‹ Instruction Pratique Sur Le Magnétisme AnimalChapitre 7 sur 20 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

Des précautions que les malades qui veulent se faire magnétiser doivent prendre pour le choix dtun magnétiseur j et pour le succès du traitement,

A.PRÈS avoir indique à ceux qui veulent pratiquer le magnétisme les principes qui doivent les diriger, les procédés qu'ils doivenf: employer. d*abord, et la conduite quHls doivent tenir dans le cas où le somnambulisme se présente, je crois devoir donner aussi quelques conseils aux personnes qui , étant malades , désirent essayer du magnétisme pour recouvrer la santé , et qui ne connaissent dans leur société aucun magnétiseur en qui elles aient une entière confiance.

Je n*ai {»s besoin d'avertir que dans les incommodités légères et récentes , telles qu'une contusion, un' coup d'air, une migraine , un mal d'estomac , en un mot dans celles qui n'ont pas besoin d'un traitement prolongé pendant plusieurs jours , on pourra

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se dispenser des précautions que je vais in* diquer.

Cherchez dans votre famille ou parmi vos amis quelqu'un qui , s*il n'est pas convaincu de la réalité du magnétisme, soit du moins disposé à y croire, d'après les témoignages de ceu^ qui en ont vu les effets , et d'après le désir devoir en Int^nréme un moyen de sou* lager ses semblables, et qui joigne à cette disposition de l'esprit , les qualités physiques et morales que j'ai dit être essentielles aux magnétiseurs , c'est^à^ire une bonne santé , de la discrétion , l'amour du bien , un caractère tranquille uni à de la constance , etquiait le loisir de vous donner le temps nécessaire ponr votre guérison.

Il y aura toujours on grand a^^antage à trouver un magnétiseur dans sa famille. Les Kens du sang contribuent à établir le rapport par une sympadne physique. La confiance, et l'amitié qui existent entre un mari et sa femme, entre une mère et sa fille, entre.de proches parens , ont déjà produit cette af^ fection et cet abandon qui doivent unir le magnétiseur an somnambule , et qui autori^ lent la continuation de ces sentimens lorsque se traitement a cessé.

SUB LE MÀCN^TISBUS. 169

JJai dit que les femm^ devaient être préférées pour magnétiser les femmes : je dis plus : .c!e8t qiie, hors les cas où le simple bon sens, démontre que la chose est indifférente, ell^ doivent seules en être chargées. Je vais en donner les raisons.

i"". Il est clair que les procédés dn magnétisme ne présentent jamais.le moindre embarras entre des personnes du même sexe, et que lorsqu'un homme magnétise une femme il est obligé d'être attentif pour qu'aucun d^ ses procédés ne blesse la décence, ou même les usages. Un homme , par exemple , ne peut se placer vis-à-vis d'une femme , et fixer ses yeux sur elle ^ s'il arrive qu'elle ait quelques i:rises, il est obligé d'appeler une femme pour lui.donner des soins.

2°. Le magnétisme, lorsqu'il est accompagné de somuiimbulisme , donne ordinairement au somnambule une affection très^vive pour son magnétiseur; et cette, affection continue dans l'état, de veille, même ^près que le traitemenlest fini. Je sais bien que cette affection est du même genre que celle qu'on ressent pour ses plus prodies parens, et qu'il ne s^ mêle aucune idée qui puisse blesser la modestie. Mais il est contre toutes les conve-

nances qu*une jeune femme ait une amitié très-vive pour tout autre que son père , ses oncles ou ses frères. Si elle a ce sentiment , elle est obligée de le modérer , et surtout de ne pas l'exprimer , pour conserver la décence.

3®. Les maladies chroniques sont quelquefois accompagnées de symptômes sur lesquels la pudeur fait garder le silence, et qu'un médecin devine plutôt qu'on ne les lui explique : elles ont souvent pour cause des chagrins secrets , des peines morales , des sentimens contraints, etc. Le somnambule a et doit avoir une entière confiance en son magnétiseur; mais, comme il ne perd point le sentiment des convenances, il est bien des choses qu'une femme somnambule n'osera point dire à un homme; il est aussi beaucoup de questions qu'un homme ne peut faire à une femiùe, beaucoup de conseils qu'il ne peut lui donner , beaucoup de détails dans lesquels il ne peut entrer avec elle.

