INSTRUCTION PRATIQUA
souffrez^ vous répoadrez Qui ou poo ^ $^ questions , sans tiémoigner la ifioii^e sur-^ prise. S'il décrit le^ symptômes de votr^ ma-* ladie , s'il en découvre Torigine , s'il devins ce qu'on ne peut connaître par les sen^^ you$ ferez £3ndé à croire à sa clairvoyance , et vous prendrez note de tous Içs remèdes qu'il yons prescrira. C'est seulement lof squ'il ^ura achevé de vous dire ce qu'il a vu et çepti j et pe qu'il vous conseille de faire qu^ vous yous peripetlrez dç l'inviter k porter son attention ^ur tel ou tel organç , pu de l'interroger sur quelque chose qui vous inquiet^. Je supposa qu'après l'avoir quitté et avoir réfléchi k ct^ qu'il voiïP * dit vous soyez entièrement s^-» tisfait (^t même étonné de )a manière dont i} H jugé votre état, alors vo^s vous adresserez à un médecin, ami de la vérité , et vous lui soumettrez la cpqsiî^ltatipn avant de faire leç remèdes qui vous sont indiqués : car il peut arriver qu'il y ait eom^qation 4^ maladies , €t que le somnambule n^en ait vu qu'une $ il peut arriver aussi que le somnambule ait trèsrbien vu le mal et qu'il so aoit trompé <ur le remède. Le médecin trouvera certaiT nement dans la consultation des aperçus pror près à l'éclairer^ mais c'est à lui à les appré-
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€ter ^ à modCfier le tr$âtemeiit «n oo»^-
Lorsqu'un somnsimbule lucide se prescrit des remèdes pour lui-même , il faut se conformer exactement i ses prescriptions ; s'il s'e^t chargé d'un seul malade auquel il prend intérêt et auquel il se dévoue, il doit être écouté avec une grande confiance, et l'on suivra ses avis, k moins que les remèdes prescrits ne parussent dangereux : le médecin vient seulement approuver ou désapprouver : mais, «ivec l^s somnambules dont je viens de par^ 1er , le médecin doit conserver sa suprématie et diriger le traitement en profitant des lumières du somnambule , et faisant usage des îemfcdes indiqués , s'il n'y voit aucun invénient.
Si la raison permet de s'en rapporter uniquement et sans réserve à un somnambule de profession qui a donné des preuves de lucidité , c'est seulement lorsque les médecins ont déclaré que les ressources de l'art sont épuisées et qu'ils ne connaissent aucun moyen de guérir le malade.
Autant j'aime à contempler le somnambu^ lisme dans sa pureté, lorsque l'âme, dégagée des sens et de tout intérêt terrestre^ ne voit
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hors d'elle que ce qui est ëclairë par le flambeau de la charité , autant il m'est pénible de le considérer comme une faculté compliquée, dont je ne connais ni le principe, ni la direction , ni les limites , et qui se présente ayec des caractères vacillans et mélangés.
Mais les détails dans lesquels je suis entré ..m'ont paru nécessaires, parce que cet écrit n'est pas seulement destiné aux personnes qui veulent pratiquer le magnétisme pour faire du bien , mais encore à^celles qui , ayant en-s tendu parler des guérisons opérées par des somnambules , vont les consulter sans avoir la moindre idée des circonstances qui favorisent ou troublent leur clairvoyance, et sans connaître les précautions essentielles pour distinguer chez eux les notions instinctives des illusions auxquelles ils sont souvent exposés.
