‹ Instruction Pratique Sur Le Magnétisme AnimalChapitre 18 sur 20 · D^QN MÉDECIN · texte numérisé non relu

D^QN MÉDECIN

du jour sur la totalité de Téconomie humaine : comme le prouvent manifestement les phénomènes du somnambulisme , avec lesquels on ne trouve aucune analogie dans les animaux.

C'est au reste par cette même personne que j'ai vu opérer la guérison d'un goitre dégénéré, de plusieurs enfans hydrocéphaliques , de quelques aliénés, de plusieurs maladies du cœur et des poumons, d'un enfant presque idiot, de plusieurs hydropiques , de beaucoup de scrophuleux, de quelques amauroses, de fièvres cérébrales, et de beaucoup d'obstructions abdominales qui avaient résisté à toutes les ressources de la médecine.- C'est la même que j'ai vue corriger d'autres somnambules , les éclairer sur leur propre état , et les guérir miraculeusement en provoquant en elles ^ pendant que toutes deux étaient en somnambulisme, des crises violentes qui se terminaient par le réveil et la guérison. Qu'on ne croie pas que ces maladies fussent légères; elles étaient si graves , que des médecins expérimentés les avaient combattues en vain pendant plusieurs années. C'est encore elle que j'ai vue faire les observations les plus singulières 6ur la situation de l'artère épigastrique, et sur l'inutilité de la ponction à l'en-

droit usité, sur one femme kydropiqne, à Carlsbad , et dont te prognostic a été parfaitement confirmé. Mars c'est elle aussi que j*ai vne dans d*autres occasions se tromper sur elle-même , et sur d'autres personnes ayec lesquelles elle était dans le rapport le plus intime.

Je suis loin de partager votre opinion sur le danger de l'état extatique , qu'on regarde comme le degré le plus élevé du somnambulisme , et je ne saurais souscrire aux conseils que vous donnez aux magnétiseurs de s'opposer au développement de cette crise. Je ne puis ici qu'esquisser légèrement ce sujet; pour me faire comprendre , il me faudrait dérouler mes observations jusques dans leurs détails , et développer toutes les idées qu'une longue expérience a fait naître en moi. Quelques indications suffiront à ceux qui croient, parce qu'ils l'ont vu, que nos facultés sont susceptibles d'une exaltation qui leur fait franchir les limites dans lesquelles , d'après l'observation de notre état ordinaire , les psychologistes ont circonscrit le domaine de notre âme, en traitant d'illusion ou de fourberie tout ce qui s'étend au<lelà. Ceux qui ne connaissent point l'histoire naturelle de

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ces faits merveilleux nous prendront toujours, moQ respectable ami , pour des vision*» iKures t ou des charlatans , ou des dupes :

triste alternative pour les hommes que leur génie a pousses à chercher la vérité dans des régions moins fréquentées que les grandes routes de Vesprit humain , où les ornières sont prolondément tracées*

En premier lieu» il n'est donné à aucun magnétiseur, de quelque force qu'il soit doué , de provoquer cet état extatique. Il se dérobe à toute espèce d'influence volontaire : il se développe d'après des besoins , des lois et des conditions intérieures dont l'essence nous est complètement inconnue , et sur lesquelles les somnambules même ne nous ont pas jusqu'à présent donné la moindre lumière. U est seulement de constante observation que si les états inférieurs de somnambulisme varient dans leur caractère et leur direction , celui-ci est toujours consacré aux idées religieuses , aux sentimens les plus purs et les plus élevés,, et qu'il porte la même couleur dans toutes les religions , dans tous les temps et dans tous les pays. H me paraît que l'âme humaine entre alors dans une région où il n'y a plus rien de conventionnel , rien de tradi^

tionnel, rien d'arbitraire. Aussi je n'ai jatnais vu une personne corrompue parvenir à cet état, et je l'ai vu se perdre sur-le-champ lorsque la pureté du cœur avait reçu une altération profonde. Je publierai plus tard sur ce sujet une histoire très- remarquable.

En second lieu, le conseil que vous donnez , guidé par un motif de prudence bien louable, me paraît, je vous Ta voue franchement, très -dangereux. Cet état extatique amène souvent le parfait rétablissement de la santé. Il est parfois d'une nécessité indispensable pour faire cesser un demi-somnambulisme que des traitemens mal dirigés ont fait naître , et qui peut facilement dégénérer en aliénation mentale. Il serait alors d'autant plus dangereux de s'opposer à son développement, que les efforts qu'on ferait pour l'arrêter y porteraient une forte désharmonie s'il se développait malgré eux ^ ce qui pourrait coûter la vie au somnambule:

car, d'après toutes les observations, la vie est , dans cet état extatique , très-peli attachée à l'organisation , et je suis convaincu que le moindre choc pourrait l'en séparer. Je ne saurais donc adopter les idées que vous énoncez à ce sujet. Je dirai plus -, le plus grand