4*. Enfin le magnétisme produit quelque** fois dans les maladies nerveuses des mouvemens spasmodiques , ou autres crises dont il n'est pas décent qu'un homme soit témoin , et dans lesquels il ne peut employer les procédés les plus propres à les calmer.

Ainsi ceux qui ont dit que , pour éviter tous les inconvéniens du magnétisme entre les personnes de différent sexe, il suffisoit que le magnétiseur et le magnétisé fussent Tun et Tautre d'une honnêteté et d'une délicatesse au-dessus de tout soupçon , n'ont point consi* déré la chose sous son vrai point de vue. Tout ce que je viens de dire est indépendant de la crainte que le magnétisme ne produise des sentimens ou des liaisons que la morale réprouverait (i).

(i) Je dois plusieurs de ces réflexions k madame Ghambon de Montaux, qui, en pratiquant le magnétisme d'après les instructions que je lui ai données, a obtenu les succès que méritait son ardente cbarité. M. Ghambon de Montaux était en 1784 l'un des docteurs de la Faculté qui se prononcèrent contre le magnétisme. Il n'avait alors rien vu. Je lui ai montré des faits, et ses anciennes préventions ne Pont point empêché de se rendre à l'évidence. Sa femme Ta plusieurs fois aidé à sauver des malades , pour lesquels les ressources de son art lui paraissaient insuffisantes.

Malheureusement madame de Montaux est d'une santé délicate : ses forces physiques ne répondent point à son énergie morale , et l'exercice du magnétisme lui cause upe fatigue dont elle s'aperçoit toujours trop tard. Après le traitement d'une fièvre maligne, qu'elle avait guérie en joignant, sur l'invitation de son mari, le manétisme aux remèdes de la médecine, je l'ai vue si ma-

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Xouttis choses égales d'ailleurs , le meiiïeur magnétiseur pour une femme c'est son mari , pour un mari sa femme , pour une demoiselle sa sœur ou sa mère.

Il est encore une autre considération qui doit faire désirer qu'une femme trouve un magnétiseur dans sa famille , ou parmi les amies qu'elle voit le plus fréquemment et avec qui elle est le plus intimement liée. Les motifs dont je vais parler n^existeront plus lorsque

lade , qu'elle n'aurait pu se rétablir si elle ne s'était fait magnétiser elle-même. Une chose plus extraordinaire , et qu'il m'est impossible d'expliquer , c'est qu'elle prend ordinairement le mal de ceux qu'elle magnétise : cen'est^ pas que la cause du mal passe chez elle , mais elle en a^ pendant plusieurs jours , la sensation et les symptômes. Pen ai vu l'exemple dans un accès de goutte, tet dans une ophtalmie, qui ne sontpasdes maladies contagieuses. En réfléchissant sur les effets qu'elle a produits et sur ceux qu'elle a éprouvés, madame de Mentaux a décqu* vert d'elle-même les principes du magnétisme ^ elle en a tiré les conséquences les plus utiles. Elle a écrit ses observations, et m'a communiqué son manuscrit, dont j'ai profité. J'y ai trouvé des remarques très- justes, de la simplicité, et, par-dessus tout, l'amour de l'ordre et le zèle du bien. C'est le même caractère qu'on remarque dans l'ouvrage qu'elle a publié sous le titre de Réflesçioiu morales et politiques sur les avantages de la Monarchie*

la pratique du magnétisme sera gënëralement répandue, et que les médecins en conseilleront Tusage; mais dans Fétat actuel des choses ils ne sont pas sans importance.

Il est presque impossible, surtout dans une petite ville , qu'un homme se rende tous les jours chez une femme pour passer une heure avec elle, sans qu'on s'en aperçoive et qu'on en pénètre la raison. Alors les curieux font au magnétiseur beaucoup de questions qui l'embarrassent, et, à moins que la maladie ne soit très-grave, les incrédules se permettent des plaisanteries fort déplacées ; des personnes indiscrètes parlent à la malade du parti qu'elle a pris , et peuvent lui donner des inquiétudes. Une femme n'aime point à fixer l'attention, et ceux qui l'entourent et qui ont approuvé l'usage du magnétisme ont bien de la peine à empêcher qu'elle n'éprouve quelques contrariétés. Il ne faut point de mystère dans la pratique du magnétisme, sans doute ; mais il est inutile d'en parler à ceux qui n'y croient pas.

