ÉCOLE NAVALE
Ces lettres sont présentées une à une, à travers une ouverture carrée de 12 millimètres, dont est percé un tableau blanc derrière lequel glisse le curseur à crémaillère qui les porte. Elles sont éclairées par une bougie stéarique de 10 au kilo, placée à o™, 50 et cachée par un écran. Grâce à cet éclairage et à la disposition de tiges rigides dont Tune horizontale mesure la distance, l'autre verticale porte un arrêt fixe pour la position de la face, toutes les précautions sont prises pour que les conditions de l'épreuve, du moins celles qui sont étrangères à l'observé, soient identiques pour tous. Or, ces lettres, un œil normal doit les lire à 12 pieds ou 4 mètres ; sont donc éliminés tous ceux
dont l'acuité tombe au-dessous de — en pieds ou - en
mètres, soit donc : 1/2 (note 2).
Dans ce nombre, se trouvent :
1° Des amblyopes vrais, ou du moins des jeunes gens dont la sensibilité rétinienne est plus obtuse qu'à l'état normal et l'acuité au-dessous de la moyenne ;
2° Des myopes d'environ 1/24 à 1/30 que la privation des verres correcteurs place dans la même position;
3° Des hypermétropes d'un degré élevé, chez lesquels l'accommodation ne peut arriver à permettre la vision distincte à cette distance de 2 mètres ;
4° Enfin des malades frappés de paralysie ou de spasme de l'accommodation, empêchant la mise à point de l'appareil réfringent pour la distance donnée.
Le résultat brut vise donc à la fois l'acuité, la réfraction, l'accommodation; mai§, des quatre classes
2l6 CHOIX DES SPÉCIALITÉS
d'individus qui peuvent ne pas satisfaire à Tépreuve^ la dernière est tout à fait exceptionnelle, quoique le spasme de raccommodation soit plus particulièrement la conséquence d'un travail trop longtemps prolongé, ce qui arrive parfois à des candidats voisins d'un concours ; la troisième est aussi très rare, car une hypermétropie semblable aurait produit déjà chez un élève astreint à un travail forcé des accidents d'asthénopie qui l'auraient contraint à interrompre ses études. Restent les deux premières catégories, et,, des deux, ce sont incontestablement de beaucoup les myopes qui dominent.
Myopie. — La myopie d'ailleurs, alors qu'elle n'est pas corrigée, est en somme une véritable amblyopie, et la restriction que l'instruction de la marine de 187^ apportait au degré d'acuité devait entraîner nécessairement une modification parallèle à l'article relatif au degré de myopie acceptable pour le service militaire en général.
Je vous ai déjà fait connaître, dans le second chapitre, cette modification qui, pour les inscrits maritimes, abaisse le degré à 1/24 au lieu de 1/6 qu'il est pour l'armée. Je vous en donnerai aujourd'hui, avec quelques détails nouveaux, la raison.
Toute la différence entre le soldat et le marin est dans ce fait que rien ne s'oppose à ce que le premier bénéficie de l'usage des verres pour corriger son vice de réfraction, que tout conspire, au contraire , pour empêcher le marin d'en tirer profit. La nature de sesfonctions, aussi bien que son genre de vie et l'élément même sur lequel il est appelé à vivre.