Ce n'est pas seulement sur le traitement des maladies, c'est encore sur des objets non moins importans, que les somnambules peuvent entraîner dans l'erreur ceux qui les consultent avec trop de confiance. J'ai connu des personnes que la vue des phénomènes somnambuliques avait conduites aux opinions les plus absurdes et les plus extravagantes. Je sais
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qu^une connaissance approfondie du somnambulisme met à Tabri de ce danger ; mais il est peu de gens qui aient assez bien étudié cet état pour ne pas se laisser éblouir parles merveilles qu'il présente, et pour discerner ce qui est produit par l'imagination de ce qui est aperçu par le développement d'une nouvelle faculté ou révélé par le sentiment intérieur. Je m'écarterais du but que je me suis proposé dans cet ouvrage / si je voulais entrer dans beaucoup de détails sur ce sujet. Il doit me suffire de tracer simplement la marche qu'il faut suivre pour ne pas s'égarer 5 je vais cependant présenter d'abord quelques observations qui feront mieux sentir la justesse et l'importance de mes conseils.
Il se développe chez les somnambules des facultés dont nous sommes privés dans l'état de veille. Telles sont celles de voir sans le secours des yeux, d'entendre sans le secours des oreilles , de voir à distance , de lire dans la pensée, d'apprécier le temps avec une exactitude rigoureuse , et, ce qui est plus étonnant, celle de pressentir l'avenir; mais il y a souvent aussi chez les somnambules une exaltation extraordinaire des facultés dont nous sommes doués. Ainsi , chez eux , Fima-
gination peut prendre une activitë pradi-^ gieuse; la mëmoire peut rappeler une foule d'idées qui étaient entièrement effacées^ Télocution peut devenir d'une élégance , d'une pureté, d'un brillant, qui semblent avoir le ca« iractëre de l'inspiration -, mais tout cela n'exclut pas l'erreur. L'exercice des facultés propres aux somnambules , comme celui de nos facultés ordinaires , a besoin d'être accompagné de certaines conditions pour nous d<Hiner des notions exactes. L'expérience et l'habitude nous ont appris à connaître ces conditions pour les sens extérieurs. Nous savons que pour que nos yeux nous donnent une idée juste de la forme et de la couleur des objets , il faut que ces objets soient convenaeblement éclairés, qu'ils soient placés à une certaine distance , que les rayons de lumière qu'ils nous envoient ne traversent pas un railieu qui déforme les images ; nous ignorons au contraire quelles sont les qualités nécessaires au libre développement de la nouvelle faculté du somnambule. De plus , cette faculté agit seule, tandis que le témoignage de chacun de nos sens est rectifié par celui des «utres^ . Quant à l'exaltation des facultés dont nous
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sommes dou^s habituellement, si toutes s'exaltaient ensemble et au même degré , Tharmonie serait conservée , et l'homme en somnambulisme serait en tout supérieur à ce qu'il était dans l'état ordinaire; mais il n'en est pas ainsi : une faculté s'exalte , sinon aux dépens des autres , du moins plus que les autres, elle domine, et l'harmonie n'existe plus. Il arrive quelquefois que la raison prend l'empire , et cela est fort heureux ; mais c'est précisément ce dont on est le moins frappé.
Ce qui étonne , c'est d'entendre un somnambule montrer beaucoup d'instruction sur un sujet dont il ne s'est jamais occupé : et l'on ne songe pas que des choses qu'il avait vues ou entendues, à une époque très-éloignée, se représentent à lui avec une extrême vivacité-, que certains rapports entre les objets, imperceptibles pour nous , lui deviennent sensibles *, que les préjugés de son enfance peuvent reprendre sur lui le plus grand empire ; que son imagination peut réaliser les fajitôfnes qu'elle a créés ; que ta facilité de lier ses idées, de les exposer de la manière la plus séduisante , de les revêtir de tout le charme de la poésie , de les associer à quelques vérités inaperçues , qu'il fait briller' de
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réclatlepluslumineux;quetoutcelaa*est point une preuve de la vérité de ce qu'il croit et de ce qu'i^it -, que la faculté de prévision , la plus inconc^able de toutes, ne s'étend jamais qu'à un certain nombre d'objets , qu'elle est conditionnelle, et que, s'il y a assez de faits pour prouver son existence , il n'y a cependant aucun cas où l'on puisse compter sur l'exactitude de son application ^ enfin, que toutes les facultés de l'esprit peuvent entraîner l'homme loin de la vérité lorsque leur exaltation a détruit l'équilibre qui doit régner entre elles et qui est nécessaire pour que la raison conserve sa suprématie.
