QUATRIÈME BRANCHE , DITE LA DEUXIÈME DES FJLOIS
FRANÇ0I9 i^^V SUNMMQmië LE GRàliD BT làB RB9-* TAUBATEUKBSS LETTRES, GlISQnAKTEHIÙITièlf S
ROI DE ITIUÏLNCE,
régna 32 ans*
(An i5i5. )
D. Qui fut le successeur de Louis xu i R. Ce fut François y comte d'AugocH léme , gendre de Louis xii, et arrièrepetit-fîls de ce duc d'Orléans assassiné par le duc de Bourgogne. La couronne lui appartenait en qualité de premier prince du sang t son esprit, ses talents, son courage, sa grandeur d'ame, le rendaient digne de la porter. Il n'avait que vingt et un ans lorsqu'il ceignit le diadème. Il fut sacré à Rheims. Il prit le titre de roi de France et de duc de Milan.
D. Qu'annonçait le titre de duc de Milan que prenait François i^'', en montant sur le trône ?
R* Il annonçait le desseia qu'avait ce
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prince de profiler des préparatifs faits par Louis XII pour uoe expéditioa dans le Mi* lanez. Le jeune roi passa le;9 Alpes, et arriva dans les {daines de Marignaa , où les Suisses, au nombre de trente -six nulle combattants, vinrent Tattaquer tout à coup, quoiqu'il né-* gQciât avec eux. Le combat dura deux jours.
François i^^^fit des prodiges de valeur. Il passa une partie de la nuit sur Taffut d'un canon , à cinquante pas d'un bataillon ennemi. Les Suisses furent complètement défaits, et lais* sèrent quatorze mille hommes sur le champ de bataille. Le vieux maréchal de Trivulce, qui s'était trouvé à dix-huit batailles, ap* pelait la journée de Marignan un combat de géants. Le roi voulut être armé chevalier dans le lieu même où il venait de remporter la victoire. Il choisit pour cette fonction glorieuse le célèbre Boyard^ surnommé le chevalier sans peur et sans reproche. Bayard le frappa isur le cou, du plat de son épée, en disant: Sire^ autant vaille que si c'était Roland ou Olimer^ Gode/roi ou Baudouin. Dieuveuille qu'en guerre ne preniez la fuite! LtfUilauez subit en peu de temps la loi du vainqueur.
D. Quelle guerre François i^f eut-il à soutenir après la victoii;e de Marignan ?
R. Il eut à soutenir une guerre longue et opiniâtre contre Charles- Quint, roi d'Es- . pagne et empereur. L'inimitié de ces deux princes vint de ce qu'après la mort de l'empereur Maximilien, ils prétendirent Tun et l'autre à l'empire. Charles remporta sur le ^roi de France. La guerre s'alluma bientôt entre les deux rivaux, et dura trente-quatre ans. Les suites en furent malheureuses pour la France, qui perdit le Milanez, et vit se réunir contre elle le pape^ l'empereur, le roi d'Angleterre, l'archiduc d'Autriche, les Vénitiens , les Florentins , et les Génois. Mais une confédération si formidable fut moins funeste au royaume que la révolte du connëtatble de Bourbon. Ce prince avait eu la principale gloire de la journée de Marîgnan. Loia de le récompenser comme il le méritait, on saisit toutes les occasions de le mortifier. La reine-mère lui fit des propositions de mariage, et essuya un refus. Outrée de dépit, elle jura sa perte. Elle lui suscita un procès, et obtint du parlement un arrêt qui mit touts les biens du connétable en séquestre. Bourbon , réduit au désespoir, se réfugia auprès de l'enK^ereur.
D. Quels sont les premiers événements de la guerre entre Charles-Quint et François i*?
JR. François icr envoya en, Italie unearmëe, dont il donna le camroandement à Bohnivet, qui n'avait guère que le mérite d'un courtisan. Blessé dès la première charge à la bataille de Rebec , il laissa la conduite de Farmée au chevalier Bayard , qui , après des prodiges d% valeur, se sentant blessé, se mit au pied d'un arbre, et mourut en héros, comme il avait vécu» Le roi, pour réparer les pertes qu'il avait faites en Italie, passa les Alpes, et reprit Milan. Il assiégea ensuite Pavie. Les ennemis vinrent lui présenter la bataille le a4 février i5i5; le monarque français l'accepta.
