‹ Instruction Pratique Sur Le Magnétisme AnimalChapitre 9 sur 20 · S INSTRUCTION PRATIQUE · texte numérisé non relu

S INSTRUCTION PRATIQUE

«t sa mère a bien de la peine à lui faire con«^ tinuer un traitement qui Fennuie.

Comme la maladie a étë causée par nn accident, et que la somnambule a donné des preuves d*une grande clairvoyance , je ne doute pas qu'elle sera radicalement guérie , à moins qu'elle n'interrompe son traitement avant Tépoque qu'elle a fixée.

'iDans les maladies que les médecins nomment ajfections histériques ^ maladies longues , douloureuses , variables dans leurs symptômes., dont le siège est dans les viscères abdominaux , et qui font le désespoir de la ixrédecfne, le magnétisme exerce l'action la plus puissante et la plus salutaire; il produit des effets merveilleux , et la guérison s'opère ordinairement par des crises singulières , quelquefois très- violentes, et dont il ne faut point s'effrayer. C'est dans cette maladie qu^ou obtient le plus souvent un somnambulisme très-lucide accompagné de phénomènes extraordinaires \ mais il ne faut oublier aucune des précautions que j'ai indiquées. Le magnétiseur doit mettre un frein à sa curiosité , conserver du calme , s'interdire toute expérience , éviter avec soin d'exciteH' Hmagination du somnambule, l'empêcher de s'occuper

SOE LE MAOT^tlSMS. ^9C^

de choses étrangères à sa santë, ne point flatter sa vanité en paraisssmt s'étonner de sa clairvoyance, ne point céder à ses eaprices , veiller à ce qu'il suive le régime convenable , ne point pousser Faction du magnétisme audelà de ce qui est nécessaire , et rompre absolument toute communication entre Tétat magnétique et Tétat de veille. Lorsque dans cette maladie le somnambulisme cesse naturellement , c'est une preuve du parfait rétablissement de la santé. Je répète ici plusieurs choses que j'ai dites dans mon chapitre du somnambulisme; mais c'est parce qu'il n'est aucune maladie dans le traitement de laquelle le magnétiseur soit plus exposé à se laisser entraîner au-delà des bornes par le merveilleux des phénomènes , et qu'il n'en est aucune où ces écarts soient plus dangereux.

L'affection hypocondriaque a beaucoup de rapport avec l'affection histérique, et cède de même au magnétisme; mais avec cette différence que la guérison s'opère souvent sans crises apparentes*, et par une diminution graduelle des symptômes de la maladie. Les forces , la gaîté y l'appétit , les couleurs , l'embonpoint reviennent peu à peu. Le même ef-

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fet a lieu dans les pâles coalears ou chlorose.

Le magnétisme est indiqué dans toutes lés espèces de paralysie. Presque toujours il réveille la sensibilité et rétablit le mouvement^ mais quelquefois des douleurs vives se manifestent à mesure que la sensibilité revient. Il faut alors que le magnétiseur et le malade aient de la patience. Dans la paralysie des membres, il est à propos de faire usage des frictions magnétiques* Si le magnétisme agit d'une manière sensible , et quUI paraisse insuffisant , on s'aidera des remèdes indiqués par le médecin.

La paralysie des organes du mouvement est quelquefois accompagnée de douleurs que le magnétisme parvient à dissiper sans rétablir le mouvement. La paralysie des membres inférieurs a souvent pour cause une affection de la moelle épinière ; il faut alors magnétiser en commençant derrière les reins, et conduisant Faction le long des cuisses jusqu'au bout des pieds. J'ai magnétisé un homme qui était dans ce cas; je ne l'ai point guéri, mais je Fai beaucoup soulagé. Après chaque séance il avait les pieds rouges conime si on lui eût mis un sinapisme. Dans les paralysies qui ont

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poar cause la désorganisation d'Une partie du cerveau, je présume que la guéHson est im-*' possible.

Dan^ les relations des cures opérées en France ) on en trouve plus de soixante de paralysie) et dai^s ce nombre il n'est question que de trois somnambules* Tm fiiis la re-^ marque t parce qu^ Hen ne prouve mieux TefEcaçité dvi magnétisme dans cette màladieé D'un côté, les malades n'ayant pas été Sdfki^ nambules , ils ne. se s4nt point ordonné de remèdes , et ils ont dû leur santé au magnétisme seul : de l'autre^ quahd on aVouIu pu-^ blier des traitemens magnétiques ^ on a choisi de préférence ceux qui <xaï présenté des phénomènes singuliers; et puiscfa'on a cité soixante guérisons de. paralysie, il est pro^ bable qu'il y en a eu dix fois plus«

Le magnétisme calme promptemehf \ë% spasmes en rétablissant Téqûilibrê. Dans les spasmes, surtout lorsqu'ils ont pour cause une affection morale , il s'opère ordinairement vers rintérieur une concentration des forces vitales , qui devient évidente par le froîd et la pâleur des extrémités» Ces spasmes se terminent ordinairement par un flux d'ortne que le magnétisme favorise , en même temps qu'il

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ramène la chalenr vers les parties qui en étaient privées.

On devrait essayer du magnétisme dans les aliénations mentales. Je ne crois cependant pas qu'il les guérisse lorsqu'elles sont héréditaires ou très-anciennes, lorsqu'elles tiennent à un vice d'organisation , et lorsqu'il y a constamment un état de frénésie *, mais quand la maladie est accidentelle et récente, on a tout lieu d'espérer le succès. Ten donnerai pour preuve un fait dont j'ai été témoin.

*Un jeune homme de vingt ans était tombé dans un état de folie tel qu'on avait été obligé de le placer dans une maison de santé. Sa fa^ mille désolée s'adresse à un homibe qui possède au plus haut degré toutes les qualités qui font le bon magnétiseur. Il va voir le malade; et, après des tentatives réitérées pendant trois jours , il parvient à se mettre en rapport, à faire désirer sa présence , et à calmer entièrement les accès. En quinze jours la guérison a été complète, et il ne reste aucun symptôme de l'exaltation qui avait précédé la frénésie.

