‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 20 sur 30 · CTNQUAIÏTE-SEPTIÈME ROI I>£ FRANGE · texte numérisé non relu

CTNQUAIÏTE-SEPTIÈME ROI I>£ FRANGE

régna 17 ans.

( An i4g8. )

D. De qui Louis xii était-il fils ?

R. De Charles » duc d'Orléans y et de Marie <}e Élèves» Charles tui étaht mort sans enfants, k due. d'Orléans lui succéda. Il était Igë de trente-six ans. Les preàtiers actes de son règne furent de diminuer les impôts, et de pardonner à ses à!memis« Le diic de Ja T remouille , qui Tavait fait prisonnier à la bataille de Saint- Aubin ^ «^raigùait son reaseatiment; il fut rassuré par ces paroles à ja** mais mémorables : Ce n'est point au roi de Frtmceàvengerlesinjuresduducd'Orléuns.

D. A qû6lle.princesseié.tait marié Louis xii, lorsqu'il monta sur le trône ?

R. Il était marié à Jeanne » fille de Louis xi ^ mais il Tavait épousée toalgré lui , etd'ailleuts eUe était stérile. Là roi avsût aimé autrefois

. ( '9» ) Anntî de Bretagne , qui était rentrée en posrsession du duché de Bretagne depuis la mprl de Charles Yiii. Le désir de réunir ce duché à sa couronne, e^t son ancienne inclinalioa pour Anne, portèrent Louis à demander au pape d'annuller son premier mariage. La sentence de divprce fut prononcée, et le roi épousa Anne de Bretagne. H prit, en r5i4, une troisième femme appelée Marie , fille de Henri vu, roi dAnglelerre.

D. Quelles guerres Louis xu eut-il à soutenir ?

R. Louis XII tenait malheureusement aux prétentions de Charles viii sur Naples , et il avait des droits sur le Milanez. Des espérances chimériques rengagèrent dans une guerre funesfce où la rapidité des succès fut suivie de promptes disgrâces. L'état de Milan fut conquis en vingt jours 5 mais , Tannée suii^ante, le duc était déjà rétabli. Une nouvelle armée française passa les Alpes. Leduc fut fait prisonnier, et amené ea France, où il mourut. Il restait à conqt»érir le royaume de Naples. Louis offrit à Ferdinandle-Catholique d'en partager la conquête. Celui-ci accepta la proposition, quoique Frédéric, roi de Naples , fût son parent. Gonzalve de Cordoue , surnaramé W Grand Capitaine ^

( »99 ) arrive sous prétexte de défendre Fr'^éric , -iî se joint aux Français pour raccab1v?i'.'Le mal^ heureux Frédéric succomba 5 il demanda un asile en France à Louis xii , qui lui donna le duché d'Anjou et trente- mille ducats de pension.

D. Le partage du royaume de Naples ne fit-il pas naître une nouvelle guerre entre Louis xii et Ferdinand-le-Càtholique ?

JR. Ouï. Ferdinand trahit indignement 1^ roi de France , son allié. Il s'unit avec le pape pour ôter à Louis ses conquêtes en Italie. Gonzalve de Cordoue, son général, gagna sûr les Français les batailles de Séminare et de Cérignoles. Le royaume de Naples demeura tout entier aux Espagnols^ Les Français fi* rent de vains efforts pour recouvrer ce paysk Louis termina cette guerre par un traité honteux qu'il fit à Blois. Il s'engagea à donner sa fille aînée à Charles d'Autriche , petit-fils de l'empereur Maximilien. La Bretagne, la Bour* cogne , Milan et Gènes , devaient'faire la dot ' de cette princesse , en cas que le roi mourut sans enfants mâles. Un tel démembrement eût été pour la France une plate mortelle.

Les étals-généraux, assemblés à Tours, prévinrent ce malheur. Ils représentèrent au roi qu'il n'avait pu faire un traité qui portait

( SIOO )

aUeia(e mx Iw da royaume par raliëaaâoa du domaine. L»e monarque se rendît aux re* prë^enlaiîoos des états, et donna sa fille à François , oomte d'Angonléme , Vhëritier présomptif de lacon^ronne.

D. Quelle entreprise tenta Louis xii , après Paasemblée deséUls*géaéraux de Tours ?

R* Il entra d^ns une ligue formée à Cambrai (i 508)9 entre presque toutes les puissances de FEurope» contre les Vénitiens.

