FRAI9Ç0IS II, SOIXANTIÈME ROI DE FRANGE
régna 17 mois.
(An iSSg.)
D. Â quel âge François 11 monta-t-il sur ie trône ?
jR. Il n*était âgé que de seize ans. Il avait
( ai^ )
i^pousë Marie Sttiart, reine d^Écosse, et nièce du âuic de Gaise et du cardinal son frère, qui prirent: un grand ascendant sur Tesprit du jeune monarque. Antoine db Bourbon, roi de Navarre, et Louis, prince de Condë, èon frère , en conçurent de la jalbusîe. Telle fut l'origine des? trou1)IeS et des guerres civiles . qui désolèrent bientôt le royaume , et dont la religion fut le prétexte.
D. Qu'eu ttepriretit les Caïvïnistes pour se dérober aux persécutions qu'on leur faisait éprouver?
jR. Ils formèrent le projet d'enlever le roi à Amboise , où était la cour ^ d'arrêter les Guise, et de leur ôter Je gouvernement; de mettre Condé à la tête de^s aflaires, et d'obtenir par un édit la libçrt^ de conscience.
Un gentilhomme, nommé i^a Menaudie^ était le chef apparent de la conspiration ^ et le prince de Condé en était l'ame cachée. L'ar* mirai de Coligny,: et d'Andelot, neveux du^ conuétable de Montmorenci , et partisans^ dé* clarés du calvimsm^ , eii< étaient les agents, les plus remarquables»
D. Quel fut 1§ §U|Qcèa de la conspiratiaO; d' Amboise ?
fi. Le. secrçt des copjuBés. fut trahi; le due de Guise fut fait lieutenant- général du
royaume; La Renaudie fut tué; le prince de Condë fut arrêté et condamné à mort : il allait périr sur un écliafaud lorsque la mort du roi changea la face des affaires, et sauva le prince. François n ne régna que dixsept mois. Le prince , infirme de corps , et faible d'esprit , mourut sans enfants, en i56o. Voltaire Ta très bien caraclérisé dans sa - Henriade , chant n : .
Faible enfant qui de Guise adorait les caprices , Et dont on ignorait les vertus et les vices.
CHi.RLKS IX , S01XA.NTE ET UNIÈME BOI
DE FRANGE
régna 14 ans.
(An i56o.)
D. Qui fut le successeur de François 11?
jR. Ce fut Charles ix, son frère , âgé de dix ans. Catherine de Médicis, sa mère t fut déclarée régente -, et le roi de Navarre , Antoine de Bourbon, fut nommé lieutenantgénéral du royaume. Le prince de Condé sortit de prison j et Marie Stuart , veuve de • François iï , fut renvoyée en Ecosse.
D. Quelle fut la politique de la régente Catherine de Médicis , au commencement du règne de Charles ix ?
fL Partagée entre deux factions , celle des
( aig )
Saurbon et celle des Guise j elle résolut de détruire Tune par Tautre^^par là elle alluma de plus en plus la gu^w civile. Voltaire noifs peint ainsi cette princesse. Cest Henrile-Grand qui raconte à la reine d'Angleterre les malheurs de la France :
Pcat-étre qoe, sensible à ces tristes récits, Voas me demanderez quelle, dtait Medicis :
Vons rapprendrez du moins d^une bonche ingdnue. Beanconp en ont parlé , mais pea Pont bien connue; Pen de son cœur profond ont sondé les replis. Pour moi nourri 'vingt ans à la cour de ses fils., Quî vingt ans sous ses pas yis les orages nattre, J*ai trop , Il mes périls , appris à la connaître.
Son «poux expirant dans la fleur de ses joorc , A son ambition laissait un libre conrs.
