CHAPITRE IX
Des mojrens de dés^elopper en soi-même les facultés magnétiques , et de tirer parti de ce développement.
JuoRSQUE Mesmer annonça sa découverte , il ne voulut point dévoiler un secret dont il se croyait seul possesseur, à moins qu'on ne lui donnât un certain nombre d'élèves choisis auxquels il pourrait exposer toute sa théorie » en leur enseignant les moyens d'en faire Tapplication. Mais pour faire connaître combien cette théorie était vaste et importante , et pour prendre date, il en publia les bases en vingt-sept propositions , qu'il se réservait de prçuver et dont il promettait de donner le développement et d'expliquer les conséquent»
ces , dès qu'on aurait consenti à assurer son sort, et à prendre les mesures qu'il jugeait convenables pour qu'on ne pût ni abuser de ses principes , ni lui ravir la gloire de les avoif découverts. Ces propositions étaient fort obscures^ plusieurs d'entre elles semblaient ccmtraires aux opinions reçues en physique : ellef
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n'ont jamais été clairement expliquées, et cependant on a obtenu les plus grands succès en magnétisme* jCela prouve assez qu'elles n'avaient pas l'importance que leur attribuait leur auteur, et que les effets qu'il produisait et ceux qu'ont produit ses élèves , n'étaient pas essentiellement liés à sa doctrine. On ne peut cependant disconvenir que les assertions de Mesmer méritaient la plus grande attention, sinon pour le système de physique générale auquel il associait sa découverte, du moins pour ce qui est relatif à l'action propre du magnétisme, à sa puissance, à ses effets , aux moyens d'en diriger et d'en renforcer l'action, à l'utilité qu'on peut en retirer, surtout pour le traitement des maladies ; car Mesmer était à la fois un bon observateur et un savant médecin.
La vingt-septième des propositions de Mesmer commence par ces mot^: Cette doctrine mettra le médecin en état de bien juger du degré de santé de chaque individu.
On n'a point assez réfléchi sur cette proposition , et l'on cherche vainement dans la plupart des ouvrages pidiliés sur le magnétisme comment il conduit le médecin à juger de l'état des malades.
8UB LE MAGNÉTISME» Jsj
Mesmer avait dit aussi, proposition treize:
On observe àTeocpérience l'écoulement d^une matière dont la subtilité pénètre tous les corps sans perdre notablement de son activité. On n'a pas plus expliqué cette proposition que la vingt-septième.
Mesmer a ensuite beaucoup parlé des courans, et l'on a encore négligé de se rendre compte de ce qu'il voûtait dire. La supposition descourans entranset sortans, ainsi que celle des pôles, tient au système général de Mesmer , et je conviens qu'il est inutile de s'y arrêter 5 mais si l'on reconnaît par Uexpérience l'écoulement d'un fluide subtil, et si c'est à cette émanation qu'on donne le nom de courans, la nature de cette émanation , le degré de force avec lequel elle s'échappe, et la cause de la direction qu'elle suit, sont des problêmes de physique et de physiologie qui doivent être examinés avec le plus grand soin.
Le phénomène observé" par Mesmer a été connu d*un grand nombre de ses élèves. 11 la été particulièrement de M. dT>slon j qui a Axé sur cet objet l'attention de presque tous ceux à qui il a enseigné la pratique du magnétisme. Cette connaissance n'a poiùt été
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étrangère h plusieurs des membres de h so* ciétë de Strasbourg ; et cependant , dans les nombreux mémoires qu'ils ont publiés , ils n'en ont parlé qued'une manière vague, comme d'une chose connue de tout le monde par une tradition orale, et qu'il est inutile d'expliquer. Je n'ai moi-même presque rien dit sur ce sujet dans mon Histoire critique, parce que je n'avais pas bien compris ce dont il s'agissait^ et que n'étant pas doué de la faculté de sentir en moi les maux des autres, et ne m'étant pas exercé à reconnaître l'action des courans , je ne pouvais en parler par ma propre expérience. J'ai. lu depuis des manuscrits de M. d'Eslon où cette question était traitée ^ j'ai lu enfin un ouvrage manuscrit composé il y a trente-six ans par un homme très-éclaîré, trèsbon observateur, et qui ayant été d'abord instruit par M. d'Eslon avait beaucoup ajouté aux connaissances qu'il avait reçues de son maître; et je me suis convaincu que ce dont j'avais négligé de m'informer était un phénomène très-remarquable, et celui dont l'observation est le plus utile dans la pratique du magnétisme.
