CHAPITRE VIL
De V application du magnétisme aux diuerses maladies^ et de son association à la médecine.
JL/Bpuis Hippocrate jusqu'à nos jours la médecine a été exercée par des hommes qui avaient consacré leur vie à Tétude , qui avaient appelé à leur secours toutes les sciences naturelles et physiques , et qui , doués du talent de Tobservation et d'un zèle infatigable , réunissaient à leur propre expérience celle de leurs contemporains et celle de leurs prédécesseurs. On a recueilli des faits innombrables , on les a discutés , comparés \ on a trouvé des bases positives dans Tanatomie, dans la connaissance des signes extérieurs qui indiquent l'altération de tel ou tel organe, dans celle de l'action constante que certaines substances exercent sur le corps humain, dans la comparaison des effets obtenus par les diverses méthodes de traitement, dans la classification des maladies , etdans quelques principes généraux fondés sur l'expérience , et
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sut lesquels tout le monde est 4'accord.Et cependant la médecine est encore incertaine.
Quoique depuis deux mille ans elle soit enseignée dans les écoles , les (médecins ne sont d'accord ni sur la cause des maladies , ni sur le choix des remèdes qui peuvent les guérir.
La doctrine a changé cent fois depuis Galien , et des opinions opposées ont régné successivement dans les écoles. Il n*est presque aucune maladie dont on n'ait triomphé par différens moyens ; il n'est aucun système qui ne soit appuyé sur des faits. Telle méthode qu'on a préférée dans un siècle a été rejetée dans un autre , et dans le même temps ou a vu diverses sectea se combattre , et chacune soutenir qu'elle était dans la bonne route. Quelques médecins se sont prononcés pour la médecine expectante , d'autres pour la médecine agissante : les uns ne veulent que peu de remèdes, d'autres en conseillent beaucoup.
Les remèdes les plus actifs ont été prônés avec enthousiasme ou condamnés comme dangereux , d'après le système de tel ou tel chef d'école. Aujourd'hui même , où la clinique a été si bien enseignée, où les observations les plus exactes ont été recueillies , classées , comparées , où l'anatomie pathologique est
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arrivée au plus haut degré de perfection , on voit encore les médecins différer d'opinion sur remploi de la saignée , des sangsues , des purgatifs, du quinquina dans telle ou telle maladie ; et les élèves d'un maître , sans doute très-habile, soutiennent que jusqu'à lui on n'a rien entendu à la médecine , tandis que ceux d'une autre école , tout en reconnaissant qu'il a répandu les plus grandes lumières sur la nature et le siège de plusieurs maladies, tout en convenant des succès qu'il obtient lui-même par sa méthode, le considèrent cependant comme un novateur hardi , dont les principes , trop généralisés, seraient erronés et dangereux.
Puisqu'il y a tant d'incertitude dans la médecine, qui, depuis plus de deux mille ans, forme une science régulière , et dont les principes, fondés sur d'innombrables observations , ont é{,é sans cesse rectifiés par des observations nouvelles , combien ne doit-il pas y avoir d'incertitude sur le magnétisme y qui , s'il a été pratiqué empiriquement dès la plus haute antiquité , ne forme du moins une doctrine particulière que depuis un petit nombre d'années, et ne peut s'appuyer que sur un petit nombre d'observations ? Encore la plu-
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part de ces observations ont été recueillies par des hommes étrangers à la médecine , et qui ont pu se tromper et sur la nature des maladies, et sur les effets qu'ils ont obtenus. Plusieurs d'entre eux ont même été égarés par Tenthousiasme. Enfin , si nous avons des relations bien circonstanciées et bien sûres des guérisons opérées par le magnétisme dans tel ou tel cas, on a passé sous silence les cas semblables où Ton en a fait usage sans en obtenir aucun succès.
Le magnétisme a sans doute une puissance curative vraiment prodigieuse. Mais dans quels cas faut-il en faire usage? Comment doit-on en modifier l'action pour lui donner le degré d'énergie convenable aux circonstances? Quand doit-on l'employer seul; quand et comment doit-on l'associer à d'autres remèdes? Quelles modifications doit-il apporter dans les traitemens de la médecine ordinaire ? Quand agit-il comme palliatif; quand guéritil radicalement? Dans quels cas les effets qu'il produit autorisent-ils à croire qu'il opérera seul une guérison parfaite ? N'y a-t-il pas des cas où il peut faire du mal; n'y en a-t-il pas où il est absolument insuffisant ? Doit-il être employé de même dans les maladies chroni-
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ques et dans les maladies aiguës? Quelles sont dans ces deux classes de maladies celles qu'il guérit le mieux et le plus sûrement? Les crises qui suivent son action doivent-elles être toujours considérées comme des effets salutaires? Plusieurs somnambules voulant qu'on ne les magnétise que pendant un certain nombre de minutes , et à des intervalles plus ou moins éloignés , doit-on conclure que des personnes très-sensibles , mai$ qui ne sont pas somnambules, peuvent ne pas se trouver bien d'une action trop prolongée ou trop fréquemment renouvelée; et, dans cette supposition , d'après quels symptômes devraiton fixer l'époque et la durée des séances ?
Toutes ces questions, et mille autres non moins importantes, ne peuvent encore être résolues d'une manière positive ; et celui à qui elles ne. présentent aucun embarras est ou un enthousiaste qui franchit toutes les difii* cultes , ou un ignorant qui ne les connaît pas.
Le magnétisme ne pourra prendre son rang parmi les sciences , et présenter une doctrine dont on puisse faire l'application dans tous les cas , que lorsque les médecins s'en seront occupés sérieusement , pour déterminer les eâ'ets
igît INSTRUCTION PRATIQUE
qu'il produit selon les tempéramens , selon les maladies , selon le mode d'application , et pour comparer ces effets à ceux que d'autres remèdes produisent dans les mêmes circonstances.
Il suit de là qu'il y aurait de la tétnéritë à s'en rapporter uniquement au magnétisme pour la guérison des maladies graves , excepté dans quelques cas désespérés , où l'impuissance de la médecine est bien reconnue. Aussi suis-je bien loin de conseiller le magnétisme comme un moyen exclusif : je le conseillé seulement comme un auxiliaire à la médecine ordinaire.
