‹ Instruction publiqueChapitre 18 sur 42 · DP L'ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES DE L'ÉCOLE NORMALE · texte numérisé non relu

DP L'ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES DE L'ÉCOLE NORMALE

Les anciens élèves de l'école normale ^ ayant formé une association et fondé une caisse pour venir au secours de ceux de leurs camarades qui seraient tombés dans le n^alheur, ont tenu leur première assemblée générale dans les salons de Lemardelay, le jeudi S septembre 1846.

M. Cousin, président de l'association, a ouvert la séance par le discours suivant :

a Messieurs, depuis longtemps nous sentions tous le besoin de mettre en commun notre zèle et nos ressources pour venir en aide à ceux de nos camarades que le malheur avait atteints. L'année dernière, vous n'avez pas voulu vous séparer sans laisser après vous l'idée et le plan d'une association fraternelle et charitable entre tous les anciens élèves de l'école normale. Vous avez même chargé quinze d'entre vous de mettre à exécution ce que vous aviez conçu. Aujourd'hui votre pensée est réalisée. Des statuts ont été discutés et arrêtés ; ils ont reçu l'approbation des diverses autorités compétentes. Nous sommes une association reconnue et légale : nous avons nos assemblées générales et particulières, une caisse de secours mutuels formée aii

mSTRUCnON SECOta>AIRE.

moyen d'une modique souscription^ et un conseil administratif qui vient en ce moment vous rendre compte de ce qu'il a fait.

(( Notre premier soin devait être d'adresser à tous les élèves sortis de l'école normale , dont nous avons pu connaître les noms et la résidence ^ un exemplaire des statuts de la Société avec une circulaire qui les invite à en faire partie.

c( Il a été établi une statistique exacte et complète, qui embrasse les différents âges de l'école et présente une classification de tous les élèves qu'elle a produits , d'après les fonctions qu'ils exercent et la situation qu'ils occupent dans l'université ou en dehors de l'université, avec l'indication des pertes déjà bien nombreuses que nous avons faites. M. le secrétaire mettra tout à l'heure sous vos yeux ce tableau intéressant. Vous y verrez que, depuis 1811 , il est sorti de l'école normale 885 élèves, sur lesquels nous avons pu constater l'existence actuelle de 641 *.

« Pour arriver. jusqu'à eux, des intermédiaires étaient nécessaires. Le conseil a choisi dans chaque académie des correspondants chargés de se mettre en communication

* Les anciens élèves de l'école normale sont actuellement répartis de la manière suivante :

Conseillers titulaires. ... 2

Inspecteurs génëranz. ... 10

Rectenrs 12

Inspecteors d^académie. . . 29 Fonctionnaires de Técole normale 11

Professeurs des facultés. . . 44

Proviseurs 13

Censenrs 10

Professeurs de collèges royaux. 233

Chargés de cours 80

Économe 1

Principaux 5

R^eots 60

Inspecteur primaire. ... 1 Professeurs ou chargés de cours

en disponibilité 10

Bégents en disponibilité. . . 6 Fonctionnaires en jouissance

d^one pension de retraite . 25

Chefs d'institution 3

Maitres de pension 4

Magistrats ou avocats. ... 11

Employés d'administration. . 17

Professions diverses. ... 54

Situation inconnue. . . . 16S

Décédés 81

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avec tous les anciens élèves qui se trouvent dans leur ressort , de recueillir les cotisations et de les transmettre à Tadministration centrale. M. le secrétaire vous lira cette liste qu'il vous importe de bien connaîtra.

« Grâce au 2èle de nos correspondants, grâce surtout à Tesprit fraternel qui anime Técole entière, sur 641 élèves, nous comptons déjà 432 souscripteurs, et notre caisse de secours mutuels possède un fonds de plus de 6,000 fr. Il s'accroîtra promptement par de nouvelles souscriptions et par la gestion sage et habile de M. le trésorier.

