin suffit parfaitement.
Le lit ne doit pas être placé contre an mur humide ; car les draps participent bientôt à cette humidité, dont Je rhumatisme est le résultat inévitable.
Les sièges doivent être calculés aussi dans leur forme et leur élasticité pour se prêter au repos du corps sans compromettre son développement normal en facilitant de mauvaises attitudes.
A la classe des applicala se rapporte encore ce qui a trait anx soins extérieurs du corps, c'est-à-dire à l'entretien de la propreté générale ou partielle , à la tonification , an relâchement des tissus par des moyens qui peuvent avoir aussi pour but l'ornement et l'agrément. L'ensemble de ces moyens constitue ce qu'on a nommé ia coswUtiquê.
Les bains et les lotions figurent ici en première ligne.
Les bains aux différents degrés ne conviennent pas également sons tons les cliniats et dans toutes les saisons.
Le bain frais (bains de rivière , de mer) et le bain tiède sont ceux dont l'usage est le plus général.
Le bain frais, longtemps repoussé par l'ignorance et la pusillanimité , négligé par des médecins qui n'en connaissaient pas l'importance , prend aujourd'hui en hygiène et en thérapeutique la place qni lui est due. U y a vingt ans on aurait accusé de folie , ou tout au moins d'eicentricité ridicule , une mère qui aurait fait prendre à sa fille des leçons de natation ; aujourd'hui cette gymnastique est considérée comme le complément de l'éducation physique pour les jeunes personnes ; aucun exercice ne peut agir sur leur constitution d'une manière plus heureuse et n'altère moins la réserve et la convenance de leur maintien.
Nous rattacherons an bain frais les lotiont à Veau froiàty pratiquées tous les matins sur le corps entier ou sur les parties supérieures. Ce moyen hygiénique est d'une grande importance.
Les limites qui nous sont imposées ne nous permettent pas de donner sur. les bains plus de détails.
L'établissement de bains publics donnant i bas prix on gratuitement au pauvre un moyen précieux d'entretenir sa santé on de guérir ses maux , a toujours été un objet de sollicitude pour les peuples civilisés et pour les sages législateurs de quelques peuples barbares. La France a beaucoup à faire sous ce rapport. Les malades pauvres des grandes villes trouvent , dans certains hôpitaux , des bains gratuits, et ce remède, souvent coûteux, leur est largement dispensé comme tous les autres. Mais ce n'est pas seulement aux malades que le bain est nécessaire : pour toute cette population laborieuse et vivant dn produit de son travail , le bain est de première nécessité ; combien de maladies , nées de la malpropreté , de la fatigue , du contact de la peau avec 'des substances plus ou moins nuisibles, seraient prévenues par le bain ! Pour les enfants il n'est pu moins utile, et pourtant la plus grande partie de la classe ouvrière et toute la classe indigente ne peuvent se baigner que quand la maladie leur ouvre la porte de l'hôpital.
Ne serait-il pas digne d'une grande ville , d'un grand peuple, d'établir des bains publics dont l'entrée serait gratuite pour l'indigent inscrit aux bureaux de bienfaisance, et d'un prix modique pour le pauvre? Espérons qu'un jour ce vœu que nous formons sera réalisé.
— Les onctions avec certains corps gras, les frictions avec la main nue ou armée d'un gant, d'une brosse, le musage , si utile dans les pays chauds, méritent encore une mention particulière.
Les onctions avec l'huile , avec la graisse de porc , de bauf ou de mouton donnent à la peau de la souplesse, combattent l'irritation dans les points soumis au frottement et préviennent l'érythème solaire , dont les conséquences peuvent être si graves. En Egypte et dans une grande partie de l'Afrique c'est le meilleur, le seul knoyen d'obvier à l'action dévorante du soleil. Les onctions ne sont pas moins utiles pour la conservation des cheveux, mais il faut surveiller l'action des pommades employées à cet usage , car elles peuvent , dans certains cas , déterminer des maladies de la peau.
Tel est aussi bien souvent le seul effet de toutes ces préparations si vantées par les parfumeurs. Le mieux qni puisse arriver à ceux qui en font usage , c'est que l'effet soit nul ; car toutes ces merveilles, destinées à rappeler la jeunesse , à réparer des ans FirriparabU outrage , ne font qu'augmenter le mal contre leqnel on les emploie.
Cette partie de la cosmétique ne tient donc à l'hygiène que d'une manière négative et à cause de la nécessité de surveiller l'usage des substances qu'elle comprend. Quant à celles qui sont destinées à entretenir la propreté, leur emploi , leurs proportions doivent être calculés pour ne pas dépasser le but : ainsi le savon trop caustique , ou trop fréquemment employé , altère promptement la peau en saponifiant l'épiderme. Les opiats , les liqueurs
et poudres dentifrices, qai conliennent des acides, dissol- Yent rapidement Témail et agacent le collet des dents ; le charbon, même bien polvérisé, ne doit être employé qu'a- Tec ménagement comme dentifrice, puisqu'il nse aussi l'émail. Un mélange contenant parties égales de magnésie calcinée et de quinquina en poudre est celui qui convient le mieux.
Chotes introduites par les voies alimentaires (Ingesta). — Cette classe comprend les aliments , les boissons et les médicaments pris dans un but prophylactique.
Aliments, — Nous ne pouvons nous étendre ici sur les différentes espèces d'aliments qui composent la nourriture de l'homme , nous donnons seulement quelques préceptes sur l'alimentation qui convient aux différents âges et aux différents dimals.