J'ajouterai encore ici une considération morale que j'ai présentée dans mon Histoire critique. C'est que si, dans une maladie grave , vous vous confiez au magnétisme sans appeler le médecin , vous prenez sur vous une grande responsabilité ; et si le malade succombe vous aurez des reproches à vous faire. La médecine ne l'aurait pas mieux guéri : cela se peut -, mais vous auriez suivi la marche ordinaire : vous auriez fait ce qu'on a fait de tout temps , et vous ne seriez point troublé par la crainte d'avoir négligé des moyens plus efficaces que ceux que vous avez
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employés^ des parens ondes amis ne seraient pas autorises à vous blâmer d'avoir livré le malade à un traitement de votre choix.
Faut-il conclure de là qu'on doit être fort, réservé dans l'emploi du magnétisme , qu'on ne doit y avoir recours que dans les incommodités légères ou dans les cas désespérés? Point du tout : il faut au contraire en faire usage toutes les fois qu'on le peut; mais avec prudence, et sans écarter la médecine.
Je sais bien qu'il se trouvera des cas où le magnétisme employé seul, avec une confiance sans bornes, avec toute l'énergie possible, aurait guéri un malade , qui ne le sera point, parce qu'on a trop modéré son action , parce qu'on ne s'est pas entièrement abandonné à lui , parce qu'on lui 9 associé des remèdes qui ont balancé ou contrarié son influence. Mais comment savoir à l'avance si l'on doit renoncer à tout autre moyen? et ne vaut-il pas mieux s'exposer au danger de ne pas faire à un malade tout le bien possible, qu'à celui de le laisser périr en renonçant aux méthodes généralement reçues? Un homme qui est lassé de la médecine par des essais inutiles , qui , h'ayant obtenu aucun soulagement des re-r mèdes, s'est déterminé à n'en plus faire, peut
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bien se vouer exclasivementau magnétisme , ^t rëclamer pour cela les soins d'an parent ou d'un ami ; mais nul autre qu'un médecin n'est ^n droit de lui en donner le conseiK
J'ai cra ces réflexions nécessaires pour combattre l'enthousiasme de ceux à qui plusieurs guérisons étonnantes ont persuadé que le magnétisme pouvait triompher de tontes les maladies; qu'il était la médecine de la nature, •et la seule médecine vraiment salutaire.
Je vais maintenant exposer les règles de pratique qui me paraissent les plus sages ^ •en considérant d'abord les dérangemens de santé en général, ensuite les diverses mala-' •dies (i).
Dans les indispositions légères et récentes, ^ans celles qui ne présentent absolument aucun danger , et lorsqu'il est seulement ques* tion de dissiper une douleur locale, de prévenir les suites d'une contusion , de faciliter la circulation en rappelant la chaleur aux extrémités , d'accélérer une guérison que la nature opérerait seule , on peut employer le magnétisme sans autres précautions que celles que j'ai indiquées et sans aucune craiAte :
j[i) Avant de livuer ce chapitre à rmipi*essioD, je Tai ^•umîs au jugement de plusieurs médecins.
SUR LE MAGNÉTISME. igS
la seal inconvënient serait de ne pas réussir. Ainsi, quelqu'un a une migraine, on essaie de la dissiper f une femme a des coliques, on les fait passer ; ou si un accident a depuis peu arrêté chez elle la marche de la circulation , on fait reprendre au sang son cours naturel. On magnétise pour une fluxion, pour un mal d'aventure, pour une blessure légère , pour une foulure, pour une douleur rhumatismale , pour un mal d'estomac , pour un étouflement , etc. , etc. On n'a besoin de consulter personne ; il suffit que le malade le désire. On continue tant qu'on le croit utile , et si l'on n'a pas de succès on n'est pas étonné de n'avoir pas réussi , et l'on espère être plus heureux une autre fois. Je n'ai rien à dire sur ces sortes d'indispositions , si ce n'est que le magnétiseur doit s'occuper à les guérir le |dus promptement et le mieux possible , en aidant simplement l'action de la nature, sans chercher aucun phénomène, sans se permettre aucune expérience, sans songer à montrer la puissance dont il est doué , ni à prouver à des incrédules la réalité et l'efficacité du moyen qu'il emploie.
Je veux parler des maladies pour lesquelles, , si on n'avait pas recours au magnétisme, il
faudrait suivre un autre traitement^ et je dis qu'il est de la prudence de faire part à un médecin de la résolution qu'on a prise d'es* sayer du magnétisme, en le priant d'observer les effets que produira ce nouvel agent, afin de modifier son traitement en conséquence.
Voilà une règle générale *, venons maintenant aux cas particuliers.
Quoique nous n'ayons pas encore un grand nombre d'observations faites par des hommes habiles sur les effets du magnétisme, il y en a cependant qui sont bien constatées , et dont on peut tirer des conséquences : il y en a aussi qui prouvent l'efficacité plus particulière de cet agent dans certains cas : je vais entrer dans quelques détails à ce sujet.
En Allemagne, en Prusse, en Suède, en Hollande, les médecins s'étant occupés du magnétisme, ils ont publié les faits dont ils ont été témoins, et ils en ont tiré des résultats instructifs^ mais comme je ne sais point les langues dans lesquelles ils ont écrit, je n'ai pu lire leurs ouvrages. Je suis donc obligé de m'en tenir aux observations que j'ai pu recueillir dans les livres français, latins ou anglais , à celles qui m'ont été communiquées par des hommes éclairés , et à celles que j'ai
fiâtes moi-même pour senârdebaseàmes principes. Je sois sûr du moins que je nuirai point au-delà du vrai , et qa^on ne pourra me re* procher d'avoir poussé la confiance trop loin, rinvite les médecins qui ont étudié le magnétisme à rectifier mes idées , et à donner des règles au moyen desquelles on puisse agir avec plus de hardiesse.
On a cité des guérisons de presque toutes les maladies par le magnétisme; on aurait tort d'en conclure que le magnétisme est un spécifique contre toutes. H est beaucoup d'individus sur lesquels il agit très-peu , et peutêtre point du tout ; comme il en est d'autres qui y sont extrêmement sensibles. Ainsi on ne peut pas dire que le magnétisme guérit telle ou telle maladie; mais seulement qu'il a guéri tels ou tels individus qui en étaient atteints : ce qui est très-différent.