Teniset enrichie par le commerce, s'ëtait agrandie aux dépens de ses voisîas. Qiacun se i^aigaait de quelque usurpation» et voulait reprendre sob bien. Le pape lança d'aborji eontre cette république des anathèmes terribles. Louis rassembla contre elle une armée formidable ^ et remporta une célèbre sriciloira à Agnadd. Quelques courtisans lui firent dee représentations sur le péril : Que ceux qid ont peurj répondlt^il » se mettent derrière moL La Trémouille ^ un de ses généraux» ranima le courage de quelques troupes pav cette apostrophe :. JEnfanis, le roi vous

VQit l Les Vénitiens étaienlperdus sans ressource»

si la division ne s'était mise entre les chefs

de la ligM» Le pape Jules n» après avoir

cditam f par les armes triomphantes de

Louis XII, à peu près ce qu'il voulait, «e ligua avec la Suisse, TEspagae, et rÂngle^ terre, pour chasser les Français de lltalie»

Le roi de France , trahi par le pape , lui fit la guerre sans succès. Le duc de Nemours remporta sur les Espagnols , à Ravenue , une victoire qui fut ijin malheur, puisqu'elle coûta la vie à ce vaillant prince , et que sa mort entraîna la perte du Milauez.

D^ Louis XII, après la perte du Milanez, n'éprpuya-t-il pas de nouveaux malheurs?

JR. L'empereur j le roi d'Angleterre, et les Suisses, l'attaquèrent à la fpis. Les Français furent mis en.d^route à la jourpée.de Guinegate , dite la journée des éperons^ parce que la cavalerie se servit plus de ses éperons que de ses armes. La perte de Térouaue et de •Touruay suivit. cette défaite. Mais le plus grand dapger était eu Bourgogne^ les Suisses assiégeaient Dijpia* La terreur se répandait dé]à dans Paris. La Trémouille , gouverneur de Bouxgpgnq , vint à bout d'engager les Suisses à lever le siège , en leur promettant tout ce qu'ils voulurent, et plus qu'on ne pouvait leur accorder. La;eour,annullaçç traité après en avoir recueilli les avantages. Cependant Louis XII avait 'besoin de la paix. Il s'accommoda avec les Suisses, traita avec le pape , fil

la paix avec les Espagnols , et contracta alliance avec les Anglais. Veuf d'Anne de Bretagne, il épousa en troisièmes noces Marie, sœur de Henri viii. Il mourut au bout de ;}rois mois de mariage, en i5i5, sans laisser d'enfant mâle.

D. Quel titre Louis xii reçut- il de la nation ?

R. Il en reçut le titre de père du peuple ^^ lé plus beau que les rois puissent mériter. Jamais il n'exigea de nouveaux subsides pour les frais de la guerre. Le bon roi avait pris Trajan pour modèle. Il aima particulièrement les lettres et Thistoire. Il s'attacha toujours à connaître et à récompenser le mérite. Sa mort fut un deuil général ; et le peuple en fut inconsolable. Les crieurs disaient le long des rues , en sonnant leurs clochettes : Ze bon roi Louis ^ père du peuple^ est mort. On n'oubliera jamais ces belles paroles, qu'il répétait souvent pour justifier son économie: « J'aime mieux voiries courtisans rire de mon « avarice, que de voir mon peuple pleurer (( de mes dépenses. »

Voici ce que Voltaire a dit de Louis xu :

Le sage Loais douze , au mîKea de ces raïs, .

SVlève ^mme an cèdre , et leur donne des lois.

Ce roi , qvCk nos aieux donna le Ciel propice ^ < '^

Sur son trône arec lai fit asseoir la Justice; Il pardonna soayent; il r^gna sur les cœors , £t des yeax de son peuple il essaya les pleurs. D'Amboîse est à ses pieds , ce ministre fidelle , Qui seal aima la France ^ et fot seol aimé d'elle i Tendre ami de son maître, et qui, dans ce haut rang, . "Ne sonilla point ses maios de rapine et de sang. O jours p 6 mœars, ô temps dVternelle mémoire ! Le peuple était henreox, le roi conrert de gloire, De ses aimables lois chacun goûtait les fruits. Rerenes , heureux temps , sous un autve Louis I

Hbhriadx , chant ti k

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