On voit souvent des aliénés éprouver du bien-être auprès de certaines personnes qui les dominent naturellement, et auxquelles ils

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se soumettent sans résistance; ce sont ces personnes qui réussiraient le plus facilement à les guérir : celles qui les effrayent ou les repoussent n^y parviendraient pas. 11 est probable que, chez* plusieurs des fous dont les accès sont irréguliers , on produirait un calme suivi de semmeil , et enfin de somnambulisme (i); alors la guérison serait à peu près sûre. S'il y avait une idée fixe , le magnétiseur la chasserait par sa volonté. Je crois bien que la plupart des tentatives qu'on ferait en ce genre seraient infructueuses ] mais ici la chose est si importante , et la médecine a si peu de ressources, qu*on ne doit pas négliger un moyen dont le succès est possible.

Lorsque chez les femmes un organe trèsessentiel paraît menacé d'un squirre ou d'un ulcère , le magnétisme est le meilleur et le plus actif de tous les remèdes *, mais je ne crois pas qu'il puisse opérer la guérison si la çialadie a ùài beaucoup de progrès. Dans ce

(x) Lliîstoire de la maladie et de la guérison du jeune Hébert, que M. le marquis de Puységur a publiée , est un des ouvrages les plus curieux et les plus instructifs qu^on puisse consulter sur la puissance du magnétjsme pour calmer l'agitation des nerfs, et pour faire cesser les accès de folie qui en sont la suite.

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cas il dissipe d'abord les douleurs , il rétablit les forces; mais le mal reparait ensuite et s'aggrave malgré tous les soins qu'on se donne.

Plusieurs incommodités , et même quelques maladies asses graves, sont produites chez les femmes par la suppression ou le dérangement de la marche de circulation à laquelle la nature les a soumises. Dans ces cas très-fréquens Teifiçacité du magnétisme est prouvée par des &its innombrables ; il rétablit presque toujours la circulation , plus ou moins vite , selon que le mal est plus ou moins ancien. Il faut diriger Taétion des flancs jusqu'aux pieds, en s'arrétant sur les genoux (i). On évitera de poser les mains sur l'estomac, excepté en établissant les grands courans ; on évitera surtout de les tenir trop long-temps sur la tête, dans la crainte d'y faire remonter le sang. Le somnambulisme s'étant fréquemment montré dans cette maladie, on peut espérer de l'obtenir; mais, par la raison que je viens de dire , il faut bien se garder de le provoquer en concentrant l'action sur le cerveau. Quand l'eflet qu'on

(i) On oe devrait pas employer ce procédé si Pou soupçonnait un état de grossesse.

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désire aura été produit , on se contentera de magnétiser légèrement pour établir Tharmonie générale.

Dans les fièvres intermittentes on emploiera d'abord les grands courans sur les bras, puis l'application sur Testomac, d'où Ton attirera vers les pieds. U faut choisir le moment où Taccès commence. On aura souvent la satisfaction d'arrêter le frisson dès la première fois, et la fièvre aura seulement lieu en chaud. On magnétisera également le jour où il ne doit pas y avoir d'accès. Assez ordinairement les fièvres cessent après quelques séances, de trois à six. Il est à propos de magnétiser encore quelques jours après, et de faire boire de Teau magnétisée , pour em«* pécher le retour de la maladie.

Dans les maux d'estomac qui viennent de faiblesse , l'application de Ja main sur l'estomac produit une chaleur tonique et curative.

S'il y a irritation ce procédé ne convient pas^ on doit alors agir à distance par les procédés les plus caïmans. Si l'estomac est tapissé de bile ou de saburre , ce qui s'annonce par l'état de la langue, le magnétisme ne dispense point d'un émétique ou d'un purgatif^ à moins que dès la première fois il n'excite une éva-

cuation : ce qoi peut arriver chez les personnes très-sensibles à son action.

Pour guérir les maux de tête accompagnés de froid aux pieds , on pose pendant quelques momens les mains sur la tête, on continue par les grands courans, et Ton fait des passer réitérées sur les jambes. Les pieds s'échauffent , la tête se dégage. Si le mal de tête est accidentel il ne revient pas; s'il était ancien et Jiabituel on ferait usage de chaussons magnétisés. Les migraines qui ont leur siège dans Testomac cèdent à Tapplication de la main sur Testomac. Celles qui sont nerveuses sont plus difficiles à guérir ; on essaie de divers procédés, et Ton soutire le fluide de la tête en le ramenant vers les côtés. Si la migraine est périodique , si elle existe depuis plusieurs années, si elle est la suite d'un coup, si elle est produite par un dépôt dans la tête, on doit la considérer comme une maladie chronique qui exige un traitement prolongé. Dans ce cas on peut bien la faire passer subitement; mais on s'expose à des dangers si on ne continue pas plusieurs jours de suite, pour détruire fa cause en amenant une crise. En général, lorsqu'on a enlevé une douleur périodique, il est essentiel de continuer l'usage da

SUR LE MAGNÉTISME. Iki^J

magnétisme jusqu'à Tëpoque où l'accès devait revenir. La guërison ne peut avoir lieu que par une crise qu'il ne faut pas laisser imparfaite ; et Ton n'est fonde à croire qu'elle s'est opérée, que lorsqu'on voit manquer l'accès auquel on s'attendait. Le déplacement subit d'une humeur qui s'était fixée depuis longtemps dans un organe essentiel , peut produire une maladie grave , si l'on néglige de soutenir et de diriger le mouvement qu'on a d'abord imprimé.

