La paix de Péronne fut-elle de longue 4urée
R. Non y le prince Charles , frère du roi , ayant été empoisonné en i^'ji , Louis xi fut soupçonné de ce crime. Le duc de Bourgogne jura de venger la mort d'un prince qu'il aimait^ et auquel il était près de donner sa fille •en mariage. Il entra en France, mit tout à feu et à sang , et vint échouer devant Beauvais. Les femmes combattirent sur les remparts avec une valeur héroïque , et contribuèrent beaucoup à repousser les assiégeants. Louis XI ordonna qu'en mémoire de cet ^vénement on ferait touts les ans une procession où elles auraient le pas sur les hommes. Depuis la levée du siège de Beauvais , les armes de Charles-le-Téméraire ne prospérèrent plus nulle part. Il fut tué en z477 > ^^ siège de Nancy, et le duché de Bourgogne fut réuni à la couroiine.
D. En quelle année mourut Louis xi ?
R. En i483. Quelques attaques d'apoplexie lui avaient annoncé le terme prochain de sa carrière ^ mais , comme il craignait extrêmement la mort, il essaya touts les remèdes imaginables pour sa guérison. U eut recours aux reliques. H fit venir de la Galabre un pauvre ermite, canonisé depuis sous le nom de saint
François^de-Paulen II se jeta à ses pieds , et lestmplia, en pleurant, <de demander à Dieu la prolongation de ses joars. Le saint liomme Texhorta à penser plutôt à purifier son ame qa'à travailler à rétablir un corps faible et use. Il mourut il soixante ans.
D. Quelle idée devons-nous avoir du règne de Louis xi ?
R^ Ce prince cruel fit mourir un très-grand nombre de citoyens par les mains des bourreaux. Les chroniques du temps comptent quatre mille sujets exécutés sous son règne, en publie on en secret. Il aimait sur «'tout à faire tomber les premières tétés de Tétat , afin de mieux contenir les grands. Le cannétable de Saint-Paul son beau-frère, le comte d'Armagnac , et le duc d~ Alenço», furent d^illustres victimes de sa justice sévère. Le duc de Nemours fut enfermé dans une cage de fer , et exécuté ensuite aux halles de Paris. Le roi fit placer sous Téchafaud les enfants de ce prince infortuné , pour recevoir sur eux le sang de leur père. Ces exemples^ terribles abaissèrent les seigneurs, et rendirent k couronne plus indépendante que sous ses prédécesseurs. Il mit , suivant lexpression de François i^' , les ^is kor^ de page. Nous lui devons Tétablissen^ent des postes , qui sont devenues une des
( '94 ) principales branches des revenus de Tëtat.
depuis qu'elles ont p^rtc les lettres des particuliers. Il avoit formé le projet de rendreles poids et les mesures uniformes dans tout le royaume.
D. Louis XI laissa-t-il de.s enfants ?
jR. Il laissa un fils qui lui succéda sous le nom de Charles yiii. Craignant que ce prince .ne lui causât les chagrins qu il avait causés lui-même à son père, il le tint dans Tobscurité et Vignorance. Il ne voulut pas qu'on lui apprît d'autre latin que cette maxime : Qui nescit dissimulare^ nescit regnare : Qui ne sait pas dissimuler, ne sait pas régner.
• CHARLES via , dit l'affable , CINQUAIÎTE*" SIXIÈME nOI DE FRANCE,
rdgna i5 ans.
(An i483.)
D. Quels furent les commencements do règne de Charles viu ?
Rf Ils furent très-orageux. Charles n'avait que treize ans lorsqu'il monta sur le trône.
Anne de France, dame de Beaujeu , sa sœur ainée, avait été nommée régente par le testament de Louis xi. Le duc d'Orléans (depuis Louis xn), qui prétendait au gouvernement, excita une guerre civile. Mais il perdit la bataille de Saint-^Aubin-du-Cormier ,
( »95 ) OÙ il fut fait prisonnier. Les troubles cessèrent alors. Le mariage de Charles yiii avec Anne de Bretagne dmenta la paix, et ajouta une grande province aux ëlals du roi de France*
D. Quelle entreprise importante tenta le roi Charles , «près son -mariage avec Anne de Bretagne ?
R. Il tenta la conquête du royaume de Naples , sur lequel il avait des droits. Il se mit h la tête d'une armée, et alla droit à Rome. Il entra dans cette ville à la lueur des flambeaux , et y exerça des actes de souverain. Le pape Alexandre vi , qui l'avait invité à la ^ conquête de Naples , s'était ensuite ligué avec ses ennemis. Charles allait faire le siège du château Saint-Ange, où il s'était réfugié. Le pape se soumit, donna au roi l'investiture du royaume de Naples, et le couronna empereur de Constantinople. Le monarque s'empara du royaume de Naples, et fit son entrée dans la capitale, revêtu des ornements impériaux, tenant le globe d'une main , et le sceptre de l'autre.
D. Les Français conservèrent-ils la con-
quête de Naples ?
R. Non. Les mesures de prudence et de sagesse furent oubliées. Tandis que le roi se livrait aux plaisirs , qu'il dornait des tournois et des fêtes , le pape , les Vénitiens, le duc de
la
( ig6 )
Milaa , le roi d'Espagne, l'empereur , formè^ rent une ligue pour lui enlever sa conquête.
11 partit de Naples avec huit mille hèmmes, pour aller chercher de nouvelles forces ep France. Les confëdërëk râttendaieni à Fornoue , près de Plaisance , avec une armée de trente mille combattants. Charles les défit en moins d'une heure. Les ennemie laissèrent trois mille hommes sur le diamp de bataille.
Les Français n'en perdirent que deux cents.
Cette victoire glorieuse ne procura d'autre avantage au monarque français qu'un retonr libre et sur dans ses états. ' Le royaume de Naples fut perdu en aussi peu de temps qu'il avait été conquis. Charles mourut en 1493) à vingt-sept ans. Ce prmce é^it doux, afiàble, et courageux. Il fut aniversellement regretèé.
D. Quelle oélèbre découverte fît«*on sous le règne de Charles vin ?
RI On fit d'abord la découverte d'un non-veau monde, que l'on regardait comme une chimère. Christophe Colomb eut la gloire de trouver VAmérique eni49%« D'un autre côté, les Portugais s'ouvrirent la route de l'Inde par le cap de Bonne-Espérance. Ces prodiges de navigation furent le fruttde la boussole, inventée par un Napolitain, vers la fin du i4* siècle.
Sous ce règne vivait en Italie le fameux Jean Pic de La Mirandole.