DONT IL Y A EU HUIT ROIS
HENRI IV, dit LE GR4lÎ<D, SOIXAKTE- TROlsrÈME ROI DE FRA.NGE y
régna 21 ans.
(An 1589.)
D. Quelles difficullds ëprouYa Henri, roi de Navarre, pour monter sur le trône de France ?
R\ Quoique ses droits fussent incontestables, cependant la plus grande partie de la France refusait de le reconnaître , parce qu'il était calviniste. Le duc de Mayenne, chef des ligueurs , fit proclamer roi le vieux cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X. Henri fut obligé de recourir aux armes pour conquérir son royaume.
D. Quels furent les premiers exploits de Henri , roi de Navarre , devenu roi de France ?
R. Abandonné de la plus grande partie de
sron armée, qui, aii domméncement du sfëge de Paris, était forte de trente raille hommes , et se trouvait alors réduite à cinq on six mille, , Henri se retira vers Dieppe. Mayenne le poursuivit avec des forces trois ou quatre fois plus considérables. Le Béarnais ( c'est le nom que la ligue donnait au monarque ) ne pouvait, disait-il, lui échapper, à moiiiil de se jeter dans la mer. La bataille d^Ar^ ques ^ en septembre iSSg, confondit celte orgueilleuse espérance. ' Le roi , ^vec sa petite armée , défit les rebelles. Après cette affaire ,^1 écrivit à Grillon : Pends -toi ^ brave Grillon; nous awns combattu à Arques , èé tu ri f étais point\tV^tïnée suivante , il remporta une victoire complète à I^ri. C'est là qu'avant Faction il dit aux troupes ces belles parofes : Enfants ^ si les cornettes vousjnuznquent^ ralliez-vous à mon panache blanc; nDous le trouverez toujours au chemin de Vhonneur et de la gloire. La clémence du vainqueur releva la gloire de son triomphe^ Sauvez les Français! s'écriait-il après l'action. La description de la bataille d'Ivri est un des plus beaux morceaux de la Henriade. Elle commence ainsi :
Près des bords de Piton et des rives de TEure, etc.
HxHK. , chant V4U..
D. Qae fit le vaUknA Hearî^pràfi.UîaitpnëQdIvri?
R. il vint former le J;Jaciita4e Paris. Il s'était rendu maître de touts les |Kissâges , êl rien ae ipouvait plus entrer dans ceUe capitale* La Famine devint a€reii6e« Oa £ak réduit à pulvériser les os des morts pour eti.lair« du fHiîn. B^s mères dévorèrent mêlM leors en- ÙM6w Uenri^ par un eacè$ de ]>of|të| permit qoe les bouches inutiles sortissent de la vlUew U souffrit mémeque ses offîiûers et seâ soldats fisseut entrer des rafraîchissements «pour leurs amis. J'aimerms me2/^> disait*il ^rCeundr point de Paris j ^ue de toMoir ioiU ruiné par la mf>rt de tant de personnes. Cette fénérogité lui fit perdre le fruit de s^s travaux. Phi* lippe II, roi d'Espagne, eut le temps d^envoy^ du secours aux Parisiea&. Le duc de Parme fit lev«r le siège de Paris. Henri iv, au dése^ir, lui présenta la bataille^ mais rhabiie général sut Téviter^
D. Que devint Henri iv après Ja délivrance de Paris?
IL II se trouva dans une situation des plus déplorables. Son armée , découragée , manquait d'argent, d'habits , de nourriture. Il fut obligé lui-même de recourir un jour , pour dîner, à la table du surintendant des finances.
C «37 ) Uit ennemi étranger aagmenta les malhetirii publics. Le dac de Savoie vmikt enrahir le Danphinë et la Provence. Les4igaières , grand capitaine , aanva le Danphihë^ mais la PhH vence reent le due, et le parlement d'Aix le déclara lieutenant '^ général sôus la couronne de Ftnnee. Le pape Grégoire xiv, deson cété, ordonn9^9 soiis> peine d'excommnnication, de quitter le parti d^un ^innerehérétiquey relaps ^ ^ pfwé de t^uts ses* domaines. Il envoya même des ironpes êfe de Tangent aum liguenrs* Le roi d'Espagne se flattait d^nsarper la France^ comme il $*ëtait emparé dû Portugal. Les Seize entraient dans ses vues.Ces fouguent rebelles-y ne connaissant pins âSo frein, allèrent jusqu'à vouloir maU^riser le duc de Mayenne. Geluicî livra au bourreau quelques-uns d^ plus furieux , et réprima cette faction détestable, dépendant Henri , ayant reçu: des secours d'Angleterre et d'Allemagne^ entf éprit le siège de Rouen'^ mais le duc de Parme vint Picore au secours de cetHe* ville , et la déliTra!.