Chacun de ses enfants, nourri soos sa tutelle. Devint son ennemi , dés qu^îl r^na sans elle ? Ses mains autour du trône, avec confusion^ Semaient la jalousie et la division ; Opposant sans relAche , avec trop de pruilence , Ht les Gnise aux Bourbon , et la France k la France.; Toujours prdte à s'unir avec ses ennemis , Et changeant d^intéréts , de rivaux, et d*amis; Esclave des plaisirs , mais moins qu'ambit«cu»e; Infidelle à sa secte , et superstitieuse ; Possédant , en un mot , pour ne pas dire plus , Les défauts de son sexe, et peu de ses yertus.
D. Que fit Catherine de Médîcis en faveur des protestants?
A. Effrayée d'une ligue qu'on appela le triumvirat , et qui était composée du duc de Guise, du connétable de Montrnorehct, et du maréchal de Saint-André , la régente crut
( aao )
dfivoiff 8e livrer à Vamiral de CoUgny , qtA avait tout pouvokyparmii le» protestants. Il fit rendre , en janIR i56a , un écUl par lequel on accordait aui; huguenots la tibertë de conscience, à condition quHls.tiendTaûent leurs assemblées dans les faubourgs y et non
dans les villes.
D. L'édit de janvier, en i56a, rétablit- il
le calme dans l2^ France?
jR. Les troubles semblaient s'a^paiser, lorsqu'un événement imprévu ranima les haines. Le duc de Guiae passait pa^E ^fa§sy. Quelques personnes de sa suite ihsultéreni dés protestants rassemblés dans une grange. Des in^jiires on en vint aux coups; Le duc accourut pour faire cesser la quei^elle , et fut blessé d'un coup de pierrre'* Sjes.gens, furieux., firent main-basse sur les huguenots, dontils tuèrent un grand nombre. Ce massacre devint le îignal de la guerre. Gondë se met à la tête des religionnaires, et s'empare d'Orléans, dont II fait sa place d'ajrmea. Il traite avec la neine d'Angleterre,, etU>i livre le Havre pour acheter son secours.
D, Qi} se dopn^ Ja première l)à,taïlle rangQç exi^re les. prQtestaojts et les çath^iqqfiç ?
RuÇ^ ftit à. Dreux, en iSii^^ VaUair^.dit de Catherine de Médicis :
( aaï )
Elle aitea le coarront de ésnx sectes livales : Dreux ,qtti vit déployer leurs enseignes fatales t Fut le tLëâlre affi'eux de leurs premiers exploits.
Hene., chant If.
Ce qu'il y eut de singulier dans cette journée, ce fut la pri$e des deux généraux, le prince de Gxndé et Je connétable de Montr morenci. Le maréchal de Saint- André y périt. Les royalistes remportèrent la victoire. Elle augmenta La réputation du duc àe Guise,, qm se fit encore plus d'honneur |>ar la manière dont il traita Condé, son prisonnier. Touts deux couchèrent dans le même lit.
Db Qu'entreprit le duc de Guise, après la victoire de Dreux ^
R. Il vint mettre le siège devant Orléans; et il était près de se rendre maître de cette ville, lorsqu'il fut assassiné par Poltrot, jeune gentilhomme protestant. Poltrot, arrêté aprè« son crime , accusa l'amiral de Goligny de l'y avoir sollicité. L'amiral cria à l'imposture; mais le jeune duc de Guise conçut dès ce moment le dessein de perdre Goligny , pour venger la mort de son père.
D. La mort du duc de Guise amena-t*elle la paix dans le royaume ?
jR. Un édit de pacification calma ou plutôt suspendit un peu les orages» H confirmait
( araa )
la liberlë de conscience. On profita de ces moments de tranquillité pour reprendre le Havre aux Anglais. Le roi fut déclaré majeur à treize ans et un jour. Catherine de Médicis fît commencer le palais des Tldleries^ ainsi nommé du lieu où il est bâti , parce 'qu'on y faisait de la tuile. Cependant les protestants ne tardèrent pas à éprouver de nouveaux sujets de mécontentement. Ils reprennent les armes. Condé entreprend d'enlever le roi à Meaux , et n'y peut réussir. Il est attaqué àxSaint-Denis par le connétable de Montmorenci, qui gagne la bataille, et périt en triomphant.' Le duc d'Anjou, frère du roi , âgé de dix-sept ans, succède au connétable dans le commandement général des armées. La paix se fait à Lonjumeau, eii i568. On accorde, pour la troisième fois, la liberté de conscience aux protestants.
