‹ Instruction publiqueChapitre 15 sur 42 · SECTION DES LETTRES · texte numérisé non relu

SECTION DES LETTRES

En commençant la partie de ce rapport qui concerne la section des lettres, je dois déclarer, monsieur le ministre, que, par une suite de progrès que chaque année a vu s'accroître, pour les manières, le ton, la conduite et le travail, cette section est devenue ce qu'elle doit être. C'est le témoignage unanime de tous mes collaborateurs. Moi-môme, plus rapproché d'elle par la nature de mes travaux, et qui en connais mieux les diverses années, les nombreuses conférences, et même chaque élève personnellement, je puis dire qu'en général, et à très-peu d'exceptions près, il n'y a pas un des jeunes gens dont se compose cette division que l'école n'ait reçu assez bon et qu'elle ne rende meilleur à l'université.

Je parle ici de la conduite et du travail. Quant au talent, l'école le cultive et le développe, mais elle ne le donne pas; et c'est dans les lettres surtout que les meilleures méthodes d'enseignement, le plus habile plan d'études, ont besoin de s'appliquer à d'heureuses natures. Aussi je recommande sans cesse à MM. les membres du jury d'admission, tout en faisant une juste part aux connaissances acquises, de rechercher les dons naturels, l'aptitude innée; car c'est là ce que rien ne remplace. Je sais plus d'un

ÉCOLE NORBIALE. 11 S

élève, dans les différents âges de Técole normale, qui, n'ayant apporté que du talent, avec beaucoup d'ignorance, ont facilement, dans l'étendue du cours normal, perdu leur ignorance, développé leur talent, et donné à l'école et à l'université des sujets du plus haut mérite. Je pourrais citer des noms devenus célèbres.

Peu de cx)ncour8 d'admission nous avaient donné autant d'espérance que celui dont est sortie la première année actuelle. Dans la liste des élèves admis se trouvaient des jeunes gens désignés d'avance à notre choix par de brillants succès dans les meilleurs collèges royaux de province, et même au concours général des collèges de Paris. Voyons comment cette première année a répondu à notre attente.

Elle se composait de quinze élèves, sept avec une bourse entière, et tous les autres avec de simples demi-bourses. Sur ces quinze élèves, deux ont quitté l'école par raison de santé, avant les examens de la fin de l'année; et, d'après ces examens, un autre, d'ailleurs fort estimable par ses intentions et par ses efforts, n'a pas été jugé capable de pouvoir rester parmi nous utilement pour lui-même. Les douze autres élèves sont acquis à l'école. Cinq d'entre eux, à défaut de talent pour l'histoire et pour la philosophie, ont montré, dans les deux cours de langue et de littérature grecque et latine, à des degrés divers, le genre de capacité qui convient à l'étude spéciale de la grammaire, et j'ai proposé au conseil royal de les y appeler dans l'ordre suivant :

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