MARINE — ÉCOLE NAVALE
lumière réfléchie, soit en le plaçant dans les conditions où il sera appelé à distinguer, la nuit, les feux et les signaux, ce qui est préférable.
B. Deuxième épreuve dite d' appellation et de reconnaissance des couleurs. — Elle se fait au moyen du disque placé sur l'écran.
La patte de Topercule étant verticale, on aperçoit quatre disques colorés, vert, jaune, rouge ou blanc; un mouvement de rotation de Topercule permet d'apercevoir huit demi-disques colorés dont l'examiné doit dénommer les couleurs.
Si l'examen devait se faire à plus grande distance, comme pour les guetteurs, les timoniers dont on exige une acuité égale à un, on pourrait se servir seulement des quatre disques complets à couleur unique et à plus grande distance, lo mètres.
Ceux qui ne peuvent dénommer toutes les couleurs dans Tordre où elles se présentent, ceux qui se trompent ou qui hésitent sont ou des ignorants du nom des couleurs, ou des daltoniques, et la troisième épreuve va le démontrer.
Ceux qui les dénomment ne peuvent pas cependant être considérés comme exempts de tout vice du sens chromatique. Le daltonique accidentel^ par maladie, a eu autrefois la notion exacte des couleurs, en a gardé le souvenir, et là où les couleurs, pour lesquelles il est vicié, ne lui apparaissent plus que comme des gris, il les désignera sous ce nom.
Le daltonique congénital^ au contraire, n'a pas eu cette éducation ; il a seulement appris que certaines sensations, qu'il confond ou qu il ne différencie guère que par l'intensité de lumière de l'objet qui les provoque, condition variable suivant la nuance, l'éclairage, s'appelaient vert, rouge, et tantôt il les distingue, tantôt il les confond indifféremment sous la même désignation. Ce sont les daltoniques les plus
3l8 DISPOSITIONS RÉGLEMENTAIRES
redoutables, parce qu'ils sont inconscients de leur infirmité, parce qu'ils peuvent satisfaire aux deux épreuves précédentes et commettre dans d'autres conditions les confusions les plus dangereuses dans l'appréciation des signaux et des feux.
De là, nécessité de la troisième épreuve.
C Troisième épreuve dite de confusion, — La méthode la plus simple et la plus sûre est encore celle d'Holmgren, qui consiste à assortir les nuances d'une même couleur d'après les échantillons choisis; les moyens simplifiés de l'employer, l'instruction sur la méthode à suivre, se trouvent dans la boîte spéciale. Elle permet de reconnaître facilement l'achromatopsie et la dyschromatopsie. Tout candidat qui n'y satisfait point, sera définitivement déclaré atteint ou de daltonisme ou d'insuffisance constatée du sens des couleurs, et refusé (i).
Nota. — Les officiers et médecins chargés de ces examens et auxquels la marine confie ce précieux intérêt du choix de ses futurs officiers ou de certaines de ses spécialités, devront se familiariser avec ces expériences et avec le fonctionnement des appareils qu'ils emploieront, et étudier leur propre vue tant au point de vue de l'acuité que du sens chromatique^ Avec quelques verres concaves ou convexes, ils peuvent se rendre amétropes ou corriger leur défaut de réfraction ; avec quelques autres colorés, ils peuvent se rendre daltoniques et juger ainsi, par leurs propres sensations, des défauts qu'ils ont à rechercher et les apprécier plus facilement par comparaison.
Le Vice-Amiral^ Ministre de la Guerre et des Colonies^
Signé : Krantz.
(i) Voir la description du procédé d'Holmgren, p. 257 et la planche I.