‹ Instruction Pratique Sur Le Magnétisme AnimalChapitre 10 sur 20 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Des incons>éniens j des abus et des dangers du Magnétisme^ et des mojens de les prévenir.

Les antagonistes du magnétisme, après avoir prononcé qu'il n'existe pas, ont déclamé contre les dangers qui l'accompagnent.

Je ne m'arrêterai point à prouver que ce qu'ils ont dit des procédés employés pour le mettre en action et des effets qu'il produit est bien loin de la vérité , et que les anecdotes qu'ils ont citées pour le rendre odieux lui sont absolument étrangères. Je conviendrai qu'on a quelquefois abusé du magnétisme , et qu'on peut en abuser encore. Mais un danger n'est plus rien lorsqu'on en est averti, et qu'on a des moyens faciles et certains de l'éviter. Le magnétisme est un agent d'une puissance inconcevable^ son utilité dépend de l'emploi qu'on en fait. On peut le comparer au feu dont on ne s'interdit pas l'usage par la crainte des incendies.

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Ceux qui se conformeront à la doctrine exposée dans les chapitres précédens n'auront jamais à craindre que le magnétisme fasse le moindre mal. Cependant comme plusieurs de mes lecteurs pourraient ne pas sentir l'impor^tance des précautions que j'ai recommandées , que d'autres pourraient être alarmés par ce qu'on a raconté des suites fâcheuses de quelques traitemens; que d'autres enfin pourraient me reprocher d'avoir dissimulé les motifs de ceux qui condamnent le magnétisme, je crois devoir consacrer un article à résumer et à développer ce que j'ai dit sur ce sujet. J'aime mieux tomber dans des répétitions que de laisser la moindre incertitude sur des choses essentielles. Je vais donc signaler les inconvéniens , les abus , les dangers du magnétisme , et je montrerai que tous , sans exception, seront infailliblement écartés par l'application des principes que j'ai établis.

Pour mettre plus d'ordre et plus de clarté dans cette discussion , je considérerai le magnétisme sous trois points de vue , et je parlerai I®. des dangers que les traitemens magnétiques peuvent entraîner pour les bonnes mœurs et pour la paix de l'âme 5 a*, du dé-

sordre qu'une fausse direction du magnétisme ou le défaut de quelques conditions essentielles peuvent produire dans l'économie animale 'j y. des inconvéniens qui naissent d'une confiance aveugle aux somnambules , et des opinions erronées auxquelles on est quelquefois conduit par la vue des phénomènes extraordiùaires^

S I. Des dangers du Magnétisme relativement aux bonnes mœurs y et des moyens de les prés^enir.

£n décrivant les procédés du magnétisme, j'ai dit qu'on employait des frictions légères, l'application des mains sur la poitrine , sur le cœur, sur les genoux, l'insufflation, le regard, etc. \ mais j'ai dit aussi que ces procédés indiqués comme les plus actifs peuvent être suppléés par d'autres qui , soutenus par la volonté et l'attention , auront la même efficacité. Lorsqu'un homme est prié d'essayer l'action du magnétisme sur une femme malade , il doit s'interdire tout ce qui pourrait blesser la modestie la plus scrupuleuse , ou causer le moindre embarras , et même tout ce qui pourrait sembler inconvenant aux spectateurs. 11 ne se placera point vis-à-vis de la personne sur

laquelle il veut agir ^ il ne lui demandera point de le regarder , il se contentera de Tinviter à s'abandonner à Faction} il lui prendra les pouces pendant quelques momens , et il fera ensuite les passes à distance et sans la toucher. U est inutile d'avertir que lorsqu'un homme magnétise une femme il ne doit jamais se trouver seul avec elle.

Si les procédés du magnétisme peuvent présenter quelques iuconvéniens, ce n'est ni dans la société, où l'on est oblige d'éviter ce qui blesse les convenances , ni dans les traitemens publics , où tout est ordonné de manière à ce que la décence soit respectée : c'est dans les hôpitaux , et je dois fixer sur ce point l'attention des médecins en chef, non pour qu'ils restreignent Femploi d'un moyen salutaire , mais pour qu'ils en dirigent et surveillent la méthode \ car ce serait leur faute s'il se mêlait quelque chose de rëpréhensible aju bien qu'on doit en obtenir. Je vais m'expliquer.

Les médecins et les élèves internes des hôpitaux commencent aujourd'hui à essayer l'action du magnétisme. Us choisissent de préférence de jeunes femmes ou de jeunes filles attaquées de maladies nerveuses , parce qu'ils

les croient plus susceptibles et plus propres à présenter des phénomènes curieux. Comme ils sont accoutumés à toucher indistinctement tous les malades, soit pour s'assurer du siège du mal , soit pour faire des pansemens , et qu'ils n'ont jamais d'autre idée que celle de remplir les fonctions dont ils sont chargés, ils ne se doutent pas que les procédés du magnétisme exigent une réserve particulière et des précautions prises d'avance pour écarter tout ce qui pourrait agir sur leur imagination ou sur celle de la malade. Je crois bien qu'ils se respectent assez pour ne jamais se permettre la moindre chose qui blesserait la modestie, et pour repousser toute pensée étrangère au but qu'ils se proposent ; mais l'effort même qu'on fait pour chasser une idée inconvenante détourne de l'objet qui doit seul occuper l'attention. Ils doivent donc se méfier d'eux-mêmes, redouter également les impressions qu'ils pourraient éprouver et celles qu'ils pourraient produire , et prendre à l'avance des mesures telles que rien ne vienne troubler la pureté 4*une action qui se porte à la fois sur le physique et sur le moral.

Voici les conseils que je dois donner à ce sujet en attendant que le magnétisme soit as-

sez généralement connu , établi et pratiqué pour qu'ils ne soient plus nécessaires*

Si un médecin veut magnétiser une malade qui garde le lit^ elle doit être bien cou-' verle; si elle peut se lever , elle doit être vêtue de la manière la plus décente. Le méde-^ cin ne la touchera que pour lui prendre les pouces , oa pour faire quelques frictions sur les pieds par-dessusies couvertures«Toutes les passes seront faites à distance. Il est souvent nécessaire de concentrer Faction sur un organe, par exemple, sur le plexus solaire ou sur le foie, ou sur la rate^ dans ce cas il présentera les doigts en pointe , ou bien il fera usage d'une baguette d'acier ou de verre pour éviter le moindre attouchement. Il sera convenable qu'il y ait une garde-malade auprès du lit pendant la durée de la séance : personne ne sera introduit. Le magnétiseur ne se permettra aucune expérience et, s'il obtient le somnambulisme , il n'interrogera la malade que sur sa maladie et sur les moyens de la guérir. Il rendra compte au médecin en chef des résultats qu'il aura obtenus.

Il peut arriver qu'une garde-malade, douée d'intelligence et de bontés reconnaisse, par ses propres yeux, l'efficacité du magnétisme,

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et qu'elle sente en elle-même le dësir et la faculté de faire du bien : dans ce cas le magnétiseur excitera sa confiance et se fera suppléer par elle en prenant soin de la diriger ; toutefois il lui recommandera de n'en point parler. Le moment n'est pas encore arrivé où l'exercice du magnétisme pourra être une des fonctions les plus importantes des gardesmalades^

Je n'ai parlé ici de l'emploi du magnétisme dans les hôpitaux que parce qu'on en a tout récemment fait plusieurs essais. Je présume que si les jeunes médecins continuent dç s'en occuper , ils ne négligeront pas de s'instruire des conditions essentielles au succès des tentatives qu'ils voudront faire pour fournir un puissant auxiliaire à la médecine thérapeutique.