Celte funeste journée ressemble à celles de Maupertuis et d'Azincourt. Le roi, après avoir tuë de sa main sept ou huit hommes, fut fait prisonnier. L'armée fut taillée en pièces.
François i«f écrivit à la duchesse d'Angonléme, sa mère : Tout est perdu ^ hormis Chortneur.
D. Que devint la France après la bataille de Pavie ?
jR. La mère du roi gouverna le royaume avec beaucoup de sagesse. L'empereur proposa au roi des conditions que l'honneur ne permettait point d'accepter. Cependant l'ennui de sa prison et les dangers de la France déterminèrent François i«* à céder à Charles-
( '^o8 ) Quint la Bourgogne , la souveraineté çle la Flandre et de TArtois \ k renoncer à ses prétentions sur ritalie , et à promettre au connétable de Bourbon la restitution de ses biens. Le traité fut conclu à Madrid ; et le roi s'en^gagea à revenir dans sa prison , en cas qae la Bourgogne ne fût pas livrée à Tempereur dans six semaines. Ses deux fils aînës furent conduits en Espagne pour servir d'otages. Le monarque français, délivré de sa prison, refusa d'exécuter un traité qu'il prétendit lui avoir été arraché par la violence. Les états-généraux déclarèrent que le prince n'avait pas le droit de démembrer ses états. Les Bourguignons protestèrent qu'ils périraient plutôt que de passer sous une domination étrangère. On recommença la guerre.
D. Charles-Quint, en reprenant les armes contre la France , fut*il toujours soutenu par les mêmes alliés ?
Jî. Non. Le pape, le roi d'Angleterre, et les Vénitiens, l'avaient abandonné, et s'étaient ligués avec le roi de France pour chasser les Impériaux dç Tltalie. Le pape fut la victime de^cette ligue. Bourbon conduisit ses soldats à Rome. En donnant l'assaut à cette ville, il rççut uncoup mortel, et périt à l'âge de trente^ huit ans , avec toute la gloire d'un héros el
( ^og } toute rigaorninie d'an rebelle. Il avait lé^ moiga^ quelque compassion à Bayard, en le VK)yant blesse mortellement à la bataille de Rebec. Ce rfest pas moi qui suis àplaindre, lui dit le chevalier r^je meurs en homme de bien. Mais /ai pitié de vous ^ qui combattez contre voù^roij votrepatriCj vos serments. Un seigneur espagnoLmarqua lui-même le mépris^ quUl avait pour cet illustre rebelle. Il refusa de prêter son palais pour le loger. Je nepuis rien refusera votre majesté y dit-il à Charles- Quint \ mais je lui déclare que , si le duc de Bourbon loge dans ma maison ,/e la brûlerai dès qu'il en sera sorti, comme un lieu in^ Jecté de laperfidie^ etpar conséquent indigne d!être habité par des gens d'honneur.
D. La mort du oonnëtable de Bourbon sauva- t-elle Rome?
R. Non. Le prince d'Orange ptit le commandement de Tarmëe , et entra dans la ville, qui fut saccagée. Le pape fut fait prisonnier. JViais le vicomte de Lautrec, enyoyëen Italie avec des forces considérables, lui fit rendre la liberté.
D. Les rois de France et d'Espagne ne se lassèrent-ils point enfin de la guerre?
jR. Après des succès et des revers de part et d'autre , la pai» fut enfin conclue à Cambrai ,
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en 1529. Les plënipotentiaire^ furent la duchesse d'Angbulôme et Marguerite d'Autriche-, ce qui fit donner à celte paix le nom, de paix des daines. L'empereur se désista de ses prétentions sur la Bourgogne. Le roi de France renonça à la souveraineté de la Flandre, et promît deux millions d'écus d'or pour la rançon de ses enfants. Ils'engag^aussi à épouser Eléonore, veuve du roi de Portugal , et sœur de TEmpereur.