D'ailleurs ceux qui ont écrit sur le magnétisme ont ordinairement donné la relation des cas où il avait produit des effets remarquables , sans parler de ceux où son action avait été impuissante.
Ainsi les diverses relations qu'on a publiées des guérisons opérées parle magnétisme sont très-propres à nous révéler la puissance in-
concevable tle cet agent -, mais elles ne nou9 font connaître ni les 4imites de cette puis-* sance , ni les obstacles qui s'opposent à son efficacité. Nous ne pouvons nous instruire à cet égard que par notre propre expérience , ou par celle des honimes qui , après avoir long-temps pratiqué le magnétisme, n'ont pas plus oublié les tentatives inutiles qu'ils ont faites , que les cas désespérés dans lesquels ils ont réussi.
Cependant si nous ne pouvons affirmer d'avance que tel individu sera sensible au magnétisme , et qu'il en éprouvera des effets salutaires , nous savons quelles maladies ont le plus souvent cédé k son action , et de quelle manière on doit en modifier l'emploi pour en tirer tout l'avantage possible.
Je vais donc parler des diverses maladies , et indiquer la conduite qui me parait la plus sage selon les circonstances , et les cas où , d'après les expériences faites depuis quarante ans , on est le plus fondé à espérer du succès.
Il y a deux grandes classes de maladies ; les maladies aiguës, qui ont une marche rapide, et qui, lorsqu'on a surmonté les dangers qu'elles présentent dans leur dévelop-
SUK LE nLGNÉTISME. fpC^
pemeiit , se terminent après une période connue, à laquelle succède la convalescence ^ et les maladies chroniques , dont la durée est illimitée, dont la marche est incertaine, et dont les crises et les symptômes varient, sans qu^on connaisse aucun moyen bien sûr d*en déterminer la guérison. Ces maladies font quelquefois périr le malade à la longue ^ plus souvent elles rendent son existence douloureuse ou languissante : quelques-unes sont incurables , mais pour aucune on ne peut dire à quelle époque se fera une crise qui annonce la guérison ou la mort.
La conduite du magnétiseur sera toute différente dans ces deux classes de maladies.
Dans les maladies aiguës appelez le médecin aussitôt que vous le pourrez, et suivez les remèdes qu'il prescrit f mais dites-lui que vous désirez employer le magnétisme comme auxiliaire. Je ne crois point qu'un médecin sage puisse trouver mauvais que vous passiez les mains sur le malade avec le désir de le guérir. S'il regarde cette pratique comme absolument inutile , il ne peut la regarder comme dangereuse, pourvu que cela ne vous empêche pas de faire les remèdes qu'il ordonne. Si vous obtenez quelques eflets remarqua-
Lies, si vous produisez des crises quelconques , telles que des transpirations , des évacuations , etc. , si vous calmez la fièvre ou les douleurs , vous en ferez patt au médecin , en le priant d^ faire attention \ et vous conti-* nuerez à suivre ses avis, à moins que vous n'eussiez le bonbeur d'obtenir un somnambulisme bien prononcé , et accompagné de lucidité : car dans ce cas le médecin pourrait vous éclairer , et vous indiquer des questions à faire à votre somnambule; mais le somnambule devrait être écouté de préférence à lui. Vous observerez attentivement les sensations qu'éprouve le malade à mesure que vous établissez des courans et que vous faites lentement des passes sur tout le corps. Ces sensations , qui indiquent souventle siège du mal , seront pour vous un motif de modifier, d'adoucir onde renforcer votre action , et de la diriger de préférence vers telle ou telle partie. Les indications fournies par le médecin pourront aussi vous être très-utiles, en vous engageant à déterminer une révulsion vers tel ou tel point, à l'avantage d'un organe essentiel gravement menacé. Vous aurez soin de bien magnétiser toutes les boissons qu'on donnera à votre malade. Vous examinerez si l'action
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du magnétisme lui est agréable j dans le cas où elle le contrarierait il faudrait cesser.
Tâchez de mettre dans vos procédés la plus grande simplicité, pour qu'ils ne causent à votre malade ni trouble , ni inquiétude , ni étonnement. Si votre médecin n'est pas bien convaincu de la réalité du magnétisme, vous éviterez de magnétiser en sa présence. Le désir que vous auriez de produire des effets sensibles et propres à convaincre, vous distrairait de votre objet principal , et pourrait nuire à votre malade. Si vous êtes trop fatigué, si vos forces sont épuisées, discontinuez : vous n'agiriez plus. Si l'inquiétude que vous cause l'état de votre malade , ou le défaut de sommeil , vous ont mis dans un état nerveux , cessez de magnétiser : vous lui feriez mal. Attendez que vous soyez dans Un état de calme , et que la confiance l'emporte •sur la crainte.
Si vous aviez à votre disposition un somnambule qui vous eût déjà donné des preuves de clairvoyance, vous pourriez le consulter; mais il faudrait vous faire une loi de n'exécuter aucune de ses prescriptions sans le consentement du médecin. Il peut arriver que le somnambule affirme que le médecin a mal
lôa INSTRUCTION PRATIQUE
jugé le caractère de la maladie, et que d'a-*^ près la description qu'il fera des circonstances qui en ont précédé la manifestation , ou dV près celle des symptômes qui se montrent chez le malade, et dont il n'avait aucune connaissance, vous soyiez fondé à présumer qu'il a raison. Dans ce cas vous vous trouverez embarrassé. Il faut vous en expliquer avec le médecin, en conservant les égards qui lui sont dus, mais avec franchise et confiance, et le prier d'examiner de nouveau : s'il ne se rend pas, vous appellerez un second médecin pour consulter avec lui. Si les médecins rejettent l'avis du somnambule , vous devez , quelle que soit votre opinion , vous en rapporter à eux. J'excepte seulement le cas où , les médecins jugeant la maladie désespérée , le somnambule parfaitement désintéressé répondrait de la guérison, et appuierait ses assertions sur des raisonnemens et des preuves.
Dans la convalescence vous soutiendrez les forces par le magnétisme.
Ni pendant la maladie , ni pendant la convalescence , il ne faut magnétiser trop longtemps de suite. Deux ou trois séances de demiheure ou trois quarts d'heure doivent suffire dans presque tous les cas^ et vous vous af-
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tig^ariez inutilement en en donnait davantage.