D. La paix de Lonium%au fut - elle de longue durée?
R. Elle ne dura que six mois, et c'est pour cela qu'elle fut appelée la petite paix. Catherine de Médicis , croyant les chefs des protestante endormis sur la foi des conventions réciproques , voulut les faire arrêter. Condé étColigny, informés de son dessein, se réfugièrent à la Rochelle. La guerre civile re-
' commença J Deux grandes armëes fVançaîâes se livrèrent bataille à jarnac, en iSôg. Lfe duc d'Anjou remporta la victoire. Le prince de Gondé fut tué de sang froid par .Monter quiou, après avoir rendu les armes. Il avait combattu , ayant le bras en écharpe et une blessure à la jambe.
O plaines de Jamac ! ô coup trop inbamaîn !
' Barbare Montesquiou , moins guerrier qu'assassin ! Gondé, déjà mourant, tomba s6as ta furie.
HiHB. , chant, n.
D. Quel chef se donnèrent les? protestants',
• après que le prince de Condé eut été tiié ii. Jarnac?
* R. Ils choisirent Henri, prïrice de Bëarn (depuis Henri iv), fils dti roi de Navarre*, Antoine de Bourbon, qui avait été tué au siège de Rouen. L'amiral de Coligny dirigea ce nouveau chef , à peine âgé de seize ans.
Le combat de 1k Rôche^ Abeille fourhit an jeune prince Foccasion de se faire connaître. L'amiral lui dut en grande partie Tawntage qu'il y remporta sur le vainqueur de Jarnac.
Mais celui -cî attaqua bientôt l'armée des protestants à Moncontour^ et la défit complètement. Coligny, toujours ferme et redoutable dans le malheur, était encore en ^tat de résister à la puissance royale. Gai-
iheriQ/e de JM^ëdicis.; n^e poiivwt détruire les prote^^Unts par Ja ibrqe des armes, résolut d'employer cojqJtre.eiH la perfidie» Chitrles », imbu ae ses waûmes^ exercé à la disâimulalion, ençlm à la cruauté, seeooda pariaitemeat soQ.deâseiu. La paix lut faite à Saint- Germain-en-Laie , aux qouditions IçiS plus avantageu$es pour les protestaata« Le roi donna sa sœur Marguejdte m m^iage au prince de B4?rj». CoUgny fut^ttiré à la coût, et reçu gvep i^s plj» grands témoignages d'amitié. EnjEln la reine -mère «t son barbare £ls ofdpvuaèrerit Thorrible massacre de la Saint'Barthélemi.
. D. Racojutes succinctement Thistoire da masisacce de la 3ajJit-Bartkélemi.