La nourriture qui réussit le mieux à l'enfant naissant, est le lait de sa nourrice. Les heures de ses repas doivent être rapprochées, surtout pendant les premiers mois, cependant il n'est jamais nécessaire de lui donner le sein plus de huit fois en 24 heures; s'il parait le demander dans les intervalles , on peut lui donner de l'eau sucrée et plus tard un peu d'eau d'orge ou de gruau. Il faut se garider de la funeste habitude qu'ont les nourrices et la plupart des mères de gorger l'enfant de lait : des affections graves de l'estomac sont très-souvent la suite de cette pratique aveugle. Toutes choses égales d'ailleurs , un enfant élevé à la campagne consomme , sans inconvénient , plus de nourriture qu'un enfant élevé dans une grande ville. Vers neuf à dix mois , en général , il convient de sevrer l'enfant, qui, dès le quatrième mois , a pu sans inconvénients s'habituer pen à peu à de légers potages d'abord maigres , puis gras. Lorsque l'enfant est sevré , il faut , si rien dans sa santé ne prescrit un régime spécial , l'habituer graduellement à manger toutes sortes d'aliments; nous exceptons, bien entendu, ceux dont l'usage est peu hygiénique, même pour l'adulte. Dès l'âge d*uo an , quatre à cinq repas par jour suffisent et tous ne doivent pas être également forts. La nuit , un peu de gruau très-léger on d'eau sucrée apaise la soif de l'enfant qui, sauf les cas exceptionnels et très-rares , n'a pas besoin alors d*aliments. Vers deux ans, un enfant doit pouvoir manger indistinctement de tous les mets qui sont lervis sur la table de ses parents ; en lui donnant cette habitude, on évite de le rendre ^difficile et on prévient i^ussi la gourmandise , résultat fréquent du refus de ce qui le tente. Les substances alimentaires qui conviennent Je mieux à l'enfant , sont , avant tout , la soupe , la viande , soumise à la préparation la plus simple , c'est^^-dire bouillie ou rôtie ; le gibier ne doit être donné qu'exceptionnellement, soit comme régal, soit comme tonique. Les légumes de digestion facile , ou rendus tels par leur préparation, sont d'un grand secours, en variant û nourriture, pour maintenir l'équilibre des fonctions digestives; quelques-uns, comme l'oseille, la chicorée an salade , ont de plus des propriétés spéciales qui en rendent l'usage excellent.
En été surtout, les légumes verts et la salade, donnés avec la modération convenable , conviennent à merveille aux enfants, qui, pendant leurs premières années, dans nos climats , éprouvent toujours aq renouvellement des deux saisons principales, l'été et l'hiver, quelque chose d'analogue à l'acclimatement d'un adulte qui change de latitude. A mesure que les organes se développent et se fortifient, le régime, sans cesser d'être réglé, peut devenir moins rigoureux et l'on redoute moins pour l'adolescence que pour l'enfance les aliments de digestion difficile ou doués de propriétés excitantes ; mais , si l'usage exceptionnel peut en être toléré , l'usage habituel doit en être interdit
Les quatre repas sont de rigueur jusque vers dix-huit on vmgt ans ; et nous pensons qu'en divisant ainsi l'ali-
mentation on répond mieux aux besoins fréquents de l'économie , en inême temps qu'on ménage plus les organes digestifs. C'est surtout lorsque le corps prend an développement rapide, que la viande est nn aliment nécessaire; l'enfant, l'adolescent, qui n'en ont qu'une ration insuffisante , y suppléent par une quantité de pain considérable. Cette alimentation est quelquefois naisible, et rien ne peut remplacer avantageusement la viande comme nourriture, surtout lorsqu'on exige du corps des efforts musculaires.
Quand les organes ont pris tout leur dévdoppement , les repas doivent être réglés suivant le besoin ; et Ton ne peut à cet égard classer ensemble l'ouvrier dont les muscles agissent pendant 12 heures et l'homme de bureau qui passe la journée assis. C'est surtout à ce dernier que l'on doit recommander la sobriété et le choix des aliments. L'homme de peine , le manœuvre , sous l'influence d'une action musculaire énorme , peuvent digérer les aliments les plus grossiers ; l'homme sédentaire , quand il ne serait pas en général plus faible et plus délicat , doit s'interdire ce qui est d'une digestion difficile et surtout les substances, les mets excitants. Tons les repas du charpentier , du maçon , doivent être solides , leur santé , leur travail, loin d'en souffrir, y gagneront; toutefois ils agiront sagement en réservant pour le souper les alimenta les plus nourrissants. Ces aliments pris au milieu de la journée ont l'inconvénient de rendre l'ouvrier plus lourd et moins habile pendant la digestion ; le soir, au contraire, ils réparent les perles que le corps a faites et leur assimilation s'achève tranquillement pendant nn bon sommeil.
Quant à l'homme sédentaire, s'il veut travailler tpn* son repas , qu'il soit très-sobre , encore fera-t4l mieux de laisser entre le repas et le travail un intervalle proportionné aux difficultés de U digestiea. C'est aussi pour le soir qu!il devra généralement réserver le principal repas. surtout s'il consacre au repos sa soirée. Deux repaa loi suffiront en général.
Ce qui précède concerne senlement les climats tempérés et même, dès le 43« degré de latitude , l'instinct des peuples et la nature du sol ont fait modifier l'alimenlation. Plus on s'avance vers le tropique , moins la nonnîtorr a besoin d'être solide.
Entre les tropiques et sons l'éqnatenr, le réginM est encore plus simple.