Je dis dans presqne tons les cas, fmfce qu'il se reiicontre quelquefois des circonstances où Ton doit sans intermption soutenir un mouvement imprimé, ou terminer une crise commencée. Ainsi h goutte s'étant portée à la tête, vous serez parvenu à la faire descendre jusqu'il la poitrine; il faut continuer jusqu'à ce que vous l'ayez entraînée aux pieds. Mais alors l'efiet qu'on produit suffit pour indiquer ce qu'on doit faire , sans qu'il soit besoin d'avoir eu d'instruction pour cela.
Dans les maladies aiguës les plus violentes, ^n a vu souvent le magnétisme calmer les mouvemens nerveux , les spasmes et les accès de douleur, dégager la tête, faire cesser l'état comateux, produire des crises salutaires , et mettre le malade en état de prendre des remèdes ordonnés par le médecin, et qu'il était auparavant impossible d'administr*.
Plusieurs médecins qui ont fait employer le magnétisme sous leurs yeux, m'ont affirmé qu'il leur avait été d'un grand secours pour faciliter l'administration des remèdes, et pour en assurer l'efficacité.
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Souvent un malade qui était dans un abattement excessif, et qui pouvait à peine respirer, se ranime après une heure de magnétisme ^ il sent de nouvelles forces 5 il éprouve un bienêtre qui le surprend; il demande même à prendre quelque nourriture que le médecin peut lui donner sans inconvénient. Presque toujours , lorsque le magnétisme agit bien , le pouls devient régulier. Ce changement est si notable que le médecin peut toujours s'en convaincre.
Très-souvent le magnétisme calme la fièvre, ou du moins le redoublement; il fait cesser le délire ; il donne des forces , en même temps qu'il diminue l'agitation des nerfs. Cependant la violence de la fièvre s'oppose quelquefois à ce qu'on établisse le rapport; elle parait repousser l'action lorsque cette action n'a pas été précédemment établie (i).
Il n'y a pas de doute que c'est dans les ma-
(i) Un médecin qui a pratiqué le magnétisme avec beaucoup de succès, m^a dît que, dans les fièvres très- ^nolentes; il avait obtenu de bons efTets d'un procédé que )e dois indiquer. Ce procédé consiste k tremper ses mains dans de Teau acidulée de vinaigre , et à faire ensuite les passes par la manipulation palmaire et k grands courans. Il m^a assuré que, par ce moyen , il produisait du calme , et souvent de la transpiration.
SUR LE MAGNÉTISME. ao5
kdies aiguës les plus graves que le magnë* tisme agit avec le plus de promptitude et d'efficacité. C'est dans ces sortes de maladies qu'il opère vraiment des prodiges. Il n'agit pas toujours^ mais une fois qu'il agit, il accélère la marche de la maladie , il soutient et développe les forces que les médecins nomment yb/rey médicatrices ; il amène rapidement les crises qui doivent déterminer la guérison.
Il est d'un grand secours dans la fièvre putride et la fièvre maligne : dans la première il soutient les forces \ dans la seconde il régularise les mouvemens. Il calme les nerfs dans les fièvres rierveuses \ il donne delà force à l'estomac et produit des évacuations dans les fièvres bilieuses et gastriques.
Je n'oserais conseiller le magnétisme dans les cas où une inflammation très-forte , accompagnée d'un trouble général dans les fonctions, indique la nécessité de ralentir le mouvement du sang et d'aflaiblir le malade. Le magnétisme convenablement appliqué est calmant, en ce qu'il rétablit l'équilibre -, mais il n'en est pas moins vrai qu'il est tonique , qu'il accélère ordinairement la circulation, et qu'il augmente l'actioa vitale. On peut cependant.
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dans: le' cas d/irritatîoa géiuérale ^ magnétiser à distance, à grands courans, et par la manipulation palmaire, avec l'intention de cal* mer , et en ayant soin d*ëcarter le fluide sur les cdtës. Si le magnétiseur sent que ses mains deviennent brûlantes, il pourra de temps en temps les humecter avec de Teau acidulée*
Quand il y a seulement une inflammation locale , comme dans Tesquinancie , on parvient facilement à détourner le sang du lieu où il se porte •, en attirant vers les jambes et les piede on dégage les parties supérieures.
Tai guéri une esquinancie sous les yeux d'un médecin qi^e j'avais appelé. Je magnétisai le second jour de la maladie; Finflam^ation se dissipa, et le jour suivant le dépôt put être ouvert sans qu'on employât d'autre moyen.
Dans certaines maladies inflammatoires , qui ont leur siège dans^ les viscères les plus essentiels , le magnétisme , employé à Tépoque de l'invasion , peut opérer des merveilles en rétablissant l'harmonie génénde, et produis sant une crise. Ainsi plusieurs expériences prouvent qu'il a guéri promptement des pleuliésies qui s'annonçaient par un point de côté et on crachement de sang. Dans ce cas, on
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commence par poser la paume de la main sur le siëge^e la douleur ; on Yj laisse quelque temps ; puis on étend en faisant des passes à distance avec la main ouverte. On continue ainsi pendant une couple d'heures , et si la douleur n'est pas dissipée , ou du moins considérablement affaiblie, ou si l'on n'a pas amené une crise salutaire , telle qu'une transpiration générale , on a recours aux moyens plus prompts de la médecine. Le temps qui se passe entre l'instant où Ton a fait appeler le médecin , et celui où il a pu se rendre chez le malade , suffit pour s'assurer si le magnétisme agit bien et s'il peut triompher de la maladie. Au reste , il est rstre qu on n'ait pas besoin de joindre quelques remèdes au traitement magnétique, et c'est au médecin à les prescrire.
J'ai vu le magnétisme guérir très- vite, et par un mode d'action qui lui est particulier , des maladies inflammatoires extrêmement graves. En voici un exemple.