M* Les principaux chefs d^^ protestants se iromvsint assemblés à Paris , k roçcasioa du >n<^nage ^lu prinee de Béarn, déclaré jhm 4e Navarre I la cour cixgmt ce^* temps pour les faire përjr. La veiUe de la Saiot^Barthélemi , eniS^p^, ti>utes leamaisi^ns des religioanair(3s fiMreat iorcées pendant la nuit. Coliguy foi une des prfsmièf es victimeis. Guise , son e^uemi martel, fit lui-même enfoncer sa porter e|t Besme^ domestique 4u due^ porta le premier OQup. Ua^ fouU de seigiléurs et d^ gentiUbommes furent égorgés jusque dans
h Louvre, Les cathoUqtlës relfiplirent Parisr de dâfnagé. Enfânti, vieilhirdâ, fetntnes grosses, tout fut cmifotidù sous le fer des assassiusi Gbarlès ix tira loi-méme avec une lôûgue arquebuse sur lés tnalheureux qui pre« • naleut la fuite. Le roi de Navarre et le prince de Coude n'évitèreiait la mort qu'en abjurant le calviniâmie. Paris lie fut pas le seul théâtre de ce carnage* L'ordre de massacrer les hu^ guenots fut envoyé -par tout le royaume , et exécuté en plusieurs endroits avec là même fureur. Mais plusieurs cOiumandantis de pro* vince refusèrent courageusement d'obéir au roi. Le vicomte d'Orthe écrivit au monarque qu'il n'avait trouvé à Bayonne qtle bons cetojrens et fermes soldats , niais pas un bourneai^. L'évéque de Lisieux^ Jean Hennuyer^ dit au lieutenant du roi qui vint lui communiquer l'ordre de la cour : î^ous rte Fexé^ cuterez point : ceux que vous voulez égorger sont mes brebis : ce sont , il est vrai , des brebis égarées^ mais je tras^aille à les faire rentrer dans la bergerie. Cet acte d'humanité changea tellement le cœur'deë calvinistes de «on diocèse , qu'ils vinrent presque touts faire abjuration entre ses mains.
D. Quel fut l'effet de la Saint - Barthélemi?
( vt%6 )
Jff. L'effet de celte horrible exécation fut précisément le contraire de celui qu'on en avait espéré. Au lieu d'écraser le calvinisme , elle rendit ses partisans plus furieux. Une quatrième guerre civile s'alluma. Elle ne fut point avantageuse aux catholiques. Le duc d'Anjou perdit près de vingt -quatre mille hommes au siège de la Rochelle , qui soutint neuf assauts, et obtint une capitulation favorable. La petite ville de Saucerre ne $e défendit pas avec moins de courage et de succès. Après sept mois de siège, elle ne se rendit qu'en se faisant accorder la liberté de conscience. Cependant le duc d'Anjou fut élu roi de Pologne. Le duc d'Alençon, autre frère du roi, esprit inquiet et inconsidéré, se mit à la tête d'une faction qui voulait réformer le royaume, et abaisser les Guise.
Les protestants y entrèrent , ainsi que le roi de Navarre et le prince de Condé. Le roi termina sa carrière au milieu de ces troubles, sans laisser d'enfant mâle. Il était âgé de vingtquatreans. Depuis la Saint-Barthélemi , il avait toujours été malade. Il mourut tout baigné dans son sang, qui lui sortait par les pores ; ce qui fut regardé par les religionnaires comme un effet de la vengeance divine. Voltaire- met ce discours dans la bouche de Henri iv :
(!ia7)
: Dieu , déployant lar lui sa Traf^eance scVère i Marqua ce roi mourant du ttceau de sa colère , « £t par 801^ châtiment voulut épouvanter Quiconque h Favenir oserait Pimiter.
Je le vis expirant. Cette image effrayante A mes yeux attendris semble être encor présente. Son sang, à gros bouillons, de son corps e'iancë, Vengeait le sang français par ses ordres verse : il se sei^tait frappe' d'une main invisible; £t le peuple, etounë de cette fin terrible , ï'iaîgnit un roi si jeune et si tât moissonne'. Un roi par les me'chants dans le crime entratncf.
^ Hehr. y chantilly
D. Quelle singularité remarquable offre le règne cruel de Charles ix ?
R.fCest sous ce règne que nos plus sages lois prirent naissance. Elles furent Touvrage du zèle et de la sagesse de Timniortel chancelier de t Hôpital. Un ëdit donné à i{oi^^///on, en i564, fi^"^ 1^ commencement dç Tanné -^ au i^*" janvier, au lieu qu'elle ne commençait auparavant que le samedi saint après vêpres.
Jacques Amyot, le poëte Ronsard et Michel Montaigne florissaiënt sous Charles ix.
Amyot fut même précepteur de ce mona^rque.