C'est toujours au péril de sa vie , ou tout au snoins de sa santé , que l'homme des climats septentrionaux transporté sous des latitudes plus chaudes persiste à oonsarcr son régime et ses habitudes. La première chose à Caire e^ au eoniraire de suivre immédiatement l'exemple do penple an milieu duquel on vit, en ménageant toutefois la transition et en suivant la marche de l'aeclimale-
Certains aliments doivent soit à leur préparation , soit à la nature des substances qui les composent, des qualités nuisibles , surtout quand on en fait nn usa\ge prolongé. Les viandes, les poissons salés ou fumés , nourriture plus habituelle dans Jes pays septentriouux que dans les nôtres , paraissent avoir sur la constitution des peuples de ces contrées nn effet souvent funeste.
La viande de porc , dont les diverses préparations constituent ce qu'on nomme la charcuterie , lorsqu'on eo fait un usage journalier et que , comme le pauvre , oa ne peut l'avoir qu'à bas prix et d'une qualité inférieure, devient un aliment détestable et une des causes les plus actives des maladies de la peau. Parmi les préparations culinaires , il en est qui doivent an vin et sortout aux épices qu'on y mêle, des propriétés excitantes. L'homme robuste et en santé ne doit en faire qu'aa usage exceptionnel. Les condiments de haut goût ont car les voies digestives , sur le foie , sur Tappareil
HYGIÈNE
une aetk» pniitanto et qui peut defenir promptement funeste. Dtni It» climats extrêmes , l'asage des épices semble moins nuisible à l'écoDomie que dans les looes tempérées. L'Anglais , le Rosse , comme l'babitant des Antilles et de Tlnde, emploient impuoémeot des assaisonnements qoe le palais et l'estomac d'un Français ne sauraient supporter.
Aux approches de la vieillesse et lorsqu'il est entré dans cette dernière période de sa vie, l'homme doit ménager les forces de son estomac et se rappeler qu'il a moins besoin à cet âge d'une nourriture abondante.
Boitiom, — L'eau est sans contredit une des meilleures boiuons et celle dont l'homme peut le moins se passer. Quand il ne s'agit que d'apaiser la soif, c'est «aile qui remplit le mieux ce but
Tealee les eaux ne sont pas également bonnes ; et le choix à faire ed^e celles qui sont potables n'est pas sans importance en hygiène.
Les eaux chargées de sels calcaires , celles des puits de Paris ou de la Beauce, par exemple, altèrent rapidement l'émail des dents. Les eaux de source et, en général, les eaux stagnantes ou coulant avec lenteur, sont de digestion difficile. Suivant M. Boussingault » leur usage contribue puissamment à produire le goitre et même le crétmisme , ce qui tient, d'après cet auteur, à ce qu'elles ne sont pas suffisamment aérées.
Les boissons froides , c'est-à-dire à la température de l'air, ont un avantege incontestable sur les boissons chaudes à l'état de santé. On comprend néanmoins que bien des circonstances peuvent proscrire, surtout en hiver, l'usage des boissons froides ; et , dans tous les cas , on doit se garder de boire un liquide froid lorsqu'on a chand : les affections de poitrine les plus gra^ves sont presque toujours la suite d'une pareiHe imprudence.
Il ; a cependant peu d'inconvéniento à boire , ayant chand , de l'eau fraîche , lorsque l'on continue iipmédiatement la marche ou le travail qui vous a mis en sueur et altéré.
Toutes choses égales d'ailleurs le lait froid a une influence encore plus funeste que l'eau froide.
Dès que l'enfant est sevré, sa boisson sera de l'eau d'abord pure et bientôt après légèrement rongie d'un peu de vin. C'est surtout dans les villes et ches les enfante lymphatiques que l'usage du vin est bon ; la dose en doit être augmentée un peu avec l'âge , mais , à moins d'indications particulières, le vin pur n'est jamais nécessaire et serait même nuisible aux enfants.
Ces préceptes sont applicables à l'adolescence >, jusqu'à l'âge où commence le travail musculaire ; alors un peu plus de vin ajoute singulièrement aux propriétés toniques de la nourriture et augmente notablement les forces.
C'est par cette raison que les enfante ou les individus au début de l'adolescence , qui sont employés à des travaux dans lesquels ils dépensent beaucoup de force musculaire , les mousses , les manauvres dans certaines usines , éprouvent de bons eCTets d'une ration de vin qui serait trop considérable pour des écoliers.
L'adulte doit savoir se borner an nécessaire pour le vin plus que pour tonte autre chose. Sa profession » sa conititution -déterminent la quantité qui lui convient Dans la vieillesso , le vin est d'un secours précieux pour soutenir les forces et réveiller l'organisme. On connaît cet axiome de l'antiquité : le vin est le lait des vieillards. Dsns les pays où le vin manque , il est remplacé par la bière, boisson essentiellement hygiénique par elle-même , mais dont l'usage abusif a des effete tout aussi déplorables que ceux du vin. On a dit avec vraisemblance que la bière est pour beaucoup dans la lourdeur de corps et d'esprit des peuples du Nord.
Une boisson bien inférieure à celte dernière , c'est le cidre, dont l'asage est répandu dans quelques-uns de
nos départemente de Tonest On ne peut nier toutefois que la race normande n'ait été et ne soit encore une des plus belles de notre pays , et, si elle perd chaque jour, si elle s'abâterdit, surtout dans les villes, ce n*est pas an cidre qu'elle le doit , c'est à l'ean-de-vie.
Tel est le résultet déplorable qu'on voit suivre partout l'abus de celte boisson funeste.
Les alcooliques remplacent imparfaitement le vin ; toutefois ils sont précieux pour les approvisionnemente maritimes , pour les expéditions où le bagage doit être restreint Leur usage est encore excellent comme correctif des eaux malsaines que le voyageur ou le soldat sont sonvent obligés de boire , mais c'est en quelque sorte comme médicament , non comme boisson normale , qu'il faut les employer.