Les douleurs produites par une transpiration arrêtée sont presque toujours guéries par le magnétisme , dont l'effet le plus ordinaire est de rétablir la transpiration. Les maux causés par la suppression d'une sueur locale , comme aux pieds, aux mains, etc., disparaissent de même par le retour de cette sueur, qu'on provoque en attirant vers les extrémités , et qu'il &ut avoir soin d'entretenir.

Dans les rhumatismes, les sciatiques, etc. , les douleurs sont quelquefois considérablement soulagées , ou même emportées , dès la première séance , d'autres fois elles sont seu* lement déplacées : le plus souvent elles se calment ou se dissipent peu à peu , après un

aSS nrsTRuoTiOH pratique

traitement plos ou moins long. Le rhumatisme est ordinairement chronique^ mais il peut appartenir aa:x: mabdies aiguës , être accompagné d'nne fièvre violente , et nécessiter un traitement mëdircal analogue à celui des fièvres inflammatoires. Dans ce cas on ma^ gnélisera à distance , en attirant an^delà des extrémités et par les procédés les plus caïmans v et Ton se hâtera d'appeler le médecin qui , d'après les effets qn'on aura d'abord produits , jugera s'il peut se dispenseï^ d'avoir recours à d'autres remèdes. Cest dans le rhumatisme aigu que, sdr certains sujets, le magnétisme opère de la manière la plus prompte et la plus surprenante. J'ai vu des malades qui avaient dans tous les membres des douleurs si vives, que le moindre attouchement leur était insupportable, être tellement soulagés, après une demi4ieurô de magnétisme , à petite distance, que je pouvais leur faire des frictions sans qu'ils en éprouvassent la moindre gêné.

Mais lorsque les douleurs sont ainsi calmées , il ne faut pas croire que la maladie soit guérie. Elle ne peut l'être que par utie crise, ou par un traitement prolongé , et comme je l'ai dit, c*est au médecin à prononcer sur ce qu'il convient de faire pour dissiper entièrement

SUR LE MàGlIÉTISll^. 7ig

rinflammation , empêcher le retour des douleurs et détruire la cause du mal.

Je dois ajouter que de toutes les maladies qu'on a traitées par le magnétisme, le rhumamatisme est celle dans laquelle on a obtenu le plus de succès » quoiqu'on n'ait que très* rarement produit le somnambulisme.

J'ignore si le magnétisme guérirait* la goutte fixée aux pieds et aux mains, lorsqu'il y a des nodtts; mais j'ai vu un accès de goutte si violent , que le malade né pouvait poser le pied à terre , soulagé à la première séance , et guéri à la troisième , assez bien pour que depuis dix-huit mois les douleurs ne soient pas re^ venues;. J'ai vu aussi une somnambule guérir en quinze jours son magnétiseur, qui depuis long-temps souffrait de la goutte dans les genoux et dans les pieds. Elle n'a employé pour cela que des passes le long des jambes, continuées chaque jour pendant un quart d'heure. Comme il ne s'est écoulé que six mois depuis cette guérison , je ne puis affirmer que la somnambule ne s'est point trompée en disant que la maladie ne reviendrait plus.

Lorsque la goutte est remonté^ à la tête ou à la poitrine, le magnétisme la ramène promptement aux jùeds. Trois expériences que j'ai

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faites dans ce cas m'ont parfaitement réassi : il est vrai ^ue la malade était très-sensible an magnétisme, et parfaitement en rapport avec moi.

Le magnétisme me paraît devoir être un excellent remède contre le scorbut , produit par le mauvais air , par le mauvais régime , par la suppression d'une évacuation , etc. Quand cette maladie est constitutionnelle et parvenue à son dernier période , si la guérison est possible , elle doit du moins être fort difficile ; mais on aidera beaucoup la puissance de la médecine. Le magnétiseur doit employer Faction la plus énergique et la plus soutenue.

Les maladies des yeux sont si nombreuses et si variées qu'elles sont devenues l'objet d'une étude spéciale pour une classe de médecins , qui s'en occupent exclusivement , et qui en jugent le traitement fort long, et souvent la guérison très-incertaine. Je crois que le magnétisme convient mieux que tout autre remède, parce qu'il porte directement son action sur l'organe de la vue, et qu'il pénètre dans l'intérieur du cerveau. Dans la plupart des cas il s^\i plus efficacement que les saignées, les purgatifs et les vésicatoires. Les yeux sont-ils affaiblis , il donne de la force.

SUR LE MÂGNÉTISHE. Iki^t

Dans le^ opTita]ftiies il dissipe rinflammation en! dëtournant rhuraetir qtii se porte sur les yeux. Dans une paralysie commençante du nerf opticpie , il serait très-propre à rendre à ce lîerf da mouvement et de la sensibilité; Tai vu plusieurs fois guérir en peu de jours des ophtalmies pour lesquelles les oculistes les plus habiles avaient jugé nécessait'e de faire dn traitement compliqué. Les procédés doivent varier selon la nature du mal. S'il y a inflammation^ on cherche à calmer et à en-^ traîner , et l'on rétatblit l'équilibre \ s'il y a ato:nie on agit directement sur les yenx , en présentant les doigts réunis^ ou bien on tourné le pouce sur les yeux, en posant les autres doigts sur la tempe. Dans tous les cas^ il faut feîre laver les yeux avec de l'eau magnétisée, qui excite presque toujours une sensation particulière. On peut aussi , pendant un quart d'heure , et plusieurs fois par jour, tenir dams ses mains une bouteille remplie d'eau magnétisée^ dont on présente Torifice devant les y ecti à trois ou quatre lignes de distance (r):

(i) En parlant de Teau magnétisée dans mon 4* cha'pitre , J'ai oublié d'indiquer ce procédé dont j'ai vu des effets remarquables , surtout daiis une {txflamraattoii de l'intérieur du nez. ', •

Lorsqu*une maladie des yeux est parvenue à un certain degré, ou lorsqu'elle tient à un vice de Forgane , il est tout simple qu'on ne réussisse pas. Dans une goutte sereine, où depuis sept ans la cécité était totale, j'ai rappelé, au bout de quinze jours ^ la faculté de voir la lumière et de distinguer certains objets. La pupille a repris la sensibilité qui la fait se contracter, mais je n'ai pu aller plus loin ; et lorsque j'ai cessé de magnétiser , après dix mois de patience, la cécité est revenue peu à peu. Si la maladie eût été moins ancienne, il est probable que je serais parvenu k la guérir.