Une fois que vous aurez choisi la personne à qui vous voulez accorder votre confiance et qu'elle aura consenti à vous donner ses soins , vous la prierez de lire attentivement

ce petit ouvrage. Si, après Tavoir lu, elle en adopte les principes, et qu'elle persiste à vouloir vous rendre le service que vous désirez , vous la prierez de n'en parler qu'à ceux de vos amis à qui vous ne pouvez en faire un secret, afin d'éviter les propos des incrédules, et surtout les sollicitations des curieux qui dédreraient assister aux séances ; et vous vous arrangerez de manière à fixer une heure com* mode pour elle et pour vous , afin qu'une fois le traitement commencé il n'y ait jamais d'interruption.

Lorsque vous serez d'accord avec votre magnétiseur , et qu'il vous aura donné sa parole de ne tenter sur vous aucune expérience de curiosité , et d'agir uniquement pour votre guérison , vous vous abandonnerez à lui avec une entière confiance, et comme vous êtes sûr de sa discrétion, vous ne lui cacherez rien de ce qui est relatif à la cause de vos maux.

Si vous avez déjà fait des remèdes , et que vous ayez un médecin , vous lui ferez part de votre résolution, en lui demandant le secret, et vous le prierez de trouver bon que vous employiez le magnétisme commet auxiliaire à la médecine. Je ne doute pas que , lors même que le médecin regarderait le magnétisme

comme une chimère , et qu'il en attribuerait tous les effets à l'imagination , il ne consente à observer de temps en temps les changemens que cet agent peut produire sur vous , à combiner et modifier en conséquence les remèdes qu'il vous prescrit , et même à suspendre l'usage de ceux qui ne lui paraissent pas absolument nécessaires , pour mieux juger l'influence du nouveau moyen dont vous voulez essayer.

Il est essentiel que le médecin soit informé du parti que vous avez pris , pour qu'il n'attribue point au traitement rationel de la médecine, les crises que le magnétisme pourrait produire.

Dans les maladies graves , l'action du magnétisme est souvent insuffisante ; elle a besoin d'être aidée par des remèdes que le médecin peut seul indiquer. Le magnétisme produit quelquefois l'effet qu'on désirerait obtenir d'un médicament qui devient alors inutile; ainsi on devait donner au malade un vomitif à six heures du matin , vous magnétisez à cinq , le vomissement a lieu , et vous ne donnez pas l'émétique. On avait prescrit de l'opium le soir, pour calmer de vives douleurs et amener le sommeil ] après la séance du magnétisme les douleurs ont cessé , le ma-

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)ade dort paisiblement, et vous ne donnez pas Fopinm. Vous faites fort bien. Mais le médecin n^aurait-il pas raison d'être blessé si voas lui laissiez ignorer que vous n'avez pas suivi ses ordonnances, et si vous lui faisiez un mystère des motifs qui vous ont déterminé ?

Dans le cas de somnambulisme lucide, les avis du médecin ne sont plus nécessaires -, mais alors il est de llionnéteté de Finformer des phénomènes que vous avez obtenus : et c'estmême un devoir de lui donner Toccasion de s'éclairer sur les eflets du magnétisme, pour qu'il puisse, selon les circonstances, en joindre Tusage aux moyens qui lui sont connus par ses études et par son expérience.

Je viens d'indiquer les résolutions et les mesures qu'on doit prendre avant de commencer le traitement ; voyons maintenant comment on doit se conduire lorsque le traitement est commencé.

Si vous vous endormez , et que yolte ma* gnétiseur vous prescrive des remèdes , vous les ferez avec une entière sécurité , avec une exactitude rigoureuse, et sans lui en demander la raison. H ne vous aura prescrit ces remèdes qu'autant qu'il vous aura rendu somnambule , et qu'il aura reconnu que votre som-

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nambulisme est accompagné de clairvoyance.