Les pays lointains nous ont donné des boissons parmi lesquelles figure en première ligne le caié , puissant excitant du système nerveux , digne de tous les éloges qu'en ont faits les poètes et dont la thérapeutique peut tirer un grand secours , mais que ses propriétés rendent un agent dangereux, malgré le mot spirituel de Fontenelle. Le thé , inférieur au café à beaucoup d'égards , est une boisson excellente , un tonique précieux dans les pays malsains et dans toutes les conditions qui peuvent amener l'abattement moral et physique,
MédicamenU, — Quelques personnes prennent, de leur chef et contre les maux à venir, des médieamente dite méiieeinêi d$ préanuion ; c'est un usage qui, du temps de nos pères, était fort répandu : ces drogues , pour peu qu'elles aient d'action , n'ont presque jamais d'autre effet que de déranger la santé actuelle sans prévenir les maladies.
On doit se garder aussi des remèdes vantés psr des gens étrangers à la médecine, et en général de tout remède annoncé avec les formes du charlatanisme* Il ne faut jamais prendre de ces prétendus spécifiques sans demander conseil' à un médecin. Les consultetions gra^ tnites des hêpitoux offrent à tout le monde un moyan excellent de soigner les maux les plus légers comme les plus graves.
Tous ces remèdes, tous ces sirops préconisés comme infaillibles , ont presque toujours pour résdtot unique de faire entrer dans la poche de celui qui les vend l'argent dn malade qui les achète , et de faire perdre à ce dernier un temps bien précieux quand il s'agit de se débarrsaser d'une maladie.
Choses pçrtétê hors de mous par Um voies exeritoiru (Excrète, ou plutôt excernenda). — Cette partie de l'hygiène comprend l'excrétion des substances élaborées par nos différente appareils et destinées à être, dans un but quelconque , portées au dehors de l'organisme.
La régularité des fonctions est pour tous les organes la seule garantie de santé , et de tous les préceptes de l'hygiène U n'en est pas de plus connus peut-être que ceux qui concernent ce. point Aussi n'avons-nous à donner ici que des indications sommaires. On sait que la liberté dn ventre est une des premières conditions de santé. Sans énnmérer ici les affections plus on moins graves qui n'ont d'autre cause que la négligence i cet égard , nous nons bornerons à dire que 'C'est par la constipation , si commune pendant les temps froids , que sont déterminées la plupart des apoplexies , nombreuses, comme on sait, pendant les mois d'hiver.
En parlant des vêtements, nons avons indiqué ceux qui peuvent le mieux protéger contre les variations atmosphériques la sécrétion cutanée; nous avons également indiqué les précautions à prendre relativement aux boissons.
Celles des évacuations spontanées qui ont lieu périodiquement , soit à l'état normal et ches tous les individus , I soit exceptionnellement , doivent être aussi respectées et
SU
ftcililéei. Nooa n'atonf pu à eontidérer ici let éncattions déparatricet , lei émonetoirefl naturels qui viennent quelquefois en aide au médecin et surtout an malade , comme les affections cutanées , etc. ; ce point est du ressort de la pathologie.
Action de» uuueUs tournis à la voUmti (Gesta). — Deux états distincts sont à considérer dans cette partie de Tliygiène, l'action et le repos : Tune qui s^observe surtout à l'état de veille ; l'autre qui n'est jamais si parfait que pendant le sommeil. La proportion de temps accordée au sommeil , les heures qu'on lui consacre sont des points importants en hygiène. Dans les premiers mois de la vie, tout le temps que l'enfant n'emploie pas à ingérer ses aliments , se passe pour lui à dormir. Plus tard il est bon de lui laisser prendre encore, nou-seulement la nuit, mais pendant le jour , tout le sommeil dont il a besoin. Mais vers deux ans on ne doit plus chercher à faire dor* mir l'enfant le jour , ce n'est que pendant les grandes chaleurs , alors que les jours sont plus longs , qu'il peut être utile pour lui de donner au sommeil une ou deux des heures les plus chaudes. Jusqu'à l'adolescence neuf heures de sommeil ne sont pas trop , et huit heures sont nécessaires jusqu'à vingt ou vingt-cinq ans. De nos jours, où le travail le plus obstiné peut seul ouvrir une carrière honorable , bien peu de jeunes gens des villes dorment huit et même sept heures : mais il s'en faut que cet excès soit moins dangereux qu'un autre. Toutes choses égales , la privation de sommeil est d'autant plus nuisible qu'elle porte sur la soirée. Ainsi, nous pensons qu'un homme qui dort de dix ou onxe heures du soir à cinq on six du matin, se fatigue moins en général qu'un homme qui dormira de une ou deux heures à huit ou neuf. La veille, nuisible à tout le monde, l'est surtout aux jeunes gens et aux vieillards , elle étiole les premiers et dispose les autres à l'apoplexie.
L'action musculaire active la circulation et développe tous les organes en favorisant l'hématose. C'est surtout dans la jeunesse qu'elle est nécessaire, aussi l'activité instinctive de l'enfant doit être secondée et non entravée sous prétexte d'une prudence aveugle. Dès la troisième on la quatrième année, les exercices du gymnase, les leçons de natation, tout cela gradué suivant l'Age, sont des moyens précieux d*assurer à l'enfant et de lui préparer pour Tadolescence une santé robuste.