Une dame, âgée d'environ cinquante ans, avait depuis plus d'un mois une inflammation de l'estomac. On avait employé les sangsues «ttous les remèdes indiqués par d'habiles médecins ; cependant l'état de la malade deve-
SIOS INSTRUCTION PRATIQUE
naît ch^ifque jour plus inquiétant. Son fils , étudiant en médecine, étant venu me consulter sur remploi du magnétisme, je lui conseillai d'en faire usage en ne tenant que trèspeu de temps les mains sur Testomac, et en attirant beaucoup sur les cuisses et les jambes. Deux jours après le jeune homme vint me dire que les douleurs avaient quitté Testomac pour se porter sur les entraillés , et que cela inquiétait le médecin. Je Tassurai qu'il s'était rendu maître de la maladie, et qu'il la ferait descendre aux extrémités. En effet, le jour suivant il j eut des picotemeus dans les cuisses , puis dans les jambes, et le bas-ventre fut entièrement délivré de l'inflammation.
Pendant la maladie l'estomac avait perdu les facultés digestives. Comme il n'y avait plus alors d'irritation à craindre, on agit fortement sur l'estomac par l'application des mains, et on lui rendit le ton qu'il avait perdu. La malade ayant été affaiblie par les saignées et par le régime , elle eut une convalescence assez longue, mais elle se rétablit parfaitement.
On peut recueillir dans les ouvrages sur le magnétisme 9 surtout dans ceux qui ont été publiés en Allemagne par des médecins , un
grand nombre d'exemples de guërisons de maladies aiguës par le traitement magnétiqae. Je dois faire à ce sujet deux observations, i^. C'est que, pour fixer son opinion sur la puissance curative du magnétisme, il faut s^appuyer uniquement sur les relations dour nées par des médecins qui ont été à même de juger le caractère de la maladie» la gravité des symptômes, et la marche de la guérison; !2o. qu'il ne faut pas attribuer à la seule action du magnétisme les guérisons des maladies dans lesquelles le malade a été somnambule ^ et moins encore celles dans lesquelles il a consulté des somnambules , parce qu'alors cette action a été aidée par des remèdes.
J'ai vu quelquefois des maladies aiguës être promptement guéries par le magnétisme seul , au moment où elles étaient parvenues au plus haut degré de violence. Je crois devoir citer un fait de ce genre.
M. Boismarsas, ancien militaire, aujourd'hui garde du monument élevé à la place Vendôme, ayant été atUqué d'un choiera morbus, avec des douleurs atroces, des vomissemens et des convulsions , on avait inutilement employé les remèdes ordinaires , et l'on avait peu d'espérance de le sauver.
M. Desrprés, rtrn des médecins appelés en conscultàtioti, proposa d^essayer du magnétisme, qu^tt avait vu réussir dans ua cas analogue; et les autres médecins y ayant consenti, quoiqu'ils n'en espérassent rien, il vint me chercher à Tinstant. Je vis d'abord que le malade était sensible à l'action du magnétisme ; et sa femme s^élant aperçue de l'effet que je produisais , je lui dis qu'elle pouvait guérir son mari , et je lui montrai comment il fallait s'y prendre. Les vomissemens et les convulsions cessèrent dès la première application de la main; un léger sommeil produisit du calme , on ne donna plus aucun remède, et dans quinze jours le malade fut guéri (i).
Je ne prétends point conclure de ce fait qu'on obtiendrait le même résultat dans tous les cas semblables : pen conclus seulement que l'action calmante dû magnétisme peut rétablir promptement Téquilibre , et c'est un motif d'en essayer dans les maladies les plus violentes : on est sûr qu'il ne peut nuire lorsqu'il est convenablement employé, mais son efficacité plus ou moins grande dépend d'une
(i) M. J, DujpLOtçt a déjà rapporté ce fait dans son Exposé 4es Expériences faites à VffSteUDieu en i8ao*
foule de cirçoDStaiices que nous ne pouvonr apprécier.
Parmi les preuves de la puissance du magnétisme, Tune des plus convaincantes c'est qu'on Ta vu ranimer la vie au moment même où elle paraissait s'éteindre, comme le gaz oxigène rallume uit charbon sur lequel il ne reste plus qu'une faible étincelle (i). Quand les organes essentiels sont altérés au point de ne pouvoir plus remplir leurs fonctions , ce retour à la vie est de courte durée : mais il est des cas où une telle puissance pourrait sauver un malade qui paraU désespéré.
Si les médecins français veulent bien se donner la peine de recueillir les faits publiée jusqu'ici , de les soumettre à un examen cri* tique , et d'y joindre leurs propres observations , nous aurons bientôt des données pluft sûres sur l'eflScacité du magnétisme dans les maladies aiguës : il faut aujourd'hui l'employer
(i) Il y en a plusieurs exemples dans les auteurs allemands. On en trouve un très-remarquable dans un ouvrage ii^tîtulé le R^âae à Paris ^ imprimé en l8i4 ( cht^ Barba, 2 vol. iu-ia ) , tom* I, pag. saS. L'anecdote qui y est rapportée est de la plus exacte vérité; à cela près que Fauteur, témoin oculaire, en a mîs le récit dans ma boucbe» quoique je ne l'eusse racontée à personne.
Sia INSTRUCTION PRATIQDB
«yec prudence , et comme auxiliaire de la médecine.
Venons aux maladies chroniques.
Le malade qui s'adresse à vous a une maladie plus ou moins ancienne; il a essayé de divers remèdes , ou n'en a point fait encore.
Si la maladie est récente, et si le malade n'a fait aucun traitement, vous pouvez vous dispenser d'appeler lé médecin; à moins que vous ne désiriez avoir son opinion sur le genre de maladie, sur les chances et les moyens de guérison , pour apprécier dans la suite les effets que le magnétisme aura produits. Comme la marche de ces maladies est lente , il n'y a nul inconvénient à diflérer l'usage des remèdes ; et cela par plusieurs raisons : d'abord pour vous assurer que les changemens obtenus sont dus au magnétisme , ensuite pour ne pas contrarier la marche de la nature par des agens étrangers; enfin pour que rien ne trouble et ne dérange le malade qui doit s'abandonner entièrement à vous.
Continuez ainsi pendant environ un mois, quand même vous n'obtiendriez aucun effet apparent; à pluâ forte raison s'il se manifeste des crises : excepté dans le cas où vous verriez s'aggraver les symptômes essentiels du
SUR LB MAGNÉTISME. ^tS
inaL En général Faction curative s'annonce d'autant plus vite que la maladie est moins invétérée.