M. de Lausanne a donné récemment un extrait fort étendu du manuscrit que je viens de
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citer : il forme le premier volame de Touvrage intitule Des procédés et des principes du magnétisme y 2 vol. in-8®., Paris chez Deotu, 1819. J'invite ceux qui veulent pratiquer le magnétisme à lire cet ouvrage avec la plus grande attention et à s'exercer patiemment dans remploi de la mëthode enseignée par Fauteur. On juge bien que je ne puis ici ni développer ses principes, ni en donner Texplication ; je dois me borner à faire con** naître le phénomène principal et les indications qu'il nous fournit pour mieux réussir dans le traitement des maladies.
Tout le monde sait que les bons somnam* bules découvrent le $iége de la maladie des personnes avec lesquelles on les met en rapport, tantôt en éprouvant sympathiquement des douleurs dans la partie de leur corps correspondante à celle qui est affectée chez le malade^, tantôt en promenant çur eux leurs mains et en les examinant avec attention depuis la tête jusqu'aqx pieds. Tou$ le monde sait aussi que sans aucune instruction ils magnétisent beaucoup n^ieux qu'ils ne le feraient étant éveillés, et qu'ils doopent au fluide magnétique la direction \^ plus coa« venable.
33o INSTRUCTION PRATIQUE
Cette faculté de sentir le siège des maladies et la direction qu'il, faut donner au magnëtisme n'appartient pas exclusivement aux somnambules ; elle se développe aussi chez plusieurs magnétiseurs lorsqu'ils sont atlen* tifs à se rendre compte des différentes sensations qu'ils éprouvent, soit en magnétisant divers malades, soit en portant l'action du magnétisme sur tel ou tel organe du malade avec lequel ils sont en rapport.
Je connais plusieurs magnétiseurs qui, lorsqu'ils tiennent la main sur le siège d'un mal intérieur , sentent une douleur qui se propage jusqu'au coude; leur main s'engourdit et devient même enflée. Cet effet diminue avec la maladie ; il cesse lors de la guérison , et cette cessation indique que le magnétisme n'est plus nécessaire.
J'ai vu un médecin éprouver celte sensation la première fois qu'il a essayé de magnétiser. Chez d'autres personnes elle ne se montre qu'après des essais réitérés. Je ne Fai point reconnue chez moi parce que mes occupations ne m'ont permis de magnétiser que par intervalles et lorsque j'y étais porté par le désir de ^oiilàgêr un malade. Cependant quelques effets que j'ai éprouvés en diverses
circonstances me font croire que je l'aurais acquise si j'avais eu soin de me rendre compte de la cause qui les avait produits.
Le tact délicat qui fait reconnaître le siëge et quelquefois la nature de la maladie, pressentir une crise qui se prépare, juger du moment où une crise se termine , etchoisir comme par instinct les procédés les plus propres à bien diriger Taction , étant de toutes les facultés la plus utile au magnétiseur, je vais exposer succinctement comment il faut s'y prendre pour l'acquérir et pour en faire usage.
Ce que je dirai n'est point le résultat de ma propre expérience, c'«st celui de l'explication que m'ont donnée dé leur méthode plusieurs magnétiseurs à qui j'ai vu opérer des prodiges,demesconversationsavecfeuM.Varnier, avec plusieurs élèves de M. d'Eslon et plusieurs membres de la Société de Strasbourg, de la théorie exposée dans l'ouvrage que j'ai cité, de quelques observations que j'ai extraites de l'ouvrage anglais du docteur de Maineduc (i) , enfin de l'examen et de la com-
(i) Je n'ai plus cet ouvrage sous les jeux ^ il a été publié h Londres , il y a environ trente ans, en un volume in-8o. L'auteur y développe une théorie curieuse, mais fort systématique; et il exige de ceux qui veulent
33a INSTRUCTION PRATIQim
paraison d*an grand nombre de faiU dont j*ai étë témoin et de tous ceux que j'ai pu recueillir.