Dans les exercices gymnastiques nous comprenons depuis les plus simples mouvements enseignés an gymnase jusqu'aux épreuves les plus difficiles ; la danse , les différentes espèces d'escrime , l'équitation entrent évidemment dans cet ensemble. La danse est utile dès l'Age de sept à huit ans pour donner à la démarche de l'aplomb et de la grâce. C'est à l'époque de la puberté qu'il convient d'aborder l'escrime ; mais on doit commencer par celles qui développent également les deux côtés du corps : eomme le bâton, le pugilat, ou cette escrime particulière à la France , et qui rappelle le pancrace des anciens. L'escrime de l'épée peut être considérée comme plus propre que toute autre à donner de la noblesse et de la grAce aux mouvements , mais elle a pour l'hygiéniste le défaut de développer uniquement un côté de la poitrine et de prédisposer ainsi aux difformités. Il est essentiel d'exercer de bonne heure les enfants à la marche , d'entretenir ches eux le goût des jeux dans lesquels ils crient et prennent beaucoup de mouvement En toute circon- •lanoe les attitudes doivent être attentivement surveillées, enrtout dans la jeunesse. Tel enfant ne doit souvent une difformité déplorable qu'à l'habitude de prendre, dans ses jeux, dans son travail , une attitude vicieuse ou , seulement, toujours la même attitude. Même pendant le sommeil les attitudes doivent être surveillées, car, sans parler de celles qui peuvent être ches l'enfant l'origine ou la conséquence d'habitudes funestes , il suffit à cet âge
que le corps soit toojoiirt plié fur Int-mèaw en ire de cercle et du même côté , comme c'est atset rordinaire , pour déterminer une déviation du rachis.
L'exercice, condition nécessaire d'un développement normal chei l'enfant et dans Tadoleseence, est nécessaire encore à l'adulte s'il veut conserver sea forces et entretenir la souplesse des articulations, c'est le moyen le pini sûr de maintenir l'activité des organes et de retarder le plus possible la décadence que l'Age amène inévitablement.
Le travail manuel figure évidemment eomme une application des mouvements musculaires bien influente sor la santé ; il développe le corps pins ou moÎM également, suivant la nature des efforts qu'il nécessite, et c'est à Fouvrier à combattre autant qu'il est en son pouvoir la tendance aux difformités qui peuvent en résolter.
Perception», imprettion» reçue» par le» »en» (Pereepla). — Sons ce Utre on s'occupe moins des senaatioos mémei que de leur effet sur les centres nerveux ,«iir Porgane de la pensée , de leur influence sur l'état moral et sur la passions. La sensation d'une lumière vive est appréciée dans ses effets à propos des cireumfu»a. La vue d'un tableau gai ou triste influe moins sur l'oi^De de la visin que sur le cerveau qui en est impressionné. Les insUodi oi^aniques sont compris également dans les perception dont l'hygiéniste doit tenir compte. Les CacolfaÉs intelleetuelles et l'art de les exercer, de les diriger et de eeetenir leur élan dans de' justes limites , la réactiou As physique sur le moral et vice ver»d^ tel eet le sujet d'étude que présente cette partie de l'hygiène. Ici , ceaune toujours , il est important de ménager les oiganes pes* dant la jeunesse et , tout en s'étndiant à les développer avec mesure , il faut éviter soigneusement ce qui pea( leur causer un ébranlement prématuré. Que l'enfant, qoc l'adolescent , dont l'esprit ne formule encore que dei idées de douceur, de soumission, de bienCaisaoce, ne soit pas henrlé psr un spectacle atroce , par un tableio repoussant Ne désenchantons , n'endureieaons pu avait le temps cet homme , dont les illusions doivent se dit»' per , il est vrai , mais quand déjà la force lui sera venae pour suppléer par une volonté ferme à eet optimisaw qui est la religion de l'enfance , aux suggestions hoflnêtes qu'il a suivies , jeune encore, sans en comprendre la portée. Ménageons cette jeune intelligeDce et ne lui donnons pas tout d'abord un aliment qni la surexdie. Pas une mère de famille n'ignore que certains romaoï. certains théâtres , dont l'homme le moins rigoriste oe peut souvent tolérer la lecture et les laixis grossiers, sont complètement subversifs d'une éducation sage et honnéle. Il ne faut pas moins qu'une tête déjà mûrie par feipérience pour apprécier dans toute leur valeur, et sani m laisser prendre à leurs dangereux entraînements, tels ■>teurs du premier ordre , qu'on pourrait appeler les agitateurs de l'intelligence. Nous ne pousserons pas pins loin cette étude ; il nous suffira de dire qu'en ce poiiri comme sur tant d'antres, et non pas seulement en hygièoe. la maxime dont s'inspire le sage, c'est : Rien de trop. A. LE PILEUR.
SALUBRITÉ PUBLIQUE
La salubrité, envisagée au point de vue de l'hygièM, du nettoiement , de l'assainissement des villes , n'a sériée* sèment occupé l'administration en France que sons w rois de la seconde race. La domination romaine dois i laissé peu de règlements sur cette matière ; seaieaMot une loi de Valentinien , qui passa ses quartien d kifvr a Paris de 365 à 369, défendait de jeter des ordurn éaê la rivière , d'y abreuver et laver les chevaux ; elle <
SALUBRITÉ PUBLIQUE
mil de pUeer 1m abrantoirt an-detioai et dani un c«r- UÎD doignemeiit du camp, afin de poniroir à la ianté des penoonet qui puifaient dana le flenve l'ean néeettaire à leurs beaoint. Aprèa l'iastallation de la monarchie firHDçaise , c'etl-à-dire à la fin du 5* siècle , les actet eooeemant la lalabrité eurent également pen d'împorlance. Sons les premiers rois de la première race, on ne troQfe qu'on mélange confus de lois et de règlements dont les dispositions , enfouies dans les anciens capitn- Itires, dans les chartes et dans les manuscrits du temps, ne nous ont été qu'imparfaitement transmises. Comment , en effet , pouvait-on s'occuper de la salubrité des villes entourées pour la plupart , et surtout Paris (Lutke alors), de marais; dont les maisons étaient de vrais colombiers, bâties an hasard, sans alignement; ce ne fut que sous Charlemagne que la construction des maisons s'améliora , ce prince ayant introduit en France l'architecture lombarde.