D. Quel parti le- roi Henri- orot^il devoir prendre aprèsqu'il eut été forcé ^ le duc de Parme à lever le siège de Rouen ?
JS. Il &llait se résoudre, ou^à faire éterael* lement la guerre , ou à changer de religîan.
Laa-états-générausv aSsseikiblés à Paris, élflient
près d'élire un roi. Il y avait quelque temps que le vieux cardinal de Bouvbon n'était plu$. Philippe 11 demandait qu'on mît sur le trône rinfante d'Espagne, qui épouserait le jeune duc de Guise« Mayenne , voyant que ni l'Esr pagne ni la ligue oe pensaient à lui donner la couronne , résolut de la faire placer sur la tête de celui à qui elle^Appartenait, Le paiiement sortit de sa léthargie , et rendit un arré pour le maintien des lois fondamentales du royaume , et « pour empêcher que , sous prête texte de religion , la couronne ne fût trans^ « Xérée en mains étrangères.» L'Espagnol, dé^. concerté par cet arrêt, le fut bien davantage par la conversion >de Henri ly. Ce prince, après avoii* -conféré un ou deiïl jours avec des évéques, se décida à embrasser la religion catholique , et fit son abjuration à Saint-Denis , entre les mains de l'archevêque de Bour*g^es, qui lui donna l'absolution de toute censure. Les Parisiens accoururent en foule à cette cérémonie, quoique le légat eût défendu d'y assister, «ous peine d'excommunication.
R. Quels événements suivirent la conversion de Henri iv ?
R. Les bons Français en conçurent la joie la plus vive 5 mais l^s ligueurs n'en furent SPie plus animés contre Henri. Un jeune ba-
telier , nommé Barrière^ avait forme le dessein de Tassassiner. Arrêté et mis à la question, il nomma plusieurs prêtres ou religieux qui rayaient exhorté à cet attentat. Barrière fut tiré à quatre chevaux , et le roi ne permit pas qu'on recherchât les complices. Cependant la ligue perdait touts les jours de son crédita La s2ii\Te Ménippée ^ en la rendant ridicule « lui porta un jcoup mortel* Le roi se fit sacrer à . Chartres ; Paris lui ouvrit ses portes en i594*, Henri iv y fut reçu au milieu des acclamatioas« Les Espagnols, le légat du pape et Mayenne furent obligés de fuir. Les provinces suivirent l'exemple de la capitale. Les ligueurs eux-mêmes se soumirent. Cependant Jean Chdtel ^ jeune fanatique « frappa le généreux monarque d'un coup de poignard. On arrêta Tassassin, qui, dans^on interrogatoire, chargea les jésuites de Tavoir égar^ par leur docitrine abominable du tyrannicide. Cette déclaration, jointe aux écrits séditieux que Ton trouva chez le jésuite Gui gn^rd, détermina le parlement de Paris à bannir du. rx>yaume ' la société des jésuites. Châtel et Gpîgnard moururent d'une mort infam^. Deux ans après son entrée à Paris , Hep ri reçut soiji abso) n Jtion I de Rome.
P^ Henri iv , après sa réconoiliaiion av^c
Rome, ettt^n encore qtiel({aes ennemis à corn* battre?
R. Da petit nombre de seigneurs qui persistaient dans la rébellion, le duc de Mayenne était le plus dangereux et le plus coupable.
Philippe nie soutenait toujours; fienri déclare la guerre à PEspagné , et va combattre Mayenne dans son gouvernement de Bour- 'gogne. II rencontre une armée Espagnole à Fontaine-Française ^ et la bat avec dés forces bien iuférieures. Mayenne se coumit en 1596. Les Espagnols prennent Amiens par ruse. Henri iv reprend cette ville la même année , et la guerre avec TEpagne se termine par la paix de Vervins', en i5g8.