C'est de quoi voas ne devez nullement vous occuper qu'après votre guérison. Pans le même cas, vous ne vous alarmeriez nullement de quelques crises ou de quelques indispositions passagères, et vous vous en rapporteriez sans réserve à votre magnétiseur.

Si vous ne vous endormez pas , il peut arriver de trois choses Tune, ou vous ne sentirez rien , ou vous éprouverez soit du soulagement , soit quelques-uns des effets encourageans que j'ai décrits, ou vous vous trouverez plus mal.

Dans le premier cas , vous essaierez pendant environ un mois \ dans le second , vous continuerez avec patience tant que votre magnétiseur ne se lassera point ; dans le troisième , qui est assez rare , vous renoncerez au magnétisme après quelques jours , pour vous en tenir à la médecine ordinaire.

Mais il faut bien prendre garde de prononcer légèrement que la maladie s'est aggravée ; on pourrait, sur de fausses apparences, renoncer au magnétisme au moment où il va faire le plus de bien. Un médecin qui aurait étudié et pratiqué le magnétisme ne se méprendrait sûrement pas sur là nature et les

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conséquences des effets qu'il produit; mais un tel médecin n'est pas facile à rencontrer. Je vais présenter quelques observations d'après lesquelles on pourra fixer son jugement selon les circonstances , et se conduire avec toute la prudence possible, sans se laisser troubler par des craintes mal fondées.

En décrivant les effets par lesquels le magnétisme manifeste son action , j'ai dit qu'il produisait souvent des douleurs très-vives.

Ces douleurs indiquent qu'il agit puissamment; elles sont nécessaires pour triompher de la maladie. S'il arrive donc que vous éprouviez des souffrances , vous aurez le courage de les supporter , vous n'en parlerez à personne ; vous les regarderez comme la preuve d'un travail salutaire; vous ne demanderez pas même à votre magnétiseur de les calmer. Si vous n'avez pas pris d'avance la ferme résoluticm de résister aux premières douleurs que le magnétisme pourra vous faire ressentir , si votre magnétiseur n'a pas assez de confiance et de force de caractère pour ne pas s'en alarmer, il vaut mieux que vous ne commenciez pas. Le mouvement qui a été imprimé, n'étant plus soutenu et régularisé , deviendrait nuisible.

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Je conviens qu'on a vu quelquefois le magnétisme exciter une irritation nerveuse et un malaise qui durent après la séance , sans être suivis d'aucune crise. On est alors fondé à supposer que le fluide du magnétiseur ne convient pas. Mais cette irritation et ce malaise ne ressemblent point aux douleurs dont je parle, ni même aux convulsions qui ont lieu dans les maladies nerveuses , et que le magnétiseur peut toujours calmer.

Dans le chapitre suivant , où je traiterai de l'application du magnétisme aux diverses maladies ,j*examinerai plus particulièrement dans quelles circonstances il est à propos d'en suspendre l'usage.

Pendant la durée du traitement magnétique, vous aurez soin de suivre un régime doux , d'éviter les excès de tout genre , les veilles , la fatigue de corps et d'esprit , et tout ce qui peut exciter des émotions vives et troubler la paix de l'âme. Vous f^rez usage de l'eau magnétisée, autant que cela se pourra sans qu'on y fasse attention.

Si vous éprouvez une amélioration notable dans votre état, et que les gens de votre connaissance s'en aperçoivent, ne leur dites pas pour cela le moyen que vous avez em-

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ployé : attendez cpie votre guërison soit assez avaDoëe , pour qnW n'y ait aucun doute sur Tefficacitë du magnétisme.

Il est aussi utile que consolant de se flatter quoa obtiendra une guérison complète; mais il s'en faut de beaucoup qu'on parvienne tou- . jours à ce résultat. Bans les maladies anciennes il arrive souvent qu'on éprouve d'abord un mieux sensible, qui se soutient, mais qui n'augmente pas; alors, après quelques mois de traitement, on cessera de se faire magnétiser tous les jours, on éloignera graduellement le& séances , et l'on finira par n'avoir recours au magnétisme que lorsqu'on sentira quelque nouvelle douleur qu'il peut facilement dissiper.