Je ne crois pas qu'il fût possible de détruire une cataracte bien formée : cependant j*ai vu à Corbeil une femme dont on attribuait la cécité complète à une cataracte , et qui a été guérie en quinze jours.

On a fréquemment fait disparaître des taies sur les yeux. Je connais une dame qu'une taie produite par la petite vérole avait privée d'un œil , et qui l'a recouvré en se fatisant magnétiser pour une autre maladie. Voici un second exemple qui prouvera qu'on réussit quelquefois en continuant avec patience, quoiipi^n n'ait produit d'abord aucun effet.

&tJli LE MÀGMÉTISKë. %^i

Mi Paul Geritz ^ médecin et professeur ^e rinstitut des Georgicon à Keszthely, ëtant à Peslh , on le consulta pour une fille de huit à neuf ans ^ qui , par suite de la petite vérole» avait un œil entièrement couvert d'une taie si épaisse qu'elle ne voyait pas la lumière. Il jugea , comme tous les médecins qu'on avait déjà consultés, que, la maladie étant incurable par les moyens ordinaires , il serait inutile de faire des remèdes , et la jeune fille lui ayant inspiré beaucoup d'intérêt, il résolut d'en-^ tceprendre son traitement par le magnétisme» Pendant deux mois l'action parut absolument impuissante; le troisième mois la taie s'amin^ cit^ et, dans le mois suivant $ la guérisonfut complète^ C'est M. Geritz qui j pendant le séjour qu'il vient de faire à Paris , m'a raconté ce fait et ma autorisé à le citer«

J'ai magnétisé pendant deux mois une de- Inoiselle de dit-sept ans qui , depuis sa naissance, avait uiie taie sur l'œil droite et doat l'œil gauche était si faible qu'elle ne pouvait, sans beaucoup de fatigue, lire ou travaillefr à la lumière d'une bougie 5 la taie s'est Considérablement amincie, et je ne doute pas qu'elle aurait énlièreraent disparu si je u'ay^is ^été obligé de discontinuer le traitement. Q.oànl

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à Tœil gauche il a acc^uis, et il coaserve depuis dix ans , toute la force qu'on peut désirer.

La surdité accidentdle cède ou résiste atl traitement magnétique , selon la cause qtii la produit. Lt procédé le plus convenable coû* siste à diriger le magnétisme dans Vorifice de Foreille par les doigts réunis et par Vinsuf"^ flation I et à déterminer ensuite des courans. On a quelquefois réussi sur des sourds-muets; apparemment dans le cas où la surdité avait pour cause Tatonie ou Tengorgement, et non Tabsence ou la lésion de quelques parties es- Rentielles de Torgane (i). Quant aux bour^ donnemens et aux douleurs d'oreille, on les dissijpe souvent avec une promptitude sur^prenante. U en est de même des douleurs de dents lorsqu'elles sont nerveuses.

(i) Dans les éublissemens où sont réunis soH des sourds-inuetS) soit des aveugles-nés, il serait très-utile que le médecin voulût bien traiter par le magnétisme ^uxq^l sont malades, d'abord pour les guérir, ensnStè pour savoir quelles idées se développeraient ckcz eeuv qui deviendraient somnatnbulés , et comment i}s rendraient ces idées. Le résultat de cette expérience, qui ne présente aucun inconvénient, répandrait certaikétoént des lumières sur la physiologie et sur la psjeoingie.

SUE LE MilGSÉTISHE. %/^S

Je n'ai point encore parlé d'une class^ de maladies dont les unes sont chroniques et les autres aiguë3* Ce sont les phlègmasiés entanée^ : çQ^me la petite vérole , la rougeole ^ ia petite vérole volante^ les clous ou furou-ides , le bharbon ou anthrax, les boulons au visage , la teigne , etc. Je crois que le inagnélisme.convient à toutes. Dans la petite vérole et la rougeole il accélère' et régularise la inar* ' che de Ja maladie, et facilité l'éruption. Si » par tin acddent, les boutons sont rentrés, ce qui est fort dangereux , il les fait reparaître. On en a plusieurs exemples.

Dans les furoncles, si l'on magnétise au moment où l'inflammation commence , il est possible qu'on la dissipe en facilitant la circulation et produisant une crise légère 5 si le furoncle. est déjà formé, on apaise les douleurs et l'on hâte beaucoup la maturité en employant une action locale. J'en ai plusieurs fois fait l'essai avec un succès complet. Pour les panaris, on doit faire des passes le long du bras ji^squ'à Viextrémité du doigt suir lequel ôii concentre l'action, on attire ensuite au dehors; et si l'on fait usage d'un cataplasme calmant ou résolutif, on a soin de le bien magnétiser. Pour les boutons au visage il faut employer

fxêfi INSTRUCTION PRATIQUE

les grands courans, et réitérer les passes snr les jambes*

Il est probablement des cas où le magné* tisine serait insuffisant pour là guérîsoti de la teigne ; mais on fera toujours bien d'en es* aayer avant de recourir aux remèdes de la médecine. Tai vu un enfant de cinq ou six ans guéri en deux mois : on avait employé les grands courans , le baquet et surtout Fèau magnétisée qui le purgeait beaucoup.

Il est à présumer qu'on obtiendrait de bons effets du magnétisme dans les affections <îartreuses , surtout si Teau magnétisée produis sait des évacuations.