Voyons maintenant comment on peut empêcher les somnambules de s'égarer et se préserver de l'influence que leurs illusions pour* raient avoir sur nous. Le seul moyen infaillible c'est de ne les laisser s'occuper que d'objets sur lesquels l'expérience nous a appris qu'ils ont des lumières que nous ne pouvons avoir , c'est-à-dire sur leur santé e^ sur celle des personnes avec lesquelles ils sont parfaitement en rapport , et de leur interdire absolument toute discussion sur les matières de religion, de métaphysique et de politique.
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Le précepte que je donne ici n*e&t point en contradiction avec ce que jVi dit plus haut sur les somnambules, qui, d'eux-mêmes et sans y être invités, exposent les idées fondamentales de la religion. Ces idées sont inhérentes à rame humaine, qui ne peut se connaître ellemême , sans connaître aussi la cause et le but de son existence, sans remonter à son origine, sans se sentir en relation avec les autres âmes dégagées de la matière. L'existence de Dieu , la Providence , Timmortalité de râme,nous sont prouvées par Tordre de l'univers et surtout parle sentiment intérieur ; et la connaissance des principes essentiels de la morale est la suite du développement de notre intelligence.
Or, la vue de Tordre sera d'autant plus nette, le sentiment intérieur sera d'autant plus vif, le développement de l'intelligence sera d'autant plus régulier que Tâme sera plus dégagée de tout intérêt terrestre , plus étrangère à toute passion *, et voilà pourquoi le somnambule , isolé et concentré en lui-même, esta cet égard plus éclairé que nous: mais, pour les choses qui ont été révélées à l'homme, ou qui nous ont été enseignées par la tradition, ce n'est point aux somnambules à nous en instruire ; ils n'ont
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que les mêmes données que nous. Leur disposition à la piété pourra nous édifier; mais si nous les faisons raisonner sur des mystères^ leur imagination s'exaltera , et ils pourront donner dans toutes sortes d'erreurs : ce ne sera plus des principes innés qu'ils tireront des conséquences, ce sera des préjugés de Tenfance ou de quelques aperçus hypothétiques ; ils nous conduiront dans un monde idéal, où> comme dans le monde actuel, l'illusion se mêle à la réalité et ne peut en être séparée qu'à l'aide de la raison et de l'expérience. Lors même que dans ce monde idéal le somnambule verrait ce qui nous est caché^ il ne pourrait nous le communiquer, pad plus que nous ne pourrions donner à des aveugles nés une idée des phénomènes de la vision. Je puis affirmer que plusieurs personnes ont été conduites aux rêveries de cù qu'on nomme illuminîsme par la confiance qu'ils ont accordée à des somnambules mystiques ou extatiques. La règle pour échapper à ce danger c'est de ne pas laisser errer les somnaipbules dans ces régions fantastiques^ et de s'en tenir , pour la doctrine religieuse^ à ce qu'il nous est preseril de croire. Diedt nous a rdve^ ce qu'U sbous edt nécessaire de
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savoir, et Findiscrëte curiosité qui veut aller au-delà sera toujours punie.
Le somnambulisme extatique s^est souvent montre ifans être produit par le magnétisme.
Ceux qui entraient dans cet état manifestaient sur certains points une clairvoyance qui paraissait miraculeuse ; ils n*en donnaient paà moins dans les erreurs les plus étranges, et ils ont exercé Tinfluence la plus funeste sur ceux qui ont eu Timprudence de les écouter comme des oracles.