Livrées, en quelque sorte, à la merci du premier occupant , ces villes , ou plutôt ces bourgades , étaient régies par des lois barbares , portant toutes sur ce qui était alors plus particulièrement en rapport avec les BMBurs et l'esprit de la nation , la guerre , l'idolâtrie , la sâreté individuelle; aussi les règlements rendus contre les volenn étaient-ils nombreux.
La médecine n'était soumise à aucune règle , à aucune étude , la wMiode wmj^riquê constituait seule l'art médical ; elle ne suivait aucun système et consistait uniquement à appliquer aux malades quelques remèdes consacrés par l'usage et par l'expérience. L'art de la dissection était défendu comme un sacrilège , et pendant plusieurs siècles il ne fut permis ni en France , ni en Europe ; car Thistoire nous apprend que Charles-Quint fit faire une consultation aux théologiens de Salamanque pour savoir si, en eouMience, on pomMÀt éUuéquir vn eorpi pour en eomudire la stneture, •
La nourriture était simple, grossière, réduite aux aliments naturels. Les moulins à moudre le blé que les Romains avaient introduits dans les Gaules , produisaient une larioe asses grosse ; les fours étaient inconnus.
La chair de porc formait la nourriture habituelle; chaque habitant avait ches lui un on deux pores qu'il lâchait le jour dans les rues ; il ne fallut rien moins que rsccident survenu à Philippe , fils de Louis-le-Gros , pour faire supprimer cet usage. On sait qu'un pore , étant venu se jeter dans les jambes du cheval monté par ce prioee, le cheval s'effaroucha et renversa son cavalier qui fut tué sur place.
Les rois, les évéques, les plus grands personnages de l'Etat entretenaient dans leurs domaines un grand nombre de porcs, ce qui compromettait gravement la salubrité.
Les capitulaires de Dagobert , de Cbarles-Ie-Chauve et de leurs successeurs , quoique plus importants que les actes antérieurs sous le rapport administratif, ne contiennent qu'un petit nombre de dispositions intéressant rhygiène et la salubrité.
Un des plus complets , au point de vue de la police administrative , est le capitulaire de Dagobert , rendu en
Il défend de dépouiller et d'exhumer un cadavre sous peine de fortes amendes. Il porte des peines contre ceux qui interrompent le cours des rivières , soit par des moulins, soit par des ouvrages quelconques; qui salissent ou corrompent par des immondices les eaux d'une fontaine ; contre ceux qui donnent des breuvages mortels; qui embarrassent la voie publique , etc. , etc.
Il dispose que les cadavres trouvés sur la voie publique doivent être inhumés, afin qu'ils n§ soient pa$ touil- U$ par Uiporee ni ééehiréê par Ut béut ou par les ehient.
Du reste , l'usage général était de brûler les corps ; il
se perpétua jusqu'à Charlemagne , qui le défendît expressément sous peine de mort : ■ Si quie corpus âifuneti • hominis seeundum rtftnn paganorum famma eonsummi
■ feeerit et ossa ejus ai einerem redigerit, eapite punietur, • (Cap. 789).
Le même capitulaire ordonne que les chrétiens soient portés aux églises et non aux tombeaux des païens.
Plus tard, en 813, ces règlements furent changés ; on ne permit d'inhumer dans les églises que les évéqnes on les abbés. On établit des cimetières hors des villes , du côté du nord , sur des terrains que les rois fournirent pour cette destination. Ces terrains forent nommés eampela, c'est-à-dire champeaux ou petits champs; de là vient lans doute le nom des rues actuelles des Petits- Champs et Croix-des-Petits-Champs , qui occupent une partie de ces terrains.
Ven la même époque , on ordonna d*assainir les routes, les ponts, les passages, etc. Ifais nous ne trouvons rien qui puisse donner des renseignements exacts sur ce qui concernait la voie publique en général ; il paraît certain qu'elle n'était l'objet d'aucun règlement de salubrité.
Les magistrats auxquels était confiée l'exécution de ces mesures , et qui , après le roi , étaient les premiers de l'Etat , se nommaient ducs de France ou ducs des ducs , pour exprimer leur supériorité sur tous les autres magistrats et l'étendue de leur juridiction ; on les nommait aussi comtes de Paris , mais le titre qui finit par prévaloir et qui fut seul employé fut celui de comte ou wuiire du palais.
