SIMULATION DE LA PSEUDO-AMBLYOPIE
du service, n'aient plus ou moins habilement imitée, exagérée ou provoquée.
Après nous être occupé deTamblyopieouamaurose vraie, passons rapidement en revue les faits qui appartiennent à la pseudo-amblyopie. Nous aurons parcouru en sens inverse Tordre que nous avions adopté dans la recherche et l'appréciation destroubles delà vision.
AmBLYOPIE RÉFRACTIONNELLE. EXAGÉRATION DE LA
MYOPIE. — Je VOUS ai déjà appris en vous parlant de la myopie combien était fréquente et facile l'exagération de son degré. Le conscrit est jeune, il jouit de toute l'amplitude de son accommodation, il connaît l'épreuve à laquelle il sera soumis, la notoriété publique lui a appris en quoi elle consiste, et lui a enseigné qu'avec quelques exercices au moyen de lunettes fortes de myope il pourra en surmonter les difficultés. Grâces en efïet à son muscle ciliaire il augmente la courbure de son cristallin, par suite la réfringence de son œil et si le verre concave que vous placez au-devant de lui est plus faible comme effet négatif que l'effet positif de sa propre lentille, il réussira à le neutraliser et pourra facilement vous tromper sur son véritable degré d'amétropie.
II est un moyen facile d'éviter l'erreur, c'est de supprimer l'accommodation en atropinisant l'œil. Donders, J. van Roosbrœck le conseillent, et le moyen est infaillible, aussi Warlomont en fait-il l'une des conditions de l'examen devant les conseils de milice. Mais il est un peu lent, il a ses inconvénients ; l'atropine n'est pas un médicament inoffensif dans les hauts degrés de myopie ; en outre son emploi perturbe les condi-
l88 CONSEILS DE REVISION ET CONSEILS DE RÉFORME
tiens normales de la vision, empêche pour quelques jours de poursuivre un examen qui deviendra peutêtre nécessaire, celui de l'accommodation et des mouvements de Tiris ; enfin il éloigne jusqu'au pundum remofiun la vision distincte. Or, chez le myope qui exagère, ce point peut encore être à o",4o ou o'",50, distance telle qu'il préférera affirmer qu'il n'y voit pas et se poser comme amblyope, plutôt qu'avouer la possibilité de la vision à pareille distance.
En général , il vaut donc mieux avoir recours à l'un des moyens qui suivent.
Optomètre. — i" L'optomètre, comme le fait remarquer M. Perrin, à l'opposé du verre concave qui sollicite et provoque pour ainsi dire l'accommodation dans la vision de près, en amène le relâchement progressif par l'éloignement lent et gradué de l'image. Il expose donc moins à l'erreur, mais il ne permetpas de l'éviter complètement, si l'homme bien préparé à la fraude a pu prendre connaissance de l'instrument ou répéter des exercices préparatoires avec les verres concaves forts. Dans le premier cas il saitoù doit s'arrêter la partie mobile portant l'index qui détermine le degré, dans le second il juge du moment où il doit avouer y voir le mieux par l'effort d'accommodation qu'il est obligé de faire, et dont l'exercice lui a donné la conscience.
On peut cependant le dérouter, d'abord en fermant l'œil qui n'est pas en observation et l'empêchant ainsi de voir le mouvement de la vis et de l'index, ensuite en prenant plusieurs déterminations rapides de sa myopie, et procédant tantôt dans un sens tantôt dans