Si le malade ar déjà fait des remèdes, vous l'engagerez à les suspendre pour quelques jours , afin de mieux observer Faction du mt**gnélisme ; vous substituerez à ses boissons de Feau magnétisée. Vous lui recommanderez seulement de vivre avec sobriété, et d'éviter la fatigue et les excès <fe tout genre.^
Il y a enfin des maladies qui- sont à la fois très-graves et très-anciennes, dont la cause primitive et le siège principal ne sont pas bien déterminés, qui ont pendant long-temps résisté à tous les remèdes , dont les symptômes deviennent chaque jour plus alarmans, et qui peuvent à la longue faire craindre pour la vie. C'est pour ces maladies qu'on désire le plus ordinairement essayer di» magnétisme , comme d'une dernière ressource \ mais c^est aussi pour celles-là que le magnétiseur doit faire le plus de réflexions , et prendre le plus de mesures avant de se charger du traitement. Il faut d'abord qu'il s'assure que le malade est bien déeidé à continuer tout le temps nécessaire, peut-être pendant plus de six mois , et que les personnes qui ont de Fin-
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fluence ou de Tautoriié sur lui ne chercheront point à contrarier cette résolution. Car, dans ces sortes de maladies , lorsqu'une fois l'action est bien établie, et que des crises se préparent, il est très-*fftcheux d'avoir à lutter contre des obstacles , et très^dangereux d'in^ terrompre le traitement. Il faut encore que le magnétiseur s'arrange de manière à ce que ce traitement soit régulier , à ce qu'il soit regardé comme l'affaire la plus importante pour lut, pour le malade et pour la famille du malade, jusqu'à la guérison. Il faut enfin que le malade s'engage d'honneur à donner toute sa confiance à son magnétiseur, à ne prendre de conseils que de lui , à suivre exactement le régime qui lui sera prescrit.
Si, comme je l'ai toujours recommandé, on veut s'éclairer des lumières d'un médecin , il est essentiel d'en choisir un qui connaisse les effets du magnétisme , pour qu'il n'or<donne pas des remèdes qui pourraient contrarier le développement des crises. Ce médecin ne doit point assister au traitement , à moins qu'il ne fût familiarisé avec les divers phénomènes du magnétisme ; il pourra voir le malade dans l'intervalle des séances , et faire ses observations au magnétiseur : mais on ne
Tadmettra jamais pour aatisdsiire sa corioatlé ou pour augmenter sa croyance* H -est à propos que le magnétiseur se soit prépara un bon substitut, pour h cas où une circonstance, telle qu'une maladie ou on voyage ifidispemabic , le mettrait dans la i^écfs^i té de suspendre pendant quelques jours* Il s^ait enfio trèsravantageux que , jusqu'à la guériioii', le traitement qu'on a entrepris fût ua /50Qr«l pour toot autre que les paréos ou les amis intimes , 'k qui Ton ne doit ni ne, peut ^o faire on mystère^ >et pour le médecin à qijû Ton aurait, accordé sol confiance en le priant de n'en rien dire*
Les préceptes que je donne ici sont bien rigoureux ', mais il est des cas où ils sont trèse importans. On en modifiera Tappldcation selon les circonstances, et selon la gravité 4e la maladie.
Entrons maintenant dans quelques détails sur les diverses maladies (^bropiqj;^s les fins communes.
Dans les maladies d'atonie, daos celles du système lymphatique^ employez le magné'^ tisme avec toute l'énergie possible. Âidez^ vous de la ^chaîne si vous en avez la làcilité.
On a de nombreux exemples de la guérison de l'hydropisie : j'en ai moi-n>êroe guéri itoié.
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Le magnétisme produit des crises de soeur oa d'urine. Vous pouvez cependant seconder la nature pair de légers sudorifiqnes ou de légers diurétiques , que tous choisirez d'après l'avis du médecin , et que vous aurez soin de bien magnétiiser. Us agiront alors, quoiqu'ils ansiost cessé d^exercer une aetion lorsqu'on les donnait à plus forte dose avant le traitement magnétique.
Le rma^étisme est souverain dans les engorgemens gtanduleuic. l'ai vu guérir plusieurs fois, et j'ai guéri moi-même , des glandes au sein , très-grosses , très-douloureuses , et dont les médecins et les chirurgiens les plus -habiles avaient conseillé l'extirpation. J'en ai vu qui n'ont pu disparaître entièrement, mais qui ont été réduites à un très-petit volume , et qui , restées dans cet état plusieurs années après la cessation du traitement , n'ont plus causé la moindre gène ni la moindre inquiétude. Lorsque l'action est établie , il est à propès d'employer, autant qu'on le peut sans se fatiguer, Tinsufflation au travers d'un linge à plusieurs doubles. Ordinairement, lorsque la glande commence à se dissoudre, il s'opère une crise qui se manifeste par de inflammation et des douleurs locales. Celte
^rise est passagère : il ne faut point s'en effrayer : jnsqa'à ce qu'elle soit terminée vous -emploierez le magnétisme à grands coùrans , pour calmer les douleurs et rinflamnittion.
Dans les obstructions bu engoirgemens des viscères, le magilétisme est le plus puissant de Ions les remèdes. On présente les dbigts en fKiinte, on tourne pour diviser, on ômçlloie rinsufilation; on entraîne ensuite. Lé traitement est quelquefois très-long. Des douleurs critiques se manifestent dans le siège de Tobstraction; mais le malade se trouve mieux chaque jour , et l'obstruction s^ dissout peu à peu. On facilite l'évacuation de ce qui a été dissous par l'usage de quelques laxatifs ; et l'insensibilité au. magnétisme prouve que la guérison est complète.
Cependant, lorsque l'obstruction d'un organe essentiel est parvenue à un tel poîftt qu'il ne remplit plus aucune de ses fonctions , et que son tissu est détruit ou entièrement changé, le magnétisme. peut être dangiereux.