L'état de grossesse ne doit jamais mettre obstacle à l'emploi du magnétisme : c'est mdme dans cet état qu'il peut rendre les plus grands services; on l'a. vu souvent remédiera des accidens graves, et qui faisaient craindre une fausse couche. On l'a vu aussi faciliter le tra* vail de la nature dans l'accouchement; et cela est tout simple, puisqu'il augmente les forces et qu'il calme les douleurs et les crises neir^ yeuses.

Je crois que dans l'état de grossesse , sur^ tout pendant les premiers mois , on ne doit point faire des psses sur les cuisses et les

5UR LE MAGNÉTISME. tkJ^J

jambes. Elles pourraient imprimer au sang un mouvement qu'il est essentiel d'éviter.

Dans les suites de couches, le magnétisme peut encore être d'un grand secours, surtout pour rétablir le cours naturel du lait lorsqu'il a été dérangé (i). Le cboix des procédés dépend des circonstances, et peut être déterminé par les principes que j'ai donnés.

 la suite d'un accoucbement très-laborieux, on voit quelquefois l'enfant qui vient de naître ne donner presque aucun signe de vie , parce qu'il n'a pas la force d'exécuter le mouvement des muscles inspirateurs nécessaires pour établir la respiration. Il périrait alors faute d'air si l'on ne parvenait à exciter ce mouvement par divers moyens, tels que les frictions et l'introduction de l'air dans la poitrine. M. Tbiriat, professeur d'accoucfaemens et médecin des eaux de Plombières , s'est assuré , par l'expérience, que le magnétisme produisajv très-vite l'effet désiré. Il l'a employé avec insufflation sur la poitrine au travers d'un linge. Il présume, avec raison, que le même moyen serait très efficace pour rappeler

(i) Il^est clair qu'il faut s'abstenir du roagoétisin» icNTsqu'on veut faire passer le lait.

a48 ii^sxaypTiON pr^tkjue

à la Yk les ^^(diîiiés. V. BM- M^xiéL ^ tgm. 4 »

Le magoëtiànd cialme h plupart des douleurs des enfoos à la ms^meUci , il leur donne des forces et &von$e le développement d^ r-organisaiion. Les fnéres remploient par une impulsion naturdle lorsqu'elles voient souffrir leurs en&ns , et elles réussissent à les soulager. Elles obtiendraient bien plus de succès si elles avaient une entière con^aoce eu la puissance dont la nature les a dottée3.

En général^ les etifans sont fort sensibtes au magnétisme; dès qu'ils en ont éprouvé du kîen, ils reconnaissent que celui qui les a magnétisés a le pouvoir de les guédr par les procédés qu'ils lui ont vu .employer, et ils sont les premiers i réclamer le même secours qnand ils se trouvent incommodés.. Ua enfant de cinq.àniS) qine je VQW tous les jours , ayai^t él^ piqué au nés par une abeille, peu* dant que je mè promenais avec lui, je lui enlevai la douleur en quelques minutes. Depuis ce moment, chaque fois qu'il avait le plus petit mal , il venait nïe demander de le guérir.

Un médecin, qui a, pendant dix-huit mois, suivi le traitement de M. Wolfart i Berlin,

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sua L£ MAGJNÉTSSIfE. %/^

m'a racoaté que ce célèbre magnëtiseur avait, deux fois par semaine , une séaoce pour le$ enfans en bas âge ; qu'après avoir fait rai^ger autour de soal)aqttet les oourrices et les bonnes qui les portent dans leurs bras , ou les tiennent par la main , il faisait sur eux quel* ques passes, et que les enfans le regardaient av^ plaisir. Il m'a ajouté qu'il ne se sour* venait pas d'en avoir vu pleurer pendant le temps de la séance. U m'a dit enfin qu'à l'heure du traitement, les €;nfans qu'on y avait meués plusieurs fois témoignaient, par des gestes et des cris , le désir qu'ils avaient qu'on les y conduisît encare.

Parmi les faits nombreux qui prouvent la promptitude et l'efficacité de Faction du magnétisme sur les enfans , je vais en citer deux que j'ai vérifiés.

Une fille de dix-huit mois avait un orgelet qui lui faisait mal. Son père la prend sur ses genoux , il la magnétise ^n lui mettant la main sur les yeux , l'enfant s'endort aussitôt : une heure après eUe se r:éveille , et l'orgelet avait disparu.

Madame'^'^^de Ghalon$sur Marne, avait un fils de six ans dûnt les intestins étaient si relàdiés qu'il se salissait toutes les nuits.

l50 INSTRUCTION PRATIQUE

On avait employé tous les moyens imagina-- ^ bies pour remédier à cette infirmité. Enfin sa mère prend le parti de le magnétiser. La première fois le magnétisme produisit une évacuation extraordinaire^ la seconde fois il y eut encore un mouvement; mais le troisième jour Tenfant fut guéri. On continua quelques jours encore sans qu'il éprouvât aucune sensation , et il n'a plus eu le moindre symp* tome de son incommodité.

On a souvent obtenu des effets surprenans du magnétisme sur de jeunes personnes rachir tiques, ou affectées de vices de conformation qui semblaient exiger que, pendant un temps fort long, on joignît à des remèdes internes les moyens mécaniques très-perfectionnés de nos jours. Un habile médecin m'a raconté qu'après avoir soigné sans succès une jeune demoiselle qui était contrefaite par une déviation considérable de l'épine du dos, il essaya de la faire magnétiser, et qu'il fut très-étonné de voir , au bout de quelques mois , la colonne vertébrale par&itement redressée.

J'ai connu une fille de douze ans dont les vertèbres lombaires formaient une saillie considérable*, un respectable ecclésiastique, qui lui avait fait faire sa première communion,

SVH LE MAGNÉTISME. 25t

conseilla à sa mère de la magnétiser, et se cliargea de diriger le traitement. En quinze jours les vertèbres reprirent la situation qu'elles devaient avoir. Cette fille avait la fièvre et des douleurs intérieures depuis deux ans ; elle avait consulté plusieurs médecins et fait beaucoup de remèdes. Le magnétisme l'a constamment soulagée*, mais il n'a pu la guérir.

