‹ Instruction sur l'histoire de France: augmentée et continuée jusqu'au règne de Charles X; etChapitre 2 sur 30 · DB LAQUELLE IL Y À EU YINGT-DEUX ROIS · texte numérisé non relu

DB LAQUELLE IL Y À EU YINGT-DEUX ROIS

PHARi^MOND , PREMIER ROI DE FRANC? 9

régna 8 ans*

(Ân4ao.)

D. Que sait-on de Pharamond ?

R. On croit communément que ce fut le premier roi de France. La plupart des historiens rapporke^t'quc ce prince, s*ëtant mis à la tête d'une Colonie de Francs , vint fonder, dans les Ga4i);ss;**<un -ÉjLjtt qui prit le nom de France (^n ^2*r]a^g«fela naissance de J. C,).

D. QrfajTpelefrfVÔiî&'Gaules?

/{. Les. â^a&S^. Comprenaient tout le pays entre ferRhm ;'l4s*^eux mers, les Alpes et les Pyrefeées. Lés 'Gaulois, peuple guerrier, avaient plus d'une fois fait trembler les Romains dans Rome même *, mais enfin ils furent contraints de céder , comme tant d'autres na-

. tions y à la valeur de ces conquérants redou-

. tables. Jnles-Cësar les soumit, et fît des Gaules une province de ce fameux empire dont la bataille de Pharsale le rendit epsuite maître ( quarante-huit ans avant J.-C.)

D. Jusqu'où Pharamond étendit-il ses conquêtes dans les Gaules ?

R. II soumit Tresses y dont il fit sa capitale, et porta ses armes victorieuses dans le pays voisin jusque près de la Somme. Les Francs^ pour reconnaître sa valeur, rélevèrent sur un bouclier ou ;7^w/j'^ et le portèrent autoitr du camp. Telle fut la cérémonie de son inauguration , en vertu de laquelle il fut reconna roi. On la pratiqua à Pégard de la plupart des rois de la première race... Pharamond mourut en Tan 4^8» après un règne de 8 ans.

CLODION , DEUXIÈME HOI DE FRÀTfCE ,

régna 20 ans.

(An 4a8.)

D. Qui succéda à Pharamond ?

R. Ce fut Clodion, sou fils, surnommé le Ckeçeluj ou parce qu'il avait beaucoup de cheveux , ou parce qu il les portait plus longs que les autres princes. Il se rendit maître de

(6) Tournay , de Cambray , et de plusieurs autres places. Mais il fut ensuite battu par Aëlius, .général des Romaius , et repoussé au-delà du Rhin. Voici le fait tel qu'il est rapporté par les historiens contemporains.

Clodion était occupé à célébrer les noces d'un grand seigneur de son armée dans un village nommé Éleua (c'est aujourd'hui la ville de LensJ. Déjà l'on conduisait la nouvelle épouse au lieu où le festin était préparé, lorsque les Romains parurent tout à coup sur un pont que l'on avait construit dans cet endroit. La surprise des Français fut si grande qu'ils ne purent se mettre en bataille. Les premières gardes furentpasséesaufil de l'épée, la mariée enlevée avec touts les préparatifs de la fête , l'armée dissipée, et toutes les conquêtes de Clodion perdues.

Le poëte (SidomusApotlinaris) qui raconte cette aventure, nous trace un portrait si avantageux des Français , que cette peinture mérite d'avoir place dans leur histoire. «Us ont,dit-il, « la taille haute, la peaublanche,lesyeuxbleus. « Leur visage est entièrement rasé, si vous (( en excepte^ la lèvre supérieure , où ils lais- « sent croître deux petites moustaches. Leurs « cheveux coupés par derrière , longs par de- « vant, sont d'un blond admirable. Leur ha-

(7) « bit est si court qu'il ne couvre point le ge- « nou: si serré qu'il laisse voir toute la forme « de leur corps. Ils portent une large cein* « ture où pend une épée lourde, mais extrait moment tranchante. Cest de touts les peu* « pies connus celui qui entend le mieux les « mouvements et les évolutions militaires.

« Ils sont d'une adresse si singulière qu'ils « frappent toujours où ils visent^ d'une légè«^ « reté si prodigieuse qu'ils tombent sur, leur « ennemi aussi promptement que le Irait' « qu'ils ont lancé contre lui*, enfin, d'une « intrépidité si grande que rien ne les étonne, « ni le nombre des ennemis, ni le désavana tage des lieux, ni la mort même avec toutes « ses horreurs. Ils peuvent perdre la vie, ja- (( mais ils ne perdent le courage. » C'est cette valeur indomptable qui détermina le victo* lieux Aëtius à leur accorder la paix. Il ne voulut point avoir pour ennemi un peuple qui comptait autant de soldats que de citoyens.

D. Le règne de Glodiom fut*ii de longue durée?

R. Clodion mourut après vingt ans de règne. On ne sait ni le nom de la reine son

épouse^ ni le nombre de ses enfants

Sous ce règne vécut saint Germain , évéque d'Auxerre , digne défenseur de la foi catho*

lique. La tradition est qu'il consacra à Dieu une jeune fille de Nanterre, nommée Gen^s^iès^ey dont la vertu éclata depuis par des prodiges sans nombre. Les miracles qu'elle opéra dans Paris lui méritèrent , dès son vivant , le glorieux titre de palrone de cette capitale de ï'empire français.

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