Il faut éviter de se faire magnétiser lorsque cela n'est plus nécessaire. Si l'on continue après la guérison , ou même après qu'on a obtenu du magnétisme tout le bien qu'il peut produire, on en prend l'habitude; et c'est un grand inconvénient chez les personnes sensibles à cette action , et surtout chez celles qui sont susceptibles de somnambulisme.

Quoique le magnétisme consiste dans l'influence qu'un individu exerce sur un autre, plusieurs magnétiseurs pensent qu'on peut se magnétiser soi-même : cela est vrai, mais

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seulement pour certaines personnes et dans certains cas.

Lorsqu'un homme qui a l'habitude de ihagnëtiser a une douleur locale, par exemple au bras , ou à la jambe , ou à Testomac , il peut la dissiper ou Tadoucir en employant , avec attention , sur lui-même les procédés magnétiques; mais il faut pour cela qu'il soit en bonne santé. Quand on est atteint d'une maladie générale , quand on a la fièvre ou une affection organique, il est clair qu*6n ne peut tirer de soi-même le remède; puisque le fluide dont on dispose h'a plus les qualités nécessaires.

Parmi les personnes qui ont été long-temps magnétisées , il en est qui , par leur volonté, peuvent se mettre dans l'état magnétique. Je crois que c'est une faculté dont il ne faut jamais &ire usage; parce qu'en l'exerçant on prend une habitude de coticehtration qui peut fatiguer le système nerveux et devenir fort nuisible , comme nous le dirons ett jrârlant des dangers du magnétisme.

Je ne crois pas devoir terminer ce chàpiti>é sans répondre à une demande qui m^à été soiivent adressée.

Dans l'étal actuel dés choses , m'a-N>n dit»

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le magnétisme est si peu ou si mal connu , que beaucoup de malades ne sauraient trouver , ni dans leur famille , ni parmi leurs amis , qudqu'un qui puisse ou qui veuille les magnétiser. Parmi ceux à qui Ton s'adresserait volontiers, les uns sont incrédules , d'autres croient à la réalité de Tagent, mais non à leur propre puissance ; d'autres manquent de loisir ; d'autres n'ont pas les dispositions physiques et la santé nécessaires pour suivre un traitement. Quelques médecins ont confiance au magnétisme , mais il en est bien peu à qui leurs occupations permettent de le pratiquer. Ne pourrait-on avoir un magnétiseur dont on reconnaîtrait les soins et qu'on dédommagerait du sacrifice de son temps ?

A cela je réponds qu'il y a à Paris plusieurs personnes qui se sont entièrement vouées à la pratique du magnétisme , et qui , lorsqu'elles ne sont pas déjà chargées de plusieurs malades, se rendent chez ceux qui les appellent. Dans ce nombre il en est qui ont beaucoup d'expérience , qui sont douées des facultés les plus heureuses , et qui s'attachent vivement aux malades qu'elles ont entrepris de soigner. Ten connais qui sentent le si^e du mal , et modifient leur action en consé-

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quence. J'en connais même qui entrent dans un demi-somnambuKsme, pendant lequel elles magnétisent avec beaucoup de discernement et d'efficacité. Les personnes dont je parle n'ont point choisi l'exercice du magnétisme comme une profession lucrative.

Après avoir été guéries elles-mêmes par le magnétisme, elles ont essayé de rendre service à leurs amis , et ceux qui ont été témoins des succès qu'elles ont obtenus les ont engagées à continuer. Obligées alors de renoncer à tout autre moyen d'existence , il a bien fallu qu'elles en trouvassent un dans le parti qu'elles avaient pris.