Revenons à l'emploi du magnétisme dans la société. Les précautions que j'ai précédemment indiquées suffisent pour écarter tous les inconvéniens du magnétisme , lorsqu'on ne veut en faire usage que pendant quelques jours , et tant qu'il ne se présente ni somnambulisme, ni sommeil magnétique. Mais il en faut bien d'autres dans les maladies chroniques qui paraissent exiger un traite-

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ment fort long , et dont la guérison est ordinairement précédée par des crises et par un état magnétique très-prononcé.

Dans ces sortes de maladies, le magnétisme, entre des personnes de différent sexe doit être proscrit, à moins que par des conditions rénnies à la pureté des mœurs et à la sévérité des principes des deux individus , la différence des sexes ne puisse -avoir aucune influence. Les seuls hommes qui puissent entreprendre le traitement d'une jeune femme sont le père ou le mari : j^en ai dit plus haut }es raisons ; je crois inutile d'entrer dans de plus grands détails : je dois seulement indiquer ici les exceptions à ce que je donne comme une règle générale.

Il est évident que Tâge avancé de Tun des deux individus anéantit un danger qu on ne saurait trop redouter ; mais il est une autre circonstance qui le rend à peu près nul pour des gens de bien. Un homme qui vît à la campagne voit une pauvre fille ou une pauvre femme malade , et il juge que le magnétisme leur rendrait la santé. Après s'être bien examiné pour être sûr que la charité seule le fait agir, qu'elle lui fera surmonter les fatigues et les dégoûts , que la curiosité et le désir de

StJK LE MAGNÉTISME. ^'jî

faire des expériences n'entrent pour rien dans sa détermination, il peut entreprendre le traitement.

Si la malade s'attache à lui ce sera par une respectueuse reconnaissance^ La différence d'état et de fortune; en un mot, la nature des relations sociales s'opposent à ce qu^il s'éveille d'autres sentimens , d'autres idées chez de pauvres villageois. On ne s'occupe jamais de ce qui est hors du possible. Je recommanderai cependant au magnétiseur d'exciter chez la malade la confiance en Dieu et les sentimens de religion pour diriger sa sensibilité vers des objets d'un ordre supérieur, et qui sont à la portée de tout le monde.

Quand elle sera guérie , elle s'occupera dans ses prières de celui qui a été l'instrument de la Providence pour lui rendre la santé ; et le magnétiseur se rappellera toujours avec sa* tisfaction le bien qu'il a fait.

Ici je prévois qu'on cherchera à me mettre en contradiction avec moi-même. Vous avez, me dira-t-on, cent fois émis le vœu que les médecins s'emparassent exclusivement du magnétisme , c'est demander que les femmes ne soient pas magnétisées , ou qu'elles le soient par des hommes. Voici ma réponse.

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Il est à désirer que des médecin^ instruits soient seuls chargés de la direction des traitemens magnétiques ; mais autre chose est la direction d'un traitement, autre chose la manipulation individuelle.

Un médecin peut réunir autour d'un réservoir magnétique un grand nombre de malades de tout âge et de tout sexe etdonner au besoin ses soins à chacun d'eux, m^is il ne peu t ^e charger d'un traitement dirçct qu'en observanltou* tes les convenances, en écartant tous les dangers possibles, en prévenant im§me les soupçons les moiq$ fondés* U faut donc qu'il seSsisse suppléer auprès d'u ne palade qui l'intéresse, et qu'il choisisse popr gela une feinme instruite par lui et qui ait également sa confiance et celle delà malade.

Je dis plus , lorsque le magnétisme sera généralement recoi^nu, lorsqu'il fera vue, par-' tie essentielle de la médecine ^ et ce tepips n'est peut-être pas très-éloigné, le médecin qui en fera usage en grand aura deux traitemens, un pour les hommes, un pour les femmes; on évitera ainsi les réunions qui pourraient servir de prétexte à la critique.

Le magnétisine étabUssant des rapports de confiance <st d'amitié entre le magnétiseur et

le magnétisé, la précaution d'en interdire Tusage entre des personnes de différent sexe, n'est pas la seule que Ton doit prendre^ surtout à regard des jeunes gens qui sont plus susceptibles de recevoir de nouvelles impressions* Si un père ou une mère ne peuvent eux-mêmes magnétiser leur fils ou leur fille , ils doivent connaître le caractère et les principes de la personne qu'ils prieront de les suppléer , non-seulement parce que les opinions se communiquent dans une liai«- «on intime , mais parce que dans les Uraite^ mens, prolongés^ et particulièren^nt lorsqu'on a produit le somnambulisme , le magnétiseur finit à la longue par exercer, même à son insu, une influencemoraleqni peut modifier l'humeur , les sentin^ns et les principes de <îelui à qui il rend la santé* Au reste, les personnes qui , sans aucun intérêt , se déterminent à entreprendre le traitement d'une maladie, sont poussées par le désir de faire du bien ^ et la charité suppose presque toutes les vertus.

Ce qu'on a raconté, de la dépendance où les somnambules sont de leur magnétiseur a inspiré contre le somnambulisme des préventions mal fondées. Cette dépendancea^st

^j6 INSTRUCTION PRATIQUE

que relative , elle a des limites nécessaires ^ et ne peut avoir les conséquences qu'on a votilu faire redouter. Le somnambule con^ serve sa raison et Tusage de sa volonté : lorsqu'il sent que le magnétiseur veut son bien, il lui cède , et , fortifié par lui , il se détermine à vaincre une mauvaise habitude , à résister à un penchant ou à une fantaisie nuisible, à prendre un remède qui lui répugne et qu'il a jugé nécessaire : il profite de l'ascendant de celui-ci pour travailler sur lui-même et se mettre dans une position avantageuse qui puisse se continuer dans l'état de veille. Quelquefois il obéit aux ordres de son magnétiseur dans des choses indifférentes , parce que le dé^ sir de le satisfaire l'emporte sur la contrariété qu'il éprouve; mais celui-ci n'obtiendrait de lui ni la révélation d'im secret qu'il est de son devoir ou de son intérêt de cacher , ni des choses essentiellement contraires aux principes d'honnêteté auxquels il est attaché dans l'état de veille : un acte de volonté répréhensible le révolterait et lui donnerait des convulsions (i). Les expériences qu'on s'est permises

(i) « Des agens extérieurs peuvent malgré nous por- «ter le désordre* dans notre organisation physique; « mais notre organisation morale ne dépend (}ue de

SUR LE MAGNÉTISItE. ^Jf

pour montrer qu'on pouvait se faire obéir des somnambules ont toujours été des expériences de curiosité, sans aucun danger pour la mo*^ raie, mais fort imprudentes , eu ce qu'elles Êitîguaient inutilement les malades et pouvaient s'opposer à leur guérison. On se les interdira absolument lorsque le magnétisme sera assez connu pour qu'on ne s'étonne plus des phénomènes qu'il produit, lorsqu'on sera bieii convaincu que c'est une sorte de profanation d'employer comme amusement une faculté que Dieu nous a donnée pour faire du bien à nos semblables^ Je terminerai cet article par une remarque

« notre volonté. Aussi lon^emps que Thomme veul « être libre , il le demeure tant en somnambulisme qu'en. « Tétat de veiUe. On peut blesser , on peut tuer ; mais c on ne peut vicier un être humain saus son consente-* « ment. »

Cest ainsi que s'exprime M. Passavant, en citant à l'appui de son opinion plusieurs fîiîts reœarquabks.