Lorsqu'un homme magnétise , il se met par sa volonté dans un état différent de Tétat habituel -, il concentre son attention sur un seul objet , il lance et dirige hors de lui le fluide nerveux ou fluide vital , et cette nouvelle manière d'être le rend susceptible de nouvelles impressions.il sent d'abord un changement qui s'opère en lui-même par l'action qu'il exerce; il éprouve ensuite par la réaction de celui qu'il magnétise des sensations diverses qui l'affectent plus ou moins selon le degré de susceptibilité dont il est doué , et selon le degré d'attention qu'il porte à les reoonn^tre et à les distinguer.
Le changement qui s'opère en nous lorsque nous agissons magnétiquement, c'est-à-dire lorsque les passes que nous faisons sont ma* gnétiques, et le sentiment qui nous persuade que nous sommes en rapport avec celui que nous voulons magnétiser , sont des choses qu'il n'est pas possible de décrire , mais que reconnaissent avec certitude ceux qui ont l'habitude de magnétiser et qui ont observé
poitiquer le magnétiame des connaissaiices qui ne me piMErâteMHraUemeDt oécessalrei.
flXTK LE MACt^ÉTISME. 333
ce qui se passe en eux-mêmes. Celle disposition se compose d'une intention bien déterminée qui écarte toute distraction, sans que nous fassions aucun effort, d*un vif intérêt que nous inspiré le malade et qui nous attire vers lui , et d'une confiance en notre puissance qui ne nous laisse pas douter que nous réussirons à le soulager. Lorsque Texpérience vous a appris que vous êtes susceptible de ce sentiment, si vous ne l'éprouvez pas après avoir essayé pendant an quart d'heure, il est inutile de continuer; les efforts de volonté que vous pourriez faire n'aboutiraient à rien : vous essayerez encore deux ou trois fois les jours suivans, et vous cesserez si vous n'avez pas plus de succès -, car alors cela prouve que vous n'êtes pas en état de magnétiser, ou que votre action ne convient pas à la personne sur laquelle vous voulez agir. Si au contraire vous sentez se manifester en vous les dispositions dont je parle, vous deves persévérer; car, lors même que le malade n'éprouve rien, il est extrêmement probable que vous exercez sur lui une action réelle dont les effets se manifesteront dans la suite , soit par des crises quelconques , soit par une amé-^ lioration de la santé.
Outre le changement dans les dispositions morales , il y a encore quelques signes purement physiques ou quelques sensations qui font indubitablement reconnaître, au magnétiseur qu'il a établi le rapport et qu'il exerce une action magnétique : ordinairement ses mains s'échauffent, il semble que l'action vitale se porte au dehors.
J'ai été intimement lié avec un homme qui avait une puissance magnétique très -énergique et très-salutaire. Quand il avait commencé à agir sur quelqu'un il était obligé de continuer près de trois-quarts d'heure , ou bien il se trouvait pendant toute lajournée dans un état d'agitation. Une fois qu'il avait mis en lui-même le fluide en mouvement , il fallait qu'il le laissât s'échapper dans la direction qu'il lui avait imprimée^ il cessait y si au bout d'un quartrd'heure ses mains ne s'étaient pas échauffées. Dans ce dernier cas, il était sûr qu'il n'agissait pas ^ dans le premier il était sûr du contraire , et je ne l'ai jamais vu se tromper , quoique le malade n'éprouvât rien dans le premier moment.
Je connais une dajtne qui , lorsqu'elle commence à magnétiser , éprouve beaucoup de chaleur aux mains. Après une séance de trois-
quarts d'heure (plus ou moins, selon que la personne qu'elle magnétise soutire plus ou moins le fluide) , ses mains deviennent trèsfroides^ alors elle n agit plus. Le même e^et a lieu lorsqu'elle magnétise de l'eau. Ses facultés magnétiques se rétablissent après une heure de repos, surtout lorsqu'elle se promène au grand air.
Plusieurs magnétiseurs sentent, au bout de quelques momeas, une correspondance qui s'établit entre leurs deux mains , tellement que s'ils en placent une sur l'estomac du malade et l'autre derrière son dos, illeursembU; que leurs deux mains se touchent : cette sensation prouve que le fluide pénètre le malade*
Venons maintenant aux effets produits sur le magnétiseur par la réaction de celui qu'il magnétise. Ces effets n'ont lieu qu'autant que le rapport est bien établi. Us peuvent se manifester à un degré plus ou moins élevé par trois phénomènes d'un ordre différent. Le premier de ces phénomènes est fort ordinaire, et connu d'un grand nombre de magnétiseurs.
