‹ Instruction raisonnée pour l'examen de la vision devant les conseils de révision et de réformeChapitre 26 sur 71 · SIMUL. DE L AMAUROSE ET DE L AMBLYOPIE MONOCULAIRE I · texte numérisé non relu

SIMUL. DE L AMAUROSE ET DE L AMBLYOPIE MONOCULAIRE I

mum, que le tiers de celle qu'il avait accusée. Si dans ces conditions il voyait encore le même numéro que. dans la première épreuve, ou un numéro à peine supérieur, son mensonge était dévoilé.

L'expérience par le verre convexe décrite tantôt pour Tamblyopeamaurotique, est encore mieux appli-^ cable au faux amblyope, si on sait en faire la contreépreuve : car, si avec un verre faible de 6 dioptries par exemple, et en se rapprochant d'un livre, il affirme ne pas voir mieux, .on doit le soupçonner de mentir,, et s'il avoue une amélioration marquée, on peut lui dire qu'on va encore augmenter la force du verre en le doublant et éloigner le livre. On place alors un numéro négatif correspondant, et comme les deux se neutralisent, s'il lit, on a en même temps le degré approximatif de son acuité et la preuve de sa simulation. Il en serait de même, si en plaçant devant un de ses yeux le trou stenopéique, le sujet disait y voir mieux^ parce que si l'emmétrope et l'amétrope y gagnent toujours comme acuité, l'amblyope au contraire doit y perdre.

Amaurose et AMBLYOPIE MONOCULAIRE. — Combien votre tâche va devenir plus facile si votre recrue n'invoque qu'une amaurose monoculaire ! C'est de préférence l'affaiblissement ou la perte de la vue de l'œil droit que le simulateur aime à prétexter ; il a réponse à toutes vos questions, car tantôt il essaye d'exagérer une faiblesse relative de la vision d'un de ses yeux et plus souvent ce n'est qu'après avoir pris ses renseignements, avoir même payé à prix d'argent le prétendu secret d'une eau qui doit le rendre aveugle

isi4 CONSEILS DE REVISION ET CONSEILS DE RÉFORME .

momentanément de cet œil, qu'il tente Taventure.

Ne vous attardez donc pas dans un long interrogatoire, vos moyens d'investigation objective sont ici tout-puissants. Deux points devront tout d'abord fixer votre attention : i** l'état de la pupille; 2** la direction des axes visuels^ car l'un et l'autre peuvent être l'indice ou la preuve de la torpeur de la rétine ou de son intégrité.

Après ce double examen aussi rapide à faire qu'il sera long à exposer, 3** V ophthalmoscope aura son tour et enfin 4° les moyens de surprise.

i^ Examen de Viris et de la pupille. — Autrefois en présence d'une amaurose le médecin allait droit à la pupille. N'était-elle ni dilatée, ni paresseuse ou rebelle à l'action de la lumière, les allégations du plaignant aussitôt étaient mises en doute et souvent rejetées comme mensongères. L'expérience a démontré toute Texagération de cette doctrine classique sur la dilatation et l'immobilité de la pupille. Elle a prouvé que ce n'était là ni un fait nécessaire, ni même un fait fréquent ; elle a montré que dans un œil atteint dans sa fonction visuelle, la pupille pouvait encore agir normalement, que danslescas même d'amaurose complète des deux yeux, elle pouvait rester sensible à la lumière et subir l'influence du grand jour et de Tobscurité; tandis que d'autres fois, une pupille dilatée, immobile ou paresseuse , accompagnait une vision normale ou seulement troublée dans ses fonctions d'accommodation. On ne peut, en un mot, établir aucun rapport constant entre l'état de la pupille et celui de la sensibilité rétinienne.

Cet examen des mouvements de l'iris eût donc été

Page 1