Supposons toutefois la possibilité d'un somnan^bu" lîsme léthargique , et Tezistence d'un. être assez dépravé pour se permettre des choses contraires à la pudeur j il est inutile d^cxaminer s'il en résulterait quelque danger, puisque nous avons établi comme une r^le sans excep- -tion qu'un homme qui magnétise une femme ne doit jamais se trouver seul avec ell^e..

àjS iffsfmimo^ pratique

intéressante : c'est qne^ parmi eéux tpie ia eiH riositë porte à essayet de nfôguëtiser , les un9 7 renoncent aussitôt que leur curiosité est sa-* tisfkite, les autres au contraire s'attachent de plus en plus à la pratique à mesure que leup curiosité s'éteint. Ces derniera ont été capti^^ Ter par le seul plaisir de faire du bien. Leà jocnssances de Tesprit ^affaiblissent en per**dant de leur nouveauté; celles du cœur de^ viennent d'autant plus vives qu'on les agoû-* tées plus long'-temps t la source en est inta^ rissablé;

5 ir. Des dangers quipeus^ent naître pour Vëcono^ mie animale y soit de Vabus, soit de la fausse appUealbfn dit r-Magnétisme^ et des- mojens de ksénièr*.r

Ceux qui ont voulu Inspirer des craintes contre l'emploi du magnétisme comme moyen c111a1tif9.se sontibndés sur uu raisonnement as- ^esr'SpécRux , et qiii serait très*juste s'il était question de la médecine ordinaire. Puisque le magnétisme a une action très-puissante , outils dit 9 cette action doit être salutaire ou nôisiUer&elDnie (^Bre4e maladie. S'il est toni. que» il augmentera le n^HcHn^tt'ilyadé^ trop

d'excitation; s'il est calmant , il ne fera aucun bien dans les cas d^toniè.

Les défenseurs dû magnétisme ont répondu qu'cfti ne pouvait le comparer aux médicamens qui ont par eux-mêmes une propriété déterminée. Le magnétisme , ont-ils dit, agit sur tout l'organisme, il seconde les efforts que fait la nature pour se débartasser du principe de la maladie; 8*11 calme , c*est en rétablissant réquilibre ; s'il fortifie , c'est en rappelant le fluide Vital dans les organes qui eh manquent;

Cette réponse est la conséquence de la théorie la plus vraisemblable ; et je crois que si le magnétisme était employé dans toute sa pureté et dégagé de tout ce qui est accessoire au principe qui forme son essence , il ne pourrait être nuisible dans aucun cas.

Il existe quelques êtres privilégiés, doués d'une foi vive qui n'hésite jamais , d'une confiance exempte d'Orgueil, d'une charité tellement ëxpansive qu'ils s'oublient eux-mêmes pour s'identifier -avec un être souffrant. La réunion de ces qualités les met dans un état magnétique pendant lequel ils sont dirigés par un instinct plus sûr que tous les calculs de la raisdn. La puissance de leur âme domine

l8o ir^STRUCTION PRATIQUE

chez le malade toutes les* forces intérieures; elle les excite ou les calme à son gré/ Leur action, quelquefois insuffisante, sera toujours plus ou moins salutaire. Mais je dois ici considérer le magnétisme tel qu'il peut être pratiqué dans le temps et dans le monde où nous vivons , et par les personnes à qui cette instruction est adressée.

Ne nous occupons donc point d'une théorie abstraite 5 consultons l'expérience pour savoir si, dans certaines circonstances, le magnétisme n'a pas fait quelque mal ; écoutons les médecins qui en condamnent l'usage , non your disputer contre eux , mais pour profiter de ce qu'il y a de vrai dans les motifs de leur opinion. Des faits innombrables, recueillis depuis quarante ans , ont démontré en gêné* rai la puissance curative du magnétisme -, mais n'a-t-il pas quelquefois produit des eflFets contraires à ceux qu'on en voulait obtenir? Si cela est, il faut examiner dans quelles circonstances ces accidens ont eu lieu , à quelles causes on doit les attribuer, quelles précautions nous devons prendre pour qu'ils ne se renouvellent jamais.

Je suis persuadé qu'il n'y a presque point de maladie qui, par elle-même, soit de nature à

SUR LE UAGMÉTISME. !k8l

être aggravée par le magnétisme convenablement employé -, mais il peut arriver que le magnétisme ne convienne pas à tel ou tel individu , soit à cause de ses dispositions particulières , soit parce qu'il n'y a nulle sympathie entre lui et le magnétiseur , soit parce que celui-ci a une action trop forte qui produit du trouble , soit parce qu'il en a une trop faible qui établit une lutte dans laquelle il ne peut triompher, soit parce qu'il ne connaît pas le mode d'application qui serait utile. Dans ces circonstances , il est de la prudence de ne pas s'obstiner à lutter contre les obstacles, à moins que le magnétisé ne soit poussé par une sorte d'instinct à demander qu^on continue. Il y a certaines personnes à qui le magnétisme cause une irritation nerveuse :

quand on s'en aperçoit, il faut magnétiser à distance avec l'intention de calmer, et en ^'éloignant peu à peu d'un bout de l'apparte^ ment à l'autre : on soutirera même le fluide par des passes transversales y on ne se livrera à aucune inquiétude; mais on s'arrêtera si on ne parvient pas à faire succéder un élat de bien-être à cette première secousse^ Nous savons par les somnambules que, dans certains cas , le magnétisme doit être em-

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ployé avec lïeaQCcmp de réserve, et que son application doit i^arier selon lès circonstances, soit poar le degré de force , soit pour la durée des séances , soif pour le choix des procédés. LorsquHl y a exaltation de système nerveax, il est de la -prudence d'en modérer ou même d'en suspendre Faction.

L'espèce d'irritation nerreuse dont je viens de parler né ressemble point du tout aux douleurs que le magnétisme produit ou renouvelle dans uf\ cFrgane affecté. Ces douleurs prouvent Faction du magnétisme et sont la suite du travail qu'il opère pour expulser le prindpe du mal dont elles font souvent découvrir le siége^ On entretient ces douleurs critiques pendant un certain temps, on les calme du mieux qu'on peut avant la fin de la séance; on s'attend à les voir se renouveler à la séance suivante, et quelquefois dans les intervalles, jusqu'à ee qu'il n'y ait plus d'obstacles à la libre circulation du fluide, ^t Ton ne s'en effraie point; Souvent dans la paralysie le magnétisme excite de vives douletiiis, parce qu'il rétablit la sensibilité dans les membres avant dé \etxi rendre le mouvement. '

Ceci me conduit à parler d'un danger trèiréel , celui d'interrompre uà traitement com-