Tout résidait en eux , la justice civile , la justice criminelle , le commandement militaire ; ils devaient maintenir la tranquillité , l'abondance , le commerce , les arts ; faire entretenir ou réparer les grands chemins , les ponts , les chaussées ; puis , pour que leur magistrature fût entourée ellfr-méme de tout le respect qui leur était dû , ils devaient résider dans la ville , donner bon exemple par la sagesse de leur conduite et de celle de toutes les personnes qui composaient leur famille; ne recevoir aucun présent, être eux-mêmes irrépréhensibles et d'une réputation si bien établie que chacun les reconnût dignes d'un si grand emploi , qui les rendait participants de l'autorité royale et les proiecteun du peuple ; ils devaient rendra la justice avec tant d'intégrité que , ni les présents de qui que ce fût , ni la considération , l'amitié , la haine ou la crainte des personnes ne les pussent jamais détourner de leur devoir : • Ut nemo munera in judicio aecipiat; • quod si quis in hoc comprehensus fuerit , de vita compo»
■ nat. • ( Constitutio generalis Chtarii , anno 560. — Capit deDagob., 630-823-861 et 877.) — Les choses restèrent en cet état jusqu'à l'avéoement de Hugues Capet au trûne, en 987*. Ce prince , qui était investi de la dignité de maire du palais , laquelle avait été inféodée à Hngues-le-Grand , son père , la passa à Olhon , son frère , à la condition qu'elle reviendrait à la couronne an défaut d'enfants mâles. Le magistrat qui rendait alors la justice pour le comte titulaire prit le titre de vicomte (vice-comitum gerentes). A la mort du comte Othon. décédé sans enfants , le comté de Paris retourna à la couronne , et le magistrat auquel le roi confia les attributions des maires du palais prit le nom de privât de Paris (au 1032) (prœpositus ad Jus dicendum) ; pour faire entendre que ce n'était plus au nom d'un comte on seigneur particulier que la justice était rendue , mais lu nom du roi.
Les ordonnances du prévût de Paris , qui ne relevut que du roi , étaient obligatoires pour la France entière. Plus tard , en 1 572 , il se fit aider par deux lieutenants , l'un civil , l'autre criminel.
Vers le milieu du 13* siècle on vit apparaître cette grande création du prévût des marchands ; véritable magistrature qui concourait avec le prévût de Paris à la police de U capitale.
Il ny eut, dn reste, en France qne deoz magiiUmU portant le titre de préwAt des marchands , Tan à Paris , Tantre à Lyon ; cet office était exercé dans les antres filles par les maires et par les échevins.
Les ordonnances rendues sous l'administration des prévôts de Paris dans le bnt d' assurer la salobrité publique étaient nombreuses. Il est même plusieurs de leurs dispositions qui ont servi de base à nos règlements actuels ; et on ne peut se défendre d'une certaine admiration pour ces monuments de notre histoire , quand on songe aux guerres sanglantes, aux dissensions politiques, au milieu desquelles les magistrats trouvaient encore à s'occuper d*hygiène , de salubrité , d'économie lociale.
(Voy. ordonnances de 1291, de février 1348, des
11 juillet 1371, 19 juillet 1392, 9 août 1395, !«' novembre 1539.)
Aux prévôts de Paris succédèrent, en 1667, les lieutenants de police ; puis à ceux-ci, en 1674, les lieutenants généraux de police, dont les fonctions se perpétuèrent jusqu'à l'année 1789. Alors et jusqu'en 1800, on vit successivement le comité permanent, la municipalité provisoire (1789 à 1790), la municipalité définitive (1790 à 1793) , les comités révolutionnaires , les commissions administratives (an II à l'an IV) et le bureau central (1795 à 1800) ; en 1800 ce bureau, qui était administré par trois membres, fut remplacé par la préfecture de police, telle qu'elle est encore orgimisée aujourd'hui.
Nous aurions voulu pouvoir faire connaître l'importance que les règlements concernant la salubrité ont sur^ cessivement prise sous les magistratures qne nous venons de citer ; mais ces détails historiques tout intéressants qu'ils eussent été, nous auraient entraîné lom des bornes de cet article.
Nous ne po&vons d'ailleurs traiter ici tout ce qu'embrasse la salubrité ; ce sujet qui touche à presque toutes les branches de l'administration demanderait à lui seul de longs développements. En effet , la salubrité est ce qui intéresse le plus les populations ; surtout la classe ouvrière qui, ne pouvant , comme les classes plus aisées, lui donner tous les soins qu'elle réclame, a besoin qu'une autorité tutélaire et protectrice s'en occupe pour elle.
Aussi , les lois constitutives du pouvoir municipal ontelles placé en première ligne ce qui concerne cette partie importante de ses attributions..
Les fonctions propres au pouvoir municipal , porte la loi des 19-22 juillet 1791 , sont de faire jouir les ha^ bitants des avantages d'une bonne police , notamment de la propreté , de la salubrité , etc. Ces attributions ont été développées par la loi des 16-24 août 1790 d'après laquelle les objets de police confiés à la vigilance des corps municipaux sont, pour ce qui touche à la salubrité, tout ce qui intéresse le nettoiement, l'interdiction de rien jeter dans les mes qui puisse causer des exhalaisons nuisibles , l'inspection sur la salubrité des comestibles exposés en vente, le soin de prévenir par les précautions convenables et celui de faire cesser par les secours nécessaires les épidémies, les épixooties, etc.
C'est en vertu de ces lois , complétées par des lois rendues sur des objets spéciaux , qu'agissent encore aujourd'hui le préfet de police et les maires des autres villes du royaume , pour toutes les matières qui intéressent la salubrité. (Voy. en outre, pour ce qui concerne les fonctions du préfet de police, les lois des 28 pluviôse et
12 messidor an Vlll'et 3 brumaire an IX.)
Ces attributions sont, comme on le voit, dénature fort diverse : les unes concernent les intérêts généraux de la cité ; les autres touchent plus particulièrement aux intérêts privés des habitants , qui, presque toujours, jouissent sans le savoir , et souvent même avec résistance , de l'heureuse influence qu'exercent sur leur santé et même sur leur vie les règlements de police qui les concernent
C'est qu'on se méprend génértlemMit sur le vérilaUe caractère de la police administrativeL Ombrageux de son pouvoir , ne voyant dane son action qne la source de vexations continuelles , les administrés cbercheot plutôt à se soustraire à son influence qu'à la seconder dans l'exercice des pouvoirs qui lui sont confiés; et pouiaot c'est à elle qu'ils s'adressent lorsqu'ils ont à réclamer contre un danger, contre une incommodité quelconque ; c'ipst sa protection qu'ils invoquent , même avant celle da tribunaux, pour la réparation des domdMges doflt ils ont à se plaindre : ne considérant que leurs intérêts privés . ils ne veulent pas comprendre que les obligations imposées à chacun individuellement, dans le cercle de sa profession , de sa position sociale , de sa fortune , tournent nécesisirement au profit de tous.
