‹ Instruction raisonnée pour l'examen de la vision devant les conseils de révision et de réformeChapitre 16 sur 71 · MYOPIE TRÈS FORTE · texte numérisé non relu

MYOPIE TRÈS FORTE

Les myopes lisant avec ces verres sont dispenses du service militaire. On peut obtenir ce degré de myopie par un exercice

bien calculé.

« Le débat, a dit à ce sujet Duwez, devrait se déci- « der à pile ou face, qu'il ne serait pas plus aléa- « toire. »

Avec les procédés qu'il est aujourd'hui recommandé d'employer, l'erreur est plus facile à éviter. On pourrait sans doute y échapper absolument en atropinisant fortement l'œil qu'on doit examiner, et supprimant ain,si tout effort d'accommodation, mais le moyen est lent, il n'est pas inoffensif dans les hauts degrés de myopie, ila ses inconvénients pour la vision du sujet; celui-ci d'ailleurs n'y voyant plus qu a son pnnctnm remotum qui. peut être assez éloigné dans les cas de myopie faible, aimera mieux, plutôt que d'avouer à rencontre de sa réclamation, qu'il voit à pareille distance, courir les chances d'une simulation d'amblyopie, en prétendant qu'il n'y voit plus et créer ainsi à l'expert de nouvelles difficultés.

(i) Annales d'oculisiique^ 1879. — Warlomont, Optomètre et milice^ à propos de la présentation de l'optomètre. — Loiseau, Exposé succinct de l'épreuve à faire subir aux myopes. — Duwez, Compte rendu du Congrès international périodique de 1876.

On peut le surprendre autrement. Le plus souvent, le réclamant, quand on le soumet à Texamen par les verres, se trahit lui-même et éveille les soupçons. Ce n'est pas sans une certaine hésitation et quelques tâtonnements révélateurs, qu'il accomplit les eôorts nécessaires pour surmonter les effets de verres trop puissants. S'il doit lire de loin, il tend le cou, incline le corps en avant, en arrière, cligne fortement; dans la lecture de près, il approche le livre, l'éloigné, cherche une distance convenable, ferme par moments les paupières comme pour se reposer d'un effort, et, dans l'un comme dans l'autre cas, n'arrive ni de suite ni franchement à lire couramment.

Ainsi prévenus, si vous voulez l'examiner à l'optomètre, ayez soin de fermer l'œil que vous n'observez pas ; procédez très lentement par le mouvement du pignon, en partant d'au delà du degré présumé ou du zéro de la graduation, de telle sorte que raccommodation se relâche ; faites encore, à quelques minutes ou à un jour d'intervalle, plusieurs déterminations successives, en procédant tantôt dans un sens tantôt dans l'autre : la contradiction ou l'identité des résulats sera la preuve ou des exagérations ou de la véracité du sujet.

Avec les verres, placez le réclamant à la distance de 5 ou 6 mètres de vos test-caractères, trouvez le numéro avec lequel il vous dira qu'il voit le mieux, et, conformément à une pratique qu'il vous faut adopter dans tous les cas d'examen sérieux de myopie, au point de vue du choix des lunettes, constatez si ces verres ne sont pas trop forts. Dans le cas particulier,

usez pour cela d'un petit subterfuge ; dites à votre conscrit : « Allons, décidément votre myopie est en- « core plus forte que je ne le pensais ; je vais mettre « un verre de plus et voifs y verrez encore mieux. » Ajoutez alors à celui qui est en place et qui doit naturellement, pour entraîner l'exemption, être égal à un numéro — 5 ou — 4 (7 ou 9D) un verre positif -[- 10 (3,5oD); s'il vous répond qu'effectivement il y voit mieux, sa cause estentendue: car en diminuant l'action

négative du premier de — par l'addition du second, vous l'aurez ramené aux conditions générales de la myopie de 7 à - (6 à 5 dioptries) acceptée pour le service.

Il est bien d'autres moyens de déjouer ces exagérations si fréquentes, peut-être aurais-je plus tard à vous les indiquer, pour le moment ceux qui précèdent doivent suffire.

Degré nécessaire pour le service. — Le degré étant constaté, quel est celui qui va entraîner l'exemption?

Certainement, il serait à désirer que tout homme sous les drapeaux fût en pleine jouissance de l'intégrité de ses fonctions visuelles. Mais n'admettre dans les rangs du service actif ou armé que des emmétropes ou des hypermétropes, aurait ce double inconvénient de soustraire un chiffre encore considérable d'hommes aux obligations de ce service et d'enlever à son recrutement la partie la plus instruite du contingent, celle qui est destinée à fournir en partie du moins les éléments de ses cadres à venir (Giraud-Teulon].

Heureusement, pour satisfaire aux exigences matérielles du service, il n'est besoin ni d'une acuité visuelle complète, ni d'une refractionirreprochable.il importe seulement de ne pas descendre au-dessous d'une certaine limite (note 2).

En l'état de la législation de 1864, le degré de myopie accepté dans la marine, sans distinction de profession, était donné par Tépreuve que je vous ai fait

connaître, il était équivalent àM = 7à-(6à5 dioptries).

Dans l'armée, les règlements ont été modifiés plusieurs fois, et aujourd'hui les conseils de revision sont régis par l'article suivant de l'instruction ministérielle du 27 février 1877 (p. 381, § 150) qui tient compte, à la fois, et du degré et des complications de la myopie :

« La myopie irrégulière^ connue aussi sous le nom de « fausse myopie, et occasionnée par des rétractions « musculaires, par le staphylôme transparent de la « cornée (cornée conique), par des déplacements du « cristallin, par une hydrophthalmie ou un état de « spasme permanent de l'accommodation , est une « cause à^ exemption ou de réforme.

« La myopie vraie ou régulière ne rend impropre au « service, qu'autant qu'elle est supérieure à un « sixième^ ou compliquée, soit d'insuffisance muscu- « laire ou accommodative, soit de lésions du fond de « l'œil. »

Ainsi tout homme dont V = - de près ou après

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