D. Que fit ffenri iv, lorsqu'il fut devenu paisible possesseur de son royaume?
iî. Il donna le femeux ëdit de Nantes , par lequel il accorda aux protestants liberté entière decottsciencç; exercice public de leur religion dans plusieurs villes , faculté de posséder tîntes sortes de charges et d^emplois , des places de suretié ,* et des, pensions pour leurs ministres^. Le& jésuites furent rappelés. Henri ne songea plits ensuite qu'à gouverner ses^sujélts^en pêré. La France recueillit, au sein de la paix , les fruits d'une sage aduiitiistratiom La justice , Técduornie, les arts ^ lé'com-
merce^ Tagricalture, rëfiarèrent les anciens malheurs.
D. Qtkeà grand ministre aida Henf i it à faire le bonheiir de son peupft?
E. Ce fut le célèbre duû de Sully, homneie d'un génie extraordinaiTe, d'une ame aussi belle que celle du grand monarque dont il mérita d*étre Vami ; accoutumé dès Tenfance à taats lès genres d'héroisfiiey et qui, dans Tintervalle de quinze ans que dura son ministère, augmenta \es revenus de la couronne de quatre miUîotas , malgré la diainotion considérable des tailles et des impôts, et le paiement de toutes les dettes de Féfat, qui se montaient à doux cents millions. Les financiec6 dontil arrêta lesdéprédations , devinrent ses ennemis et travaillèrent à le perdre. Peu s'en fallut qu'ils n'y réussissent. Le ministre , di^k p(r4^8que disgradé ; eut un entretien avec le roi , et touts les nuages furent dissipés. En épargnant tes finances , Henri iv trouva encore de quoi élever de superbes édifices. La galerie du Louvne 0t le Pont-Neuf sont ses ouvrages, il commença le canal de Briare, qui joiiit la Seine à la Loire*
D. Quel exemple de sévérité le bon Henri se vit41 obligé de donner dans la personne d'un de ses anciens serviteurs ?
R. Le marëchal de Biron , qui passait pour le plus grand général du royaume, et dont le corps était couvert de cicatrices honorables » souilla sa gloire en^raitant avec le duc de Savoie et avec FEspagne. Henri, qui avait des preuves certaines de son crime , ne demandait qu^un aveu pour lui pardonner. La fierté hautaine et inflexible du coupable obligea le monarque à faire un exemple. Biron fut condamné à perdre la tête.
D. Qu'est-ce que Henri iv fit encore de remarquable, après la mort du maréchal de
Biron?
jR. U termina un démêlé entre Rome et les Vénitiens. Il ménagea un traité entre TEspagne et la Hollande. Par ce traité , les Hollandais furent reconnus libres et indépendants. Il avait conçu le projet de faire des principaux états de rEiirope un porps/édératif, qui aurait ses lois, son conseil, ses armes, et. dans lequel on maintiendrait l'équilibre en s'unissant contre ceux qui voudraient le rompre. Il . se disposait À rédpire à de justes bornes la puissance, autrichienne, IVIais il voulait laisser, en son absence , la régence à Marie de Médicis, qu'il avait épousée, après avoir répudié Marguerite de Valois . Pour assurer plus de respect à cette princesse, il la fit
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sacrer et couronner. Les àéhis qu'occasionna cette cérémonie causèrent la perte du meilleur des rois.
D, Gomment mourut le bon Henri nr ?
R. Un scélérat, nommé RapaillaCy poussé par le fanatisme , méditait depuis long-temps le parricide. Henri se rendait à l'arsenal, où était logé le duc de Sully. Un embarras arrête sa voiture dans la rue de la Féronnerie , qui était alors fort étroite. Rayaillac monte sur une des roues , et plonge son couteau dans le cœur de Henri rv. Ainsi mourut ce prince, en 1610, dans la cinquante-septième année de son âge.
Legouvé a donné, en 1806, une tragédie intitulée la Mort de Henri IV. Sully raconte ainsi à la reine la consternation et le désespoir du peuple, en apprenant la perte de ce prince, qu'il regardait comme un père :