J'ai vu à Corbeil une fille de quinze ans qui , depuis sa première enfance , avait une jambe plus courte que l'autre de six pouces, et une callosité à la hanche, de la grosseur du poing. En six semaines de tfailement , la cal<losité a diminué de moitié et la jambe s'est allongée de trois pouces en même temps qu'elle a repris de la force.

Je ne m'étendrai pas davantage sur les effets que le magnétisme produit dans les diverses maladies et sur le mode d'application qui me semble préférable, selon les circonstances (i). Je reviens à des observations générales.

(i) L*un des fondateurs de la société magnétique qui existait à Paris sous la présidence de M. le marquis de Puységur , se propose de publier par souscription un exposé de toutes les cures opérées en France depuis Mesmer [usqu^à. nos jours. Ce travail , dont fai lu

a5a IMSTEVCTXON PRATIQUE

Tai dit que pour magnétiser avec succès il fallait unir la confiance à la yolonté. Il est cependant utile d'être prévenu que la puissance dont on fait usage a des limites qu'il est impossible de franchir. Dans plusieurs maladies chroniques, reconnues incurables , parce qu'elles attaquent un organe essentiel et qu'elles ont fait beaucoup de progrès, le magnétisme produit souvent un changement dont on est étonné, et d'après lequel on ne doute

le manuscrit y formera 2 yol. în S» avec des tableaux analytiques. Les ouvrages dont il ofTre Textrait feraient plus de 60 vol. On 7 trouvera tout ce qui peut éclairer sur le genre des maladies , sur le mode de traitement et sur les crises qui ont amené le soulagement ou la guérison. L*auleur s'est principalement attaché à rendre compte des cures opérées par des médecins ou sous leurs yeux. Le nombre de ceux qui ont donné des attestations est de plus de a5o. Ce recueil de faits dispensera de chercher les relations répandues dans un grand nombre de livres dont quelques-uns sont trèsrdifficiles à trouver et qui presque .tous contîemiefit des détails inutiles, ou 4es théories plus ou moins hypothétiques. Ceux qui voudraient se procurer cet ouvrage , dont le prix ne s'élèvera pas au-dessus de i5 fr., peuvent envoyer leur soumission chez le libraire qui vend celui-ci : ib ne paieront qu'en le recevant ; mab l'auteur ne peut com* mencer l'impression qu'après s'être assuré d'un nombre de souscripteurs stijŒisaDt pour couvrir les frais.

pas qu'on s'est emparé dé là maladie , et qu'elle sera guërie en peu de tekûps : mai^ bientôt le malade reloiïibe dans Tëtat où il ëfâit, et finit par succomber. Cest que le magnétisme . qui ne peut trîotnpher d*tiné àfTection orga-^ nique, portée à un certain degré, dissipe d'abord les maladies accessoit'es : il donne des forces , il ramène le Sommeil , il calme les nerfs, il fait cesser tes douleurs, il diminue les engot-gemens ; mais la maladie essentielle existé toujours , elle reparaît ensuite , le magnétisme agit moins et le malade perd ordir nairement toute confiance. Ce n'est point là une râison pour ne pas essayer du magnétisme; mais c'en est une de ne pas se flatter*, de ne pas annoncer comme certaine la guérison d'une maladie ancienne , parce qu'on a produit en peu dé jours un changement notable et tinè amélioration qu'on n'avait pu obtenir par tous les remèdes de la médeéine.

Il est enfin beaucoup de maladies qui tiennent à la constitution, ou qui proviennent d'un vice dans le sang, ou qui attaquent principalement les nerfs, dans lesquelles le magnétisme amène constamment du mieux , sans pouvoir détruire la cause. ïl ne faut point alors lui de-

ft54 imSTRUGTIOlf PRATIQUE

mander plus qu'il ne peut faire. On aurait tort de s'imaginer qu'on trouvera un meilleur magnétiseur, ou qu'on réussira par des procédés plus actif^. Il faut que le malade sache se ré^ signer à vivre avec son ennemi, comme, on le dit vulgairement) et que le magnétiseur ait le courage de continuer un traitement qui fait plus de bien que tout autre et qui n'a point d'inconvénient. On peut, selon le genre de la maladie , se faire magnétiser un quart d'heure tous les jours ^ pu n'avoir recours au magnétisme que lorsque le besoin s'en fait sentir. Combien de gens de ma connaissance doivent au magnétisme une existence supportable ^ sans qu'on puisse se flatter de leur rendre une parfaite santé !

Il arrive assez souvent qu'après avoir produit d^abord une amélioration très-sensible le magnétisme cesse d'agir ou du moins de ma-»

nîfester son action^ alors le malade s'en dégoûte , il y renonce , et il a recours aux remèdes : cela est très-sage, dans le cas. où il n'en aurait point fait encore; mais je doi^ avertir que je n'ai jamais vu une maladie pour laquelle on avait inutilement épuisé les ressources de la médecine , et qui avait ensuite été adoucie par le magnétisme , être guérie?

SUR LE MAGNÉTISME. a55

par de nouveaux remèdes après qu'on a renonce à Fusage du magnétisme.

Quelquefois au contraire on voit une ma^* ladie s'atténuer et se guérir enfin par le magnétisme après un temps fort long, et lorsqu'on n'osait plus s'en flatter. Je vais en citer un exemple.

