‹ Instruction publiqueChapitre 14 sur 42 · MM. M · texte numérisé non relu

MM. M

La troisième année de la section des sciences a été constamment, depuis son entrée à l'école, un modèle accompli de bonnes manières, d'une sage conduite, et d'une ardeur qui ne s'est jamais démentie. Aussi depuis trois années a-t-elle été de succès en succès. Elle les a dignement cou^

ronnés. Sur huit élèves dont elle se composait, deux ayant échoué dans la seconde partie de leur examen de licence, et n'ayant pu obtenir à la faculté le grade de licencié-èssciences mathématiques, n'ont pu se présenter au concours d'agrégation : nouvelle leçon que la faculté donne encore à quiconque serait tenté de négliger l'étude des mathématiques, et qui, j'espère, sera comprise des élèves qui entrent dans la troisième année. Six candidats seulement se sont donc présentés au concours d'agrégation ; je me trompe, nous avons présenté sept candidats; car nous regardons comme appartenant à la famille normale nos maîtres surveillants , qui nous rendent de si précieux services , et particulièrement M. de La Provostaye , jeune homme excellent et distingué à tous égards % qui en s'acquittant de la surveillance qui lui a été confiée sur toute la section des sciences, participait à ses travaux et se préparait aux mêmes épreuves. Il a été reçu le premier au concours d'agrégation, et par là il a donné aux fonctions qu'il remplissait à l'école la dignité et le caractère qui leur appartiennent. Après lui, M. Vieille * a été reçu le second, M. Hauser le sixième, tous deux jeunes gens d'un vrai mérite, émules depuis trois années, et qui, ont gardé à l'agrégation le rang qu'ils avaient toujours obtenu à l'école. M. Vasse jeune a été reçu le huitième. Si MM. Leboucher, Schmidt et Charnoz ont échoué cette fois, ils prendront leur revanche l'année prochaine, comme MM. Vasse aîné et Légal l'ont fait cette année; car parmi

* M. de la Provostaye est devenu successivement docteur , agrégé de faculté, etc. Il a présenté à l'Académie des sciences des mémoires estimés. Il est aujourd'hui inspecteur de l'Académie de Paris.

' Devenu depuis docteur, agrégé de faculté, maître de conférences à l'école normale.

les agrégés de ce concours, ceux qui ne sont pas des élèves actuels de Técole sont pour la plupart d'anciens élèves qui, d'abord moins heureux, mais joignant plus tard au grand fonds de connaissances acquises à l'école l'habitude de l'enseignement, se sont présentés de nouveau et ont réussi à l'agrégation : ainsi la lutte a lieu le plus souvent entre nos anciens et nos nouveaux élèves, et les vainqueurs, en général , nous appartiennent. La belle institution du concours de l'agrégation, loin de nuire à l'école normale, est donc pour elle un puissant ressort d'émulation. Elle la tient sans cesse en haleine, et en même temps elle la relève, et met en lumière les méthodes qu'on y suit, le plan et la force de ses études par les succès de ses élèves. L'école normale ne réclame point le monopole de l'enseignement : elle ne demande qu'une chose, c'est qu'on ne le réclame point contre elle. Le concours de l'agrégation est accessible à tous les gradués, et les grades sont accessibles à quiconque est en état de les obtenir. Les luttes pacifiques et libérales de l'agrégation ont pour juges les hommes les plus compétents, et dont la position éminente garantit l'impartialité. Elles se passent au grand jour de la publicité. Nous savons à quel point elles sont redoutables, et quels concurrents nous y pouvons rencontrer. Tout en les appréciant, nous ne les fuyons pas; et nos anciens succès nous donnent l'espérance de succès nouveaux, si notre zèle et notre ardeur ne se démentent point. Je ne quitterai point la section des sciences sans exprimer ici ma vive satisfaction du zèle avec lequel MM. les maîtres de conférences attachés à cette section continuent à remplir leurs difficiles fonctions. C'est à eux surtout qu'il faut rapporter les succès de l'école ; mais notre reconnaissance ne peut pas oublier non plus MM. les professeurs de la faculté des sciences, dont l'enseignement est particuliè-

rement adressé à nos élèves. Je dois surtout ici un public hommage à deux savants du premier ordre, qui, indépendamment du bienfait de leurs précieuses leçons à la faculté, veulent bien prodiguer à ceux de nos jeunes gens qui se distinguent le puissant encouragement de leurs conseils et de leurs féconds entretiens. Tous les élèves de la section des sciences nommeraient d'eux-mêmes M. Poisson et M. Dulong.

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