SUR L£ MAGUÉTISMS. 103

mencé et de ne pas soutenir une crise qu'ça a excitëe et que la nature ne peut.développei? et terminer sans être aidée par le magnétisme^ Ce danger est nul dans les incommodités lé* gères et récentes» mais il est très-grand dans les maladies or|[aniques et anciennes. On peut faire beaucoup de mal en magnétisant une seule fois avec énergie pour dissiper une douleur intérieure produite par un dépôt , par une humeur qui, depuis plusieurs années»

se porte à certaines époques sur un organe :

quand on a dérangé un mouvement qui était établi, ou qu'on a excité un mouvement contraire, il fatitle régulariser pour qu'il n'amène aucun désordre. Les accidens qui ont eu lieu parce qu'on a brusquement interrompu un traitement commencé ne doivent point être attribués au magnétisme, mais à l'imprudence du magnétiseur. Je me ferai mieux entendre en dtant deux exemples. Le premier est ce^ lui d'une dame qui, depuis douze ans , avait tous les mois une violente migraine. Un jour que je me trouvais chez elle pendant qu'elle souffrait beaucoup , je lui enlevai la migraine dans une demi-heure. Le mois suivant, la migraine étant revenue, elle me fit appeler. Je l'enlevai de même : le lendemain elle se trouva

très-bien; mais, deux jours après, elle eut dans tout le corps dés douleurs insupportables, elle fut attaquée d'une fièvre violente qui a duré six semaines et dont elle a été guérie par la médecine ordinaire. Depuiscette époque , elle n a plus eu de migraines. Je ne doute pas que cette maladie aiguë avait été produite par Fhumeur que j'avais déplacée , et qu'elle n'aurait pas eu lieu si , lorsque je lui enlevai la migraine la première fois, javais continué à la magnétiser un mois de suite pour produire une crise quelconque.

Le second fait est encore plus remarquable ; il prouve sans réplique qu'on ne doit se permettre d'essayer l'action du magnétisme que lorsqu'on est sûr de continuer autant que cela est nécessaire.

Une fille de dix-huit ans , qui habitait la campagne, ayant fait une chute, elle eut pendant quelques mois des douleurs de tête , et devint complètement aveugle d'une goutta sereine.Des personnes qui prenaient à elle beau^ coup d'intérêt, la firent traiter par d'habiles oculistes; on l'envoya ensuite à l'Hôtel -Dieu où l'on essaya tous les remèdes. Elle fut enfin déclarée incurable, et, comme ses parens étaient sans fortune, on la fit placer à la SaK

StJR LE MAi^IïÉTISMB. 285

pêtrière. Elle y était depuis trois ans , lorsqu'un étudiant en médecine, qui magnétisait une dame, lui proposa de venir chez cette dame en lui disant qu'il espérait pouvoir la guérir : elle accepta avec reconnaissance ^ et des personnes qui lui étaient attachées se chargèrent de la faire conduire tous les jours au traitement. Elle se renditdoncchezla dame; et celui qui lui avait offert ses soins la magnétisa avec énergie pendant une heure en lui posant les mains sur la tête. Elle éprouva un ébranlement extraordinaire qui cependant ne fut pas douloureux ; mais la nuit suivante elle fut attaquée de violentes douleurs de tête. Elle retourna chez la dame où elle ne trouva pas le magnétiseur, qui avait fait dire que des affaires imprévues l'obligeaient à suspendre le traitement. De jour en jour les douleurs augmentèrent; elles devinrent enfin insupportables, et furent accompagnées d'une fièvre qui prenait tous les soirs et durait une partie de la nuit. La pauvre fille fut mise à Tinfirmerie où on lui fit beaucoup de remèdes qui ne la soulagèrent point. Elle était depuis onze mois dans cette situation cruelle , lorsqu'on me pria de la magnétiser. Je la fis venir chez moi tous les jours; j'employai le magnétisme

a86 IHSTKUCTION PRATIQUE

à grands courans, et j'attirai sur les jambes qui s'engourdirent d'abord au point qu'elle ne pouvait les remuer. Après quinze séances , elle se trouva rétablie, et depuis cette époque elle jouit d'une bonne santé, à la cécité près.

Cest cette mâme fille dont j'ai continué le traitement pendant près d'un an, parce que les effets que j'avais produits après la cessation des douleurs m'avaient fait espérer que je lui rendrais la vue. J'en ai parlé dans le chapitre précédent. II est évident que les dour leurs de tête étaient des douleurs critiques produites par le magnétisme, et qu'elles auraient cessé dans peu de jours si on eût soutenu la crise : peutrétre même aurait*on pu alors lui rendre la vue.

Dans certaines maladies organiques trèsgraves et très-anciennes, les efforts que fait la nature pour prendre une nouvelle direction peuvent produire les crises les plus douloureuses et les plus alarmantes. Si le magnétiseur s'effraie, s'il interrompt l'action , le malade coiirt risque de succomber .Dans ces cas, heufieusement Ibrt rares , il serait nécessaire d'avoir un somnambule assez clairvoyant pour annoncer les crises., la manière de les développer et le résultat quelles doivent avoir.

SUR LE MAQNÉTiSIIE. ^87

Le magnéUseur. serait également rassure s'il était dirigé.par un médecin yersédans la connaissance du magnétisme. A défaut de ce secours, je puis seulement recommander d'avoir de la confiance et du courage. J'ai vu Tinterruption ou la fausse direction d'un traitement avoir à la longue les conséquences les plus funestes \ mais je n'ai jamais vu d'accident grave être la suite d'une crise violente dont on n'a pas contrarié le développement. .

Bien des gen3 craignent que le magnétisme n'excite des commotions nerveuses et même des convulsions y parce qu^ils se rappellent les effets qu'il produisit d'abord chez Mesmer; mais à l'époque où Mesmer réunit pour la première fois des malades autour du baquet, il ne connaissait ni les moyens de di*riger l'agent qu'il employait , ni celui de calmer les crises ; et depuis 1784 que les vrais principes du magnétisme sont bien connus , on n'a vu se reproduire aucune des scènes dont on avait fait tant de bruit. Il e$t cependant bon de dire ici dans quel, cas des crises nerveuses peuvent avoir lieu et comment on Qi^ évite tous les inconvéniens.

Le magnétismeproduit réellement des crises nerveuses dans les maladies du système ner-*

!l88 INSTRUCTION PRATIQUÉ

veux -, mais alors ces crises sont nécessaires} pour la guérison , elles sont la suite d'un travail que fait la nature pour changer une mauvaise direction et rétablir l'équilibre : le ma-^ gnétiseur ne les interrompt pas , il les calme par une action douce et par sa volonté. Qu'il ne se trouble point, qu'il ait de la patience et le désir de faire du bien , et après la crise , le malade se trouvera mieux qu'auparavant* Il est bien essentiel de savoir que le magnétisme renouvelle des accès qu'il donne la force de supporter, et dont il accélère la marche pour en détruire la cause.

Le magnétisme excite encore des mouvemens nerveux lorsqu'on en fait usage par curiosité , pour exercer sa puissance , pour obtenir des eflFets singuliers 5 lorsqu'on concentre Faction sur la tête ou qu'on veut tout d'un coup employer une force extraordinaire, tandis que la personne qu'on magnétise résiste à l'action^ lorsqu'au lieu d'être tranquille on est soi-même agité. Ne magnétisez qu'autant que vous êtes dans un état de calme et que rien ne gêne le libre exercice de vos facultés 5 employez votre force graduellement et peu à peu 5 n'ayez absolument d'autre volonté que celle de. guérir et vous n'excilerez jamais le

moindre trouble chez celui que vous magnëtiserez.