Une jeune femme , tr^s-intéressante , née à Paris et mariée dans une ville de province, était depuis trois ans tourmentée par le tic douloureux ; elle avait consulté plusieurs médecins, elle avait essayé d'un grand nombre de remèdes et fait beaucoup d'usage de quinquina : son estomac était dans le plus mauvais état. Ayant eu l'occasion de la voir pendant un voyage qu'elle fit à Paris, je lui conseillai le magnétisme , et j'en fis l'essai dçux mois de suite^ je l'endormis plusieurs fois sans obtenir le somnambulisme ; je réussis à dissiper les douleurs lorsque l'accès avait lieu ; mais je ne parvins point à en empêcher le retour. Lorsqu'elle repartit, j'engageai son mari à continuer le traitement. Pendant deux ans, il la magnétisa presque tous les jours sans pouvoir la guérir ; mais les accès devinrent moins fréquens et moins douloureux , et l'eau magnétisée , dont elle faisait constamment

Îl56 INSTRUCTION PRATIQUE

usage, rendit les digestions très-faciles : enfin , au bout de quatre ans , elle a recouvré une parfaite santé qu'elle doit à la persévérance de son mari.

Le sujet que je viens de traiter serait susceptible de beaucoup dedéveloppemens.Lorsque d'habiles médecins auront étudié le magnétisme , ils pourront nous donner de nouvelles lumières sur les modifications que le siège et les symptômes des différentes maladies doivent apporter dans son application. Toutefois les détails dans lesquels je suis entré me paraissent suffisans ponr diriger lés personnes qui veulent employer leurs facultés à faire du bien. Si j'ai cherché à exciter la confiance, j'ai mis encore plus de soin à maintenir cette confiance dans les limites de la sagesse. En suivant la marche que j'ai tracée, on n'aura jamais à se repentir d*avoir fait usage du magnétisme comme d'un auxiliaire à la médecine.

n me reste à faire deux observations dont une est applicable à toutes les maladies graves qui ont été guéries par le magnétisme -, l'autre à celles dans lesquelles le magnétisme a exerééune grande action.

J'ai dit que lorsqu'on avait rendu la santé

à un malade, et que k convalescence était terminée , il fallait cesser de magnétiser ; mais on a remarqué dans plusieurs maladies qu'un an après la guérison , an éprouvait un malaise ou quelques accidens qui faisaient craindre que la cause du mal ne fût pas entièrement détruite ^ lors donc qu'on a terminé le traitement d'une de ces maladies , je pense que c'est une précaution fort sage d'avoir de nouveau recours an magnétisme pendant une quinzaine de jours, quand il s'est écoulé environ un an depuis l'époque où l'on a terminé le traitement qui a amené la guérison. Cela n'est pas toujours nécessaire 5 mais, dans le doute, on fera bien de s'imposer cette règle , surtout si l'on n'est pas éloigné du magnétiseur auquel on doit le retour de sa santé»

2*. Lorsque le magnétisme a établi un rapport parfait entre le magnétiseur et le magnétisé 5 lorsque celui-ci est entré dans l'état que nous avons nommé magnétique, et surtout lorsqu'il est devenu somnambule , il n'est pas douteux que le magnétiseur peut agir sur lui à distance , s'il s'en occupe fortement- Je dois avertir que l'exercice de cette puissance elige les plus grandes précautions , et qu'on ne doit jamais s'en permettre l'usage pour faire une

a58 INSTRUCTION PRATIQ:IIE

expérience* Il est sans doute foi^t curieux d'efisayer si Ton fera sentir son action à quel* ;qu'un qui est éloigné et qui ne s'y attend pas -, mais cet essai peut avoir beaucoup d'incon- .véniens \ il peut même produire des accidens graves. Les inconvéniens, lorsqu'il n y a pas de somnambulisme, sont d'exciter des demicrises qu'on ne peut ni développer ni soutenir. Sur celui qui est susceptible de somnambulisme, le danger est de produire cet état lorsque le malade se trouve avec des personnes qui ne sont point en rapport avec lui , et qui , en le touchant ou en cherchant à le jéveiller, peuvent lui faire beaucoup de mal. J'ai dit que celui qui voulait exercer le magnétisme devait s'affranchir de toute curiosité, et c'est ici surtout qu'il est essentiel de faire l'application de ce principe*

Il est cependant des cas où le magnétiseur doit faire usage de la faculté qu'il a d'agir de loin ; mais ce sera après avoir pris les précautions convenables , et jamais par un motirde curiosité. Votre malade a des douleurs vives , vous présumez qu'elles l'empêcheront de dormir la nuit : vous avez éprouvé que vous calmiez ces douleurs par votre présence : oc- ' cupez-vous de lui , et magnétisez-le par la pen-

fitJH LE MAGNÉtlSMÉ. ^5g

sëe, avec la seule intention de le calmer : il est probable que vous y réussirez. Si votre malade est somnambule, demandez-lui, pendant son somnambulisme , si vous lui feriez duj)ien à telle heure , en agissant sur lui. S'il vous y engage ; alors prenez les précautionai convenables pour que rien ne puisse le déranger 5 avertissez-le de l'heure à laquelle il doit se trouver seul , ou avec la personne qui a coutume d'assister aux séances et à qtii vous aurez fait part de votre projet. Dèslors vous a'avez rien à craindre , et la crise de somnambulisme , amenée à l'heure où la nature en a besoin , lui fera beaucoup de bien. •^— Mais on dira que le somnambulisme a été produit par l'imagination du malade et non par ma pensée et par ma volonté. —On ne dira rien du tout:

car vous ne devez rendre compte à personne des phénomènes, du moins jusqu'après la guérison. — Mais je ne saurai pas moi-même si j'ai réellement agi.— Eh! qu'importe? Estce pour vous convaincre que vous magnétisez, ou bien pour guérir votre malade ? Si c'est pour le guérir, il est indifférent que vous 1q guérissiez par votre propre influence ou par celle de son imagination. D'ailleurs: vous n'a-^ vez pas besoin de chercher des phénomène!

iSo TN&TRyCTION PRATIQUE

Qiitraordinaires pour fortifier votre croyance; et y si vous avez un somuambule bien sensible» le hasard vous offrira tant de faits merveilleux » tant de preuves convaincantes, que yoys eu serez étonné. Encore une fois, quand vous magnétisez , ce n'est pas pour vous , c'est uniquement pour le malade qui s'est livré à vos soins , à votre bienveillance , à votre charité.