Mais il ne suffit pas que quelqu'un soit connu pour exercer le magnétisme pour qu'on soit fondé à s'adresser à lui^ il faut auparavant s'informer si le magnétiseur proposé a réellement, et indépendamment de tout intérêt , une inclination décidée pour le magnétisme; s'il est disposé à s'attacher à ses malades-, s'il a quelques facultés instinctives; s'il a les qualités morales qu'on désirerait dans un ami ; s'il n'est pas déjà chargé de plusieurs malades; s'il n'est pas livré à d'autres occupations qui le distraient. Eu supposant qu'on soit satisfait sur tous ces

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points, on peutavoir recours à lai pour essayer d'abord de son influence, et pour s^y livrer ensuite si Ton s'en trouve bien , et si le mé» decin qui a approuvé qu'on entreprît le trai^ tement juge qu il produit des effets salutaires. Alors le magnétisé traitera le magnétiseur avec amitié ; car s'ils n'ont pas de l'affection l'un pour l'autre , il est impossible qu'il s'établisse un rapport parfait. Quoique le magnétiseur reçoive des honoraires comme un chirurgien qui viendrait panser une plaie ,^ ce ne sera point ce motif qui le fera agir, mais le désir de faire du bien ] et, quoique le magnétisé paye une rétribution, il ne. se montrera pas moins sensible aux soins qu'on lui donne. Les relations peuvent cesser après la 6n du traitement ^ mais tant que le traitement dure elles doivent être de confiance et d'amitié. Si le malade devenait somnambule, il aurait auprès de lui un parent ou un ami qui prendrait note de ce qu'il aurait dit en somnambulisme , et qui s'adresserait à un médecin pour savoir ce qu'il faut penser de sa clairvoyance. Il ne faudrait pas permettre qu'on admit à la séance un autre témoin que celui qu'on aurait d'abord choisi. De son côté le magnétiseur doit s'engager à ne jamais faire

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connaître aucun des phénomènes qui ont eu lieu pendant le traitement , à moins qu'on ne Vy ait librement autorisé. Le traitement fini , il pourra publier ceux des phénomènes dont la connaissance serait utile y mais avec la précaution de taire le nom des personnes , et de disâmuler les circonstances qui pourraient les désigner.

Ce que j'ai dit des rapports que le magnétisme établit entre celui qui agit et celui qui reçoit Faction , et de Tinfluenoe que le premier exerce momentanément sur le second, montre assez que, dans Tétat actuel de la société, il serait presque toujours inconvenant qu'un maître se fit magnétiser par son domestique. Toutefois cela se peut lorsque le maître joint à de l'amitié pour son domestique une entière confiance en lui , et que le domestique a pour son maître l'aflectîon, le respect et le dévouement qu'il aurait pour un père(i). Il n'est pas rare qu'une femme de

(i) M. le marquis de Puységur a depuis quaranie*cioq ans à son service un valet de chambre , nommé Ribanlt , qui le supplée dans ses traitemens magnétiques, qui a fait, de conceit avec lui, des guérisons surprenantes , et qui Ta magnétisé , avec autant de succès que de cèle, dans plusieurs maladies graves. C'est un homme de bien, qui, s*étant instruit et parfaitement convaincu en

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chambre magnétise sa maîtresse avec autant de zèle que d'intelligence , sans jamais se prévaloir du bien qu'elle lui fait.

Tai vu plusieurs fois des domestiques devenus somnambules magnétiser à merveille dans Tétat de somnambulisme. Cest un grand bonheur d'avoir auprès de soi un somnambule dont on peut disposer; mais, quelque reconnaissance qu'on ait pour les services qu'on reçoit de lui , on doit autant que possible lui cacher qu'il est somnambule : il est surtout trèsessentiel de ne pas lui laisser soupçonner qu'il magnétise en somnambulisme.

voyant agir son maître, magnétise avec beaucoup de calme et d^énergie , sans chercher la raison des effets qu'il produit. Voici comment M. de Puységur s'exprime k son sujet dans une note de Touvrage qu*il a publié en 1811. « Cet honnête homme est le même que^'a- « vais pour aide magnétiseur en 1784 et 17B5, et dont « j^ai parlé dans mes Mémoires d'alors. Son attachement a pour moi depuis plus de trente ans, et Festime et « Tamitié que je lui porte établissent entre nous ce « rapport d'intention et de volonté reconnu si néces- « saires k Tunité d'action magnétique. »

Je n'ai pas besoin de faire observer que cette note est aussi honorable pour celui qui l'a écrite que pour celui qui en est l'objet. Pourquoi de tels exemples ne sont-ils pas plus fréquens ?

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