MaîsldpaixdeCdmbfainefut pas de longue durée. Le duc de Milan étant mort, François 1" prétendit faire revivre ses droits sur cet état. Charlês-Quint le trompa par de vaines promesses. La guerre se ralluma entre les deux •ouverains. L'empereur se flattait de pouvoir conquérir la France. Près d'entrer en Provence , dont la perfidie du marquis de Saluées lui ouvrait les portes , il demanda à un gentilhomme français combien il y avait de journées jtrsqu'à Paris. De journées ! répondit le Français : si par ce mot vous entendez des batailles ^je vous assure quiljen aura au moins unedouzainey à moins que les agresseurs ne soient battus dès la première. Le maréchal de Montmorenci sauva la Provence en évitant de hasarder une bataille. La belle armée de Charles-Quint fut bientôt -ruinée par la di-
setteetlesmaladies. Le roi traita avec le Turc} et la crainte de ce puissant allié contribua beaucoup- avec les succès de la France, à inspirer à Charies-Quint des sentiments pacifiques: On conclut à Hice une trêve de dix ans.
D. A quelle occasion la trêve de Nice futelle rompue?
jR. Les Gantois s'ëtant révoltés, Charles- Quint demanda à François i^ un passage en France pour aller cbâtier les rebelles. François y<;onsentit, à condition d'obtenir Tinvestilure du Milanez pour un de ses fils. Il reçut? Tempereur avec les^ plus grands honneurs.
Qiarles , à peine arrivé en Flandre , %i sommi de sa parole, répondit hardiment qu'il n'avait rien promis. Cette mauvaise foi excite le roi à la vengeance. Il met cinq armées sur -pied. Le comte d'Enghien remporta luie victoire mémorable k Cérisoles. Plus de dix mille Impériaux restèrent sur la place , et les Français ne perdirent guère que deux cents hommes.
La paix se fit enfin à Crépy. François i*' mourut peu de temps après, en iS^j , à l'âge de cinquante*deux ans.
D, Que doit-on penser de François i" ?
iî. Franchise , bonté , honneur, générosité , courage -j telles sont les belles qualités de
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François i*^. Témérité dans ks entreprises, négligence dans les affaires , légèreté dans la conduite , excè^ dans la dépense et dans les plaisirs \ voilà les défauts qu'oapeutjnstement lui reprocher. Son règne est Tépoque de plasieurs révolutions heureuses qui se firent dan$ Tesprit et dans les tnœars des Français ^ et dont la plus remarquable est le rétablissement des lettres. François i^ fonda le collège royal et Timprimerie royale^ T^es beaux-arts vin-* rent à la suite des lettrei- L^architecture déploya sa magnificence. On vit s'élever les châteaux de Fontainebleau j de Saint* Germain-en-Laie , de Chambord : le palais do Louvre &t commencé. Les femmes appelées à la cour adoucirent insensiblement la rudesse de mœurs naturelle à une nation guerrière.
D.^ Quelles nouvelles opinions religieuses sintroduisirent en France Sous le règne de François t^?
JR. Martin Luther, j^'Çune moine de Tordre des Augustins > Uiéologien fougueux et fanatique , attaqua fortement en chaire labus qu'on faisait des indulgences, les vices et les exactions de la cour de Rome; bientôt il enseigaa des hérésies, il s'érigea en réformateur du culte, de la discipline et de la morale; il rejeta la confession , l'abstinence, les .vœux
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monastiques* Il fut accueilli par pi asieurs puissances , qui ne tardèrent pas à &e séparer de l'église romaine. Après Luther, Jean Calvin, chanoine de Noyon, autre réformateur, prêcha une doctrine encore plus incompatible ayec là foi et les usages de Tëglise. H s'ëtaLIit à Genève , dont il fit le centre de isa secte. Les habitants chassèrent leur ëvéque , saint Fran*çois de Sales. Les ëdits sanglants que les rois portèrent contre les^ partisans des nouvelles doctrines ne servirent qu*à roidir les esprits , et à enfanter des milliers de sectaires. Les prétendus reformés reçurent les noms de protestants , de huguenots , etc.
HENfil II, CINQUAUTE-NEUVIÈMB ROI DE
FRANGE
régna la an».
(An i547*)
D- Qui succéda à François i* ?