Les deux autres ne se montrent distinctement qu'à ceux qui en ont fait une étude suivie , peut-être même faut-il avoir des dispositions particulières pour en acquérir la connaissance.
Jem^arréte un moment ici pour exposer les moyens qu'indique Fauteur de Touvrage publié par M. de Lausanne pour établir le rapport intime nécessaire au but qu'il se propose , celui de l'exploration des maladies.
Placez-vous de manière à ce que toutes les parties de votre corps soient autant que possible vis-à-vis des parties correspondantes du malade , et tenez-lui les pouces pendant un demi-quart -d'heure en dirigeant sur lui votre volonté et concentrant votre attention. Faites ensuite très-lentement des passes le long des bras et devant le corps , de la tête aux pieds, ou du moins aux genoux. Eloignezvous peu à peu pour faire ces passes d'abord à un pouce , puis à quelques pouces de distance 9 en ne donnant à vos mains que la force nécessaire pour les soutenir et en continuant à bien observer toutes vos sensations.
Voici maintenant ce que vous éprouverez, d*une manière plus ou moins sensible, peutêtre de la première fois , peut-être au bout de boit ou dix séances, peut-être seulement au bout de quelques mois. J'ignore s'il est des personnes qui n'ont pas les dispositions nécessaires pour atteindre ce but. Il faudrait sa-* voir pour cela si ceux qui ne Font pas at^
StR LE MAOMÉTISME. 33^
teint n^ont pas , comme moi , manqué de patience et de persévérance dans leurs recherches , et si Thabitude de magnétiser, sans se rendre compte de leurs sensations , ne les a pas empêchés de suivre la marche nécessaire pour les développer.
Exposons maintenant les trois phénomènes et le parti qu'an peut en tirer.
1*" En promenant lentement vos mains de« vaut le malade à trois ou quatre pouces de distance , et tenant vos doigts légèrement courbés, vous éprouverez, soit au bout des doigts, soit à la paume de la main différentes sensations, à mesure qu'elles passeront vis-àvis de l'organe affecté chez le malade. Ces sensations seront ou du froid , ou une chaleur piquante , ou des picotemens, ou de l'engourdissement. Elles vous indiqueront le principal siège du mal et conséquemment la partie sur laquelle vous devez porter l'action.
a** Vous pourrez éprouver un sentiment de douleur ou un travail dans les organes intérieurs de votre corps, correspondans à ceux qui sont affectés chez votre malade. C'est une action sympathique qu'on remarque chez un grand nombre de somnambules. Il est évident
que cette sensation nous éclaire sur le siëge et la nature de la maladie. Je dois seulement ajouter une chose dont je donnerai bientôt la raison -, c'est que si vous éprouvez une douleur dans un organe situé à droite ou à gauche de votre corps , il faut d*abord vous rapprocher peu à peu pour rendre la sensation plus forte , et ensuite vous éloigner graduellement jusqu'à la distance de deux ou trois pieds : car il peut arriver que Torgane affecté chez votre malade agisse à une pe-* tite distance sur Torgane qui chez vous est placé vis-à-vis ; que sa rate , par exemple , fasse sentir son action à votre foie ; mais , en vous éloignant , vous pouvez être sûr que la sensation se transportera, de droite à gau* che, siur Torgane analogue.
y Et voici ce qu'il y a de plus important et ce que Ton a malheureusement trop négligé de nos jours. Vous sentirez comme une vapeur qui s'échappe de certaines parties du corps de votre malade et qui prend une certaine direction. Cette vapeur agira sur vous comme une force légère qui attirera ou qui écartera votre main, et qui la conduira d'une place à l'autre , pourvu que vous vous abandonniez; entièrement à son action.
C'est là ce qu'on nomme des courans : la faculté de les sentir ne s'acquiert souvent qu'après un temps plus ou moins long ; mais une fois qu'on les a reconnus on les suit tout naturellement , on magnétise comme par instinct , on seconde la nature en portant l'action vitale sur les organes qui en manquent, on augmente ou modère sa force au besoin.