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bonheur qui puisse arriver à uu homme, c'est d'être témoin de cet ëtat extatique. Je ne connais rien sur la terre qui puisse, au même degré , inspirer Tenthousiasme de la vertu , faire naître et fortifier les sentimens religieux , putifier Târae , la détourner des vanités de ce monde , et la ramener vers cette région d'où découle toute vie et toute vérité. La vue de cet état sublime a presque toujours produit des révolutions subites , et laisse des impressions indestructibles dans l'âme de ceux qui en ont été témoins. Cet état est encore le seul qui survive à des dispositions maladives dont l'existence est nécessaire pour faire naî-. tre des états subalternes , et je connais en Europe plusieurs personnes . chez qui il se conserve depuis plusieurs années dans sa plus grande pureté.

Cette lettré deviendrait un volume, si je voulais vous signaler, avec les détails, qui seuls peuvent rendre intéressant un tableau nosologique , les maladies dans lesquelles le magnétisme a été d'un secours inattendu , principalement lorsqu'il a été aidé par les révélations du somnambulisme. Il me suffira (d'indiquer rapidement les cas les plus remarquables. Je me proposé de publier plus tard

une grande partie de mes observations sur cet objets avec des preuves qui puissent râ* mener Tattention de mes collègues sur une force dont ils négligent Tëtude un peu trop légèrement.

Aucun de nous ne se serait attendu k voir le magnétisme guérir des épilepsies invëtié*^ rées ; c'est cependant ce qui est arrivé. Nous avons vu une femme épileptique depuis,nom«* bre d'années , et déclarée presque incurable dans la maison de Waldheim en Saxe^ deve-^ nir somnambule après quelques essais impar* faits de magnétisme. Les procédés avaient été employés par un chirurgien sans expérience dans cette mét!(iode , sous la direction du ce-*lèbre docteur Hayner(i), qui^ n'ayant luimême aucune connaissance pratique du ma« gnétisme , et n'y croyant que faiblement ^ avait voulu faire une tentative dans des vues

(i) Le docteur Hayner est un des hoimiies les plui dbtÎDgués de TEurope, par sa sagacité , par ses succès dans le traitement des maladies mentales , et par son inépuisable charité. C'est un de ceux dont la pratique et la conversation m'ont dopné le plus de lumières sur les terribles déviations de l'esprit humain, et dont l'exemple m'a le plus encouragé. Je me plais à rendre ici un sincère témoignage à son génie et à $t5 .y«i1ui.

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scientifiques. Quel fut son ëtonnement de voir cette malade cesser bientôt d'être épileptique , et devenir d'une telle clairvoyance qu'il put opérer par elle une foule de cures remarquables. J'ai vuguérir par le magnétisme un plus grand nombre d'épileptiques que par tout autre moyen : ce qui est d'autant plus digne d'attention, qu'il a fallu dans la plupart des cas, et lorsque le malade ne devenait pas somnambule lui-même, se borner au magnétisme simple; parce qu'on a observé que les épiletiques produisent sur les somnambules une impression si pénible, qu'ils s'en détournent avec effroi, et ne veulent pas fixer leurs regards sur eue. Tai appris depuis quelque temps que , dans la principauté de Lippe-Schaumbourg , un médecin a su com« biner les effets produits par un réservoir magnétique avec ceux du galvanisme , et qu'il obtient des guérisons dans une proportion inouie jusqu'à présent. J'espère me procurer de plus amples détails sur sa méthode, et je ne manquerai pas de les communiquer publi*quement aux médecins de France.

La paralysie , pourvu qu'elle n'ait pas pour cause une affection organique invincible , cède facilement à l'inflaence du magnétisme, et

d'uiie manière si bizarre, que la pathologfe ordinaire n en offre pas d'exemples. J'ai vu trois fois des personnes paralytiques , devenues somnambules, recouvrer, pendant le somnambulisme , le libre usage de leurs membres. Cette liberté cessait d'abord au moment du réveil; mais, après chaque accès, elle durait plus long-temps que dans les précédens ; elle persistait enfin , et la guérison était entière.

