‹ Instruction pratique sur les diverses méthodes d'exploration de la poitrineChapitre 7 sur 24 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Valeur des signes fournis par l'auscultation dans les maladies du poumon et de la plèvre.

Dans cette énumération rapide des maladies liées aux principaux phénomènes d'auscultation , on a dû voir que la plupart de ces phénomènes pouvaient exister dans pi usieurs maladies. Mais on a vu aussi que ces cas, qui donnent lieu à un même phénomène, et qui semblent devoir se confondre y se différencient le plus souvent par d'autres signes, également fournis par l'auscultation, sans parler du secours des symptômes. Ce n'est donc point là un reproche à faire à cette méthode.

Mais voici une autre objection plus sérieuse , et c'est la principale restriction que nous nous permettrons d'apporter aux prétentions de l'inventeur? ou des partisans

mitres de l'auscultation. Les signes sthéthoscopiques peuvent manquer, quoique ia maladie existe , et réciproquement la maladie peut exister sans les signes. Laennec lui-même indique certaines dispositions des cavernes , ou la pectoriloquie n'a point lieu ; l'^egophonie manque souvent clans la pleurésie , ou elle existe si peu de temps, qu'il faudrait , pour la saisir au passage , assister au début de la maladie -y d'autre part on la trouve dans certaines maladies des bronches, ou du moins alors la bronchophonie revêt tellement les caractères de l'asgophonie , qu'on ne saurait les distinguer. Il n'est, je crois, aucun signe qui ne soit dans ce cas, sans même en excepter le râle crépitant, que Laennec regardait comme palhognomonique delà pneumonie Ces signes ne sont donc ni constants, ni infaillibles.

On peut répondre que souvent l'auscultation donne plusieurs signes pour nne lésion, de telle sorte qu'ils se suppléent l'un

( •« ) l'autre • ceîa est vrai pour la plupart des cas, et , à défaut delà pectoriloquie , souvent la respiration caverneuse, signe au moins aus^» sûr pour une oreille exercée , a décelé l'existence d'une caverne.

A ces cas encore on peut opposer ceux où les signes slhéthoscopiques existent seuls , en l'absence des symptômes caractéristiques; où le râle crépitant, par exemple , a découvert une pneumonie latente , vérifiée plus tard par l'autopsie , ou par des symptômes ultérieurs. C'est là sur-tout que l'auscultation triomphe , et qu'elle rend au médecin observateur des services inappréciables.

Après tout enfin , et il nous est encore permis d'adoucir notre objection par celle concession , quels sont les signes qui ne sont pas sujets à faillir ? Et ne suffît-il pa? , pour qu'ils soient bons et précieux, qu'ils existent dans la plupart des casj?

Page 1