« Maintenant quel a été l'emploi des premières ressources dont le conseil disposait? C'est là surtout ce qu'il vous serait intéressant d'apprendre, et ce qu'il ne nous est pas permis de vous exposer en détail. Vous pourrez reconnaître le bien qui a été fait par le compte rendu des recettes et des dépenses que M. le trésorier va vous lire, suivant le vœu de l'article 10 de nos statuts. Mais vous comprenez le sentiment qui m'interdit de prononcer ici aucun nom propre. Je puis du moins vous dire que plus d'une infortune a été efficacement soulagée, tantôt par des secours tmnporaires, tantôt par des secours permanents.

(c Je serai un peu plus indiscret sur les bonnes œuvres que d'autres ont faites par notre entremise. Un de nos con-^ Â'ères avait laissé en mourant une veuve et trois enfants. L'aîné vient de recevoir une bourse entière au collège de Sainte*Barbe, et vous devinerez aisément l'homme excel* lent qui a voulu rendre ce pieux service à un de ses camarades décédé, de le secourir encore dans les objets de ses plus chères affections. Un autre élève de l'école normale, vieux avant l'âge, recevait de l'université une indemnité annuelle de 400 fr. ; une démarche du conseil a oh* tenu que cette allocation précaire et impuissante serait convertie en une pension de 830 fr. Je crois exprimer les sen-

timents de l'assemblée en remerciant M. le ministre de s'être par là comme associé à notre œuvre.

ce Le conseil a les yeux ouverts sur tous ceux qui souffrent; les correspondants les lui doivent indiquer: il dépend môme de tout souscripteur de l'avertir et de provoquer de sa part une délibération officielle. L'aflfaire introduite» un des membres du conseil est chargé d'en préparer un rapport spécial. Dans chaque circonscription académique » notre correspondant reçoit de nous la mission de recueillir les informations les plus précises, et, s'il est possible, de reconnaître par lui-même la disgrâce qui nous est signalée, et d'y apporter les premières consolations. S'agilil d'un de nos camarades résidant à Paris, et dont le malheur vienne surtout d'infirmités prématurées, le conseil a sous la main le dévouement toujours prêt d'un de ses membres qui le représente auprès de toutes les douleurs et de toutes les misères. L'absence de M. le docteur Paulin, le coup douloureux qui le frappe lui-même en ce moment, me seront auprès de vous une excuse d'avoir manqué en sa personne à la discrétion qui m'était imposée.

« Notre association est donc constituée, elle vit, elle agit. Elle se montre par les secours de tout genre qu'elle procure; mais, j'ose le dire, son plus grand bienfait est de répandre partout et de mettre dans tous les cœurs cette confiance qu'un pouvoir fraternel veille sur toutes les infortunes, qu'ainsi nous pouvons nous livrer avec zèle aux pénibles travaux de notre profession, sans crainte de tomber dans une misère irréparable, si de tristes infirmités nous atteignent avant l'âge légal de la retraite.

c( Telle est la pensée consolante que notre association porte avec elle. Nous y serons fidèles. Nul malheur immérité, quelle qu'en soit la source, ne nous trouvera insensibles. Persévérons dans l'œuvre généreuse et vraiment uni-

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versitaire que nous avons entreprise. Elle est modeste, mais elle est bonne, puisqu'elle peut être utile, et qu'elle exerce notre activité et notre bienfaisance dans le cercle de maux réels et qui nous sont bien connus.

<( Pour moi, parmi les vicissitudes de ma vie, je n'ai reçu de la fortune aucun titre qui me soit plus cher que celui de votre président. Je puis répondre du moins à cet honneur que je prise si fort, à cette confiance qui me touche, par une tendresse sincère et sérieuse pour chacun de vous, et aussi par une fidélité inviolable à la cause de l'école normale et de l'université, qui, dans mon esprit comme dans mon cœur, se lie à la grande cause des institutions libérales de notre pays. »

Ce discours a été accueilli avec une sympathie universelle ; et sur la proposition de M. Dubois, vice-président du conseil d'administration, l'assemblée a décidé par acclamation qu'il serait imprimé et adressé à tous les sociétaires.

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