‹ Instruction raisonnée pour l'examen de la vision devant les conseils de révision et de réformeChapitre 40 sur 71 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la destination à donner au soldat ou au marin, suivant Tétat de sa visioa — Degré de l'acuité nécessaire dans l'armée 1/4. — Dans la marine 2/5. — Épreuve des candidats à l'École navale. — Myopie. — DiJGTérences du soldat et du marin. — Du port des lunettes^ de l'acuité chez les myopes. — Examen de la portéi; de la vue. — Armée, desideratum, l'artillerie devrait

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posséder VR =r —, le chasseur, le tirailleur, le cavalier VR = — — . Ma- 10 10

rine : i» Spécialités soumises seulement à la règle V :r -; 2° spécialités

devant posséder V = ; 30 spécialités devant posséder VR =

etVCA— .

Du daltonisme dans la marine et les chemins de fer : ses variétés,ses causes, sa fréquence. — Examen qualitatif. — Examen quantitatif. — Conclusions. Service auxiliaire.

L'appelé avait invoqué Tétat de sa vision comme motif d'exemption.

Le conseil de revision, sur Tavis du médecin qui l'assiste de ses conseils, n'ayant constaté ni lésion notable de l'organe, ni trouble suffisant de la fonction, l'avait déclaré propre au service.

Arrivé au corps, le réclamant a de nouveau renouvelé sa demande, il a peut-être exagéré le défaut qui existait ou simulé un mal qui n'existe pas ; et le nouvel examen auquel il a été soumis a confirmé de tout point l'appréciation des premiers juges.

Ses aptitudes physiques ayant paru suffisantes, le jeune soldat est définitivement maintenu au service. Mais est-ce à dire qu'il sera indifféremment propre à toutes les professions militaires? Le hasard seul aura-

t-il à décider de son incorporation dans Tarmée ou dans la marine, ou dans un de ces corps nombreux, variant de rôle et de fonctions, destinés à se prêter à la guerre un mutuel concours et dont la réunion constitue par leur ensemble, chacune de ces deux grandes divisions de la carrière des armes ?

Évidemment non. « Tous les corps de l'armée ne « nécessitent pas les mêmes conditions d'aptitude « physique, et certaines irrégularités de conformation « sont compatibles avec les obligations du service « dans une arme ou dans une autre (i). » C'est aussi ce que rappelle aux médecins l'instruction du'ministre de la marine du mois d'août 1879 (2). Tous ne sauraient être propres à tout. Chacun doit être réparti suivant ses qualités et ses moyens ; c'est à l'autorité militaire qu'il appartient de faire ce partage, mais il appartient aussi au médecin de répondre aux questions qui peuvent lui être posées sur l'appréciation de ces conditions physiques et d'éclairer au besoin le commandement sur leur importance.

De toutes ces conditions désirables chez le jeune conscrit qui va être habillé, équipé à grands frais, assoupli, développé, instruit avec le temps, il en est peu qui aient plus d'importance que celles qui sont relatives à la vision. L'habileté et la valeur du soldat, l'utilisation de l'instruction militaire qui lui sera donnée à grand'peine, peuvent, à terre, être annihilées par

(z) Instruction ministérielle de la guerre, février 1877, p. m (Observations préliminaires).

(2) La lettre du ministre qui accompagne cette Instruction, et les observations préliminaires qui la précèdent, devront toujours être consultées avant d*en appliquer les dispositions .

un défaut de Tacuité de la vision, et à bord la sécurité même du navire peut dépendre de Terreur involontaire d'un daltonien méconnu!

Ce sont ces conditions étudiées dans leurs rapports avec les professions ou les spécialités militaires que j'examinerai aujourd'hui, au point de vue général d'abord du service dans l'armée et la marine, ensuite des différentes spécialités du service armé, enfin dans les services auxiliaires.

Armée et marine. — Acuité visuelle. — Dans l'armée, et je m'en suis déjà expliqué longuement devant vous (i), les lésions qui peuvent motiver l'exemption ou la réforme sont régies d'une manière générale par la règle suivante : « Quelles qu'elles soient, lors- « qu'elles réduisent l'acuité de la vision au-dessous « de 1/4 des deux côtés, ou de l'œil droit, ou de i/ia « de l'œil gauche, ou qu'elle occasionnent une dimi- « nution de la moitié environ de l'angle temporal du « champ visuel, elles rendent impropre au service « militaire, à moins que l'amblyopie dépendant d'une « altération de la réfraction ne puisse être corrigée « par des verres. »

Ce chiffre de 1/4 exigé pour l'acuité de l'œil droit est naturellement quelque peu arbitraire. Il se justifie pourtant par les nécessités du service dans une armée en campagne. Qu'il agisse en masse ou isolément, dans les rangs ou en tirailleur, en sentinelle ou en enfant perdu, l'objectif du soldat, c'estlesoldat ennemi. Il faut qu'il puisse le voir venir au loin, il le faut

(1) Voy. premier chapitre et iHstruciioH de 1877, p. 372.

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