■ Paris obtient de la police administrative les jooissasces de la vie , le bien-être dans sa plus lai^ acoeptû» ; la police administrative pourvoit à sa subsistance , fsdHte sur tons les points une circulation Ubre , aisée et sure ; fait disparaître tout ce qui porterait atteinte à la salubrité publique; les subsistances, la circulation, la salubrité, tels sont dans leur signification la plus étendue les olicti de sa vigilance. • (Vivien. Dm pré/et tU poUet. )
C'est "surtout depuis la fin du siècle dernier que les mesures prises pour l'assainissement de cette grande cité ont dépassé tout ce qui s'était fait dans les temps antérieurs; à cette époque, la plupart de mes étroites, fisngenses, bordées de maisons très -élevées, sans sûr, sans eau, sans cours , sans soleil , exhalaient des odeurs infectes; les professions les plus insalubres, les toe> ries, les écorcheries (équarrissages) , les porcheries, les cimetières, les amphithéâtres d'anatomie existaient dans tous les quartiers, au centre même de la ville; les hôpitaux étaient insuffisants pour les besoitts, cl devenaient eux - mêmes la source de maladies épidéaiques : ainsi l'Hôtel-Dieu et Saint-Louis sa succursale n'avaient ensemble que 538 petits lits et 987 grands lits, en tout 1,525 lits pour coucher 2,500 malades; et qui ne permettait pas de donner un lit à chaque malaide.
En outre , la population de l'Hôtel-Dien s'étast devce jusqu'à 4 et 5,000 malades , ces circonstances obligèrent à placer 4 à 5 personnes dans un seul lit ; on fut même quelquefois dans la nécessité de porter à 8 le nombre des malades de chaque lit , en en couchant 4 dau l'intérieur et 4 sur le ciel du lit
Il en était de même à la Salpêtrière et i Bioétre.
Qu'on juge des affreuses conséquences que devait avoir cet état de choses pour le rétablissement des malades , et la salubrité de ces établissements , surtout pendant les chaleurs.
Telles sont les causes générales d'insalubrité et de mortalité que l'administration s'est appliquée à faire disparaître par une abondante distribution des eanx , par la construction de nouveaux égouts , par l'élargiaaemcat des rues , par un meilleur sptème de pavage , par U suppression des tueries, des ateliers de dissection, des cimetières, etc.
La distribution des eaux est un des points qui ont psrticulièrement occupé l'administration.
Dès l'origine et lors des accroissements qu'avait pris k ville, les habitants furent obligés d'avoir reoonn aux sources éloignées pour se procurer l'eau nécessaire à lean besoins. Les sources de Belleville en fournirent d'abord abondamment; elles furent conduites à Paria par u aqueduc construit sous terre, partie eu rigoles on évicn, partie en tuyaux de plomb. On les distribua cnsnile ra trois fontaines publiques , l'une aux haUes, l'antre rae Saint-Denis , près l'église des Saints-Innocents, et la troisième rue Saint Martin , au coin de la rue Manbndc. Cet ouvrages furent faits sous Philippe*Auguste et ao«s see petit-fils saint Louis. En 1369 des ordonnancée de po-
lice régièml It dittribnUon des etox de eei fontatnei.
Les ■eeroÎMementa snceeuift de U ville exigèrent Itiiglaentetion det fontainet. Poar le c6lé du nord on se lervit des Morcet dee Prét-^Seint-Gerrait , et poar le c6lé du midi det lonrcef du Rangif , ditet etax d'Arcneil, et des enviroos ; les etox en forent coodnites à Ptris par entant de différents acqnedocs. En 1670, la ville établit deux pompes sur la Seine près Notre-Dame. Ces pompes élevaient Tean à 60 pieds. La police de ces pompes et des fontaines qn elles alimentaient était confiée an prév6t de Paris qni devait veiller à ce que les eaox fussent dis» tribnées an pnblic dans tonte leur pureté , sans désordre ni confusion ; que les fontaines fussent entretenues con<* stamment propres et nettes de tontes ordures et immondices. On peut consulter sur cette partie du service les ordonnanoes de 1369, des 4 juillet 16 98 et 25 mai 1703.
Aujourd'hui Paris est alimente par les eaux des sources dont nous venons de parler, par les eaox de la Seine , par cdlea du canal de l'Onrcq, et enfin , par les eaux du puits artésien de Grenelle conduites par leur seule force d'at* eension dans le bassin de l'Estrapade , snr le point le pins élevé de Paris, on les eaux de l'Ourcq ne pouvaient parvenir.
La qualité de ces eanx est fort bonne , mais elles varient cependant dans leur qualité , ainsi qn'on peut en joger par les résultats suivants des analyses faites, snr une quantité égale de tontes ces eanx. Le résidn a été pour 15 litres d*eau, savoir :
SALUBRITÉ PUBLIQUE
Eau de Seine.
Sulfate calcaire.
Carbonate calcaire
Sels déliquescents
Uatières végétales
San dm emtal de VOwreq,
SolfiHe calcaire
Carbonate calcaire
Sels déliquescents
Sel marin
Ban et matière végétale. . . .
Eau d'Arcueil.
Solfate calcaire ,
Carbonate calcaire
Sels déliquescents.
Sel] Eau.