, Si , dans un traitement où Ton réunit plu-* sieurs personnes à la chaîne ou autour d'un réservoir magnétique , on voyait s'annoncer une crise nerveuse, il faudrait à Tinstant faire reti rer de la chaine le malade qui en serait atteint et le conduire dans une autre pièce pour le calmer. On sait que les attaques nerveuses se communiquent par imits^tion ou par sympathie^ et c'est à quoi il ne faut jamais s'exposer.

Je dois rappeler ici une condition essentieHe au succès de tout traitement : c'est que le magnétiseur soit en bonne santé. Les douleurs de rhumatisme , les affections nerveuses , et surtout les maladies organiques se communiquent du magnétiseur au magnétisé avec d'autant plus de facilité que le rapport est mieux établi. Dans l'état de maladie, le fluide vital peut être vicié, ou du moins son émission peut entraîner des prin^ cipes morbifîques. J'ajouterai que dans le rapport magnétique il s'établit une sympathie entre les organes semblables des deux individus ^ d'où il suit qu'une personne qui si la poitrine délicate ne peut sans danger ma-

9^ UISTa^CTIOXf PftiTiQ9S

gnëtiser quelqu'un qui a uHe affection d^ poitrine (i).

Jasqu'ici j'ai parlëseulement des dangersaux* quels on s'expose en magnétisant sans précaution des personne3 qui ne sont pas somnambules. Ceux qui peuvent naître du somnambulisme sont encore plus grands : pour les éviter îH faut les connaître ) et je vais les signaler.

Je viens de dire qu'un magnétiseur dont la santé était essentiellement mauvaise pouvait^ communiquer son mal à la personne qu'il magnétisait. Cet accident est surtout à craindre dans l'état de somnambulisme^ 'en ai plusieurs fois vu la preuve : je me contenterai de citer un &it qui m'a frappé. Une demoiselle qui avait depuis long-temps une maladie nerveuse extrêmement grave fut magnétisée par un ami de sa famille qui , dès le premier jour , la rendit somnambule. Bientôt elle eut des crises &vorabkis et sa santé parut sensiblement améliorée. Elle se flattait d'obtenir une guérison

( i) Le magnétiseur qui joaîtd'une bonne sanlé ^rouye 4|aelquefois sympathiquement les douleurs du malade qu^ll magnétise } mais il ne prend point le principe de la mafadie : la raison en est que , sa volonté poussant le fluide hàtsét lui y il e^ actif et non ^asstf ^ il donini tH lÉtrdçnitptt*.

SDR tfi MÂGSfÉTISMEi i^gt

complète , lorsque son magnétiseur fut atteint d'une inflammation du larynx. Comme il ne pouvait plus sortir , il envoyait tous les soirs à la malade un mouchoir magnétisé qui reiK)uvelait le somnambulisme pour deux heu*^ res. La demoiselle fut bientôt atteinte de la même maladie avec les symptômes les plus alarmans. Heureusement un autre magnétiseur vint à son secours : ce qui n'empêcha point qu'à la mort du premier elle ne fût dans le plus grand danger ; et ce n'est qu'après un traitement fort long, et en s'aidant de tous lei remèdes que lui suggérait sa clairvoyance qu'elle a pu être parfaitement rétablie.

Je ne reviendrai point ici sur les accidens qui peuvent résulter de quelques imprudences momentanées, je me borne à résumer suG'cinctement ce que j'ai dit à ce sujet. « N'inf( terrompez jamais une crise ; ne laissez ja^ K mais toucher votre somnambule par quel- « qu'un qui n'est pas en rapport avec lui ; ne « le mettez en rapport avec personne si ce «i n'est poar faire du bien et lorsqu'il le dé- « sire; évitez de le magnétiser en présence de « plusieurs personnes ; occupez- vous uniquece ment de sa santé \ suivez les procédés qu'il K vous indique; ne le fatiguez point par des

^9^ IlfSTRTJCTIOIf PRATIQin&

« expériences : si vous négligez ces prëcaa* f( lions vous pourrez diminuer sa lucidité, re* <c tarder sa guérison et même lui faire du f( mal.» Cependant ce mai peut ordinairement être réparé par des soins convenables , et la plupart des magnétiseurs ne se sont instruits sur cela que par leur propre expérience.

Les dangers dont je vais parler sont heureusement beaucoup plus rares : ils ne sont point produits par une faute passagère du magnétiseur, mais par Tabus qu'il a fait de sa puissance. Us sont chez quelques individus la suite naturelle du somnambulisme, et, comme ils sont très-graves et qu'il est très-difficile d'y remédier , le magnétiseur doit se conduire de manière à les prévenir infailliblement.

On a vu des personnes qui ont été longtemps somnambules conserver , même après leur guérison, une susceptibilité nerveuse qui les rend sensibles aux moindres impressions, et la plus légère action du magnétisme peut les faire retomber dans un somnambulisme imparfait. On en a vu même qui étaient habituellement dans un état magnétique: c'est un très-grand inconvénient , et voici ce que vous devez faire pour l'éviter.

Ne magnétisez votre somnambule qu'au-

atJR LE MAGNÉTISME. ^i"

tant de temps quUl vous dit que ce]a est nécessaire ; ne lui parlez jamais après son ré-^ veil de ce qu'il a dit en somnambulisme : enterminant chaque séance , débarrassez -le du fkiide dont il est chargé et réveillez-le parfaitement , de manière qu'il n'y ait point d'iur termédiaire entre l'état de veille et celui de somnambulisme.^ Sitôt que votre malade sera guéri défendez- vous absolument du désir de conserver chez lui les facultés somnambuli- , ques, veuillez au contraire qu'elles cessent jusqu'à ce qu'une nouvelle incommodité les ' rende utiles pour lui. Les somnambules^ qui ne sont plus malades sont ordinairement de' mauvais somnambules ^ et la disposition au somnambulisme n'est point en accord avec les habitudes ordinaires de la vie. Beaucoup de magnétiseurs conservent des somnambules après leur guérison , ils espèrent en profiter pour rendre service à d'autres malades ; mais' on a tort d'avoir confiance à ces somnambules. On s'en sert le plus souvent pour des expériences de curiosité 5 on les montre à des personnes qui les interrogent sur divers objets : tout cela ne sert à rien , pas même à convaincre les incrédules, et cela présente beaucoup d'inconvéniens.

S^4 INSTRUGTIOH PRATIQUE

Je sais qu'on peut citer quelques etcep*^ tioos à cette règle et qu'on a vu des som* nambules , très-bien guéris , conserver, pendant plusieurs années , une clairvoyance sur* prenante. Ce phénomène est assez rare ; il a sa source dans des dispositions morales et physiques indépendantes de l'influence du magnétiseur, puisqu'on a vu des personnes qui n'avaient jamais été magnétisées être na* turel]ement dans un état semblable à celui des somnambules magnétiques les plus extraor* dinaires ; mais cet état exige tant de ménage* mens , il £aut tant de prudence, de discrétion, de désintéressement pour en tirer parti , qu'uxL homme sage ne cherchera point à le i»roduire ou à l'entreteniir par l'action magnétique.

Cependant les inconvéniens d'un somnam« bulisme trop prolongé et devenu presque une habitude, ne sont rien auprès des dangers auxqu4» on s'expose en détournaat le somnambulisme du but unique vers lequel il doit être dirigé : c'est-à-dire en excitant les facultés des somnambules pour obtenir d'eux des choses surprenantes dqnt ils ne peuvent retirer aucun avantage , ni pour leur santé , ni pour le perfectionnement de leurs qualités morales.

