‹ Instruction raisonnée pour l'examen de la vision devant les conseils de révision et de réformeChapitre 53 sur 71 · DALTONISME : CONDITIONS DE L EXAMEN · texte numérisé non relu

DALTONISME : CONDITIONS DE L EXAMEN

l'acuité chromatique de Tceil normal, et a fortiori de l'œil malade. Si on en méconnaissait l'importance^ tous plus ou moins nous pourrions être considérés comme daltoniens tandis que d'autres fois de véritables malades échapperaient à notre contrôle. Ces conditions ont trait en particulier à V éclairage, à la distance, aux dimensions des objets colorés, ati choix des couleurs servant a l'examen, ainsi qu'i sa durée et au moment où le sujet doit y être soumis. Autant que possible, elles doivent toutes et toujours être identiques, si on veut obtenir des résultats comparables.

Les couleurs devraient être simples, spectrales irréductibles et non composées. L'œil du daltonien supprime dans celle-ci la couleur qui lui fait défaut,, et éprouve du mélange des couleurs qui restent une impression toute différente de celle que lui eût donnée une couleur saturée et franche. A défaut, les laines, les papiers aux teintes mates sont ici préférables aux couleurs lustrées ou vernies dont les reflets peuvent tromper : leur saturation, le fond sur lequel elles se détachent, modifient leur visibilité, non moins que l'intensité et la nature de la source lumineuse, lumière blanche naturelle ou lumière artificielle.

XJéclairage^ par son degré, facilite, atténue ou trouble la perception chromatique. Sa trop grande intensité éblouit et rendbientôt l'œil insensible à la couleur qu'il vient de fixer, et sujet à erreur pour celle qui suivra. Sa diminution rend la perception incomplète. A mesure qu'il baisse progressivement, les couleurs

changent de ton, et les tons sont différemment appréciés par les observateurs. Si tous se conduisent à peu près de même lorsque la lumière est moyenne et suffisante, beaucoup varient dès que son intensité s'affaiblit encore et le degré où la perception nette disparaîtra, change pour chacun dans des proportions parfois énormes (Cohn, 1883), même pour les deux yeux du même individu. Avec un très fort éclairage, il n'existe plus, pour ainsi dire, de dyschromatopsie ; avec un très faible, toutes les couleurs n'apparaissent plus que comme clarté (Aubert).

Aussi faut-il le rechercher suffisant, sans excès, mais toujours de même intensité. La lumière artificielle en fournit les moyens, mais trop riche en certains rayons, elle altère les couleurs qu'on- doit examiner; la nécessité d'y avoir recours complique l'examen, et mieux vaut en général la lumière diffuse d'un jour ordinaire, sauf toutefois dans le cas où comme pour un concours (école navale) les conditions doivent être rigoureusement identiques pour tous, ou encore si on veut se placer dans les conditions spéciales des professions qui doivent distinguer, la nuit, des signaux éclairés et de couleur.

La distance à laquelle les couleurs doivent être perçues, variable avec la condition qui précède, et avec celle qui va suivre, devrait toujours, quand il s'agit de professions à longue vue, être assez grande, et à défaut de l'examen pratique sur les lieux et dans les conditions où la profession elle-même s'exerce, on pourrait la fixer à 10 ou 15 mètres comme pour l'examen de la portée de la vue VR.

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