C'est par ces courans que les organes analogues sont quelquefois affectés chez le magnétiSeur«
Les courans vous font sentir une crise qui $e prépare ; ils indiquent également le mo^ ment où elle est terminée , car alorsle calme se^ rétablit : vous êtes entraîné loin du corps , et vous ne sentez plus rien qui vous y ramène. Us font également découvrir le foyer essentiel d'une maladie , et ils vous dirigent pour en suivre toutes les ramifications. Souvent une maladie très -grave du foie ou de la rate, ou d'un autre viscère de l'abdomen, n'est accompagnée d'aucune douleur dans cet organe; mais elle produit , soit des douleurs de tête ou des ophtalmies , ou des douleurs d'oreiiles , ou les apparences d'une affection de poitrine. Les courans vous ramènent à la partie où réside la cause de la mala-
34o INSTRUCTION PRATIQUE
die , ils dirigent votre action , ils peuvent même indiquer au médecin les remèdes qu'il faut employer pour aider et favoriser le travail de la nature , excité par le magnétisme.
Il est presque inutile de dire que, pour bien saisir les courans, il faut que le magnétiseur n'ait point de distraction; mais il est bon d'avertir qu'une fois qu'on s'est habitué à se laisser diriger par eux , on n'a besoin d'aucun effort d'attention pour les suivre.
Je connais un homme qui avait été fort lié avec celui dont j'ai cité l'ouvrage. Il sent le mal de ceux qu'il magnétise, il éprouve à l'avance, et quelquefois d'une manière trèsdouloureuse, les crises qu'ils doivent bientôt éprouver, et il les développe chez eux.
Lorsqu'il s'est mis en rapport , il examine successivement toutes les parties du corps du malade, il ferme les yeux et concentre son attention. Bientôt il sent sa main comme enveloppée d'une vapeur dont il suit le courant sans que sa volonté agisse , et cette vapeur le conduit, par différentes routes, jusqu'à l'endroit où il doit s'arrêter. Je l'ai vu quelquefois magnétiser plusieurs heures de suite ; il ne cesse que lorsque la crise est terminée.
SDR LE MAGNÉTISME. 34 1
Je n'entrerai pas dans plus de détails sur les courans , parce que ceux qui auront une fois acquis la faculté de les sentir pourront lire l'ouvrage que j'ai cité et se conduire ensuite d'après l'expérience qu'ils auront bientôt acquise.
Mais je dois ajouter quelque chose sur les sensations qu'on éprouve au bout des doigts, ou à la racine des ongles , ou dans la paume de la main , parce que ce phénomène est plus ordinaire et qu'il est bon d'être averti des indications qu'on peut en tirer , d'après l'opinion de ceux qui les ont observées. Ce que je vais dire à ce sujet est extrait de l'ouvrage que j'ai cité {Principes du Magnétisme)^ et de celui du docteur de Maineduc.
Une sensation de froid indique presque toujours une obstruction ou un engorgement , ou de l'atonie, ou une stagnation d'humeurs. Il faut employer d'abord une action douce et insinuante , augmenter cette action peu à peu , la concentrer sur la partie qui donne du froid, étendre ensuite pour rétablir l'équilibre. Si le malade sent que votre main lui donne du froid, il faut continuer jusqu'à ce que vous ayez changé cette sensation en celle d'une chaleur douce : c'est ^
quoi VOUS ne parviendrez pas toujours dans la première séance {Principes du Magné^ tisme).
Une chaleur' sèche et brûlante annonce une grande tension dans les fibres et de rinflammation. Il faut employer le mouvement circulaire, étendre le fluide jusqu'à ce que cette chaleur soit devenue douce et humide (Ibid.)^
Les picotemens au bout de vos doigts font connaître Texistence d'une bile plus ou moins acre , s'ils se font sentir lorsque vous lespréseptez devant les viscères; ils sont la preuve d'une irritation et de ce qu'on nomme vul« gairement âcreté dans le sang, s'ils se font sentir en touchant la tête ou les bras (/&£</.).
L'engourdissement au bout de vos doigts annonce un défaut de circulation : il Êiut alors magnétiser avec activité pour établir des cou* rans {Ibid).
