‹ Instruction raisonnée pour l'examen de la vision devant les conseils de révision et de réformeChapitre 41 sur 71 · ARMÉE ET MARINE. — ACUITÉ VISUELLE SIJ · texte numérisé non relu

ARMÉE ET MARINE. — ACUITÉ VISUELLE SIJ

capable d'en surveiller la direction, les mouvements, d'en apprécier le nombre, et de le prendre pour point de mire de ses coups : 300 mètres ont paru être une distance suffisante pour qu'il pût encore satisfaire à ces conditions; car l'homme, mesurant i'",5o à i",6o de haut sur o"*,3o à o'",4o de large, un œil normal doit le voir à 12 ou i 300 mètres, et, s'il a perdu les 3/4 de son acuité, il le verra facilement encore un peu au delà de 300 mètres.

Mais ce n'est là qu'un minimum qui se justifie plutôt par les nécessités numériques des armées modernes et celles du service obligatoire que par l'utilité réelle de celui qui est affligé de cette diminution d'acuité ; car, en somme, il ne pourra compter les tètes d'hommes disposés en file serrée qu'à 125 on 150 mètres, puisqu'elles ne mesurent, en moyenne, que o™,i2 à 0^,15: à moins de particularités saillantes dans l'uniforme, il ne reconnaîtra leur équipement qu'à la même distance, il ne distinguera qu'à 12 ou 15 mètres les insignes de ses chefs, et ne sera jamais qu'une sentinelle douteuse ou un tireur aux trois quarts impuissant.

Marine. — Dans la marine, ce minimum eût été insuffisant et dangereux. Le soldat est appelé surtout à servir dans les rangs ; la compagnie dans laquelle il est encadré forme une unité tactique qui se meut, agit et combat tout entière : l'amblyope lui-même trouvera dans ceux qui l'entourent un soutien effectif. Le marin est tenu à plus de spontanéité ; il est plus isolé dans son action, il sent moins les coudes^ et, suivant l'expression consacrée, il faut qu'/7 se débrouille. Bien plus qu'à terre, le matelot, sur une vergue, dans

une manœuvre, dans un canot, en vigie, a besoin de toute son acuité : même avec une amblyopie légère de 1/4, le marin serait impossible comme canonnier, compromettant comme vigie, en danger comme gabier. La diminution de l'éclairage dans les parties profondes du navire, entraînant la baisse rapide d'une acuité déjà diminuée, deviendrait pour lui une source de co'nfusions et même d'accidents : sur le pont, dans un canot, dans une batterie, pour toutes les manœuvres de force et d'ensemble, la méfiance et l'incertitude des mouvements qu'entraîne une imperfection visuelle, seraient pour ses camarades une gêne plutôt qu'un concours utile. Aussi comprendrez-vous sans peine pourquoi V Instruction pour la marine de 1879 a dû apportera l'article de V Instruction m il itair el^ résinetion suivante : « Pour les inscrits maritimes, l'acuité de la vision ne doit pas s'abaisser au-dessous de 1/2, limite minimum adoptée pour les élèves de l'École navale (note i) (1) ».

École navale. — L'épreuve à laquelle doit satisfaire tout candidat à l'École navale est complexe et ne vise pas seulement l'acuité. Elle élimine en bloc et sans distinction tout sujet chez lequel, par suite d'amblyopie vraie, fausse ou réfractionnelle, l'acuité descend à 1/2. Voici en quoi elle consiste : Le candidat doit lire couramment, à 2 mètres de distance, les lettres n** 12 ancien de Snellen^ ou n** 4 métrique moderne.

(i) J'ai déjà dit que la circulaire du 25 octobre 1881 a abaissé cette limite à 2/5 et que pour les élèves de l'école navale, il n'a plus été exigé que la lecturo à 2 mètres du numéro 15 de SncUen. L'appareil a été également change et perfectionné : voir le résumé officiel à la fin de ce livre. Une circulaire récente du 2 octobre a de nouveau abaissé l'acuité à x/5 pour un œil.

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