II n'y a pas le moindre doute qu'un tel abus

iUA U MAGHâriSME. %^Ç

an magnétisme peut porterie trouble dans le système nerveux et déranger Timagination.

Si vous exiges de votre somnambule des choses difficiles et contre son gré, si vous voulez agir de manière à lui faire voir des morts ou des esprits, ai vous l'obligea à se transporter dans des temps ou dans des lieux éloignés , à découvrir des objets perdus ou à vous annoncer Favenir , à vous dire quels numéros sortiront à la loterie (chose qu'il ne peut pas plus savoir que vous), si vous Tin* terrogez sur les afikires politiques, etc., etc., vous lui ferez beaucoup de mal et vous pour?

rcK même le rendre fou. Si ce malheur arrivait, ce serait votre faute ; il ne devrait point être attribué au magnétisme, mais uniquement à votre témérité. Jamais le somnambulisme ne produira le moindre désordre lorsqt^'on n'en abusera pas ) et Ton est sûr de n'en pas abuser lorsqu'on l'emploie uniquement à s'éclairer sur les moyens de Êiire du bien an somnambule ou à des malades dont il consent volontiers à s'occuper. Le somnambulisme est par lui-même un état de calme pendant lequel toutes les forces de la nature se mettent en équilibre. Le fleuve de la vie coule alors en liberté; ses eaux, réunies dans un seul canal»

igS INSTRUCTIOK PRATIQUE

s'épurent en suivant une marche tranquille; mais si vous lui opposez des digues , il sor-^ tira de son lit ^ et produira les plus grands ravages.

Dans plusieurs ouvrages sur le magnétisme, et particulièrement dans ceux qui ont été publiés en Allemagne , on a distingué différens états ou degrés de somnambulisme, dont le plus élevé a été nommé l'extase ou l'exaltation magnétique. J'ai dit un mot de cet état extraordinaire dans le chapitre précédent^ je dois ajouter ici qu'il est très-dangereux , et qu'entre les mains d'un magnétiseur qui manque de force, de sang-froid et d'expérience, et qui se laisse aller à la curiosité de voir dés merveilles , il peut avoir les conséquences les plus funestes. Lorsque cet état est parvenu à un certain degré, le magnétiseur n'est pas le maître de l'arrêter. Si donc on voit le somnambulisme prendre cette direction il faut se hâter d'y mettre obstacle, et si l'on craint dé ne pas réussir il faut renoncer au traitement piagnétique. Ce n'est jamais dès la première fois que cet état devient assez prononcé pour que la volonté du magnétiseur âoit impuissante. Je crois que ce danger n'a jamais été mieux exposé que

Sim LE MAGNÉTISME. %ffj

dans une brochure intitulée : Mémoire sur le magnétisme animal^ présenté à F académie de Berlin. (Paris chez Baudouin ..., i8ao. Cet écrit est d'un médecin distingué, et j'ai connu le somnambule qui avait été le sujet de ses observations.

Je crois que les accidens qui ont quelquefois été la suite du somnambulisme n'ont jamais eu lieu que parce qu'on l'a poussé trop loin, ou parce qu'on a contrarié son action bienfaisante et réparatrice.

§ in. Des dangers auxquels on s^expose en accor^ dant trop de confiance aux somnambules.

Plusieurs magnétiseurs enthousiastes ont une foi aveugle à leurs somnambules^ ils les croient infaillibles , et dans le jugement qu'ils portent de leur propre maladie et dans celui qu'ils portent de la maladie des autres. Si les remèdes ordonnés par eux ne réussissent pas, ils supposent que c'est parce qu'on n'a pas suivi les prescriptions avec assez d'exactitude : si ces remèdes ont fait mal , ils regardent ce mal comme une crise nécessaire.

Comme ils ont vu quelquefois des merveilles inconcevables , ils sont devenus crédules , et cette crédulité leur fait perdre toute pru-

9^ mnMUftOn PRiTIQI»

dsnce : l6r« même qu*un malheur est Mnivét ils continuent à se faire illusion.

U n'y a pas de doute qu'il existe dles somr nambules doues d'une telle lucidité que^ lorsqu'on les a mis en rapport avec un malade^ ils expliquent clairement rorigine, la cause et la nature de la maladie, et prescrivent les remèdes les plus convenables ea indi« quant Teffet qu'ils doivent produire et les crises auxquelles on doit s'attendre. Us an^ noncent une maladie qui doit se développer dans quelques mois , et les précautions qu'il faudra prendre lorsqu'on en apercevra les premiers symptômes ; ils voient même l'état moral du malade , pénètrent sa pensée et lui donnent des conseils en conséquence ; mais ces somnambules sont rares ; et ceux même qui ont donné des preuves de cette inconcevable clairvoyance ne la conservent pas toujours et ne la possèdent que dans certains momens.

U arrive souvent aussi que la clairvoyance des somnambules ne se porte pas également sur tous les objets; ils voient très-bîen des choses que nul homme au monde , dans l'état ordinaire, ne pourrait deviner, et ils n'en aperçoivent pas d'autres qu'un médecin ver-

aim LB iii^iiiTisiiB. !i99

mt nu premier CQHp d'oeil. Ne doutons done point des facultés des somnambales , mais soyons d'autant plus pradens que nous nous trouvons engagés dans une carrière dont nous ne connaissons pas les- ëcueils.

Pour éviter tous les dangers d'une confiance aveugle, voictce qu'il faut faire.

Quand vous aurez eu le bonheur de ren« eontrer un somnambule qui a donné des preo* ve» de sa lucidité, présentez*lui votre malade , soutenez son attention et laissez-le parler sans l'interroger ; s'il décrit parfaitement les symptômes de la maladie, s'il en indique l'origine , s'il parle des remèdes qui ont été employés et de l'effet qu'ils ont produit, s'il voit clairement ce qu'il est impossible de deviner, et surtout ce que vous ignorez vousmême , comme cela m'est souvent arrivé , il est évident qu'il connaît parfaitement la maladie, et cette connaissance vous sera trèsutile.

Alors vous lui demanderez d'indiquer le traitement.

Si ce traitement ne présente rien qui puisse être nuisible, et sll n'oblige pas le mafade à renoncer à celui qu'il fait déjà et dont il a éprouvé du soulagement; si^é somnambule

3oo HfSTRUCTION raiTIQUE

affirme que les remèdes qa!il indique pro-.

duiront tel ou tel effet et que le malade sera guëri après avoir éprouvé telle ou telle crise^ vous suivrez ses prescriptions avec l'exactitude la plus rigoureuse.

Mais si parmi les remèdes indiqués il s!en trouve qui, dans certains cas, peuvent faire du mal, vous vous adresserez à un médecin éclairé qui, s'il n'est pas partisan du magnétisme»

soit du moins exempt de prévention , et vous lui soumettrez ja consultation du somnambule que vous suivrez dans le cas où il n'y verra aucuA danger. Vous ne mettrez point votre somnambule en consultation avec le médecin , à moins que ce médecin ne fût lui-même magnétiseur; car, en causant avec lui, le somnambule pourrait bien se livrer à la vanité et dire des choses que l'instinct ne lui inspirerait pas ; mais vous combinerez ce que le somnambule vous aura dit avec ce que vous aura dit le médecin à qui vous aurez montré une entière confiance. Par ce moyen vous n'aurez aucun risque à courir , et, quand même le traitement ne réussirait pas, vous n'auriez aucun reproche à vous faire.