B est principalement connu par sa traduction des Œuifres dePlutarque^ dont les expressions , dit Racine, ont une grâce, dans le vieux style du traducteur, qu'on ne saurait égaler dans notre langue moderne. On a de
AùMàtd wH pùemjè intittité ta Frànciade , des odes et des sonnets. I^e philosophe Monr taigne nous a lai^4 des Mssais que 1« car-* dinal du Perron appelait le Bréyimredes hon^ nêtes gens. Us sont écrits avec beaucoup d'esprit j de seoi et de pën^traliaa ; le style en est naturel, naïf^ agréable; mais la religion et les mœurs n'y sont pas assez respectées.*
HENai m, SOrXANTE-DEtJXIÈME ROt DE FRAIiCE^
régna i5 ans.
«p (An i5740
p. Qni succéda à Charles i3£? '%
R, Ce fut Henri III, sonfrèna, auparavant duc d'AnjiHi. Il s'était couvert de gloire aux journées de laroac et de Moncontour, et il occupait depuis, trois mois le trône de Po-* }pg43i€i. Ayant Appris la mort de Charles ix, il abandonnai seorètement les Polonais; pour venir régijiei! eft France. L'empereur et les Yéuitiena l'engagèrent , à son passage , k traiter les. protestants avec douceur. Mais arrivé en France , il se déclara pour les voies d$, rigçieur , .comme il avait fait au temps de là jSaint^Barthélemi. Les calvinistes se révol* tèFent. Le duc d'Alencon, frère du roi, se mit à. là tête; le roi de Navarre et le prince
de Omdé Miracièrent rabjnrâtîoii qu'ion lear avait iirraebëe som \e denrier règne , et se dëelftfèr^it pour les rebelles. Une armée allemande vint grossir et fortifier ce parti. La cour sentit la nëcessitë de la paix, et ac* corda ^ par le traite de Nërac y les plus grands avantages aux protestants* •
D. Quel fut reflet de la paix de Néme ?
A. Elle révolta les catholiques. Il se forma alors une conitédération dangereuse , sous le nom de sainte ligue ^ dont le prétexte était la défense de la religion. Henri, duc ^^uise, surnommé le Balafré^ en était le conduc-»
teurjlÉcreL Le roi, pour diminuer le crédit du duc, crut devoir se déclarer lui-même ^chef de la ligue. Il révoqua Tédit accordé aux calvinistes, et fut bientôt obligé de leur donner de nouveau la paix. Le duc d^Alençon mourut, et le roi de Navarre devint par là Théritier présomptif de la couronne. Alors les ligueurs gémirent plus que jamais sur les dangers de Vëglise , sur les triomphes certains de Fhérésie, si un prince hérétique parvenait au trône. Le duc de Guise, qui aspirait \' la royauté, sut couvrir son ambition effrénée , en mettant à la tête de ïa ligue le vieux cardinal de Bourbon , oncle du roi de Navarre, ^a cour d'Espagne se déclara pouir
(îr3o)
les lîgaeurs, et le pape SixIe^Quint excôm-^ munia le roi de Navarre et le prtiice de Condé, et les déclara déchus du droit de succ^sion à la couronne. ,
D. Quelle conduite tenait Henri m au milieu de touts.les troubles de la France"?
R. Henri iit n'était roi que de nom. Âù lieu de s'occuper des affaires de Tétat, il se plongeait dans la mollesse. Il se livrait avec ses favoris, qu'on appelait les mignons j à toutes sortes de débauches. Il mêlait la religion^ ses dérèglements. Il faisait, des retraites , des pèlerinages et des processions où il se montrait au public sous un sac dtl^[>âiitent. Voltaire dit :
Ce notait plus ce prince environne de gloire, Aux combats clés Penfance ipstruit ^ar la victoire ; Tel brille aa second rang , qui sVclipse au premier ; 11 devint lâcbe roi d^intrépide guerrier.
