‹ Instruction raisonnée pour l'examen de la vision devant les conseils de révision et de réformeChapitre 54 sur 71 · DALTONISME I CONDITIONS DE L EXAMEN · texte numérisé non relu

DALTONISME I CONDITIONS DE L EXAMEN

Les dimensions des objets colorés, ou Tangle visuel sous lequel ils peuvent être distingués, varient pour chacune des couleurs; c'est un élément dont on ne saurait trop tenir compte dans l'appréciation de la finesse de perception chromatique, et dans la recherche des moyens de la déterminer.

L'expérimentation, tout étant égal d'ailleurs : saturation, éclairage, distance, doit seule établir cette donnée, dont ne tiennent pas toujours compte la plupart des tableaux ou échelles chromatiques aujourd'hui employés.

Quant aux conditions de durée et de moment de l'examen, elles se rapportent à ce fait que les hésitations, la longueur du temps employé à reconnaître et à dénommer une couleur sont déjà un signe de dyschromatopsie, et à cet autre que l'œil étant l'organe des contrastes, il faut tout d'abord lui permettre de se mettre en équilibre avec la lumière du lieu de l'examen, le résultat ne pouvant être le même si l'observé arrive du grand jour ou de l'obscurité. De là, nécessité d'abréger la durée et de retarder au besoin le moment de l'examen (i).

La fixation trop prolongée d'une couleur finit par en obscurcir l'impression et rendre l'œil moins apte à reconnaître fidèlement les autres; ses éléments chromoesthésiques ont besoin d'être tous également reposés. Si cette adaptation est en général rapide, le change-

(i) Voy. surtout Donders, Annal, d'oculistique, 1878, p. 277 et suiv. — Dor, Lyon médical, t. XXVII. — Landolt, Diagnostic et Traité de Landolt et Wecker, loc, cit. — D' Monolesca de Buda-Pesth, Ann. d'oculist.^ 1880. n' 1. .

ment trop brusque d'intensité lumineuse ou la torpeur de la rétine, dans les cas pathologiques, exige parfois de quinze à vingt minutes avant qu'elle ne se soit produite.

Modes d'examen. — Les conditions qui précèdent sont pourtant négligeables en partie, quand il ne s'agit que d'un examen qualitatif, elles sont indispensables à observer s'il doit être quantitatif. Le premier se propose seulement de déterminer l'existence du daltonisme, et on peut à la rigueur, s'y tenir, puisque tout individu qui en est atteint doit être récusé pour les fonctions qui nous occupent ; le second prétend aussi en constater l'existence, mais en outre déterminer son degré, il importe peut-être plus au spécialiste qui traite un malade qu'à l'expert qui recherche un défaut.

Cette réflexion serait juste et tout à fait acceptable, si on prenait toujours le soin de constater d'abord le degré d'acuité (V), l'état de la réfraction et du champ visuel, et s'il existait un rapport constant ou défini entre V, L et Ch, qui pût permettre de conclure du degré de la sensibilité générale de la rétine à celui de son sens chromatique. Chez le daltonien de naissance, l'intégrité des fonctions de l'œil autres que celles du sens chromatique permettrait, sans doute, de s'en tenir au fait seul de la constatation del'achromatopsie , mais chez le daltonien par maladie, la connexité ou la disjonction de l'altération de ces fonctions peut exister, et si V et VCh se suivent en général, persistent ou baissent en même temps, et si, en général encore, toute cause qui réduit l'acuité vi-

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