U est fréquemment arrivé qu'un magnéti-^ seur a continué le traitement d'un malade somnambule qui avait été obl^ de se sépairer de lui ^ et que ce malade lui a écrit en ^mnambulisme le détail de ses crises et ce qu'il fallait faire pour terminer sa guérison (i). Cela réussira toujours avec un magnétiseuc prudent et un somnambule docile ; mais si les précautions ont été mal prises, si le magné,tiseur néglige de s'occuper de son malade aux heures convenues, il vaudrait centfois mieux rompra Le rapport et abandonner le malade à ta nature-^

(i) Je possède plusieut-s lettres écrites dans l'état de samaeinbiilûme; eUessont bien supérieures à ceUes que }$fk miÊOiBê pAnMBBes écrivent dans Fétat de veille , no»- «j^iMv^ pour h (poda des idées , mais encore poni l^'élégancftdvUi at:|ie et le.dbLoix des expressions.

SUR LE BtAGNétlSllE. !Sk6l

Oa peut, chez plusieurs sujets , reuouyelet le somnambulisme avec un objet magnétisé : cela facilite l'action du magnétiseur , mais cela ne le dispense point de penser à son malade pour soutenir et régulariser la crise*

Ceux qui ne connaissent pas les phénomènes du magnétisme regarderont comme des absurdités ce que je riens dédire : mais ceux qui auront une fois reconnu par eux-mêmes Tinfluence qu'ils peuvent exercer sur leurs somnambules, seraient exposés à commettre des imprudences si je ne les avertissais pas du danger. C'est donc un devoir pour ihoi d^exposer les vérités dont j'ai la certitude , sans m'inquiéter du jugement des incrédules.

Je ne demande point aux personnes à qui j'a-^ dresse cette instruction de croire sur ma pa^ rôle à la réalité des phénomènes extraordi* naires : je leur demande seulement de suivre les conseils que je leur donne, s'il arrive que ces phénomènes se présentent à eux.

Après avoir parlé du magnétisme comme d'une faculté qui nous a été donnée pour guérir ou soulager les maux de nos semblables , et que nous devons employer avec prudeuce , mais avec confiance et avec tout le zèle de la charité , il ne sera pas hors de propos de dire

.a6a INSTRUCTION PRATIQUE

un mot du parti qu'on peut en tirer pour guë* rir les animaux domestiques qui nous aident dans nos travaux , ou qui nous intéressent par rattachement qu'ils ont pour nous.

U paraît que tous les êtres viyans sont plus ou moins sensibles à Tinfluence du magnétisme. Je ne parlerai point ici de Taction que certains animaux exercent les uns sur les autres ; ce serait me jeter dans des discussions d'histoire naturelle et de physiologie fort étrangères au but que je me suis proposé, celui d'enseigner à tirer parti du magnétisme pour faire du bien.

Xe magnétisme peut être employé avec le {Jus grand succès pour la guérisou des animaux domestiques. Il parait même que son action est plus sûre, plus constante, plus efficace sur ces animaux que sur les hommes : soit parce que l'homme a , par ses facultés , une grande supériorité sur les animaux , soit parce que ceux-ci n'opposent aucune résistance , et s'abandonnent entièrement à l'influence qu'ils reçoivent.

Je n'ai point essayé de guérir des animaux ; je me suis seulement assuré par moi-même que le magnétisme agit sur eux ; mais j'ai recueilli un grand nombre de faits, j'ai été té-

moin de résultats ëvidéns y et plusieurs de mes amis , observateurs exacts , m*ont raconté les crises qu'ils avaient produites et les guérisons qu'ils avaient opérées avec une promp* titude surprenante sur des chiens , sur des che* vaux , sur des chèvres , sur des vaches, etc« Les faits sur lesquels repose ma conviction me semblent certains , et je ne les affirmerais pas si je n'en avais la preuve directe.

J'ai vu des chiens en bonne santé donner des signes de leur sensibilité au magnétisme , et quelquefois même paraître inquiétés de son influence; mais je n'ai pas poussé loin ces sortes d'observations , qui m'auraient fatigué sans me conduire à des résultats utiles. Elles ne ^>cijt concluantes que pour celui qui les fait lui-même , et je n'ai pas besoin de m' assurer d'une chose qui n'est pas douteuse pour moi.

Les procédés à employer pour les- aniniauiif sont les mêmes que pour les hommes. Si on connaît le siège du mal on concentre l'action sur la partie affectée , pour entraîner ensuite. Si on ne le connaît pas , on emploie les grands courans à distance.

Je connais des exemples vraiment étonnans de l'efficacité de l'eau magnétisée employée en lotion , et des compresses imbibées d'eau

a64 INSTKUCTION PRATIQUE

magaëtisée pour la guërison des plaies aux jambes des chevaux.

Il n'y a sans coutredit aucun inconvénient à faire des expériences sur les animaux; mais je crois qu'on réussira beaucoup mieux si on les magnétise d'après les mêmes principes que j'ai donnés pour magnétiser les hommes, c'està-dire avec la seule intention de les guérir.

On voit, dans les campagnes, des paysans qui prétendent avoir le secret de guérir certaines maladies des animaux domestiques ; et qui, en effet, réussissent. Si on examine ce qu'ils font, on reconnaîtra qu'ils magnétisent, et que les moyens accessoires qu'ils emploient ne sont absolument rien par eux-mêmes. Des personnes éclairées obtiendraient les mêmes résultats , si elles avaient la même confiance.

C'est toujours un bien de soulager des êtres souffrans} et, en guérissant des animaux, on rend spuvent on grand service aux hommes.

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