Endormi sur le trône, au 6eia de la mollesse^ Lto poids de sa couronne accablait sa faiblesse. Qu«lus et Saint-Maigrin , Joyeuse et d^Epernon , Jeunes voluptueux qui régnaient sous son nom , D^un maître efféminé cormpleurs politiques , Plongeaient dam les plaisirs ses langueurs léthargiques. «
Uebr. , chant i^^.
D. A quelle extrémité fut réduit Vindolent Henri m ?
R. Il fut forcé à prendre, les arme» contre f héritier présomptif de la couronne et contre
les protestants. Cette guerre fut appelée la guerre des trois Henri ^ du nom commun aux chefs, le roi de France, le roi de Navarre , et le duc de Guise. Henri m confia le commandement d'une arraëe au duc de Joyeuse , Tun de ses favoris. Ce seigneur fut défait par le roi de Navarre , dans les plaines de Coutras , en 1 587 . Joyeuse y perdit la vie.
Pour moi , dans les horreurs d^une méice affreuse , J'ordonnai, mais en vain, qa^on epargn&t Joyeuse. Je Papcrcus bientôt porté par des soldats, Pâle, et déjà couvert des ombres du trépas.
Telle une tendre fleur, qu'un matin voit éclore Des baisers du zéphyr et des pleurs de Taurore, Brille 4B moment aux yeux , et tombe avant le temps Sous le tranchant du fer ou sous J'eifort des vents.
Heur., chant m.
D. Les armes de Henri m étaient-elles par-tout aussi malheureuses qu'à Coutras?
R. Non. Le dac de Guise remporta de grands avantages sur les Allemands. Mais ces succès ne firent qu'accroître son audace. Il vipt à Paris , contre la défense du roi , qui fut obligé de prendre la fuite. Cette journée fut appelée la journée des barricades. Le duc de Guise dut ce triomphe sur son souverain à une nouvelle ligue formée à Paris, sous le nom des Seize y parce que ceux qui la composaient étaient distribués daiïs les seize quar^
liers de Paris. Elle avait le dessein^ noa^ seulement d'assujettir le roi 4 mais encore de le détrôner. Henri m se décida alols à faire périr le duo de Guise, i^ cour se trouvait à Blois , où les états-généraux étaient assemblés. Henri m j fit assassiner le duc de Guise, ainsi que le cardinal son frère.
G*e8t ainsi <|q« mourut ce sa jet tont-ptnss&nt, De vices, de vertas , assemblage ëclatant.
Le roi, dont il ravit Paatoritë suprême, Le souffrit l&chemeot, et s*eu vengea de même.
Hehr., chant ni.
I). Celles furent les suites de la mort du duc de Guise ? fj^
R, Tout Paris fut en feu. Les Seize sabandonnèrent aux derniers excès. (Achille de Harlai^ premier président du parlement, fut conduit en prison. Tout le parlement le suivit. Le duc de Mayenne, frère du duc de Guise, est déclaré lieutenant-général de la couronne de France. Dans cette crise effrayante, Henri m se réconcilie avec le roi de Navarre.
Les deux rois vinrent assiéger Paris avec une armée de trente mille hommes. Ils étaient campés à Saint-Cloud. Un jeune prêtre dominicaiui nommé Jacques^Clément^ s'y rendit le i^ août 1589, ^^ ^^ fi^ présenter au roi, sous prétexte d'avoir des choses essentielles
( »33 ) à lui cpmmuntquer* U iui.pkmfea son cou* ieau dans le ventre avec tout le sang froid d'un.sâëlérftL Henri iii mourut le lendemain , âgé de trente-huit aus , entre les bras du roi de Navarre, qu'il appelait son frère et son successeur. JUa race des Valois ëlant éteinte , la couronne lui appartenait comme au premier prince du sang.
Le religieux parricide périt sur le cbamp, percé de coups. Il fut honoré à Paris comme un saint. On le comparait, dans les chaires, à Judith qui avait abattu la tête d'Holod|erne \ on exposa son image sur les autels. G est ainsi qu'on oulra|;eait la religion « sous prétexte de la défendre.
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