Il existe à P^aris des somnambules qui font profession de donner des consultations pour

SUR LE MAGNÉTISME. 3oi

de Targent , et les ennemis du magnétisme ne manquent pas de dire qu'ils jouent le somnambulisme. Je puis affirmer le contraire , et j'en ai examiné un assez grand nombre avec la plus scrupuleuse attention : j'ai recueilli assez de faits que j'ai discutes avec la plus sévère critiqué pour n'avoir aucune incertitude à cet égard. Us différent entre eux par le degré de leurs facultés et par celui de leurs qualités morales -, mais tous sont réellement somnambules (i).

Parmi ceux que j'ai observés, il n'en est aucun que je n'aie vu se tromper -, mais il n'en est aucun qui ne m'ait donné des preuves de clairvoyance. Cette clairvoyance m'a paru imparfaite et limitée dans plusieurs occasions ; dans dautres elle m'a singulièrement étonné.

Ainsi j'ai conduit chez ces somnambules des malades qu'ils ne pouvaient connaître et dont

(i) Il est possible de simuler un somnambulisme imparfait vis-à-vis de gens qui ne prennent aucun* précaution pour en vérifier la réalité, et je me souviens d'avoir été pendant trois jours la dupe d'une personne que je croyais incapable de me tromper 5 mais , quelque adresse qu^ait le prétendu somnambule , on découvre sa fourberie au premier examen. Les facultés propres aux somnambules ne sauraient être imitées par quelqu'un qui ne les possède pas.

3o% msTaucTioN multique

j'ignorais moi-mâme Fëtat ; ût je les ai vu«, après un quart-d'heure de concentration et de silence, deviner Torigine, la cause et les pogrès de la maladie , déterminer le siégé des douleurs , découvrir ce qu'aucun médecin ne pourrait apercevt)ir , et décrire avec exactitude le caractère, les habitudes et les penchans de ceux qui les consultaient. Ten ai vu qui ont guéri des maladies aiguës extrêmement graves , et des maladies chroniques invétérées en changeant afvec hardiesse k traitement qu'on avait suivi jusqu'alors.

Chacun des somnambules dont je parle a des méthodes d'exploration qui lui sont propres. Les uns sont d'abord frappés du mal le plus grave , d'autres examinent à part et successivement tous les Organes, en commençant par la tête» et ce n^esi qu'après les avoir vus isolément qu'ils cherchent à déterminer leur influence réciproque. Il en est qui, pour faire «et examen, se bornent à toucher d'une main le pouls du malade, tandis que de l'autre ils se palpent eux--mémes sur tout le corps : ils sentent ainsi par sympathie quels sont les organes affectés, et ils éprouvent les douleurs du malade quelquefois assez vivement pour en souffrir beaucoup après la séance.

Quelques-uns consultent pour des personnes absentes et qui leur sont inconnues. On leur remet des cheveux du malade ou des objets qull à , pendant quelques jours , portes à nu sur Testomac (i) ; et cela leur suffit pour se mettre si bien en rapport avec lui , qûlls décriront éxa<^ement , et dans le plus grand détail, 8ùn état physique et moral. Je ne prétends point qu'ils ne se trompent pas sou^ vent; mais je les ai vus plusieurs fois réussir d'une manière étonnante et dans des cas oh rien n'avait pu les guider et ou la maladie, pour laquelle on les consultait , avait des caractères trop rares pour qu'ils eussent pu les deviner par hasard. Si celui qui consulte a pour but, non de s'éclairer, mais de mettre le somnambule à l'épreuve, il est possible qu'à son insu il exerce une influence qui lui fournira de nouveaux motifs pour fortifier son incrédulité»

A ce que }e viens de dire des qualités variables, mais quelquefois étonnantes des somr nambules de profession, je dois ajouter que j'ai remarqué chez plusieurs d'entre eux

(i) n faut que ces objets aient été enveloppés de papier, et que le paquet n^aît point été ouvert, lorsqu'on 1§ présente au somnambule.

3o4 INSTRUCTION PRATIQUE

beaucoup de droiture et de sensibilité. Ten ai vu qui prenaient le plus vif intérêt à leurs malades et qui les magnétisaient avec zèle. Je les ai vus distinguer avec soin ce dont ils se croyaient sûrs de ce qui leur paraissait seulement probable , et refuser de donner une consultation lorscyi'ils ne se sentaient pas assez de clairvoyance, ou lorsque rétat du malade leur paraissant désespéré , ils ne voulaient pas faire connaître le jugement qu'ils en portaient.

Le parti que ces somnambules ont pris de donner tous lesjours des consultations qui les fatiguent, les obligeant à se ménager et à renoncer à d'autres travaux; il est naturel quils soient dédommagés de la peine qu'ils se donnent et du sacrifice de leur temps. Les personnes qui s'adressent à eux sont bien aises de pouvoir s'acquitter en payant une contribution y si elles ont reçu d'utiles conseils ; et, comme on n'a point Voulu les tromper, elles n'ont point à se plaindre si elles ont simplement satisfait leur curiosité.

Voilà ce que je puis dire pour justifier un abus qui aura lieu tant que le magnétisme ne sera pas pratiqué dans l'intérieur des familles, sous la direction des médecins, et qui , dans

Stm LK MAGNÉTISME^ ^o^

les circonstances actuelles , Ae doit nullemeiït être condamne (i). Mais^ sans prétendre faille âncnne application particulière , sans désapprouver ce qui existe , je dois montrer que les somnambules de profession , ceux surtout qui sont parvenus à se mettre en crise etix-mêmes, doivent en général inspirer moins de confiance que ceux dont j'ai parlé plus haut, et qui, dans Fétat de veille , ignorent les facultés dont ils sont doués pendant le sôm^ Aieil. Ce que je vais dire est apptiyé sur les

(i) Des hommes qui n'ont jamais pris la peine de s'informer des services rendus tous les jours par les somnambules dont je parle voudraient que la police léUr défendît de donner des consultations. Une telle «léieiise entraînerait des inconvéniens mille fois phik graves que ceux qu'on voudrait éviter. D'abord ces sora^ nambules ne pourraient plus trouver un magnétiseur qui) par un zèle désintéressé, consentît à les diriger et à soutenir leurs forces. En second lieu, ceux de ces somnambules qui ont le plus de délicatesse Croiraient devoir renoncer à une pratique qui le^r sellait interdite. Enfin ceux qui , malgré la défense , eontînueraient à voir des malades , ayant des risques à courir , mettraient à leurs soins un prix plus élevé et demanderaient le secret j et les personnes qui amt' raient obtenu d'eux une consultation n'osei^aiént là tiùiutÈet^ k xm médecin , crainte de lies cori^pt^o^ inetCve^

ao

3oj6 INSTAUCTION ^RATIQVB

vrais principes du magnétisme et confirmé par de nombreuses observations.

Pour qu'un somnambule juge parfaitement Tétat d'un malade , il faut qu'il s'identifie en quelque sorte avec lui. Or , le motif qui détermine à s'identifier avec un être soufirant ne peut être que le sentiment de la pitié , l'amour du bien : il suppose l'oubli de soimême, et l'intérêt personnel doH nécessairement en altérer la pureté.