S'il est dangereux de consulter les som* nambules sur les dogmes de la religion , il nt Test pas moins de les consulter sur les affaires politiques. J'ai vu des hommes d'ailleurs fort éclairés être la dupe de leurs visions e^ de leurs prédictions ; je ne saurais trop re^ commander de ne jamais leur permettre d'en* trer dans cette carrière*
La métaphysique de certains somnambules est quelquefois fort étonnante, elle vaut mieux sans doute que celle des matérialistes ; mais elle ne repose pas sur des bases solides : elle conduit assez généralement à des systèmes analogues à ceux de l'école d'Alexandrie ou des éclectiques du troisième siècle, dans lesquels des vérités sublimes étaient associées à des
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croyances insensées. Les somnambules qui se livrent à ce genre de recherches perdent ordinairement des facultés plus essentielles, et les preuves de lucidité qu'ils donnent sur certaines choses fortinutilesne servent qu'à fausser le jugement de ceux qui prennent leurs visions pour des réalités.
rai vu enfin des personnes qui avaient eu des preuves certaines de la clairvoyance d'ua somnambule , le consulter sur la conduite de leurs affaires domestiques et se laisser guider par lui : et je les ai vues aussi faire par cette raison des démarches imprudentes. Je ne nie point qu'un somnambule ne puisse quelquefois, et dans certaines circonstances , donner d'excellens avis à cause de la pénétration dont il est doué^ à cause même de la faculté de pressentir Tissue d'un événement qui se prépare \ mais il faut pour cela qu'il parle de luimême en s'abandonnant à son instinct, sans j être excité , sans être sollicité et sans raisonnement. Un très-bon somnambule, qui est parfaitement en rapport avec vous, vous dira: « Méfiez-vous d'un tel, il vous trompe; » ou bien : « N'entreprenez pas tel voyage, le résultat en serait fâcheux.» Cela mérite quelque attention. Mais, si vous discutiez avec lui, il
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n'aura sur vous d'autre avantage que tîelui d'avoir plus d'esprit et plus de facilité à dé-* velopper ses idées.
Je le répète pour la dernière fois ^ si vous voulez éviter le danger de l'influence que le^' somnambules peuvent exercer sur vous, ne les consultez que sur ce qui est d'un intérêt réel pour eux, et qu'ils peuvent mieux connaître que vous ; savoir , sur les moyens de rétablir leur santé ou de diriger leur con^ duite morale.
Daûs plusieurs ouvrages sur le magnétisme, on a présenté le somnambulisme comme un état de pureté dans lequeM'homme est audessus de toutes les passions et serait révolté de la moindre pensée qui blesserait la décence ou la morale. Ceux qui ont soutenu cette thès6 se sont appuyés sur quelques faits ^ mais le principe généralisé est absolument faux. Plusieurs somnambules conservent les passions et les inclinations qu'ils avaient dans l'état de veille 5 il en est de très-bons qui se sacrifieraient même pour les autres ; il en est qui sont profondémentégoïstes; il en est qui sont d'une pureté angélique , et ceux-là prendraient des convulsions si le magnétiseur avait une pensée qui blessât la modestie. Il peut s'en trou-
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ver qui conservent en somnambulisme la de* pravation qu'ils avaient dans Tëtat de veille ; il en est qui calculent leurs intérêts et qui profitent de ce qu'on leur dit pour se procurer quelques avantages : la vanité et la jalousie sont dessentimens assez ordinaires cliez eux» U suit de tout ce que je viens de dire qu'il faut la plus grande sagesse , la plus grande prudence pour bien diriger les somnambules et pour ne pas se laisser influencer par eux ; que le magnétiseur doit toujours conserver son empire I et n'en faire cependant usage que pour les retenir et jamais pour les exciter ; enfin, que cet état, en quelque sorte surnaturel, peut, entre de mauvaises mains, être accompagné de beaucoup de dangers. Mais que les hommes simples et droits soient sans crainte, qu'ils ne veuillent que le bien, qu'ils sâeiit une volonté inébranlable pour l'opérer, qu'ils n'emploient le somnambulisme que pour l'objet auquel la Providence l'a destiné , qu'ils répriment en eux la curiosité , l'esprit de prosélytisme, la manie des expériences; qu'une charité compatissante, une confiance sans bor* nés soient les seuls mobiles de leur action , et ils n'auroQt jamais rien à redouten
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