En réveillant la sensibilité, en excitant un mouvement vif dans l'organe obstrué, il peut produire une crise que la nature n'aura pas la force de supporter, et le malade périra beaucoup plus tôt qu'il ne l'aurait fait s\ Tob^
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structioa fût restée iudoleote. J'ai des exemples de ce malheur. Pour ne pas s'y exposer il suffit de consulter un médecin , qui distinguera si Tobstruction est parvenue à ce degré, où elle est reconnue incurable; et dans ce cas on n'entreprendrait pas le traiteiheiit. On pourrait cependant essayer deux ou trois fois, non de concentrer le ttagnëtisme: sur Tobstruction, mais de magnétiser à grands courans , pour voir si le malade est susceptible de somnambulisme^ car s'il devenait sàwknambule , il dirait ce qu'il faut faire^ et nous ne savons pas s'il ne pourrait se guérir.
Le magnétisme a opéré des guérisons étonnantes dans les maladie$ scrophuleuses. L'histoire de Gréatrakes suffit pour le prouver.
Lorsque ces maladies sont anciennes et invétérées il faut une grande patience^ lorsqu'dles sont héréditaires je doute qu'on puisse les guérir radicalement.
On a plusieurs fois guéri par le magnétisme des ulcères pour lesquels on avait épuîssé lies ressources de la médecine. Je vais en .citer quelques exemples* ^
Une femme de cinquante -'huit ans avait un ulcère à la jambe , on la guérit en appa*rence par des topiques; Mais deux mob après
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il lui survint, an commet de la iéu% un bon* ton qui 9 ayant acqois la gro$seor d'un oeuf, s'ouvrit et laissa échapper une matière ver* dâtre , purulente et fétide, mêlée quelquefois de caillots de sang corrompu. Bientôt les os du crâne s'exfolièrent, il se fit un trou » Tut* cère s'agrandit, et les médecins le jugèrent incurable. La malade était depuis qinq an3 dans cet état; elle souffrait continuellemeot ) elle était privée de sommeil, et ne dé3irait que la mort^ lorsque M. le chevalier Brice, ingénieur géographe attaché aux postes , vou* lut la traiter par le magnétisme , dont elle n'avait aucune idée. Il calma d'abord la violence des douleurs } il lui rendit du sommeil; il produisit des crises ; et , malgré la répugnance que devait lui inspirer cette affreuse maladie, malgré la fatigue qu'il éprouvait, il eut le courage de continuer, et le bonheur de i:éussir après quatre mois de soins non interrompus. La cure étant terminée > il magnétisa encore une fois par semaine pendant f^usieurs mois. Ce &it est d'autant plus digne d'attention, qu'il n'y a en ni somnambulisme ni aucun phénomène propre à exciter la curiosité. Cette femme à constamment fait usage de Teau magnétisée,, et elle n'a em*-
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ployé aucun remède. Elle fut un jour magnétisée par un homme très*fort qui Tendormit; nais cela lui fit mal.
Voici quatre faits qui viennent de se passer à Ciorbeil, et dont je suis allé vérifier Fexactitude.
i"". Une femme, qui, depuis dix ans, avait un ulcère à la jambe , a été guérie en trentecinq séances.
â"*. Unhomme de soixante et quinze ans, qui craignait, il y a trois mois , qu'on ne lui coupât la jambe , à cause d'un ulcère large comme la main, et qui s'agrandissait de jour en jour, est aujourd'hui presque guéri. L'ouverture n'a plus que trois lignes de diamètre (i).
3<». Un homme avait depuis deux ans , par suite d'une blessure , une plaie dans laquelle on mettait de la charpie. Cette plaie a été fermée en peu de jours.
4**. Un soldat avait perdu uri brais à l'armée en i8i3. L'hiver dernier sa blessure s'est ouverte , et il souflrait beaucoup. Il a été rétabli avec une promptitude qui l'a fort étonné.
(i) M. (de Puysi^ar yient de publier la, relation d'un fait analogue ; mab le malade ayant été somnanibule , il s^est ordonné des remèdes , et ce n*est point uniquement à Faction du magnétisme qu^il doit sa guérison.
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i( Tai parcouru bien du pays, me disait'il , « je n'ai jamais rien vu de pareil. )»
Dans la phthisie pulmonaire parvenue au dernier degré, je ne crois point' que le ma-, gnëtisme puisse opérer la guérison : il est audessus de sa puissance de régénérer un organe essentiel qui est presque détruit. S^il y a toux, oppression , difficulté de respirer, affaiblissement, il facilite la respiration, apaise la toux, ranime les forces, diminue les souffrances et amène promptement un soulagement notable ; maïs il n'empêche point la marche de la maladie i peut-être même est-il à craindre qu'en augmentant l'activité il n'accélère la dernière crise. Il faut donc beaucoup de prudence et de modération, et ne continuer TusagQ du ma-^ gnétisme qu'autant que le malade le désire et qu'il en éprouve du calme.
Il est à^ propos d'essayer du magnétisme dans la fièvre lente : si cette fièvre est de nature nerveuse , on parviendra peut-être à rétablir Féquilibre^ si elle est produite par une suppuration intérieure , la guérison est peu probable , à moins qu'on n'obtienne le somnambulisme. Mais comme le magnétisme porte directement son action sur le siège du mal , il doit seconder puissamment les remèdes de la
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mëdddné, et même avoir ane efficacité particulière. '
Le^ accèd d'afllhmé âont presque toujours calmés parle magnétisme, et je suis persuadé que la maladie se guérirait entièrement par un traitement prolongé.
On a vu le magnétisme produire des effets merveilleux dans le vomissement essentiel et chronique , lorsque tous les moyens de la médecine avaient échoué.
M. Barbier, qui demeure à Reims, était depais vingt ans attaqué de cette cruelle maladie. Il ne pouvait conserver pendant un quart d'heure le plus léger aliment dans Testomàc. Il eut recours au magnétisme d*après mon avis. Dès le second jour le vomissement cessa 4 et deux mois de traitement lui ont rendu une santé parfaite.
Deux filles , dont une vomissait depuis quinze mois, Tautre depuis dix , ont été dernièrement magnétisées à THâtel-Dieu : Tune et l'autre ont cessé de vomir dès la seconde séaiice(i).
(t) Voyez Eitposé des Expériences sur le Magnétisme unîmal faites à lIlôteUDîeu de Paris, pendant les mois d'octpbre, novembre et décembre itoo, par J^DuPOtet/ Paris, chez Bécbet (eune , libraire, place de l'Ecolede-Médecîné.