J'ai plusieurs fois réussi à régulariser d'abord le délire, et à l'amener ensuite à un somnambulisme de clairvoyance , qui m'aidait puissamment à guérir des malades affectés des plusgravesinflammationsdecerveau, d'entrailles , de vessie et d'autres organes. Il faut remarquer que toutes ces personnes étaient disposées au somnambulisme , quoiqu'il y eût eu un intervalle assez considérable entre leur dernière crise de clairvoyance et leur maladie. Ces considérations sur les rapports et les différences du rêve , du délire , du somnambulisme et de l'aliénation mentale , sont de la^plus haute importance, et je me propose de publier incessamment mes observations et mes réflexions sur ce sujet intéressant. Il me suffit de remarquer ici que, dans toutes les

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inflammations du cerveau , il faut se borner à magnétiser négativement cet organe, où la vitalité , déjà augmentée par Teflet de la maladie, paraît prendre un accroissement dan* gereux par un magnétisme positif. Ainsi dans la manie ) et dans quelques autres espèces d'aliénation mentale , il a fallu plusieurs fois établir des courans de bas en haut, pour soutirer et faire sortir de la tête le fluide qui y , était accumulé. L'ingénieuse expression d'une saignée nerveuse, dont on s'est servi en parlant de l'acupuncture » trouve ici son applica-* tion. La surexcitation des forces nerveuses , dans le commencement de beaucoup d'aliénations mentales , qui résistent souvent à des saignées , à des douches , à un régime sévère , et que ces remèdes font même dégénérer eu démence ) se dompte bien mieux par cette action négative du magnétisme, fai vu produire et j'ai produit , par ce moyen , des guérisons très-rapides, et dont je n'ai pu me rendre raison qu'en les attribuant à Faction immédiate de cette force sur le système organique , qui en est le conducteur et quis'en trouve surchargé. Jusqu'à ce que des faits ultérieurs me déterminent à changer d'opinion , je crois poavoir admettre qu'il y a des accu-

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mulations , des sthénies générales et des congestions partielles dans le système nerveux , comme il y en a dans le système vasculaire , accumulations qui peuvent être plus facilement dissipées par Virifluence magnétique que par tout autre moyen. Cette conviction s'est singulièrement accrue en moi par les observations que j'ai été à même de faire sur le tic douloureux, que j'ai vu et traité souvent, et dont j'ai obtenu la guérison dans des cas très-graves qui avaient résisté à tous les remèdes, et dont je parlerai en détail dans une monographie de cette cruelle maladie. Il y a pourtant des névroses dans lesquelles j'ai vu complètement échouer le magnétisme. Je citerai pour exemple une névrose du cœur et de toutes les artères de la tête et des membres thorachiques , qui avait résisté à tous les remèdes extérieurs et intérieurs , à tous les narcotiques et à l'action très-prolongée do magnétisme , et qui ne céda qu'à l'effusion d'eau à la glace sur la poitrine , les bras et la colonne vertébrale.

L'influence de l'action magnétique sur un aliéné est souvent si rapide, que j'ai vu le passage de la folie à la raison s'opérer subitement, tandis que , dans^d'autres cas, cette transition

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est lente et parait aux observateurs superficiels pouvoir être attribuée à une influence morale. C'est dans cette dernière catégorie que rentre la guérison inespérée que j'ai obtenue il y a treize ans sur le petit-fils du grand H .... , sans aucun remède, et simplement par le magnétisme.

Les enfans sont fort sensibles à l'action magnétique, et c'est par eux que tout observateur de bonne foi pourra facilement se convaincre que l'imagination ne joue point un rôle dans la production de ces phénomènes , quoiqu'on ne manque jamais de le supposer lorsqu'on analyse les effets produits dans les hystéries, les hypochondries , et d'autres maladies nerveuses. En général , je conseille à ceux qui veulent découvrir la vérité, d'examiner les effets de cette force dans les enfans et dans les gens du peuple qui en ignorent jusqu'au nom, et de choisir pour objet de leurs recherches, non pas des maladies nerveuses , mais des cas de rachitisme , d'écrouelles, de fièvres intermittentes rebelles, d'hydropisies , d'obstructions abdominales , de dispositions à l'hydrocéphale , de maladies du cœur, de vomissemens , de liéntéries chroniques , d'accès de goutte , de chloroses

rebelles , d'engorgemens de glandes , de dis" position squirrheuse , de maladies cutanées ^ telles que les dartres invétérées, et ils verront avec satisfaction beaucoup de guérisons dans lesquelles ils ne pourront raisonnablement faire entrer Fimagination comme élément ou comme auxiliaire.

Différentes maladies des yeux offrent à cet égard un vaste champ à l'observation, et prouvent que l'influence de celte force ne se borne pas à la région du système nerveux , mais qu'elle modifie efficacement les productions organiques. Je connais , par exemple , peu de remèdes qui exercent autant d'action sur des affections de la cornée. Les taies disparaissent plus facilement par elle que par tout autre moyen. Tai vu des hydropisies des yeux s'évanouir sous son action d'une manière surprenante. Je ne parle point ici des amauroses , parce que la plupart appartiennent au système nerveux.