R. Ce fut Henri ix, son fils. Il avait vingt*neuf ans lorsqu'il monta sur le trône. C'était un prince guerrier, mais peu propre aux affaires. Il aimait trop les plaisirs. Il se laissa dominer par Diane de Poitiers, sa maîtresse, qu*ilfît duchesse de Valentinois. Cette femme , âgée de quarante-sept ans, sut tellement
subjuguer le monarque, qu'elle gouverna le royaume sous sou^nom.
D. Quels furent les premiers événements militaires du règue de Henri u?
JR. Henri força les Anglais à lui rendre Boulogne, et fit avec l'Angleterre une paix avantageuse. U tourna ensuite touts ses efforts contre Charles-Quint. S'étant ligué avec les princes protestants d'Allemagne , il fondit sur la Lorraine, et s'empara rapidement de Metz, Toul et Verdun. L'empereur vint assiéger Metz avec la plus formidable armée qu'il eût jamais mise en campagne. Le duc de Guise i lui fit lever le siège, et sauva la France par cet exploit. Pour se venger de cet affront , Cbarks-Quint détruisit Térouanc. Henri usa de représailles, en ravageant le Brabant, le Hainaut, le Cambrésis. Il défit les Impériaux à la bataille deRenti, en i554, et chercha à , combattre l'empereur corps à corps 5 mais Charles Vévita. Enfin, l'épuisement des puissances belligérantes fit conclure une trêve de cinq ans à Vaucelles, en>i556.
D. La trêve de Vaucelles fut-elle exactement observée?
R, Non. Charles-Quint, dégoutédu trône, céda la couronne à Philippe n, son fils. Ce prince avait épousé Marie, reine d'Angleterre.
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Il se ligua avec elle contre la France. Une armée formidable pénétra dans la Picardie. Elle était cfommandée par Emmanuel Philibert, duc de Sayoie, Vun des plus grands capitaines de sqii siècle. Leeonnélablede Montraorenci hasarda une bataille, en iSSy, avecdes forces très-inférieures. Cette trop célèbre /awmeedte' Saint-Quentin couvrit la France de deuil. Le connétable et presque touts les ofHciers généraux furent faits prisonniers , la fleur de la noblesse fut moissonnée •, il ne resta presque rien de Tinfanlerie, Si Philippee ût marché droit* à Paris, il pouvait s'en emparer. Mais il s'obstina à prendre Saint-Quentin* Le courage des Frangeais se ranima*, le duc de Guise, rappelé d'Italie , reprit Calais , et obtint d'autres succès q ui devaient assurer à la France une paix avantageuse. Cependant Henri ii ne fit à Cateau- Cambrésis qu'une paix désavantageuse, appelée depuis paix maudite et malheureuse.
Il perdit par ce traité ce que les armes espagnoles n'auraient pu lui enlever après trente années de victoires. Par la même paix furent conclus les mariages d'Elisabeth, fille du roi, avec Philippe ii; et de sa sœur Marguerite avec le duc de Savoie.
D. Qu'arriva-t-il aux fêtes qui se donnèrent à l'occasion du double mariage conclu par le traité de Cateau^-Cambrésis ?
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R. Le roi, qui excellait dans les combats appelés tournois , voulut , à la fin des joutes , rompre avec Montgommeri deux lances qui restaient. Il fut blessé à Tœil d*un éclat de lance, et mourut deux jours après, en i55g , à Tâge de quarante et un ans. La reine Ca- ' theriné de Médicis ne pardonna jamais i Montgommeri la mort de son époux» Elle le fit condamner à mort en 1574) sous un antre prétexte. Sous le règne de Henri ii, le goût de la bonne littérature se perdit en France , et fit place à Tesprit de galanterie, qui ne produisit que des romans et des poésies licencieuses. La religion réformée continuadefaire des progrès. On faisait brûler les protestants sans miséricorde -, mais ces rigueurs redoublaient leur haine contre Téglise^ et les attachaient plus fortement à l'erreur.
Henri n laissa de Catherine de Médicis quatre fits , dont les trois premiers parvinrent successivement au trône. L*ainé lui succéda immédiatement sous le nom de François ii-