SDK LK MAOïrâTlSMB. ai3
Dans ks maladies nerveuses , s'il y a prostration de forces, atonie, engourdissement, le magnétisme est souverain. Il agit sans produire des crises apparentes.
S'il y a spasme, convulsions , etc. , il calme ordinairement , pourvu qu'il soit bien administré , et il produit souvent des crises plus ou moins singulières.
S'il y a irritation générale , agacement , fièvre nerveuse , il arrive souvent qu'il n'agit point; quelquefois il augmente l'irritation.
En général il est moins efficace dans les affections nerveuses , qu'on nomme vapeurs , que dans la plupart des autres maladies, surtout lorsque, ces affections sont ancienne» , et qu'on a fait beaucoup de remèdes.
Quand le magnétisme agit bien sur les per^ sonnes nerveuses , il produit des phénomènes singuliers ; mais cela ne prouve pas qu'il guérisse ni mieux ni plus vite. Le somnumbalisme des personnes dont les nerfs sont trèsdélicats présente des crises bizarres , des traits de clairvoyance merveilleux; mais le malade dont l'imagination est très-mobile, et dont l'attention se porte sur mille objets, ne voit pas aussi distinctement son mal et le remède. C'est avec ces sortes de somnambules qu'on
a le plus besoin de. calme et de prudence, c'est avec eux qu'on doit le plus craindre de se laisser éblouir par le meryeilleux et entraîner par la curiosité. Il faut surtout être attentif à ce que le malade ne reste point dans Tétat n^iagnétique pendant Tintervalle des crises. ,
De toutes les maladies , la plus effrayante dans SQS accès, la plus redoutable par les dangers auxquels elle expose, et la plus rebelle aijx rehièdes, est précisément celle qui offre les preuves les plus convaincantes de la puissance du magnétisme : je veux parler de répilepsie. Ce n'est pas qu'on soit sûr d'en triompher. Si plusieurs épileptiques ont été radicalemeiif guéris, chez beaucoup d'autres on a seulement diminué la violence et la fréquence des accès, et j'en ai traité moi-même qui sont dans ce cas ^ mais il est certain que , sur le grand nombre d'épileptiques qui ont eu recours au traitement magnétique , on a obtenu beaucoup plus de guérisons parfaites qu'on ne l'eût fait par la médecine. Il ne faut donc jamais balancer à l'employer. Les essais peuvent. être infructueux, mais ils n'ont aucun incpnvénient. Dans plusieurs autres maladies anciennes on ne doit commencer un
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traitement qu'autant qu'on est sûr de le continuer ; si l'on a excité une crise il est essentiel de la terminer. Dans celle-ci le pire est de laisser le malade dans l'état où il était.
Un bon magnétiseur réussit presque toujours à faire cesser promptement une attaque d'épilepsie : on aurait tort d'en conclure que la guérison de la maladie est facile. Le traitement de l'épilepsie exige de la part du magnétiseur beaucoup de confiance , de courage, de persévérance et de dévouement.
L'épilepsie peut être héréditaire ou accidentelle, ancienne ou récente. Elle peut être produite par un vice d'organisation , par un dérangement du système nerveux, par un mouvement désordonné du sang ou des humeurs , par la suppression d'une évacuation , et par plusieurs autres causes ; ainsi l'on ne peut savoir à l'avance si elle cédera au traitement magnétique. Les accès étant ordinairement irréguliers , et se renouvelant ii des époques plus ou moins éloignées, ils peuvent être suspendus pour un temps plus ou moins jong, sans que la cause soit détruite. Cependant on a plus de raisons d'être rassuré lorsque les attaques étaient fréquentes que lorsqu'elles étaient rares avant l'emploi du
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loagnétiime. Par exemple celai qui avait des aç^ t<ro9 lea joura peut être regardé comme guéri 9'il passe deux .ou trois mois sans en avoir» taadié qu'il faut attendre au moins un an pour porter le même jugement sur celui qijii n'avait des accèf que tous les mois.
Il ^pit de là qiie lorsque le malade est délivré df ses attaques, il faut continuer à le ni9gi|i4ti^r poîir en empêcher I0 retour et en détruire la came. Lorsque plusieurs des époques auxquelles le mabdd é^irotivait ordinairjspp^ent ses attaques se seront passées sans qu'il ^n dÀ\ eu le moindre aenliment, on pourra disqontiiHi0r dé le magnéâser tous les jours ; on i^ettrfi d'abord ua, puis deux» puis trois jQUrSi enfîii nn mois d'intervalle entre les s^ftnoes) fixais on conthmera constamment lVsi9gQ dQ V^au magnétisée, qui doit être employée dès le premier jour du traîlement , et Jp^- temps après quV)n a diseontinué les Héawes. Il sera bien aussi que le eonvalesçe^. ports sur lui un objet magnétisé, que le magi)éUseur aura soin de charger de temps ep tepips de fluide.
Oq a très-'souvent obtenu le somnambulisme dans l'épilepsie. S'il a lieu , le magnétis^Dr sait ce qu'il doit faire et ce qu ri doit
espérer ; il est même à pea près sûr de la gaérison du malade ^ pourvu qu'il se conforme aux principes que j'ai donnés sur la direction des somnambules.
Je connais une demoiselle de vingt ans, qui depuis neuf ans avait des attaques d'épilepsie» très-fréquentes à certaines époques ^ et qui a été traitée sans succès par d'habiles médecins (i). n y a trois mois qu'elle a eu recours au magnétisme. Dès le premier ibois les accès se sont affaiblis et éloignés; à la fin du second mois ils ont entièrement disparu , et sa santé est maintenant aussi bonne qu'on puisse le désirer. Elle s'est interdit toute espèce de remèdes, et elle a dit qu'il fallait la magnétiser encore pendant deux mois , de deux jours l'un, et que sans cela la maladie rer viendrait.
Malheureusement elle s'imagine que le ma^ gnétisme la fait chaque jour dormir trOis heures du sommeil naturel ; elle ne croit poif^ au somnambulisme. Elle dit qu'elle est guérie,
(i) J'ai lu quatre des consultations données par différens médecins : dans les trois premières la maladie est désignée sous le nom d'épiiepsie symptomatique ou sympathique; dans la quatrième sous le nom d*affection hystérique incurable.