Le magnétiseur sent quelquefois un mouvement de fluctuation dans ses mains et ses doigts \ cela annonce un mouvement du sang ch«z le malade 9 et une évacuation qui se pré* pajpe et qu'il faut favoriser en attirant des fouies le long des cuisses (Ibid.).
Lorsqu'il y a des glaires dans l'estomac ou daas h poitrii^ie , le magc^étiseur éprouve u»^
SUR L£ MAGKÉtiSME. 343
sensation d'ëpaisseur et de roideur dans les doigts. Quelquefois il sent au bout des doigts une pression circulaire , comme si un fil les entourait {Maineduc).
Dans le relâchement nerveux , il sent un afiaiblissement de ses doigts et de son poignet {Maineduc).
Dans les obstructions , le magnétiseur éprouve une sensation d'âcreté , de sécheresse , de contraction et de formication , s'il n'y a point d'inflammation , et de chaleur s'il y a inflammation {Maineduc).
Les contusions produisent de la pesanteur et de l'engourdissement dans la main {Mabneduc).
La présence des vers excite de la formication et un pincement dans les doigts {Mai^ neduc).
Je n'en dirai pas davantage sur ce sujet , parce que, s'il me paraît incontestable que les sensations qu'éprouve le magnétiseur indiquent le siège de la maladie ^ il me semble très-douteux qu'elles puissent en déterminer le caractère.
Nous devons à M. Bapst la connaissance d'un moyen d'exploration qui lui a toujours réussi. Il a remarqué que lorsqu'il pose la
main sur le siège du mal , son pouls s'ëlève. En conséquence , après s'être mis en rapport, il promène lentement sa main droite devant le corps du malade , il tient en même temps sa main gauche fermée de manière à sentir au pouce le battement de l'artère , et il porte toute son attention sur cette main. Lorsque les pulsations s'accélèrent, il s'arrête-, et, si cette accélération continue , il conclut qu'il a rencontré le siège du mal. J'ai vainement cherché à éprouver cet eflet; mais j'invite les magnétiseurs à l'observer. Il me semble qu'on sentirait plus distinctement l'accélération du mouvement artériel en posant le doigt de la main gauche sur l'artère temporale.
La théorie que j'ai exposée dans ce chapitre ne sera pas d'une grande utilité à la plupart des personnes à qui cette instruction est adressée ; mais, comme il s'en trouvera plusieurs qui auront des dispositions à ac- 'quérir les facultés dont je parle , j'ai dû leur indiquer les moyens de les développer. Que les autres ne s'en inquiètent point ; en se conformant aux principes qqe j'ai donnés, elles seront toujours sûres de faire beaucoup de bien.
Le magnétisme, considéré comme un moyen
de soulager nos semblables , de seconder Faction de la nature, de faciliter les crises, d'aider la médecine ordinaire , est un instrument de charité que tous les hommes de bonne volonté peuvent employer avec succès , sans aucune étude , sans aucune connaissance des sciences physiques. On peut dire même qu'un instinct inné nous porte souvent à l'exercer-, et peut-être que la prétention de tout observer , de tout expliquer , de ne rien admettre que ce qui s'accorde avec les notions acquises, de rejeter tout ce dont nos sens ne nous offrent pas la preuve directe , tout ce qui ne trouve pas sa place dans la philosophie que nous avons adoptée , est bien moins favorable à l'exercice, de cette faculté qu'une simplicité bienveillante , étrangère à tout examen et à toute discussion. Pourquoi les enfans qui ont vu magnétiser magnétisent-ils euxmêmes avec succès? Us ne se rendent pas compte de ce qu'ils font, mais ils croient, ils veulent, et ils guérissent autant que leurs forces le leur permettent.
Cependant le magnétisme présente des phénomènes qui peuvent nous éclairer sur notre organisation physique et sur les facultés de notre âme : il est une action dans les êtres
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vivans comme rattractioii dans la matière inanimëe. Cette action a ses lois ; que les médecins , les physiologistes et les métaphysiciens se réunissent pour les étudier, et ils en feront bientôt une science dont les applications ajouteront beaucoup aux diverses connaissances destinées à resserrer les liens qui unissent les hommes et à diminuer les maux auxquels ils sont exposés.
SUR LB maguétisme. 347