‹ Instruction pratique sur l'analyse spectrale: comprenant 10 la descriptionChapitre 9 sur 38 · VIII. — La lampe a gaz oxygène et hydrogène · texte numérisé non relu

VIII. — La lampe a gaz oxygène et hydrogène

. Mon ami, M. Debray, dans le but de réaliser la projection des spectres des métaux alcalins dont il sera question plus loin avec détail, a reconnu la nécessité d'employer pour ses expériences une source de chaleur plus intense que la lampe à gaz ordinaire/ et dépourvue, comme cette , dernière^ d'un pouvoir éclairant propre, c'est-à-dire ne donnant pas de spectre par elle-même. Il a songé alors à employer à cet effet le chalumeau à gaz oxygène et hydrogène et lui a donné la disposition particulière repuésentée parla/g". 7(1).

Dans cette lampe, l'oxygène qui arrive par le robinet remplace l'air, et l'on obtient ainsi par la combustion simultanée de l'hydrogène *et de l'oxygène une température énorme. On ne peut plus songer dans ce cas à employer uq fil de platine comme support de la matière à essayer, le platine entrant immédiatement en fusion dans le dard du chalumeau. On se sert d'une allumette ou d'un crayon de charbon de cornues imprégné de la substance à analyser. Les spectres qu'on obtient dans ces conditions diffèrent notablement, par le nombre des raies qu'ils présentent, de ceux que donnent les mêmes substances étudiées dans la lampe à gaz ordinaire. Je citerai notamment : le potassium, dans le ' spectre duquel nous avons signalé, M. Debray et moi, 1 7 raies nouvelles (voirP/a/icAe chromolithographiée); le spectre non

(i) Cette lampe, d'un usage très- commode, peut servir à volonté comme lampe de Bunsen ordinaire ou comme chalumeau à gaz tonnants. On peut, en effet, Tallmenter soit avec de l'oxygène, soit avec de- l'air arrivant par l'orifice inférieur m, Jig. 7, Pi. I.

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moins complexe du sodium, étudié également par le même procédé au laboratoire de TÉcole Normale par M. Mascarl (i); les spectres du cœsiumet du rubidium, dans lésquels ce mode d'expérimentation m*a fait reconnaître un très-grand nombre de raies. L'emploi de la haute température fournie par le chalumeau à gaz tonnants n'a pas seulement pour effet de faire naître des raies nouvelles dans les spectres des métaux alcalins ; il permet de mettre en évidence dans un corps l'existence d'un métal que n'y décèlerait pas l'observation faile à l'aide d'une simple lampe à gaz : comme preuve à l'appui de cette assertion, Je signalerai la présence presque constante de la lithfne dans le charbon des cornues à gaz. Nous l'avons maintes fois constatée, M. Debray et moi, dans le cours des essais que nous avons faits avec le chalumeau à gaz tonnants, bien que l'introduction du même crayon de charbon dans la lampe ordinaire ne donne, dans le spectre obtenu, aucun indice de lithine. Pqur la chaux, le phénomène est plus brillant encore : un petit fragment de craie placé dans le dard du chalumeau donne un spectre d'une intensité remarquable. Les raies du potassium, du sodium, du lithium et du strontium y apparaissent avec la plus grande netteté, sans qu'i4 soit besoin d'humecter la craie avec de l'acide chlorhydrique, précaution indispensable si l'on a recours à l'emploi de la lampe à gaz ordinaire (2).

L'emploi de ce chalumeau pourra donc être très^utlle

(i) Voir aassi p. 53» les expériences de MM. Wolf et Biacoo.

(2) M. Volpicelli {Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séaqce du 16 mars i863) a annoncé comme un fait nouveau que la lumière de Druminond présente uft spectre discontinu. Les résultats que je viens d'indiquer relativement k Iti chaux nous avaient paru, à M. Debray et à moi, tellement simples et faciles à- prévoir, que nous n'avons pas songé à les publier. Chaque fois qu'on observe avec un spectroscope la lumière deDruromond, o.u con-* State dans le barreau de chaux la présence du strontium» du lithium, du potassium et du sodium. Si la flamme est réductrice on obtient, au contraire, un spectre continu et complètement dépourvu de raies brillai^tes lorsqu'on projette, comme je le dirai plus loin, sur un écran le spectre de la chaux rendue incandescente par le gaz. tonnant d'une composition telle, que la flamme soit oxydante.

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dans certains cas. On peut avec un petit volume d'oxygène faire un nombre considérable d'observations. Le meilleur moyen pour préparer l'oxygène consiste à décomposer par la chaleur un mélange à parties égales de chlorate de po- . tasse et de bioxyde de manganèse introduit dans une cornue de verre ou mieux dans une bouteille à mercure munie d'un tube de dégagement en fer. On peut opérer sans danger sur i kilogramme de matière à la fois. Il faut seulement éviter avec le plus grand soin la présence de fragments de charbon dans le manganèse qu'on emploie. On lave le gaz dans un grand flacon de Woolf et on le reçoit ensuite dans des sacs en caoutchouc d'une contenance de 60 litres environ, Il faut, au fur et à mesure de la consommation de l'oxygène, comprimer le sac avec des poids afin de maintenir à peu près constante la pression du gaz (i).

On règle à l'aide des robinets H et les quantités respectives des deux gaz, de façon à obtenir une température aussi élevée que possible; un peu d'habitude indique les proportions dans lesquelles il convient d'introduire les deux gst^.

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