La tuméfaction des glandes mammaires et celle des ovaires , très-souvent dissipée par la même influence, après avoir résisté aux remèdes les mieux choisis, est une des preuves les plus irréfragables que cette action pénètre très-avant dans les organes intérieurs, et

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qu'elle modifie même les métamorphoses organiques qu'on croyait lui être tout-à-fait soustraites. Il m'est arrivé plusieurs fois de guérir des glandes qui s'étaient développées après l'extirpation d'autres glandes, et qui avaient^déjà un caractère évidemment squirrbeux , sans que leur disparition ait eu des suites fâcheuses. Il serait trop long de raconter les guérisoDS obtenues, par cet agent dans les engorgemens de matrice , où des hémorragies fort alarmantes s'étaient déjà manifestées.

Je ne vous parlerai point ici de l'eflScacité du magnétisme pour la guérison des érysipèles, et pour prévenir le retour de cette maladie : c'est une chose connue dans tous les temps et dans tous les pays , et qui s'est déguisée sous mille pratiques superstitieuses. L'action de cette force sur l'irrégularité du cours du sang chez les femmes ^ et sur les maladies qui en dépendent, est aussi trop connue pour que j'en fasse mention ; mais je ne saurais passer sous silence un fait bien singulier : c'est l'aversion que presque tous les somnambules ont pour les maladies syphilitiques , et l'impossibilité d'obtenir d'eux des révélations sur les maladies de cette nature. Je me

rappelle seulement deux exemples de somnambules qui , dans ce cas-là , ont donné des conseils extraordinaires et fort efficaces : encore n'ayaient-ils point touché les malades ; ils avaient deviné le mal en étant en rapport avec des personnes qui vivaient près d'eux.

L'un de ces malades ne m'avait point parlé ; l'autre m'avait consulté dans un appartement éloigné de celui où se trouvait la somnambule.

Ce n'est qu'avec la plus grande timidité , et avec la crainte d'être mal compris, que j'aborde un point sur lequel vous vous croyez obligé de revenir plusieurs fois, en accumulant les conseils de votre prudence, et sur lequel je ne saurais partager votre opinion.

Vous insinuez qu'il ne faut entreprendre le traitement d'une maladie grave que conjointement avec un médecin-, qu'il faut constamment soumettre au jugement de celui-ci l'avis et les prescriptions des somnambules 5 qu'il doit apprécier et modifier le traitement ; qu'il doit toujours conserver sa suprématie , et que « c'est seulement dans les cas jugés désespérés qu'on doit s'en rapporter exclusivement au somnambule , si , parfaitement désinté* ressé , il répond de la guérison , en appuyant

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son assertion sur des raisonnemens et des preuves. » Mon expérience et ma conscience m'obligent à déclarer qu'il est fort dangereut de suivre une telle diagonale entre la science et l'intuition instinctive; qu'il est beaucoup plus sûr de se confier exclusivement à Tune d'elles, et que la route que vous indiquez est tout-à-fait impraticable. Moi du moins je n'y voudrais marcher sous aucune condi-^ tion. J'entrevois bien votre noble intention de concilier les esprits , de ne pas trop heurter les opinions reçues , de ne pas effaroucher les personnes timides. Je rends pleinement justice aux sages motifs qui vous ont inspiré ces précautions dans l'intérêt du magnétisme; mais je persiste dans l'opinion qu'il y a des choses qu'on ne peut concilier, et qu'une demi-vérité est beaucoup plus dangereuse que la vérité toute entière, qui, semblable à la lance d'Achille, apporte le remède aux blessures qu'elle fait. Je déclare donc qu'il n'y a pas moyen de concilier la marche que suit la science médicale , avec celle que suit le somnambulisme , et qu'il faut savoir opter entre ces deux routes.

Le médecin juge une maladie par une opération de son esprit , en concluant des symp-

tomes au siège et aux causes de la maladie , eu se souveaant de ce que rexpérience lui a enseigné sur des cas semblables , et de ce qu'il peut déduire des lois physiologiques générales pour ce cas particulier. Le somnambule juge d'après une intuition purement instinctive , qu il ne saurait provoquer arbitrairement, de la justesse de laquelle il ne saurait alléguer aucune preuve , et sur laquelle il ne saurait faire des raisonnemens. Le somnambule qui prouve et qui raisonne a cessé , du moins pour moi, de mériter la confiance^ il sort de sa région , où l'instinct seul règne , pour se permettre des incursions dans une autre sphère qui est le domaine du raisonnement. Le médecin ne saurait apprécier }a justesse des aperçus et des conseils d'un somnambule, qu'autant qu'il pourrait se transporter dans la région de l'instinct , dont l'entrée nous est interdite en état de veille. Quelquefois , à la vérité, le médecin y pénètre par une manière de sentir analogue à celle du somnambule , lorsqu'il est inspiré par ce qu'on nomme le tact médical, qui est un reflet de cette intuition purement instinctive et immédiate , et qui peut être développé jusqu'à mériter le nom de génie , mais qui ne peut

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