Lorsque le somnambulisme trop prolongé devient une habitude , il s'établit une communication entre cet état et l'état de veille. L'instinct n'agit plus seul, et les idées acquises, les souvenirs, les préjugés, les intérêts, se mêlent à cette espèce d'inspiration qui développe chez le somnambule une faculté absolument étrangère à celles dont nous jouissons dans l'état ordinaire.

Les somnambules de profession sont rarement isolés ; ce qui fait présumer qu'ils ne sont pas parvenus à l'état de concentration qui précède ordinairement la clairvoyance parfaite. Comme ils voient plusieurs malades dans la journée > les impressions qu'ils reçoivent changent à tout moment de nature, et il est difficile qu'ils s'identifient alternative-*

suit LE MAGNÉTISME* So^

ment avec chacun de ceux pour lesquels on les consplte : d'ailleurs ce n'est pas tout dé voir la maladie , d'en décrire les symptôme?, d'en deviner l'origine , on demande encore au somnambule d'indiquer le traitement; et la faculté de voir les remèdes est très -différente de celle de voir le mal , et ne lui est pas toujours unie. Aussi remarque-t-on que plusieurs des somnambules de profession se font une pharmacie qui leur est particulière ; ils ordonnent , selon les circonstances , un certain nombre de remèdes, qu'ils connaissent parce qu'ils s'en sont servis, et leurs prescriptions compliquées paraissent souvent renfermer des choses inutiles.

La lucidité des somnambules varie d'un moment à l'autre. Un somnambule qui ne consulte que par le seul désir de soulager un être souffrant , s'il sent qu'il n'est pas dans un moment de clairvoyance parfaite , dit à son magnétiseur : « Je ne vois pas bien aujourd'hui. — Il faudra que le malade revienne pour essayer de me trouver dans une disposition plus favorable. — Je ne connais pas bien la maladie , je ne puis voirie remède. — Je soupçonne telle ou telle chose , mais je n'ai point de certitude , et je ne puis me permettre de

3oft iNSTRtJCTlON PRATIQUE

pronoobcep, etc., etc. Les somnambules qui veçoivenl successivement plusieurs malades, chacun à Theure qu'ils lui ont indiquée, se croient obligés de répondre aux questions qu'on leur fait; pourvu qu'ils n'éprouvent pas trop de fatigue , ils ne songent guère à s'examioer eux-^mémes pour s'assurer de leur lu-* cidité. Us ne veulent point vous tromper 5 mais ils s'en rapportent aux premières sensations qu'ils éprouvent, et prescrivent des^ remèdes d'après des habitudes qu'ils ont eon* tractées. Comme ils désirent vous faire partager l'opinion qu'ils ont de^ leur lucidité , ils mettent de l'adresse dans leur manière de s'exprimer ; s'ils s'aperçoivent qu'ils n'ont pas rencontré juste, ils prennent des détours pour rectifier leur jugement et pour vous persuader que vous ne les avez pas bien compris.

Lorsqu'ils ne découvrent pas la maladie essentielle,^ ils devinent presque toujours quelquesuns des symptômes, et, si vous en paraissez surpris, ils profitent de ces aperçus^ pour se diriger et pour augmenter votre confiance.

Si les remèdes qu'ils ont ordonnés ne produisent pas l'eiet qu'ils e& avaient attendu, ils ne croient pas. picmr cela s'être trompés , iU tro>uv4înt de$ prétextes pour excHiser leur

SUR LE MiGNéTISMB. 5d9

.erreur, et des raisons plausibles pour modiîfier le traitemeuU Tout cela peut avoir lieu sans qu'ils s'en doutent et avec une entière bonne foi de leur part; car notre intérêt influe à notre insu sur notre manière de voir, sur DOS jugemens et sur notre coïKluîte.

Ce sont des somnambules de ce genre que sont allés voir souvent des médecins préve-* nus contre le magnétisme, et qui voulaient motiver leur incrédulité par des expériences. Ils ont presque toujours réussi à les mettm en défaut , et ils en ont conclu que tous ceux qui prétendaient avoir acquis des preuves dé la lucidité des somnambule^ étaient des dcHpes. S'ils avaient connu les principes du ma^ gnétisrae , ils n'auraient pas tiré cette Con-* clusion. Des somnambules auxquels on fait des questions insidieuses, se trouvent fort embarrassés , et si la vanité , ou la crainte d'avouer leur ignorance , les détermine à répondre , ils font des efforts, ils se troublent y ils parlent par conjecture , et bientôt ils sont mis en contradiction avec eux-mêmes par quelqu'un qui est plus instruit qu'eux. D'ailleurs , pour qu'un somnambule soit lucide ^ il faut qu'il soit soutenu par la confiance et la volonté de celui qui le magnétise , et que

celui avec qui on Je met en rapport désire recevoir de lui d'utiles conseils. S'il est exempt de tout intérêt , s*il conserve son indépendance , il dira à celui qui vient le consulter et dont les dispositions ne lui conviennent pas : « Je ne puis consulter pour vous , je ne suis pas en état de répondre à vos questions ; » mais , dans le cas contraire , il est naturel qu'il emploie les ressources de son esprit à suppléer aux facultés instinctives qui lui manquent (i).

Cependant ces somnambules peuvent être fort utiles -, et , comme je l'ai dit , il s'en trouve qui sont doués des plus étonnantes facultés et chez qui la bonté du cœur l'emporte sur tout autre sentiment. Ceux même dont la clairvoyance est très- imparfaite ont, dans certains momens et comme par éclairs,

Ci) Ce que je dis ici est appuyé sur des faits qu'on itt*a racontés et non sur mes propres observations. Je ne me suis jamais permis de consulter des somnambules pour les mettre k Pépreuve ; je ne suis même allé que chez ceux que je savais avoir donné des preuves de clairvoyance. Il me semble peu convenable d'employer des moyens insidieux pour connaître la vérité : elle se découvre d'elle-même à celui qui la cher fbt avec persévérance et bonne foi.

SUR lE MÂGHiTISlIB. 3l i

une ludditë surprenante. On peut s^adresser à eux, non pour les mettre à Tëpreuve , mais pour ëcouter leur avis avec attention et pour en tirer quelques lumières.Ce n^est point pendant la séance, c'est après, que Ton doit peser, combiner et discuter ce qu'ils ont dit pour juger du degré de confiance qu'ils mé« ritent. Je vais indiquer la conduite qu'il faut tenir pour n'avoir jamais rien à craindre.

Si vous vous décidez à consulter un de ces somnambules, ne vous bornez pointa vous informer si celui qu^on vous indique a donné des preuves de lucidité ; tâchez de savoir également si , par sa conduite , il s'est toujours montré digne d'estime. On ne peut avoir la certitude qu'un somnambule ne se trompera pas , mais il faut du moins s'être assuré qu'il est incapable de tromper. Si le somnambule a pour magnétiseur un homme sage et éclairé, ce sera pour vous un motif de confiance.

Il serait à désirer que yous ne fussiez , ni directement , ni indirectement connu du somnambule , afin d'être plus sûr qu'il n'a aucune notion de votre maladie; mais cela n'est pas toujours possible. Dans tous les cas, lorsqu'on vous aura mis en rapport^ avec lui , TOUS ne l'instruirez point de ce que vous

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